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29 avril 2006

Clusters et boule de gomme

C’est entendu, nos divins mystificateurs du dessus du panier aiment culpabiliser les gens, plutôt que de condamner les géantissimes magnats multinationalistes qui tirent leur miellat de nos carcasses.
C’est ainsi que les fumeurs sont bannis peu à peu de la société, mais pas les industriels du tabac qui ont toujours droit de cité. D’autant que les plus mariolles ont mis depuis longtemps les sous qu’ils tirent du tabagisme, dans des industries qui n’ont pas la réputation de ficher le cancer aux consommateurs. Pourront-ils de cette manière être reçus, voire décorés, pour service rendu à la Nation reconnaissante ? C’est une question à poser à certains barons du régime.
C’est comme ça qu’on est, en Belgique et ailleurs.
On respecte trop ceux qui donnent du travail aux pauvres pour les suspecter. Le peuple fournit d’habitude le seul contingent de scélérats avouable. Les assassins reconnus sévissent à petite échelle, dans les gares, par exemple. Au-dessus de la demi douzaine, c’est du domaine industriel, donc subventionné et autorisé.
Dès 1960 on savait que l’amiante tuait à petit feu et ce n’est qu’en 1997 que les pouvoirs publics se sont réveillés. C’est dire l’efficacité de nos services de santé quand les intérêts particuliers commandent que les médecins et les personnels de laboratoire éteignent les becs bunsen à l’heure de la soupe.
Curieux quand même qu’il n’y ait que la nicotine et l’amiante dans le collimateur de ceux qui jurent vouloir notre bien, plutôt que nos biens.
Qu’on m’explique alors pourquoi les cancers du sein sont passés en France de 21.200 cas à 41.800 en vingt ans (1980-2000) ?
Est-ce que les produits de synthèse nouveaux ne sont pas pour quelque chose dans cet accroissement presque du simple au double ?
Et les emballages, les plastiques, les pesticides abondamment répandus dans les cultures, les détergents miracles pour les blancs qui lavent plus blanc, est-on certain que nos admirables protecteurs de la santé ne palpitent pas des sphincters de la peur d’être contrés par les lobbies internationaux des sociétés chimiques ?
Ah ! avec l’augmentation des prix des cliniques et des hôpitaux, il ne fait pas bon être malade désormais sous nos climats. D’autant que les causes de certaines maladies et cancers, quand il s’agit d’une maladie professionnelle improuvée ou d’un empoisonnement par l’environnement, sont seules connues des gauchistes pour emmerder le libéralisme de progrès.
On est bons pour l’aléa statistique de nos clusters, dus au hasard, celui d’être tombé sur la route d’une multinationale qui distille impunément ses merdes aux populations ébaubies.
La sécurité sociale court après les cas, qu’elle couvre souvent mal, sans se demander quelles sont les causes. C’est pas son boulot. Mais c’est le boulot de qui ?
Alors, vous pensez, les cancers environnementaux, si on s’en fout ! Sauf ceux qui ont lieu autour de décharges de fûts oubliés par mégarde, de terrains d’anciennes usines sur lesquels des lotissements voient se construire des maisons pour propriétaires futurs pustuleux et asthmatiques. Alors, oui, on voit dans certains cas télévisuels nos experts en bottes vertes et casques blancs arpenter les sols, argumenter devant les caméras et faire tant de leurs pieds et de leurs mains qu’ils éveillent l’intérêt d’un ministre pour les infos du soir.
On en arrivera même à sortir les grands moyens pour des travaux d’Hercule du type Seveso, si l’opinion publique se réveille. Ce qui, en ces temps de grande torpeur progressiste, est rien moins que certain.
Le comble, c’est qu’on a une société en Wallonie en principe active, mais pas pour nous, pour les entreprises chimiques : ARESA, elle s’appelle. Ne pas confondre avec ARENA, qui est à elle seule une association aussi, sauf que l’autre est sans but lucratif. L’ARESA rassemble plus de nonante sociétés actives dans la recherche médicale et pharmaceutique.
C’est une idée de la Région wallonne qui vaut ce qu’elle vaut, c’est-à-dire pas grand-chose, mais qui dispose néanmoins de qualités qui sont reconnues sur le plan international.
Quoique nobles d’apparence, les objectifs d'ARESA d'élever le niveau de qualité de la Recherche Clinique, finit par n’être surtout qu’une plate-forme de communication du secteur, entre les membres et le marché.

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On meurt toujours dans certains cas de manière mystérieuse, comme si nos cellules s’affolaient littéralement de l’air environnemental ou des nouvelles alchimies que le « progrès » nous fournit, étant entendu que nos estomacs ne sont pas des alambics comme celui des Borgia.
Aux paumés qui ne s’expliquent pas et ne savent pas de quoi ils meurent, nos prétentieux iront leur dire que si nous mourons, c’est quand même à un âge plus avancé qu’avant. C’est une façon de voir pour les octogénaires, c’est faux pour ceux qui finissent en caisse de sapin à 30 ou 40 ans sans savoir pourquoi.
On sait bien en ce domaine, comme dans d’autres, que les pouvoirs publics marchent sur des œufs et que ce n’est pas demain la veille qu’il serait juste de leur faire confiance.

28 avril 2006

Je craque !

Je ne vais pas faire ici un système du misérabilisme. Les frileux n’auront pas à s’inquiéter de « ma dérive » populiste. Mieux, je prendrai en considération la nécessaire participation financière de tous les citoyens pour la gestion des affaires de l’Etat, afin qu’au concert des nations européennes et la représentation à travers le monde, son prestige ne soit entaché d’aucune faute de goût. J’applaudirai surtout que sa population la plus fragile ait par nos versements et contributions une aide nécessaire.
Dans d’aussi heureuses dispositions, je prendrai le cas d’un pensionné moyen, c’est-à-dire une pension d’environ mille euros par mois pour quarante années au moins de versement réguliers à l’Office des pensions, je le logerai dans un petit appartement, qu’il aura agrémenté des meubles achetés tout au long de sa vie et qui constituent son seul capital.
Dans cette situation courante et compte tenu des circonstances inflationnistes, surtout en ce qui concerne les loyers, j’évaluerai son loyer à 500 euros le mois, chauffage et charges comprises, ce qui n’est pas excessif. Il faudra encore compter l’eau, le gaz et l’électricité, les taxes communales, celles de la région et la redevance télévision. Ce qui, bon an mal an, rogne 200 euros des 500 qu’il lui reste pour vivre.
300 euros par mois pour se vêtir, manger, se divertir, ça ne fait pas lourd sans compter les frais impondérables, comme le remplacement d’une télé ou d’une machine à lessiver.
Si l’on considère que, sur tout ce qu’il achète avec ses 300 euros, il ristourne à l’Etat des taxes indirectes sous la forme de la TVA, on peut penser qu’en payant sur ses revenus un précompte professionnel de 212 euros 25, il aura contribué à l’effort collectif pour son année.
Eh bien ! pas du tout.
Ce pensionné moyen recevra un Avertissement-extrait de rôle à la fin duquel le montant à payer avec sommation et date exécutoire sera de 589 euros 05 !
Au passage j’admire le 05, je ne l’ai pas inventé, j’ai devant moi une feuille d’impôt qu’une personne dans le cas a bien voulu me confier.
Il paraît que c’est ainsi, que c’est juste et parfaitement légal.
Bon, j’admets.
Mais un régime qui étrangle systématiquement les petites gens et qui trouve cela normal est – et je pèse mes mots – un régime crapuleux !
Crapuleux, en ce qu’il nous décrit la situation de manière dramatique et qu’il passe aux actes en serrant la gorge des plus fragiles, alors que ses représentants roulent en BMW à nos frais alors qu’il serait décent qu’on les voie en C2 et même C1, que personne à la gamelle florissante et publique de la rue de la Loi n’a des trous au pantalon et n’a pas de chaussures éculées, que tout cela respire la richesse, le bien-être, corroboré par une petite visite à l’intérieur, chauffage central à fond, personnels cirant les parquets, café à profusion et sourire à cent mille balle la jaquette…

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Comment osent-ils jouer les attendris sur le sort de ceux qui n’ont que 300 euros par mois, alors que c’est ce qu’ils gagnent pour la plupart par jour ?
C’est faire du populisme, cette réflexion-là ?…
Sans compter les dépenses de prestige, nos ambassades et nos ambassadeurs, nos visites d’Etat à Etat, l’étalage de notre « douceur de vivre » partout ailleurs, sauf chez les gens du dessous et pour cause, nos belles manières et nos salons de thé en-dehors des zones de « non-droit », nos chichis comme nous le montre Anne Quevrin, l’Isabelle de Fessange de la Télévision-Penchée.
Tous les cafards du système vont s’enculer de bonne humeur en me voyant si dégoulinant d’envie, pensent-ils ces blattoptéroïdes nauséeux, comme si j’en avais quelque chose à foutre d’entrer dans leur zoo au point que j’en crèverais d’une jalousie noire !
Comment Didier Reynders peut-il jouer le rôle du bon papa distributeur de cadeau, lui qui est le chef d’un département des Finances qui réclame avec la même insistance qu’un racketteur l’épicier du coin, sa part sur la bête ? C’est-à-dire sur ceux qui sont trop faibles pour se défendre ou trop timorés pour les envoyer tous se faire foutre ?
On en est là, à la veille du premier mai, alors qu’il n’y a plus ni socialistes qui vaille, ni libéraux au cœur tendre, mais des coreligionnaires du fric qui dégustent devant nos gueules d’esclaves, les fruits de leur exploitation.
On a beau dire, même si les exploitants du marxisme ont essoré l’éponge humaine à leur profit, ça avait autrement de la gueule la philosophie de Marx, par rapport aux peigne-cul douteux qui nous la baille belle sur leur démocratie régulièrement siphonnée de tout contenu par le capitalisme actif.
Merde ! Je replonge dans le populisme.
Eh ! tant pis. Si c’est ainsi que l’on nomme l’indignation d’un citoyen ordinaire et qui n’attend plus rien de personne et surtout pas les discours de l’Haut-lieu qui, finalement, sont d’un cynisme tel que lorsque j’en entends quelques bribes, j’ai envie de gerber tant leurs auteurs nous prennent pour de sacrés imbéciles.
C’est pas demain qu’on dansera la carmagnole sur ces étrons pourris, hélas !
Mais, je m’emporte… Frileux va encore dire…


27 avril 2006

L'effet Romano Prodi

Le succès de Romano Prodi en Italie a gonflé le moral des rosés européens de la « gauche modernisatrice ».
Selon Ségolène Royal, la rosette phare du PS français, c’est une nouvelle étape d’adaptation aux temps mondialisés. Reste à savoir si les étapes précédentes ont été ressenties de progrès et de modernité par tous les laissés pour compte de la société de consommation, moderne ou pas.
Berlusconi n’en revient pas encore, que toutes les télévisions, les journaux, les maffias d’affaire qu’il contrôle en Italie, n’ont pas réussi à l’imposer. Il est bel et bien battu sur le fil par Prodi avec 27.000 voix et des poussières de préférence, mais un Prodi aussi terne que le cavaliere est pétillant et comme sorti à l’instant de chez le coiffeur !
Voilà l’Italie gouvernée par une majorité de couillons, selon les propres termes de Sylvio.
Les Rosés profitent de l’écoeurement de la bonne moitié des citoyens, du libéralisme. Seuls ou en coalition, les socialistes sont aux commandes dans douze Etats de la Communauté.
Et les revoilà repartis étrangement sur des lendemains qui présagent des apothéoses comme s’il était question de l’établissement d’un socialisme véritable, dans un genre de petite révolution d’une Europe rivée plus que jamais au système américano-libéral.
Le malheur c’est que la gauche qui gouverne, qu’elle soit en coalition ou pas, n’a plus rien à voir avec la gauche de l’immédiat après-guerre. Elle n’est ni radicale, ni altermondialiste et surtout pas anticapitaliste. C’est ce qu’on appelle une gauche modérée, tellement qu’un Davignon ou un Lippens pourraient voter pour elle, sans perdre un poil de prérogatives, coupons d’action, parachutes dorés et même la position d‘experts écoutés et appréciés.
C’est tout le dilemme de la roseraie d’Europe. Au pouvoir, ils déçoivent plus vite que les formations libérales auxquelles ils succèdent, parce qu’ils ont les mêmes programmes et les mêmes définitions de la démocratie couplée au réalisme économique, pour le meilleur et surtout pour le pire comme c’est le cas depuis vingt-cinq ans.
Or, qui vote libéral n’est déçu que sur des détails : des situations de crise économique mondiale, des chipoteries d’exonération de taxe aussitôt mises à mal par la Commission européenne sur lesquelles les libéraux n’ont qu’une prise relative, un racisme latent de l’électorat de droite qui conteste les mesures de protection insuffisantes contre les « envahisseurs » ; tandis que les Socialistes sont élus pour que « ça change » et il ne faut pas quatre années de législature pour s’apercevoir que cela ne change pas. Mieux, quand ça empire à la suite d’une mauvaise conjoncture, voilà nos Rosés aussi pitoyables que les Droites !

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Les Rosés affichent un goût nouveau pour des Belges d’origine d’Afrique du Nord qui renforcent les habitués des affiches électorales. C’est bien, c’est courageux et on applaudit. Voilà les Libéraux qui répliquent en montrant une Zaïroise épanouie et qui s’insère dans « l’équipe qui gagne ». Les Socialistes évoquent-ils la fraternité d’une société qui entend soulager la misère, voilà les Libéraux qui battent le rappel des gens de droite sous prétexte que les Rosés n’ont pas le monopole du cœur. Et tandis que le citoyen se demande qui a raison et qui a tort, les centres fermés comme ceux de Vottem ne désemplissent pas et « accueillent » sous tous les gouvernements la même population désespérée et pour laquelle droite et gauche ne peuvent rien.
Di Ruppo comme ma grand’mère, comme Reynders ou le curé de Robermont, sont toujours les comparses de la « stratégie de Lisbonne », revue et améliorée en l’an 2000, dont le but est d’adapter l’Europe à la mondialisation, sauf que ma grand’mère et le curé de Robermont n’ont aucun pouvoir pour faire comprendre à nos ténors de la politique que peut-être bien cette politique ne vaut rien.
Enfin, puisque c’est moderne, dirait la dame Smith d’Ionesco…
A la gueulante des tribunes du premier mai, il faudra s’attendre au pire, le pire c’est de se remonter contre une droite dont la gauche défend la même politique. Exercice difficile où seuls les vieux routiers à la rose auront le bagout adapté.
On voit d’ici le tour de force, d’autant qu’on est aux affaires et qu’on partage les responsabilités.
Enfin, on pourra toujours dire que la droite empêche d’aller plus loin dans les réalisations sociales, encore que cela soit difficile de contester la politique d’exclusion du chômage par les ministres fédéraux et régionaux et qui sont de gauche.
Heureusement que le temps des paris stupides est derrière nous. Sans quoi, au PS, il y en a beaucoup qui auraient déjà mangé leur chapeau.

26 avril 2006

Quand la caméra voit des Marocains partout.

