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31 juillet 2015

Promis, j’en parlerai plus !...

Dans son « voyage… », Céline écrit quelque chose de très juste qu’il fait dire à Ferdinand à propos de son patron Baryton : « Il ne me parlait jamais d’argent mais c’était pour y penser davantage, plus intimement. ».
C’est toute la société intellectuelle belge résumée en une phrase.
Jamais vous ne verrez les petits soldats de la loi du marché, les Vrebos, les Gerlache, les Delvaux, les Praet parler d’argent. Pour ce qui est du populisme, la déchéance des natures qui ne pensent pas comme eux, des pervers qui désirent l’Europe démembrée par les suppôts de Yánis Varoufákis, tant qu’on veut !
« Ces gens-là », chantait Brel, s’ouvrent alors à la discussion, la plus franche, la plus ouverte, même si ce qu’ils ont à nous dire est de l’infinie broutille en replay des augures bancaires, radotages pour plateau de télé et micro en position du sucre d’orge aux lèvres. Le redressement est le maître mot. On redresse le pays avec les salaires de base du travail primaire. Alors, oui, on parle cash.
Ben oui, 1000 euros par mois… Et de ces crudités de langage : le salaire minimum est de combien ?
Mentalement, ils font la différence entre la paie du minable et leurs biftons. On les voit changer du tout au tout à notre égard. Brusquement, ils se rendent à l’évidence, les populistes en plus d’être des sales cons, sont des crétins finis. Eux, pour un salaire pareil, même à les traîner de force sur les lieux de leurs exploits, comme l’éléphant qui refuse de se reproduire en captivité, soulèveraient plus un papier, n’émettraient plus une idée pour rendre Charles plus aimable et leur chef de service plus beaux…
Mais Big Brother ne l’entend pas ainsi : « Écoute Emmanuelle, secoue-toi Béatrice, Alain fais pas ta difficile, Baudouin Remy, Johanne Montay, Demetrio Scagliola, Vrebos le multicasquettes, toutes nos petites merveilles maupassantes et balzaciennes, merde !... écrivez jamais qu’avec 1.000 € faut pas même prétendre s’acheter des beignets foire d’octobre. Vous la fermez sur vos salaires, parfaitement légitimes, fermez là aussi sur les 1.000 €.

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Vous feriez tort à votre profession, poursuit Big Brother. « Rendez-vous à l’évidence, les grands chefs de l’info vous tolèrent parce que vous êtes de leur côté ! Si vous déconnez, vous risquez de vous retrouver avec le crétin à peau de balle, dans le même cul de basse fosse à compter les bananes pourries chez Carrefour. T’as encore envie de montrer tes filantes, ma puce, quand tu refais l’info et que tous les téléphages te matent le cul pour tuer le temps? »
– Merde, alors, elle les décroise ou pas ?... chiale le vulgaire.
« Non !... soyez logiques. Exercez votre talent à pousser les lascars douteux au turbin, qu’ils traînent pas la savate dans les syndicats à se faire du mauvais sang en jurant qu’ils vont se farcir les pourris. D’abord, il y a trop de pourris, ensuite, perdez pas de vue que ce sont les pourris qui vous nourrissent ! ». Ils sont comme ça les tôliers.
Ils ne sont pas dingues, les Alain, Johanne, Emmanuelle, Pascal et les autres… Il n’a pas fallu leur dire deux fois. On peut même croire qu’on ne le leur ait jamais dit. C’est inscrit dans leur acide ribonucléique et aussi l’autre le désoxyribonucléique. C’est dire si les banquiers font confiance, que les grands chefs les adorent…
Que vous, populistes, vous en reveniez toujours au pognon, ça les déprime. Naturel, vous êtes immondes ! Quoi !... parlez de ce qu’ils gagnent ? Vous n’y pensez pas ! C’est individuel. La façon dont on lit le chiffre en ouvrant l’enveloppe de la banque… Est-ce que Béatrice vous fait part si elle simule ou si elle ne simule pas l’orgasme ? C’est strictement confidentiel. Ça ne regarde qu’elle et une demi-douzaine de personnes à peine. Et encore, le corps médical est à décompter.
Notez, ils ne doivent pas gagner plus lourd qu’un fonctionnaire de base à vingt ans de service, nos prolifiques de la jactance, nos Saint-Simon du portrait saisissant… mais c’est un secret défense !
Par exemple, le salaire de Gerlache, pour le savoir, il faudrait coucher avec le percepteur, et encore ! Déclare-t-il tout ? Sait-on jamais ? Un donneur de leçons de cette trempe… il doit y avoir dans la vertu quelque chose qui échappe à la compréhension du besogneux : le double langage !

30 juillet 2015

Faire du cash !

Il suffit de répertorier les professions initiales des hommes et des femmes politiques, pour imaginer un État confisqué par une « élite » condensée dans une coterie, dont il est facile d’en deviner les origines.
Le résultat est devant nous : une certaine bourgeoisie d’affaires, des postes d’apparatchiks héréditaires et des professions libérales, tandis que la population est exclue de ce caucus très spécialisé.
Voilà la démocratie telle qu’elle se présente à nous en 2015.
En somme l’électeur élit 99 fois sur 100 une représentation venant d’un monde qui n’a rien à voir avec le sien, qui ne le connaît pas et qu’il ne connaît pas.
Les bénéficiaires se garderont bien de vanter le classement de l’intelligence par le diplôme. Au contraire, vous les verrez célébrer l’autodidactisme et discourir sur les formes variées d’intelligence, sur le temps qu’ils agissent de façon contraire, dans les Institutions qu’ils façonnent à leur image.
Surpassant toutes les conditions de la promotion des élites, la filiation joue un rôle majeur. Charles Michel est premier ministre parce que son père a été ministre. Il ne s’est pas fait tout seul. Si son métier d’avocat qu’il n’a jamais exercé est un bon départ, quoique un tiers des avocats établis gagne dans les 1000 € par mois, l’influence de son père au sein du mouvement libéral a été déterminante dans la fulgurance de sa carrière. Ses mérites personnels n’ont rien à voir avec la promotion dont il est bénéficiaire.
Il n’y a pas de pépinière d’hommes d’État en Belgique, comme l’ENA en France. Pour nos voisins, de la promotion Voltaire sont issus non seulement François Hollande et Ségolène Royal, mais encore quasiment toute la promotion est entrée dans les ministères à différents postes, y compris celui de ministre.
En Belgique, pour faire carrière dans la politique, on sort d’abord d’une Faculté généralement pour entrer dans une administration, non pas pour exercer le métier pour lequel on est diplômé, mais pour envisager le parcours idéal d’homme d’État. En général, le travail que l’on preste, pourrait être aussi bien accompli par un élève sortit d’études moyennes inférieures. Peu importe, on n’est pas là pour ça. Cette entrée se fait presque toujours par recommandation, plutôt que par concours. Quand bien même y en aurait-il un, le pistonné aura une longueur d’avance à l’arrivée, sur n’importe quel autre candidat.
L’Administration permet d’entrer et de sortir sans problème de son cadre pour tâter le monde de la politique. C’est l’énorme avantage sur le privé. On y revient quand l’élu a été boudé par l’électeur, dans le grade qui aurait été le sien. Cela permet de faire ses classes à l’aise et d’attendre un emploi politique lucratif et pérenne.
C’est ainsi que se forme le personnel de la classe politique, quelles que soient sa couleur, ses options, ses motivations et sa culture.

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Du PS à la N-VA, ils se connaissent tous plus ou moins, se fréquentent dans des occasions officielles, dans des Commissions et dans des cercles privés dont le public n’a pas idée de l’influence qu’ils ont.
C’est un milieu clos, absolument isolé du reste de la population, malgré les déclarations de principe et les participations à des réjouissances populaires, des concerts, des meetings, enfin tous les endroits où l’intérêt de s’y montrer est évident pour la carrière.
Tout les rassemble : la quasi équivalence des diplômes, les traitements, jetons de présence, participations diverses et indemnités les placent dans une même catégorie élevée de salaire. Les relations et les filiations font le reste. Ils n’ont de contact avec leur plombier qu’à l’occasion d’une fuite d’eau et de leur boulanger que pour le croissant du matin, et encore quand la bonne est de sortie.
Cette classe sociale est solidaire. Même s’il y a concurrence, rares sont les membres qu’un parti laissera tomber, par exemple, quand, par leur maladresse, les électeurs les désavouent et que la Justice, pour une fois, les accable.
Pourquoi, me direz-vous, la presse belge ne dénonce pas un système qui conduit la démocratie à sa perte ?
On trouve la réponse dans un film fou et drôle sorti en 2014 « L’interview qui tue », lorsque le producteur de la star de l’info réplique à sa vedette « La première règle du journalisme, c’est faire du cash ! ».
Il suffirait de faire passer une loi qui plafonnerait les salaires d’État à 3000 € net le mois. Et tout le système s’écroulerait. Comme ils sont au pouvoir, ils ne vont tout de même pas se tirer une balle dans le pied. Le jour où quelqu’un en trouvera le moyen, on reparlera de démocratie.

29 juillet 2015

Un nouveau génocide ?

De Gaulle se méfiait de l’OTAN. Il fallut attendre Sarkozy pour que la France rejoigne le Traité. Quant à la Belgique, n’en parlons pas, sa politique extérieure a toujours été celles des États-Unis et il va de soi que Charles Michel y adhère à 100 % !
À la fin de l’URSS, une certaine gauche européenne s’était posée la question de son utilité. Et en effet, l’OTAN pointait toujours ses canons et ses fusées du côté de l’Est. C’est à se demander si cette persistance d’une méfiance qui n’était plus de saison n’a pas poussé Poutine à sa politique de méfiance à l’encontre de l’Europe ?
En élargissant l’Alliance à la Turquie, nos américanolâtres défendirent le principe d’une protection sur notre flanc Sud des incertitudes futures, suite à l’appropriation par l’occupation d’une partie de la Palestine, par Israël et ce depuis trente ans de guerres et de paix armées alternatives.
Les tensions au Nord de l’Afrique après la bêtise de Bush d’envahir l’Irak, la fin de Kadhafi, les remous en Égypte et en Tunisie, tout enfin nous recommandait de rester groupés, de sorte que l’OTAN recommençait d’avoir une utilité pratique comme au temps de la guerre froide, d’autant que la Crimée, territoire ukrainien annexé et le Donbass, hors de l’OTAN, donnaient des inquiétudes aux pays du Nord, à la sécurité garantie par l’alliance.
Voilà plus de deux ans que s’est formé un État Islamique à cheval sur la Syrie et l’Irak qui a récupéré des armes stockées par l’ex armée de Kadhafi. Et voilà plus de six mois que l’on dénonce la complicité de fait de la Turquie avec cet ensemble composite issu des combats contre le dictateur Syrien. Le martyr de Kobané, la ville kurde à la frontière turque, sauvée par les Kurdes, alors que des tanks turcs massés à la frontière, des officiers regardaient le massacre à la jumelle sans intervenir, reste gravé dans les mémoires. Trafic d’essence, de devises et surtout transfuges de jeunes européens transitant par la Turquie pour venir renforcer l’armée de Daech, de la part d’un pays de l’OTAN, sans que les USA élèvent le ton, cela parut bizarre. Et pourtant quand on considère l’insistance du gouvernement d’Obama pour que l’Europe accélère l’entrée de la Turquie en son sein, un pays, dont les neuf dixièmes du territoire sont au Moyen-Orient et malgré l’opposition d’une grande partie des Européens, il y a de quoi surprendre !
On a aujourd’hui la réponse.
Les USA conduisent leur politique à leur manière et choisissent les alliés qu’ils veulent. L’OTAN n’est qu’une machine d’entérinement. L’Europe sans armée propre est une carpette sur laquelle Obama s’essuie les pieds. Mieux, les américanolâtres ont répondu présent et contresigné la honteuse collaboration du président turc qui la conditionnait de la destruction du PKK, avec lequel il était pourtant en négociation de paix. Nous allons donc signer sous le paraphe américain et considérer la résistance kurde comme une action terroriste, au même titre que Daech.
C’est égal, nous avons dénoncé le génocide arménien de 1915 et cent ans plus tard, nous collaborons avec l’infâme Recep Tayyip Erdogan qui rêve d’un nouveau 1915 !

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Vingt millions de Kurdes vivent dans un territoire « offert » à la Turquie quand on a découpé cette partie du Moyen-Orient, au temps « heureux » ou l’Angleterre et la France fixaient les frontières à la règle et au compas, là où ils avaient leurs colonies. Tant pis si des villages étaient coupés en deux et des ethnies séparées.
Et voilà ce qu’on appelle des terroristes aujourd’hui, des gens qui combattent comme nous, le monstrueux Daech et qu’on massacre par derrière avec le soutien de l’OTAN !
S’il y a bien une population qui mérite une patrie, c’est bien elle.
Je ne suis pas loin de penser qu’en accord avec la Turquie, nous avons créé Daech et que ce monstre nous échappe. Le plus drôle c’est qu’il est bien capable de réussir !
L'utilisation de la base d'Incirlik (sud) aux avions américains qui bombardent l'EI en Syrie et en Irak, vaut-elle le prix d’un nouveau génocide qui se prépare ?
Ahmet Davutoglu, le premier ministre turc l’a dit à la télévision d’Ankara à propos des Kurdes "Nous allons continuer notre combat (...) jusqu'à ce que nous parvenions à un certain résultat... c'est soit les armes, soit la démocratie".
Question, si les Turcs veulent que les Kurdes déposent les armes avec quoi vont-ils se défendre contre Deach ? Comme on connaît l’esprit nationaliste turc, une fois désarmés, qui dit que les Kurdes ne vont pas passer à la casserole comme les Arméniens en 1915 ?
L'Otan doit se réunir mardi à Bruxelles pour évoquer la situation sécuritaire en Turquie. On signale à Charles Michel que le baisemain à l’égard de ses grands alliés américains ne se fait plus.

28 juillet 2015

La haine plus forte que l’amour !

On se rappelle l’étonnement des gazettes à l’avènement du fils Michel à la tête d’un gouvernement majoritairement flamand. Pendant quelques jours il y eut un flottement dans les états-majors des éditeurs de presse. On entendait « il a osé », tandis que l’incrédulité était grande. Enfin, qui était-ce ? quelqu’un sortit le mot « kamikaze ». Il fit florès l’instant d’une petite semaine, le temps que les propriétaires des gazettes s’aperçoivent que leurs intérêts financiers étaient en cause.
Aujourd’hui, nos pamphlétaires du dimanche sont priés de remplacer le mot qui énerve Charles Michel et tout le MR, par « la suédoise ».
Sans ce gouvernement flandrien à 80 %, c’est la chienlit garantie pour la bourgeoisie belge. Flamand et Wallon sont mes prénoms, Pognon est mon nom de famille.
Les journalistes l’ont compris. Pour conserver leur emploi, ils s’alignèrent sur les rédacteurs en chefs, ceux qui reçoivent directement les consignes du dernier étage.
C’est ça la presse belge. Vous ne l’aviez pas remarqué ?
Cela n’empêche, que le brain-trust entre Bart De Wever et Charles Michel énerve considérablement Didier Reynders. Lui aussi parlait de kamikaze. Il souhait ne pas en être et s’était mis en tête de rallier l’Europe. Faire commissaire européen dans n’importe quoi lui offrait deux perspectives intéressantes. La première, c’était de prendre de la distance d’un Charles Michel qu’il ne supporte plus depuis longtemps, dans un gouvernement dont il ne voyait pas l’avenir. La seconde, entrer à l’Europe, c’est tout bénéfice. On gagne gros et le boulot consiste à appuyer les initiatives du président de la Commission, après Barroso, Juncker, les deux convenaient bien à celui qui perdit son poste de président du MR à cause de la cabale des Michel.
Décidément, le transfert à Uccle n’a pas produit l’effet escompté. Didier Reynders est sous les ordres de Michel junior, dans un poste secondaire, depuis que les affaires étrangères fédérales sont débordées en Flandre et bientôt en Wallonie par des régionalistes promouvant leur communauté. Alors, il ronge son frein. C’est qu’on ne l’invite plus guère à donner son avis dans les télés. C’était pourtant son plan, le rapprochement avec De Wever ! Seule compensation, il voyage beaucoup, souvent avec sa femme. Les ambassades au soleil sont des hôtels 5 étoiles à prix cassés, puisque les notes de frais sont pour nous.
Le ratage à la Commission l’a rabaissé davantage. Il s’est refait une santé aux yeux des électeurs quand il a eu l’air de se sacrifier pour Marianne Thyssen (CD&V), sinon c’était Kris Peeters qui devenait Premier et cela aurait davantage fait penser à la flamandisation du royaume.
Certains libéraux pensent que Charles Michel a montré des qualités hors-pair de diplomate pour cette négociation où il s’est affirmé plus vachard encore que Didier Reynders, à la grande jubilation de son père Louis, qui a reconnu en lui le fiel maison !

