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Borsus le grand timonier…

Il y a eu les élucubrations d’Antoine, Borsus élucubre aussi. Avec son gouvernement régional, il fait une politique qui n’a de novateur que l’effort de plaire aux investisseurs, au point de se vouloir plus rassurant que le voisin flamand.
Borsus envoie des œillades enflammées à la City. Il entrevoit une ouverture après le Brexit.
À l’Élysette, ces grands Européens n’attendent pas que Michel Barnier et May aient conclu un accord de libre échange. Borsus espère nouer des relations avec les British en prévision du retrait de l’Union Jack de l’esplanade de l’Europe. Miss May pourra compter sur nos deux aérodromes commerciaux, Charleroi pour les voyageurs et Liège pour le fret.
Voilà pour le glamour d’exportation. Question rentrée des déçus de la City, les mirliflores Jean-Luc Crucke aux finances et Pierre-Yves Jeholet, à l'Economie espèrent bien de nouvelles implantations d’industrie et de banque sur notre territoire.
C’est ce qui s’appelle realpolitik, que tout bon observateur désignera plutôt sous le nom de magouilles et tartuferies. Au salon de l’agriculture qui se tient en France en ce moment, on appellerait ça : bouffer à deux râteliers.
Borsus et consort tête de gondole de l’économie wallonne ?... non ! Tête de pont des réfugiés économiques anglais, oui. Ils rêvent de faire un enfant dans le dos à J-C Juncker.
On n’a pas encore compris en Europe et donc a fortiori chez nos minus du MR, que jouer l’économie mondiale, c’est faire le jeu de Trump et du dollar. Même miser sur la capacité de rebond des Anglais après le Brexit, c’est faire le jeu du dollar. Car, sur quoi voulez-vous que la livre se positionne après son flirt avorté avec l’euro ? Sur le Yuan ?... plus tard peut-être, mais aujourd’hui c’est le dollar et Trump derrière qui triomphe.
On le sent bien sur les places européennes. Les Bourses étaient dans le rouge mercredi à la mi-séance. Les craintes d'une accélération du rythme du resserrement monétaire après les déclarations de Jérôme Powell, président de la Réserve fédérale américaine, tenaillaient les belles consciences des capitalistes de l’UE.

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Quand va-t-on comprendre, puisqu’on baigne toujours dans la culture de l’économie libérale, que l’Amérique joue perso quand elle se présente comme la championne du libre-échange et qu’en même temps, elle distribue bons et mauvais points aux pays qu’elle a décidé de sanctionner, pour des raisons variées qui n’ont rien à voir avec l’éthique et la démocratie.
Borsus, évidemment, qui n’entend que dalle, même pas dans l’immobilier, puisque banquer 800.000 euros pour un ancien bar à putes et en faire sa somptueuse résidence, ce n’est pas l’affaire du siècle, est l’inconditionnel du dollar. Son sens du médiocre et de la boutique avec vitrine, comptoir et caisse à la porte d’entrée, avant les portiques, lui est resté comme gage de capacité et on l’a cru au MR d’abord, chez ses partenaires du CDH ensuite.
Avec quels moyens et dans quelle université a-t-il pêché suffisamment de rudiments pour lire des indices entre les lignes ? À Paris, le CAC 40 recule de 0,44% à 5 320,47. À Francfort, le Dax perd 0,32% et à Londres, le FTSE cède 0,03%, c’est du grec ancien pour lui. Quant aux deux aimables porte-cierges Crucke et Jeholet, que voulez-vous qu’ils aillent s’expliquer au Vif-L’Express sur l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 qui abandonne 0,44%, l'EuroStoxx 50 de la zone euro, 0,39% et le Stoxx 600, 0,45% ?
Les adjoints du sheriff sont du même tonneau, Crucke est avocat et Pierre-Yves Jeholet, licencié en droit !
La situation n’est pas grave, pas de quoi couiner d’angoisse, mais les entrepreneurs du fric qui font du yoyo, c’est toujours mauvais signe !
Pour les deux transferts du droit, c’est comme si on demandait à Neymar de faire pilote de rallye.
Vous me direz, les pékins n’entravent que dalle non plus. Pas sûr, parce qu’au niveau du ras-des-pâquerettes, c’est dans l’épaisseur de la couche de bon gras qu’on estime que ça marche ou que ça chipote. On n’a pas besoin de grandes études pour s’apercevoir que l’Amérique trace son chemin toute seule et que l’Europe, la région wallonne en tête, s’accroche à ses basques, par les Anglais interposés.
On demande déjà l’aumône aux Flamands. Ça suffit comme ça !
Jerome Powell, à la commission des Services financiers US, souligne que l'économie américaine s'était renforcée ces dernières années, poussant les marchés à revoir à la hausse la probabilité d'avoir non pas trois, mais quatre hausses des taux cette année.
Conséquence directe: le rendement des Treasuries à 10 ans est remonté au-dessus de 2,9%, même s'il est repassé sous ce seuil mercredi.
Les pépères de l’Élysette devraient faire gaffe. Ce sont des signes que les taux d’intérêt de leurs fabuleux déficits, qui datent tous de Mathusalem, j’en conviens, pourraient mettre l’économie locale sur les rotules, en repartant à la hausse !
Mais que voulez-vous, si c’est l’Amérique qui est à la manœuvre… ces incorporés d’office à West-Point seraient prêts à refaire une guerre de Corée. C’est dire l’enthousiasme.

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