On attendait deux Maghrébins, ce fut deux Polonais !
On en a entendu pour six mois d’avance des dégueulis racistes d’une partie non-négligeable de la population après le coup de la gare Centrale !
On ne sait trop pourquoi, peut-être en fonction des images assez mauvaises des caméras de surveillance, de la rumeur, amplifiée par certains journaux, et confortée par le parquet bruxellois : des témoins avaient reconnu des silhouettes de Maghrébins, plus précisément des Marocains, dans les deux voyous qui ont tué le malheureux Jo pour lui piquer son MP3.
En plus des témoignages, méfions-nous désormais des caméras. Voilà qui est fâcheux, quand on sait que la surveillance par caméra fixe va se multiplier selon les souhaits d’une population unanime. L’image en noir et blanc n’est exploitable que sous un bon éclairage, celui de la gare fait un Marocain de n’importe quel passant !
On a beau faire des Lois, rien n’y fait, ça vient du plus profond des tripes la haine des autres.
C’est la même que l’actionnaire d’InBev pour le personnel de Jupiler qui réduit ses dividendes.
Mais, la haine raciale n’est pas une haine répartie également. Ainsi, les Zaïrois sont presque de la maison et avec eux, tout qui à l’air d’être du blanc belge, comme un Ukrainien ou un Russe d’Europe. Le type asiatique passe aussi. Voilà longtemps que les Siciliens, même les plus olivâtres, font partie des « bons blancs ». Ceux qu’on ne blaire pas, ce sont les Maghrébins. Ils ont une mauvaise réputation par les « on-dit » qui véhiculent des rumeurs sur leur promptitude à sortir un couteau, à manquer de respect aux femmes, à vivre trop facilement aux crochets de la sécurité sociale. A leur image s’attache celle de l’intégrisme, de Ben Laden et même du terrorisme palestinien que les Israéliens ont réussi à exhiber dans nos informations, sur le temps que les médias cachaient le leur. Pour le beauf, pas calé du tout en géographie, tout ça c’est du Marocain !
On fait l’amalgame, on met tout le monde dans le même panier. La brute avinée qui sort d’un troquet un cutter sanglant à la main, la petite frappe qui fait « proxo » sur la batte, ils en sont, aussi sûr que Dave est de la pédale ; car, c’est connu, un raciste est aussi contre l’homosexualité, c’est arabe et compagnie.
Tout se passe comme si chaque nationalité y compris la nôtre, sur ce territoire de haute misère et donc d’insécurité n’avait pas son lot de germes d’assassins, en ses petits voyous !

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Pour le malheur des étrangers venus d’Afrique du Nord, sur les fiches signalétiques, ils sont très caractéristiques et facilement dissociables du reste de la population. Dans la rue, les jeunes de ces origines se font aisément contrôler en fonction du « délit de sale gueule ». Ils sont caricaturés aussi par la faute de leurs coreligionnaires qui n’hésitent pas à porter des djellabas et autres vêtements qui n’ont pas cours ici, ce qui passe pour de la provocation.
Aucune excuse n’est venue du Parquet et des journaux pour l’amalgame. La divulgation de la nationalité des deux voyous n’a pas arrêté la flambée de racisme de nos concitoyens. Non, rien n’y fera et les quinze jours qui viennent de s’écouler ont produit un tel discrédit sur les Marocains de Belgique, que cette Communauté mettra du temps à s’en remettre.
Eh non ! peuple crédule, les deux voyous ne sont pas Marocains. Ils sont Polonais !...
Je vous demande un peu : Polonais ! Un pays de la Communauté, patrie de Jean-Paul II, le peuple le plus catholique d’Europe…
Et l’opinion ne comprend pas. On l’entend murmurer « On nous cache quelque chose.»
Les Polonais s’en remettront plus vite que les Maghrébins. On oublie déjà la nationalité d’origine. Il ne s’agit plus de deux « étrangers » mais de deux gamins des rues qui tournent mal. Pour un peu, on en arriverait, non pas à excuser, mais à comprendre le geste malheureux, à partir duquel tout a basculé.
Et le ressentiment grandit encore à l’encontre des Marocains. On leur en veut que ce ne soit pas un de leurs ressortissants qui aurait brandi le couteau fatal. « Il n’y a qu’eux pour jouer du couteau et se moquer de la vie humaine ».
Merde ! Il ne manque plus que la dernière de Sarkozy à propos des étrangers « S’ils n’aiment pas la France, qu’ils retournent chez eux. » Enlevons «France » et plaçons-y « Belgique », voilà le slogan parfait pour les Communales du Front de « cheu nous ».
Il n’y a donc rien à faire et la Belgique est un nid où grouillent les parfaits racistes. Qu’on ne s’y méprenne pas, les Lois contre le racisme ne sont faites que pour endiguer le racisme déferlant, le maintenir dans un ghetto dans lequel bourgeois et pauvres fulminent ensemble.
Ce lumpenprolétariat d’un nouveau genre regroupe tous les déficients mentaux du royaume, réunis autour de la même haine des différences. Et ça fait du monde !
Ainsi, coupés de l’avant-scène, les troubadours de l’Ordre Nouveau, les nostalgiques de Mein Kampf, les Celtes reloukés façon cuir, les Dupont-Lajoie de la morale officielle, les pleutres à petite pension et les dames d’œuvre passionnées de l’ancienne Belgique auront intérêt à mesurer leurs propos, à défaut de quoi ils passeraient désormais devant les Tribunaux si ceux-ci n’étaient pas si encombrés. Ce qui fait qu’on les entend à peine. Ce que j’ai toujours déploré, car aujourd’hui, il est très difficile de mettre un nom derrière un masque.
En attendant les Marocains dégustent.

25 avril 2006

Toute vérité n‘est pas bonne à dire.

Les médias ne vous le diront pas, les politiques encore moins, mais le problème majeur aujourd’hui n’est pas la sécurité des grandes villes, ni le conflit israélo-arabe, mais la fin d’un pétrole bon marché, prélude à sa raréfaction et, fin du siècle, à sa disparition quasi complète.
Et c’est devant la mutation inéluctable que nos économies devront accomplir que l’on voit l’incroyable pauvreté prévisionnelle, la crainte d’affronter l’opinion soudain réveillée à l’encontre d’une mondialisation des affaires déjà fort contestée..
Rien ne peut enrayer en effet la marche au profit et ce sera jusqu’à la dernière goutte que l’on spéculera sur les carburants, que les experts déborderont d’optimisme, tandis que les décideurs politiques resteront impuissants devant l’absence d’une planification des productions et la gestion économe des parcs automobiles.
Que peut-on prédire à court terme, dix ou quinze ans, de presque certain se concrétiser dans les faits ?
L’augmentation des coûts de transport par route et la décroissance du nombre de véhicules en circulation qui en résultera, mettront les grandes surfaces et les zonings, loin du centre ville, en difficulté.
Comme un effort ne sera pas fait en faveur des transports en commun et l’acheminement par chemin de fer des marchandises et produits, on assistera à des encombrements dans les gares, les gares de formation, et le transport fluvial, d’autant que les autoroutes n’ont jamais été conçues en fonction d’une liaison avec les chemin de fer. Tout reste à faire en matière de bretelles d’autoroutes raccordant le chemin de fer au réseau routier.
Les transports aériens plus coûteux, les centres exotiques de villégiature ne recevront plus une clientèle populaire, de même le transport aérien des marchandises obérera les prix de fret.
Toujours à court terme, la géopolitique en accroissant la dépendance des nations, va contraindre les Etats-Unis d’Amérique à s’assurer sur la Chine populaire, y compris par la force, la primeur des carburants. On peut prédire que le premier choc aura lieu en Iran, gros producteur. Quant à l’Arabie Saoudite satisfaisant à hauteur de 26 % la demande mondiale d’Hydro carbure, ses réserves s’épuisent et elle est au maximum de sa production. On injecte un million de barils d’eau salée par jour dans les puits pour exploiter le pétrole qui sans cela resterait au fond des poches géologiques.
L'Opep, réunie lundi à Doha renonce à pomper plus de brut en dépit des cours records, tandis que dans les pays consommateurs et producteurs d'énergie se poursuivait un dialogue sur lequel on reste fort pessimiste quant à sa conclusion : trouver à terme des conditions d’un accord sur la prévention des crises.
Cependant, rien n’y fait, réunions et bonnes résolutions ne touchent pas les spéculateurs qui se basent sur un constat : la raréfaction progressive prévisible du brut, pour laisser plafonner le baril à 74 dollars à New York, en attendant mieux.

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Ce qu’on nous cache c’est qu’on va atteindre dans quelques années le Pic de Hubbert, c’est-à-dire le moment clé où les productions s’équilibreront avec les demandes et où après - quelles que soient les productions - elles ne seront plus capables de satisfaire les demandes à 100 %.
Les experts les plus optimistes se trouvent curieusement dans le camp des producteurs et des raffineries qui veulent croire à la découverte de nouveaux gisements et à l’augmentation de production des puits qui existent. Les autres venus de milieux indépendants pensent que la page du pétrole sera tournée dans le courant du siècle et que nous n’aurons aucune énergie nouvelle de remplacement aussi diversifiée dans ses possibilités. Le topinambour n’est pas près de remplacer le pétrole. Même en recouvrant l’essentiel des terres cultivables de végétaux capables de fournir une huile de substitution, ceux-ci ne couvriraient pas 10 % de la demande, mais par contre risqueraient de faire flamber les prix du blé et d’autres céréales.
Ce soir aux informations de RTL, un expert de la Région bruxelloise nous affirmait sans rire que les automobilistes dans quelques années vont perdre en vitesse 27 Km heure dans les trajets d’accès à la Capitale, à cause de l’accroissement du parc automobile.
D’autre part, des experts de l’OPEP s’inquiétaient de la question des capacités de production excédentaires, qui servent de matelas de sécurité, et qui sont actuellement jugées trop faibles tant dans l'amont (production) que dans l'aval (raffineries). Cela risque, affirmaient-ils, de demeurer un sujet brûlant pendant encore plusieurs années.
Ainsi, tous parlent d’un accroissement du trafic et de production excédentaire, dans la plus parfaite inconscience !
Après cet optimisme délirant, qui oserait prétendre, dans les milieux de la politique, être d’un avis contraire ? Le maheureux serait automatiquement taxé de pessimisme et risquerait de n’être pas réélu !
Que la vérité est donc difficile à dire…

24 avril 2006

Une question d’heure.

-Quelle heure as-tu ?
-Je ne sais pas.
-Regarde à ta montre.
-Je ne l’ai pas mise aujourd’hui…
-A cause de toi, on ne sait pas l’heure qu’il est.
-Bah ! ce n’est pas important.
-A quel moment dois-je mettre le poisson au four, si je ne sais pas l’heure ?
Et les pommes de terre ? Pour le riz, c’est quand l’eau bout, c’est plus facile.
-C’est comme tu dis.
-Ce serait plus simple si tu avais ta montre.
-Oui.
-Quoi, oui ?
-Oui.
-Tant pis. Nous mangerons le poisson sans qu’il ait été au four.
-Pourquoi le four ?
-C’est meilleur quand il est réchauffé avec la sauce blanche.
-C’est comme tu dis.
-On n’est plus sûr de rien, quand on n’a pas l’heure. C’est ainsi qu’à la gare Centrale, le drame de la semaine dernière ne serait pas arrivé si on n’attendait pas dans le hall central des heures entières avant de prendre le train.
-On ne prend plus le temps de rien, sauf d’arriver trop tôt dans les gares.
-C’est certain depuis que les gens ne savent plus l’heure. Ils ont peur d’arriver en retard et voilà le résultat. Madame Barnaby m’a certifié qu’un malade en avance a été opéré pour un autre !
-Ah bon !
-Heureusement que la jambe artificielle que l’on avait préparée pour l’autre était prête.
-Ils avaient la même taille ?

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-Non. il boitera un peu, c’est tout. Rentrer chez soi à cloche pied, cela aurait été pire.
-Et l’autre ?
-Quel autre ?
-Celui qui devait être opéré ?
-Il l’a échappé belle. On avait confondu les radios et il n’avait pas la gangrène. Rien ne serait arrivé, si chacun avait respecté les heures de rendez-vous. J’en ai parlé à ma coiffeuse. Elle est entièrement d’accord avec moi.
-Alors…
-Si tu n’as pas ta montre au poignet, elle est bien quelque part ?
-Sur la table de nuit, comme depuis quarante ans.
-Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ?
-Oui.
-C’est rassurant de savoir l’heure.
-Bof…
- Combien de fois ma coiffeuse réserve un fauteuil à une cliente qui n’arrive pas et quand elle arrive, parfois c’est après la cliente suivante.
-Elles s’asseyent à deux sur le siège ?
-Non. Mais c’est toute une histoire de faire patienter celle qui était en retard en attendant que la suivante, passée avant, s’en aille. Il est arrivé qu’une cliente en retard, dise après que la suivante ait pris sa place « je repasserai dans une heure ».
-Bon.
-C’est arrivé une fois. La cliente revenait et crac, une voiture l’a renversée.
-Oui.
-Ma coiffeuse était furieuse !
-Furieuse ?
-Elle n’a su sa cliente morte que quinze jours plus tard ! Je t’assure qu’elle a râlé pendant deux semaines. Après, elle s’est calmée, en faisant remarquer à tout le salon que si sa cliente était arrivée à l’heure, elle ne serait pas morte. Et ma coiffeuse n’aurait pas perdu une cliente. D’autant qu’elle ne venait que pour un coup de peigne.
-Un coup de peigne.
-C’est comme je te le dis. Une affaire d’à peine trois quarts d’heure.
-Trois quarts d’heure pour un coup de peigne ! Comment peut-on savoir qu’un coup de peigne dure trois-quarts d’heure ?
-Parce que c’est le temps qu’il faut pour le poisson au four.
-Donne-toi un coup de peigne, et mets le poisson au four.

23 avril 2006

Enquête dans les maternelles.

L’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) vient d’en sortir une bien bonne en collaboration avec le Gouvernement français.
Villepin n’en rate aucune !
Ces zigues tout à fait sérieux préparent actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance.
Attention et voilà où ça frise le ridicule profond : dès l’âge de 3 ans !...
Bien entendu le dépistage aurait lieu dans les milieux défavorisés, la banlieue, les sans-papiers, bref, vous voyez ce que je veux dire.
Chez les huppés, tout le monde le sait, pas besoin de statistique, la délinquance a lieu beaucoup plus tard et sous la forme bénigne de blanchiment d’argent, faux et usage de faux, escroquerie, abus de biens sociaux, redressement fiscaux, toutes formes de délinquances mineures, à la limite correctionnallisables, qu’on se demande même si ce n’est pas une atteinte à l’intégrité morale de l’Haut-lieu de la démocratie libérale que d’ennuyer les gens pour si peu.

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Et voilà les mômes des rues accusés dès leur troisième année d’existence de fournir les contingents d’agresseurs jaloux des MP3 des autres, pour avoir voulu dès la crèche voler les sucettes de leurs collègues, des cubes parfois, tout en babillant en vrais mythomanes !
Les professionnels sont invités à repérer sans rire des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour l’exemple, sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d’héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc.
-Qu’est-ce que tu as fait, toi, dès trois ans ?
-J’ai été dans une crèche préventive, puis directement dans une maison d’accueil pour délinquants possibles. Ce qui m’a permis de sortir de prison sans casier judiciaire. Comme j’étais réputé dangereux, personne n’a voulu me donner du travail et j’ai dû voler pour vivre. Et toi ?
-Né dans les beaux quartiers, j’ai eu mes diplômes et mes certificats tout de suite.
-Comment ça se fait que tu es en taule comme moi ?
-A quarante ans, j’ai demandé à Saint-Nicolas un Falcon à réaction de six places. Mon père a refusé. Alors, j’ai tué toute la famille…
Pour revenir aux psychologues d’Etat, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne.
Nous voilà prévenus, nous passons à la sauce américaine tout de suite. Ainsi nous aurons de l’entraînement pour aider au commerce mondial dans le culte de l’anglais scientifique et d’affaire.
Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie.
La suite est moins drôle, puisque ces délirants psychologues de l’INSERM administreraient des médicaments à partir de six ans ! Cela psychostimulerait et thymorégulariserait nos bébés durs de durs !
L’association des psychologues qui ne sont pas fêlés de la cafetière s’insurge et pétitionne en soulignant que : « L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire. »
Que Villepin déteste les étudiants qui ont résisté à son CNE, c’est son droit ; mais qu’il s’en prenne aux bébés de trois ans, c’est poussé bien loin la haine de la jeunesse.
C’est comme s’il était devenu un malade mental souffrant d’énarquisme élitiste, dans la forme la plus aiguë, celle du mépris.
Il est vrai qu’il n’a jamais été l’élu du peuple français. Il n’a été que celui de Jacques Chirac, un autre énarque exacerbé par une fin de règne laborieuse.

22 avril 2006

Un bel avenir derrière soi.

