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Reynders contre Buric

Didier Reynders est un produit politique volatile. Ce type est l’illustration d’une ambition sur le qui-vive. Accablé d’une fainéantise naturelle, il choisit d’emblée, au métier d’avocat pour lequel il n’est pas fait, celui de porteur de serviette chez un illustre. Il espère en tirer un bon revenu, selon le principe du ruissellement capitaliste.
Sans conviction, il aurait pu être socialiste et se vouer à André Cools. En faisant attaché-case chez Gol, il devient libéral. Di Rupo et Magnette l’ont échappé belle.
Aussitôt sur la rampe de lancement des carrières à deux chiffres et trois zéros, avec son alter-ego Louis Michel (leur haine féroce date de ce début d’ascension), leur maître Jean Gol, jeune marié, meurt d’un coup de sang à la tâche, comme on a dit du président Félix Faure.
Très tôt implanté dans un parti d’ambition bourgeoise, notre homme navigue d’un ministère à l’autre, avec sa nonchalance naturelle, mais la cachant de plus en plus mal, l’âge venant.
Son déménagement à Bruxelles, le choix de la commune, la date de départ, fut un coup de poker, dans l’espérance d’un avancement rapide. La carrière de bourgmestre à Liège lui était barrée par un socialisme récurrent.
Rien chez lui n’est le produit du hasard. Son ambition est le seul ressort qui le fasse passer pour ce qu’il n’a jamais été : un militant bourreau de travail acharné. Il boit le thé vert des Michel, avenue de la Toison d’or, sans faire la moue et sans montrer qu’il déteste les tisanes.
Ce qui ne veut pas dire que bourgeois dans l’âme, il ne soit pas convaincu de la supériorité de sa caste, mais sans enthousiasme pour rien, comment voulez-vous qu’il en ait pour la fortune des autres, alors qu’il ne pense qu’à la sienne ?
Le voilà à 61 ans, colleur d’affiches au MR bruxellois prêt à apporter "un peu de sang neuf dans différentes politiques régionales", a-t-il indiqué au Soir, sans rire.
La mainmise sur l’appareil MR par le duo Michel est pour lui une blessure profonde. Rappelez-vous, peu avant la formation de ce gouvernement démissionnaire, il s’en est failli d’un cheveu qu’il devînt Commissaire Européen. Ce fut pour Marianne Thyssen, du CD&V. Charles Michel venait par ce marché, s’établir premier ministre à la place de Kris Peeters. Il sacrifiait Reynders, en échange d’une place de premier ministre ! Sacrifice léger pour Charles, qui s’en étouffe encore de rire aux après-midis de ping-pong avec Louis.
Reste un espoir à Reynders de sortir du traquenard bruxellois, une nouvelle planque dans un grand organisme : entrer au Conseil de l’Europe.
On l’a senti distrait, quand il a parlé du programme MR à Bruxelles. Il n’a pas accouché d’une seule idée, écrit une seule ligne. Il a ânonné le programme à la radio, avec la lassitude d’un prof de technique à des élèves qui finiront chômeurs.
Proposer dans le désastre des finances bruxelloises, l’exonération du précompte immobilier pour le propriétaire habitant son bien, c’est de la pure rigolade destinée à se farcir une centaine de voix supplémentaires, de la Halle-aux-grains à la chaussée d’Ixelles.
Après son petit couplet de défendre Bruxelles jusqu’à sa dernière goutte de sang, Reynders n’a plus qu’une idée, foutre le camp de cette pétaudière.

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"Il y a quatre candidats au Secrétaire général du Conseil de l'Europe, et si cela ne se passe pas comme je l'espère, je souhaite rester dans le parcours politique belge", a-t-il déclare jeudi dans les colonnes du Soir, histoire de faire savoir que si on lui met des bâtons dans les roues, il est apte à emmerder les autres.
Qu’on se le tienne pour dit, il est à fond pour Bruxelles, si la place lui file sous le nez.
Cette fois, il a plus de chance, les Michel ne sont pas directement concernés. Charles a porté ses ambitions ailleurs. Juste un petit couplet pour se concilier le « grand chauvin »
« …j'ai la faiblesse de croire que les deux figures les plus fortes au fédéral, c'est Charles Michel et moi", dit encore « modestement » le vieux briscard au Soir.
Le bougre veut devenir Secrétaire général du Conseil de l'Europe lors de la nomination de juin prochain. Parmi quatre candidats initiaux, il est le plus capé. Sa rivale, la croate Marija Pejcinovic Buric n’a qu’un seul atout : c’est une femme, sexe à la mode ces temps-ci.
Le Soir vend la mèche : le collage d’affiches à Bruxelles ne sera peut-être plus qu’un mauvais souvenir. Didier entrerait en fonction octobre prochain, lorsque le tenant du poste, le Norvégien Thorbjøn Jagland, passera le flambeau.
Ouf ! Cela signifierait la fin de la politique dans le pisse-pot européen.
Pour sa dernière ambition, cette organisation intergouvernementale européenne siège à Strasbourg, avec une personnalité juridique propre qui ne dépend pas de l'Union européenne. Elle n'a donc rien à voir avec le Conseil européen, ni avec le conseil de l'UE.
Un Reynders strasbourgeois et s’exprimant prioritairement en allemand, pourquoi pas ? On se demande même si un petit filet de moustache sous le nez ne serait pas un look à creuser ?
Un deuxième déménagement, à Strasbourg cette fois ? Häuptlinge sind unberechenbar.

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