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Reste que la cancanière Joëlle Milquet n’en finit pas de raconter à tout le monde que Charles Michel aurait été très heureux que Didier Reynders dégage à l’Europe. Reynders vice-Premier complote directement dans le dos de Charles. Reynders est comme les champignons toxiques. Ils ont belle allure, le goût est parfois excellent, mais on finit par en crever. L’intérêt collectif majeur pour le MR était quasiment une question de santé publique : Didier à l’Europe ! Cet intérêt n’a pas été rencontré et le petit Chastel, président du MR actuel, n’est pas un contrefeu sérieux.
Ce que Milquet en raconte n’est pas nécessairement exact. Il y a une vieille haine non éteinte entre elle et Didier. Si ces deux là échouaient sur une île déserte, ils feraient ménage à part et surtout hamac à part.
La presse a tracé un portrait pas mal ressemblant de ce couple de perdreaux qui ne sont pas de l’année et dont les passes d’armes viennent de loin « Ces personnalités aux antipodes l'une de l'autre ont l'art de s'exaspérer mutuellement. Autant le premier est cadré, froid au premier abord, calculateur, organisé, implacable ; autant la deuxième est désorganisée, imprévisible, approximative, chaleureuse souvent, créative... Didier Reynders et Joëlle Milquet, ensemble vice-Premiers ministres au fédéral durant dix ans, ont transformé ce jeu de rôle psychologique en un positionnement politique. Assistez à un débat public où ils sont tous deux présents, regardez attentivement leurs sorties médiatiques, vous verrez combien le mépris ou l'exaspération s'expriment sur leur visage. Cette comédie humaine est devenue, aussi, un marketing politique. » (Le Vif-Belgique).
Pas mal écrit pour un journal de droite. À quand une analyse fine du trio de pointe Di Rupo, Magnette, Onkelinx ? Ceux-là paraissent s’adorer ! C’est dire comme ça doit être pire qu’au MR.

27 juillet 2015

Erdogan ? ...la Sublime Porte à droite.

Le double jeu du président turc Erdogan, qui profite d’un soi-disant coup de feu contre Deach pour reprendre la lutte contre le PKK, est une leçon pour tous ceux qui en Belgique, sous prétexte de lutter contre l’intégrisme musulman, abandonnent quelques libertés en faisant confiance aux autorités face au terrorisme.
Tant on connaît le personnage et son militantisme religieux, que l’on en arriverait même à douter de sa volonté d’en découdre avec Deach, Erdogan est un personnage dangereux, prêt à enflammer les Turcs dont on sait qu’ils n’ont jamais été autant nationalistes depuis que le parti musulman dirige le pays. Erdogan compte bien ressusciter la grandeur de l’Empire ottoman de sinistre mémoire.
Les informations sont assez conformes à cette supposition, d’autant qu’un accord de paix était presque conclu entre le gouvernement turc et le PKK et que, manifestement, Ankara veut en découdre avec les 20 millions de Kurdes sur des territoires annexés par les Turcs, selon la méthode pratiquée contre les Arméniens.
Les F 16 de l'armée de l'air turque ont mené dimanche soir une nouvelle vague de frappes contre les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le nord de l'Irak, ont rapporté les chaînes d'informations turques.
Quand on sait que l’ennemi au sol le plus combattif des criminels du califat, ce sont les Kurdes d’Irak, on est en droit de se méfier grandement d’Erdogan. La presse de l’Union Européenne souffle sur les braises, parce que le PKK est toujours classé mouvement terroriste, depuis le temps où les Turcs faisaient mine d’intégrer l’Europe et qu’un courant au parlement de Strasbourg y était favorable.
Di Rupo et après lui, Charles Michel, inspirés par la politique américaine qui souhaitait ce rapprochement des Turcs et de l’Europe, y étaient favorables aussi.
Résultat, Erdogan a fait voler en éclats le cessez-le-feu entre Ankara et le mouvement kurde, qui tenait tant bien que mal depuis 2013.
Le gouvernement turc a probablement monté de toutes pièces une série d'attaques attribuées ces derniers jours à des militants proches du PKK contre des policiers, pour mettre à profit la satisfaction occidentale de voir enfin les Turcs réagir à la progression de Daech à ses frontières et ainsi ne pas attirer l’attention de son criminel projet d’anéantir les Kurdes d’Irak et jusque là hors de portée de la répression de la police turque.

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Cette duperie d’Erdogan fait repartir l’escalade. On s’attend à des représailles des Kurdes d’Irak évidemment obligé de combattre dorénavant sur deux fronts.
Le régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan avait engagé à l'automne 2012 des discussions de paix avec le chef emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, pour tenter de mettre un terme à la rébellion qui a fait 40.000 morts depuis 1984. Ce processus n'a jusque-là abouti à aucun accord.
il est de plus en plus évident que pour les autorités d’Ankara, la guerre contre le PKK est au moins aussi importante – voire plus – que celle contre l’EI.
Comme si la situation n’était pas assez compliquée, le PKK et le PYD des Kurdes syriens combattent les djihadistes au nord de la Syrie mais aussi en Irak du nord avec le soutien aérien de la coalition, et les voilà pris pour cible par un de leurs alliés !
Le comble, Washington apporte son soutien à ces frappes contre le PKK estimant, par la voix du vice-conseiller à la sécurité nationale Ben Rhodes, que «la Turquie a le droit de mener des actions contre des cibles terroristes». Évidemment l’américanolâtre Charles Michel s’est toujours aligné sur la politique américaine. Il n’y a pas de raison qu’il s’insurge contre une telle aberration qui va plomber la lutte au sol contre l’EI en Syrie et en Irak.
Le président de la région autonome kurde de l’Irak, Massoud Barzani, allié des Américains et qui entretient de bonnes relations avec Ankara, a condamné ces raids, appelant le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu à cesser l’escalade.
Inutile d’écrire qu’une reprise du conflit kurde en Turquie compliquerait sérieusement la guerre contre Deach.
Que va faire l’Europe et quelle est la position du gouvernement belge ?
On ne sait pas. Ils sont en vacances et forcément même s’ils prenaient à leur retour des airs hautement concernés, ne vous en faites pas : ils s’en foutent ! Obama n’est-il pas le protecteur de l’Occident, grand pape de l’économie, réel patron de l’Europe ?
Et on se demande toujours pourquoi cette crise de confiance des citoyens ?

26 juillet 2015

Lorraine à gros sabots.

Juste avant la bronzette, Charles Michel entonne un petit couplet contre les gros fraudeurs, la valise à la main, dans l’autre les doigts diaphanes d’Amélie.
Le héros de la ménagère en carte du MR n’est pas content. On lui prête le dessein de servir les riches Flamands au détriment des Wallons pauvres.
– Moi, trop gentils avec les riches, dit-il, en jetant sur le téléspectateur envahi par l’émotion, un regard d’épagneul façon refuge de la société protectrice du toutou abandonné par ses maîtres en vacances !
Les valises sur le trottoir, Amélie s’impatiente. Le chauffeur, porte ouverte, attend devant l’Audi six cylindres. Le Premier ministre cache mal sa colère. Il dévoilera au Soir le nouveau projet du gouvernement pour s’attaquer plus sévèrement à ceux qui fraudent lourdement le fisc.
Frauder « lourdement » le fisc peut se comprendre dans le sens de « bêtement », un hommes d’affaires, un industriel, des gens fort attachés au MR, qui ne prennent pas la peine d’arranger leurs déclarations de revenus par un expert en tromperies et autres malversations, c’est proprement inadmissible ! C’est bête… quoi !
Ça tous les mandataires de haut-niveau en sont convaincus. Kubla et Armand De Decker ont été trop négligents. Ils sont devenus le mauvais exemple dans les chaumières, style Louis XIII.
– Tu n’as pas rempli ta déclaration à l’Armand de Decker, au moins ?
Charles en étouffe. Peut-on être bête à ce point ?
Amélie sait bien que dans ces cas-là mieux vaut ne rien dire et laisser Charles revenir à sa physionomie d’épagneul humain, celle que Hakima Darhmouch préfère.
On pense directement aux peines les plus lourdes. On sait bien qu’il faut être sévère avec ceux qu’on aime. On se dit, Charles va purger le MR, les jours de Reynders sont comptés, même son père, Loulou, va revoir sa copie. Le petit pharmacien de Charleroi, Olivier Chastel est trop gourmand, il se croit président du MR et passe devant le grand Charles. La préséance, c’est trop, les gaffeuses-menteuses du gouvernement aussi, etc.

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Pas du tout. On a tout faux.
Car la sanction la plus lourde qui menace les fraudeurs lourds est – tenez vous bien - de « …retirer leurs droits politiques» !
Le Club Lorraine est plié en deux de rire. La nouvelle a créé un début de tsunami aux îles Caïman ! On a vu un petit malaise chez les obèses du Parlement, rire sans pouvoir s’arrêter est dangereux pour la santé. Voilà un siècle que l’article 33 du code pénal fait perdre le droit de vote aux citoyens convaincus de malhonnêteté vis-à-vis de l’impôt et du reste ! Les inciviques flamingants en 45 en ont été privés. Les cas fourmillent. C’est vrai, rarement les riches, plus souvent des gens de peu…
Charles est pourtant avocat (enfin pas beaucoup) il devrait connaître le code ?
Oui, diront les déçus du libéralisme à la flamande, mais s’il est malhonnête lui-même et qu’il feint de ne pas le savoir ? Avec les libéraux, on ne saurait dire. On les croit au parlement, ils comptent leurs sous au Luxembourg.
Charles n’en démord pas. C’est une sanction terrible pour ceux qui prennent la pose du parfait démocrate et électeur. Oui, mais ceux qui s’en foutent ? Comme si un riche pouvait être citoyen avant d’être riche !... Comme si un MR malin n’accordait pas son Stradivarius avec les plus fins stratèges de « par ici la bonne soupe » ! Comme si Bacquelaine n’en avait pas mis assez de côté à Chaudfontaine, à rendre jaloux les patrons des homes pour petits vieux fortunés qu’il siphonne !
Charles est persuadé qu’on le remerciera dans dix ou vingt ans. Quand les pauvres béniront son successeur, leur nouveau « bienfaiteur ».
À moins que le système ait fait long feu et que l’électeur soit passé à autre chose.

Ils fichent le camp...

...Hélas ! c’est pour revenir bientôt.
C’est fait. Ils sont en vacances ! Ils l’ont dit. Nous allons souffler un peu. Mais, ils ont tout de suite prévenu : ils seront de retour dans 12 jours au grand maximum.
Ont-ils cru que cela nous ferait plaisir de savoir qu’ils reviendraient aussi rapidement ?
Ils se trompent sur tout, mais pas sur notre besoin d’eux, quand même !
On n’a jamais été si heureux pendant les affaires courantes, quand ils ne savaient pas se mettre d’accord sur la façon dont ils nous couillonneraient.
À l’intérim, ils ne peuvent pas prendre d'initiatives. Ils règlent seulement les affaires courantes sans faire de zèle.
Rappelez-vous, avant que Di Rupo ne prenne les rênes : quasiment un an de bonheur !
On étonnait toute l’Europe. Le monde entier nous enviait !
Pendant deux semaines, leur forfait accompli, ils nous ficheront la paix deux week-ends. Ce n’est pas lourd, mais c’est toujours ça ! Nous on est réglos : pas de visite domiciliaire et leurs traitements toujours à date fixe !
Le petit Alexandre De Croo était tout excité. Vrai, à force de se le suggérer, il a fait passer le courant à ses électeurs libéraux, il s’est fatigué réellement lors des derniers jours de juillet. Les traits tirés, des cernes sous les yeux, il semblait sortir de la dernière réunion du gouvernement après tout le monde, comme un Indien, pour effacer les traces.
Son Premier, le plus beau chauve du royaume, ira retrouver sa Lorelei, non pas pour faire les bords du Rhin, mais pour une cueillette des olives en Basse-Provence. On imagine sa dulcinée, quand ils nous regardent amoureusement pour déclarer que pour notre bonheur, il augmente la TVA sur l’électricité, l’extase de la femme de monsieur Charles doit être pareille à celle des membres d’honneur du MR ! Elle doit chavirer, quand il « revient du travail » et qu’elle entend claquer la portière de la voiture de l’État et le chauffeur qui va avec. Un grand séducteur en politique conserve toute sa séduction en cabinet particulier.
– C’est toi chéri Charly ?
– Non. C’est l’plombier !...
L’humour de Jodoigne qui lui revient, forcément il est vacances…

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On passe sur les gagnants méritoires du Fédéral pour revenir aux gros jaloux du régional wallon. Ils partent aussi, USA, Nice. Un CDH va en Grèce, « pour aider le peuple » ! Je parie cent contre un qu’un couillon du Péloponnèse lui montera ses valises dans sa chambre d’hôtel.
Magnette emporte ses dossiers. Il rentre chez lui le paquet sous les bras. Le lendemain, il n’a pas l’air de les remporter pour la partie de campagne.
Pourtant son coach lui a toujours dit : l’important, c’est d’avoir l’air.
Dans la joie de foutre le camp dépenser notre beau pognon ailleurs, ils ne peuvent s’empêcher de dire où ils vont. Par contre, quand ils reviendront, on ne saura pas où ils sont allés. C’est un mystère.
Tous partent le devoir accompli, ils reviendront gonfler à bloc pour nous emmerder.
Quand progressivement, la pension se fera à 67 ans, c’est quand même deux ou trois années de vacances que le bon docteur Bacquelaine allouera gracieusement aux bons petits vieux de sa commune.
Tous se congratulent, enfin les chômeurs qui résistent au CPAS et ne veulent pas quitter l’ONEM seront dorénavant contrôlés inopinément, et pas question de partir en Grèce !

24 juillet 2015

Tout le monde à poil !

Nous nageons dans le bonheur ! Après une nuit passée ailleurs qu’entre les beaux bras blancs de sa compagne, Charles Michel sort des austères bureaux du 16 avec un accord. Tout baigne. Le chef de la minorité wallonne en cheville avec la majorité flamande fait monter les prix d’un cran et tout est pour le mieux. Les gogos sont en vacances à jouer sur le sable avec leurs petits seaux, ils ont autre chose en tête que le coût de la vie, sinon que la moule frite à 22 euros, il faudra bientôt oublier.
Ce n’est pas encore la Grèce, heureusement nous ne sommes pas des populistes défoncés par des enculistes. Charles est trop bien élevé pour ça.
Reste un petit détail, les visites à domicile de nos grands gâtés du chômage. Les survivants de l’ONEM se verront attribués une visite domiciliaire impromptues, l’ancienne l’était après des convocations et une procédure. La visite sous Di Rupo se faisait à partir de 6 heures du matin, heure normale pour tout qui doit se lancer sur les routes à la recherche d’un type qui veut bien vous filer 1000 euros par mois pour vaquer à des bricoles dans son entreprise. C’est la seule diminution de l’accord (pour tout autant qu’on puisse la considérer comme tel), désormais ce sera à partir de 5 heures du matin qu’un inspecteur guilleret viendra voir si vous pratiquez le plaisir en solitaire ou à deux. Si vous n’êtes pas montrable et que vous refusez d’ouvrir, le kapo de Charles Michel ira chercher un mandat du juge d’instruction et outre le fait que vous tombiez dans sa manche, l’enveloppe pourrait être salée.
Donc tout va bien, la fraise de Wépion jette ses derniers cageots non importés au Koweit sur nos étals, donc à déguster entre pauvres, Charles Michel retrouve sa compagne. Ses beaux bras blancs entourent la nuque du chauve le plus séduisant du MR, et les gogos creusent les douves d’un château-fort à marée basse, quelque part entre La Panne et Ostende.
Est-ce que ça intéresse encore les amoureux de la chose publique qui votent traditionnellement pour les mêmes depuis si longtemps, de résumer les belles mesures d’une belle politique pour nous mettre dans de beaux draps ?
La TVA sur l’électricité relevée de 6 à 21 % cette année. « Le coût de la diminution à 6% décidée par le gouvernement précédent en faveur des ménages s’élève jusqu’à présent à 500 millions d’euros et des failles dans la législation permettent à certains professionnels de bénéficier du taux réduit. Il n’y aurait pas d’autre augmentation de la TVA. » (Le Soir)
Bien sûr, cet éminent journal n’écrit rien sur les 15 % d’augmentation pour tous les ménages, pour la bonne raison que ce journal tente de faire passer le complice, Didier Reynders, pour l’abbé Pierre des revenus modestes.

