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31 mars 2004

Le train de 8 h 47 gare du Palais.

Cette semaine au procès d’Arlon défile une sacrée brochette d’inspecteurs et chef d’enquête, piliers de gendarmerie, argousins diplômés… Réaction de Jean-Denis Lejeune d’effarement d’un tel niveau d’inconscience professionnelle aux propos « Si c’était à refaire, je passerais à côté de la cache de la même manière. » d’un ex de la gendarmerie, le pauvre, il faisait peine à voir !
L’enquête parlementaire et la valse d’incompétents à l’époque, nous jouent encore celle des regrets de cette guerre des polices à coup de trombones de bureau, de ces absences d’analyse de cheveux, de ces devoirs oubliés, de ces témoins délaissés, de ces pistes écartées d’un revers de main du juge d’instruction, le tout saupoudré des mystères d’Etat-major. Exemple : où sont passées les cassettes pédophiles du dénommé Dutroux, le Méliès de la Maison fatale ? Et on s’étonne que les gens de la rue croient toujours dur comme fer à un complot d’une Thémis qui réserverait son glaive à couper le col des minus ! Même moi, comme j’y croyais plus aux faisans de la haute plombant des enfants, voilà-t-y pas qu’ils m’y font repenser, les tantes ?

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Le culot de ces hommes de terrain de la justice dépasse l’imagination. Non seulement, tout a foiré, mais en plus, ils s’en vantent !
Pas un n’a failli ! Tous s’autofélicitent ! Un vrai succès ! C’est classe l’Administration tout de même… Ah ! on a de la chance de les avoir…
On ne s’est pas lassé de réentendre quelques extraits de ladite enquête, quand piteusement, lamentablement, le chef d’enquête déclarait à la Commission qu’il ne prenait aucune note et qu’il n’avait jamais réuni la cellule d’enquête pour un débriefing !
Il n’est malheureusement que trop vrai que ces gens-là poursuivent des carrières « tout confort », s’ils ne sont pas déjà des retraités heureux. Il est vrai, tant à faire, qu’on les aime mieux pensionnés qu’actifs…
Car enfin, la fusion des polices n’est qu’un pot bouille où toutes les erreurs, les manquements, les négligences sont mis en commun, multipliant ainsi le processus accablant mis à jour par la Commission. Ce n’est plus la guerre des polices, c’est la révolution transformiste « Chez Michou » !
Cette situation, qui dans une administration ordinaire serait drôle, ne l’est pas du tout quand la vie des gens en dépend.
Le sans-gêne ainsi étalé a quelque chose d’outrageant pour les contribuables.
Alors, oui, c’est toujours Guignol dans les hôtels de police, avec le duo, la brute et le gentil, un vous casse la gueule et l’autre vous offre une cigarette en vous disant que tout le monde à sommeil et qu’il est temps de se mettre à table. La méthode Javert 1835 est encore la règle sous le vernis. Vous dites rien, vous faites rien, vous avez toujours l’outrage au cul. Les juges, eux, mouftent pas, ils sont de mèches… Faut comprendre, ils ont besoin qu’on lisent leurs apostilles, qu’on ait un minimum de zèle… Ils savent qu’on ne contrarie pas l’employé maison si on veut être servi à l’heure.
Tout ça en 2004 !
Alors quand les ministres de l’Intérieur et de la Justice vous disent qu’on réforme plein berzingue et que ça bouge, les croyez pas… N’attendez pas de revenir avec un pain dans la gueule rien qu’en passant comme témoin à la Maison Maigret, pour changer d’avis.
Je vais en faire sauter plus d’un, mais si la presse si prompte à dénoncer certains acteurs malheureux de faits divers l’avait été autant pour certains zigotos en brassard qu’on laisse courir armés dans nos rues, peut-être n’aurions-nous pas eu besoin de la Commission pour nous ouvrir les yeux.
Pas tous les Rouletabille dans le même sac, car il y a eu effectivement quelques-uns d’honnêtes, qui ont dénoncé comme il se devait un des plus grands scandales de l’Administration d’après guerre. Certains paient encore aujourd’hui cette franchise.

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Faut comprendre aussi les grands quotidiens, leurs sources d’information proviennent pour une grande part des milieux de la police et du Parquet. Certains journalistes y ont noué des amitiés. On y pratique le donnant donnant. Il est difficile dans ces conditions de garder son sang-froid dans une relation aussi ambiguë. Il ne faut donc pas s’étonner qu’une certaine « pudeur » ait joué dans la dénonciation des carences. Si bien, que ce sont les ratés d’hier qui sont les réformateurs d’aujourd’hui. Le gouvernement se goberge de résultats. La presse ne moufte pas et le public est baisé…

30 mars 2004

Passant, si tu franchis ce seuil, abandonne tout espoir...

Après les fortes amendes tournant autour de la circulation des véhicules (le gouvernement a fait machine arrière pour certaines infractions), l’espèce de terreur dans laquelle on nous maintient à propos de l’augmentation de la délinquance, nous vaut une proposition de loi sanctionnant un détenu qui tente de s’évader.
Un détenu qui fait la belle, déchire ses draps, prend des personnes en otages, vole un véhicule, etc. est passible des tribunaux et risque d’augmenter l’ardoise. Ce que l’on veut sanctionner ici, c’est l’espoir d’un homme condamné à passer une grande partie de sa vie en prison et qui se voit un jour devant deux alternatives, soit ficher le camp parce que la porte est ouverte ou rappeler au personnel pénitentiaire qu’une porte ouverte en prison fait désordre !
Autrement dit on veut supprimer le rêve de tout prisonnier d’être libre un jour prochain et tuer en lui l’espoir d’une autre vie.
C’est proprement scandaleux !
Il faut vraiment être aujourd’hui à l’écoute des bas instincts d’une frange de la population tourneboulée par l’information dirigée, pour se délecter d’un univers de basse police, de répressions imbéciles et de geôles d’où l’on ne sort que pervers et dangereux, pour imaginer une nouvelle torture de cet ordre.
La prison devrait être un endroit où l’on apprend à surmonter ses difficultés, à comprendre ses fautes et surmonter ses faiblesses, un lieu d’isolement pour une réflexion, avec des instants de détente et d’apprentissage des connaissances pour un nouveau départ.
Au lieu de quoi, c’est souvent un dépotoir où dans une promiscuité de tous les instants, l’on apprend les vices et la peur. Là ce sont les caïds, criminels et amoraux, qui se chargent de l’éducation des naïfs et des délinquants primaires, une sorte de retour à l’animalité sous le haut patronage du ministère de la justice et de l’autorité pénitentiaire, tous complices d’un lent assassinat par étouffement. Rien des intentions de réinsertion du législateur n’y subsiste par défaut de moyens. L’Administration pénitentiaire y peine à suivre les directives pour des tas de raisons, dont le niveau de formation générale des personnels, n’est pas la moindre.
Et on voudrait encore sanctionner le mince espoir d’en sortir en fichant le camp par ses propres moyens ?

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N’est-ce pas un peu le but de la prison de nous y faire revenir ?
Et le but du prisonnier d’en sortir ?
Tuer l’espoir, c’est augmenter la dangerosité. C’est aggraver les peines et faire qu’aucun prisonnier ne soit libre dans sa tête. C’est l’enfermer une seconde fois.
Par glissades successives, étonnons-nous de nous retrouver un jour dans un Etat totalitaire !

29 mars 2004

Le printemps est à gauche

Un air de renouveau dans le monde politique coïncide avec le printemps.
Quelques têtes longtemps détestées vont tomber ou sont tombées dans la sciure.
Pourtant cela avait très mal commencé avec l’attentat de Madrid du 11 mars.
Je ne suis pas de ceux qui lient le drame à la déconfiture d’Aznar en sa qualité de porte-serviette de la Maison Blanche. Ce serait faire trop d’honneur aux assassins de les croire capables d’influencer le choix des dirigeants d’un pays démocratique.
Aznar a été battu aux élections parce qu’il a menti pour influencer l’électorat. Il est normal qu’il ait été sanctionné et aussi parce qu’il n’a pas tenu compte de l’opinion des Espagnols majoritairement hostiles à son intervention en Irak.
Embellie du côté ibérique puisque le nouveau premier ministre Zapatero est socialiste. Les petites gens espèrent qu’il tiendra compte des difficultés de leur vie. Les autres, qu’il aura une politique prudente par rapport aux va-t-en-guerre américains. Les Européens, qu’il ralliera le camp de l’Europe progressiste, laissant Blair quasiment seul à ses rêves atlantiques.
Deuxième rayon de soleil, en Belgique celui-là.
Les derniers sondages laissent apparaître un recul sensible des libéraux en Flandre et l’amorce d’une descente des mêmes en Wallonie.
Je veux y voir le résultat d’une réflexion des Belges sur les dérives du système capitaliste. Certes, nous sommes loin d’une radicalisation dans la refonte de l’économie ; celle-ci ne saurait s’accomplir que grâce à une prise de conscience simultanée des autres pays de l’Union. C’est actuellement impensable ; mais, il y a là un scepticisme naissant qui adresse au credo libéral, un avertissement.

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Le public constate que la gesticulation libérale, loin de conduire à une relance de l’économie et à une diminution du chômage, produit l’inverse. Affaire à suivre en juin, comme on dit.
Enfin, troisième éclaircie.
Elle vient d’avoir lieu en France où Raffarin essuie un échec retentissant aux élections régionales. Chirac a cru malin de placer un obscur godillot dans le fauteuil de Premier ministre en situation de fusible. Cela aurait joué si Raffarin avait été une pointure. Ce n’est pas le cas. Voilà Chirac en première ligne et c’est à lui qu’on impute l’échec de la politique de Raffarin.
Ce vote sanction plonge les stratèges de l’Elysée dans une situation cornélienne à l’égard de Sarkozy. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement Raffarin, sera-t-il appelé à succéder au Premier Ministre actuel, sinon qui choisir ? Garder Raffarin, archi battu, archi usé est certes dans le domaine du possible, mais c’est courir à une plus grande catastrophe encore aux élections européennes de juin. Sarkozy ne cache pas qu’il sera candidat à la Présidence de la République en 2007. Chirac aussi, on voit le dilemme.
A condition de calmer les appétits pour cette même présidence, c’est du gâteau pour la gauche.

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Redonner une chance à la gauche européenne ne signifie pas un regain d’estime pour les partis socialistes. Ce serait plutôt la manifestation d’un ras-le-bol de l’électorat de plus en plus sceptique. Les socialistes européens n’ont pas tellement montré d’évidentes qualités, qu’ils soient dans l’opposition ou dans la participation gouvernementale. Ce regain se ferait en raison de la tournure que prend la mondialisation de l’économie, avec les drames futurs que cela promet. Il apparaît que la gauche même collaborationniste soit la seule à ne pas s’être trop compromise dans les méfaits des décentralisations intercontinentales entraînant des milliers de pertes d’emplois ; qu’elle soit la seule à imaginer des correctifs politiques aux déprédations économiques, et enfin, qu’elle soit la seule capable d’accompagner le discours social, de réformes concrètes qui soulagent réellement la pauvreté.
En cela, la droite libérale, malgré ses propos enjôleurs, ne réussit plus comme avant à chloroformer l’électeur. Et je ne serais pas surpris que des électeurs votant traditionnellement à droite mais sensibles à la montée de la précarité appuient dorénavant une gauche moins engagée dans la nébuleuse économique de la mondialisation.
Il suffirait en Belgique, après les défections des opportunistes qui marchent à l’odeur de la gamelle libérale, d’une politique plus subtile de Joëlle Milquet pour redonner au CDh une impulsion comparable à celle de son homologue flamand. Un léger frémissement de ce côté et avec le progrès général du PS, cela nous vaudrait un retour de la droite dans l’opposition d’où elle n’aurait jamais dû sortir.

28 mars 2004

Tu fais quoi ?

Je ne cède qu’à la nécessité. L’effort gratuit m’emmerde.

La saison le veut. Le soleil revient et avec lui le sport de plein air.
Déjà que tout l’hiver nous avons subi la culture supporter à Sclessin.
Avant coureurs de la belle saison, par tous les temps des bourgeois en survêtement ont allongé leurs foulées dans les rues. Quelle dépense d’énergie !... des quadragénaires quasi groggy sous l’effort… jusqu’à un vieux naturiste torse nu dans les bourrasques du plateau Saint-Gilles.
N’y aurait-il pas une façon plus intelligente de se dépenser ? En un mot : se fatiguer utile ?
C’est une opinion : le sport est aussi bête qu’une table de multiplication, mais en moins nécessaire.
La « compette » remonte au guerrier préhistorique, gros muscles et petit cerveau. Toute tactique raisonnée, sans suite musculaire adaptée, ne sert à rien.
« Dépasser sa souffrance » pour être le meilleur est un affront à l’esprit.
C’est le moyen de conduire à l’épuisement et à l’imbécillité.
« Le challenge » transposé au boulot quotidien, c’est juste ce qu’il faut de prétexte aux employeurs pour exploiter gratis la connerie humaine. Stakhanov est un sot qui croit aux balivernes. Arriver le premier est en réalité se désigner comme un parfait crétin.
Le sportif de haut niveau s’astreint à un travail de forçat. A moins d’en tirer de quoi gagner sa vie, plier son corps à une discipline de fer pour battre les autres, m’a toujours paru d’une grande présomption.
Quand un exploit rapporte gros, il se trouvera toujours un petit malin qui prendra des substances afin de supplanter « l’honnête » sportif. Dans certains sports, presque tous les pratiquants se droguent ! Quoique puissent raconter les managers et les personnels d’encadrement, soigneurs et médecins, c’est une obligation pour ne pas finir à chaque étape bon dernier et se faire virer par le patron de l’équipe à la fin de la saison.
Les contrôles deviennent-ils plus sévères ? Des docteurs Mabuse inédits surgissent des stands et des paddocks pour proposer aux amateurs des recettes indécelables.
Quel est l’enfoiré qui prétend que le sport est une formidable école de vie ? Sur un terrain de foot, le rentre dedans élimine le talent.

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Quand il y a des fortunes au bout d’un match, la tromperie et la dissimulation font souvent la différence.
Les supporters se disent sportifs à leur tour. Si leurs exploits sont moins éprouvants pour les muscles, ils se projettent nerveusement en imitant leurs idoles et en buvant des bières. Ils endossent la même tenue et finissent par leur ressembler. Combien de sosies de Zidane et de Schumacher ? Beaucoup plus que de Claude François.
Rien n’est plus éponyme qu’un match par rapport à un autre. Les règles étant immuables, les parties finissent par se ressembler. Les joueurs se fondent dans le même moule.
Monter le record d’un cran, reculer les limites de l’exploit en disent long sur l’élasticité des règles et la capacité humaine. Le super-léger en métaux rares et composites met la moindre perche hors de prix et le vélo inaccessible au commun des cyclistes.
Cependant, tous les gouvernements favorisent le sport.
Il est partout conseillé.
A l’école, des pans entiers de l’éducation s’effacent devant lui. A des jeunes gens qui savent à peine lire et écrire tant on trouve cela accessoire de nos jours, on fait croire que jouer au foot, ou courir le cent mètres peut valoir des consécrations financières et surpasser un diplôme.
Le pouvoir tient les banlieues en laisse grâce à ce mirage.
Cela arrange bien du monde.
Même la baston à la sortie d’un match est préférable à une grève ou un vote sanction.
C’est comme ça.
Le monde ne changera pas.
Comme dit notre grand sportif national Jean-Claude Van Damme : « Tu regardes à l’intérieur de toi… et tu deviens aware of your own body ! ».
Le sportif a toujours été quelqu’un de l’intérieur, certains diront d’ailleurs.
Le braillard sportif, de service au micro, appelle « extra terrestres » une kyrielle de gens ordinaires qui ont le seul mérite d’un saut en hauteur, d’un but au bon moment, d’une descente en slalom ou d’un coup de poing dans la gueule de l’autre.
C’est tout à fait lamentable.