Ce n’est pas peu dire qu’il y a menace au temps présent sur l’avenir.
Pour affirmer que nous vivons une époque formidable, seuls persistent et signent ceux qui ont intérêt à ce que des mesures de sauvegarde ne soient pas prises.
On pourrait faire une énumération non exhaustive des profiteurs du système. Mais ne se désignent-ils pas à nous par le paradoxe que, s’ils se disent heureux, c’est dans la nature rassurante d’un parc privé avec vigiles et grillages de protection, comme la publicité immobilière nous en vante les mérites ?
Si bien que déjà regroupés dans des camps qu’ils se sont choisis eux-mêmes, il n’y aurait plus qu’à changer de vigiles, pour ne plus les en faire sortir.
Mais, avant de cerner cette race d’indécrottables mondialistes heureux, dressons le tableau des menaces actuelles.
La peur de la guerre nucléaire, enfouie dans les profondeurs de l’inconscient resurgit ces moments-ci avec le coup de force de l’Iran
Cependant ce qui frappe plus que le péril atomique, c’est la précarité généralisée des hommes d’affaires, comme celle des familles réduites à dormir dans la rue.
Tandis que les sociétés riches s’inquiètent des périls de pandémie, comme la contagion à l’homme de la grippe aviaire, les sociétés pauvres commencent à découvrir les menaces de pollutions ou d’accidents industriels.
Le marché financier étant ce qu’il est, il n’est pas à l’abri d’un crack auprès duquel, celui de 29 serait de la rigolade. Les marchés sont instables, c’est le moins que l’on puisse dire et il n’y a pas besoin de sortir de Berkeley pour le sentir. Le système risque de s’effondrer. Ce serait un désastre dont personne ne mesure les conséquences.
Revenons au nucléaire pour évoquer d’autres risques qu’une guerre atomique, qui ont trait aux nouvelles technologies. Dans ce domaine, une expérience malheureuse pourrait entraîner une explosion en chaîne d’autres éléments que ceux traités en laboratoire.
Les manipulations génétiques ont aussi une problématique redoutable, lorsqu’on passe d’une expérience de laboratoire à une application sur le terrain, comme les plantes transgéniques et les manipulations sur les fœtus humains.
Nul n’ignore que la raison d’Etat fait la sourde oreille à l’éthique et aux scrupules humanistes.
Les Nations les plus puissantes et les plus en pointe du libéralisme ont souvent commis des horreurs au nom de la raison d’Etat comparables à celles que les nazis ont perpétrées.
Sur la même période que s’élaborait la politique d’élimination des Juifs, des Tziganes et des Résistants au nazisme, le champion des libertés, les Etats-Unis d’Amérique, ont pratiqué des expériences sur des êtres humains pour tester leur résistance à l’exposition de la radioactivité. Il s’agissait d’enfants handicapés mentaux, des vétérans de la guerre et des civils pauvres.
L’Administration américaine de la Défense, le Département de l’énergie atomique, et des membres de Harvard et du MIT, ont organisé et initié ses recherches dans des centres d’hospitalisation et de soins.

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Que fait aujourd’hui la technoscience face aux problèmes que ses « avancées » ont suscité ?
Aux pénuries d’eau douce, à l’épuisement des sols par des monocultures, aux dégradations radioactives et chimiques, à l’atteinte de la couche d’ozone, au changement climatique à peine amorcé, aux problèmes environnementaux de santé publique nés de la mise en service de technologies mal contrôlées, seules pourront y répondre les nations les plus riches.
La science aurait des réponses pour chacune des menaces possibles ?
Mais quelle science ?
Celle de la violence du fait accompli à la terre, aux hommes, aux espèces vivantes ?
Pourquoi faire confiance à ceux-là mêmes qui détruisent la planète et penser qu’en la détruisant, ils vont réfléchir à sa remise à neuf ?
Comment réparer des dégâts que l’on occasionne soi-même, si ce n’est en promettant d’en réparer quelques-uns en préconisant quelques autres, dans une chaîne ininterrompue de catastrophes.
L’Etat redevenu conscient et actif au service des citoyens ?
Qui ne voit aujourd’hui comme l’Etat occidental est faible et à la merci de l’économie mondialisée ?
Qui pourrait créditer les Etats d’utiles mesures malgré les appels de La Haye en faveur de la Terre, de Rio, de Kyoto et d’ailleurs ?
Nous sommes en plein dans le drame égoïste d’une Société qui exploitera son filon libéral jusqu’à la dernier goutte de fuel et qui finira comme sur le radeau de la Méduse avec les riches qui se tiendront au mât et donneront des coups de rames à ceux qui tenteront de s’y agripper.
Je vois d’ici les beaux discours et les « chantiers » qu’ouvriront nos hommes de pouvoir.
De quelle manière nous diront-ils qu’ils étaient responsables mais pas coupables ?

21 avril 2006

Iran ira… ira pas

L'Iran a annoncé, le 16 avril, une aide de 50 millions de dollars par mois au gouvernement palestinien du Hamas pour compenser le gel des aides de l'Union européenne et des Etats-Unis.
A la conférence iranienne de soutien aux Palestiniens, de nombreux participants ont salué la "puissance nucléaire de l'Iran".
Le président Ahmadinejad ne cache plus sa volonté de doter l’Iran de l'arme nucléaire, ni son désir de rayer Israël de la carte.
Au Conseil de sécurité des Nations Unies, la Russie et la Chine se sont opposées à l’usage de la force et bloquent une décision favorable à l’intervention armée des USA et de ses alliés en Iran.
Derrière les partisans de l’intervention musclée se profile Israël qui postule une frappe rapide sur des objectifs ciblés. Mais en ont-ils les moyens, sinon ceux qu’ils emprunteraient aux Etats-Unis ? Ce qui reviendrait à une attaque déguisée de Dobeliou.
L’Europe, sans une force militaire cohérente et crédible, se trouve ballottée entre le recours à la force et la voie diplomatique. Prise, une fois de plus entre sa fidélité atlantique et l’impression que l’actuel président des Etats-Unis est un couillon qui ne sait trop ce qu’il veut, nous faisons tout pour repousser un conflit qui risque de nous péter au nez, que nous le voulions ou non. Déjà, l’intégrisme musulman, que nous réprouvons à juste titre, tente de rallier contre nous l’opinion arabe.
Condoleezza Rice, comme Sharon Stone dans basic Instinct, à beau croiser et décroiser les jambes qu’elle a magnifiques dans toutes les chancelleries, personne n’est chaud pour appuyer un corps américain chargé de purger l’Iran de ses mauvaises pensées anti-hébraïques.
Que va faire Dobeliou au dernier quart de son mandat ?
D’aucuns pensent qu’il pourrait refiler la patate chaude à son successeur attendu qu’il est échaudé par l’affaire irakienne, car l’Iran n’aura sa bombe qu’en 2008, au plus tard 2009.
Depuis la guerre des six jours du 5 juin 1967, voilà presque quarante ans que le monde s’est englué dans le conflit de deux occupants d’un même lieu qui ne veulent pas le partager.
La moitié d’Israël aujourd’hui s’est construite sur les ruines des maisons et l’occupation illégale des biens des Palestiniens. Il est très difficile dès lors d’entendre les raisons de l’immanence de la justice et du droit juifs, comme de refuser à ceux qui ont tout perdu, fors l’honneur, d’y résister.
On se demande maintenant qu’elle mouche à piquer l’Angleterre quand elle a poussé en 47 à la création de l’Etat d’Israël, tout en ayant refoulé les 4500 Juifs sur le bateau Exodus du territoire palestinien qui était sous tutelle ?
Conduite ambiguë ?
Si elle n’avait pas réussi par ce coup de pub à attirer l’attention mondiale sur le problème de la diaspora, et finir par consentir un pays à des immigrés qui n’en avaient pas, peut-être qu’en 2006 Juifs et Palestiniens vivraient paisiblement dans une Palestine calme ?
Alors qu’aujourd’hui ce problème de la cohabitation pourrit la vie du monde musulman et du monde occidental, au point que cela se pourrait que, non résolue, cette affaire tournât à la Troisième guerre mondiale !

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Enfin, on ne refait pas l’Histoire.
Cependant ce genre de réflexion aide à comprendre, afin de rapporter les faits d’hier pour en tirer les leçons de l’avenir.
Et cet avenir n’est pas rose. Car de ce qui découle de l’Histoire passée, c’est l’espèce de solidarité outrancière et aveugle que les USA et derrière eux l’Europe ont à l’égard d’Israël au point d’exacerber les Nations arabes.
Ce favoritisme est visible tous les jours, ne serait-ce que dans la relation des événements, des attentats et de la situation sur le terrain. Le parti pris de nos médias, chargés de nous rapporter la vérité, est patent. Ils se contentent de nous donner leur vérité nettement péjorative.
L’ennui, c’est la vigueur avec laquelle les deux partis face à face clament leur bon droit.
Les renvoyer dos à dos, c’est se laver les mains d’un drame qui nous atteint de façon indirecte.
Le président Ahmadinejad, en bon musulman, a tranché en faveur des Palestiniens. A nous laisser entraîner par nos alliés, nous aurions tendance à prendre parti pour l’autre camp.
Que faire, quand on sait que les guerres ne résolvent jamais rien ?

20 avril 2006

Les insectes suceurs.

Les Totos qui nous courent dessus croient toujours à la puissance que confère la taille d’une entreprise. C’est le galop unanime des grossiums vers le gigantisme.
La société patapouf Nittal ferait bien son déjeuner d’ARCELOR. Mais voilà, ARCELOR ne veut pas. FORTIS se farcirait bien DEXIA, mais DEXIA tient encore à la vie et s’agrippe de ses petites pattes au géranium de mon balcon, alors que DEXIA fait claquer ses mandibules, pour se lasser ensuite et disparaître par le fil, qu’à tout hasard, ce petit monstre avait collé à ma gouttière.
Guy Dollé, le raïs d’ARCELOR, rameute deux mille actionnaires de la boutique, prodigue des mamours et augmente les dividendes. Guy s’accroche à sa planche de salut. C’est la seule, tant il a su dégoûter le Gouvernement wallon par la vacuité de ses promesses et fichu en l’air le moral des travailleurs sérésiens. Mittal Steel Company NV est une société multinationale à capitaux indiens de droit néerlandais. On voit les métissages indispensables des syndicats pour le moindre rendez-vous au sommet.
Tout ce petit monde cherche des alliés et jettent à foison des pépites aux actionnaires. Ceux qui sont tricards dans les forges et les hautes températures, les Totos s’en foutent. Leur nature est de nous sucer le sang. Alors, ça suce, ça madame !...
On est dans l’économie mondiale ou le Welfare, hein ?
Et voilà le gratin de la grosse galette, lui qui croyait aux bienfaits du gigantisme, réduit à prier pour ne pas tomber sous les coups d’un raider !
Le monde des insectes est impitoyable. Celui qui ne va pas assez vite pour bouffer, se fait boulotter vite fait par un plus vorace.
Les chefs d’entreprise vivent dans la crainte et sous la menace. La logique des OPA sauvages menace leurs canapés dorés et la possession des belles secrétaires. Les péroraisons intellectuelles à Berkeley, devant un parterre de blancs becs issus des rondouillards bourgeois du libéralisme avancé, posent la question : faut-il avoir peur du capitalisme sauvage à force d’être blanchi ?
Les augures des temps modernes courent le danger de la tonte, si meurtrière aux totos.
L’OPA-mania, c’est le nouveau sport de Wall Street, histoire de sortir des sentiers battus de l’entreprise familiale qui passe la main dans les cabinets prostiputes avant d’aller à la casse, personnel compris, dans les plans des totos planétaires.
C’est l’Italien qui suffoque sans le gaz français et le Luxembourgeois qui souffre d’un ulcère à force de bouffer le curry. C’est un champ de bataille financier, peu productif, fort dispendieux en hommes et en matériel, une guerre moderne dans laquelle les libéraux belges ne comprennent rien, mais approuvent quand même, comme le sieur Lippens ou notre crack Reynders, tandis que les socialistes, scarabées excrémentiels, digèrent les merdes des autres.

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Voilà les experts, ceux qui savent tout après tout le monde et qui jonglent avec les conclusions. Ils inventent les règles, ne les suivent pas, tandis que nos cuistres du troisième type appliquent toutes les recommandations apprises par cœur dans nos Universités, ces urinoirs décadents où se pissent les calculs des money managers.
Les expressions des journaux sont adéquates. C’est le chevalier blanc qui vole au secours de la belle et saine entreprise convoitée par le Joker qui manipule le cash-flow, avec l’aisance d’un book de bonneteau. Enfin, c’est le gazetier financier qui fait des pipes aux zinzins (Investisseurs institutionnels) à longueur de colonnes.
Le tout financier qui apporte sa moisson de scandales aux USA n’a rien appris à nos charmeurs gouvernementaux. Ils ont tort et ils devraient anticiper sur les raids de plus en plus scabreux qui risquent de décimer les gros machins qui roulent des mécaniques par milliers d’ouvriers et pourraient faire en sorte que la Belgique se retrouve un jour avec le niveau de vie de la Papouasie.
Comment faire ?
Dans le dernier cas de figure Mittal contre ARCELOR, choisir entre la peste et le choléra n’est pas simple, et puis on n’a pas le choix. Verhofstadt ne s’immisce pas. Il croit dur comme fer que le plus riche, c’est le meilleur. Alors que c’est sans doute le plus salaud. On aura beau crier au stand still (trêve) il faudra bien qu’un Toto dévore l’autre.
Et si on commençait à se poser la question de savoir si de grotesques, ces déménagements de puissance ne vont pas aggraver la situation de l’emploi, plutôt que de l’illuminer comme l’arbre de Noël rêvé d’un enculeur de mouches à la Lippens ?
Quand va-t-on enfin se demander pourquoi depuis le XVIIIme siècle et par quelle aberration, a-t-on associé Libéralisme et démocratie ?
Oser aborder le sujet, ce serait enfin le commencement de la sagesse.

19 avril 2006

Michel et les mémoires de Wilfried.

-Monsieur Arnaud Beaucresson de la Baffe, défenseur de Michel Nietout, que pensez vous de la fonction royale ?
-Je croyais que vous m’interrogeriez sur la prochaine libération de mon client !
-Que pourriez-vous en dire ?
-Les mémoires sont couchés sur le papier et Monsieur Wilfried Martens est au courant, puisque c’est lui qui les a écrits !
-Je voulais parler de la libération de Michel Nietout.
-Nietout n’était qu’un chef de bande sans importance. Il n’a jamais supervisé Duthroul ! S’il y a traite de personnes humaines, la maltraite n’a jamais été prouvée. Nietout n’a jamais eu une bonne conduite, comment vouliez-vous qu’il vole des voitures avec Duthroul ?
-Wilfried Martens s’est senti libéré aussi en même temps que Nietout, vous ne trouvez pas cela louche ?
-Il s’adresse aux jeunes Flamands pour témoigner de 50 ans d’engagement politique, Nietout s’adresse à la Commission de Libération, pour cinq ans dont avec les bonus, il se dépêtre enfin.
-Il y a eu quand même un trafic de pilules stupéfiantes ! Ne craignez-vous pas qu’on lui reproche d'avoir découvert la Couronne? Il va loin dans les confidences du roi Baudouin. C’est ça qui est stupéfiant !
-Nietout n’a jamais découvert personne. Pourquoi voulez-vous qu’il découvre la couronne, surtout après ce rude hiver ?
-Non. Wilfried Martens.
-Il fallait rétablir certaines vérités, le Rwanda, la réforme dans tout son état, l'avortement...
-Un avortement à la Cour !!!
-Nietout nie tout en bloc. L’enfant ne saurait être de lui. Il a écopé du maximum à cause du monstre Duthroul qui comparaissait en même temps.
-Pour une autre affaire, sans doute ?
-Il y a eu des précédents: Eyskens, Kid Dussart, etc… Vous savez que Peyrefitte est né à Bondarieu ?
-Qu’est-ce que Peyrefitte à avoir dans tout ceci ? Vous ne croyez pas que c’est assez compliqué ?
- Baudouin était très politique, très directif, très… enfin, il était très… toujours très…
-Comment l’auteur vivait-il ces pressions?
-Wilfried Martens n’est pas mon client. Sa vie privée à la Cour et ailleurs ne me concerne pas. Qu’il se soit occupé de la loi sur l’avortement n’implique pas qu’il ait procédé à des manœuvres abortives à la Cour.