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Quand le kamikaze nous dit qu’il n’y aura pas d’autres hausses de la TVA, il ne parle pas des accises sur le diesel et le tabac, ni une taxe possible sur les sodas, sans doute pour lutter contre l’obésité ?
A-t-on jamais vu que dans les hôpitaux, pour lutter contre l’obésité, on s’en prenait aux obèses ?
La méthode Michel mettre le Coca hors de prix, c’est une idée. Assoiffer l’obèse, c’est d’actualité.
Par contre nos marchands d’esclaves verront leurs cotisations sociales passer de 33 à 25 %.
Dans le fond le kamikaze veut alléger les charges des uns pour les reporter sur les autres. Sous Louis XIV on pratiquait déjà la même politique. Louvois en a su quelque chose.
Ce gouvernement va renforcer la lutte contre la fraude fiscale, dit-il. Cause toujours, disent les initiés qui jouent à la pétanque entre Villefranche et Juan-les-Pins, avec Michel Père en triplette, jusqu’au 15 août.
Avec la hausse générale, puisque l’électricité est partout, on va pomper entre 4 et 6 % du pouvoir d’achat de l’inconscient qui suce des babeluttes à La Panne et qui se fend d’un tour de digue sur un tricycle avec bobonne. Mais, peuple heureux, le chef du Monopoli Belgique a juré d’augmenter le pouvoir d’achat des salariés. (Oui, c’est comme on vous le dit) Elle sera ciblée sur les bas et les moyens salaires. C’est ainsi que certains se verront moins ponctionnés entre 3 et 5 %, au lieu des 4 ou 6. L’ex Didjé di Lidge, devenu le bras droit des indigents, pourra assumer son rôle de Robin des Bois du royaume.
Chaque été voit son Nessie sortir son long cou préhistorique des eaux du canal Albert. 2015, c’est l’année des économies de fonctionnement de l’État.
En dernières nouvelles, on est certain que les ministres et hauts fonctionnaires ne seront pas touchés par ces mesures. Ceux qui colporteraient des abominations de cet ordre se verront les complices du complot populiste contre lequel le gouvernement et l’ensemble de la presse luttent courageusement. Si l’urgence s’en faisait sentir Gerlache et Delvaux reviendraient immédiatement des lieux lointains où ils bronzent dans le plus simple appareil (sans courant), afin de reprendre en main la croisade abandonnée pour cause de fortes chaleurs.

23 juillet 2015

Beyrouth-sur-biloute.

Dans cette Europe flageolante, on compose avec la réalité, afin de ne pas indisposer une certaine catégorie de citoyens, délaissant toutes les autres, celle qui voit se déchirer en son sein Chiites et Sunnites et inspirer Daech dans sa construction d’un nouveau califat.
Nos lénifiants ministres rassurent les musulmans en décrétant que Daech ne fait pas partie du monde des croyants, c’est bien pourtant au cœur de cette religion que Daech a trouvé et exploité les ferments de ce qui fait aujourd’hui sa nuisance.
Une fois de plus, sont en cause « l’esprit religieux » et la croyance des trois religions monothéistes. Il n’est pas exclu de penser que se mesurent dans une sorte de compétitivité meurtrière, la chrétienne, la juive et la musulmane, dans une nouvelle guerre de religion comme si les enseignements du passé avaient été oubliés.
La petite dernière, la plus jeune, a été poussée aux crimes par défaut d’instruction et d’éducation des populations rurales converties en masse, parce qu’à l’inverse des deux autres, elle est plus simple, plus directe et donc plus accessible.
Là-dessus nos ministres surviennent de leurs champs, comme des maquignons à peine dégrossis, pour répéter que les religions sont estimables, que les pratiquants y sont conduits par leur foi. Ils croient obtenir l’adhésion des foules par un discours selon lequel la foi est supérieure à la raison, ce qui remet illico la laïcité loin derrière. D’autres avant eux, avaient été plus gonflés en signifiant que la foi était la raison.
On sait bien que nos « élites » convoitent les voix des croyants pour leur réélection, parallèlement, ils sont effrayés par avance d’être perçus comme la cause d’un affrontement entre croyants.
Il n’y a, par conséquent, plus aucun débat possible.
Et nous ne saurons pas si dans la critique de la religion l’homme est, ou n’est pas, l’être suprême pour l’homme.
Entretemps, Madame Milquet se sera arrangée pour faire du cours de morale un cours de rien.
Plus grave, l’exigence de la gauche de supprimer les conditions sociales qui produisent le phénomène religieux ne sera pas rencontrée. Les populations resteront ainsi dans l’ignorance que l’aliénation socio-historique de l’homme est due – en grande partie – au pouvoir aussi bien séculier que spirituel, des religions.

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Car l’esprit religieux est un produit social qui doit être expliqué à partir des conditions sociales. La religion est l’illusion d’un refuge des exploités. Le succès de Daech est lié à la réputation d’exploiteurs des Occidentaux, avant même que ceux-ci soient déclarés mécréants. Et si beaucoup de jeunes européens rejoignent Daech, on le doit à cette défection sociale occidentale, même si les fantasmagories d’un Dieu vindicatif complètent l’intention du crime.
« Toute religion n’est que le reflet fantastique, dans le cerveau des hommes, des puissances extérieures qui dominent leur existence quotidienne, reflet qui déguise sa source « les puissances terrestres » en puissance supraterrestres, c’est-à-dire religieuse. » (Yvon Quiniou « critique de la religion », p. 97).
N’importe qui peut l’avoir éprouvé au moins une fois dans sa vie, même ceux qui n’ont pas la foi : les hommes dans certains moments critiques se raccrochent à la religion pour se sentir moins vulnérables. Le malheur fait souvent perdre la raison au bénéfice de la foi ! Et c’est là que les religieux nous attendent dans un prêchi prêcha selon lequel tous les pieds au cul que vous recevrez ici bas seront automatiquement convertis en caresses dans l’au-delà, Daech y ajoutant la récompense des belles houris à violer gratis (curieuse manière d’encourager une vie « vertueuse » en faisant miroiter aux élus d’Allah, une éternité de plaisirs, de viols et de débauches).
C’est pour se sécuriser que les hommes recourent à la religion.
Le système économique actuel produit une aliénation spécifique et aggravée par rapport aux sociétés antérieures, les hommes étant dominés par les rapports économiques créés par eux-mêmes.
Nous sommes au bout d’un système individualiste. La religion nous invite à rester passif et à espérer ailleurs, ce dont on vous frustre dans la réalité économique. La religion contribue donc à prolonger nos souffrances et ne fait rien pour les abréger.
Nous sommes un peu les habitants d’un grand Beyrouth, on se lamente de tout ce qui nous tombe dessus, sans chercher à comprendre pourquoi ça nous tombe dessus. C’est dommageable que nos représentant(e)s (1) politiques manquent de couilles à ce point. Ce serait pourtant le moment d’en avoir.
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1. C’est une figure de style, évidemment.

22 juillet 2015

Presque Belge !

Pour tous ceux qui vivent au jour le jour, qui ne sont pas plus fiers que ça d’être né belges lorsqu’ils voient que la misère passe complètement inaperçue par ceux qui applaudissent Charles Michel au concert gratuit du Bozar, fallait-il, la veille de la fête nationale, que le roi fasse un prêchi-prêcha dans un salon du Palais, avec derrière lui, des meubles manifestement de chez IKEA, amenés à la hâte pour faire simple ? Lui debout, la table à 35 € derrière et jusqu’au cadre en plastique doré de la reine Astrid au mur, c’était d’un kitsch !
Le 21 juillet est un jour comme un autre, parsemé d’embûches avec la question sans cesse répétée : comment résister un jour de plus à la faim, le mauvais abri et l’insécurité du lendemain ?
Ça y est ! Si Gerlache n’était pas sous les cocotiers, il se fendrait d’un « encore un populiste qui veut nous faire un sang d’encre ».
Éviter de penser juste est un exercice pratiqué pour ces experts de l’explication décontractée. Encore que : qu’est-ce que penser juste ? De plus en plus évident, c’est ne pas penser comme eux.
Le pompon aura été cette prévision météorologique lue sur le Soir, leur journal de référence : Le temps sera sec PRESQUE partout ! Magnifique, ce presque dit tout. Gerlache a presque raison, Béatrice Delvaux a presque touché juste, Élio Di Rupo est presque socialiste, etc.
Comment un populiste voit-il notre fête nationale ?
Derrière le grand chapeau rouge de Mathilde, on ne voit pas grand-chose, sinon qu’on ne voit que lui. On attire l’attention des presque citoyens sur un chapeau, c’est une astuce qui en vaut une autre. C’est la technique en duo du pickpocket. Elle est plus douce en tout cas que celle qui consiste à nous plaquer au sol à la matraque des lois, pendant que les riches (qui n’en ont jamais assez) nous font les poches.
Si le populisme monte encore d’un cran, au nom du bon citoyen, on défendra la patrie autrement. On pourrait, par exemple, avancer à la rentrée « presque » des preuves que le chômeur et le pauvre sont des sympathisants de Daech ? On séparerait de ceux qui admirent le chapeau rouge de Mathilde et applaudissent Charles Michel, la chienlit qui préfère la loque rouge de Charlot du film Modern Times ,1936.
Ainsi l’ignominie des assassins rejaillirait sur les populistes. Mais, c’est un jeu dangereux. Ils le feront lorsque l’État sera à deux doigts de sa ruine et qu’il n’y aura plus moyen de faire autrement pour sauver la dynastie, Bart De Wever et même Magnette, Marcourt and Co !

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Comme l’écrit Robin Verner « L’orwellisme est un populisme. L’œuvre de George Orwell est traversée de bout en bout par l’attention accordée au gagne-petit voire au gagne-rien, qu’on retrouve dans ses essais politiques comme dans ses romans et qu’on peut désigner sous le terme de «populisme», un gros mot dans le discours politique actuel et simple nom commun dans le dictionnaire, où il signifie la sensibilité populaire de celui qui le porte. »
On devine ce qui gêne ceux qui se cachent derrière le grand chapeau rouge de Mathilde et si le populisme n’était pas autre chose que la dénonciation de leur soumission au libéralisme marchand ?
Et si le peuple qui ne joue pas du tambour le 21 juillet avait raison de ne pas célébrer des gens qui ont globalement tort ?

21 juillet 2015

Une Europe morale ?

En réponse aux questions que la Grèce pose à l’Europe sur sa dette et son impécuniosité, François Hollande, à l’Elysée, le 15 juillet, a proposé « une organisation renforcée » de la zone euro pour constituer, « avec les pays qui en décideront, une avant-garde » soit imaginer un gouvernement avec un Parlement et un budget spécifique à l’Europe.
Comme si on n’avait pas assez d’échelons décisionnels par-ci, par-là, surtout en Belgique avec cinq gouvernements, plus les Commissions européennes, le parlement de Strasbourg, etc.
Hollande n’est pas le maître de l’inflation dans son pays, et il veut faire le chef d’école ailleurs !
C’est fou comme l’emploi bien rémunéré et bien considéré prend une ampleur insoupçonnée en politique ! S’ils avaient autant d’imagination pour inventer des postes dans l’industrie, qu’ils n’en ont pour créer des emplois en politique, il n’y aurait plus de chômeurs !
Notez, on pourrait arranger le coup : chaque citoyen de l’UE aurait une fonction dans l’organigramme européen et des revenus garantis. On instaurerait un gouvernement par quartier, par rue, par maison. Tout le monde serait ministre ou député, au choix. Le problème serait de trouver des domestiques.
Trêve de plaisanterie.
Plus les pouvoirs de décision s’échelonnent et se dispersent, plus les décisions tardent et plus elles sont incohérentes, faisant souvent doublon. En Belgique et plus spécialement en Wallonie, on est déjà bien servi. Nos stratèges sont tellement au-dessus de leur niveau d’incompétence… et ce n’est pas Marcourt qui a la capacité d’organiser des cours de rattrapage !

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Les mécanismes complexes de l’Europe échappent à l’entendement du plus grand nombre. Le Parlement européen siège à Strasbourg et les Commissions à Bruxelles, voilà des millions d’euros qui disparaissent en déplacements en 1ère classe, temps perdus, courreries et quiproquos, et ce n’est qu’une petite dépense inutile. Il y en a tellement de plus grosses !
Des hollandistes qui s’y croient ont organisé un débat d’où il ressort que les citoyens européens auraient le droit (c’est heureux) de voter la nomination d’une sorte de président de l’Europe, mais qu’on éviterait à l’avenir de leur demander leur avis par référendum, étant entendu que si le peuple est capable de déterminer qui sera le président, il est incapable de voter « en connaissance de cause » une bonne politique pour l’Europe.
Tirant la leçon de l’affaire grecque, celle d’une Union européenne en situation de blocage politique, François Hollande avait assuré lors de son discours du 14 juillet vouloir changer les choses. Christophe Barbier à « C dans l’air » en était tout excité. Les autres journalistes étaient plus dubitatifs. Depuis son bureau des Républicains, Nicolas Sarkozy y voit une manœuvre d’enfumage.
Il paraît d’après Hollande que c’était l’idée de Jacques Delors, son ex mentor. Ce n’est pas à nonante ans que le père de Martine Aubry dira le contraire.
Manuel Valls, dévoué à François jusqu’en 2017, estime qu’un gouvernement de la zone euro doit être constitué par les pays fondateurs de l’Union, « la France, l’Allemagne, l’Italie ». Deux paniers percés avec Merkel près de ses sous, comme si l’Allemagne allait être d’accord !
Entre parenthèse, je croyais que le Benelux était aussi fondateur ?
Et c’est ici que Hollande estime que « …dans la situation actuelle, on a évité le pire. Mais l’Europe n’est pas une puissance morale, dit-il, je dis morale au bon sens du terme. Il faut reconstituer cette puissance morale qui a fait la force de l’Europe en d’autres périodes, comme au moment de la chute du mur de Berlin ».
Je le savais, il nous refait le coup de la puissance morale !... sans doute dans la perspective du retour de Dominique Strauss-Kahn ?

20 juillet 2015

L'intérieur du cercle

Dominique Strauss-Kahn refait surface.
Les médias qui avaient fait leur miel des stupres de « l’homme qui aimait les femmes et qui n’avait pas le temps de leur demander si c’était réciproque », l’avaient enterré et voilà qu’ils le ressuscitent !
Le bougre s’applique à revenir par l’écriture. La presse apprécie sa griffe d’ex FMI, ex socialiste, ex mari d’Anne Sinclair. Si bien que même le Monde s’empare de la lettre « À mes amis Allemands », afin d’en débattre et suivre les méandres de la pensée de l’illustre réintégré.
Cette attention braquée sur lui mérite qu’on s’y arrête. Des questions qui ne relèvent pas à proprement parler des malheurs de la Grèce et de la dureté de ses créanciers, restent pendantes, même si ce dernier terme n’est pas tout à fait approprié pour un homme encore gaillard.
Certains vous diront que DSK a été relaxé de tous les procès où il avait été cité à comparaître, par conséquent rien ne s’oppose à ce que l’animal politique soit pris en considération.
Les journaux naviguent sur ce constat pour tout recommencer, comme si de rien n’avait été. Il n’est pas le seul d’avoir fréquenté les prétoires.
Le personnel politique bénéficie malgré tout d’une certaine indulgence des médias et comme l’électeur est souvent sans mémoire, il n’est pas exclu que DSK retrouve l’usage du mot « éthique » dans quelques temps.
Des faits cités pour lesquels l’homme comparaissait en justice surgit une personnalité étrange, possessive, dénuée de scrupule, méprisante pour les petits personnels de l’hôtellerie, abusant de son pouvoir hiérarchique pour contraindre les subalternes à satisfaire ses pulsions, trompant et manipulant la féminine engeance en des rendez-vous professionnels qui ne sont que des rendez-vous que DSK voulait galant, se livrant à des pratiques avec ses amis dans des hôtels de luxe, utilisant des dames dont il ignorait, dit-il sans rire, qu’elles fussent des prostituées en train de gagner leur vie.
Sur tout cela, la justice passe sereine et écartant des convictions qui eussent pu entacher l’honneur du prévenu, le libère de tout soupçon, tout en se rattrapant sur Dodo la Saumure, comme il se doit.