Ontologie

S’il y a une chose répandue dans la chrétienté et toujours d’actualité même chez les agnostiques, c’est ce constat ontologique d’Aristote : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. »
A cette aune-là, tous les Belges sont charitables.
Tout est question de distance. Y a-t-il plus proche charité que celle qui commence par soi-même ? Plus on a de soin à se rendre plus on s’apprécie.
Prenez l’exemple de Marc Dutroux, il est le seul à trouver sa conduite intègre et parfaite. Qui d’autre que lui l’estimerait à la valeur où il se situe ?
Comme la plupart des gens, il se dit incompris. Les cris de fureur des autres, il les recouvre des éloges qu’il se donne.
Le plaisir de n’avoir rien à justifier, puisqu’il est sans conscience, n’est-il pas, ce que nous ressentons tous pour de moindres méfaits ? Sinon, l’épreuve du miroir est impossible. Nous nous flattons comme Dorian Grey de projeter une image morale immuable.
Il faut donc que nous nous acceptions d’évidence plus beaux et plus intelligents que quiconque – en un mot meilleurs dans tous les sens du terme - ; que nous arrivions, en quelque sorte, à oublier que nous avons une conscience. Ce que fait excellemment un tas de gens aujourd’hui.
Quand on songe au temps que l’on perd à nouer des liens, à rechercher l’estime des autres, la charité qui commence par soi-même nous en dispense, puisque si les autres nous estimaient autant que nous nous estimons, tout effort de séduction serait inutile.
A l’air réjoui de nos compatriotes, je crois qu’ils n’y ont pas trop mal réussi.
Tous les défauts, les vices, les égoïsmes ne sont-ils pas devenus des qualités dans une société qui accélère l’enrichissement des uns au détriment des autres ?
Un exemple célèbre de charité commençant par soi-même, n’est-ce pas le héraut du libéralisme, Tocqueville lui-même ?

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S’il y a bien quelqu’un qui s’est replié sur lui-même après les effusions de sang de 1848, c’est lui ! Les idées qu’il a développées n’ont-elles pas leur origine dans la vengeance d’un aristocrate mortifié par des inférieurs ? Et cette punition du genre humain sous couvert d’une liberté élitiste n’est-elle pas le réflexe parfait de l’égoïste à talons rouges qui correspond à l’égoïsme du MR d’aujourd’hui ?
Les choses seraient autres si l’ego reprenait des dimensions plus modestes, nous replaçant ainsi à l’infime place que nous occupons dans l’univers.
Hélas ! sous prétexte que l’univers n’est peuplé que de nous et qu’à notre fin, il n’y a rien, notre charité commençant par nous-mêmes se surdimensionne. Nous sommes l’unique choix possible. Nous ne procédons pas de l’univers, c’est lui qui procède de nous. Il existe parce que nous existons. On dirait bien que notre immodestie nous a joué un sale tour, si on en juge aux dérives de la société. Nous sommes arrivés à la conclusion que nous existons parce que nous sommes immodestes !
Notre challenge tient en un mot : conquiers !
Reste le paradoxe de la religion, un de plus !... Si la charité commence par soi-même, comment expliquer qu’il faut tendre la joue gauche après que la droite ait été souillée d’un crachat ?
On voit bien que la foi redoute le raisonnement et que la religion accueille toujours très bien ceux qui en manquent.
Il est possible aussi d’y voir une facétie de Dieu s’ingéniant à nous prouver qu’il n’existe pas.

27 mars 2004

Diffusons le journal citoyen de Louis Michel.


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Serge Cliton, grand reporter – Monsieur Michel, je feuillette le journal bleu « Citoyen ». A la page du questionnaire, je m’arrête à « Mon emploi ». Je ne vois trace nulle part des 200.000 emplois que vous avez promis. Pourquoi ne pas avoir poser la question aux électeurs : « Estimez-vous indispensable de maintenir dans notre programme la promesse des 200.000 emplois ? »
Louis Michel, chef de file gouvernemental, Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères – Nos communautés, nos régions, nos communes, nos quartiers… voilà l’essentiel sur lequel nous nous battons.
Cliton – Seriez-vous d’accord d’abandonner un de vos mandats pour qu’au moins il y ait un chômeur heureux afin atteindre aux 200.000 sans emplois moins un ?
Michel – Rassembler les optimistes n’est pas un mince objectif. Nous avons sauvé Richard Fournaux, Luc Pâque et Béatrice Fraiteur de la morosité d’un parti au bord de la faillite. Avant eux nous avions donné un emploi à Monsieur Deprez et à Madame t’Sterclaes. Cela fait cinq emplois. En comparaison votre idée de n’en sauver qu’un est mauvaise. Nous, nous faisons cinq fois plus !
Cliton – Dans votre journal, vous parlez d’un pôle… Pourquoi un pôle ?
Michel – Dans le grand désert blanc, nos cinq « sauvés » tremperont leur caractère dans une eau à 3°.
Cliton – Quand vous dite « La Wallonie revit », entendez-vous par là qu’elle ne vivait plus avant les 200.000 emplois et que vous lui redonnez l’espoir ?
Michel – Remplissez le cahier citoyen page 5 et 8 de notre Journal bleu. Déposez-le résultat rue de Naples à Bruxelles. Une hôtesse vous offrira un bleuet…
Cliton – Dans la pyramide des emplois, page 2, vous vous situez au-dessus de votre président Antoine Duquesne, sous lui Charles Michel et Olivier Maingain, côte à côte, ne craignez-vous pas que pour le public ce dernier passe pour être le troisième dans la pyramide ?
Michel – N’étions-nous pas en train de parler des 200.000 emplois ? Je m’apprêtais à vous répondre de façon nette et précise, rendant ainsi l’espoir à nos compatriotes.
Cliton – Oui, et alors ?
Michel – C’est trop facile. Vous m’interrompez alors que j’allais développer notre programme d’espoir pionnier, car après tout l’avenir est en jeu !

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Cliton – Je vous écoute…
Michel – Non. Monsieur Serge Cliton. Non et mille fois non. Je vois bien quel journal vous envoie. Je ne tomberai pas dans le piège. Je ne me laisserai pas déstabiliser.
Cliton – Je vous assure…
Michel – Vous savez comme moi que Michel Forêt est sur le point de réussir la relance des activités et l’emploi à Liège et que le développement économique doit aussi se penser en termes de paysages…
Cliton – Et votre scoop sur les 200.000 emplois ?
Michel – C’est insupportable. Vous voyez que vous recommencez ! Nous aurons beau faire, on dirait que l’emploi ne constitue pas pour vous une priorité !
Cliton – Mais… c’est vous…
Michel - …que vous verriez d’un bon œil que nous échouions si près du but !
Cliton – C’est juste pour…
Michel – Tous nos électeurs savent que j’ai une maxime qui me guide dans ma vie politique…
Cliton - …pour que nos…
Michel – J’irai jusqu’au bout, Monsieur Serge Cliton - quel journal encore ? – Vous ne parviendrez pas à me faire taire. J’en ai connu d’autres… tous les socialistes avant nos accords. Ceux qui seront ouverts s’accorderont sans que nul n’ait besoin de renoncer à ce qu’il est. Vous, Monsieur Cliton, vous n’êtes pas ouvert.
Cliton – Ne craignez-vous pas une impopularité comparable à celle d’Aznar, si vous trompez les gens sur les 200.000 emplois ?
Michel – Quelle obstination ! Eh bien ! parlons-en des 200 morts de Madrid qui sont devenus 192… Vous voyez que je ne suis pas le seul à changer d’avis… Vous ne respectez rien, Monsieur Cliton… Rien… Je vais dès demain stigmatiser l’attitude d’une presse indigne. Je vous salue la tête haute, Monsieur Serge Cliton du… ?
Cliton – Du Washington Post.
Michel – Comment !... vous parlez français ? Ah !... c’est une méprise… un malentendu. Les Américains comprennent les choses. Votre Président est un exemple… Vous savez, les 200.000, ce n’étaient pas 200.000 en système métrique, mais en pouce… une erreur…
Cliton – En tout, ça fait combien ?
Michel – Le calcul est simple. Un pouce fait 27mm, multiplié par 200.000, cela nous fait 3.400.
Cliton – Et les 3.400 emplois, c’est sûr ?
Michel – Bien entendu… moins les 5 loustics décalottés… sauf…
Cliton – Sauf ?
Michel – Si la conjoncture n’est pas bonne.
Cliton – Comment est-elle ?
Michel – Justement, elle n’est pas bonne !

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26 mars 2004

Cinquante ans de tubes !

- Cher Jeannot Vacances, nous sommes heureux de vous recevoir à Radio Vaillance, la station qui surfe sur les bandes.
- Tut le plézir é pur moye.
- Vous fêtez vos cinquante ans de carrière et à cette occasion Prendè Rice vous a écrit une chanson qui résume…
- Ouais… Bug Atti et Gau Fred Hughes pur lé paroles, moye je fé la vocalise.
- …qui résume vos démêlés récents avec la justice.
- C’est un passé lointain très loin et fort éloigné.
- Pourtant vous êtes toujours en examen ?
- Comment tu veux que je suis en examen, quand je n’é pas fé d’étude ?
- Le titre rappelle vos démêlés : « Le pénis entier ».
- Les paroles c’é pas moi, je te dis, c’est Hughes Gau Fred…
- Une coïncidence ?
- Je ne sé pas ce que le mot veut dire… mé puisque tu lé dis…
- Cher Jeannot, je cite… je ne fais que citer... vous ferez les commentaires que vous jugerez utiles. « Les portes sur mon pénis entier / Bientôt vont me la fermer / C’est là qu’au-dessus de la quille / Comme d’autres j’abusais d’ la fille.
- C’é la situation d’un vacancier qui coince entre deux portes… Tu fais chier…
- « Ne laissez pas vos garçons / En slip dans la coursive / Tartarin a bien raison / D’aimer mes vocalises »
- Je mé demande tujours pourquoi Bug Atti et Gau Fred, ont cité ce type ?
- Tarascon, ça ne vous dit rien ?
- Ho con… Taras serait de Toulouse ?
- Enfin, dernier couplet « Ô mère écoutez-moi tujurs / Ne dites rien si une Chantal / Me traîne au tribunal / pour un bris d’abat-jur ». Là, c’est l’aveu… On ne peut être plus clair ?
- Tut est faux. C’est juste pour mon vingt et unième disque d’or… Il fallé une rime en al. Je voulé que ce soye « anal ». C’est Bug Atti qu’a pas vulu…
- Elle s’appelle pas Chantal ?…
- Et d’une…
- Vous ne lui avez pas brisé son abat-jour.
- Ecute, t’as pas la pointure pour emmerder Jeannot Vacances… alors tu sautes au feuillet suivant.
- Quelle était l’anomalie sexuelle dont la plaignante a parlé au tribunal ? Vous en avez une à l’envers, comme Paul Léautaud ?
- Je ne sé pas si elle est à l’envers, mais je vé t’en mettre une qui va te mettre à l’endroit…

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- C’était Pierre-Yves Polisson pour Radio Vaillance la station qui bande en fréquence modulée… qui recevait Jeannot Vacances à l’occasion de ses cinquante années de scène sans procès…
- Tu l’auras vulu ta grosse tête… T’as rendu l’antenne, là ? Comment qu’elle aurait vu qu’elle est à l’envers, puisqu’il faisait noir, hé banane ?
- Mais, ça se voit pas… ça se sent…
- Dis tut de suite que Jeannot se lave jamé !....

25 mars 2004

Une affaire de famille

En principe, dans une démocratie, tout le monde a les mêmes chances… On ne peut pas pénaliser l’enfant de la célébrité du père.
C’est le raisonnement de celui qui a un fils à placer et qui use d’un passe-droit. Dans la Belgique d’en bas, cela s’appelle un piston et dans celle d’en haut une recommandation.
Certains réussissent mieux que leurs pères. Charlemagne était le fils de Pépin le Bref.
Mais Charlemagne aurait-il fait carrière s’il avait été le fils d’un manant ? Idem pour Pépin le Bref, s’il n’avait été le fils de Charles Martel ?
Avec un petit talent un écrivain, un chanteur, un musicien, fils ou fille de star a beaucoup plus d’atouts que Mario, né dans un coron à Glain ou DuponT-D qui envoie un manuscrit à Gallimard.
Bref, l’égalité des chances n’existe pas.
Le baratin sur l’égalité des chances est à l’usage des foules ébaubies de la réussite.

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Tous les fils à papa le savent, la liberté d’entreprendre passe par le tiroir caisse familial. Le baron Antoine Seillière, né à Lille sous le nom de ben quelque Chose, ne serait pas le patron des patrons français. Il serait probablement au « chômedu » avec les flics au cul pour avoir fumé du shit dans une cage d’escalier de son HLM.
S’il y a un domaine où la poussette ne devrait pas jouer, c’est bien en politique. On ne peut pas prôner l’égalité des chances dans des discours enflammés, sur le temps que l’on impose aux électeurs le fiston en position favorable.
On aura beau revenir au début de cette réflexion à savoir que le fils talentueux ne peut pas souffrir de la notoriété du père, sans trouver suspectes des carrières fulgurantes.
On comprend la rage sourde du MR lorsqu’il était dans l’opposition. Les bonnes planques passer sous le nez des fistons bleus devaient faire mal. Il y a tant de gens à pourvoir et tant de fidélités à récompenser dans un parti !

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Le désespoir des pères, des gendres et des maris dans l’opposition s’entend dans les discours de Joëlle Milquet. C’est le drame d’Antigone. Enterrer les faux-frères Deprez et Fournaux est son job actuel. Si elle échoue, les Créon du CDh l’enseveliront vive.
Quand on ne sait que faire du fiston qui termine péniblement des études d’avocat, c’est un drame humain ! C’est le même que celui d’un ouvrier de Cuivre et Zinc qui voit son usine fermer au moment où il espérait y faire entrer son fils, sauf que quatre ans plus tard l’avocat au chômage a des chances de refaire surface, tandis que l’usine a mis la clé sous le paillasson.
A suivre la dialectique des tôliers du gouvernement, ce qui sépare l’allocation du « mal vivre » à l’allocation du « bien vivre », c’est entre dix et vingt euros par mois. (Ce n’est pas moi qui le dis. Ils l’ont proclamé haut et fort dimanche dernier à Ostende.)
Eux se votent des augmentations qui n’ont rien de comparable. C’est comme si on laissait au Conseil d’entreprise de votre boîte le soin de rémunérer le personnel.
Il serait drôle de voir un sage imposer un « bien vivre » pour tout le monde de dix euros par mois maximum ! Vous verriez soudain les vocations politiques s’arrêter, les pères décourager les fils… On se draperait d’un honneur aussitôt ressurgit !
Un homme est capable du meilleur et du pire. C’est humain de pousser le fiston, d’aider l’ami, de privilégier la maîtresse… mais à dix euros, ça change tout !

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Les francs-maçons n’ont jamais fait que du copinage actif. C’est connu, presque tous les hommes publics « en sont ». Du reste, cette grande famille artificielle, n’est là aujourd’hui qu’afin de pourvoir les siens et plus rarement réfléchir sur la démocratie et la laïcité. La cause est devenue prétexte. Un peu comme dans la vie d’une démocratie, par glissement, vieillissement, puis pourrissement.
Ce qui ne va pas, c’est que tous ceux qui ont privilégié le fiston, le cousin ou la belle-sœur n’en conviennent jamais.
Ils nous servent le minimum de raisonnement. Ils parlent la langue de bois.
S’ils ne peuvent pas plus, c’est qu’ils manquent d’argument.
L’hypocrisie de situation, sport national en démocratie héréditaire ?

24 mars 2004

We all are Palestinians !

Un peu après 5 heures du matin, avant-hier, un hélicoptère de l’armée israélienne a tiré trois roquettes en direction du cheikh Ahmad Yassine, 67 ans, qui sortait, dans son fauteuil roulant de paraplégique, d’une mosquée du quartier de Sabra, dans la bande de Gaza. Sept autres personnes ont péri avec lui et 17 ont été blessées, dont deux fils du chef du Hamas.
Dans la sècheresse du communiqué, on imagine mal la scène.
C’est comme si au sortir de la cathédrale, un loustic descendu en piqué du ciel liégeois était venu estourbir un fidèle du lieu sur ordre d’un Etat hostile.
Il faut relire et animer les acteurs du drame. Yassine, vieillard invalide à 100 %, qu’on pousse dans un fauteuil à roulettes, très entouré de fidèles, sortant des lieux consacrés où il a prié Allah, et l’hélico au-dessus qui tire trois roquettes dans la foule, tuant au hasard six musulmans innocents avec le cheikh et blessant dix-sept autres.
Ils ne sont pas regardant dans l’aviation de Jehovah. Ils te vous envoient le chandelier à sept bombes en plein dans le public, tuant au hasard homme, femme, enfant et surtout vieillard !
En face, d’autres terroristes doivent en prendre de la graine et étudier l’opération en orfèvre. On ne peut pas dire que Sharon fait dans la dentelle.
Si ce coup tordu n’atteint pas le nombre de victimes de l’attentat de Madrid, en bestialité, ça se compare.
Ficher en l’air un paraplégique dans sa voiture, ce n’est pas un exploit dont on se vante, sauf en Israël ou en plus, on cumule avec la profanation des lieux dont on se fout quand ce n’est pas une synagogue.

