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Télés et radios en vacances.

Des statistiques fiables nous font savoir qu’un Belge sur deux ne part jamais en vacances, idem pour ce qui concerne la France.
Ce chiffre s’est amplifié avec la crise. Avant 2008, ils étaient environ 45 % à rester chez eux.
Ceux qui retournent au village, pour aider la famille dans les champs, sont comptabilisés en qualité de vacanciers. Le sont-ils Tous ?
Par contre, ceux que vous ne reverrez plus qu’en septembre, ce sont vos animateurs radio et de télévision, les journalistes d’actualité et les autres, avec le personnel établissant les programmes, tous au vert à 100 %.
Ce ne serait pas d’une grande perte, si, par un système de vases communicants, ceux qui attendent de faire leur preuve, nombreux dans la profession, pigistes, chômeurs, étoiles en devenir, artistes de music-hall, avaient les clés de la maison et tentaient leur chance !
Eh bien ! non. Les vedettes entendent bien rester les seules et ne pas offrir la moindre chance à d’autres talents.
On ferme ? Pas tout à fait, mais presque, puisque l’image suinte toujours de l’écran plat.
La période est propice aux remakes, aux séries dont l’âge des stars et des voitures prouvent qu’elles ne sont pas d’hier, aux rétrospectives de saison, aux gags cent fois vus et aux films dont on peut considérer qu’ils ne quittent pratiquement jamais le circuit des chaînes.
Cette désinvolture s’adresse quand même à la moitié du pays, ce qui n’est pas rien. On pourrait se demander si les citoyens qui ne partent pas en vacances, soit par goût, soit parce qu’ils n’ont pas de sous, ne reçoivent pas avec la désinvolture des programmateurs, la preuve du mépris de ce monde du show et du clinquant ?
Ils auront beau nous envoyer des baisers quand ils sont sur l’estrade, expédier à leurs frais des photos dédicacées, dire la larme à l’œil que sans le public ils ne seraient rien à toutes les télévisions qui passent, on se demande si dans leur fors intérieur, ils ne nous prennent pas pour des imbéciles, des espèces de demeurés vite contents, qui ne s’endorment pas sans avoir embrassé plusieurs fois l’idole qui les regarde l’œil brillant de coke, du poster punaisé à un mur près du lit.
Il est évident qu’un pareil mépris est palpable, comme allant de soi, parmi les grosses fortunes et les industriels friands de stock-options. Alors, pourquoi nos saltimbanques ne seraient-ils pas semblables ?
Ils savent comme ils sont importants pour nos faiseurs de rois locaux, avec leurs paroles apaisantes et leur détermination à ce que le système ne change jamais !

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Quand ils partent en vacances, ils disent «que la vie s’arrête ! ». Le plus drôle, c’est qu’elle s’arrête réellement. A croire que ce sont nos clowns qui arment les chars, mitraillent les foules et tuent les enfants !...
Que ceux qui restent pour faire tourner la boîte ne soient pas du tout novateur, qu’ils se contentent d’amuser l’amphi avec ce que les stars ont emmagasiné sur les dix mois précédents et laissé dans les mémoires des robots, voilà qui est tristement vrai.
Même les journalistes d’information suivent plus facilement le tour de France en short dans leur voiture-caravane, que se taper les nouvelles sur le conflit interne de la Syrie. Les dernières sottises des islamistes dans les printemps arabes attendront bien jusqu’à l’automne.
Il ne se passe donc plus rien d’intéressant. C’est le moment pour nos politiques d’ourdir quelques complots, de préparer quelques forfaits, en pensant que l’essentiel des citoyens est en vacances et que l’autre moitié, coupée de tout, ne pourra rien faire. Le délégué syndical est parti là où on fait des prix cassés autour de la Méditerranée, l’Indien Mittal est introuvable et on ne peut pas déranger Di Rupo à San Valentino pour lui faire part de nos angoisses.
Reste aux maniaques quelques grands moments du passé, histoire de faire patienter les ploucs : l’attentat du 11 novembre, l’attaque de la maison où se cachait le chef d’Al- Qaïda, avec quelques gros plans d’Oussama ben Laden mort, la victoire déjà ancienne du Standard au championnat de Belgique avec Papa Daerden ivre et embrassant avec gloutonnerie toutes les mémères à sa portée.
Et si après ces vibrantes actualités, on garde encore ouvertes les étranges lucarnes, pourquoi ne pas utiliser l’arme suprême « La grande vadrouille » ?
Ce que j’en dis, que Maroy et Gadisseux ne s’en gargarisent pas. Eux et quelques autres peuvent partir en vacances, la seule crainte, c’est qu’ils reviennent.

Commentaires

Faut pas rêver , ils seront tous la , en septembre, les "avocats" et les "animateurs", bien dommage..je préfère encore de loin La grande vadrouille aux imbéciles du dimanche matin..bon dimanche mon cher Duc.

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