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Quand, dans l’affaire du Sofitel de NY, DSK est pris la main dans le sac, si je puis dire, il sort ses gros billets et « dédommage » la plaignante qui, n’ayant jamais vu autant d’argent de sa vie, rengaine sa vertu outragée et vend son honneur perdu. Qui dans sa position lui jetterait la pierre ?
Ecœurant fut le retrait du procureur de NY, retirant son accusation sur la preuve que la plaignante avait menti aux autorités de l’immigration, donc était non crédible, comme le sperme du violeur dans la collerette en dentelles plastifiée de la dite !
Vous me direz, cela n’a rien à voir avec la pertinence des propos sur la Grèce de DSK.
Il est vrai. La question n’est pas là. Comment les médias et derrière les personnels politiques conçoivent-ils l’honorabilité dont tous se prévalent pour disputer l’honneur de représenter l‘électeur ?
Certes DSK ne représente plus que lui-même. Au moment des faits, il était candidat à la présidence de la république. Ce n’est pas rien. On l’oublie trop vite.
N’ont-ils pas intérêt à réhabiliter au plus vite DSK, tant eux-mêmes sont imbriqués dans toutes sortes d’intrigues ? Si très peu d’entre elles touchent à la sexualité, à peu près toutes ont trait à des prises d’intérêt illégales, des abus de pouvoir et des entorses aux législations en cours, avec en toile de fond le pognon facile et l’amour de l’argent !
Sans citer des noms, grâce à l’argent jeté à flots pour stimuler l’ardeur des avocats, de recours en recours, de cassation en cassation, le but est d’atteindre la prescription prévue par le code. Et ils y arrivent souvent. Alors qu’au même moment, les minus sans un rond écopent du maximum, après une enquête bâclée.
Voilà pourquoi, droite comme gauche, DSK est un des leurs. Ils ne le réclament pas encore dans leur rang, mais ils prennent en considération le moindre signe d’intelligence de sa part sur « toutes les bonnes feuilles ». C’est une première étape.
En France, comme en Belgique, on connaît des tricards, repris de justice qui sont revenus au premier rang défendre la morale et parler des foudres de l’État contre la délinquance. Alors…
Essayez donc d‘écrire sur un de vos sites Internet ou d’envoyer un papier bien senti sur un sujet d’actualité pour voir, avec ou sans casier judiciaire, à gauche comme à droite, dans la presse ou ailleurs ! Vous passerez perçu foldingue, ignoré total, avec ou sans casier, complètement atomisé par les gens de connivence dans le cercle du pouvoir !

19 juillet 2015

PUB gratuite.

Les journalistes de radio et télévision Olivier Duhamel et Michel Field s’exercent tous les samedis d’été à une politique fiction qui n’est pas dénuée d’intérêt. Ils nous placent en situation comme si un événement politique était survenu. Quels en seraient les acteurs et leurs réactions ?
Ce samedi on avait droit à « Et si Marine Le Pen devenait présidente de la République en 2017 ? ».
À l’écoute de leur émission-fiction, on pourrait réagir différemment de ce qu’ils croient sur le devenir de la situation politique actuelle, mais encore réfléchir à leur autoportrait auquel ils ne s’attendaient pas. Car cet exercice dévoile les deux compères psychologiquement.
Lorsqu’on s’aventure dans un monde qui n’existe pas encore, il est évident qu’on arrange les événements d’aujourd’hui en fonction de ce que l’on pense qu’ils deviendront et non pas en fonction de ce qu’ils seront, puisque, en principe, personne n’en sait rien.
En politique plus qu’en autre chose, tout et son contraire peuvent arriver. Qui aurait cru, il y a de cela une semaine que Tsípras allait manger dans la main de JC Juncker ? La fiction en politique, ce n’est pas la même extrapolation qu’un sismographe qui annonce qu’il y aura prochainement une éruption volcanique ou un tremblement de terre.
Par conséquent, Olivier Duhamel et Michel Field se projettent eux-mêmes dans l’avenir par la somme des probabilités qu’ils énumèrent assez adroitement en y mêlant Caroline Roux et Natacha Polony, entre les voix des personnages politiques dans d’anciennes interviews habilement découpées, pour un montage réussi.
C’est assez drôle et nos compères se dévoilent parfaitement. L’un, Duhamel, est un journaliste de droite qui hésite entre accompagner Sarkozy dans sa reconquête du pouvoir suprême, qui pourrait franchir le pas et parier sur le presque septuagénaire Jupé. Il hésite pour la bonne raison que personne n’est certain que Jupé ira jusqu’au bout. C’est un velléitaire, un peu comme Duhamel, du reste. Des journalistes de Marianne ont tout récemment brocardé Duhamel. Je le compare à un baromètre détraqué : quand il prédit qu’il va pleuvoir, vous pouvez sortir sans chapeau. Il ne pleuvra pas.

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Michel Field a des fibres gauchistes, mais pas trop. Elles datent du temps où il était philosophe et venu par hasard fumer sa pipe entre deux prises dans les studios. L’ambiance lui a plu. Il est resté. On a oublié le philosophe, place au centriste rentré, partagé entre l’admiration à Mendès France et à Philippe Séguin, assez d’accord avec Manuel Valls, dont il saisit chaque occasion pour saluer le courage.
Pour le thème « Et si Marine Le Pen était présidente ? » Europe 1 avait lancé le programme par ce qui suit : « L’exercice distrayant ou inquiétant, permet d’appréhender les problématiques politiques actuelles. Retrouvez Mediapolis Fiction tous les samedis de 10h à 11h et sur http://www.europe1.fr/emissions/mediapolis ».
En effet, c’est assez distrayant, mais peut-être pas comme l’imaginaient les auteurs de cette tranche horaire très suivie du samedi matin.

18 juillet 2015

Les lettres en dépôt de bilan.

On ne peut en dire plus sur l’état des lieux, qu’en comparant les tirages papier actuels de la presse en général et de la presse belge en particulier, avec ceux du passé. La presse qui vivait très bien – il est vrai il y a très longtemps – a bénéficié ensuite de la quasi seule publicité pour maintenir ses profits. Puis vinrent l’apport d’argent frais des partis politiques, à ce petit jeu les presses trop clivées à gauche ne survécurent pas. Enfin, nous sommes à la période des bilans désastreux, des reprises, des cessations d’éditeurs et des fermetures.
À l’heure d’Internet, la presse ne doit sa survie qu’à des hommes d’affaires qui ont diversifié leur produit et investit dans l’électronique.
Sous couvert de l’intérêt général, la presse poursuit sa diffusion, quoiqu’elle ne représente plus grand chose par elle-même. Ses intérêts sont à droite et sous couvert d’une neutralité objective, elle n’est rien d’autre que le reflet du pouvoir. Si ce n’était pas le cas, elle aurait depuis longtemps disparu, comme la presse de gauche.
Il y a bien quelques magazines qui tentent de se placer en-dehors de ce suivisme, mais ils sont basés en France. La tentative de produire une presse critique en Belgique par la diffusion d’un magazine en collaboration avec le Marianne français a été un échec. M... Belgique’, qui a fini par prendre le relais, n’a pas le tirage escompté.
Les Belges sont-ils allergiques à la politique « raisonnée » ? Préfèrent-ils des magazines people ? Il y a un peu de ça, mais encore une fois, la conjoncture n’est pas bonne et, vu le nombre de lecteurs potentiels, c’est très difficile de faire vivre une centaine de personnes, c’est-à-peu près le minimum qu’il faut pour faire un journal vivant et documenté, sans dépendre d’un ou des sponsors qu’on voit venir avec leurs gros sabots (Le Monde a perdu un peu de son esprit critique depuis qu’il a été « sauvé » par trois financiers).
Reste Internet pour sauver les meubles, malgré tout, la situation des entreprises du secteur papier est souvent à la limite entre tenir ou fermer.
Ce blog est parfois très dur vis-à-vis de la presse belge, c’est que les plumes de qualité ont été découragées par le carcan imposé par d’entreprises comme Le Soir, La Dernière Heure ou La Libre Belgique, les provinciaux, plus ou moins dans deux ou trois grand groupes de presse et souvent les relais des premiers, sont à peu près dans la même mauvaise passe.

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Les plumes de caractère ont disparu. Restent quelques frais émoulus des études spécialisées et c’est peut-être ce qui nuit à la profession : croire que l’on doive sortir des écoles de journalisme pour un job qui exige un talent qui ne s’apprend nulle part, c’est clôturer d’avance les débats sur l’avenir de cette profession. C’est fabriquer des gens pour entrer dans des moules et n’en jamais sortir.
Faire ce métier en radio et télévision est professionnellement tout aussi peu diversifié, mais plus sûr. Le sponsoring est plus généreux, l’État y a son mot à dire. Mais l’info y est tellement filtrée et les sujets ciblés, que la contrainte y est pire encore que dans la presse écrite. L’audience y est de toute manière alimentée indirectement par les émissions qui précèdent ou qui suivent les informations, ce qui tempère les chiffres d’audience.
Trouver une solution pérenne pour financer la production d'une information de qualité, paraît urgentissime. Le bon fonctionnement de la démocratie ne dépend plus de la presse conventionnelle, vu son état. Mais si Internet diffuse du bon et du mauvais à jets continus, il conviendrait au moins d’orienter autrement ce qui reste de la presse, à seule fin de rendre un esprit critique aux lecteurs, d’où le besoin d’une pédagogie qui ne soit ni pédante, ni dépendante du pouvoir.
Une solution reste à inventer. Viendra-t-elle par le numérique ?
L’État finance aujourd’hui encore la presse papier. Les critères qui sont les siens n’apportent rien à la démocratie. Cela s’appelle faire usage des impôts des citoyens à fonds perdus, dans l’intention d’user de l’argent public qui ne sert qu’à soutenir le pouvoir en place.

17 juillet 2015

…au suivant !

L’Italie, prochain pays promis à la casse pour la revente par morceaux comme la Grèce ?
C’est bien possible au train où va la cupidité des détenteurs de gros paquets de billets, avec tout cet argent qu’on a gagné par le travail des autres et qu’il faut placer pour que ça rapporte. Quand il y a pléthore, on n’est pas si regardant.
Les économistes transalpins pensent différemment, bien entendu. Ils sont un peu comme ceux qui croient qu’en Belgique il n’y aura plus de crise d’autonomie flamingante et que la N-VA est devenu un parti de la droite convenable, comme ils le sont tous, même le PS.
Vous l’avez compris nos illustres sont aussi bornés que les autres. Ils sont d’un angélisme confondant.
Quand on se penche sur les performances de nos amis italiens, il manque à tous les comptes un petit quelque chose qui fait les grands déficits.
Il paraît que de Mario Monti à Renzi, une reprise serait en train de tout arranger. Ça frémit, il y a des signes. On a déjà entendu le refrain. Le tube passe toutes les semaines à la télé.
Enfin, comme en France, c’est le discours officiel que les chiffres du chômage viennent à chaque fois contredire.
L’affaire grecque a relancé les pessimistes qui se disent qu’après la Grèce, ce serait bien au tour de l’Italie de morfler.
Car, il y a similitude. Voilà quatre ans que le petit peuple en bave, contrairement aux analyses satisfaites des politiques et des médias (à croire qu’ils sont les mêmes que les nôtres). La situation est bien plus mauvaise qu’on ne la dit, histoire sans doute d’en faire accroire aussi aux dames de fer Merkel et Lagarde, les cerbères du coffre-fort mondial.
Depuis fin mars, la dette s’est envolée atteignant des sommets alpins : 2.184,5 milliards d’euros !
Les PME sont en déroute, deux ménages sur trois revendent leurs bijoux de famille et plus si affinités (la prostitution pendant la saison touristique voit l’explosion des occasionnelles), enfin, chez les jeunes le chômage a terrassé 41,2 % d’entre eux.
Les Belges vivent avec un petit matelas de devises sous l’oreiller, les Italiens aussi, enfin vivaient… parce que la plupart des petits épargnants ont cassé leur tirelire, il y a de cela trois ans. Le pactole s’est réparti entre le légumier et le propriétaire (pour ceux qui louent un appartement).
Les dentistes ne soignent plus les caries, ils arrachent quand c’est vraiment indispensable…

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Enfin, c’est le processus classique de la descente aux enfers.
Ceux qui le peuvent travaillent dur, salaire bloqué, plus personne ne s’en sort, sauf les riches et la maffia, ce qui revient au même. Pour survivre on s’arrange comme on peut en faisant du black, enfin ceux qui peuvent…
Pour les fringues, le commerce deuxième main se voit concurrencer par la troisième main que sont les associations caritatives qui vendent un euro, ceux que les autres pouvaient vendre dix.
Enfin, l’Italien a chaud en été et froid en hiver dans des maisons où l’électricité à un compteur qui tourne trop vite pour leur bourse… etc.
On voit le succès de l’économie moderne et le travail de l’Europe pour le bonheur des peuples, au résultat de la Péninsule. Les financiers galopent gaiement, les ministres suivent et s’enthousiasment, le peuple commence à crever de faim. C’est quoi ce pinz ?
Les gens s’inquiètent de savoir qui sera le suivant sur la liste des endettés à recevoir le huissier Lagarde, pour finir en redressement judiciaire sous le juge Merkel.
Qui pourrait leur donner tort ?

16 juillet 2015

Respect et irrespect.

On a dit de cette époque qu’elle ne respectait plus rien.
En réalité, en sélectionnant ce qu’il avait intérêt à respecter, le pouvoir foule au pied ce qui devrait imposer le respect le plus essentiel, à savoir le citoyen.
C’est ainsi que du fin fond de la Californie ou de Shanghai nous viennent des pratiques économiques douteuses qu’on révère aussitôt. On adopte sans examen des « modes » de marché qui ont pour résultat de mettre en compétition les pauvres entre eux. On trouve épatants les affrontements des petits métiers, les plombiers, les taxis, les boulangers, les fermiers, etc. On y gagne quelques centimes et ça fout des vies en l’air. En même temps les banques s’arrangent sur les prix des services, les intérêts, les prêts et j’en passe…
Nos « élites » se moquent du « non » au référendum du peuple grec, parce que ce peuple a osé démentir les sondages que les Européens installés à Bruxelles avaient trafiqués pour que le « oui », influence l’électeur.
Est-ce bien la conjoncture qui contraint à plus de travail pour moins de salaire ou une nouvelle idée d’accroître les profits de quelques-uns ?
Étonnons-nous qu’à la longue, les européens en aient marre de leurs dirigeants et se fichent dorénavant de ce qu’ils disent.
La suite logique est évidente, la parade va de soi. Si le peuple n’est plus respecté, qu’à cela ne tienne, son premier réflexe sera de ne plus respecter les irrespectueux.
Ce qui arrive à nos cinq gouvernements belges, arrive aussi aux dirigeants du peuple grec. Nos illustres et leurs brosses à reluire des médias s’activent, en représentation permanente, ils sont entendus de moins en moins.
Ils poursuivent leurs jactances et leurs façons de savoir mieux que tout le monde imperturbablement. Ils n’ont pas d’inquiétude pour l’avenir. Les partis l’ont cadenassé. Bien pourvus en candidats, les réserves sont du même tonneau que les actifs !
La nouveauté : une majorité d’électeurs le sait.