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L’assassinat d’Etat érigé en cas de figure ! Et il doit y en avoir un max des cas de figure dans l’armoire aux crimes du gouvernement israélien !
Ah ! on en entendrait si un énergumène arabe faisait sauter le mur des Lamentations, l’anathème que ce serait, l’abominable forfait…
Foutre en l’air un vieillard dont on ne retrouve pratiquement plus que les roues du fauteuil, le bel exploit !
Passer à la moulinette sans jugement, sans loi, un malade… on en reste baba. Même si cet homme était le chef spirituel d’une Organisation qui ne plaît pas à la droite intégriste de l’autre bord.
Mais avec le pouvoir, l’appui de « l’opinion » américaine, ce Sharon peut faire n’importe quoi et rester impuni !... Plus personne est sûr de finir la journée et pas qu’en Palestine !
Fallait voir l’air navré de Louis Michel dans son couplet de l’Etat de droit pour se dire même lui, si tolérant, si pro, si frotte-manche, que la nouvelle affaire du messie extrémiste de Tel-Aviv était drôlement gratinée !
Difficile après le coup d’encore voir dans le gouvernement d’Israël un interlocuteur favorable à la paix.
C’est tellement monstrueux qu’il n’existe pas de mot pour le dire.
L’Etat de droit, la démocratie en Israël, c’est du passé. Si la chose ait jamais eu lieu.
De l’assassinat comme un des beaux-arts, Sharon est passé artiste complet, digne de monter sur le podium à côté de Ben Laden qui doit apprécier.
Les Américains ont envahi l’Irak pour deux fois moins : des rumeurs non confirmées… un armement de Saddam prohibitif… prétexte, finalement, à seule fin – on se demande ? - d’épauler Sharon dans sa mission d’épuration quasiment ethnique… N’ayons pas peur des mots.
Et nous, en Europe, on attend quoi ? Un deuxième Madrid, mais vu sous l’angle Aznar-Bush-Blair et consort ?
C’est-à-dire une chasse aux innocents et une traque aux ennemis d’Israël ?
Si on dressait une liste des fouteurs de merde de la planète, on ne peut pas dire que Sharon serait le dernier.
Que reste-t-il de chances pour que le Moyen-Orient ne s’embrase pas ? Aucune.
Quant à Arafat, il n’a plus qu’à sortir de son bunker et lancer des pierres sur les chars de Tsahal avec les gamins de Gaza. Ainsi, il finirait en beauté. Et, à la fin, autant que ça pète une bonne fois, plutôt que laisser les morts encombrer les rues, user les nerfs de tout le monde et attendre, nous en Europe, qu’un fou décide sur l’ordre d’un autre fou de faire de nos villes des poudrières dont il allumerait la mèche.
De ces deux peuples face à face et affichant des mœurs génocidaires, si celui que je pense devait triompher, nous aurions des millions de morts palestiniens innocents sur la conscience. Si en Europe nous n’avions pas autre chose qu’une armée d’opérette, il y a longtemps que nous nous serions interposés dans ce Moyen-Orient qui est, ne l’oublions pas, presque à un jet de pierres, de chez nous aussi !

23 mars 2004

Un dimanche au littoral...

Faut-il que le gouvernement Verhofstadt soit pressé de trouver quelque chose à mettre sous la dent des petites gens pour ne pas ramasser la pâtée comme Raffarin dimanche dernier, et ce avant les élections du 13 juin !
Un dimanche à la Côte, c’est épatant pour les châteaux de sable. Et pour en avoir construit de fameux… Las !… à la marée montante…
Si encore notre Premier quartier-maître était resté modeste dans le superlatif. Mais non. C’est la manie des gens de pouvoir de toujours exagérer.
Le show a été médiatisé à Ostende, la reine des plages, rien que pour nous les rois des cons.
Ah ! que la mer est belle vue du casino !
Ils ont jeté leurs plaquettes de cent euros comme de vrais flambeurs.
Partout des sourires glamour, surtout des belles du gouvernement. Il y a ma foi une petite flamande…
Bref tout en charme. Même Laurette, d’un visage un peu fripé, faisait le sourire d’une chaisière à la quête du dimanche en regardant Monseigneur Danneels-Verhofstadt. Quant à Marie Arena, elle a trouvé tout de suite la bande de copains à son goût tant on l’y sent à l’aise.
On le serait à moins à présent avec le pognon qu’elle se fait en jouant dans la cour des grands.
Les pensions seront liées au « bien-être », c’est bien de cela qu’il est question. Autrement dit, le « bien-être » s’appelle 2 % en 2005 pour les vieux allocataires et pensionnés (classe 1997). Les autres, les récents, devront attendre le « bien-être » qui en 2006, qui en 2008.
2 % de 1000 euros (ce qui est déjà une « bonne » pension), cela fait 20 euros !... Content de savoir que ce qui faisait la différence entre une pension minable et une autre liée au « bien-être » était de 20 euros !...
Par contre, c’est la ceinture pour les chômeurs. Le très strict socialiste flamand Frank Vandenbroucke ne veut pas d’obèse chez les inactifs de moins de cinquante ans. Il faut être svelte et en forme pour trouver à tout prix un boulot et entrer dans le cercle magique des 200.000 emplois nouveaux promis.
Il paraît qu’on va couler dans une loi en béton la liaison des allocations au bien-être. Si c’est le béton avec lequel on a construit les autoroutes en Wallonie, on peut s’attendre à de belles fissures d’ici 2008.
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Soit… le coup du « retour du cœur « des socialistes en 88 se commue en « bien-être ». Ce sera dès lors au compte-goutte et sans rattrapage spectaculaire, donc sans effet de manchettes…
Les petits génies ne se sont pas qu’attachés à remplir « généreusement » les sébiles des vieux Belges.
Pour le reste, ils se sont rendu compte de la connerie des nouvelles amendes à l’encontre des automobilistes. Il arrive un moment où le chauffard ne peut plus payer. Saisir ses meubles ? Le ficher en tôle ? On voit le tableau. Déjà que la démocratie modern style tourne à la dictaturette… Tout le monde n’a pas une relation dans la police ou n’a pas les revenus de Messieurs Ducarme et Fournaux !
Reste des zones d’ombre, comme le stationnement sur les trottoirs. Il sera laissé à l’appréciation des forces de l’Ordre si le véhicule empêche le piéton de circuler ou s’il reste un couloir entre le mur et la bagnole de sorte que le piéton puisse s’y glisser sans déchirer son veston. Cela promet !...
La prochaine cérémonie festive et tout aussi people sera pour la Justice et la réforme des polices. On se demande pour la circonstance comment Laurette va s’habiller ?

22 mars 2004

Tous mes jours sont des adieux !


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La véritable liberté consiste à ne pas craindre ni les hommes, ni les dieux. (Sénèque)

Avec les docteurs Tant-Mieux qui parsèment la planète, les songes bleus des magazines people, les foutaises romantiques, les déclarations de « bonne foi » la main sur le cœur du personnel politique, les médiateurs professionnels chargés de nous faire avaler la pilule, les partis au fonds de commerce d’un optimisme invariable, les âmes charitables cinq minutes par jour, le caractère « scout » du social aujourd’hui, le trenettisme d’« Y a d’ la joie », les exemples d’en haut et les contre-exemples d’en bas, le juillettisme d’une certaine forme d’illettrisme de masse, le business du cul qui rend le client dingue ou impuissant, le maccartisme des lois, les règles non écrites d’une censure de la marginalité, la folie de traiter d’antisémitisme la recherche d’une solution de paix au conflit en Palestine, le gonflement du danger du terrorisme, la minimalisation du danger des bouleversements climatiques, cette espèce d’engouement pour le léger et le bénin au détriment des impressions profondes,
le parler « vrai » anti-médias, l’odieux usage du pouvoir des hiérarchies sur les salariés,

CE DÉBUT DE PHRASE Á LA MARCEL PROUST POUR EN ARRIVER Á CECI :

la rhétorique du langage vise un conditionnement : faire adhérer aux valeurs dominantes.

Il y a parmi l’énumération ci-dessus quelques techniques sous-jacentes de bourrage de crâne afin d’exercer sur vous une emprise discrète mais efficace.
On a vu à la Marche blanche en Belgique et à l’éviction d’Aznar aux dernières élections espagnoles que rien n’arrête le peuple en mouvement.
C’est un court instant de grâce. L’étincelle est redoutable… mais ce n’est qu’une étincelle.
Le succès de l’adversaire est perceptible lorsque la victime des manipulations épouse elle-même la cause de son manipulateur. Exemple : un chômeur dans la misère qui vote libéral ou pire…
Le message dominant passe dans toutes les couches sociales. Il est tenu pour évident et admis sans examen. Il intègre les codes des institutions.
C’est la mise en acte de l’idéologie planifiée (Patrie, famille, travail, armée, etc.)
Le chantage sur les populations s’exerce au grand jour avec le consensus des spoliés. Ce sera l’exaltation de la qualité de la vie par le système, le statu quo qui se nourrit d’évidences, la nation sur le chemin de l’amélioration du niveau de vie dans le maximum de respect de tous. Alléluia !

Qui mieux qu’Althusser pourrait conclure ?
« Quand la bourgeoisie proclame son idéal de liberté, elle se réfère à la liberté telle qu’elle la vit et à l’illusion de liberté qu’elle prête aux travailleurs exploités qui, selon son optique, ont le droit de conquérir ses propres privilèges (méconnaissance des conditions et conséquences de l’exploitation). La mystification peut utiliser des procédés divers pour justifier les objectifs du pouvoir ; l’insistance sur la criminalité et la drogue a permis le renforcement des mesures de répression ; la sélection des informations joue sur l’orientation des regards ; la rénovation de tel quartier urbain argue d’arguments sociaux et laisse dans l’ombre les profits des promoteurs, etc ».

- Ce con de Richard et son idéologie !... on croirait entendre mon grand-père quand il cotisait au PC !... Sûr… ce mec n’est pas aware… C’est un mélange de lieux communs du Front Popu débité par Mandel, à se branler dans les champs de canne à sucre du temps où le Che et Fidel posaient pour l’Huma.
- Ta gueule et allonge… on va rater le pointage…
- Je te dis que c’est un con. Ça se passe plus ainsi…
- Faut croire, sauf pour toi… On m’a dit que t’allais être rayé fin du mois…

21 mars 2004

Qu’est-ce qui fait encore rêver ?

Faut se rendre à l’évidence… chaque jour est une déchéance… un petit pas de plus vers… rien !
Les débordements métaphysiques sont les soupirs de l’excès et de la débauche et lorsqu’ils sont inexplicables, de la bêtise…
On est là à s’échauffer les sangs… Pourquoi il ne l’a pas mis en dernière minute, le gros saligaud, qu’était tout seul devant le but… qu’avait qu’à pousser le ballon ?
Tonton se regarde tout con dans la glace du troquet. Il en revient pas. Son équipe aurait pu gagner facile. De pas l’avoir poussé ce ballon, la vie s’arrête… Il tient plus à rien, Tonton. Qu’est-ce qu’il en a à foutre de son petit ménage… de l’autre qui l’attend en scrutant la tocante dans la cuisine, le plat qui mijote à graillons… maintenant que le match est fini depuis une plombe… Il en louche de désillusion que demain il affrontera tout l’atelier, juste parce qu’il a pas poussé le ballon fond des filets, le numéro onze !… Ça lui remonte dans la tronche comme la dernière queue de sardine du repas de midi qu’il va pas digérer, c’est sûr. Alors pourquoi, il en reprendrait un autre, et encore un autre… de repas sur la nappe à fleurs à écouter les plaintes d’Armande. D’où tu viens ? T’es saoul !... Jusqu’à quand les plaintes ? Cinquante ? Soixante ? Nom de Dieu !... crever avant… oui… pour plus repenser à la cage vide et le ballon qui passe à côté !...

Le père Bixiou, l’épicier à la retraite, c’est pas que pour lui qu’il se sent partir. Il s’en foutrait du cancer, de la fatigue des cent mètres qui le séparent du boulanger. Il a toujours été plus que dur envers lui-même, impitoyable... L’hiver, il se les gelait volontaire par peur de tourner la vanne du chauffage. Après qu’il eût remis son fonds, recta vers les six heures il rôdait dans les allées à choisir les produits « vente rapide », ceux qu’il repérait de loin avec l’étiquette orange « 40 % ». La seule fois qu’il s’est tapé des choux à la crème, c’était l’été dernier – un caprice – 50 % de gratte… faut dire que la vente devait être super rapide… Enfin, le goût du luxe lui est passé. Et maintenant… il va laisser ses économies à ses enfants… qu’attendent que ça pour évaluer… Question mobilier, ils vont être déçus… Mais question de flouze… ils vont pas en revenir, eux qui voient leur vieux avec le même paletot depuis dix ans… Ils se montraient jamais plus, les deux chez le père… pas question… Aux façons économes, ils avaient battu en retraite.
C’était presque l’heure de claboter. Le vieux en avait fait des gorges chaudes du quartier qui se vidait de ses fantômes… et des vieux plus jeunes que lui qu’on embarquait. Il se mêlait aux gens attroupés autour des ambulances pour les commentaires… Il avait quel âge l’Eustache ? Soixante-six !... paraissait quatre-vingts… J’en ai septante-six et je l’emmerde là où il est…
C’était son tour… Des vrais dialogues entre son argent et lui le prenait des après-midi durant… Son corps réclamait un médecin, son pactole lui disait le contraire… C’est tous charlatans et compagnie, les docteurs… Ils savent rien. Ils friment… Et puis quand c’est l’heure, deux ou trois jours de plus, c’est pas ça qui va changer le monde.
Il croyait que l’argent conserve… Chaque mois la moitié de sa retraite sur les livrets… et les petits qui faisaient des petits… C’est ça qu’est beau dans l’oseille… On sème pas… on garde tout… ça vient quand même !... ça pousse dans les banques où les machines ajoutent les zéros…

C’est l’histoire de deux tapettes qui s’enculent plus comme avant ! L’amour s’est brisé, fond du vase… dégoût brutal… L’homme à trente deux ans veut faire au moins une fois dans sa vie l’expérience d’une femme. Il s’en est ouvert à l’autre, celui qu’est plus féminin… C’est la crise dans le ménage, le féminin pleure tous les soirs au lit. L’homme le touche plus… ça sent la merde, on pourrait dire pour rien, ça excite plus… ça sent plus que ce que ça veut sentir. C’est ainsi la passion, quand le champagne tourne vinaigre, on trouve tout dégueulasse… Le féminin est à bout de nerfs. Après tout, il s’est peut-être trompé sur la nature de son compagnon. A force de tirer sur le cabestan, il lui est remonté une scissure qu’a viré fistule… Le repos du guerrier permet la réflexion. Il donne carte blanche, mais il veut voir la dame…
L’homme trouve facile une paumée qui sait pas lire les troubles de l’âme. Penser qu’un homme peut l’aimer la rend dingue…

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Elle a beau savoir que deux brosses à dents dans le même verre, des calbars des deux mecs mêlés dans le même panier à linge, ça fait pas que rapprocher les effluves… Un plumard pour deux pour un type qu’on ne fait qu’héberger et qui n’est là que pour la semaine, c’est pas suffisant comme excuse… Comme elle croit qu’on l’aime, elle aime… C’est son tort.
L’homme savait pas comment c’est fait une bonne femme. Il en a plein son petit Jésus du programme. La tarte aux poils, sans la complicité, le goût sûr du féminin à couilles et cette passion de l’architecture qui les rassemblait à la planche devant l’épure, le féminin et lui, trois années enfin d’entubage, ça marque un couple. La pauvre chérie, sur son nuage, se mettait sur le dos et fermait les yeux.
Le féminin la trouve horrible, avec des seins monstrueux… Il assiste aux ébats dans la cuisine juste à côté du plumard... Son zobe se trémousse au plaisir à la moue de dégoût de son amant qui ahane sur la créature…
C’était mieux avant finit par lui dire l’homme, deux jours plus tard. On avait des élans et on revenait enlacés d’une expo… d’avoir communié saoulés d’art et d’amour…
Alors ils conviennent, les pédés entre eux sont bien plus fins, plus délicats, plus tout…
L’homme a largué la naïve. Elle était de trop. La découverte n’en était pas une. Ces secrets de femme, c’était comme s’il les avait toujours connus…
Ils en rigolent de la déconvenue. Ils s’en aiment davantage… Le feu reprend… les miches au four…
Comme dans les décors de Fritz Lang, il y a ainsi de ces existences qu’on voudrait pas connaître et qui finissent par vous en mettre plein la gueule… effets de lampe…

20 mars 2004

A propos "du Bal des cons" paru le 9 mars.