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-Oui, mais je dois rentrer les deux interviews en même temps pour le tirage du Soir, et je n’ai pas le temps d’interviewer Wilfried Martens, qui en a 70 depuis hier… Quand va-t-il sortir de la prison de Saint-Gilles ?
-Wilfried ?
-Non. Nietout…
-Bientôt mais ni la date, ni l’heure ne seront divulgués.
-Il souhaite instaurer une monarchie purement protocolaire ?
-Qui ?
-Votre client.
-Mon client est mon client et vous c’est vous.
-Je vois que vous ne voulez pas répondre.
-Je suis tout à fait contre. La réelle influence du Roi s'exerce pendant la période de formation des gouvernements. Lui soustraire cette compétence serait une erreur. Il est l'arbitre. Dans les systèmes où le Roi exerce un rôle protocolaire, le président du Parlement est l'arbitre. Pour moi, ce système n'est pas praticable à l’égard des détenus, ni même des citoyens ordinaires. Nietout a été très discipliné et très calme en prison et c’est tout. Il a respecté l’institution protocolaire, ce n’est pas une raison de croire qu’il est pour une monarchie du même type.
-Et Philippe. Vous ne parlez jamais de Lui…
-J’ai sa photo dans mon portefeuille.
-Vous me montrez la photo d’un bébé de douze mois !
-Et alors ? Je ne peux pas avoir un bébé de douze mois ?
-Je parle d’un autre Philippe. Pour Baudouin, il n'y avait aucun doute. S'il avait encore vécu 30 ou 40 ans, Philippe lui aurait succédé.
-Vous lui avez demandé ?
-C’est Wilfried Martens qui le dit. Pensez-vous qu'il soit prêt?
-Oui. Il m’a téléphoné ce matin. Il a rassemblé ses affaires et attend la levée d’écrou. Il est prêt.
- Je vous remercie, MonsieurArnaud Beaucresson de la Baffe de vos précisions. Je salue la libération prochaine de votre client, Michel Nietout et des mémoires de Wilfried Martens, traduits en wallon liégeois par le club des pensionnés de Sainte-Walburge.
Interview réalisée par Al Fonce du Soir…

18 avril 2006

Gare Centrale.

Certains commentaires de faits-divers sont particulièrement difficiles, surtout lorsqu’ils atteignent les jeunes et les personnes âgées.
Le meurtre d’un adolescent de 17 ans à la gare centrale de Bruxelles, comme l’agression dont a été victime un autre jeune de 19 ans à Charleroi, avaient pour objet un MP3 « MPEG Audio Layer 3 », une nouvelle « petite merveille » de technique qu’un ado se doit d’avoir, à défaut de quoi il passe pour un ringard !
Parfois on arrache un sac dans l’espoir d’y trouver beaucoup de sous. Ici, la valeur de ce gadget à la mode varie entre 27 et 150 euros, neuf, évidemment, comme le font remarquer toutes le publicités.
Ce n’est pas nouveau que l’on puisse perdre la vie pour une poignée d’euros, mais que le meurtrier sache à l’avance qu’il tue peut-être pour moins de 50 euros, est consternant.
Là-dessus les journaux sortent les statistiques habituelles au nom desquelles la délinquance n’est pas en augmentation, on peut l’admettre ; ni que les gares et arrêts de bus soient moins sûrs. C’est fort possible.
Qu’écrire à chaud sans perdre son sang-froid, qui ne soit pas accablant pour le voyou qui tue pour un gadget, dans un souci de comprendre et de juger sereinement ? Peut-être est-il aussi un jeune à l’esprit dérangé par les publicités, poussé par le désir violent de la possession de ce que des adultes inconscients vantent sur des affiches et sur des magazines comme le must des musts ?
Certes, faut-il évidemment l’arrêter rapidement. Psychopathe, immature ou « barbare » ce jeune dans la nature est un danger permanent pour tout le monde.
Reste que si ce voyou est un étranger venu du Maghreb, tandis que les journaux vont se retenir au bord d’une démangeaison raciste, les gens de la rue, eux, ne s’en priveront pas. Le scabreux, c’est que les statistiques, encore une fois, auront toutes les apparences de leur donner raison, si l’on oublie l’inconvénient d’être né pauvre et à l’étranger, dans un pays riche et égoïste.
C’est égal, penser que cette fine ordure est peut-être en train d’écouter la musique que sa victime avait enregistrée, et si le produit de son crime est en versions 5 et plus permettant de visualiser des vidéos en format Windows Media Player AVI, peut-être regarde-t-il les photos des dernières vacances du malheureux !
Ce fait-divers crapuleux donne un aperçu de l’extrême couardise de ceux qui ont vu se perpétrer un crime en pleine heure d’affluence sans intervenir. Couardise ou lâcheté, allez savoir ? Les deux sans doute, dans un monde où chacun ne s’occupe plus que de ses fesses, laissant aller les choses – surtout ne t’en mêle pas tu vas t’attirer des ennuis – selon le principe même du « chacun pour soi » de la société de consommation.

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Certes ce drame n’est pas le premier du genre. Il a même été suivi d’un autre à Charleroi qui heureusement s’est moins mal terminé. Et sans doute, y en aura-t-il encore d’autres à l’avenir qui égaleront ou surpasseront dans l’odieux et dans l’horreur celui de la gare Centrale ; mais, on ne peut s’empêcher de râler devant le gâchis tragique de la fin de cette jeune vie-ci.
Evidemment, l’opinion fait toujours bouger les choses : les gens apportent des fleurs sur les lieux du drame, peut-être même y a-t-il parmi eux, ceux qui ont vu tomber la victime sans intervenir ? Des amies et amis sincères de la victime versent une larme devant les caméras. Les journaux focalisent les pleurs et les grincements de dents. Le premier ministre a envoyé un mot de soutien aux malheureux parents, sans doute était-il sincère. On aura un bout du cortège funèbre à la télévision, tandis qu’on nous assurera que la police est sur les dents. Mieux, à l’heure où s’écrivent ces lignes, a-t-on déjà coincé le petit salaud qui tue pour si peu…
Comme toute chose, les bonnes résolutions une fois la pâte retombée, resteront lettres mortes. Les fleuristes attendront la prochaine horreur pour vendre les roses au compte-goutte, comme le font toutes les nuits, d’autres « étrangers » plus pacifistes, qui les vendent à la pièce à chaque table de restaurant, pour juste de quoi nourrir leur famille.
On finira par dire de ce drame-ci, comme pas mal d’autres, c’est la faute à la fatalité. Se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, c’est le hasard…
Eh bien ! non, ce n’est ni la fatalité, ni le hasard. Ce gamin est mort de notre faute. Ne sommes-nous pas les responsables de la société que nous aurions dû lui léguer heureuse et pacifique et que nous avons faites à la façon d’un coupe-gorge où l’arnaque et l’exploitation sont érigées en valeurs démocratiques ?
N’attirons-nous pas les populations du dehors de la Communauté européenne par les faux semblants d’une prospérité apparente et qui cache bien la misère d’une grande partie de la population, au point que d’Afrique, du Maghreb, d’Asie et d’ailleurs affluent des familles entières qui s’engluent comme des mouches sur les leurres de notre système social ?
Faut-il s’étonner qu’à nos voyous, se joignent les leurs, déboussolés ?

17 avril 2006

Une impuissance.

-Réfléchissez-y !... Entre l’amour physique et le ridicule, il n’y a qu’un pas.
-Que voulez-vous dire, Sigebert ?
-…Vous me dites que je ne suis pas assez romantique, que je ne suis pas assez délicat… et brusquement, vous sortez de votre salle de bain dépoitraillée et offerte…
-Je n’ose comprendre.
-Si, si… comprenez. Je ne peux pas ronsardiser puis ex-abrupto me souvenir si je me suis parfumé les parties à la violette, ce musc que vous aimez tant… exceller en raffinement, puis me rappeler que je suis aussi un animal et tressauter en manipulant vos charmantes fesses… Vous me demandez de passer sans transition d’une page de Musset, à l’attitude de l’inculte Bonobo qui ne pense qu’à ça…
-Mais, je ne suis pas dépoitraillée, comme vous dites, j’ai seulement tenu compte de la venue du printemps et je me suis habillée en conséquence. Vous vous méprenez sur mes intentions, mon cher…
-Admettons et vous me soulagez. Comment peut-on parler d’amour à une femme raffinée et puis le faire, c’est-à-dire passer sans transition de la contemplation des roses à la fonction de gynécologue ?
-Qui vous dit que nous aurions couché ensemble ? Vous voilà bien présomptueux ! Ignorez-vous que je suis mariée et que ce n’est pas parce que mon époux est absent cette semaine que son meilleur ami doit en profiter.
- C’est ce qui m’avait semblé aussi. Je ne vois pas pourquoi, après trois soirées intenses aiguillées par la perspective du retour prochain de ce pauvre Edmond, pressés par le temps, alors que je ne vous ai pris un baiser qu’à l’heure de mon départ, nous conclurions par l’exposition de nos derrières … Il faut que nous nous croyions mûrs à voir et à entendre ce que nous cachons à tout le monde, pour passer à des activités physiques qui ne se comprennent bien que par l’échange de détails intimes… et si vous pétiez ou pire si vous me pissiez dessus dans les moments paroxysmiques, si moi-même je transpirais de la mauvaise odeur de poisson bouilli qu’on certains amants poursuivi par leurs muqueuses et leur sécrétion sui generis ?
-Sigebert, vous me dites des horreurs, et je ne sais si je dois écouter…
- Cependant, très chère Violaine, je vous aime et je vous désire…
-Vous me désirez, mais vous appréhendez la chose. Et pire, vous me la décrivez comme si vous en étiez l’ennemi. Que devrais-je penser par là ?

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-Par là, on ne pense rien, hélas !... C’est bien tout le drame de cette chose simple qu’on appelle l’acte sexuel. On ne pense rien, enfin rien qui ne soit adapté à la chose. C’est-à-dire les images qui défilent à ce moment précis dans notre cerveau et qui ne sont à proprement parlé que des images… de comics, mais un comics hard dépourvu de toute intellectualité, chacun s’essayant à éprouver du plaisir, parfois au détriment de l’autre. Le cerf brame et la biche halète, mais jamais en même temps.
-Eh bien ! soit, je me rhabille. Et après le dernier verre, respectant le vœu de fidélité que je fis un jour à ce pauvre Edmond, je vous prierai de rejoindre, comment s’appelle-t-elle encore ?
-Philomène…
-Je parie que ce n’est qu’un nom d’emprunt. Comme je parierais que vous ne lui dites pas les choses que vous me dites, lorsque vous lui faites l’amour…
-Certes, mais c’est parce que je vous aime trop et que l’on n’a pas encore trouvé autre chose que de le faire, ce qui navre toujours, quand le piédestal élève la déesse bien au-dessus du sol .
-Puisqu’il faut passer par là pour le prouver ? Est-ce un mal ? Et dans la perspective que cela se fera, n’est-ce pas une erreur de décrire la chose comme une horreur… C’est comme si Villepin crachait dans la soupe du CPE après qu’il eût adoré son projet !
-Il est vrai qu’on peut voir cela autrement et qu’il est fort agréable après les conventions d’une société attentive à la bienséance et dès que le mari a le dos tourné, de soulever les jupes de sa femme pour voir et sentir ce qu’il y a en dessous.
-Que faites-vous, Sigebert, vous perdez la tête ?
-Vous savez bien que la tête ne commande pas à tout.
-Et si je vous disais que votre préambule m’a ouvert les yeux et m’a complètement guérie du peu de faiblesse que j’eus pour vous ?
-Je me voulais seulement spirituel.
-Vous l’avez été, mais à vos dépens mon cher. Et puis…
-Dites donc…
-Comment appelez-vous ce discours démobilisateur, au moment où, près du but, les sens appellent à la mobilisation générale ?
- Une réflexion.
-Non monsieur, une impuissance…

16 avril 2006

Chantier.

Ce mot est entré dans le vocabulaire de ceux qui n’y ont jamais mis les pieds. Ils nous suggèrent qu’ainsi ils retroussent leurs manches pour produire des lois. Un peu comme le navire en construction attend sur le chantier qu’une de nos têtes de proue casse sur sa coque une bouteille de champagne.
Cela fait travailleur de force. Cela donne le sentiment que nos gens de bureaux à la tête des Etats dits démocratiques ne se contentent pas de plancher sur du papier ; mais en plus plongent les mains dans le cambouis.
C’est ainsi que Villepin comme Verhofstadt n’ont que ce mot à la bouche au détriment du sens qu’en donne la langue française.
A force de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, ils croient nous faire gober aussi que leur stylo, c’est une clé de douze !
Villepin a raté son dernier chantier du CPE. On ne trouvera trace nulle part de la friche qu’il a laissée, puisqu’elle n’est que fictive. Son patron a procédé à son inauguration puis à son retrait. Les pièces rapportées ne s’emboîtaient pas. Il y avait un tel hors plomb qu’il était préférable de refaire des plans… sur la comète, le chantier de Villepin ne pouvant être qu’interplanétaire.
Verhofstadt aussi en a d’innombrables. C’est un multi entrepreneurs. Son casque de chantier est en permanence à sa portée pour une visite surprise. Comme Di Rupo est physicien, Verhofstadt est tout physique. Il met actuellement l’Etat en chantier. Ce vaste terrain industriel est partagé en deux, dans le hangar numéro un les ouvriers élèvent des poutrelles en s’aidant par des « ho hisse et ho », c’est le moins performant. Dans le second, le personnel ahane avec des « hisse en ho ». Il paraît que le « en » est plus performant que le « et ».
A ces messieurs qui ont l’impudeur de comparer leurs légers frissons dès qu’ils s’éloignent du chauffage central de leur cabinet, avec la sueur qui perlent à grosses gouttes sur les chantiers de bois et d’acier, il faut que quelqu’un se décide à leur expliquer qu’ils détournent un mot de sa signification à seule fin de propagande et que c’est une manœuvre indigne.
Comme tout se corrompt et se liquéfie de nos jours, les dictionnaires modernes eux-mêmes éternuent d’erreur quand on les met en regard du Littré.
Chantier à deux origines.
La première vient du latin canterium (chevron) Selon ce premier chantier, le mot signifie une pièce de bois sur laquelle on couche des tonneaux dans le cellier ; un morceau de bois qui sert à maintenir un bloc de pierre ; le support de marine sur lequel repose la quille d’un vaisseau ; l’appareil qui porte les manivelles du cordier (encore un métier perdu) ; dans les trains de bois, pièce entaillée pour la liaison avec d’autres bûches.
Voilà pour la première origine.
A moins de nous comparer aux bûches que leur chantier joindrait, je ne vois pas ce que les showmen ont affaire avec ce chantier-là.

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La seconde est d’origine berrichonne qui signifie bord d’une rivière (la Loire coule à plein chantier). Nous avions tout à l’heure la matière. Nous comprenons aussi les lieux où l’on dispose certains objets pour les conserver en dépôt ou les travailler. De même en terme de marine, c’est l’endroit où se construisent des vaisseaux.
Pourrait-on dire que la rue de la Loi où officient ces nouveaux travailleurs est un chantier ?
Où sont les pièces de bois rapportées, les bords de rivière, les tonneaux mis en perce ?
« Ainsi l’ayant honnestement ensepvely, et basty un chantier de bois, le convoyerent en armes au feu de ses funérailles », vu sous cet angle vieux françois, la version Villepin serait vraisemblable.
Reste que ces termes qui n’ont rien à voir avec l’autorité qui gère l’Etat sont inappropriés pour ce qui s’y prépare.
Que Verhofstadt et Villepin parlent de pétaudière, voire de bordel dans les moments de grand découragement seraient compatibles avec ce qui s’y passe vraiment. Quant au chantier, ne leur voulant aucun mal malgré les airs que je prends, je ne le leur souhaite pas. Qu’ils le laissent à ceux qu’ils y poussent. Et ils sont assez nombreux…
Du reste qu’y feraient-ils ? S’ils sont aussi malheureux dans leurs gestes, qu’ils le sont de leurs paroles, ils y seraient vite licenciés.