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Le peuple est devenu dadaïste sans le savoir, ce mouvement fondé en 1916 qui se caractérisait déjà à l’époque par la négation de toutes les valeurs.
C’est d’autant plus aisé que les valeurs proposées sont fausses. Ceux qui devraient les incarner, ne cessent de les falsifier. Ils veulent que nous adoptions leur point de vue. C’est loupé.
Le danger, serait de croire que les dirigeants étant sans valeur, le peuple en serait tout autant dépourvu, au point qu’il en oublierait, par exemple, que le résultat d’un référendum doit être respecté. Si par aventure les dirigeants de l’Europe s’avisaient de prétendre le contraire, il conviendrait de les révoquer.
Pour cela, au lieu d’aller voter avec des pieds de plomb et le sentiment de remettre en selle les mêmes cadors usés jusqu’à la corde, il faudrait que l’électeur y aille avec la détermination de dégager l’espace pour y placer des gens qui le respectent.

15 juillet 2015

Où sont les voyous ?

L’évolution de l’économie libérale est telle qu’aujourd’hui on célèbre une certaine forme d’organisation du marché, sans savoir que ce n’est plus la même que celle qui fait toujours référence et dans laquelle les économistes croient toujours.
Si bien, qu’ils défendent, sans le savoir, autre chose avec autant de conviction que s’ils avaient eux-mêmes modifié l’économie. Qu’elle se modifie encore, et vous verriez les mêmes faire croire que cela fait partie de leur stratégie et que tout était prévu.
Parce que sous peine de disparaître, ils doivent suivre le courant, quel qu’il soit et où qu’il les conduise. Les politiques sont dans le même cas. C’est plus facile de sauver sa place en jouant les suiveurs, qu’en dénonçant les dérives.
On en a les preuves, lorsqu’au cœur du désordre financier, les économistes et les politiques ont été à la fois acteurs et victimes des opérations de titrisation, dans le sauve-qui-peut des transferts de risques au sein de la finance globalisée.
Nouveauté des années 70, c’est trente ans plus tard que la titrisation a pris de l’ampleur. À l’aube du troisième millénaire, le système financier échappait aux règles et s’émancipait des régimes politiques des pays concernés.
Pour rappel, la titrisation est un montage financier qui émet des titres englobant un panier d’actifs fait surtout de créances. Les actifs sont ainsi transformés en titres (titrisation), securitization en anglais de la City. Les revenus versés aux détenteurs des titres s’appellent en jargon bancaire ABS (Asset-Backed Securities).
Les ABS qui ont chaviré par défaut de paiement des intérêts en 2008-9 étaient pour la plupart issus des crédits hypothécaires américains.
On en sait les conséquences, les pays concernés faisant payer aux populations le renflouement des banques imprudentes, usant pour cela de faux prétextes (Reynders argumentant sur les pertes d’emplois des personnels des banques pour faire admettre l’opération. Ce qui n’empêcha pas les restructurations et les pertes d’emplois.)
On aurait pu attendre de cette catastrophe, un plus grand contrôle du système bancaire et l’interdiction de ces pratiques. Il n’en est rien, au point que le portefeuille mondial s’est déjà reconstitué de la même manière.
Les conséquences de ces hasardeuses opérations sont toujours d’actualité. Les opérations de titrisation transfèrent la gestion du risque vers des fonds (hedge funds et fonds de pension spécialisés) dont la vocation est purement spéculative, notamment sur les fluctuations de cours des dérivés de crédits. Ces fonds peuvent revendre entre eux ce genre particulier de crédit. Il se répand ainsi dans tout le système.

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On voit bien que le principal intérêt est de permettre l‘allègement du bilan des banques des créances cédées, et ainsi de faire rentrer des liquidités supplémentaires.
L’inconvénient c’est l’« asymétrie d’information » (l’émetteur des titres en sait beaucoup plus long sur ce qu’il est réellement en train de vendre, que l’investisseur financier).
Pour dire les choses plus vulgairement, le vendeur peut mettre une « boîte » à l’acheteur plus facilement.
Cette titrisation a d’autres formes très complexes qu’il serait hors de propos d’exposer dans une simple chronique et qui sont en 2015 en train de se complexifier davantage, mélangeant dans des titres structurés de bonnes créances avec de moins bonnes. La « toxicité » de ces titres est diffuse. Personne ne peut évaluer l'étendue des pertes issues directement de la crise actuelle qui n’est malheureusement pas terminée sous ce rapport (Le FMI les a estimées à 1400 milliards de dollars. Ce chiffre est régulièrement revu à la hausse).
Tout cela pour en revenir à l’accord qui condamne l’économie grecque à suivre les directives des banques européennes et du FMI, par l’intermédiaire des ministres des finances, dans un contexte de « casino de jeux de hasard » et d’une complicité généralisée d’un système économique que plus personne ne contrôle !
À se demander si Tsípras a eu raison de faire un accord avec l’Europe, dont les dirigeants sont si proches des voyous de la haute finance, qu’un grexit aurait peut-être mieux valu ?

14 juillet 2015

La Grèce par terre, l’Europe aussi !

Les pénalités de retard infligées à la Grèce pour avoir osé son référendum font penser à ces banquiers de l’autre siècle qui prêtaient de l’argent dans l’espoir de vider le compte de l’emprunteur en sachant que les conditions sont telles que ce dernier ne saura pas rembourser intérêt et capital. Ainsi, ils s’appropriaient du bien pour trois fois rien et ils y gagnaient un maximum.
Dans ce scénario entre aussi la haine des partis politiques établis de la gauche à la droite, pour des francs tireurs comme Syriza, une coalition des mécontents taxés de « gauchistes », qu’un journaliste comme Gerlache résume en un mot « populistes », avec la tête de Turc obligée Tsípras, l’homme qui se crut fort d’un consensus avec le peuple, comme si l’Europe avait jamais tenu le peuple européen souverain !
Cet accord unilatéral et qui n’est même pas encore sur les rails, révèle aussi les discordances entre un Nord européen très conventionnel, très libéral et un Sud, plus social-démocrate, quoique ce genre illustré par le socialisme français soit décrié par une autre gauche. On voit bien la fracture d’une organisation qui fatigue, d’une Europe qui ne peut pas aller plus loin que des questions touchant au commerce et à l’industrie et qui est pétrifiée et comme absente, dès que le Sud met en avant le problème social.
Tandis que Viktor Orban alimente en Hongrie la haine des voisins et s’est mis à construire un mur pour se défendre des étrangers, comme Israël des anciens habitants du pays qu’il a conquis et dont il veut se protéger, dans une indifférence de l’Europe quasiment totale, sinon quelques consciences de-ci, de-là, la démarche d’Alexis Tsípras consultant les Grecs semblent avoir outragé les élites politico-financières de l’Europe et du monde, d’Angela Merkel à Christine Lagarde.
Tsípras fait peur, non pas parce qu’il est suivi de millions de personnes, au contraire en acceptant l’accord honteux, c’est lui qui se saborde, mais pour l’exemple qu’il donne et parce que l’espace d’une semaine, il a incarné la liberté d’expression d’un peuple.
La contagion, voilà l’accident que la droite au pouvoir en Europe veut éviter.
Les riches qui couvent leur magot, sont comme la poule couvant ses œufs qui n’aime pas qu’on la dérange. Ils sont capables d’un geste meurtrier. La preuve, que restera-t-il de souveraineté à la Grèce si l’accord prend forme ?

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Devant l’emballement de la politique de droite des Nordistes, l’Europe vient de ramasser un coup supplémentaire et avec elle le système économique tout entier.
Il ne faut pas croire que cette nouvelle pensée unique libérale va triompher. Ce qui joue contre elle, c’est l’absence de résultat. De bons résultats auraient au moins conforté ses « troupes » sur le bien fondé d’une droite réussissant dans les affaires et le commerce, sachant « récompenser » ses fidèles. Or, c’est là que le bât blesse, les fidèles en lieu et place se voient condamnés à travailler plus longtemps, à chômer davantage et à gagner moins.
C’est difficile de susciter l’enthousiasme dans de pareilles conditions, et ça au même moment que les financiers s’engraissent.
Même en Finlande, en Hollande et en Allemagne, les électeurs finiront bien un jour par s’en apercevoir.
C’est par là que la Grèce pourrait encore nous étonner.
Minc, Macron et d’autres prophètes comme Sarkozy qui s’est réveillé pour l’occasion, ne savent toujours pas qu’être immunisés de la pauvreté ne les autorise pas à la juger, parce qu’ils ne peuvent la comprendre.

13 juillet 2015

Un quart d’heure avant la fin

Et si les grandes gueules qui nous promènent dans leur système économique avaient tout faux ?
On sait la prudence dans le domaine scientifique et l’accumulation des preuves pour transformer une hypothèse en certitude. En philosophie, c’est pire encore et la définition de la frontière entre foi et raison est aussi floue que du temps de Spinoza.
Alors, les templiers de l’économie, les oui-ouistes d’une Europe ultra libérale et les suiveurs intéressés aux parts à prendre pourraient ne pas avoir le plan du labyrinthe, dans lequel ils ont entraîné près de quatre cent millions de personnes.
Comme le Titanic dépeint insubmersible, l’Europe peut couler à pic.
Comment tout peut s'effondrer ? C’est de l’ordre du château de carte. Il faut retenir son souffle, or, les affairistes respirent trop bruyamment.
Alors, de nos gazetiers, aux fabricants d’idées reçues et à nos augures politiques, perdus au milieu du gué, tous seraient capables de nous désigner d’un doigt vengeur « voyez, ce que vous avez fait ! », comme si nous en pouvions, sinon d’avoir été crédules et victimes des beaux parleurs.
Je l’ai déjà écrit ici, les civilisations vont et viennent, puis disparaissent.
Et si la nôtre qui ne mise que sur le désir de s’enrichir, s’effondrait par défaut d’une projection humaniste en harmonie avec la Nature, non pas dans cent ans, mais demain ?
Oui, tandis que vous et moi discutons sur le retrait ou la continuation de la Grèce à l’euro, la prédominance de la langue flamande ou la photo du lémurien sur l’épaule de Philippe à Pairi Daiza, des conversations, sommes toutes bénignes et courantes, sans voir que nous ne sommes plus grand-chose et que demain nous serons bien moins ?
Nous parlons ici de la civilisation industrielle, de son lot de certitudes sur l’économie, de son moteur de croissance et des corrosions sous forme de bulles financières des spéculateurs et des pirateries bancaires …que tout cela était bien visible et que nous ne l’avons pas vu, même si nos grands hommes en capacité de tout voir, n’en avaient rien vu non plus ou pire, l’ayant constaté, nous avaient menti délibérément afin de profiter des derniers beaux jours de prospérité ?

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Personne n’a encore curé le fond de vase de la crise de 2008, sa toxicité n’est pas éteinte. L’économie actuelle peut se comparer à une verte campagne anglaise. Le premier passant se dit que ses papiers gras et ses déchets culinaires n’abîmeront pas le décor et qu’il pourra s’y délester vite fait, afin de repartir comme si de rien n’était. Ce ne serait rien, en effet, si des millions d’autres ne pensaient exactement comme lui, faisant rapidement de ce paradis champêtre, un abominable dépotoir.
Nous y sommes. Nous corrompons jusqu’à l’air que nous respirons. Ce processus ne peut être arrêté, puisque chacun d’entre nous pense que c’est son « intérêt » d’agir de la sorte. Et ce l’est, en effet, suivant la règle du « tout pour moi et rien pour les autres » qui fait toujours la fortune des ambitieux. Nous agissons exactement comme les braconniers qui tuent les derniers rhinocéros dans les parcs nationaux d’Afrique pour les mêmes raisons. Ils y ont un profit immédiat, exactement comme nos industriels, nos politiques, nos religieux, tout le monde en fin de compte.
Comme écrivait Pablo Servigne « l’utopie a changé de camp : est utopiste celui qui croit que tout peut continuer comme avant. »

12 juillet 2015

Mardi Gras en juillet.

Des nouvelles des kamikazes en bermudas et Rey-Ban ?
Sous les serviettes de plage, l’huile solaire à bouchon ouvert, où sont-ils nos adonis du culte de la recette fiscale, sous quel soleil se cachent-ils ?
En pleine érection à la pensée de nos dix-sept mille € minimum que nous leur allouons en salaire de base, en éjaculation retenue à la découverte des corps de proximité étendus et en préparation masturbatoire, le visage à l’abri sous le journal déployé de l’Écho de la Bourse, on les sent bien satisfaits de nos déficits, hésitant entre la piscine et le bar.
L’homme masqué pour le carnaval, avec lunettes, faux nez et crâne luisant, dans quel écrin de soie s’éclate-t-il, ce chéri tant apprécié des plantureuses ? Oui, je sais, on ne devrait pas se moquer, mais en l’occurrence, c’est plus fort que moi. Charles Michel est le seul, ou plutôt, la famille Michel est la seule qui rassemble autant de masques. Chez les Michel, c’est carnaval tous les jours ! Le premier ministre, disais-je, doit trouver 1,760 milliard de plus que prévu pour les années 2015 et 2016. En attendant de les trouver, quand la tête de mardi gras qui nous dirige va-t-il se tourner pour éviter l’insolation ?
Certes, ces gens ne pratiquent pas l’ironie vengeresse. Ils ont l’éducation de ceux qui n’ont pas besoin d’être grossiers pour attirer l’attention. Ils n’ont pas à se venger. Ils n’ont qu’à se méfier des concurrents de leur bord qui veulent prendre leur place. Le système qu’ils ont mis en place est une machine à nous exclure vous et moi. Ils nous traitent de populistes, seulement quand nous mettons en danger leur réélection.
Dans leur monde si différent du nôtre, on ne se départit de la politesse que lorsqu’on est acculé sur le capot d’une voiture par des citoyens mécontents qui veulent votre peau, comme Kadhafi. Alors ils n’ont qu’un cri « surtout ne me touchez-pas ». Quand on les touche, on s’aperçoit qu’ils sont pareils à nous. Ils sont finis. En Belgique, à Dieu nous plaise, on n’en est pas là. Les journaux les adorent. Il y a chez les journalistes un altruisme étonnant pour ces adeptes du capitalisme total !
Pas que les Michel pour être polis, impudiques et cyniques à la fois, un de leur bord, mais du côté flamand, Guy Verhofstadt s’est illustré au parlement européen en dépeignant le grec Tsípras comme un petit rigolo ne tenant pas compte des réalités. Quand on pense que Verhofstadt détient une dizaine de mandats dont 7 rémunérés, qu’il perçoit 230.000 € en-dehors de ses revenus parlementaires, il faut être drôlement gonflé à l’hélium libéral pour réclamer des hausses de TVA chez les Grecs !

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Les oui-ouistes européens, comme les appelle Marianne, sont des individus redoutables puisqu’ils ont l’oreille des majorités de droite, donc hostiles à la Grèce.
Le MR, depuis qu’il s’est associé à la N-VA, décrétée parti démocratique par les oui-ouistes, va aisément dans la poche des petites gens !
Le milliard 7, ce n’est pas une invention, mais le sérieux Comité de Monitoring qui a transmis la nouvelle au ministre du Budget Hervé Jamar. Et les journaux de nous expliquer que l’ajustement en 2015 est le résultat de mauvaises recettes fiscales.
Pour 2016 le même Comité parle d’une rallonge de 782 millions d’euros.
Bien sûr, ici nous ne sommes pas en Grèce, le public belge à cette fibre de thésaurisateur capitaliste vissée à son hypothalamus d’épargnant et s’il réclame une énorme solidarité lorsqu’il est près de dévisser à quatre-vingts balais, faut le voir taper du talon sur les doigts des malheureux qui s’agrippent à la berge de nos frontières. Quand il est jeune, le Belge adore penser qu’un jour il aura cent domestiques, comme la reine des abeilles, et arnaquera les cons à la façon de Bernard Tapie.
Alors, finalement, le masqué, le guignol Verhofstadt et tous les autres lémuriens de la Belgique croqueuse et escroqueuse ont encore une avenue devant eux pour nous faire les poches.
C’est leur passion, c’est leur vice, comment le dire autrement, ce qu’ils aiment en nous, c’est notre viande bien assaisonnée, en toute loyauté patriotique, bien entendu.

