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Ça débloque à fond !

Sur les réseaux sociaux, il y a un type qui s’appelle Laurent Sagalovisch. [BLOG You Will Never Hate Alone] Il doit être assez coté pour que ses articles soient repris parfois dans Slate magazine. Sa déclaration de principe, sous forme de mise au point vaut bien la mienne. Elle n’exige pas de prosopopée. Elle parle d’elle-même. « A priori, je ne vous aime pas et je me contrefous de savoir si vous m’aimez ou si vous allez apprécier ou pas ce que je vais pouvoir radoter à longueur d’article. Ce n’est en aucun cas mon problème, c’est le vôtre. » martèle Sagalovisch avec autant de conviction qu’un Charles Michel nous adjure de le croire quand il tient le discours amoureux contraire.
Cela tombe bien, je me proposais de retourner la pareille au blogueur et j’en suis dispensé par lui, qui en principe ne m’aime pas, mais se conduit de manière à me ménager en me prévenant ! Allez comprendre. C’est gentil de me mettre ainsi sur mes gardes.
Poussé par sa misanthropie spécialisée à l’Hexagone, il vient d’écrire « Brexit, tu parles d'une réussite! ». Pamphlet qui laisserait supposer que son diasyrme fait des progrès au point de sortir des frontières de la France pour gagner la Grande-Bretagne.
Sa violence verbale est sœur de la mienne dans une brutalité qui nous exonère, l’un et l’autre, de faire le coup de poing dans la rue, trahissant ainsi une répulsion physique pour les coups donnés et reçus par cet exutoire, préférant en découdre par le verbe « meurtrièrement » indolore.
Cette brutalité verbale est ici d’une rare suffisance et montre un tel mépris de la vox populi, qu’il ne serait pas étonnant que Sagalovisch considérât Laurent Wauquiez comme un dangereux communiste !
Cela à propos du Brexit et du pétrin dans lequel un référendum a fourré les Anglais.
Ce qui suit est l’ontogenèse de la pensée sagalovischenne (je me suis retenu d’écrire sagalovischienne par réciprocité de gentillesse) sur les Anglais, le peuple en général et le Brexit.

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On ne peut dénier à l’auteur une certaine persévérance dans ses jugements. Il écrivait déjà il y a trois ans : «Un référendum de con par des cons pour des cons… cette douce folie de demander à un peuple de s’exprimer sur une question aussi complexe ».
Aujourd’hui Sagalovisch persiste en aggravant son cas.
« Dans un souci de rendre la parole au peuple, on l’invite à s’exprimer sur des questions auxquelles la plupart du temps il n’entend rien ou pas grand-chose… »
L’opinion qui sort des urnes que ce soit pour un référendum ou une simple élection de délégation des pouvoirs du plus grand nombre à quelques-uns est un exercice pour lequel « Le peuple n’a pas vocation à ouvrir sa gueule sur des sujets qui le dépassent de mille coudées et dont les retombées de sa décision sont si importantes qu’elles menacent l’avenir même du pays. Ce n’est pas cela la démocratie. »
Ah bon ? La démocratie, qu’est-ce que c’est alors ?
« La démocratie part du principe que nous élisons des gouvernants bien plus capables que nous pour apporter des réponses circonstanciées à des questions dont par principe nous comprenons d’une manière extrêmement parcellaire les tenants et les aboutissants. »
Une contradiction dans cette partie de la profession de foi de Laurent : comment des cons peuvent-ils élire des gouvernants bien plus capables qu’eux, puisqu’ils ne peuvent en juger ?
Tout de suite on comprend quel type de société conviendrait à ce raisonneur « Nous votons pour être gouvernés, pas câlinés. Et dans ce vote, nous déléguons à nos représentants le pouvoir décisionnaire. La démocratie est toujours un exercice d’humilité où nous confions à d’autres, que nous reconnaissons être plus intelligents que nous, mieux formés, plus aptes, le soin de conduire les affaires du pays dans l’espoir de voir nos attentes comblées. »
Sans ambages nous entrons dans la catégorie de ceux qui savent, pour devenir les pasteurs éclairés d’un troupeau d’imbéciles. Parce que « Demander l’avis du peuple, c’est la plupart du temps jouer à la roulette russe l’avenir du pays et prendre le risque de l’amener au bord du précipice. »
Si tous les dirigeants sont des génies et le peuple un ramassis d’imbéciles, outre Cameron qui a proposé le référendum et ceux qui se sont dépensés pour sortir de l’Union Européenne, en quoi sont-ils des génies ? Il y aurait aussi des cons en Haut-Lieu, mais quelle horreur ! Je suggère à Laurent un prochain article sur une police des génies chargée d’éliminer les cons qui s’y seraient glissés !
Pour Laurent, l’exercice de la démocratie ne pourrait avoir de sens que si on se passait de la démocratie en confiant le sort du plus grand nombre à quelques intellectuels sortis des plus grandes universités ou censés l’être, puisque ces élites se chargeraient entre eux de déterminer les emplois sur base des diplômes.
Désolé de vous contredire, ce système s’appelle une oligarchie. Ce qui pourrait vous rassurer, c’est qu’on y est déjà sans le savoir.
Et Sagalovisch de persister et de signer « Oui, décidément, le référendum organisé le 23 juin 2016 était bien un référendum à la con par des cons pour des cons. »
Quand on est con soi-même, monsieur Sagalovisch, vous devriez vous en réjouir ! Hélas, vous l’êtes tellement que vous ne vous en étiez pas aperçu.

Commentaires

Vaut il mieux un diasyrme envers la france ou une adoration religieuse vis à vis des aspects rouspèteurs et insatisfaits des francais?

À considérer les salaires et les pensions du plus grand nombre, je trouve les Français bien patients et modérés.

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