15 avril 2006

On y est presque…

Comment lutter contre la violence qu’on sent se développer dans n’importe quel cas de figure ? Tension et guerre entre Etats africains, l’effervescence des Musulmans à propos du sort fait aux Palestiniens par Israël, la guerre en Afghanistan et la renaissance des mouvements islamistes, la catastrophe d’un Irak près de la guerre civile, et enfin, cavalier seul de l’Iran qui veut sa bombe atomique.
Les Etats-Unis ont une large part de responsabilité, directement et indirectement dans tous ces conflits, les Européens surtout mouillés en Afrique restent cependant en partie complices de la politique américaine dans presque tous les engagements américains.
L’ordre mondial que les Nations Unies veulent nous imposer sans succès cache mal la guerre économique que le système libéral a érigé en principe absolu.
La libre concurrence n’est pas autre chose que la pratique d’un combat permanent dans le champ clos des entrepreneurs.
Comment canaliser l’énergie considérable gaspillée, afin de mieux répartir les richesses produites, et d’en faire un élément d’une plus grande justice entre les producteurs et les consommateurs, entre les revenus du travail et du capital ?
On a beau dire que l’agression n’a rien de pathologique ou de mauvais et qu’elle n’est qu’un instinct, c’est tout de même cette agression qui a permis au monde occidental à partir de la colonisation de la fin du XIXme siècle d’exploiter le reste de la planète.
Au début des systèmes économiques dont le capitalisme a émergé, les économistes et les philosophes espéraient voir surgir des mécanismes ingénieux pour diriger cette agressivité vers des voies utiles à l’humanité. Malheureusement, on dirait qu’il manque à l’homme d’avoir mis en place des mécanismes efficaces de corrections des inégalités. L’instinct d’agression semble avoir dépassé son utilité.

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La machine s’emballe. Le système économique libéral triomphe et disjoncte à la fois ! C’est peut-être le signal d’un fiasco tel, que notre civilisation ne s’en relèvera pas.
Un premier pas vers le chaos a été franchi, quand les économistes ont tiré le signal d’alerte sur la demande en expansion continue en barils de brent des pays émergents comme la Chine et l’Inde. Alors qu’il était temps d’établir un programme mondial de répartition de la précieuse huile minérale, on a laissé faire. C’est-à-dire qu’on a permis aux Etats-Unis et à l’Europe de poursuivre leur progression de consommation, par la politique des transports par la route sans étudier l’extension du transport ferroviaire et fluvial. On a négligé la rationalisation du chauffage urbain par des chaudières collectives de quartier, ainsi que bien d’autres mesures, malheureusement incompatibles avec le libéralisme.
Deuxième pas vers le chaos, le prix du baril de brent a franchi les 70 dollars pour la première fois, jeudi 13 avril au soir, à Londres, établissant un nouveau record historique sur fond de tensions persistantes entre l'Iran et la communauté internationale, et de la crainte de pénurie d'essence aux Etats-Unis. Certains s’alarment de ce que le baril pourrait atteindre les 100 dollars fin d’année !
D’une certaine manière, les taxes prodigieusement élevées sur l’essence et le mazout à la pompe ont habitué les usagers de tous les pays d’Europe aux pleins chers. Il se pourrait même que les Etats, comme la Belgique à propos de la facture du mazout de chauffage cet hiver, soient obligés de réduire les taxes et accises afin de rendre les augmentations supportables. Aux Etats-Unis, toute augmentation est directement supportée par l’usager, le prélèvement de l’Etat sur le litre de super est minime, si on le compare avec la moyenne européenne. Ils n’ont aucune marge de manœuvre et un mouvement de panique – stockage de l’usager – serait catastrophique en mettant en quelques jours les pompes à sec.
On voit bien que se profile là une guerre économique qui pourrait se transformer en guerre tout court. C’est tentant, quand on est la nation la plus puissante du monde.
L’Iran, quatrième producteur mondial d'or noir, va donc faire la une de la tension mondiale dans les semaines à venir. Aux dernières nouvelles ce pays durcissait le ton et refusait de suspendre son enrichissement d'uranium. Les analystes évaluent la probabilité et les conséquences d'une interruption de ses exportations en mesure de représailles à d'éventuelles sanctions de l'ONU, à des millions de barils.
Ce n’est pas quand la consommation aux Etats-Unis aura atteint son pic dans les mois d’été que le président Bush arrêtera une politique à l’égard de l’Iran. C’est tout de suite. Alors que la demande ne faiblit pas, les raffineries américaines ont du mal à suivre.
Il semble que les Démocrates avec Hilary Clinton, probablement candidate pour la Maison Blanche, soient du même avis que Condoleezza Rice.
Le département de l'énergie US a révélé que les stocks d'essence avaient reculé de 3,9 millions de barils la semaine dernière, confirmant une tendance qui se prolonge depuis plus d'un mois.
Tout est donc en place pour le scénario d’agression.
Si les frappes stratégiques proposées s’avéraient insatisfaisantes, il se pourrait que le Corps expéditionnaire américain en Irak, fasse un crochet par l’Iran avant de rentrer. Si une telle alternative échoyait, l’Europe pourrait difficilement se soustraire, comme pour l‘Irak, à une demande d’aide.
Ah ! le joli mois de mai qui arrive !

13 avril 2006

Berlusconi, en baisser de rideau.

Il y a de ces coincidences…
Ainsi l’actuel Parrain de la Mafia, Bernardo Provenzano, a été arrêté en Sicile hier après plus de 40 ans de cavale. Au même moment Silvio Berlusconi, mauvais perdant, contestait la victoire de Romano Prodi et de la gauche aux élections italiennes.
C’est la droite affairiste qui s’en va. C’est un clown qui s’est condamné en décrétant que les Italiens qui n’auront pas voté pour lui sont des couillons… c’est-à-dire la majorité. C’est un maffieux de Corleone qui avait succédé à Toto Riina, en prison, qui tombe aussi.
Rien que de bonnes nouvelles pour nos amis de la Péninsule ?
Non. Car le vote des Italiens montre la même fracture que partout en Europe de l’Ouest. Le cinquante/cinquante marque une division qui va au-delà d’un duel gauche droite qui tient aux valeurs contestées de ce qu’on appelle encore la démocratie, à la difficulté croissante du citoyen à se faire entendre du parlementaire et de l’exécutif enivrés de pouvoir absolument convaincus qu’ils ont raison contre tout le monde (Voir le drame en France avec l’aveuglement du couple Chirac-Villepin).
Et encore, en Italie on peut toujours discerner la droite de la gauche, comme en France d’ailleurs, mais en Belgique ? Comme il n’y a plus ni l’une ni l’autre, l’électeur est complètement déboussolé.
Romano Prodi est la moins mauvaise des solutions pour mettre de l’ordre dans le gâchis actuel causé par un Berlusconi qui gérait l’Italie comme son portefeuille d’affaires. S’il est urgent de s’atteler aux problèmes sociaux, il est aussi impératif de démanteler le réseau Berlusconi dont les implications à la fois dedans et hors de la conduite de l’Etat ont rendu quasi impossible à l’Italien moyen de s’informer correctement.
Berlusconi a poussé à ses extrêmes la caricature de la démocratie libérale où la liberté d’entreprendre s’imbrique tellement dans la conduite de l’Etat qu’on se demande de qui, de la société anonyme ou de la Société italienne, procède le pouvoir ?
Il est inutile de revenir sur la mainmise des médias par le système Berlusconi. Il suffit de connaître les temps de présence sur les écrans de télévision de l’un et l’autre des candidats, pour être fixé.

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Et c’est la grande difficulté d’aujourd’hui, comment empêcher le monde de l’argent d’envahir tout et prendre les meilleures places partout, non pas en fonction du mérite personnel de chacun, mais en fonction des moyens dont on dispose pour émerger avant les moins fortunés ?
La vraie démocratie ne peut pas être cette piste aux étoiles où Berlusconi était à la fois l’auguste, le clown blanc et le dompteur de puces savantes.
Romano Prodi est nul médiatiquement parlant. Il a l’air d’un honnête professeur, qu’il est certainement. Il fait trop sérieux par rapport à son rival, véritable mirliflore dont chaque intervention est un show.
Il faut le dire, la politique spectacle, en Italie comme ailleurs, s’est emparée de la politique tout court, faisant obligatoirement de qui veut passer la rampe, au minimum un clown blanc. C’est un prodige, Prodi n’est rien de tout cela.
Le malheur, c’est que les Italien ont toujours eu le goût du spectacle depuis les effets de tribune d’un Mussolini. Prodi aura très difficile de rendre à la politique un peu de sérieux, sans plomber la fête de la rentrée de la gauche, par des propos aux antipodes des plaisanteries de Silvio.
Nous verrons dans les mois qui vont venir comme Prodi saura faire de la coalition de la gauche un outil de progrès. Il a fait ses armes à l’Europe. Mais qu’y a-t-il fait qui soit de nature à augurer de ce qu’il fera dans la Péninsule ? On sait qu’il est pour l’orthodoxie financière, donc pas de rapport tendu entre le capitalisme et lui. On n’ignore pas que sa foi en la démocratie telle qu’on nous la vend aujourd’hui est quelque peu teintée d’ironie, mais qu’a-t-il fait à l’Europe pour la rendre plus familière aux citoyens ? Rien.
Le pouvait-il ? Apparemment l’Europe était trop conservatrice pour lui concéder la moindre concession, d’autant que les nouveaux pays membres sembleraient renforcer cette tendance.
On verra bien ce qu’il pourra faire en Italie.
De toute manière, il a un atout que Berlusconi n’a pas. De sa vie passée on peut estimer que Prodi est un honnête homme. C’est toujours ça.
Quant à l’avenir de Berlusconi, ne soyons pas trop inquiets. Il pourrait faire une immense carrière chez Bouglione.


12 avril 2006

...la place aux romantiques.

-De quel signe es-tu, Sigebert ?
-Poisson, madame.
-Premier décan ?
-Non, deuxième…
-Non, c’est moi… laisse…
-C’est chaud !
-Je te mets un peu de la froide.
-Oui, madame. Merci.
-C’est pas pour dire, mais les poissons me font pas confiance.
-Pourquoi ?
-C’est un signe d’eau… c’est flasque.
-Ah bon !
-Je ne dis pas ça pour toi. C’est même très bien, toi en ce moment.
-Qu’est-ce que je fais ?
-Tu laisses tomber le slip.
-Et puis ?
-On voit que tu viens pas souvent.
-C’est la première fois.
-Tu vas pas me dire que…
-Si !
-Avec ça, intuitif, imaginatif…
-C’est un bon signe ?
-Je t’ai dit, j’ai pas confiance.
-C’est pour ça que vous m’avez demandé de payer d’avance ?
-Non, c’est comme ça chez nous.
-Et pourquoi vous n’avez pas confiance ?
-C’est moi en dessous, à moins que tu préfères autrement ?

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-Ah ! ce que vous êtes belle…
-Va doucement…
-Tu es belle comme un pain de froment que d’un revers le boulanger fend !
-T’es poète, mon biquet ?
-Oui, j’ai eu un prix de poésie.
-Ecoute, si tu te pressais un peu ?
-Si je me presse, je pars…
-C’est le but, ici, chouquet, c’est de partir.
-Ah ! voilà, tu sens ?
-Ça m’étonnerait, avec la crème antiseptique que je me mets…
-En plus, je suis couvert…
-Tu te rhabilles presto ?
-Vous ne vous rhabillez pas ?
-Tu sais, je suis en tenue de travail.
-Je suis un peu déçu…
-Je te demande rien. Les poissons mettent un temps fou à remettre leurs affaires…
-Je suis un peu déçu de votre manque de romantisme.
-Prends un essuie-tout. Rien qu’une division, s’il te plaît !...
-Votre manque de romantisme…
-De quoi tu parles ?
-Oui, on aurait pu se dire des mots d’amour. Ça coûte rien…
-Flo me le dit sans arrêt « cause jamais avec un client ».
-Pourquoi elle vous dit ça ?
-Parce que ça sert à rien. Pendant qu’on cause, la tension baisse.
-Et alors ?
-J’ai un loyer à payer, chouquet, des taxes, des pas de porte…
-Pour une première aventure…
-Justement, t’aurais pu choisir une ménagère qui s’emmerde et qui ne sait que foutre de sa journée. T‘en as qu’attendent pas que le bus place Saint-Lambert, qu’aimeraient autant rester en ville une heure de plus…
-J’en ai eu une.
-Ah ! t’es pas puceau, Sigebert…
-C’est elle qui veut pas.
-Non !
-Elle hésite… Elle est pas prête… Je suis pas assez romantique.
-Pourquoi ? T’as pas la patience ? Le Chinois qui mord ? En général, elles font toutes un peu de chichi… pour faire croire que ça leur coûte… que c’est quelque chose leur berlingot…
- Surtout qu’on était fiancés !
-Ah ! c’est pas une femme mariée ! Si t’avais dit tout de suite. C’est normal, t’es de la Préalle que tu m’as dit, quasiment de la campagne. Attends seulement quand elle aura dit oui devant le maire… T’es un pionnier, toi…
-Un pionnier ?
-Oui, tu ouvres la voie, pour pas que les autres attendent…

11 avril 2006

Golden balls.

On ne les plaindra pas, mais ce n’est pas tous les jours la récré pour les poids lourds de l’industrie et de la finance. Les PDG aussi font dans leur froc de peur d’être licenciés sans parachute doré !
Les individus initiateurs d’OPA hostiles sont là pour leur faire comprendre qu’il n’est pas drôle de tomber sur plus malin que soi, dans une société de raiders où pour se faire des golden balls – littéralement des couilles en or – il faut savoir écraser celles des autres.
En notre minuscule Etat, s’il y avait bien une planque pour les vieux jetons de l’économie, c’était bien la Société générale, Un « vestige féodal »: c’est ainsi que de Benedetti la décrit. Bureaux douillets, activités centenaires, une Institution dans le genre de la dynastie, pratiquement née avec elle. “Pourquoi est-il prêt à avancer tant d’argent pour elle, alors?”, répliqua Davignon, tirant nerveusement sur sa pipe et jusque là quelque chose dans le bâtiment. Tout mais pas de Benedetti rugirent les responsables de la Générale, pas d’Italien. Ce qui n’empêcha pas des actionnaires de se remplir les poches, comme le pdg anversois de Gevaert en ce temps-là, sur le compte de l’Italien furioso ! Chose curieuse, c’est encore le même couplet à propos de l’Electricité et Gaz de France, tout mais pas l’Italien Enel !
Un groupe de raccroc : Suez, des capitaux frais et voilà la Société générale devenue française, mais pas italienne. De Benedetti boit la tasse et les grossiums de Bruxelles rempilent dans les fauteuils pur cuir.
Tout ne se passe pas toujours entre bons copains. La Swissair n’arrivait pas avec un raider dans ses bagages, mais n’en a pas pour le moins essoré la SABENA au nez et à la barbe des gros mariolles du gouvernement, pour s’arranger à se mettre en faillite en Suisse. Gros à parier qu’on ne retrouvera jamais les fonds siphonnés de la société belge ! là, il n’y a que le petit personnel qui a trinqué. Cela rassure toujours les grosses pointures. C’est aujourd’hui Davignon qui donne des conseils de gestion à la nouvelle compagnie d’aviation bruxelloise. Il a oublié l’entérite de 1992.
Le tir aux PDG grassouillets nous est venu des USA, bien entendu. Dans les années 86 – 87, le financier touche-à-tout Jimmy Goldsmith s’était mis en tête d’absorber Goodyear, le premier manufacturier de pneumatiques de la planète. Dominique Nora nous raconte la chose de façon imagée. Elle dépeint très bien les courettes autour de Wall Street, à commencer par celle de Robert Mercer, le PDG de Goodyear à l’époque qui chercha pendant les quinze plus longues journées de sa vie, le nom de son prédateur.
Quant à Goldsmith, après avoir raté son coup, il est reparti s’amuser ailleurs, dans l’Edition, et les journaux. Avant de se sentir une vocation de journaliste, et de soutenir Philippe de Villiers, il avait un tantinet pataugé dans les produits pharmaceutiques. Il est mort dans sa villa de Marbella fin des années 90, il avait amassé une fortune évaluée à 10 milliards de francs français, résultat de son travail « honnête » diront nos ineffables libéraux.
Aujourd’hui, la fiesta tourne autour d’ARCELOR.
Guy Dollé, directeur d'Arcelor, qui se bat actuellement contre le projet de reprise de Mittal Steel, a vu son salaire augmenter de 9,4% au cours de l'année écoulée. En 2005, Dollé a perçu un salaire de 1,43 million d'euros, dont 632.000 euros de salaire fixe, le reste étant composé de bonus et d'options sur des actions. Le reste du comité de direction a reçu globalement 5,8 millions d'euros, soit 8,3% de plus que l'année d'avant. On comprend qu’il s’agrippe à la poignée de son bureau.