Tout le monde ignorait que depuis 5 ans, il existe une Fondation « pour les générations futures » qui a pour but de réinventer le dialogue avec le citoyen.
Si si… même que la chose est cornaquée par un directeur : Benoît Derenne !
La différence entre cette éminente organisation et le roi Richard ?
Elle tient dans la sémantique. La Fondation travaille pour « les générations futures » et pour un « développement soutenable ». Traduction : Ce comité d’experts est pour la transformation en douceur de l’économie libérale.

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Comment ? Par la priorité d’un changement culturel. A savoir qu’il convient de développer des savoirs complémentaires par rapport à des enjeux de plus en plus complexes.
Le développement « durable » des entreprises : … Elles n’ont pas encore réalisé leur révolution culturelle ! (Les malheureuses !)
Autre concomitance, les urgences, hormis la différence sémantique : « Le temps file. Mais à travailler dans l’urgence, on a tendance à nier les évolutions nécessaires pour que cela se fasse en profondeur ».
Enfin, les bijoux de famille une fois exposés, reste à Benoît Derenne et sa Fondation à dire haut et fort qu’ils ne font pas de politique.
Eh ! bien si, Monsieur Derenne vous faites de la politique.
Vous partez du concept « d’Etat », déjà assez utopique et trompeur pour résoudre les problèmes économiques, diminuer les inégalités, réduire les pollutions et tracer le chemin des énergies renouvelables !
C’est tout à fait la politique libérale en Belgique.
Les catastrophes et les désastres naturels seraient-ils les seuls moteurs sur lesquels vous comptez pour impulser un changement culturel en profondeur ?
Vous me faites penser à Urbain VII, ce pape qui fit condamner Galilée à abjurer la théorie copernicienne, sur le temps qu’il faisait étudier par ses secrétaires les moyens de modifier les dogmes afin de se mettre en concordance avec les découvertes.... en douceur.
Il y a ainsi, en toutes circonstances et en tous lieux, des institutions et des personnes - oh ! je le concède pas toujours au service des affairistes et des intérêts en place, parfois même abusées – qui, s’interposant entre les réalités et les conséquences, retardent par des mots, des extravagances et toujours par la langue de bois, les modifications nécessaires.
Alors en un mot comme en cent :
1. Vous croyez amendable le système capitaliste ;
2. Vous préconisez pour cela l’éducation des masses (mais vous ne dites pas comment et s’il y a urgence).
3. Enfin, si cela ne se réalise pas, c’est parce que les masses sont seules coupables.
Si j’étais un patron, je vous embrasserais.
Une seule conclusion : Est-ce que vous ne vous foutez pas du monde, cher Benoît ?

19 mars 2004

Des mots... rien que des mots !...


Nous aimons en Belgique distribuer des prix aux démocrates méritants.
C’est un exercice qu’affectionne notre ministre des Affaires étrangères. Il se considère pour cela, comme le grand prêtre en la matière.
Il adorerait recevoir le prix Nobel de la Paix. Il en mourrait de bonheur.
Sa conception de la démocratie est pourtant à géométrie variable. Son altruisme n’outrepasse quand même pas l’intérêt du MR dans lequel il est l’éminence grise. Il peut d’un mot faire et défaire un employé maison qu’il a hissé au sommet du mat de cocagne. Il a mis son rejeton sur le pavois comme Pépin le Bref le fit pour Charlemagne.
Cet homme étouffe dans la petitesse de son pays. On a beau dire, avec l’envergure qu’il se croit, plastronner aux Nations Unies, ou tenir la banderole de protestation contre les attentats à Madrid à côté de Raffarin et d’Aznar le rappelle sans cesse à des réalités du Légoland belge.
Il n’est à son aise qu’en vice-roi congolais. L’Afrique, c’est son domaine. Il y a entre les Africains et lui un courant qui passe. Dans son langage imagé lorsqu’il parle à ses sujets, s’exprime toute la mansuétude du bon « Missié di Mission » qui use de la parabole et de la métaphore dont le peuple africain est friand.
Sa foucade anti-américaine lors de l’affaire de l’Irak est bien loin.
Il y a été subtilement toujours en retrait des Allemands et des Français. Jamais, il n’a été considéré par Bush comme un réel adversaire. La Loi de compétence universelle, sur un froncement de sourcil du grand frère américain, n’a plus été qu’un chiffon de papier. L’OTAN, à deux doigts de déguerpir en Pologne, n’a jamais été aussi assuré de rester dans ses meubles, à présent que « l’équivoque » est dissipée.
Michel a une fois pour toutes apposé le label « démocratie 100 % » sur la façade de la Maison Blanche, quel que soit le futur des foucades présidentielle du « roi » texan, surtout en ces temps de campagne.
La Belgique a fait bonne figure les 12 et 13 mars à Paris au colloque international sur les moyens mis en œuvre dans différents pays contre les mines antipersonnel, en application de la convention d’Ottawa. Notre drapeau flotte parmi les 141 pays.

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La Belgique n’a pas renouvelé sa crise de la loi de compétence universelle, vis-à-vis des salauds qui poursuivent la fabrication des poupées piégées, des crayons à la dynamite, des briquets au TNT qui font encore 20.000 victimes par an, des enfants pour la plupart.
Notre sémillant ministre s’est bien gardé d’allonger au honteux palmarès les vertueux démocrates que sont les Etats-Unis d’Amérique avec un stock de petits jouets explosifs de 11 millions deux cent mille unités de mort à côté de la Chine 110 millions, la Russie moins de 60 millions, l’Ukraine, le Pakistan, la Biélorussie, etc.
Les merveilleux démocrates US qui n’ont pas signé également le protocole de Kyoto sont dispensés de présenter des justifications à leur honteux commerce.
Pourtant, on est démocrate ou on ne l’est pas, ils viennent de nous servir un étrange argument et il faudra tout le talent amical de notre Ministre des Affaires étrangères pour arranger cela à la sauce qui convient à sa sensibilité légendaire du gestionnaire modèle.
Les Américains font valoir pour la poursuite de la fabrication de leurs saloperies que leur nouvelle technologie répond à des préoccupations humanitaires ! Il s’agirait de mines « non persistantes ». Tel un produit dégradable, la mine antipersonnelle américaine verrait son effet décroître puis disparaître… Pourquoi pas avec une date de péremption, tant qu’on y est, comme un pot de yaourt ?
Une poupée Barbie n’exploserait par exemple que pendant six mois, un briquet pendant 15 jours ! Cela limiterait le nombre des petites victimes !
Il reste que notre futur prix Nobel va devoir se débrouiller avec cette ignominie feutrée.
Comme on connaît son talent, nulle doute que sa plaidoirie, en faveur de ses amis de la plus grande démocratie du monde, lui vaudra un pas en avant vers la consécration à Stockholm et un signe d’encouragement amical à Washington, et que si un honneur pareil échoit à la Belgique, le discours qu’il prononcera sera celui que nous attendons tous, du genre : Un petit pas pour le MR, un grand pour l’humanité.
Reste que la vue de ses enfants piégés par cette merde sans nom qu’est une mine antipersonnel me reste dans le citron au point que j’ai envie de vomir devant le ballet diplomatique de ces Messieurs Dames et que je n’ai pas envie du tout de faire l’aimable en criant ma douleur et ma honte face ces enfants qu’on mutile… qu’on assassine.
Que leurs mots, leurs mots complices, leurs mots de circonstance font mal à la conscience et que pour les prononcer sans baisser la tête, ni rougir, il faut bien au fond de soi être un parfait dégueulasse !...
Les Associations de défense des enfants, ici, nous avons Child-Focus et bien d’autres, arrêtent leur travail de sauvegarde et de protection quand commence la responsabilité collective dont la guerre est le fin du fin. Pourquoi ? Un assassin reste un assassin dans tous les cas de figure, idem pour les complicités et les complaisances…
Les industries de mort qui travaillent pour les défenses nationales devraient pouvoir au même titre qu’un Dutroux être attraites devant les tribunaux et avec elles les commanditaires et les responsables politiques.
Je vois bien dans les bureaux de « Child-Focus » des affichettes avec les têtes de tous ces assassins, directeur d’usine, manager, chef de fabrication, chercheur en explosif, général d’armée et sénateur US, à côté de leurs petites victimes. Qu’en pense Jean-Denis Lejeune ?

18 mars 2004

Les rencontres du FOREM. Aujourd’hui Pansalouf-Compère.

Monsieur Pansalouf-Compère compte parmi les personnalités liégeoises les plus en vues pour avoir en une dizaine d’années fait une fortune dans les… enfin, il vous l’explique lui-même.
- Mesdames, messieurs les demandeurs d’emploi, j’étais à la recherche de mon premier employeur à l’âge assez avancé de trente-deux ans. Jusque là, j’avais vécu dans le village de X chez mon père. A vrai dire, je n’y manquais de rien. Mon père n’était pas pressé de me voir quitter le domicile familial. De ma chambre, j’avais une vue magnifique sur trente hectares de forêt et, à cent mètres à peine, un plan d’eau sur lequel flottait avec les économies de mes dimanches, un offshore de 12 mètres.
Je partais souvent sur Belle-de-mai, enfin une de ses descendantes, parcourir la campagne, sans but précis. Je ne comprenais pas, pourquoi les paysans que je croisais me disaient bonjour, en soulevant leurs casquettes.
Qu’avais-je fait pour mériter leur estime ?
Je vivais simplement, ne mettant mon habit que le soir au dîner, pour faire plaisir à ma mère et aux invités. Les invités étaient au nombre invariable de vingt, ce qui avec mes parents, ma sœur et moi, faisaient vingt-quatre couverts, juste ce qu’il fallait pour que la salle à manger me parût exiguë.
Le reste du temps je flânais, de-ci, de-là, sans but précis. J’avais depuis longtemps cessé les jeux de l’adolescence. Je n’incendiais plus les meules de foin des fermiers des environs, des hommes charmants qui ne se plaignaient jamais de mes mauvaises farces. Je ne saccageais plus les potagers à la poursuite d’un sanglier hypothétique. J’étais devenu un jeune homme tourmenté et inquiet de son devenir
Je ne savais rien faire. Je n’avais jamais lu et n’avais aucun goût pour rien.
Je me mis à boire et eus de mauvaises fréquentations.

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Jusqu’au jour où je rencontrai une jeune femme sur le bord du chemin et qui me plût tout de suite.
Nous prîmes l’habitude de partir dans de longues promenades dans la forêt.
Elle me disait craindre les gardes-chasse du propriétaire, un certain Pansalouf. Je n’osai pas lui dire qu’ils avaient pour mission de battre les fourrés avant et après nous, à seule fin de s’assurer qu’il n’y eût aucun danger.
Nous fîmes des projets d’union. Je lui cachai la première partie de mon nom et lui dit m’appeler Compère.
Elle me présenta à son père, un instituteur à la retraite qui plantait ses choux dans 20 mètres carré de jardin.
Je me souviens que ce jour-là nous mangeâmes tout le repas avec les mêmes couverts. Je faillis vomir.
Il me demanda mes intentions. Je les lui dis. Il parut inquiet que je n’eusse aucun travail. Je promis d’en chercher un.
Je me fis embaucher sur un chantier de construction. Je devins la risée des ouvriers quand ils me virent planter un clou de façon si maladroite qu’il fallut m’envoyer à l’infirmerie. J’y restai deux jours. Le troisième, on me paya la semaine pour ne plus me voir.
Quelques jours plus tard, nous étions à la salle de billard, lorsque je dis à mon père que je voulais travailler, mais sans qu’il me mette le pied à l’étrier. Je souhaitais simplement qu’il me donne quelques adresses. Ce qu’il fit de bonnes grâces.
Dans ma chambre, j’étudiai la liste et je supprimai ce qui me parut suspect : Les ciments Saint-Préavis, les Moulins Compère et même les Aciéries Brandor, car mon père en parlait avec tant d’enthousiasme depuis qu’une succursale existait dans le Sertão, que je me méfiais du directeur du siège social, qui devait connaître les Pansalouf-Compère.
C’est ici, mesdames et messieurs les demandeurs d’emploi, que mon parcours peut tenir lieu d’exemple. Je choisis la banque X. Elle paraissait fort éloignée des Pansalouf. Je m’y présentai sous le nom de Compère. Tout de suite, le directeur général me reçut avec une grande amabilité. Je sortis de son bureau avec un contrat d’emploi signé sans qu’il me demande à voir des diplômes que j’aurais bien été incapable de montrer.
Le lendemain, au guichet, les autres employés voulurent à tout prix m’expliquer mon travail, que, du reste, je n’eus vraiment pas le temps d’exercer. Car, l’après-midi, je fus appelé à la direction. Le directeur, Monsieur Cimaise, me fit asseoir à son bureau pour vanter mes qualités d’organisateur et me dire que tout le monde était enchanté de mon travail. Il m’offrit dès l’après-midi une place de sous-directeur. Trois jours plus tard, je remplaçai Monsieur Cimaise, admis soudain à la retraite, à l’âge de 42 ans ! A peine deux mois écoulés, je fus appelé au Siège principal, afin de renforcer le Conseil d’Administration..
Entre-temps, je m’étais marié avec la fille de l’instituteur à laquelle j’avouai que si je m’étais fait tout seul, quoique étant un Pansalouf, c’était pour lui montrer que tout homme parti de rien, peut arriver à tout grâce à sa volonté et son courage.
Mon père fut agréablement surpris de me voir si bien introduit partout sans son aide.

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- Mon fils, me dit-il un jour, tu t’es fait tout seul. Je suis fier de toi.
Depuis, sans que je les aie sollicités, je reçois des honneurs de partout. J’ai même des décorations qui m’arrivent des pays lointains, comme si ma bonne réputation franchissait les océans sur la réputation de mon travail.
Il n’est pas impossible que ce soit moi qui donne le coup de pistolet au départ du tour de France à Liège. Le théâtre Ar. va faire un montage de mes pensées. Des Liégeois de qualité ont convaincu un grand éditeur de publier des poèmes que j’avais écrits enfant. Enfin, un parti du centre m’a sollicité pour les élections européennes. Je n’ai pas dit non. J’ai beaucoup à donner à mes concitoyens.
Il est question à la Cour de me faire Comte.
Si j’ai accepté de vous raconter mon histoire, c’est pour vous rappeler que l’oisiveté peut être source de réflexion jusqu’à un certain âge. Mais qu’il faut ensuite passer à l’action.
Ma chance, c’est d’avoir rencontré des gens remarquables qui ont tout de suite vu ce qu’il y avait de meilleur en moi. Je dois aussi ma réussite à mon épouse qui m’a fait confiance et qui a supporté de vivre les premières années de notre mariage sans chauffeur, ni femme de chambre.

17 mars 2004

Alors, si tout est permis.

- Tu m’aimes, mon Kiki ?
- Oui, ma Populette.
- Tu ne m’as jamais trompée ?
- Jamais !...
- Même un peu ?
- Même un peu !
- On est bien ensemble, hein, mon Kiki ?
- Oui, ma Populette…
- Depuis quand… qu’on est mariés ?
- Bof… ça fait…
- Pourquoi t’as fait bof ?
- J’ai fait bof ?
- Oui, t’as fait bof !...
- Ah bon !...
- Dis tout de suite qu’on est restés trop longtemps ensemble ?
- Qu’est-ce que tu vas chercher là ?
- Tiens, si je venais à mourir, tu te remarierais ?
- Pourquoi veux-tu ?
- Si… si… tu te remarierais...
- Si tu veux.
- Tu te remarierais avec quelqu’un d’autre ?
- Tiens cette question, avec qui voudrais-tu que ce soit ?
- Elle coucherait dans mon lit… mettrait mes affaires…
- Ma Populette que vas-tu chercher là…
- Si si, elle mettait mes affaires, c’est qu’elle aurait ma taille…
- C’est impossible voyons…
- A quoi tu verrais que c’est impossible ?
- …A rien. C’est histoire de te dire que je ne pourrais la voir mettre tes affaires….
- Dis tout de suite que je suis grosse ?
- Je n’ai pas dit ça !
- Alors, ce serait normal mon Kiki qu’elle mette mes affaires, puisque je serais disparue… en fumée ta Populette…

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- Arrête, tu vas te faire du mal…
- Elle utiliserait mon parfum, utiliserait ma crème de nuit…
- C’est tout, oui ?
- Tu lui demanderais si elle a pris MES pilules… pour pas qu’elle tombe enceinte…
- Tu ne trouves pas que tu exagères ?…
- Elle irait faire les courses pour le ménage dans ma voiture…
- Ah ! ça non, alors… Elle ne sait pas conduire…
- Salaud !
- Merde, tu vois ce que tu me fais dire…

16 mars 2004

Un blog bien ciblé !