11 juillet 2015

On chine en Chine !

Sur la question grecque, on remarquera le sadisme de la presse belge, très conformiste en matière économique. Dans un premier temps, elle s’est insurgée sur le référendum et condamné Syriza et la gauche radicale, tout en se moquant du programme de Tsípras ; dans le deuxième, celui du nouveau programme proposé et très proche du plan de l’Europe, elle se moque du pouvoir grec qui va devoir expliquer au peuple une feuille de route à l’inverse de la volonté majoritaire ressortant du référendum !
Les journaux ont la plume inconséquente. Ils dénoncent le populisme du référendum, puis ils accusent le pouvoir grec de ne pas suivre la volonté populaire !
Personne n’a une pensée pour le drame humain derrière tout cela !
Décidément, l’usage courant de la pratique économique des Européens de l’information aura rendu ceux-ci fort insensibles. Si c’est ça le progrès, il n’est guère moral !
Et puisqu’on baigne dans l’immoralité, si on parlait de ce qui risque de nous péter sous le nez, à savoir ce qui se passe en Chine, plutôt que se moquer de la situation grecque ?
Les investisseurs extra-muros devraient compter et recompter les billes placées dans un pays d’un milliard 4 d'habitants (deuxième plus gros PIB), parce que ce pays est assez fort à lui tout seul pour faire la loi économique d’un autre genre de populisme, que ce qu’on reproche si sarcastiquement à la Grèce !
Une indication qui devrait inquiéter nos Bernard Tapie et faire trembler leurs employés de maison recrutés dans la presse belge : «Après avoir gagné plus de 52% en 2014 et 54% sur les cinq premiers mois de l’année, la fête est finie sur les marchés. En trois semaines, la Bourse de Shanghai a perdu 30%, soit 3.000 milliards de dollars (à côté de ça la dette grecque est ridicule) qui se sont envolés, plongeant les investisseurs et les autorités dans la panique.» C’est « Slate magazine », cette référence chère à Marcel Sel (un des rares journalistes encore honnête) qui nous le fait savoir avec forces détails.
Et ce n’est pas tout.
Malgré les efforts du gouvernement chinois, rien n’arrête la dégringolade.
Le gouvernement chinois tant aimé des Occidentaux est pourtant non-libéral, mais plus tout à fait communiste non plus, sauf en politique, mais ça nos économistes s’en fichent. C’est un Régime fort qui mate le peuple, pour eux le seul critère démocratique, c’est que l’on puisse impunément spéculer, c’est-à-dire voler son prochain en toute impunité. Et c’est le cas en Chine.
Les autorités chinoises de régulation ont interrompu les échanges sur plus de 1.300 entreprises cotées, afin d'empêcher les titres de descendre encore plus bas : environ 40% de la cote se trouve donc paralysée.»
On dirait un remake qui concentre les réflexes de lucre de tous les entrepreneurs en temps de crise. On assiste à 1929 et 2008 en même temps, soit 3937 raisons de craindre le pire.

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«Beaucoup ont réalisé de bons profits sur le long terme (le marché a pris 150% en un an) et, alors que tout se complique, ils préfèrent se retirer. Même ceux qui s'assoient sur des pertes, sans savoir ce qui va se produire par la suite, perdent leur sang-froid et vendent.» (CNN).
Après plus d'une décennie d'une hausse effrénée, de création extraordinaire de richesse et d'excès, l’économie chinoise pourrait entraîner le reste du monde dans une catastrophe boursière et une crise mondiale qui pourraient faire regretter à nos investisseurs avides de nouveaux espaces, d’avoir déplacé en Chine leurs avoirs et une grande partie de leurs capacités industrielles.
C’est le cas d’Airbus et de certaines chaînes de grands magasins.
Nos attachés-cases bourrés de contrats lors de la dernière « mission » de Philippe et Mathilde à l’assaut de la grande muraille et des clubs « Lorraine » de là-bas, pourraient nous coûter bien plus cher que ce qu’ils pourraient rapporter. Nos gazetiers affirmaient le contraire pas plus tard que la semaine dernière encore, stupides de bonheur à la réussite royale !
Décidément, ces « merveilleux » capitalistes nous étonneront toujours !...

10 juillet 2015

L’homme qui valait un milliard !

Un qui ne manque pas d’air dans la jungle des affaires, c’est Bernard Tapie. On le croyait au tapis, après l’annulation par la cour d’appel de l’arbitrage rendu en sa faveur à propos de l’affaire Adidas.
Après les magouilles avec les experts et Madame Lagarde, ministre des finances au moment de l’arbitrage à tel point qu’elle reste toujours « témoin assisté » dans cette fumisterie juteuse, voilà le diablotin qui sort de sa boîte et contre-attaque en réclamant la somme grandiose d’un milliard d’euros à l’État français !
Ils sont bien oubliés tous les travailleurs licenciés sur le parcours industriel de celui qui spéculait sur l’achat des canards boiteux pour des reventes à la découpe, plongeant ainsi des centaines de famille dans l’euphorie d’une reprise après le beau discours de l’homme public, suivi six mois plus tard de la liquidation de ce qui n’était pas rentable, entraînant souvent l’ensemble du personnel dans des faillites desquelles le travailleur sort en perdant des plumes.
Ici, dans le match nouveau, l’ex « Beau » Bernard a calculé que les intérêts courant sur vingt ans de la somme que le Crédit Lyonnais lui aurait escroquée à l’embrouille d’Adidas, plus le capital, tournaient autour du milliard. On n’en est plus à quelques dizaines de millions près…
Pour se refaire par ce nouveau coup, Tapie compte sur Me Emmanuel Gaillard, un spécialiste de l’arbitrage, après en avoir gagné 400, dont celui contre l’État russe de l’affaire Ioukos.
Tout en prononçant l'annulation, la cour d'appel s'est déclarée compétente pour examiner le dossier au fond et a donné rendez-vous aux parties le 29 septembre. Bernard Tapie s'est pourvu en cassation contre cette décision, procédure actuellement en cours. En matière civile, le pourvoi n'est pas suspensif.
Un élément est troublant, celui des 400 millions et des broutilles, octroyés à Tapie et annulé par le tribunal. L’appel n’étant pas suspensif, l’État français était en droit de réclamer la restitution de la somme. Il n’en a rien fait, espérant sans doute en rester là, donc Tapie garde ses billes. Il est vrai que c’est une épée de Damoclès pour l’homme d’affaires et s’il peut changer 400 millions incertains en un milliard certain, quel est le businessman de ces hautes sphères qui hésiterait ?
C’est assez édifiant d’ouvrir de temps à autre, comme Asmodée à Madrid, les toits de la haute société où l’âpreté au gain le dispute au manque de scrupule. Tapie y est entré par effraction, puisqu’il s’est fait lui-même en copiant les mœurs et coutumes du beau monde. Et c’est ce qu’on lui reproche, il n’est pas « né ». Pour ces gens ce sera toujours un imposteur et, en même temps, c’est ce qui fit son succès populaire à l’époque où il se conduisait déjà comme un ruffian parfait de la finance, mais où sa gouaille et son faux air front popu, le faisait aimer des gens, au point qu’il fut un temps le ministre de la ville de François Mitterrand.

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À présent le voilà à l’âge de la retraite, dans l’excitation d’un jeune loup à son premier coup.
« J’aurais aimé être un artiste » bramait-il pour les ménagères en pâmoison, lorsqu’il était chanteur, tôlard, banqueroutier et comédien. Et il le fut, dans son genre, un artiste, dans un milieu où l’on déteste se faire remarquer et où il ne fut pas un exemple pour la nouvelle génération montante, de Charles Beigbeder à Macron.
Il aime faire savoir qu’on lui a tout fait, même le flanquer en tôle, sans qu’apparaisse dans son plaidoyer ce qu’il a fait aux autres, y compris les plus humbles à qui il a pris le boulot.
Tel qu’il est, ce n’est pas mauvais qu’on suive ses derniers exploits.
Le milliard qu’il convoite et qu’il recevra peut-être est à l’image de ces sommes folles qui dépassent l’entendement dont ces messieurs parlent comme s’il s’agissait de cacahouètes.
Franchement, à l’heure des restrictions et de la pauvreté, Tapie nous éclaire sur l’état de pourriture sur lequel bambochent et avancent joyeusement dans l’inconscience, les joyeux fêtards de l’économie, de nos ministres à nos millionnaires, d’une société qui fait penser à Versailles avant 1789.

9 juillet 2015

Pauvre Europe !

Mais quelle hypocrisie que ces dirigeants de l’Europe, avec un Juncker donneur de leçons, lui qui dirigea pendant tant d’années un paradis fiscal !
Et ce Verhofstadt fougueusement conformiste, réclamant à Tsípras des réformes qui ne conduiront pas à épurer la dette, mais à la gonfler des intérêts de retard.
Et ce François Hollande, ami du peuple grec, mais qui se ralliera à la position de madame Merkel !
Et… ces pays du Nord… vertueux et pauvres ou pauvres parce que vertueux, tous ralliés inconditionnels au néolibéralisme par répulsion au souvenir de l’URSS.
Voilà le procès bien établi, carré, des dirigeants ultralibéraux d’une Europe ultralibérale. Ce qui est dû est dû, peu importe qui a dépensé l’argent, c’est le dernier qui reste (comme dans les jeux d’enfant) qui gagne ou qui perd.
Ils ont tous décidés que les Grecs perdraient, sauf s’ils se défont « des gauchistes », sauf s’ils récusent l’obligation qui ressort du référendum, à ne plus poursuivre la saignée du peuple.
Décidément, l’Europe a des difficultés avec le peuple, dès qu’il est question d’un référendum. Ce ne serait pas le premier que l’Europe contournerait, comme dirait l’ineffable Gerlache de la RTBF « parce que consulter le peuple en-dehors des élections, c’est du populisme ! ».
Restons lucides, la Grèce ne compte que pour 2 % du PIB européen. Sa dette est bien moindre que celle de la France. Cependant, compte tenu de son évolution, du caractère élevé des intérêts, les plans de restriction touchant à la consommation intérieure n’aboutiront qu’à permettre de nouveaux prêts, c’est-à-dire de postposer de quelques années que la question d’aujourd’hui soit reposée. Mais reposée à qui, à un peuple encore plus pauvre que ce qu’il est aujourd’hui.
Les solutions existent. Elles consisteraient à effacer une grande partie de la dette en échange d’une restructuration de l’État grec. Pour éviter de froisser un peuple qui sait ce que signifient la démocratie et l’indépendance (la résistance sous la botte des Ottomans jusqu’en 1830, l’invasion allemande en 40, déposition de la dynastie régnante, les colonels, etc), on pourrait éviter des mots comme « tutelle », « administration directe de l’Europe », mais en même temps conseiller utilement le gouvernement grec pour une restructuration de son administration, la plus importante d’Europe au nombre de fonctionnaires en proportion du nombre d’habitants, fonder une économie qui fonctionne en éliminant le travail au noir, un règlement européen pour faire en sorte que les armateurs grecs ne changent pas de pavillon, s’ils étaient enfin taxés au prorata du chiffre d’affaire, trouver un compromis avec l’Église sur ses biens non taxés, et enfin redéfinir les moyens nécessaires à l’armée grecque, dont on sait qu’elle consomme à elle seule près de la moitié du budget de l’État.
Tout cela ne saurait se faire en six mois, mais sur des années.

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Cette politique est possible et elle est la seule pour le bien de l’Europe et de la Grèce.
Pourquoi les États du Nord de l’Europe, jusqu’aux Pays-Bas ne veulent pas en entendre parler ? Pour toutes les fausses raisons et quelques bonnes, dont la disparité des pensions, des garanties sur la durée du temps de travail et les acquis des fonctionnaires. Mais surtout pour une raison qui se trouve dans toutes les autres et qui est la pierre d’achoppement de tout : l’Europe ne veut déroger en rien à l’orthodoxie libérale, les sacro-saintes dispositions sur les devoirs des emprunteurs vis-à-vis des créanciers, des règles du commerce et du libre échange.
Bref, Tsípras est un rouge et avec un rouge, on ne négocie pas ce qui est la partie inaltérable du système capitaliste, sans quoi, ce n’est plus le système capitaliste.
Alors, de ce point de vue, les rangs se resserrent autour de Juncker, les hésitants rallient les lois du marché qui tiennent lieu de morale et de bible internationale, et tout est dit.
Si l’Europe sociale n’existe pas, par contre l’Europe atlantiste et orthodoxe existe bel et bien, les temples sont à la City et à Wall Street et non à l’Acropole, ce débris dont les Grecs s’efforcent de recoller les morceaux depuis les canonnades des Anglais et Lord Elgin arrachant les frises du Parthénon.
Mais non, les individus qui gouvernent l’Europe préférerait la saborder, plutôt que d’admettre que le système de Bruxelles est défaillant et que l’économie tourne au massacre du plus grand nombre pour la fortune de quelques-uns.
Et bien tant pis. Qui pleurerait sur cette Europe là ?
La grande décision est pour dimanche : le grexit début de l’europlouf ? Pourquoi pas !
Nous saurons de Juncker aux chefs des États membres, que l’argent les aura rendus fous.

8 juillet 2015

Détour par le Tour.

Comme chaque année dès le début de juillet, je me laisse aller à écrire un petit quelque chose à propos du Tour de France cycliste.
N’ayant pas la soif d’Antoine Blondin, ni son style, et sachant à peine qui est Eddy Merckx, je manque de lyrisme par défaut d’un enthousiasme alcoolisé, d’où des propos acerbes qui tournent aisément à l’invective.
C’est souvent, je le reconnais, péjoratif. Ma nature paresseuse étant allergique à l’effort surtout sportif, j’ai toujours eu tendance à trouver la dépense physique extrême particulièrement stupide. Se faire valoir par les muscles d’abord et par l’intelligence pour une plus petite part ensuite, me dépasse !
…Et puis la rage que j’ai de rapporter tout à la politique fait le reste.
Serais-je en train de revenir sur mes préjugés ? Toujours est-il que malgré les chutes, celle d’hier dans la course vers Huy fit penser à un carambolage de voitures sur un circuit américain, le cyclisme couronne avant tout une mécanique (le vélo) qui ne pollue pas, qui est silencieuse et qui gagne du terrain sur tous les autres moyens de transport.
Alors, je ne sais plus qu’écrire comme je le fais traditionnellement, si ce n’est qu’il faut distinguer entre les sportifs : celui qui monte sur sa bécane pour se faire des sous et donc en vivre et celui qui trouve commode d’utiliser sa machine dans un but de promenade ou pour faire ses courses, comme le premier, mais avec une autre signification.
Il existe bien une autre catégorie de « sportif », celui qui suit le tour et qui se met à hurler au passage des coureurs pendant une petite minute, après deux heures d’attente au bord de la route.
Sinon, encore, celui qui ouvre le « poste » à l’heure de l’arrivée pour voir le sprint final, projet qui me paraît compatible à ma paresse naturelle.
Il faut savoir être bref, quand le sujet est mince.
J’avais tendance à l’oublier.
Laissons de côté le rapport du sportif avec le sale argent, ce qui pour moi gâte tout d’habitude, mais le vélo est un des sports les plus mal payés, alors pour une fois...

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Le Tour de France a le mérite de me rappeler que l’argent corrompt tout et de relativiser cette corruption dans ce sport, par rapport au foot. Quant au dopage, si ce sport en est atteint, les contrôles sont devenus efficaces. C’est toujours ça !
On ne peut pas en dire autant ailleurs.
Cette année, la visite des châteaux vus des toits et par-dessus les cheminées est quelque chose que j’ignorais et que j’apprécie.
Vous voyez, tout n’est pas perdu dans cette ganache insensible de Richard.

7 juillet 2015

Sacré Thucydide !

