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Étonnement d’un nouvel Usbeck.

Les manifestants dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes et canons à eau sur les Champs-Élysées... des interpellations... l'acte XVIII des gilets jaunes, probablement le dernier de la série impressionnante des manifestations populaires non-encadrées, ni avalées par les partis politiques, aura anticipativement rendu son verdict sur la grande parlote nationale qui a pris fin hier, organisée par Emmanuel Macron. Les GJ ont tenu à marquer d’un grand défilé, la fin des bavardages inutiles qui n’aboutiront à aucune revendication de la rue.
Les instances internationales, l’ONU, les ONG condamnent les violences de l’État français sur la population. À quoi assiste-t-on ?... au dénigrement de ces instances mondiales par « l’élite » française, au nom de l’idéal bourgeois de la conduite des affaires ! Les grandes écoles sont unanimes pour lutter contre… la démocratie. La loi du plus grand nombre déplaît à tous ces gens en osmose avec Bernard Henry Lévy, selon l’opinion que l’élite conduit mieux les affaires seule, convaincue par l’excellence de ses pairs et l’insuffisance intellectuelle du peuple.
Nous sommes bien dans le cas d’une société duale. Le pouvoir avec ses « élites », sa mainmise sur la culture, les moyens d’information, les clubs patronaux, contre une population qui s’aperçoit qu’on la trompe, qu’on la pille, qu’on la maltraite et que l’on méprise.
Et que fait le pouvoir à côté d’un semblant de dialogue ? Il réprime un mouvement social spontané et authentique, non sans avoir pris la précaution d’augmenter la paie de ses polices !
L’Europe s’attendait à autre chose de la part du pouvoir de Macron. On a cru, jusqu’à fin de l’année dernière, que la France était la fille de la Révolution de 89, alors qu’elle est la rémanente de la troisième République ou pire du Régime des Versaillais de Thiers, plutôt que le peuple qui fit chuter les rois de l’Ancien Régime.

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Ce qui se passe n’est pas de bon augure pour l’Europe. Le résultat des urnes de mai 2019 fait peur. Sous l’effet de l’effondrement du socialisme réformateur, la gauche s’est pratiquement désintégrée en autant de courants hostiles entre eux. Sans autre garde-fou qu’une ambivalence entre ce qu’il faut faire pour sauver la planète et ce qu’il faut de justice sociale pour rendre la foi en l’avenir, les écolos sont mal placés pour mettre tout le monde d’accord.
Les atermoiements et les incertitudes de l’opposition nuisent par le manque de cohérence face à « l’élite » qui se ressert autour de Macron, dans son choix par défaut.
Si bien que le grand ventre mou du centre, se joignant aux désespérés de la gauche en errance, pourrait grossir les rangs de l’extrême droite et alourdir le passif de cette démocratie qui a renoncé aux grands principes d’égalité, pour se jeter dans les bras du libéralisme, sans aucun plan de rechange.
Si l’Europe économico-politique est une oligarchie d’intérêts, c’est principalement à cause du régime de Macron, trop ancré dans ses certitudes néolibérales pour être capable de répondre positivement à la crise des Gilets Jaunes, au moins essayer de la comprendre.
Que va-t-il se passer après mai 2019, pour les 27 de l’Europe ?
Quoique soudée par l’habitude des décisions communes d’intérêt économique, cette Europe là ne pourra plus tenir longtemps dans sa forme élitiste, si Bruxelles, aussi aveugle que Macron du point de vue social, persiste dans l’exclusivité de sa politique de puissance économique. Ce sera probablement l’embrasement final et la fin de l’UE.
À force de masquer les intérêts particuliers d’une caste derrière le faux semblant de l’intérêt général, le pouvoir s’est disqualifié pour entrer dans un dialogue avec les gilets Jaunes.
Les intérêts sont inconciliables.
On oublie trop souvent que derrière les inégalités, le saccage de la nature et le peu de soin de l’environnement, il y a le système économique, la mondialisation, la personnalité qui réussit selon les critères du néolibéralisme, le culte des dividendes et de la propriété.
Dans le conflit actuel, il n’en est jamais question, alors que c’est la difficulté majeure ! L’alpha et l’oméga des problèmes qui restent sans solution.
Il ne manque aux Lettres persanes qu’un nouveau Montesquieu. Un Usbeck faussement étonné que le peuple soit définitivement déclaré inapte à gouverner par des individualités sorties des grandes écoles. Alors que ce sont ces individualités qui mènent les pays à la ruine, au point de revendiquer la bêtise de leurs directives… comme preuve d’intelligence !

Commentaires

Et pendant ce temps là, un mouvement bien plus important de jeunes manifeste, sana violence, pour demander aux autorités de prendre en main le problème du dérèglement climatique. Et pendant ce temps là, une mouvement qui se compte en million demande des changements em Algérie pour pouvoir bien y vivre et ne plus rêver d'émigrer en Europe. Mais un jeune qu'est ce qu'il connaite de la Gauche. Mais un africain, ce n'est jamais qu'un africain. Alors moi, France ou pas France, je pense que les gilets jaunes, c'est pas terrible.

Pas d'accord. Tout mouvement contestataire important est à prendre en considération. Je parle de ce que je connais, à vous d'en faire autant. Alors, nos deux expériences conjuguées seront plus fortes. La Jeune Afrique qui bouge et les Gilets Jaunes de l'UE, même combat !

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