Le blog du 13 mars « Un calcul d’Aznar » – repris par Proxi-Liège – écrit le 12, c’est-à-dire au lendemain des attentats de Madrid, était prémonitoire.
Pris en flagrant délit de mensonge le Parti Populaire, formation de la droite espagnole, a perdu les élections du dimanche 14.
Il y eut un jour de trop entre les attentats et les élections, un jour qui a permis à l’information de gagner du terrain et de l’emporter sur la tromperie.
La leçon à tirer de ce scrutin, c’est la puissance formidable des gens lorsqu’ils s’intéressent d’un peu plus près à eux-mêmes et au sort de leur pays.
Voilà un genre de démocratie qui devrait plaire aux masses et créer du souci aux mégalomanes qui nous gouvernent.
C’est parce que l’événement précédait de très peu l’élection que l’électeur a eu le sentiment de jouer enfin un rôle important en votant. Ce à quoi ils ne croyaient plus depuis longtemps.
Le référendum d’initiative populaire susciterait de façon permanente l’intérêt des gens aux affaires de l’Etat.
Aujourd’hui, entre les décisions importantes prises au nom du peuple et celui-ci, il y a toute la mise en scène d’une délégation des pouvoirs qui est un despotisme qui n’a souvent rien d’éclairé.
Hélas ! la Belgique avec le mal communautaire qui la ronge n’est pas prête à l’interaction entre les mandants et les mandataires. Il est clair qu’une pareille initiative verrait les pointus des deux Flandres proposer le confédéralisme au lieu du fédéralisme. Peut-être, serait-ce l’occasion de se compter ?

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Pour revenir aux tribulations du Parti Populaire espagnol, les sondages l’avaient crédité de la majorité absolue, voilà qu’il perd tout en deux journées !
Que ce soit la ministre des Affaires étrangères, le ministre de l’Intérieur, le Premier ministre, voilà des Espagnols qui auront difficile à se remettre en selle pour des jours meilleurs..
Il aurait fallu dire la vérité dès le 12 mars et poser la question aux électeurs « S’il ne convenait pas de lutter davantage contre Al Qaeda ? », après l’avoir désigné comme l’auteur des attentats, pour que le Parti Populaire ait une chance d’encore gagner les élections.
Le nouveau premier ministre socialiste va se trouver devant l’alternative de retirer les troupes espagnoles de l’Irak, selon sa promesse, et créditer par là Ben Ladden d’une victoire sur l’Occident ou les maintenir et se trouver en porte-à-faux de l’opinion.
Un seul événement serait de nature à tout arranger. Ce serait la reprise du pouvoir en Irak par les Nations Unies. Nous saurons après les élections américaines, ce qu’il en sera.
Tout cela à cause d’un Aznar qui n’écoutait personne et surtout pas ses homologues européens.
Aznar n’était pas prisé des Espagnols. Sa politique proaméricaine avait été dénoncée par une majorité dans la rue qui s’était confortée de l’absence d’armes bactériologiques en Irak et du mensonge américain.
Une mesure impopulaire, c’est-à-dire qui mécontente la majorité des citoyens, est, par le fait même, une mesure antidémocratique.
Si nous n’avons pas en Belgique de ces coups de dés aznardesques, c’est que le MR est cautionné sur sa gauche par le PS. Cette alliance perturbe les relations du PS et les gens qui ont un sentiment d’appartenir à la gauche et qui se sentent mal devant le discours libéral. Et cette alliance dresse, en même temps, une barrière à ne pas franchir à la droite volontiers anti-sociale. Malgré les grands airs de Louis Michel et cet académisme giscardien selon lequel « la gauche n’a pas le monopole du cœur », on réplique que depuis le 11 mars, la droite à le monopole de l’impopularité et qu’on le lui laisse.
Le Premier ministre socialiste désigné va-t-il ressouder l’Espagne à l’Europe « européenne » ou transatlantique avec les Anglais, les Danois, les Italiens et bientôt les Polonais ?
Nous le saurons dans les semaines à venir.
En attendant, c’est toute la droite européenne qui devrait s’inquiéter.
Les majorités abusées ont parfois de ces retournements !

15 mars 2004

Rosa la Rouge

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1886-87 – huile sur toile – Barnes Foundation, USA. Je n’ai pas célébré la journée des femmes. D’autres que moi l’auront fait et souvent de belle manière. Cette année, je n’avais pas envie de mêler ma voix au concert unanime. Je me disais, comment déposer un bouquet de roses rouges au pied du monument qui leur est consacré, puisqu’il n’y en a pas ? Restaient les roses. Je me suis souvenu d’un portrait extraordinaire de Toulouse-Lautrec, Rosa la Rouge. C’est au modèle de ce portrait auquel je pense et c’est devant lui que je dépose cette offrande à toutes les femmes. Qui était cette Rosa peinte de profil, le nez pointu, et ce visage fermé sous une tignasse de cheveux roux, un visage buté d’une femme en révolte ? D’elle, on ne sait pas grand-chose. Puisque le peintre était un assidu des femmes galantes, on pourrait supposer qu’elle était cette fille farouche que dénudaient les hommes pour quelques sous dans la nécessité où elle était de manger… une gueuse des rues sans le statut de la galanterie en maison et qui se laissait approcher sous les porches. Elle aurait pu être aussi cette femme que chante Reggiani « celle qui n’a plus vingt ans depuis longtemps » si la frêle silhouette avait plus que les vingt années qu’elle paraît. C’est Rosa. j’sais pas d’où qu’a vient, Alle a l’poil roux, eun’têt’ de chien... Quand a passe on dit : v’là la Rouge, A Montrouge. Aristide Bruant l’a chantée ainsi. Elle n’était donc pas si anonyme que cela.

De son vrai nom Carmen Gaudin, dite "La rousse", est une ouvrière très douce, un peu maladive, mais Lautrec se l’était imaginée comme une "garce redoutable". Il fut très surpris lorsqu’il sut que son amant la battait comme plâtre. Elle était ponctuelle, et resta longtemps son modèle de prédilection.
Ainsi, cette femme était une ouvrière… cette femme était une femme battue….

Vous êtes morte depuis longtemps, Carmen Gaudin. Nul ne sait quand, ni où, ni comment. Je vous ai découverte en Rosa la Rouge sur une toile de Henri. Permettez-moi de saluer en vous toutes les femmes, celles qui travaillent, celles qui souffrent et celles qui aiment…

Accordez-moi, solennellement, la permission de vous dire que je vous ai attendue toute ma vie et de ne pouvoir vous rencontrer sera le regret que j’emporterai avec moi à jamais....

Carmen Gaudin, dite Rosa la Rouge, je vous aime.

14 mars 2004

Un candidat sérieux à la direction du Théâtre de la Place.

- Vous postulez l’emploi vacant de Directeur-général du théâtre de la Place. Quelles sont vos références ?
- Elles sont nombreuses et variées.
- Voulez-vous être plus précis.
- J’ai des dossiers sur pratiquement tout le monde.
- Et au point de vue artistique ?
- Vous savez bien que dans ce domaine tout le monde s’en fout.
- Vous aussi ?
- J’ai toujours eu beaucoup de respect pour le travail de Jean-Louis Colinet en ce domaine.
- Que voulez-vous dire par là ?
- Ne comptez pas sur moi pour me mettre à dos le personnel de Liège comme Marie-Claude Pietragalla à Marseille.
- Je ne comprends pas.
- Je vais poursuivre le travail de mon auguste prédécesseur : un théâtre de gesticulations. Cela fait moins de textes à apprendre et moins d’efforts de compréhension pour le public.
- De la pantomime ?
- Non. Il y aura des bribes de phrase… des logorrhées principalement, entrecoupées d’onomatopées.
- Un théâtre politique ?
- Il aura l’air d’en faire tout en n’en faisant pas, avec une petite préférence pour une gauche légèrement centriste sous des dehors carrément gauchiste.
- Comme votre illustre aîné, en quelque sorte ?
- Il faut plaire à tout le monde dans le milieu.
- Pas trop de pièces intellectuelles ?
- Les jours où le personnel sera en grève nous programmerons ce genre de spectacle.
- Mais s’il n’y a personne sur scène ?
- En général, il n’y a personne dans la salle non plus.

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Un théâtre de genre. Avec des artistes chevronnés. Des gens sérieux et sûrs… des pros…

- A jouer à guichet fermé ?
- Bien entendu. Ce sera l’occasion de faire une soirée porte ouverte par la même occasion.
- Et les auteurs locaux ?
- Même politique que mon prédécesseur. J’accepterai tous les manuscrits sans jamais les lire.
- Vous allez décevoir nos écrivains locaux.
- Je les décevrais bien davantage en disant ce que je pense après les avoir lus.
- Et ceux qui vous sont recommandés ?
- S’ils nous apportent aussi les subsides dont nous avons besoin, ce sera avec plaisir et sans problème.
- Sans même les avoir lus ?
- Vous connaissez un membre du jury que ce soit de la poésie ou toute autre manifestation littéraire à Liège qui lit les manuscrits avant de décerner les prix ?
- Bien…
- Un jury conscient de ses responsabilités lit toujours les manuscrits après qu’ils aient été primés.
- Pourquoi ?
- Mais c’est du temps gagné, voyons.
- Ce ne serait pas le jury qui établit le classement ?
- Jamais. Vous voyez d’ici la pagaille ? Chacun pousserait son candidat. Il est bien plus raisonnable que ce soit quelqu’un de l’extérieur sur un simple coup de fil qui règle le problème. Eh bien ! qu’on se le dise, le théâtre de la Place fera la même politique. Comme il l’a toujours faite par le passé.

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- C’est-à-dire ?
- Nous attendons les coups de fil.
- Ça promet !
- Oui, nous engagerons une standardiste de plus.
- Vous quitterez bientôt la place pour l’Emulation. Qu’en pensez-vous ?
- Nous partirons avec tristesse, mais détermination.
- Pourquoi tristesse ?
- Parce que nous pensons au seul échec de Monsieur Colinet.
- Ah ! oui… ?
- Oui, malgré ses efforts, il n’a pas réussi à faire classer la tôlerie remarquable du bâtiment de la place de l’Yser. Et cela, pour l’art architectural à Liège, c’est un désastre !

13 mars 2004

Un calcul d’Aznar.

Dans ce monde plein de faux-culs, il faut avant d’exprimer une opinion autre que celle généralement soufflée aux gens, user des plus extrêmes précautions.
Pour reprendre un exemple significatif : qui critique la politique de Monsieur Sharon risque de passer pour antisémite par des gens influencés par ou liés aux intégristes de Tel-Aviv.
Aussi avant d’aller plus avant dans la tragédie du réseau ferré espagnol, il convient de dénoncer les attentats avec la plus extrême vigueur.
En Belgique, nous avons beaucoup d’affinités avec les Espagnols, des attaches aussi qui ne sont pas que liées aux vacances.
Personnellement, des sentiments profonds m’unissent par le cœur et la pensée à l’Estrémadure et la Sierre de Gata. Ceux de là-bas, s’ils me lisent, comprendront.
Je n’ai pas de leçon à recevoir sur le respect que l’on doit aux victimes de ce 11 mars 2004.
On ne peut pas en dire autant partout et y compris dans le camp des donneurs de leçon. Je suis effaré de la réaction à chaud de Monsieur Aznar et de son ministre de l’intérieur Monsieur Angel Acebes qui accusent l’ETA de cette série d’attentats au cœur de Madrid, sans savoir !
Non pas que j’aie une sympathie quelconque pour l’ETA et ses tueurs, mais parce que accuser sans preuve aucune, rien que par convenance électorale est indigne d’un chef de l’exécutif et en dit long sur sa volonté de récupérer le retentissement de la tragédie à trois jours des élections.
Aujour’hui 13 mars, il semblerait que El Qaeda soit seul impliqué dans ces explosions planifiées et en chaîne. Malgré les évidences, l’Exécutif espagnol ne varie guère dans ses propos.
Les simples lecteurs d’une presse qui informe se souviennent des rapports des polices françaises et espagnoles au sujet de l’ETA, à savoir que cette organisation criminelle était décapitée et ses principaux responsables arrêtés. Selon les services de Monsieur Sarkozy, il n’existerait plus (En 2003) que de petites unités diminuées, fort dispersées et incapables de perpétrer des attentats d’envergure.
Les témoignages d’experts espagnols confirment que ce n’est pas dans les méthodes de l’ETA de mener des actions coordonnées d’une exécution toute militaire que celles que les Madrilènes ont subies ce 11 mars.
En clair, Aznar a joué la carte américaine en Irak, contre l’opinion majoritaire en Espagne. S’il s’avérait que c’est à la suite de cet engagement que l’attentat a été perpétré, il serait possible que le scrutin de dimanche s’en trouve modifié. Par contre, le crime signé de l’ETA, c’est le succès garanti de la droite espagnole et son parti « populaire ».
En laissant planer le doute, Aznar a de bonnes chances de gagner les élections.
C’est aussi simple que cela.
Qu’on ne vienne pas avec des raisonnements tordus comme j’en ai entendus sur la radio d’Europe n° 1 ce 12 mars, selon lesquels l’ETA aurait été capable de faire sauter les trains trois jours avant les élections pour que la droite l’emporte à coup sûr, en raison de l’opposition farouche de celle-ci à toutes solutions d’accord !...
J’espère qu’en allant manifester avec les Espagnols dans les rues de Madrid, nos ministres n’entreront pas dans le jeu d’Aznar. Ce serait à mon avis cautionner le délit de sale gueule que la droite espagnole accole à des gens, peu estimables certes, mais uniquement pour des raisons de cuisine électorale.
Les victimes ont droit à tous les respects. Ils ont droit à la recherche de la vérité sans laquelle les coupables risquent de courir longtemps.
Bien souvent les responsables de nos démocraties ne sont pas à la hauteur des enjeux dans des circonstances où la Justice et l’Honneur sont plus que jamais nécessaires.
C’est aussi bête que ça, derrière les drapeaux en berne et les rubans noirs, il y a des malfaisants aussi, même s’ils ne sont pas si nombreux et si violents que chez Oussama Ben Ladden.
En temps de paix, s’ils ne font pas tant de dégâts que les terroristes, en temps de guerre, ils les dépassent. Alors, un peu de modestie dans les tribunes et les premiers rangs des défilés. Récupérer la douleur des gens pour conserver la conduite des affaires n’a jamais été qu’un exercice méprisable.

12 mars 2004

Liège fait son cinéma.