Contrairement aux Européens qui confondent les lois du marché avec les lois de la démocratie, des solutions sont possibles qui tireraient les Grecs d’affaire.
Mais si Tsípras s’est enquis de l’opinion des Grecs, les boutiquiers qui dirigent l’Europe ne sont pas près de s’inquiéter de l’avis de leur population.
Du reste, Hollande, Merkel et les autres, dont notre premier ministre, sont convaincus qu’une large majorité d’Européens adhèrent à leur politique d’austérité : « point d’argent, point de Suisse », quoique les Suisses ne fassent pas partie de l’UE, ce proverbe signifie que sans argent, on n'obtient rien, par allusion à la désertion des soldats russes sous le règne de François Ier.
On n’en est plus là, mais ces gens raisonnent toujours « pognon », forcément, c’est leur principale motivation dans la vie !
Vous mettez le salaire d’un ministre à deux mille euros, vous ne voyez plus personne !
Et bien soit, l’extrême gauche pourrait avoir des réponses sur les réformes qui contenteraient la population grecque, qui donneraient des liquidités aux banques et qui permettraient de rembourser les créanciers aux échéances !
Il suffirait que la dette soit enfin supportée par ceux qui ont de solides comptes en banque ! Mais ça au nom de la morale de comptoir, de l’économie des banques et du marché orthodoxe, l’Haut-Lieu n’en veut pas. C’est même la seule raison qui verrait Bacquelaine se comporter comme un intégriste de Daech, entourer de sacs de sable sa propriété de Chaudfontaine et tirer à vue sur les passants, s’il lui était enjoint un jour, à sortir la Belgique d’une mauvaise passe, de cette manière !
Eh bien, voyez-vous, il y a un précédent dont on ne parle pas, que nos grands hommes d’État ont évacué de leur mémoire : c’est Chypre !
L’Europe a taxé entre 6,75 et 9,9 % les dépôts des banques de l’île ! Dans un système qui protège jusqu'à concurrence de 100 000 euros de dépôts, l’Europe s’est attaquée ici aux dépôts des particuliers de manières sélectives. Ce que Bacquelaine appelle chez nous du communisme stalinien, l’Europe le pratique à Chypre et tout le monde trouve cela normal.
Les dépôts sont sacrés brament nos élites. Forcément ça a pillé tellement ferme le travail des petits, que pour nos élites 100.000 € c’est du pipi de chat. Ils devraient tous passer à la caisse, si le peuple se mettait à gamberger des idées pareilles.
Les voyous qui mettent les finances de l’État à mal par de mauvaises gestions et pire, si vous voyez ce que je veux dire, appellent ça de l’extorsion de fonds, pas moins, sauf à Chypre, en cause les dépôts des oligarques russes, mais peu importe, le geste est posé, que ce soit par Juncker, Michel ou Bacquelaine (la combine date de Barroso).
Certes, une telle proposition de Tsípras verrait Mohamed El Erian, qui dirige le fonds obligataire, PIMCO, Paul Krugman, Prix Nobel d'économie, Merkel, Hollande et tous les saltimbanques du Rond Point Schumann s’épouvanter de la crise que provoquerait une telle décision.
Personnellement, je suis pour. Ce sont les riches qui ont fichu la Grèce dans le trou. Il est logique qu’ils paient pour l’en sortir et non pas ceux qui n’ont rien à voir avec les combines du grand capital. C’est le moment. Les banques sont fermées et les avoir bloqués en Grèce. Même si certains gros magots sont déjà en Suisse, il doit rester de quoi payer le FMI.

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Une sortie de l'euro apporterait-elle plus d’avantages? Les effets d'une dévaluation d’une nouvelle drachme qui s’en suivrait, sont connus par avance. D'un côté, cela élèverait le prix des importations, et donc dégraderait le solde extérieur et appauvrirait les habitants. De l'autre, cela accroîtrait la compétitivité des secteurs exportateurs. La combinaison de ces effets donnerait lieu à ce que les économistes appellent la courbe en J. Il paraît difficile de voir comment la Grèce pourrait, dans ou en dehors de l'euro, éviter un défaut sur sa dette.
Fais payer les riches camarades Tsípras, voilà ta solution ! Du reste, tu n’as pas le choix, il n’y a plus qu’eux qui le peuvent, et pas seulement en Grèce.
Ce qui serait assez drôle. Puisque la dette grecque est presque aux trois quarts composée des apports de particuliers. Certains paieraient des dividendes… à eux-mêmes !
Bien sûr, de la gauche rosée à la droite nationaliste, la Belgique est aux antipodes de cette proposition. Aucun média n’en pipe mot, tu penses, les grands du circuit s’ondoient à la côte d’azur. Les journaux cherchent des Vénus callipyges à mettre à la Une, à côté du vainqueur de l’étape du jour. Qui chercherait une morale ?
La Grèce fait les frais d'une règle d’il y a bien longtemps de Thucydide : les forts font ce qu'ils veulent, les faibles doivent leur céder.
Et si les forts n’étaient pas ceux que Thucydide croyait ?

6 juillet 2015

L’Europe demande psychologue !

Le drame grec qui s’est noué ou dénoué selon l’opinion que l’on en a, n’est rien d’autre qu’une application de philosophie pratique d’une première année de cours.
Ce n’est même pas une tragédie de Sophocle, c’est un vaudeville de nos ineffables ministricules européens.
On se rappelle encore les débuts du gouvernement Di Rupo. Que fit-il pour nous convaincre d’en rabattre sur notre vie « fastueuse » ? Il voulut prêcher d’exemple et décréta une diminution de 5 % des plantureuses indemnités de ses confrères ministres.
Et qu’arriva-t-il ?
Une levée de boucliers, oh discrète, de tout qui émargeait au budget à ce haut niveau. Puis survint une tranche d’indexation ce qui fit retomber l’effroyable diminution à moins de 2 %.
Ils avaient eu chaud. Comme ces messieurs sont responsables de nous et d’eux-mêmes, il n’y eut plus aucune tentative pour que leurs salaires n’aient plus cette bonne santé indécente qu’on leur connaît.
Si les enjeux ne sont pas les mêmes, le réflexe du peuple grec est identique, quoique la différence est de deux ordres, le premier, est un massacre à la tronçonneuse des allocations sociales, des salaires, des « avantages », augmenté des fers à porter des condamnés à mort comme l’augmentation des taxes, de la TVA, auxquels il faut ajouter les professions libérales qui se défendent en majorant les tarifs de leurs services. Le second, les Grecs, comme nous, ne sont pas maîtres de leur destin, ils ne peuvent pas faire semblant, d’autres les saignent à leur place et comme les bouchers sont insensibles à la viande qui saigne à plus de 2 % !
Surviennent les collègues européens de nos ministres (les – 2 %), avec les impératifs des remboursements aux canailles qui demandent 28 % d’intérêt au peuple grec.
Ces gouvernants, dont nos ministres font partie, sont persuadés que leur raisonnement mettra sur la « bonne voie » les électeurs grecs qui voteront « oui » à la misère accrue, « oui » à l’Europe de l’économie mondialisée, « oui » aux lois économiques qui font le business que le monde entier nous envie. (1)
Non mais, sans blague ! Même l’électeur belge, pourtant un des plus ballots parmi toute l’Europe, lui qui croit toujours fermement que Charles Michel nous conduit vers des lendemains de triomphe, qui est persuadé que l’Europe économique est celle qu’il lui faut, même si l’Europe sociale relève d’une mythologie qui elle, n’a rien à voir avec la Grèce, même lui, dans la situation de l’électeur grec, aurait voté « NON » !

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Exactement comme les ministres de Di Rupo d’ailleurs, qui pourtant ne perdaient pas beaucoup pour ce geste commercial qui fit long feu. Après ce « oui » inaudible, ils se répandirent en propos incendiaires « On avait attenté à leurs salaires », ce drame affreux de lèse-majesté !
Franchement, on comprend de mieux en mieux qu’avec des cruches stupides qui paradent aux Commissions européennes, avec à leur tête un Juncker archi mouillé dans les combines des paradis fiscaux quand il était ministre au Luxembourg, ils seraient incapables d’apprécier la situation lorsque Tsípras leur a balancé qu’il allait procéder à un référendum.
Oui, l’Europe va très mal. Oui, elle commence à dégouter même ses plus chauds partisans, mais ce n’est pas à cause du peuple grec, loin s’en faut.
La messe est dite. Les grecs ont massivement voté "non" ce dimanche 5 juillet. Ils ne veulent pas que des loustics branchés sur Washington, les agences de notation, les Bourses, le FMI et les milliardaires (de plus en plus nombreux) leur enjoignent de laisser leur dernière chemise dans la cagnotte des taux d’intérêt usuraire contre un nouveau plan d'aide.
Du reste, ils ont raclé les fonds de tiroir et il ne reste en Grèce que les coffres pleins des armateurs, des grosses fortunes et du clergé, c’est-à-dire des maffias locales qui sont intouchables, puisque là, comme ici, ils sont le sel et la terre de l’économie adorée par tous ceux qui en vivent très bien, encore soutenus par tous les cons qui en vivent très mal, mais qui ne le savent pas.
Que va-t-il désormais advenir de la Grèce?
On voudrait pouvoir dire la réplique du duc de La Rochefoucauld, rapportée par La Fayette « Le malheureux Louis XVI s'écria : "C'est une émeute ? - Non, sire, c'est une grande révolution."
J’exagère ? Certes. Il ne se passera rien. Sans doute. Mais, jugez de mon impatience, avant de crever, je voudrais quand même voir ça.
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1. On a pu encore apprécier la friponnerie des instituts de sondage qui ont placé jusqu'au bout les partisans du "oui" et du "non" côte à côte ! Résultat : plus de 60 % pour le "non" ! Les Instituts pièges à cons ? Les droites se sont déjà montrées plus intelligentes.

5 juillet 2015

Je vote OXI !

La Grèce a 312 milliards de dette. D’autres pays, comme la France et la Belgique ont aussi des ardoises.
À qui doit-on ces paquets d’argent ?
De savants graphiques existent. Les détenteurs de la dette et l’Europe des États qui la dominent font une belle bande de pilleurs d’épave que Tsípras a raison de traiter d’escrocs.
La crise de la dette grecque n’est-elle pas aussi la crise de l'Europe, des Etats européens, de ses banques et de sa monnaie ?
Car enfin, si la dette grecque est détenue en partie par la banque européenne FEFS et le FMI, des fonds privés sont également mêlés à ce contentieux. Simple question de bon sens, comment des spéculateurs privés peuvent-ils avancer de l’argent à un État en surendettement ? Quelles sont les conditions particulières de ces prêts à risque ? Les intérêts élevés ne sont-ils pas une partie des causes de la situation actuelle ? Toutes questions auxquelles il est difficile de répondre.
Mais, je comprends très bien l’OXI des électeurs. Pour ma part, à leur place, je voterais « non » à saigner d’avantage ceux à qui on a déjà tout pris.
L'Europe, dans un monde économique en déséquilibre croissant, croit résoudre ses contradictions internes, ses inégalités sociales qui explosent et le risque d'une sévère période de récession globale, par un ultra libéralisme et donc une politique qui n’a pas de majorité si on procédait à un référendum du type grec dans les pays de la monnaie euro.
Une chose apparaît dans les graphiques : les déficits augmentent rapidement pour les pays les plus endettés. Un taux d'intérêt élevé augmente inévitablement les difficultés du pays à rembourser et, plus les taux sont élevés, plus ils sont du domaine de la spéculation. Pour la Grèce, on pourrait parler d’usure !
Pour apprécier le risque et fixer les taux, les prêteurs font appel à des agences privées spécialisées dans la notation des emprunteurs. On les connaît : Moody's, Standard and Poor's, Fitch, etc. Ces agences de notations privées renseignent les prêteurs aussi bien sur les Etats ou les entreprises que sur les ménages. C'est pour conserver une bonne notation que l'on coupe régulièrement dans les budgets sociaux et que l'on fait des cadeaux fiscaux aux entreprises et aux épargnants capitalistes.
On voit dans quel coupe-gorge les Grecs sont tombés et pourquoi Charles Michel joue aux quilles avec les chômeurs et les pensionnés, ses cibles favorites de chez nous.
La propagande capitaliste nous baratine à longueur d’antenne et sur leurs journaux papiers que la dette vient de trop de dépenses. Or, depuis les années 80, les États de l’UE ont baissé la fiscalité des ménages les plus riches et des entreprises, l’évasion fiscale a fait le reste.
Par la dette, on met en place un transfert de richesses vers les plus riches. Les sommes correspondant aux cadeaux fiscaux sont transformées en actions ou prêtées à l'Etat. Ce qui pose la question de la légitimité de cette dette.

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Dans la zone Euro, plusieurs crises s'empilent : la crise des pays les plus endettés, la crise des banques et la crise de l'Europe en tant qu’institution qui se veut démocratique, sans pour autant faire droit à l’avis des peuples.
Pour la dette de la Grèce les prêteurs réclament des taux de 28 % !
Les exigences de la Commission Européenne, de la BCE, et du FMI ont entraîné des politiques d'austérité sans précédent : toujours plus de privatisations, taxes sur les boissons, l'automobile, l'immobilier, baisse des salaires des fonctionnaires et chômage technique pour une partie d'entre eux, gel des retraites, baisse de 40 % des retraites supérieures à 1200 €. Avec pour conséquence un chômage s'envolant vers les 28 % et une récession qui rendent encore plus difficile le remboursement de la dette, ce qui transfère alors la crise de la Grèce aux banques qui ont largement financé son endettement. Les banques détiennent, avec les compagnies d'assurances, 71 % de la dette grecque. Voilà une situation qui ressemble à la crise des subprimes, des risques de défaut de paiement obligent les banques à accumuler des réserves et à réduire leurs offres de crédits.
Depuis mai 2010, la BCE achète des titres de dettes d'Etat Européen sur le marché secondaire. Il ne s'agit pas d'aider les pays, mais d'aider les banques.
C’est l’Europe 100% libérale qui nous a conduits là où nous sommes. Une Europe libérale où les pays sont soumis à une forte concurrence interne, qui pousse à la recherche absolue de la compétitivité et nourrit ses exploiteurs industriels et politiques de la casse sociale, qui se joint aux marchés financiers pour réclamer des plans d'austérité et fait payer par les travailleurs les créances des plus riches parasites, qui fait exploser la dette des plus fragiles, etc.
En bref, ces dettes ne sont pas les nôtres et ce n’est pas à nous de les payer. Si le peuple grec est conscient du problème, il ne votera pas pour se dépouiller davantage.
J’espère dimanche que le NON l’emportera.

4 juillet 2015

Chômage, toujours et encore !

Comme l’huile de ricin que jadis on ingurgitait de force aux enfants « pour les fortifier », c’est désagréable d’en écrire, mais y a-t-il sujet plus important que le chômage ?
On comprend que les gazettes et le pouvoir n’en parlent que pour décliner les offres d’emplois non satisfaites, annoncer les mesures de restrictions et stigmatiser la paresse des chômeurs « qui outrage le courage de la Belgique au travail », mais c’est quand même la preuve irréfutable de la dérive d’un système économique et l’échec non seulement des milieux de la finance, mais surtout celui des dirigeants politiques de ce pays, incapables d’inverser le cours montant de ce phénomène de masse.
C’est pourquoi, tous nos ténors font des couacs dès qu’ils en parlent, parce que c’est une bombe à retardement. Même ceux qui ont du boulot aujourd’hui, ne sont pas certains d’en avoir demain.
J’ai bondi de mon fauteuil à la vue de Kris Peeters déclarant que le CD&V ne cautionnera plus aucune diminution des indemnités de chômage. C'est étonnant ! Ce type nous vendait ça comme une « victoire » des allocataires sociaux grâce au CD&V ! Alors que son parti s’est acoquiné au gouvernement avec la pire droite au pouvoir MR et N-VA, pour mettre en pratique le plan Di Rupo avec quelques broutilles en plus pour littéralement siphonner les indemnités des cohabitants et sabrer parmi les chômeurs de longue drée, et les rigolos de RTL de surenchérir sur l’information du sinistre personnage !