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Guy Dollé est à la tête d'Arcelor depuis la fusion entre le luxembourgeois Arbed, le français Usinor et l'espagnol Aceralia en 2002. Après avoir mis en boîte le Gouvernement wallon et sérieusement écoeuré les métallos sérésiens sur son compte, Dollé ne pouvait compter que sur son actionnariat. Tout le fric qu’il jurait ne pouvoir investir à Seraing s’est miraculeusement retrouvé dans un de ses tiroirs dans lequel plus personne ne savait qu’il y était, tout ça pour la branlette aux actionnaires…
La partie n’est pas finie. Lakshmi Narayan Mittal n’a pas dit son dernier mot. C’est égal, Dollé voudrait bien finir carrière d’ici deux ans avec des petits compléments à son modeste pécule, mais l’Indien Mittal agite le C4 de Guy. S’il reprend l’affaire, il y placera son fils et videra Dollé.
Quand je vous disais que, juste retour de manivelle, ces gens-là font dans leur froc de perdre leur place comme le dernier de leurs commis.
Et cette chiasse inaugurée par Davignon en Belgique ne fera que s’accélérer dans les prochaines années.
« Pourquoi se crever à bâtir un empire, quand on peut s’approprier celui des autres ? » Raisonnement impeccable, sauf que le raider, la proie et la faune gravitant autour des deux opposants n’en ont jamais rien secoué. Ils se sont toujours contentés de faire crever les autres, des petits personnels, aux cadres aussi exposés dorénavant que n’importe quel plouc d’atelier.

10 avril 2006

Un roi de la drague.

-Tu as revu Pilchard ?
-Non. Ça fait un moment. Pourquoi tu parles de Pilchard ?
-Comme ça… sa façon de draguer les filles.
-Pourquoi on l’appelait Pilchard ?
-Le pilchard est un poisson qui dévore l'excédent de plancton qui risquerait d'entraver la libre respiration des océans, c’est ce que disait Soubras, le prof de science…
-Suite à l’exposé de Soubras, tu te souviens de la rigolade ? Les pilchards sont autonomes mais reconnaissent implicitement une autorité directrice : Le pilchard roi. Il a sous ses ordres une armée de mâles : les pilchards de combat, le pilchard dîne à l’huile, etc…
-Ouais !... même qu’on nous appelait les pilchards à banc
-Alors, on l’a plus appelé que Pilchard. Certains profs confondaient avec son véritable nom.
-Tu sais comment il s’appelait vraiment?
-Non. Reste plus que Pilchard.
-Tu te rappelles sa technique avec les filles…
-L’air malheureux qu’il prenait pour s’en débarrasser ?…
-Et sa poésie ?
-Je t’aimerai pour la vie - pourtant je suis parti - c’est un chagrin chérie - mais la liberté n’a pas de prix. Signé Pilchard.
-Le con !
-La dernière fois que je l’ai vu, il draguait les veuves à Sainte-Walburge.
-Non !
-C’est lui qui me l’a dit. Il repérait l’âge du défunt, matait la veuve et quand c’était dans ses prix, il suivait le convoi…
-Il la draguait à chaud ?
-Il restait le dernier, après s’être farci le repas froid de circonstance…
-Il a toujours eu le charme consolateur…
-Pilchard se faisait la gueule de l’emploi. Selon, ce qu’il avait appris, il se faisait passer pour un ancien collègue, une relation de vacances… même que certaines veuves finissaient par ce souvenir de lui…
-Il couchait le premier soir ?
-Ça s’est trouvé une fois… Faut dire que c’était la veuve joyeuse. Ils avaient un peu bu… Il l’avait suivie dans les toilettes du funérarium…
-Dans quelle circonstance Pilchard n’a plus pratiqué la veuve ?
-La dernière fois, il s’est fait casser la gueule par le frère du défunt. Juste comme il passait la main dans la jupe portefeuille. L‘autre est arrivé et lui a mis une droite sur l’œil.
-L’honneur de la famille ! Le respect dû au défunt !
-Non. Le frère était l’amant de la veuve.
-Tu te rappelles quand il faisait les hôpitaux ?
-Là, Pilchard était vraiment grandiose.
-Il jouait les secourables, les compatissants. Il prenait place dans les salles d’attente, l’air d’une victime. La larme à l’œil…
-Quand la charmante sortait toute secouée par l’exam, il s’arrangeait pour la recroiser dans le couloir… comme elle s’était habituée le quart d’heure avant à sa présence sur la banquette, il était presque devenu une relation.
-Pourquoi Pilchard n’a pas poursuivi, puisque cela avait l’air de mordre ?
-C’est quand on n’a plus voulu qu’on fume dans les couloirs qu’il a jeté l’éponge.
-Il ne fumait pas !...
-Non. Mais c’était son truc d’introduction : « Voue avez du feu ? Vous en voulez une ? » C’était plus possible…
-Il pouvait sortir son paquet dehors !
-Il a toujours voulu sortir son paquet dedans.
-Rapport à quoi ?

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-C’était pas un fumeur. Pilchard avait pas le genre pour allumer une clope dehors, façon Bogaert. Elles s’éteignaient toutes, du coup les filles aussi… La fois où le vent de face lui a roussi le veston, il a compris que c’était pas pour lui…
-Sacré Pilchard ! Où il drague maintenant ?
-D’après ce qu’on m’a dit, il serait coach dans un club féminin de basket. Mais, il se pourrait qu’il démissionne.
-Il cherche autre chose ?
-Oui. Au basket, elles sont cinq. Au football, onze, tu vois l’avantage ?

9 avril 2006

Et j’entendais ton rire…

Dans cette petite rubrique d’opinion pas toujours en corrélation avec le bien dire et le bien penser (qu’est-ce que le bien dire et le bien penser ?), il n’entrait plus dans mon esprit d’entreprendre sur des grande causes le moindre sujet de réflexion.
Qu’est-ce que ça peut foutre déjà au point de vue national l’opinion d’un type de mon espèce ? J’ai déjà suffisamment soulevé la question de la valeur réelle de l’opinion du citoyen belge dans le cadre d’une démocratie par délégation de pouvoir, pour en rester là. Alors, transposé à la situation internationale, vous pensez…
Pourtant, si ceux qui ont un petit quelque chose à dire, la ferme comme le citoyen lambda, on n’entendra plus que la cacophonie céleste de l’Haut-lieu, étendue depuis Bruxelles au monde entier.
Ce qui se passe en France avec le CPE m’a persuadé que malgré tout - en-dehors de la fantasmagorie des urnes où c’est un Villepin qui mène l’UMP à la défaite future, retranché des autres et seulement approuvé en sa déshérence par son copain Chirac – c’est tout de même la rue avec ses millions de protestataires qui a la vraie démocratie pour elle.
Ce qui fait que gueuler tout seul et dans son coin est peut-être plus un acte démocratique que de diriger les autres contre leur gré, plus peut-être que d’approuver les Lois promulguées en notre nom et sur lesquelles nous ne sommes pas majoritairement d’accord.
Aussi, vais-je, à nouveau à tort et à travers, revenir de temps à autre sur les grands événements dont nous lisons les péripéties dans les journaux, à seule fin de dire à quelques uns mon sentiment ; alors que j’avais perdu l’habitude de le faire par lassitude et découragement.
Sinon, à qui le dirais-je ?
A-t-on déjà vu l’Haut-lieu débattre avec la rue et écouter les gens ordinaires ?
Ainsi, de la guerre en Irak, voulue par Bush, prenant le citoyen américain à la gorge, sans que l’Administration américaine soit sensible d’abord aux sourdes réprobations et ensuite aux clameurs qui s’élèvent en avril 2006 dans ce pays.
Après l’invasion sur des prétextes mensongers, voilà l’Armée US maîtresse d’un pays, puis de moins en moins sûre d’en pouvoir façonner le nouveau visage, tandis que les morts des civils et des militaires s’accroissent, que le climat d’insécurité grandit, au point qu’aujourd’hui on peut parler de guerre civile.
Le voilà bien effondré, le rêve de Dobeliou d’étendre les « bienfaits » de la démocratie au Moyen-Orient, dans un contexte où l’assassinat se répand, alors que son discours supposait qu’il allait réduire la fureur intégriste et le nationalisme des trois communautés de la composante irakienne, et que l’ancienne dictature de Saddam allait baigner dans la douceur de vivre d’une société fondée sur les Droits de l’homme.

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De ce beau gâchis qu’est-ce que le citoyen américain peut en faire ? Rien. Si ce n’est protester et par déambulation la pancarte à la main, donner son point de vue ?
Qu’est-ce que l’Irakien peut faire, emporté par le malstrom des guerres, des intégrismes, des haines communautaires, rien, sinon, renoncer à sortir de chez lui, de peur d’une balle perdue ou se lancer la kalachnikov à la main afin de tuer pour ne pas l’être ?
Enfin, cette guerre malheureuse a ranimé la nocivité intégriste de l’Iran, fait exploser une politique de meurtres des opposants au régime Syrien, anéanti le processus de paix en Palestine et permis à l’Etat d’Israël de se moquer des nations Unies.
Tout ça au nom de la démocratie et du suffrage universel, si l’on veut bien considérer que la grande Nation américaine est supposée être gouvernée par le suffrage universel et la démocratie et qu’elle en soit à ce point éblouie et veuille en dispenser les bienfaits, de gré ou de force, au monde entier.
Voyez où l’on en est, seulement après trois ans que la guerre éclair et le triomphe des Américains aient été salués de par le monde.
Et les Etats-Unis pataugent et le monde entier s’interroge.
Résultat, en Belgique, nous avons dorénavant le père Ubu, notre père Samuel national qui voit des intégristes musulmans partout. L’opinion est vaguement inquiète et les dérives sécuritaires nous distraient à point nommé des déconvenues sociales.
Nous nous préparons à des chocs plus importants, comme une guerre avec l’Iran que seuls les Etats-Unis sont incapables d’entreprendre, tandis que dans son nid d’aigle, quelque part aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan, Oussama ben Laden reste introuvable et nargue le monde entier.
Quel bilan tirer de cette guerre d’Irak qui était annoncée comme préventive et humanitaire?
Quelles seront les manœuvres possibles pour que le futur président sorte du guêpier ? Si ce n’est que l’on peut déjà prévoir qu’elles seront fort réduites, au point que, quelque soit l’option prise par le nouveau président lors de sa campagne électorale, il aura bien difficile de rejouer le coup du départ précipité du Vietnam !

J’ai rêvé que j’allais à mon enterrement
Tu n’étais pas venue et j’entendais ton rire…

8 avril 2006

Les 15 du journal "Le Monde".

Le monde du vendredi 7 avril consacre une double page aux "15 blogueurs français leaders d'opinion sur la Toile". En qualité de blogueur étranger à l’Hexagone, je n’ai donc aucun état d’âme, attendu que je ne saurais avoir ni dépit, ni prétention à en être ou pas ; ainsi l’impartialité de ma qualité d’observateur paraît évidente.
Ce qui frappe dès l’abord, c’est l’espèce d’élitisme dont ce journal, une fois de plus, fait preuve en éliminant d’office des blogs dont les auteurs n’ont aucun titre en leur état d’acteurs sociaux du bas de l’échelle.
Est-ce à dire que ces blogueurs ont des textes d’un moindre intérêt ou d’une qualité inférieure ? Certainement pas. Peut-être sont-ils moins dans le bon ton salonnard et le bien dire, ce qui n’enlèverait rien à l’originalité et à la force de leur opinion.
Olivier Zilbertin, journaliste du « Monde » a donc pris ciseaux et pot de colle et découpé dans les 6 à 7 millions de blogs recensés dans la blogosphère française (remarquez l’imprécision !), une place de choix pour 15 blogueurs méritants, taillant des costards à tous les autres. Les élus sont : Jean Véronis, Pascale Weeks, Loïc Le Meur, Roland Piquetaille, Laurent Gloaguen, Pierre Bilger, Tristant Nitot, La Blogothèque, Pierre Assouline, Philippe Bilger, Maître Eolas, Versac, Etienne Chouard, Bernard Salanié et Jean-Michel Billaut.
Il y a un professeur de linguistique, une ancienne salariée d’IBM, un ingénieur spécialisé, l’ancien patron d’Alstom, le président de Mozilla, un journaliste écrivan (Rassurez-vous, ce n’est pas Olivier Zilbertin.), un ancien parlementaire anonyme, un avocat général, un avocat tout court, un informaticien à Paribas, un professeur à Columbia et polytechnique, ainsi qu’un Professeur d’informatique.
Belle brochette, certes, mais non représentative quand même de l’intelligentsia française.
Je me suis amusé à parcourir les blogs de ces laurés. J’y ai trouvé de tout, du bon, du moins bon et du pire.
Côté sympa, il faut mettre deux ou trois blogueurs qui jouent ceux qui n’en reviennent pas de cette divine surprise.
Jean Véronis : « La Une titre "Les quinze blogs qui font l'opinion sur le Net" et demande si ces blogs ne sont pas devenus "de nouveaux maîtres à penser".... « Ça me fait franchement rigoler. Enfin, je vais quand même voir au marché du coin si je ne trouve pas un béret. J'ai égaré le mien dans une manif contre la loi Debré… »
Loïc Le Meur : « Olivier Zilbertin vient de faire sur une double page une sélection pour les lecteurs du Monde de quinze blogs français et me fait l'honneur de me présenter comme blog de référence en France. »