Federico Fellini est réincarné !...
Le mot est lâché. Fellini, c’est moi…
J’ai demandé une entrevue à Monfils pour les premiers subsides, ceux qui consistent à acheter une camera. Il est très occupé. Il me recevra peut-être. Cet homme-là aime les cinéastes. Dans une émission de Streap-Tease, je l’ai vu tout disposé à aider un confrère, malgré le scénario un rien mélo… J’ai un rôle pour lui. Il camperait, Ascylte, l’homme trouble et malheureux du Satiricon, qui tomberait amoureux d’un sosie de Giulietta Massina, assistante sociale et militante socialiste, car souvent les militantes socialistes sont assistantes sociales... Rôle de composition… je sais que Monfils en est capable. Cet homme-là peut tout jouer. Faut le voir quand il parle de politique… Il est bon, quoi… Il est bon !
En attendant je fais des repères à Liège.
Le générique aurait dû se dérouler avec en toile de fond la pissotière de la cathédrale, l’ancienne pissotière, la nouvelle n’est pas encore assez dégradée… Il faudra refaire l’ancienne en studio, à moins que les éléments soient récupérables dans un dépôt lapidaire de la Ville… Un des personnages du film s’y branlerait comme je l’ai vu faire par un mancheux en mal d’amour un jour que j’y descendais pour une miction. (La réalité dépasse la miction !)
Comme Fellini, j’utilise mes souvenirs pour l’action qu’on ne pourra pas taxer d’impossible puisqu’elle aurait eu lieu.
Je cherche une liégeoise qui ressemblerait à Giulietta Massina dans Il Bidone. Elle passe devant la pissotière et s’arrête fascinée par l’impudeur du mancheux et aussi par l’objet de cette impudeur...
Elle décide de sauver cet homme de la déchéance, attirée à la fois par la rédemption et la chose, dualité évidente dans l’œuvre du Maître de Cinecittá.
S’en suivront des scènes de Liège la nuit.
Liège, pour moi, c’est Roma de Federico, avec visite guidée à l’archéoforum peuplé des anciens habitants de la Villa romaine se livrant à des débauches dans des murs reconstitués et peints sur le modèle de la Villa des Mystères de Pompéi.
Elle devra lutter contre le redoutable Ascylte – le rôle de Monfils – qui ne croit pas à la rédemption du mancheux et qui veut la destruction de tous les lieux de débauche.
Si le mancheux pouvait ressembler à Marcello Mastroianni, mais comment trouver l’acteur ? Noté sur le script : faire les cafés italiens de Grâce-Hollogne. C’est dommage que Richard Taxquet soit momentanément indisponible…

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Il y a sur le plateau le sosie d’Anita Ekberg, celle de la Dolce Vita. C’est une personne rencontrée derrière le Grand Bazar qui soulageait les ouvriers du bâtiment de leurs pulsions et de leur paie. En quête de décors pour mon film, habillé comme Federico dans El Paisá pour courir les brocantes, revenant de Saint-Pholien en costume blanc, elle a pu me confondre avec un plafonneur. Nous avons sympathisé à l’hôtel. Depuis, nous ne nous quittons plus, sauf les après-midi de paie où elle travaille.
Le scénario décrit la scène au sommet de la fontaine de la place Saint-Lambert où elle s’ébat avec les pigeons. Elle voit le mancheux en cure de désintoxication au bras de Giulietta Massina. Elle crie Marcello… Marcello… tandis qu’elle glisse ruisselante à ses pieds, son admirable corps tendu de désir dans un fourreau de soie qui dévoile ses formes plantureuses. Monfils, qui aime toujours secrètement Giulietta, trouve là une occasion de supplanter son rival. Il donne les clés de son bureau à Anita Ekberg pour qu’elle puisse s’y réfugier avec Marcello. Scène d’amour sur un sol jonché de prospectus où seraient imprimées les têtes de Michel, Reynders et Monfils, à l’envers sur les fesses sculpturales d’Anita…
Resté seul avec Giulietta, Monfils déclare son amour. A quelques détails, on devine qu’il veut plus posséder la militante socialiste que la femme. Hélas ! elle aime toujours Marcello.

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Reste à trouver la fin du film. Pourquoi pas à une scène dans laquelle Monfils attire Giulietta dans la galerie de Snaporaz de « La Cité des Femmes » croyant l’épater avec les photos de ses dix-mille femmes libérales. Hélas ! d’horreur elle se jette par la fenêtre. A moins qu’elle ne se donne à lui pour le poignarder au moment suprême ? La Production hésite… On pense à l’impasse de la Vignette pour la séquence…
La fin du film est déjà construite. Marcello décrassé et désintoxiqué est devenu banquier. Le local de la Deutsche Bank rue des Urbanistes serait un cadre idéal pour ses nouvelles fonctions. Fou de douleur en apprenant la mort de Giulietta, il dérobe son corps à la morgue de la rue Dos-Fanchon pour l’emporter jusqu’à Hamoir d’où il descendra l’Ourthe jusqu’à Mery en canoë, le corps de Giulietta couvert de roses. Tandis que la caméra fera un bref retour sur la pissotière de la cathédrale où Ascylte (Monfils) dans la geste du destin, se masturbera à la place du mancheux.
Et le sponsor ? Avec un scénario pareil, ce ne doit pas être difficile.

11 mars 2004

L’Europe se scratche...


Quand nous serons appelés à élire nos représentants à l’Europe, nous aurons de la peine à nous déterminer !
L’Europe, c’est encore plus mystérieux que le pouvoir en démocratie belge héréditaire !
Pour quel programme et pour quelle Europe ?
Bien malin qui pourrait le dire.
Même les parlementaires européens vont avoir du mal. Il n’y a pas vraiment de politique européenne.
Cette impuissance débouche sur des directives absurdes et surréalistes qui, mal expliquées, aggravent l’incompréhension.
C’est que l’Europe est devenue informe, incompréhensible et incontrôlable par le citoyen.
On dirait la construction d’une tour dont les plans seraient à chaque étage d’un architecte différent.
Depuis le refus de la Constitution Giscard, personne ne sait où on va !
Vingt-cinq Etats membres, c’est trop. S’il y avait eu une structure – même mauvaise (comme l’était la Constitution refusée) – pour les accueillir, les nouveaux Etats seraient entrés dans quelque chose de cohérent, avec des règles auxquelles ils se seraient pliés. Au lieu de cela le flou artistique est la règle à Bruxelles et à Strasbourg !
Parlons de la monnaie.
Les Suédois ont dit non à l’euro en 2003, les Danois n’en veulent à aucun prix et l’Angleterre comme à son habitude fait tout pour couler l’Euro et si elle n’y arrive pas, finirait par y adhérer, mais du bout des lèvres et dans la ferme intention d’attendre son heure pour lui faire regretter la mort du sterling.
Quand on en sera à intégrer la Turquie, il faudra oublier le rêve d’un système fédéral et d’un pouvoir central. Parce que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe, sinon par un petit bout de territoire qu’historiquement elle a arraché au continent à la fin de Byzance. Quant aux Etats que nous nous apprêtons à accueillir, ils sont presque tous des adeptes du système anglais de libre échange. Ainsi, la Grande-Bretagne trouvera chez les nouveaux venus une pomme de discorde utile à la poursuite de sa politique.
L’illusion d’un directoire des pays fondateurs : Le Benelux, l’Allemagne, la France ne saurait faire oublier la réalité. La Hollande, depuis l’affaire irakienne, semble naviguer entre le pouvoir américain et son satellite la Grande Bretagne. La France et l’Allemagne ont des déficits record. C’est ainsi que la France vient de sortir, pour son endettement, de la règle des 3 % de son PIB. Il n’y a donc plus d’Etat « vertueux » capable d’entraîner les autres par l’exemple.
La reprise de la croissance qui tarde ne permettra pas à la France et à l’Allemagne de se redresser. Quant à la Belgique, l’annonce libéralo-socialiste de la création de 200.000 emplois n’est qu’une escroquerie pré-électorale du plus mauvais goût.
L’euro fort a fait reculer les exportations vers les Etats-Unis de près de 10 % !
En principe, une monnaie forte signifie une économie en bonne santé. L’Allemagne a enregistré 26.000 chômeurs de plus en février ! A 1 dollar 29 l’échange d’un euro, c’est toute l’économie américaine qui redémarre à notre détriment.
L’euro faible, si nos exportations repartent, c’est sans dégager de nouveaux emplois. Les gains de production et les décentralisations vers des pays à bas salaires régulent le flux.
Alors ? Qui va enfin clairement nous faire un exposé sur les taux de change par rapport au dollar ? Quelle est la bonne politique monétaire de l’Europe ?
D’autant que l’on a l’impression que fort ou non, le dollar profite aux Etats-Unis. Il serait intéressant de savoir pourquoi ?
Des esprits malins suggèrent que le dollar, monnaie faible ou monnaie forte est l’unité de compte de la planète et qu’à ce titre les financiers américains régulent eux-mêmes par des taux suggérés la cote du dollar. Si la monnaie américaine est aujourd’hui inférieure de 20 % à l’Euro, c’est qu’il en a été décidé ainsi pour le seul bien de l’industrie US. Autrement, le déficit de la balance des paiements de Washington et sa dette qui s’accroît chaque année sans que ce pays ébauche la moindre mesure d’assainissement, aboutiraient quasiment pour tout autre pays à la faillite de sa monnaie. La preuve, dans la même situation, l’Argentine n’a pas bénéficié de la sollicitude de la banque mondiale. Le FMI a carrément joué contre l’Argentine le rôle d’un huissier de Justice.

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Dans cet hymne à la puissance américaine, que pèse l’Europe ? Pas grand-chose.
Pour résumer la situation, la politique libérale de l’Europe, épouse les règles d’un capitalisme mondial anti-social, donc anti-européen, puisque à ce jour l’Europe offre une meilleure couverture sociale à ses citoyens.
Aligner les droits du travailleur européen sur l’américain, c’est peut-être le vœu secret de la droite libérale européenne ; mais c’est aussi la confirmation d’une Europe sans ambition, laissant le leadership à l’Amérique.
La droite européenne pigeonnée ou complice des financiers américains ? Des deux manières, l’idéal libéral n’est plus qu’une escroquerie.

10 mars 2004

J’angoisse quand je sais pas où est Jean-Pascal !


- C’est Jean-Pascal de la Star Ac 1 qui le dit : Quand tu passes un été à avoir une meuf différente tous les soirs… t’as des frais de capotes terribles.
- T’en apprends sur nos nouveaux artiss… heureusement qu’i’ sont là pour relever la télé. C’est vrai quoi, on parle pas assez des frais des pauvres… Y a qu’eux pour nous rappeler que la dèche ça te prive de renouveler le caoutchouc…
- Ouais, on prend conscience des dures réalités.
- C’est très sensible, la star… Mariah Carey… zemple… T’as entendu l’autre soir, qu’elle a dit ? « A chaque fois que je regarde la télé et que je vois ces pauvres enfants qui meurent de faim partout dans le monde je ne peux pas m’empêcher de pleurer. Je veux dire, j’adorerais être aussi maigre qu’eux mais pas avec toutes ces mouches, et la mort et tout ça… »
- C’est sensib’… ça… Elle montre qu’elle a du cœur tout en pensant à elle…
- Ouais, elle est terrib’…
- Puis cette volonté d’aller au sacrifice pour plaire à son public…
- Le public ça compte…
- Ma mère a mangé des œufs pendant toute sa grossesse pour que je sois blonde… C’est Ophélie Winter qu’a avoué le sacrifice…
- C’est pas vedette pour rien. Déjà la mère savait… C’est génial !
- I’-z-ont pas de leçon à recevoir. C’est du pro…

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- Même les pépés. Johnny… ouais, Johnny soi-même, qu’est pas con comme on voudrait que Johnny soit con, on voudrait. Quand il a fait Paris-Dakar, Monsieur Hallyday les a sciés. Il leur a balancé à une étape : « Tu te rends compte, si on n’avait pas perdu une heure et quart, on serait là depuis une heure et quart !
- C’est logique… C’est du carter… cartérien…
- Cartésien…
- Ouais. A peu près…
- Tu sais, le plus naturel… et le pauvre, les traîne-savates qu’arrivent pas à sa cheville, se foutent de sa gueule…
- Tu veux parler de Jean-Claude Van Damme ?
- Comment que t’as deviné ?
- C’est le meilleur pour moi, donc c’est çui qu’on emmerde le plus…
- Juste Auguste.
- Alors, qu’est-ce qu’il a dit aux autres abrutis ?
- L’a fait un cours de philosophie. J’ai tout noté au bic sur le fond de ma barquette de frites…
- T’as fait ça ?
- Je l’ai fourrée dans ma poche… ça merde un peu à cause de la mayonnaise qui reste…
- Vas-y, lis !

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- « L’être humain, qu’a dit Jean-Claude, en général dans la vie réacte. On réacte, c’est-à-dire qu’on fait ce qu’on est supposé faire : travailler, manger – je m’excuse de l’expression -, chier, mais je trouve qu’un être humain doit créer ! »
- C’est fort !
- C’est fort… Tu veux une frite ? J’en ai une qui colle au fond.
- Merci, j’ai mon pepermint à la menthe…
- C’est le meilleur Jean-Claude…
- Le meilleur…

9 mars 2004

Au bal des cons...

Le rêve libéral en 2004 donne le vertige !
Cette idée que le progrès social attaché au PIB est potentiellement infini tant que ce dernier progresse, est une des plus belles escroqueries intellectuelles du siècle passé et de celui qui débute.
Le bilan provisoire du « progrès » s’établit sur un constat – dans les pays riches – de la montée des inégalités, d’un accroissement vertigineux des pollutions, de la confirmation d’une société duale, d’un surcroît de violence donc d’un retour à la barbarie, enfin, d’un pillage systématique des espaces « libres » comme les mers et les territoire habités par des populations sans défense.
Ce qui précède se décline comme une foutaise par les économistes optimistes. Leurs supporters appellent ça du rabâchage de vieille femme. Les imbéciles heureux pensent que ces difficultés seront surmontées par des découvertes scientifiques. C’est ainsi qu’ils mêlent gaillardement l’aspect « matière première de substitution » et sciences humaines, lois naturelles et science fiction.
Si vous êtes capables de raisonnement, donc que vous n’êtes pas de ceux-là, convenons ensemble que le rêve libéral vire au cauchemar.
Comment imaginer un monde dans lequel chacun posséderait un ou deux véhicules, occuperait une habitation avec piscine au centre d’un parc de minimum un hectare, entouré des gadgets de la modernité et consommant des dizaines de kilowatts heure rien qu’en restant « off » ?
S’il est vrai que cette situation existe pour quelques uns, faire miroiter le clinquant de ce paradis aux autres est une supercherie à laquelle s’emploie le parti libéral mondial.
Mais alors, le capitalisme vu sous cet angle, n’est-ce pas une sorte de fascisme… un fascisme adapté à nos démocraties, un fascisme sans bottes, sans führer, un fascisme feutré, insidieux, sournois ? Celui qui nous fait bosser pour des lendemains qui chantent en sachant pertinemment que les exemples qu’il nous jette en pâture ne sont que la carotte qui fait avancer l’âne ?
Le temps nous est compté pour changer du tout au tout cet idéal ringardisé par les faits. S’y attarder risque de nous faire basculer dans des enfers dont nous n’avons pas idée, jusque compris la fin apocalyptique de l’humanité.
Nous devons vivre avec moins pour vivre mieux, mais autrement. Nous devons apprendre à vivre sans être des pillards. Nous devons partager nos ressources et nos savoirs, gratuitement, généreusement, deux notions inacceptables pour les libéraux.
Je signale à ce titre que Vincent Cheynet vient de lancer un journal « La décroissance » qui entend nous mettre en garde contre le diktat libéral des démocraties occidentales.
Il y a des idées là-dedans qui ne plairont pas à tout le monde et pourtant, comme elles sont justes !
Abandonnons ce sympathique battant pour revenir à notre propos.
Je ne vous ferai pas l’injure de vous balancer des statistiques que tout le monde connaît dont la plus célèbre est une antienne : 20 % de l’humanité consomme 80 % des ressources naturelles, pour que nous nous arrêtions pile au bord du gouffre en faisant notre examen de conscience.

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Si volontairement nous n’abandonnons pas le libéralisme à la papa gâteau version fast-food, d’ici 20 ans, une crise écologique majeure nous l’imposera. Outre le choc pétrolier qui lui est mathématique et pourrait surgir dans les dix années prochaines, les déséquilibres climatiques, les extinctions des espèces par leur surexploitation sont autant de menaces aux conséquences infinies, ce dont, dans notre inconscience de consommateur, nous nous foutons éperdument.
Les discours d’aquoibonismes, les ricanements des contemplateurs du cadavre exquis et aujourd’hui obèse du moderne consommateur, les protestations indignées de la faune libérale qui n’a pas encore l’indigestion de sa boulimie, les sursauts du sprinter socialiste qui se croit dans la dernière ligne droite prêt à emporter le droit de s’asseoir à la table d’hôte du MR, tout ce beau monde de jouisseurs en attente d’une nouvelle caisse de belons ne pourra pas atteindre le but qu’il s’est fixé.
Ringards, mille fois ringards, ils veulent nous faire croire qu’ils détiennent le pouvoir de nous faire sortir du tunnel pour déboucher sur un avenir plein de promesses, alors que nous sommes tout bonnement dans le tunnel de leur trou du cul !

8 mars 2004

Leçon au FOREM.