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Ce cynisme dans la manière de présenter ce forfait fait partie d’une politique que je peux comparer à celle d’un voyou ! Tout ça pour briser artificiellement les chiffres du chômage ! Comme ils n’y parviennent pas de manière honnête, ils les maquillent, jouent avec les transferts vers les CPAS, trouvent des astuces pour faire embaucher à moindres coûts, les jeunes, les vieux, les bancals.
La presse emboîte le pas, même si parfois l’une ou l’autre « conscience » laisse libre cours à son inquiétude et à son humanité, au grand dam de son rédacteur en chef qui n’est pas là pour étaler les faits, mais pour les glisser sous le tapis.
Au carrefour de l’Europe, nous sommes dans le groupe de la France qui culmine avec 10 % 5 de chômeurs inscrits. La Belgique est à 8,5 % de chômeurs en avril 2015. C’est un chiffre, très en-dessous de la réalité pour différentes raisons, mais le deuxième groupe fait pire avec l’Espagne qui culminait en 2014 à 23 % 7 de chômeurs !
Il n’y a que Charles Michel pour affirmer que notre position est satisfaisante.
Les révolutions techniques et scientifiques en matière de productions matérielles et intellectuelles sont telles qu’un très petit nombre de main-d’œuvre est aujourd’hui nécessaire dans tous les domaines pour assurer l’abondance des biens produits. Le système actuel est donc inadapté puisqu’il cumule les tâches sur quelques-uns et réduit un large pourcentage de travailleurs potentiels à être inactifs.
Pourquoi refuse-t-on de réfléchir à une alternative économique qui emploierait tout le monde ? Parce qu’un autre système pourrait condamner l’accumulation des richesses chez quelques-uns, et s’interrogerait sur le sacro saint principe de l’exploitation de l’homme par l’homme, fondement de la société dans laquelle nous sommes.
Alors là, dans une telle perspective, on ne voit plus personne.
La droite se croirait confrontée, resurgissant du passé, au marxisme-léninisme, la gauche rosée au gauchisme et le petit commerce se croirait à deux doigts du goulag en rééducation forcée.
La voilà bien la difficulté, c’est un dialogue de sourd… faire comprendre ce que tout maçon sait : quand on monte un mur qui n’est pas d’aplomb, à un moment il s’écroule !
Comment convaincre les gens qui en vivent encore très bien, que le système économique actuel, c’est fini ?
Voilà la question principale qu’il va falloir d’abord faire comprendre aux chômeurs eux-mêmes et puis à leurs mentors, ces maîtres en démocratie qui ne se gênent pas de partir en vacances, l’âme sereine et pour certains aux frais de l’État, c’est-à-dire en rognant sur le peu qu’on donne encore aux premières victimes de l’affreux malentendu d’une économie mal foutue, pour une population mal aimée.

3 juillet 2015

On n’a rien pu faire !

Une première aux infos de RTL d’hier, la plus grosse part était réservée au temps qu’il fait, à la canicule, aux précautions à prendre ! Rien sur la Grèce ou si peu, rien sur l’offensive de Daech au Sinaï, plus un mot sur les pensions, etc. À la place on a eu droit aux bouchons sur les autoroutes et le détail des accidents qui ont fait glander des automobilistes des heures durant sur les grands axes. Aujourd’hui que le temps tourne, comme on dit, ils espèrent pouvoir assurer les infos de demain avec « de violents orages ».
Voilà bien une des rares sources d’information du public qui se dérobe à quelques citoyens encore attentifs. Malgré les valises dans le vestibule et le départ imminent suite à la bougeotte collective des prémices de juillet, on n’en reste pas moins citoyen.
Sous l’apparente désinvolture des médias, c’est l’intérêt pour l’argent qui fait réagir les bonimenteurs de l’info. Deux camps en présence, le public désargenté et les professionnels de l’info qui jouent les voltigeurs aux avant-postes des possédants.
Tout s’explique : l’intérêt anal de Bacquelaine pour l’argent est plus répandu qu’on ne le pense. Du club des millionnaires au personnel politique, tous s’unissent à l’analité des pulsions orales refoulées : de Vrebos à Jan Jambon, consultation générale de la feuille de paie, en priorité.
Nous sommes dirigés par des constipés chroniques. Le public ne peut pas savoir : l’attachement à l’argent est impossible si l’on ne possède pas d’argent. Nous n’avons pas comme eux des désirs d’appropriation, donc nous ignorons à quel point leur situation et leur niveau social sont d’une importance extrême. Avec ça, tout de suite dans le confortable, Charles Michel passe quasiment d’étudiant en droit à premier ministre, sans faire avocat. Tu parles d’une vocation professionnelle !
Dans cette barque de notables, des embarqués de la vieille aux vieilles canailles des temps anciens, les petites mains des journaux, les experts comptables, la call-girl et le marchand de frites ne sont pas tous millionnaires, loin s’en faut. Il y en a même qui tirent le diable par la queue ; mais ce qui unit tout ce beau monde, c’est l’illusion de croire qu’ils sont dans le vrai et que seule l’économie telle qu’ils la pratiquent est à même de satisfaire l’univers, eux-mêmes sont en passe de remplacer Paul Frères, saisi par la limite d’âge, au moins le croient-ils.
L’astuce est d’avoir profondément divisé ceux d’en face, dont ils se nourrissent. Ils nous font éprouver un certain malaise dans « l’inconfortabilité » d’être d’un gauchisme radical, c’est-à-dire marxiste et bon à rien, comme dirait le ministre des pensions.
Une conscience obscure que nous croyons nôtre et qui n’est que le produit de leur propagande s’attache à censurer notre autre vision du monde.
Victimes de la « touvamalologie », c’est une de leur force de nous faire croire que nous exagérons. Les solutions que nous proposons conduisent à des apocalypses, alors qu’ils ne font pas autre chose dans leur concept de crise, pour éviter d’y aller comme nous. Leur « touvamalologie » est un effet de sagesse, bénéfique à long terme, par l’austérité, le respect des accords et la payement de la dette en « bon père de famille ».
Notre soumission à leurs conneries décrit le rapport entre deux entités, dont l’une influence le comportement de l’autre.

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Toute la basse-cour bruissant et bruyante ne rentrera qu’en septembre avec de nouveaux plans toujours pour servir les mêmes combines.
Entretemps, pour tout ce qui concerne l’imprévu, comme le dérapage de l’UE, une sortie de la Grèce, les avancées de Daech et la fin de Bachar El-Assad, jusqu’à l’éventualité d’un géocroiseur gros comme un pâté de maison, un seul slogan « On n’a rien pu faire ».
On veut bien le croire, puisqu’ils n’ont jamais rien fait !
Cette réplique est imparable, elle implique la volonté intacte de faire devant l’impossibilité matérielle de réaliser, malgré tous les efforts déployés.
C’est comme l’enfant qui se noie dans la piscine alors que le maître plongeur était distrait, on n’a rien pu faire…

2 juillet 2015

Athéna ou Médée, Madame Béa ?

Inconscience ou cynisme ? Quand Béatrice Delvaux s’interroge sur le gâchis à propos de la Grèce qui aura été possible dans l’Europe actuelle, sans une seule critique sur le fonctionnement de l’économie mondiale, on reste confondu. Une scène européenne qui se met aujourd’hui au bord d’un précipice écrit-elle, sans mettre un nom sur ce qui l’y pousse.
Bref instant de découragement, vite repris, puisque l’Europe lui apparaît toujours comme une terre-refuge.
Non seulement elle ne voit pas le gâchis produit par l’économie et le productivisme aveugle, mais encore elle oublie les 600.000 chômeurs que compte ce pays et ceux qui sortent du chômage… pour entrer au CPAS, 23.000 en janvier, en Wallonie. Malgré tout, elle exhorte les Belges à tout faire pour pérenniser cet ensemble construit autour d’un ensemble de valeurs « l’égalité, la solidarité, la prospérité, le respect des droits et des libertés des hommes ». On croit rêver !
On ne devrait pas le lui dire, mais les jeunes qui s’engagent inconsidérément chez Daech, c’est en partie à cause de ce discours, l’autre étant l’habileté du croyant à transmettre sa foi à l’apprenti djihadiste.
Plus fort encore, elle ose écrire que « L’espace européen reste un havre par rapport à ces autres coins du monde où la pauvreté, le terrorisme, la dictature idéologique ou de conscience sont à l’œuvre. » Comparaison n’est pas raison, vouloir faire croire que nous sommes des privilégiés dans un paradis, c’est se moquer du monde, même si, évidemment, notre « enfer » est moins affreux que le vaste camp de concentration que constituent les territoires conquis de Daech.
La dame persiste à nier l’évidence « L’Europe, au bord du précipice ? Oui, mais pas pour des raisons économiques et financières. En cas de « Grexit » – de plus en plus inévitable apparemment –, le reste de la zone euro ne devrait pas basculer dans le chaos. » Dans le fond, elle se fiche de ceux qui travaillent et encore plus de ceux qui ne travaillent pas. Elle serait sensible au malheur du système bancaire qui capoterait à cause de la Grèce, mais elle est indifférente au chômage de masse et à l’accroissement de la pauvreté de ses compatriotes.
Pendant que nos journalistes deviennent nos amuseurs, quand ils ne nous conseillent pas les crèmes solaire pour lutter contre la canicule, personne ne voit le vrai péril : la Grèce hors de l’euro, après le référendum de dimanche (s’il a lieu), sera le symbole de la punition des gauchistes grecs entêtés et irresponsables, emblématiques du « populisme » et de la gauche européenne (lire le discours de N. Sarkozy contre Tsípras). Il consacrera la victoire de l’austérité contre la croissance, des riches contre les pauvres, des égoïstes contre les travailleurs.
Ce départ de la Communauté sera interprété comme la victoire de l’idéologie libérale sur la démocratie d’une Europe qui ne respecte pas le vote des électeurs, quand celui-ci ne partage pas sa vison.
Certes, l’Eglise grecque et les armateurs échappent toujours à l’impôt, le cadastre n’existe pas et la corruption est « grandiose », mais le PIB grec par habitant est supérieur au mexicain ou au brésilien.
L’Europe doit choisir entre le déclin et un nouveau départ sur des projets. Et cette survie ne peut réussir que si on y intéresse les Européens, ce qui n’est pas le cas.

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Le Grexit est à plusieurs inconnues. La première concerne les réactions des peuples face à une Europe qui perd volontairement l’un des siens. Les citoyens pourraient exprimer l’envie de rompre avec une certaine forme de démocratie devenue l’incarnation d’un système économique incompatible avec le plus grand nombre. La question des inégalités monte en force dans le débat public. Plusieurs études montrent qu’elles ont contribué au ralentissement de la croissance mondiale.
Enfin, quelle ne serait pas la honte que ce soit le FMI une instance qui n’appartient pas à la zone euro qui sortirait la Grèce de l’UE ! Et c’est le même FMI qui vient de publier une étude qui montre que les inégalités sont l'une des causes du ralentissement tendanciel de la croissance mondiale !
On en saura plus dimanche prochain. Béatrice Delvaux pourrait encore nous gratifier d’un de ses éditoriaux gratinés qui remplit d’aises quelques centaines de conservateurs conformistes, en oubliant que la majorité des lecteurs du Soir ne le sont pas… du moins pas tout à fait !

1 juillet 2015

Départ de vacances.

La Syrie, c’est de l’autre côté de la Méditerranée. Chypre est en face, le Liban entre les deux. Au Nord, la Turquie touche à l’UE, c’est-à-dire nous. On a beau croire que 3000 km c’est beaucoup entre Damas et Bruxelles, l’avion raccourci tellement les distances, c’est la porte à côté.
De toute manière, c’est notre problème depuis longtemps, puisque tout est là-bas, comme ici, affaire de religion et que nous, en qualité de pays hôte de pratiquants musulmans, nous avons choisi une politique douçâtre et molle croyant ainsi intégré l’immigré en composant avec sa religion, alors que nous n’avons fait qu’affaiblir les principes de la laïcité et réduit notre culture à un fourre-tout, dans lequel personne ne se reconnaît.
Sur place, le régime de Bachar el-Assad touche à sa fin. Ce n’est plus qu’une question de mois, le début du sauve-qui-peut. Le régime tente d'organiser une zone de défense dans le réduit alaouite du littoral. De tous les adversaires de la dictature, Daech paraît devoir l’emporter. L'armée de Bachar est épuisée. Un chanteur qui part trop tard se fait siffler, ici attendre trop longtemps peut coûter beaucoup plus cher. L’ambassade de Russie déménage les cartons, évacue son personnel. L'affaiblissement des troupes de Bachar ne profite même pas aux opposants démocrates. Ils ne représentent quasiment plus rien. Daech est bien le maître du terrain.
Nos dirigeants politiques du MR jouent du statut de petit pays et attendent que les grands d’Europe décident une politique de défense dont la meilleure, dirait Napoléon, est l’attaque. On regarde surtout du côté des Américains. Obama en fin de second mandat ne prendra aucune décision majeure. Il se contente d’envoyer ses drones et ses avions, nous l’imitons, comme de bien entendu. Efficace au début, cette guerre aérienne semble avoir ses limites. Daech a appris à s’en prémunir : déplacement par petites unités, mouvement de nuit, etc.
Reynders, a une mauvaise analyse du conflit. Il n’est pas le seul. Il pense que Poutine peut encore jouer un rôle en Syrie. Personne n’a perçu que l’État islamique veut une croisade à l’envers. Sa mission, c’est de nous faire bouffer du coran à longueur de journée, de nous islamiser à fond. Et il n’est pas dit qu’en cas de conflit il ne pourrait pas retourner les croyants d’Europe contre nous. Notre politique a fini par convaincre les musulmans que nous sommes faibles et méprisables.
Après ce conflit, Daech triomphant, c’est le Liban la prochaine victime.

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À quoi bon regretter Bachar el-Assad, Saddam Hussein et Kadhafi, moins sanguinaires que Daech, les deux derniers sont morts, le premier ne tardera pas. C’est la bêtise du président Bush qui nous revient en pleine figure, lui qui espérait que la démocratie, par l’exemple de celle des USA, allait inexorablement monter en puissance en Irak et pacifier le pays. Pauvre politique américaine, voilà qu’ils font des appels du pied à l’Iran ! Il faut dire que ce pays est déjà à l’œuvre en Irak et que sans lui, Bagdad serait aux mains de Daech.
On s’est rendu compte trop tard que les chiites ne sont pas expansionnistes et que seuls les sunnites le sont.
Ceux qui font leurs valises en Belgique, loin de ces considérations, pour s’en aller sous les cocotiers avec leurs moustiquaires, devraient se méfier de certaines destinations low-cost, le Maghreb pourrait être affecté, par le prosélytisme sunnite. La Tunisie est une poudrière (ce billet a été écrit avant l’attentat de Sousse). En Algérie, la gérontocratie est en fauteuil roulant, au Maroc, le roi commandeur des croyants, a ses prisons bien remplies de militants qui veulent en découdre au nom d’Allah. L'islamisme radical gagne du terrain du côté de l’Afrique et de son bord méditerranéen. Plus personne n’est en lieu sûr.
Pendant ce temps, nous nous délectons des disputes autour des députés d’origine turque qui ne reconnaissent pas le génocide arménien pour raison électorale, les partis en babouches et abaya se demandent s’ils feront le ramadan officiellement cette année, d’autres débattent pour savoir si être islamophobe, c'est être fasciste, tandis que Fadila Laanan du Ps veut accélérer sa politique d’intégration qui consiste à jouer les nunuches parmi des nounours.
Il faut voir les choses en face : une faction de l’islam recrute pour Daech à tour de bras. Le djihadisme va bon train au détriment de la laïcité, puisque ceux qui devraient la défendre ne le font pas. Et personne ne demande à la communauté musulmane de prendre enfin clairement parti pour les pays qui l’accueillent, contre le nouveau fascisme de Daech.
Je le sais, l’Europe est un bœuf bourré d’antibiotiques qui a perdu ses couilles très tôt pour que les mariolles du commerce mondial commercent sa viande après gavage. Madame Lagarde au nom du FMI fait flotter son écharpe autour des tables pour durcir la facture d’Athènes. Nous en voulons aux chômeurs d’être la preuve vivante de l’incurie du système capitaliste. Malgré cela on fait la file à Zaventem pour enregistrer les bagages. Tandis que nos escrocs bien aimés reviennent d’une tournée en Chine la mine réjouie.
Cette euphorie là, c’est Nuremberg 1936, quand La cinéaste Leni Riefenstahl filmait « le Triomphe de la volonté ». Nous ce serait plutôt celui de la lâcheté.