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Étienne Chouard. : « Plusieurs lecteurs ont eu la gentillesse de me le signaler : Le Monde m'a promu au rang de "leader d'opinion", aux côtés d'un prestigieux avocat général, d'un capitaine de la marine à voile et à vapeur, d'un professeur de droit d'informatique de renom, d'un lieu-commun, et d'un ultralibéral de gauche... ».
Quelques blogueurs qui avaient pour objectif de n’en avoir aucun, si ce n’est prendre l’air du temps, passent ensuite la main à des blogs très spécialisés.
Technology Trends, « le blog le plus lu au monde pour un français qui blogue sa musique », Monsieur Zilbertin du Monde n’en revient pas. Bloguant en anglais le « fameux Roland Piquepaille's » est assuré d’un paquet de lecteurs supplémentaires. Parfois un article en français nous fait souvenir que ce blogueur est parisien, comme le texte qui donne dans le scientifique : « Connaissiez-vous la musique du début de notre univers ?? ».
Un blog, celui de Laurent Gloaguen, sort un article fort bien documenté sur le cas de Dieudonné M’Bala M’Bala, « reconnu coupable d’“incitation à la haine raciale” par le tribunal correctionnel de Paris et condamné à 5 000 euros d’amende pour des propos antisémites. » La suite de l’article nuance ce jugement tout en conservant un faible pour la thèse de l’antisémitisme de Dieudonné, mais ce qui est intéressant et cela est valable pour tous les blogs en général, les lecteurs sont invités à donner leur avis, ce que commencent à peine à faire les journaux, le courrier des lecteurs étant par trop trié sur le volet et par conséquent censuré. La règle est que le lecteur du blog envoie sur le site directement ce qu’il pense de l’article. Evidemment, il y a du déchet, mais au moins il n’y a pas de censure. C’est ainsi que sur le cas Dieudonné, on peut lire des choses des plus délirantes aux plus raisonnables, jusqu’à celle d’un lecteur qui clôt le débat : « Un con est un con, qu'il soit blanc, noir, jaune ou vert, juif, chrétien, ibanoumiste ou athée. Quand un gros con noir me fait chier et que je lui défonce le portrait, ce n'est pas un NOIR que je tape, c'est un CON. Quand un gros beauf blanc embouti ma voiture et refuse de payer les réparations, c'est un CON que je traîne devant les tribunaux, pas un BLANC.».
Cela en effet me paraît définitif. Reste à savoir si celui qui traite les autres de con, n’en est pas un aussi. Dès lors, le débat resterait incertain dans sa conclusion expéditive.
Pierre Bilger, autre chouchou du « Monde », disserte savamment de la démocratie à partir du CPE, avec comme titre « Commander la nature en lui obéissant. » C’est savant, mais un peu dépassé, il est vrai qu’en voulant expliquer la démocratie par délégation de pouvoir qui est celle de la France, comme la nôtre, en partant de l’agora des Grecs, on peut perdre le lecteur en chemin. Si j’avais écrit le texte qui suit on m’eût supposé gauchiste. De la part de Pierre Bilger, l’ancien patron d’Alstom, ça fait plutôt penser à du poujadisme qui ne veut pas dire son nom.
« Plus on lit sur ce sujet, plus on s'aperçoit qu'il est illusoire d'attendre de nos représentants qu'ils rendent spontanément un pouvoir réel aux citoyens. Finalement, les représentants du peuple ont littéralement confisqué le pouvoir du peuple et lui dénient le droit de s'exprimer directement, de décider lui-même de son sort, surtout sur les points où l'enjeu est important : choix nucléaires, lutte contre la pollution et protection contre les produits dangereux, fraude fiscale et paradis fiscaux, taxe sur les mouvements de capitaux pour éradiquer la pauvreté, financement des retraites et mécanismes de protection sociale, révision des institutions, etc.
Dans ce contexte où les pouvoirs institutionnels sont comme verrouillés, seul le peuple lui-même peut exiger que son pouvoir réapparaisse dans les institutions. Sans atteindre l'intensité dramatique d'une révolution, la réforme qui s'impose a quand même un petit côté insurrectionnel qu'on aura du mal à éviter, tant les arapèdes cratocrates s'accrochent à leur pouvoir. » Evidemment, les exemples de Pierre Bilger : nucléaire, taxation, produits dangereux, etc. sont affaires de spécialistes, ce qu’il feint d’oublier, de sorte que les responsables politiques ne sont là que comme « contrôleurs » ce que le peuple peut faire aussi.
Versac, c’est le chouchou héritier de Machiavel. Il disserte sur les blogueurs engagés dans des partis politiques, ainsi que des partis usant de ce moyen de communication.
Bref, le « Monde » en la personne de Zilbertin fait tendance, a ses têtes, adore l’évidence, la personnalité de proue, c’est prétentieux et injuste, certes, mais ce n’est pas inintéressant.

7 avril 2006

Quelle version est la bonne ?

J’ai reçu par courriel, une version 2006 de la fable de La Fontaine, la Cigale et la Fourmi.

VERSION COURRIEL
La fourmi travaille dur tout l'été dans la canicule; elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l'hiver. La cigale pense que la fourmi est stupide; elle rit, danse et joue tout l’été
Une fois l'hiver arrivé, la fourmi est au chaud et bien nourrie. La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d'être au chaud et bien nourrie tandis qu’elle moins chanceuse a froid et faim.
La RTBF monte une émission en direct qui montre la cigale grelottante de froid, avec des extraits vidéo de la fourmi au chaud dans sa maison devant une table pleine de provisions.
Les Wallons sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.
Les journalistes demandent à Elio Di Rupo pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le Ministre Daerden pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie "sa juste part".
En réponse aux sondages, les députés P.S. rédigent une loi sur l'égalité économique et une loi (rétroactive à l'été) anti-discrimination. Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide.
La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n'a pas assez d'argent pour payer son amende et ses impôts. La fourmi quitte la Wallonie pour s'installer en France.
La RTBF fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
L'ancienne maison de la fourmi devenue logement social pour la cigale se détériore car cette dernière n'a rien fait pour l'entretenir.
Des reproches sont faits au gouvernement wallon pour le manque de moyens.
Une commission d'enquête est mise en place qui coûtera 10 Millions d'euros.
La cigale meurt d'une overdose. "La Dernière Heure" et "Le Soir" commentent sur l'échec du P.S. à résoudre sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang d'araignées immigrées et le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la Wallonie.
Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté.

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VERSION Richard III.

En 2006, la fourmi utilise les pucerons à la traite et à l’élevage. Elle fait travailler dur les autres à son service.
L’hiver venu, la fourmi consomme bien au chaud la chair des pucerons.
La cigale qui a égayé les foules moroses par ses chants organise une conférence de presse et demande pourquoi les intermittents du spectacle sont moins chanceux que les fourmis.
La RTBF demande à Claude Defossé de faire un reportage sur la pauvreté des chanteurs et des artistes en général. La fourmi, bien au chaud, devant une table pleine de provisions, regarde le débat à la télévision.
Les Wallons sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d'autres vivent dans l'abondance. Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi. Elles sont repoussées à coups de grenades lacrymogènes. Il y a 3 blessés graves.
Les journalistes organisent des interviews, demandant à Elio Di Rupo pourquoi la fourmi n’est pas mieux protégée des voyous. Tandis que les Intermittents du spectacle demandent en vain au Ministre Daerden d’augmenter les impôts de la fourmi; tandis que Di Rupo pour attirer des entreprises promet des allégements d’installation aux fourmis voyageuses.
En réponse aux sondages, les députés P.S. rédigent un manifeste sur les bienfaits du libéralisme, baissent les impôts directs et augmentent les impôts indirects. Ainsi les pauvres cigales payeront le kilo de beurre au même prix et seront taxées pareillement que les fourmis.
La maison de la fourmi trop petite depuis qu’elle engage du personnel est préemptée par les autorités un bon prix afin qu’elle puisse en acquérir une plus grande aux frais de l’Etat.
La fourmi comme chaque année quitte la Wallonie pour s'installer quelques mois aux îles Caïman où les capitaux ne sont pas taxés, pour finir la saison sur la côte d’azur où d’autres cigales seront chargées de l’égayer.
La RTBF fait un reportage sur un chanteur qui aurait réussi en dédaignant mille autres dans la misère. La cigale termine les provisions que la fourmi lui a laissés au prix fort.
L'ancienne maison de la fourmi devenue logement social des cigales se détériore car la Carolorégienne ne fait rien pour l'entretenir.
Des reproches sont faits au gouvernement wallon pour le manque de moyens.
Une commission d'enquête est mise en place qui coûtera 10 Millions € à charge des cigales.
La cigale meurt de désespoir. "La Dernière Heure" et "Le Soir" commentent l'échec du P.S dans sa politique de sauvetage des artistes.
La maison est squattée par un gang d'araignées intégristes et le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la Wallonie.
Les araignées organisent un trafic de marijuana et terrorisent la communauté.
Elles ont compris qu’à travailler en Cigales elles n’obtiendraient jamais rien de personne.

Quelle version choisiriez-vous ?

5 avril 2006

Vive la France !

Grandes gueules et cabochards les Français ?
Si c’est ainsi que les Belges les voient, ils ont grandement tort.
L’affaire du CPE montre au contraire chez ce peuple une intuition, une perception des choses qu’à cause de notre lourdeur – la fameuse lourdeur belge – nous ne voyons le plus souvent que bien après eux, comme s’ils avaient la redoutable mission d’ouvrir le chemin et d’essuyer les plâtres.
Car enfin, c’est moins contre le Contrat première embauche que le ton monte en France, que contre l’orientation que prend la société occidentale, très significativement représentée par Chirac et Villepin, inventeurs de l’adaptateur UMP à tous les soubresauts d’une économie mondiale border line.
Et de fait le mouvement de mauvaise humeur rappelle celui de mai 68, lorsque les étudiants montèrent en ligne bien avant les syndicats dans une sorte de mal être que les plus âgés ne percevaient pas.
On nous dit en Belgique dans les milieux bien pensants (les milieux bien pensants sont devenus essentiellement socialo-libéraux), le taux de syndicalisation en France est parmi les plus bas d’Europe. Et alors ? Est-ce que cela a empêché les gens de se retrouver trois millions vendredi passé dans la rue ? Ce n’est pas demain la veille qu’en Belgique on va réveiller les permanents et les guichetiers des deux grandes organisations syndicales pour une action de masse de cette importance. On voit très bien la fonction des syndicats en Belgique essentiellement tournée vers la protection individuelle à l’encontre d’un employeur abusif, ou d’un licenciement collectif. Le jour ou Ethias assurera les mêmes dégâts, la CSC et la FGTB perdront la moitié de leurs membres.
Reste le cas des casseurs, ces jeunes desperados des banlieues qui suivent les manifs pour semer la pagaille, briser des vitres, voler tout ce qu’ils peuvent, et y compris les transistors et les portables des manifestants esseulés.
La presse est unanime, l’opinion suit et n’a pas de mots assez durs. C’est un fait, ces trublions dénaturent la protestation et renforcent le bourgeoisisme profond des populations. Par leur action, ils ne feront que renforcer les troupes de Le Pen.

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Et alors ?
Voilà ce qui arrive quand on pousse les gens à n’être rien très jeune. N’ayant jamais eu rien à perdre, ils expriment d’une manière violente qu’ils n’aiment pas cette société en nous y associant. Nous réagissons à peu près de la même manière que le chirurgien qui oublie un tampon d’ouate dans le corps de l’opéré et qui s’étonne de l’infection quelques jours plus tard.
Oui, ces casseurs, ces violents, c’est nous qui les avons faits. Ils sont même à notre image sans que nous nous en rendions compte, nous si âpres aux gains, aux places, aux honneurs, si avides de reconnaissance que certains bourgeois honorables n’hésitent pas à « tuer » pour arriver.
Ils resurgissent dans les manifs contre le CPE depuis les émeutes de la fin de l’année dernière, sortis des barres d’immeubles de banlieue, où nous les parquons depuis deux ou trois générations, accumulant ainsi comme dans un silo, une haine irrépressible, cette haine que l’animal sauvage doit éprouver dans un zoo face à ses visiteurs et ses gardiens.
Cette représentation de la face cachée de nous-mêmes nous la repoussons, comme nous repoussons au-dedans de nous, tous les sentiments mauvais que nous ne réprimons qu’à moitié, laissant aller notre haine des autres dans l’organisation figée d’une hiérarchie sociale injuste et injustifiée d’une société de parvenus qui méprise les trois quarts de sa population..
Les manifestations en France contre le CPE sont l’occasion d’un instantané non seulement sur la Société française, mais encore sur la nôtre et par delà la Société européenne tout entière.
Bien entendu, lourds et aussi peu lucides comme nous le sommes, nous n’en voyons rien que de très superficiel, aidés en cela par des journaux croupionnissimes comme il n’est pas permis.
Cela n’est rien. N’a aucune signification. On sait bien que les petites Nations sont des havres de frilosité dont la fonction principale est de suivre les grandes.
Quand le moment sera venu, que les écailles nous tomberont des yeux, sans les partis de gauche comme de droite, trop assermentés de la loyauté du lombric pour l’intestin qui le nourrit, nous suivrons le nouveau mouvement d’émancipation qui s’amorce, comme nous en avons suivi d’autres en d’autres temps de cette grande Nation si proche et si lointaine de nous.
Vive la France qui s’interroge. Vivent les Françaises et les Français qui luttent pour rester debout.

4 avril 2006

Un homme hors du commun.

Sous des dehors d’une dame d’œuvres, Elio Di Rupo est tellement égocentrique que, lorsqu’on ne parle pas de lui, il croit qu’il n’est pas là. D’où la confusion des zélateurs.
-Est-ce que tu crois qu’on peut le déranger ?
-Attends qu’il revienne.
-Mais, il est là !
-Oui, mais il n’y sera vraiment que lorsqu’il aura parlé à la tribune. Que voulais-tu lui dire ?
-Je voulais savoir si les Libéraux sont tristes.
-Pourquoi ?
-Parce qu’ils ne sont pas socialistes.
-Ça devrait le faire rire, même absent...
Vous savez comme sont les présidents de parti. Entre deux élections, ils s’étiolent. Ils se sentent inutiles. Pas Elio. Il estime que les élections suivantes se gagnent à la fin du scrutin précédent. Il distribue déjà les mandats quatre ans à l’avance. Pour ceux qu’il vient de gagner, ce sont les meilleurs qui s’en vont. Une sorte de main malheureuse…
Il a des théories sur tout et notamment pourquoi les femmes sont difficilement à parité avec les hommes : c’est qu’elles les méprisent trop pour vivre à leur hauteur.
Il serre des mains, sourit du même sourire que Sainte-Thérèse de Lisieux, quoique il n’y croie que pour sauver la dynastie ou quand il distribue des tracts à la sortie d’une église de Mons.
Tout fait nombre en démocratie, y compris les imbéciles. Avec un peu d’entraînement, on peut leur confier des pancartes qui exaltent un premier mai, le socialisme révolutionnaire des socialistes réformistes.
Il y a au moins un point commun entre Elio et Paul Vanden Boeynants, il leur arrive de dire « d’une part » et oublier « d’autre part », de s’écrier « premièrement » pour passer directement au « troisièmement », sans doute pour ne pas entrer en contradiction avec les idées qu’ils ne défendent pas.
Il ne l’avoue pas, mais Elio est pour la peine de vivre plutôt que pour la peine de mort. C’est pourquoi le parti est pour que le travail pénible se fasse aussi ; mais, à certaines conditions, comme par exemple la décentralisation à terme dans les pays émergents. Ainsi, on oblige les ouvriers des pays pauvres, en soulageant les ouvriers de Belgique.
Di Rupo n’est pas le seul à l’affirmer : l’argent aide à supporter la pauvreté.
Il est pour le Télévie de RTL.
Les hélicoptères Agusta sont payés par les impôts et la recherche contre le cancer par la charité télévisuelle. C’est dans l’ordre des choses.
Un jour Pierre Desproges s’est écrié dans un sketch : « Il ne suffit pas d’être heureux. Encore faut-il que les autres soient malheureux ». Il avait copié outrageusement Jules Renard qui, dans son Journal, avait écrit avant lui « Ils ne suffit pas d’être heureux : il faut encore que les autres ne le soient pas ». J’ai toujours admiré l’effronterie des hommes politiques qui, grâce à un mot de différence, leur permet de passer à travers les mailles de la justice. Si Elio ne s’est jamais mouillé, il doit avoir été éclaboussé tellement par les autres, qu’il est le plus tordu du parti.

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Elio n’est pas touché par le chômage, cependant le chômage le touche. Il le dit souvent : on ne naît pas pauvre, on le devient par le chômage. Lui, pourtant est né pauvre, il est devenu riche par le chômage des autres. Curieux destin tout de même !
On dit des socialistes qu’ils ne défendent plus la classe ouvrière. Mais, il faudrait savoir ce que l’on veut. Elio en abolissant la lutte des classes les a toutes supprimées. Comment voulez-vous qu’il défende la classe ouvrière, puisqu’elle n’existe plus !
Il dit des autres qu’ils sont racistes puisqu’ils méprisent aussi bien les blancs que les blacks ; tandis que lui, on sent qu’il déteste plus la droite que la gauche. C’est mieux, quand même ?
Mais, pour conclure, ce n’est pas Elio qui critiquera jamais les riches. Les riches ne sont-ils pas des pauvres qui ont réussi ? La condition de pauvre n’est jamais très éloignée de la condition de riche. Souvent, les pauvres qui ont réussi ne l’ont été que parce qu’ils ont su s’inscrire au bon moment au Parti. Son bureau est plein d’ex-voto et de brosses à reluire. Il ne les montre à personne. Par modestie, diriez-vous… Non, par prudence. C’est ainsi qu’Elio fait depuis dix ans le malheur de son tailleur, à cause qu’il a le bras long et un bras court, comme Guillaume II.
Que ceux qui ont eu recours à lui se rassure. Il habite un rez-de-chaussée et ne prend jamais l’ascenseur et puis Guy Mathot est mort il y a un an, Guy Coeme revient très fort, Busquin est pensionné et Guy Spitaels ne s’en remettra jamais.
Voilà notre homme en selle pour le plan Di Rupo, quand il sera avéré que le plan Di Rupo prendra des allures de catastrophe, il sera encore temps de l’appeler le plan Marshall.