- Je me présente, Amédée Ménage. Le FOREM emploi-formation m’a demandé un cycle de conférences pour vous aider à chercher un emploi. Mon histoire est exemplaire. Il y a à peine deux ans, j’étais comme vous, à remplir des formulaires et à demander des entrevues aux entreprises.
Lorsque je fus demandé pour un coup de main dans un déménagement. Ici, je vous demande de prêter attention à ce qu’il en est advenu.
L’entreprise de déménagement avait à charger à Dieppe du matériel de la société Darfeuille-Parfums. Je faisais équipe sur le deuxième dix tonnes avec le chauffeur.
Le patron de cette entreprise nous donnait carte blanche pour vider l’ensemble des ateliers en un week-end. Ensuite, nous avions à décharger nos camions le lundi dans des containers à Dunkerque, destination l’Angleterre.
On ne s’est jamais tant marré.
Le patron, plutôt la patronne, une Anglaise charmante était avec nous pour vider son bureau. Quant aux affaires du personnel, elle s’en fichait complètement et nous autorisa à faire notre choix. Je ne vous dis pas l’aubaine en vêtements, machine à café, denrées alimentaires. Un collègue a même trouvé de l’argent dans une boîte marquée « cagnotte du personnel », un autre cinquante euros dans un cache-poussière. Notre salaire, plus les prises de « guerre », j’avais en deux jours ramassé ce que je gagnais en une quinzaine chez Grosfer, que j’ai déménagé par la suite au Portugal.
Revers de la médaille pour cœur sensible, nous avons lu dans les journaux du mardi l’effarement des 48 femmes employées qui le lundi matin ont appelé un serrurier pour entrer dans l’entreprise où il n’y avait plus rien. Cette affaire d’effraction est du reste toujours inscrite au rôle de la Justice du coin, la patronne ayant porter plainte !
Je vous rassure tout de suite. Nous avons agi légalement sur injonction du propriétaire des lieux. Il n’y a pas de loi qui l’interdise. La propriétaire, si on chipote un peu, pourrait se voir inquiétée aux prud’hommes pour non-respect des délais de préavis. Comme elle est installée à Manchester, elle s’en fiche un peu.
Le personnel a été indemnisé par les fonds spéciaux et n’a perdu aucun avantage, ni préavis. C’est donc la conscience parfaitement dégagée que cela m’a donné l’idée de créer une entreprise spécialisée dans le déménagement discret et rapide des entreprises.
Je ne le regrette pas.

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J’ai déménagé Clodor, une fabrique de Chips, sur trois jours chômés. Je ne vous dis pas la joie de mes enfants avec les cent kilos de chips que j’ai rapportés. Là, le patron avait eu l’idée de mettre les 190 salariés en chômage technique. J’ai replacé la division croûton à Pavie, chez un beau-frère de Bandini, le patron. C’est lui qui m’a recommandé à la société Dorite-Sûr une de ses petites affaires dans le Kent qui fabrique des câbles optiques et qui intéressait vachement une société américaine. On a mis tout en caisse en une soirée. C’était le mardi. Le mercredi matin, avec l’administrateur de Dorite-Sûr, on s’est planqué dans les buissons, histoire de rigoler à voir la tronche des délégués du personnel.

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Le plus marrant, c’est quand un importateur Hollandais m’a demandé si je ne connaissais pas quelque chose du côté de Dieppe pour se sauver de Rotterdam. Je me suis souvenu de ma première affaire et il s’est installé dans les anciens locaux de Darfeuille-Parfum. Au passage, j’avais touché ma petite commission, bien entendu.
Aujourd’hui, j’ai une employée qui relève les noms des entreprises belges qui ont des visées de décentralisation à l’étranger et un démarcheur pour leur proposer nos services.
Nous avons un armateur panaméen qui travaille pour nous et mon intention est d’acheter l’année prochaine un cargo au Honduras pour réaliser les navettes Anvers – Amérique du Sud, port d’attache Panama, bien entendu !
Je terminerai mon exposé, mesdames et messieurs, par vous dire que nous sommes en pleine expansion et que j’ai en perspective trois déménagements à Charleroi et dix-sept à Liège! Ce qui donne une idée que la bonne affaire que j’ai créée correspondait à un besoin.
Parallèlement, j’ai ouvert un magasin de seconde main avec du matériel et des vêtements récupérés. Sur le point sensible des gros départs, quelques jours avant les déménagements, j’inaugure une agence intérimaire de l’emploi.
Ma femme a équipé une friture mobile. Elle est sur place le jour où les travailleurs sont à la porte. Ils discutent. Ils restent plantés des heures à ne savoir que faire. Ils mangent des frites pour passer le temps.
On loue aussi des braseros en hiver.
D’une idée peut en jaillir une autre.
C’est la conclusion de ma première leçon.
Je vous remercie de votre attention.
La semaine prochaine, je vous présenterai un comptable qui remplit les feuilles d’impôt au MR.

7 mars 2004

Un chômeur exemplaire...

- Tu fous ?
- J’suis au chômedu.
- Depuis ?
- Depuis qu’Imprim’tout a mis la clé sous le paillasson… le dirlot s’aère en Suisse… les autres sont devenus clodos.
- T’y foutais quoi ?
- J’étais sur un bazar qu’est devenu songerie au musée… linotype… brontosaure façon poète d’aujourd’hui dans le registre épithète laborieuse…
- C’est-y-quoi ?
- On sait plus de nos jours. Un machin de maréchal-ferrant de l’alphabet.
- Donc, ça pourrait revenir !
- T’as déjà vu qu’on revenait au lance-pierre, quand on a un flingue dans la pogne ?
- T’es peinard à la pointeuse ?
- Tu penses. Voilà-t-y pas qu’i’ faut que je fournisse des preuves de ma recherche constante et fiévreuse d’un travail !
- Des preuves ? T’as buté l’employée de la FGTB ? T’as envoyé Bodson se faire parachuter ailleurs ?
- Non. C’est une nouvelle manière de nous emmerder… On touche trop. On gène la bonne statistique… La FGTB n’est pas dans le coup… d’ailleurs, elle est plus dans le coup pour rien !
- Tu cherches pas ?
- Voilà vingt piges que je cherche.
- T’as des traces ? Un courrier ? Si c’est le cas, t’es bonard !
- Pas dit, ma couille, pas dit…
- Comment, t’as fait que de l’oral ?
- Non. Mais faut me comprendre. J’ai plus de spécialisation, vu que la linotype, c’est une sorte de zombie mécanique du grenier de la poésie d’Amay… Alors, j’ai voulu me diversifier… me répandre dans le business, faire comme à la FEB…
- Alors ?
- Ma première idée ça a été le lobbying. T’as lu dans le journal qu’on publie les noms aujourd’hui de ceux qu’ont touché de Saddam pour promouvoir l’idée du pétrole contre de la nourriture du temps où l’ONU sortait le dictateur fou de l’embargo amerloque.
- Oui…
- Pas que des loquedus qu’ont touché en Belgique. D’ici à ce qu’on publie des noms… Enfin, à l’époque, je me suis dit que je pourrais gagner vite fait des pèpettes aussi. Voilà un job dans mes cordes ! J’ai écrit à Saddam pour me mettre sur les rangs…
- Mais tu vends pas du pétrole, t’en achètes pas… T’as plus de bagnole !...
- Et ma lampe tempête, quand i’ m’ont coupé le jus et que j’avais même plus une 60 watt pour aller aux WC ? J’ai eu besoin de pétrole, moi, tu peux le dire…
- Qu’est-ce qu’i’ t’a répondu ?
- Rien. Pas de réponse… C’est grossier ça…
- T’as pas fait que ça ?

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- Non. Quand j’ai appris que Nihoul avait touché de la gendarmerie 10.000 pilules d’Ectasie pour les rancarder sur Dutroux et Lelièvre, je me suis dit que le métier de balance – quoique déshonorant – pouvait empêcher un homme de crever de faim. J’ai écrit au général du chose quand gendarme voulait encore dire police. Je me serais contenté de 1000 pilules.
- Je parie qu’i’ t’ont pas répondu non plus.
- Non. Mais depuis et jusqu’à la réforme des polices, i’n’ont fait que m’emmerder.
- Faut croire qu’avaient que ça à foutre ?
-Faut croire.
- Puis j’ai écrit à Laurette qu’a vu tous les ministères, pour savoir lequel était le plus pèpère. Je voulais postuler. Quand tu vois les pieds-plats que c’est… Le blé qu’ils se font ! Qu’en plus, i’ paient pas leurs impôts…
- T’es sérieux ?
- Comme je te dis.
- Elle, elle répond toujours.
- Pas un pet, qu’elle m’a fait, rien. J’ai eu droit qu’à la circulaire… que j’allais souffrir si je trouvais pas une combine pour glisser hors de la statistique chômage. Je me suis rancardé. Paraît que ministre, c’est comme qui dirait une affaire de famille. Ils appellent ça la démocratie héréditaire. T’es le fils machin, la belle-doche d’un président, le neveu d’un pilier, t’as droit à des égards. Si tu sais signer sans faire une faute dans ton nom, t’as des chances d’émarger… Les autres peuvent aller se branler…

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- T’as quand même fait des efforts…
- Pas les bons. Ça les branche pas mes combines.
- Tu vas faire quoi quand tu seras sans un ?
- Délinquant. Faudra bien…
- Quelle délinquance ?
- Tu sais, je suis un modeste. Les vols, les crimes… pas bons pour moi.
- A quoi t’as pensé ?
- J’ai pensé m’inscrire patron-failli. J’avais pas de références, pas de casier, rien ! A la FEB ils ne prennent que la crème… Faut au moins 50 ouvriers sur le carreau pour prétendre au « Patron de choc de l’année ». Me v’la mancheux-artiste. Tu vois sans jouer d’instrument, je passe à la grosse caisse, Krishna à l’occasion, j’ai une petite qui me refile les tablettes de chocolat avarié qu’elle ramasse dans les poubelles des supers, une autre qui me file un peu de blé quand un généreux lui laisse un pourliche pour une pipe qui va lui faire des souvenirs…
- T’es mac ?
- Qu’est-ce que tu vas chercher là ! Je les fais rire. C’est pas tous les jours à Liège…
- C’est pas des solutions, ça… Faut aller au turbin honnête…sinon, tu vas finir crapule.
- Si tous les gars qu’ont pas des turbins honnêtes tombaient dans la crapule, t’aurais plus que des délinquants côté Rond-point Schumann et rue de la Loi….

6 mars 2004

Des prix cassés chez Giboyeux.

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5 mars 2004

Un réseau clé sur porte...

- Tu crois au réseau ?
- Qué Réseau ?
- Bien, celui de Dutroux.
- Bof…
- T’y crois pas trop ?
- T’as vu comment i’ marche celui de la SNCB ?
- Je vois pas…
- En Belgique, jamais un réseau a fonctionné !
- Comment ça ?
- Ici, on n’est pas pour organiser.
- Peut-être pas partout ?
- Si partout. La Justice qu’on allait réformer ! La police qu’allait changer ! T’as vus les réseaux que c’est ?
- Justement, si on est nul pour organiser la société, on est peut-être fort pour la désorganiser ?
- Penses-tu ! Comme i’ s’organisait Dutroux ?... ses bagnoles pourries… le genre de viandards qu’il avait comme complices… ses combines qu’il fallait être cons pas possible comme nos inspecteurs-la-bavure pour rien sentir…
- Son réseau, c’est bidon ?

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- Pour lui, il existe… son réseau, il l’a dans la tête : personnalités haut placées, filières internationales, tout et tout… Il est tellement fort qu’il est parvenu à se manipuler lui-même !
- Tu vois pas d’autres que la bande des quatre dans l’aquarium ?
- J’dis pas ça… T’as peut-être un vieux branleur qu’a cassé sa tirelire à l’occasion… Un proxo des pays de l’Est qu’a cru au père Landru… Un satano machin chose débridé de la varlope qu’a voulu y tâter de la descente aux enfers façon Jack l’Eventreur…
- Donc, il existe !
- Attention… on parle pas de la même chose. Il y a réseau et réseau… Ce que le phénomène voudrait nous faire croire et ce à quoi Langlois n’a pas cru, c’est l’affaire sérieuse, avec comptables, passeurs, livreurs, dépeceurs à domicile, livre de compte, factures sur cartes bancaires et Visa pour l’immonde… avec tous les branleurs du gotha, les grands noms de la roustissure, de la finance, et même des zigomars de la branche basse des Cobourg… la maison sérieuse avec références et crochets de boucherie en nickelé… groom à l’entrée et femme du monde en décolleté plongeant à la caisse…

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- De quoi faire tomber la Belgique dans une sorte de tribu Tontons macoutes… avec palaces, bobinards et chambres de torture dans les caves, réservés à l’élite !
- A peu près… Note, ce qui gêne un peu… mais bast… ça fait partie du réseau d’incapables de notre bel environnement institutionnel…
- C’est quoi ?
- C’est que tout en n’y croyant pas au réseau façon Dutroux, on a eu tellement la trouille à force d’avoir vu des choses, comme l’assassinat d’André, qu’on n’a pas voulu trop touiller dans la merde et qu’ainsi on est passé à côté de l’un ou l’autre étron pourri du réseau minable qui doit être bien réel. Il doit y avoir du côté de Charleroi ou d’ailleurs, l’un ou l’autre enculé qui doit surfer sur l’hémorroïde du sphincter à zéro.
- I’ passera au bleu, çui-là ?
- Dans l’insalubre, t’as toujours une moisissure qu’échappe… Souvent t’as qu’une solution…
- Laquelle ?
- Tu passes au lance-flamme… T’as pas une larve qui survit…
- Dommage.
- Quoi Dommage ?…
- Que la bande des quatre passera pas au lance-flamme…
- Pourquoi pas ?
- Y a plus de peine de mort chez Laurette.
- Pas sûr… Le maximum est encore inscrit dans la Loi. Justement, on attend un peu pour gommer notre flétrissure…
- Merde ! Si on la gommait pas tout de suite, ce serait chouette que le tout dernier à la bascule serait notre phénomène mondial !
- On ferait un appel pour un bourreau, on refuserait du monde…
- Dis mec, t’étais pas contre la peine de mort, hier ?
- Oui, mais c’était hier…

4 mars 2004

Greater Middle East.


Le Grand Moyen-Orient, c’est la nouvelle poussée d’urticaire de Bush au cours de cette année électorale.
Déjà avancée par le père, c’est une sorte de remodelage de toute une région qui du Maghreb au Pakistan engloberait en gros tous les pays musulmans.
Le Président US est si entiché de son nouveau programme qu’il sera proposé au prochain rendez-vous du G8 à partir du 8 juin en Floride, tandis que le volet sécurité sera à l’ordre du jour au sommet de l’OTAN les 28 et 29 juin à Istanbul.
Ce plan consisterait à « aider » économiquement et politiquement à faire entrer des pays aussi disparates que le Maroc et l’Afghanistan dans un concept « moderne » et démocratique.
Les réactions sont assez vives dans les capitales arabes. On rapporte que le président du Yémen, Ali Abdallah aurait déclaré : « Nous devons nous raser la barbe avant que les Américains ne nous la tondent ! ».
En Europe, on se tâte. C’est qu’on a été surpris de voir dans le plan américain pas mal de suggestions de concertations entre le Maghreb et l’Europe reprises froidement comme venant de l’Administration Bush. On se rappelle la propagande US lors du conflit yougoslave qui avait conduit les populations à croire que tous les dons et efforts financiers de l’Europe étaient en réalité une contribution américaine.
Bush veut éradiquer l’intégrisme musulman. Ce plan servirait à la fois de prétexte et de couverture à une pénétration de l’OTAN et des Marines dans des pays à la foi incertaine envers la démocratie, voire hostile à la propagation de l’idéal US.
Ce qui d’emblée à fait tiquer les pays concernés, c’est l’absence du Liban et d’Israël de ce projet.
On soupçonne Bush d’évacuer le problème palestinien en attirant l’attention du monde sur d’autres projets que celui de la paix de cette région.
Le mur de Sharon qui mord gaillardement dans les Territoires et qui poursuit son avancée a détruit complètement tout espoir de régler pacifiquement le contentieux avec le gouvernement actuel de Tel-Aviv.
Le dernier raid israélien à Ramallah visait trois banques où la troupe a saisi sept millions d’euros ! Cette nouvelle ère inédite de violence fait penser qu’il ne suffisait pas à l’armée de Sharon de répliquer au terrorisme par le terrorisme, mais qu’en plus il se devait de tâter au gangstérisme avant les autres. Voilà qui est fait.
L’Europe va bien être obligée de trouver une position commune pour répondre aux Américains. On sait déjà que la France est assez hostile avec l’Allemagne à ce projet. Va-t-on à nouveau, après le clivage de la guerre d’Irak, assister au partage de l’Europe entre les « pour » et les « anti » ?

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L’offensive diplomatique américaine sur ce nouveau plan de l’Administration ne fait que commencer. Avec leur maladresse habituelle comme partout ils se présentent, on le voit bien en Irak, les maîtres du monde iront-ils jusqu’au bout de gré ou de force ? C’est que si la Libye s’est rangée des voitures, la Syrie et le l’Iran, sans compter la nébuleuse égyptienne, ne sont pas des « clients » faciles. Mieux que l’expérience désastreuse de l’Irak, la tournure des événements en Afghanistan et le magma intégriste du Pakistan montre bien la limite d’une intervention américaine sur les deux plans : militaire et diplomatique.
Et pendant ce temps, défiant la puissance américaine : le mollah Omar et Ben Ladden courent toujours. Ne risquent-ils pas de fédérer l’opposition musulmane de la pire des façons au projet américain ? Ben Ladden passe déjà pour une sorte de Robin des Bois parmi des millions de musulmans. Un pareil bouleversement des mœurs et des habitudes qui rappelle par certains côtés paternalistes le colonialisme franco-anglais d’avant-guerre ne ferait-il pas courir beaucoup plus de risques que de profit pour la paix et le progrès ?

3 mars 2004

L’Amérique mystique.

Il paraît que le film The Passion of the Christ de Mel Gibson déchaîne les foules américaines.
Bien entendu, cela risque aussi par mimétisme et goût pour ce qui touche le chewing gum et Hollywood de nous tournebouler l’esprit à notre tour…
Déjà, c’est un succès avec un rapport de 20 millions de dollars rien que pour la première journée d’exploitation du film.
Pour le reste, comme tout ce qui touche aux religions, c’est une légende de légende racontée avec un décalage de 2000 ans. C’est dire, comme la vérité historique, on s’en fout.
C’est qu’il ne reste rien de précis sur l’aventure humaine d’un prophète qui s’appelait Jésus.
On ne sait où il est né et quand. On ne sait rien sur sa famille et s’il avait des frères et des sœurs. On ignore la région ou les régions qui l’ont vu grandir et même mourir, puisqu’il n’y a aucun témoignage du temps. On ne sait même pas s’il a été crucifié comme les catholiques le prétendent et en font grand cas.
Alors, sans vouloir offenser personne, que feraient des gens normaux avec si peu de renseignements ? Ils la fermeraient. Eh bien ! c’est le contraire. Tout le monde y va de son petit détail « qui va changer le monde ».
Je ne vais pas revenir sur les deux lignes de commentaire de Josèphe, l’historien romain, qui commente l’événement à peu près 60 ans après la mort de Jésus, ni sur les quatre évangiles écrits en grec dont le plus proche de la mort supposée du Christ est de cent années postérieures aux écrits dudit Josèphe. Mais sur les mœurs du peuple juif et sur celles des légats de Rome en Palestine.
Une femme procréant hors mariage chez les Juifs était punie de lapidation. Si ce fut le cas de Marie, Joseph - qu’il fut le père ou non - lui a sauvé la vie. La mortalité des enfants en ces temps anciens était épouvantable. Aussi, une femme devait-elle avoir au moins sept enfants pour conserver une chance de sauver un fils. Il est vraisemblable que le Christ eut des frères et des sœurs. Une femme n’ayant qu’un seul enfant était quasiment mise en quarantaine dans la société juive. Même dans les légendes les plus noires qui entourent Marie rien de cette « tare » n’apparaît.
La crucifixion n’était pas en usage chez les Juifs, mais la lapidation. Les Romains ne s’occupaient pas des crimes commis par et contre des Juifs qui ne touchaient pas à leurs intérêts. Les Romains étaient en Palestine en conquérants. Ils méprisaient ce qui leur apparaissait comme une sous-civilisation comparée à la leur. Ils traitaient les Juifs comme les Français ont traité les Algériens dans les années 50.
Un tribunal juif qui aurait condamné Jésus à la lapidation, est l’hypothèse la plus vraisemblable.
Si l’on compare le supplice de la croix pratiqué à Rome avec celui que l’on suppose être du Christ, force est de constater que le matériel n’est pas le même décrit dans les Evangiles. Le bois en Judée étant assez rare, aussi rare qu’il l’était à Rome. Le martyr romain se contentait d’un pilier central de moins de deux mètres. Les hommes de l’époque étaient de petite taille. Il est vraisemblable que le Christ ne devait pas mesurer plus d’un mètre soixante. Les fûts de quatre à cinq mètres étaient réservés aux charpentes des toits. Donc une élévation de la croix de maximum 2 mètres est très vraisemblable. On nous représente le Christ entre deux larrons, en croix eux aussi. Voilà qui augmente davantage l’invraisemblance. La juridiction romaine étant séparée et de toute manière prenant toujours le pas sur la juridiction « tolérée » des Juifs, il n’y a aucun exemple de confusion.
S’il fallait Quae sunt Caesaris Caesari les deux larrons auraient été des voleurs surpris dans le camp romain pour qu’ils fussent crucifiés. Si cela avait été, le Christ et eux n’auraient pas été condamnés de la même façon et au même endroit, puisque un l’aurait été par les Juifs et les deux autres par les Romains.
Les deux larrons étaient attachés et Jésus cloué. Cela aussi à son importance. En admettant qu’il y eut ce jour-là trois crucifiés, pourquoi Jésus aurait-il été puni davantage par les Romains à qui il n’avait rien fait que les deux larrons coupables de crimes envers l’autorité d’occupation ?
Parmi les récits du temps et notamment la révolte des esclaves sous Tibère, le supplice de la croix - d’un usage courant - était une manière de faire durer le plus possible le martyr du supplicié. Il n’y a pas d’exemple à Rome d’un supplicié cloué. En effet, la saignée qui en résulte le vide rapidement de son sang. Ce n’est pas ce que recherchaient les bourreaux.
A tel point qu’il fallait payer les légionnaires chargé de la surveillance afin qu’ils brisent les membres inférieurs des condamnés ou qu’ils les percent avec leur lance et qu’ils meurent plus rapidement.
Or, les récits bibliques mentionnent que les larrons étaient liés et Jésus cloué. Le Christ serait donc mort bien avant les deux autres ?
De même, il existait sur le bois central un repose pieds de manière à ce que le supplicié ne succombe pas par asphyxie. En effet le poids du corps, bras écarté, empêche la cage thoracique de se soulever. Les poumons manquent très rapidement d’air. Les liens aussi serrés soient-ils se distendent sous la charge. Le corps glisse en déboîtant les épaules. Les jambes fléchissent sans repose-pieds. On estimerait la mort par asphyxie à moins de quinze minutes.
N’importe quel médecin légiste vous le dira, le poids du corps est trop important pour qu’il soit possible de le maintenir sur la croix en le clouant par la paume des mains. Il faudrait le clouer par les poignets pour que cela fût possible. A cet endroit, ne pas détériorer le système sanguin veineux par un percement direct relève de la chirurgie fine.

Notre curieuse époque loin de s’écarter par la raison des religions, semble au contraire y délester de plus en plus sa laïcité. Déjà sous nos climats réputés modérés, une certaine forme de censure nous empoisonne la vie. En son nom on cloue le bec des gens avant de les clouer carrément sur autre chose.
Le bidule de Mel Gibson tombe pile pour exciter les intégrismes, raviver la haine au cœur de tous les énergumènes saugrenus, qui refont surface pire que jamais.
S’il ne s’agissait que de nous raconter des fariboles, passe encore, les contes, lorsqu’ils sont de fée, ne font du tort à personne. Mais sur une planète où dans certains Etats les femmes sont toujours lapidées et où les religieux omniprésents font régner la terreur, qu’il soit permis aux sceptiques d’avoir raison garder et d’envoyer se faire voir ailleurs tous les barbus et chevelus qui veulent absolument que nous nous couvrions de nos cheveux et nous nous affublions d’une barbe.
Le merveilleux n’est abordable que lorsqu’il exalte le beau, le bon, le généreux, la paix, l’amour, la vie, le respect, etc. Lorsqu’il s’abat sur des tours, construit des murs ou se fait exploser dans la rue, que ce soit aux noms des dieux ou aux noms des hommes, c’est absolument dégueulasse.

2 mars 2004

La Mondialisation des Services d’Espionnage (MSE)

- En marge des sommets des Nations, nous tenons aussi nos assises.
- C’est-à-dire ?
- Nous, les Services secrets, on nous demande d’être de plus en plus performants avec des budgets de plus en plus réduits.
- Et alors ?
- Nous avons mis nos Services de renseignements en commun, la M.S.E..
- Par exemple ?
- Si Jacques Chirac reçoit le président tchèque, c’était à notre homologue praguois de placer les micros et obtenir des renseignements. A charge pour nous de piéger l’hôtel où leur président est descendu. Dorénavant, c’est nous, les Services français, qui recueillerons les confidences sur l’oreiller du couple présidentiel Chirac. C’est plus facile pour tout le monde et nous risquons moins de nous faire repérer. A leur charge, ils nous donneront les conversations de la délégation de leur pays.
- Ça marche ?
- Ça marche très bien. La dernière fois, ils ont traduit gentiment du tchèque en français une série de recommandations de Vaclav Klaus à son premier ministre que nous aurions mis une semaine à traduire.
- Qui disait quoi ?
- Non. C’est confidentiel. Nos collègues praguois sont tout aussi discrets. C’est normal.
- Cette nouvelle formule d’espionnage est la même partout ?
- Oui. Dernièrement, on a soupçonné Tony Blair d’avoir mis Kofi Annam sur table d’écoute.
- Ce n’est pas le cas ?
- Non. Puisque c’est la CIA.
- Je ne comprends pas. Les accords, m’avez-vous dit, son bilatéraux. C’est-à-dire que ce sont les services de Kofi Annam qui auraient dû mettre leur patron sur écoute et qui auraient dû communiquer le résultat à l’Intelligence Service et à Tony Blair.
- C’est là que nous sommes forts. Des accords, en effet, existent entre les services secrets de Kofi Annam et de l’Intelligence Service, mais la CIA est mieux outillée et est présente à tous les étages du building des Nations Unies à New-York. Alors, c’est elle qui fait le service, à charge pour Tony Blair d’envoyer les soupirs des anges entre Elisabeth et le duc d’Edimbourg à la CIA et au contre-espionnage des Nations Unies. …
- Les services secrets des grands pays doivent avoir plus de renseignements à fournir que ceux des petits pays, comment faites-vous pour équilibrer ?

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- Nous nous réunissons chaque fois que cela l’exige, la dernière réunion, c’était à Davos, en marge de la conférence, et là nous faisons ce qu’en terme bancaire on appelle des compensations.
- Et celui qui reçoit plus qu’il ne donne ?
- C’est lui qui paie le séjour des délégations.
- Et si ce n’est pas suffisant ?
- Il donne des renseignements que nous ignorions sur son propre pays.
- En somme, il fait de l’espionnage de compensation.
- C’est ça.
- Et la Belgique, là-dedans ?
- Je ne peux rien dire. C’est secret voyons…
- Allez, c’est moi qui paie la tournée, en compensation.
- Bon. Juste un tuyau. Verhofstadt ne voulait pas du chiffre de 200.000 emplois. Il voulait créer 2.000.000 d’emplois. Et comme il n’y a pas 2 millions de chômeurs en Belgique, il s’est laissé convaincre par Louis Michel de rabattre à deux cent mille.
- De toute manière il n’atteindra pas ce chiffre.
- Pour nous, là n’est pas le problème.
- Ah ! où est-il ?
- Michel l’a convaincu du chiffre de deux cent mille, parce qu’il craignait qu’avec les deux millions, il y ait au moins un million d’émigrés en supplément attirés par des emplois nouveaux, vu qu’en Belgique, il n’y a pas un million de chômeurs… enfin sur le papier !
- Ça ne risque pas, comme on voit comment c’est parti !
- Oui, mais l’Albanais ou le Tunisien ne peut pas savoir que c’est des craques !
- Et le Belge, alors ?
- Ce n’est pas pareil. Il est né croyant…
- Qu’est-ce que vous négociez entre vous, pour le moment.
- Nous avons mis en compensation la capture de Ben Ladden.
- Vous ne savez même pas où il est !
- Il est au Pakistan, Pervez Moucharraf pourrait le livrer, mais il attend une compensation. Bush lui a proposé Castro et le président péruvien, mais cela ne l’intéresse pas.
- Qu’est-ce qu’il veut ?
- Abdul Kalam, le président de l’Inde, pas moins…
- Et alors ?
- On est en pourparler avec l‘espionnage indou. Ils doivent beaucoup à la CIA.
- Affaire à suivre ?
- Affaire à suivre. Je prendrai bien une trappiste…
- Garçon ? Deux trappistes…

1 mars 2004

Joie !... Nous avons un nouveau Gaston Lagaf...

BERT ANCIAUX : Ministre fédéral de la Mobilité et de l’Economie sociale, SPIRIT (Sociaal, Progressief, Internationaal, Regionalistisch, Integraal-democratisch en Toekomstgericht), depuis juillet 2003 est le père de la nouvelle réglementation routière en vigueur à partir du 1er mars 2003.

On sait depuis l’affaire des vols de nuit sur Bruxelles que le Spirit of Saint-Louis piloté par Charles Lindbergh n’aurait pu atterrir à Zaventem sans survoler illégalement la Sociaal Progressief Vlanderen.
Il n’était pas décent que l’integraal-democratish Bert Anciaux terminât son numéro de trapèze volant sur des 747, sans réfléchir comment sur Ferrari on peut aussi caler son moteur dans le tunnel sous Cointe.
C’est fait.
Il était temps.
A trois mois des élections, il était regrettable que ce gouvernement n’eût que le trio Ducarme-Fourneaux-Michel au hit parade de la piste aux étoiles. Il se devait que les socialistes flamands partageassent avec leur apparenté Bert, la vedette du spectacle. C’était juste une question d’équilibre.
Avec la Nouvelle réglementation routière, on entre quasiment dans le plébiscite indiscutable et la reconduction certaine de cette dynamique troupe de comiques de haut niveau.
Les amendes iront de 50 à 11.000 euros, à l’estime de l’infraction par l’agent qui bulle à un carrefour, au juge de Correctionnelle sur le rapport du susdit.
Autant dire que seuls les riches s’en sortiront sans trop de douleur. Un paumé qui paie une caisse d’occasion à 2000 euros par 100 euros de mensualité, sera incapable de solder son amende parce qu’il a stationné sur un trottoir ou tourner à un carrefour sur la droite alors que le feu était entre l’orange et le rouge.

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Qu’à cela ne tienne, le juge pourra descendre la barre au prorata de son indigence ou lui retirer le permis de conduire, ce qui le ramènera à la case départ, puisque pour repasser la chose, ça ne sera pas gratuit.
L’intention était louable : laisser moins de Belges sur le carreau, fauchés par l’ivrognerie au volant et l’irresponsabilité d’un chauffard.
A part les Caisses de l’Etat renflouées de ce nouveau pactole, je ne sache pas que toutes les infractions revues à la hausse soient de nature à faire baisser la mortalité sur nos routes.
Ce n’est pas une question de pognon. C’est une question de mentalité.
Par contre, ce qui va arriver, c’est l’augmentation des coûts de transport qui nous pend sous le nez. Les transporteurs n’étant pas des mécènes, ils feront ce qu’ils ont toujours fait à savoir répercuter sur l’amont ce qui augmente en aval.
On a déjà passé le cap des augmentations des assurances auto avec des cris et des grincements de dents de tous ceux qui ne font jamais de casse et qui sont pris en otages pour les autres, Voici la fausse prévention sécuritaire ou rouler 20 km au-dessus d’un règlement communal datant de 1935 et réduisant la vitesse à 30 km heure sur une ligne droite bordée de prairies à vaches, vous vaudra l’infraction grave de troisième degré.
Bert Anciaux s’il veut prôner une politique de transport en commun ne se prendrait pas un bide magistral, si, sur le même temps que les pauvres lâchent le volant, il multipliait les itinéraires de bus et leur fréquence.

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Hélas ! dans un pays qui a joué et joue encore la carte des autoroutes et du slogan libéral « ma voiture, c’est ma liberté », voilà un beau couac répressif, inutile et seulement dissuasif aux derniers paumés qui s’attachent à leur voiture comme à un radeau de survie sociale.
Reste que l’Etat fait avec la bagnole, ce qu’il a fait avec les cigarettes. Il veut nous dissuader de toucher un volant, pour cela, il met toute sa fureur à nous surtaxer. S’il arrivait dans l’aventure qu’il réussît à nous en dégoûter, c’est lui qui en crèverait le premier !
Pleurnicher sur les rigueurs de l’Etat justicier ne sert à rien. Quant à laisser l’usager de la route culpabiliser seul, c’est oublier la responsabilité de l’Etat dans cette TVA extrême sur les pièces de rechange, plaquettes de frein, accessoires et pneumatiques, sans compter les heures de garagiste prohibitives voulues par le Législateur et qui entraînent indirectement des victimes supplémentaires de la route.
Zéro de conduite, l’Etat ? Responsable, mais pas coupable, selon la belle formule.
Bert Anciaux ne s’en est pas souvenu. Pour lui, nous sommes tous coupables, sauf lui, qui est irresponsable.
C’est normal. Une voiture de fonction est toujours conduite par une autre personne que le ministre. C’est bien connu.