3 avril 2006

L’Education des abîmes

On a cru longtemps que l’égalité des chances passait par l’éducation, et qu’un fils d’ouvrier qui en avait dans le citron pouvait passer d’une classe à l’autre sans regarder derrière lui.
On voit bien comme la société se structure ou plutôt se déstructure, qu’il n’en est rien.
Ce qu’on nous montre, avec l’accord du brillantissime fils et petit fils d’ouvrier devenu une personnalité médiatisée et écoutée, n’est qu’un leurre à la gloire des classes méritantes, afin de mieux endormir les autres dans la croyance d’une société de progrès.
On n’a pas encore trouvé la formule miracle de l’adaptation de l’intelligence, si difficilement mesurable, au triomphe de la société de consommation. Le gâchis va même s’accentuant plus on s’éloigne de l’humanisme pour s’enfoncer dans la pratique du concret commerçable.
Toute élévation dans le concept libéral pousse la classe bourgeoise à virer aristocrate, c’est-à-dire à se replier sur elle-même, avec les semblants d’un Schweitzer à l’humanisme éclatant. Sa seule capacité est de faire plus de fric que les autres en s’adaptant aux offre et aux demandes des petites merdes de production purement matérialistes.
A de rares exceptions près d’altruisme évident, les professions libérales tombent, elles aussi, dans la fosse à purin collective, y compris celle de la médecine qui n’est plus que le moyen d’atteindre des honoraires élevés, avec la conscience de l’avoir échappé belle, aux exemples si convaincants des sous statuts, à commencer par celui d’infirmier.
C’est une légende de ces bourgeois ennemis d’une égalité élevant les ouvriers à leur niveau. N’étant pas encore touchés par la faillite du capitalisme, ils ne croient plus que l’Etat puisse instaurer une forme de sélection par l’école, sans passer par leurs critères. C’est-à-dire sans passer par leur sélection. Alors, ils se moquent bien de l’opinion qui les soupçonne d’opposer leur propre barrage à l’éducation des masses. C’est le système lui-même profondément inégalitaire qui fait le travail à leur place.
Les parents doivent savoir qu’on ne forme plus dans la plupart des cas qu’aux fonctions de sous homme, triste sort du plus grand nombre.
Et il ne pourrait en être autrement dans une société qui tient à ses hiérarchies par ses discriminations volontaires qui établit des quotas comme en médecine, afin d’assurer le contrat des privilégiés entre eux, alors qu’il n’a jamais été question d’établir des quotas dans la peinture, l’ajustage ou la tôlerie, quand bien même il existe dans ces professions des taux de chômage élevés.
Si l’instruction est essentielle au projet démocratique, on peut dire que c’est par là qu’on voit bien qu’elle est profondément malade.

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On en est arrivé à ce que Bourdieu éprouvait lorsqu’il conférait aux privilégiés le privilège suprême de ne pas apparaître comme privilégiés, quand dans sa dialectique, il nous incitait à réfléchir « …parmi les présupposés que le sociologue doit au fait qu’il est un objet social, le plus fondamental est sans doute le présupposé de l’absence de présupposés ».
Et c’est en partie le nœud du drame. Ce ne sont pas les intéressés à l’éducation qui nous recommandent le système, mais ceux dont la seule raison d’être est de le vendre !
Ce sont nos marchands de mirage qui accusent la jeunesse de leur propre impéritie. Ainsi leur imposture éclatent au grand jour, lorsqu’ils prétendent nous donner à chacun une place, alors qu’en réalité ils maquillent en justice et raison le destin inéluctable qui force la plupart d’entre nous à des ignominies qu’on ose encore appeler conditions sociales. C’est ni plus ni moins culpabiliser des innocents. C’est commettre un crime et inciter à la désespérance. C’est nous faire croire que les chômeurs sans qualification n’ont pas d’intelligence et que chacun est bien là où il doit être par la vertu des diplômes qui confèrent un statut mérité pour les uns et une descente aux enfers pour les autres.
Alain Finkielkraut est bien dans la ligne des penseurs de la droite indécrottable, lorsqu’il se moque de Sartre dans la définition de l’homme « …fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui ».
L’élitisme bourgeois de Finkielkraut atteint des sommets dans son oeuvrette « L’imparfait du présent », mais en même temps nous renseigne parfaitement sur l’état d’une société élitiste et arbitraire, de laquelle nous n’avons rien à attendre.
L’éducation telle qu’on nous la vend aujourd’hui ? Une supercherie qui conduit tout droit à l’abîme.

2 avril 2006

Une facette méconnue.

-Il semble que le diamant fasse partie du patrimoine national au point que les missions économiques soient l’occasion d’en rappeler les mille et une facette ?
-Oui. Nous brillons comme des diamants Notre pays aime les tailles de cette pierre dure malheureusement façonnée dans le fief du Vlaams belang…mais comme eux j’ai la tête dure.
-Pourquoi cette comparaison de mission en mission avec cette pierre précieuse ?
- Madonna arbore de faux cils en diamants et vison, les Français vissent un bouton pavé d'un caillou précieux sur leur vieux jean, le diamant est donc à la mode. Pourquoi n’en parlerais-je pas ?
-Oui, mais votre père a pleuré en écoutant certaines remarques à propos des redites lors de vos missions commerciales concernant cette gemme particulièrement chère à votre cœur.
-Depuis un an, le diamant est partout. Il se glisse au cou des enfants, ma fille en a reçu un beau de son grand-père. Moi-même j’en ai un en forme de poire. "Mon premier diamant", s'achète en ligne avec certificat de laboratoire et trente jours à l'essai, ou se monte en parure sur fil de pêche. "On a eu l'idée du nylon pour magnifier le jeu des pierres sur la peau". Mon épouse en a été pourvue aussi, alors pourquoi n’en parlerais-je pas ?
-D’accord, mais sans arrêt !... Croyez-vous que la Belgique soit tellement riche que chacun a chez soi des diamants au point de les montrer à tout le monde ?
-Jusqu'alors, la pierre la plus dure du marché était synonyme d'engagement éternel. Elle célébrait les grands événements d'une vie : fiançailles, mariages... Depuis peu, elle est devenue le symbole d’une Belgique qui gagne. Ma Belgique à moi… Je me pique de piquer demain des diamants sur des pendentifs en forme de crânes, version gothique, ou sur de minitongs bijoux, option surfeurs chics. Les rappeurs américains aux dents pavées de diamants ont donné le "la". La grande distribution, tels Carrefour ou Leclerc, fait la chanson en fournissant des bijoux scintillants à tour de bras. Dès que j’aurai un moment, je vais me faire sertir des diamants sur mes incisives. Ainsi, je serai une vitrine vivante de la joaillerie anversoise.
-On ne peut pas sans cesse parler de cela sans soulever des polémiques…
-J’en parlerai partout au contraire. La gemme caracole en tête des ventes des bijoux en France, avec plus de la moitié du chiffre d'affaires en 2005 contre 35 % en 1995. La Belgique n’est pas en reste. Je me suis donné la mission de prolonger cette tendance. "En France, trois femmes sur dix possèdent un bijou diamant, alors qu'elles sont sept sur dix en Italie et neuf sur dix en Grande-Bretagne. Quant aux Américaines, 95 % d'entre elles sont pourvues". La Belgique est en retard.
-La Flandre n’en veut pas. La Wallonie est trop pauvre. Nous courons à la catastrophe.
-La Diamond Trading Company (DTC), filiale commerciale de la De Beers, est le premier producteur mondial de diamants. J’irai visiter son site d’exploitation seul s’il le faut. Ah ! on dit que je ne suis pas un fin commercial ! Que j’ai l’air de me désintéresser !... Comment faire progresser le marché ? En multipliant les offres plus accessibles, pour élargir et rajeunir la clientèle. L'acte d'achat en Belgique, qui a lieu tous les sept ans, est bien trop espacé !

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-Vous allez vous faire démolir par le Standart…
-L'idée ? Transformer cette pierre précieuse, valeur refuge et à forte connotation sentimentale, en accessoire de mode, plus créatif et plus facile à porter que le traditionnel solitaire. Ma voie est tracée. Mon rôle, je l’ai trouvé dorénavant. Le diamant brut sera le talisman de la dynastie.
Je préparerai pour la prochaine mission économique un rapport complet de l’Antiquité à la Renaissance. Je montrerai comment des hommes l’ont porté pour se donner du courage et accomplir des règnes heureux…
-Vous ne croyez pas que vous devriez vous reposer ?
-Abandonner le pays serait lâche…
-Vous avez de la fièvre !
-Mais qui n’en aurait pas quand il sent en lui monter la flamme de l’espérance…
-Ciel qu’avez-vous ?
-Ah ! je me fonds dans le paysage. Je vois des diamants partout…
-Voulez-vous que j’appelle quelqu’un ?
-Non. Il pourrait me voler ma concession…
-Votre concession ?
-Oui, je les connais. Ils sont jaloux des fortunes colossales que je vais déposer au pied du pays…
-En attendant, prenez une aspirine…
-Ô pierre précieuse Ô Belgi…ique… chérie…
-Qu’est-ce qu’on fait ?
-Laisse le chanter. On lui posera la question de son aptitude un autre jour.

1 avril 2006

Discours d’Haut-lieu un premier avril.

Nous sommes réunis pour commémorer la mémoire de ce grand Belge qui nous a quitté trop tôt. Alors commémorons.
L’Académie de littérature et de langue française m’a chargé d’être son porte-parole - parce que le suivant sur la liste c’est moi - pour dire son émotion,.
Le collègue chargé de faire mon éloge, aura la partie plus facile, attendu que tout ce que je vais dire aujourd’hui se retournera contre moi.
Revenons à Champfleury Antoine.
Je vous vois sursauter. Je sais. Antoine Champfleury est inconnu pour vous. Je garderai pour la bonne bouche et plus tard son pseudonyme sous lequel vous avez admiré sa poésie.
Le Grec ancien était roulé dans un drap et déroulait un parchemin qui éclairait le monde. Antoine fut avant tout l’hôte d’une administration qui le nourrit et le conserva jusqu’à une pension bien méritée. Il ne tira de son péplum qu’outre de la vanité, que quelques vers qui le firent connaître, à défaut du monde entier, dans son Service, par un manque d’activité qui était dû au fait qu’Antoine versifiait pendant les heures de bureaux.
Il naquit à Liège. Tout qui compte dans ce pays naît à Liège. C’est évident. Et tant pis pour les montois qui n’y naissent pas. Ils ne savent pas ce qu’ils perdent.
Il faut bien « naquire » quelque part, comme il le déclara un jour bien avant qu’il sut la conjugaison du verbe avec lequel il entretint toute sa vie une liaison irrégulière.
Homme très discret et effacé, il le fut particulièrement, me dit sa veuve, pendant la Résistance. Cette discrétion fut payante, puisqu’il arriva sans encombre et en bonne santé dans cette période d’abondance et de faste d’après-guerre au cours de laquelle il entra à l’Administration pour n’en sortir que quarante-cinq années plus tard, auréolé d’une gloire non pas de sa condition de sous-chef de service, mais de poète.
Il faisait sienne l’aphorisme de Paul Valéry « Je n’hésite pas à le déclarer, le diplôme est l’ennemi de la culture ». Aussi n’en eut-il jamais, ce qui le mit d’emblée hors toute catégorie.
Aborder la sexualité du poète, c’est courir le risque d’un regain d’intérêt parmi vous qui croyez terminer l’après-midi à la dégustation des petits fours qui n’ont rien des alexandrins d’Antoine.
Eh bien puisque sa veuve est là, je m’en vais témérairement en perturber la mastication.
Tout le monde sait les liens qui m’unissent depuis longtemps à Béatrice Champfleury, sa compagne. Ce fut très tôt après son mariage avec le poète que nous nous comprîmes et que nous nous aimâmes, elle et moi.
Certes, pourriez-vous me rétorquer, vous étiez donc l’amant de cette femme, tandis qu’elle partageait la couche d’Antoine ! Eh oui ! cher public, vu sous cet angle, la chose parait ignominieuse. Aussi vais-je lever un voile que Béatrice et moi gardâmes pudiquement sur nos corps enlacés. Longtemps, Béatrice qui était vierge crut que les rapports sexuels se bornaient à se dire bonsoir et à se tourner le dos sous la couette. Ce n’est qu’avec le temps et mon usage qu’elle se rendit à l’évidence : Antoine était impuissant… Quoi, tant de puissances créatrices, tant de semelles dans le vent, tant de trophées des anges, tant de lyrisme enfin à célébrer la femme et rien qu’une mollesse rédhibitoire excluant des conclusions, le point virgule flétri sur les ergots de la chair !

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Ce n’est pas si simple que cela. Rien de ce qui touche à l’art d’Antoine n’est simple.
Antoine Champfleury, dont je fus le disciple, s’interrogeait souvent à haute voix, devant moi. Je recueillais et notais les paroles du poète, pour une édition future, me réservant la préface.
« Pourquoi tant d’ambiguïté dans les rapports humains, me disait-il de sa voix de fausset si familière des émissions culturelles de la RTBf… Pourquoi tant de haine ? Où est Dieu ? Mais que fait la police ? », ensuite nous passions à table, tandis que Béatrice nous servait les plats et que le poète tournait discrètement la tête au moment où je passais une main lourde de concupiscence dans l’entrebâillement du peignoir arachnéen de ladite.
Heureusement, il avait l’appétit solide et tout finissait par des rots dont il avait l’art d’émailler ses haïkus et avec lesquels il ponctuait admirablement les dix-sept syllabes. Il appelait ses borborygmes « ses harmoniques ». Dans les jours de joie, il argumentait aussi d’un contrebasson qu’il modulait depuis ses fondements. Béatrice, sa chère compagne et moi-même l’accompagnant, nous formions ainsi des trios charmants.
C’est sur la fin de sa vie que nous connûmes le secret d’Antoine.
Champfleury était, comme tous les grands artistes, homosexuel !
Je ne trahirai donc point un secret, d’autant que beaucoup de membres de cette honorable assemblée en sont aussi. La délicatesse de l’artiste vient de là. Son émotion, il la transcendait de sa singularité.
Béatrice n’était pour lui qu’une compagnie, comme il le comprit aux premiers froissements de la soie sur un corps à jamais étranger.
Champfleury eut des disciples. Ils sont encore nombreux ce soir qui se souviennent des soirées où les angelots passaient en soufflant dans les hautbois, tandis que résonnaient les musettes.
Il manquait à la manchette, le bouton d’or de l’écologie. Champfleury chanta les bosquets et les halliers de son naturel fécond. C’était même fort de café qu’un poète aussi peu gâté de la nature que l’était Antoine, fut si peu rancunier envers notre mère à tous.
Il égaya les soirées souvent lugubres des Chiroux et releva longtemps les échevinats de la culture et des beaux-arts de l’éclat de ses diasyrmes et astéismes tellement supérieurs aux conduplications de nos laborieux de la politique, poussés à l’échevinat par des hasards et des intrigues.
Vous révélerais-je enfin, le pseudonyme de ce grand artiste ?
Non. N’est-ce pas. Ce serait faire injure à cette Assemblée de Langues de la littérature et du bon goût français.
Béatrice, sa veuve, en baisser de rideau, va à présent vous lire quelque extraits de « Porphyre où la descente aux enfers du plaisir » qu’Antoine composa trois jours seulement avant sa mort.