31 juillet 2021
Une planque : secrétariat d’État !

On nous a assez tenu sous pression sur l’affaire Haouach, foulard ou pas foulard, nommée par l’imprudente Schlitz, écolo de pointe, c’est-à-dire aimant la nature, les petits oiseaux et les suffragettes étrangères, bobo jusque dans le fond de teint. Une écologiste moderne, somme toutes, très au courant des désastres qui s’annoncent, mais incapable de renoncer à son impressionnante facture d’électricité, grâce aux éoliennes « merci », pensant vaincre les 2 ° 5 de hausse des températures en sillonnant les routes du progrès dans sa voiture électrique rechargeable tous les 300 kilomètres.
Mme Haouach a démissionné d’elle-même (sic), comme une grande et n’ayant pas besoin du complément financier d’un traitement de secrétaire d’État, pour boucler ses fins de mois.
Ce qui est intéressant dans ce mini désastre politico-religieux, c’est la notion de « Secrétaire d’État ». C’est tout simplement une extension d’emploi à peu près fictive à des personnages des partis ou privés afin de récompenser des amis fidèles et des ennemis potentiels, à qui on ne peut pas refuser ça, pour des raisons tactiques.
Enfin, certains mériteraient d’être baptisés « ministère », par exemple le budget et la relance européenne. Tous les autres sont à compétences infimes. Tellement qu’on aurait pu s’en passer et refiler la demi-page des charges au cabinet du ministre concerné.
Par exemple « l’égalité des chances » chez Schlitz, et le « le numérique » du petit Mathieu de la famille Michel, chez n’importe qui.
Mais c’est comme ça en Belgique. Alexander De Croo jure bien que toutes les dépenses sont vraiment indispensables dans son gouvernement ; mais, il n’échappe pas à la gabegie et à la dépense inutile, comme tous les autres avant lui.
Les structures de l’État belge prêtent à rire partout à l’étranger. Le fonctionnement de l’Usine à Gaz échappe même à ceux qui, de législation en législation, ajoutent quelques tubulures, vannes de bronze et compteurs supplémentaires des pressions linguistiques.
L’antienne est toujours la même « organiser un État solide et fonctionnel » !
On cite en se tenant les côtes de rire, le secrétariat d’État de Pieter De Crem (CD&V) sous Charles Michel. Désœuvré à Bruxelles, il avait organisé un programme d'études… à Harvard, en ne perdant rien des émoluments de secrétaire d’État en Belgique, versés par le contribuable, bien entendu.
« La difficulté des secrétariats d'Etat gadgets est qu'il faut se faire remarquer quand on n'a guère de pouvoirs réels. » dit un professeur d’économie de l’université de Liège. Précédemment, De Croo avait déclare au Vif: "Je préfère une femme voilée qui travaille qu'une femme voilée qui reste à la maison". Ce qui donne une idée du peu d’intérêt pour les principes et la laïcité, du fils d’Herman de Croo.

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L’État belge, c’est une fourmilière, c’est même à cause de cela qu’il est quasi moribond. Juste une petite poussée du bout des doigts du Belang et de la NV-A et les débris de l’usine à gaz partent en poussière.
L'intérêt général, vous pensez qu’ils s’en moquent. C’est même une des raisons, sinon la principale, qui laisse l’intérêt du peuple loin de cette organisation démentielle.
On ne sait pas encore qui relèvera le gant pour dénoncer la scandaleuse nomination de Mathieu Michel à un poste inutile. C’est dans la crainte de ce cartel que Georges-Louis Bouchez s’est saisi de l’affaire Haouach pour se démarquer du scandale.
C’est que Bouchez n’est pas en odeur de sainteté au MR, sa réputation de hâbleur et de grande gueule lui fait du tort. « Il échappe à peu de monde qu'il garde chaude la place pour Charles Michel, temporairement à l'Europe. M. Bouchez doit aussi combattre la popularité énorme de Mme Wilmès. Ecolo lui offre un boulevard pour justifier ses gesticulations endémiques, au nom des principes. » (Le Vif)
Même la venue de Nadia Geerts procède de la prodigalité endémique, plutôt que d’une défense franche de la laïcité.
Le trublion du MR critique tout le monde, y compris le gouvernement dont il fait partie ! Il critique même les partis qui défendent des compromis que son parti a proposés !

30 juillet 2021
On n’ose qu’en révolution !

Sacré Auguste Comte, lui qui voulait que tout passât par la science, il ne pouvait pas savoir comme la science s’est pris les pieds dans le productivisme autoritaire du libéralisme !
Drôle de drame d’une démocratie qui s’achève en ploutocratie – régime libéral MR et consort – et qu’Auguste Comte en soit le parrain malgré lui, pauvre homme, s’il avait su !
Ce point de vue n’est pas étudié dans les universités, toutes en questionnements sur les sciences pour complaire à Auguste positiviste, sauf sur celle de l’économie politique et des régimes qui en découlent, pour faire plaisir aux mânes d’Adam Smith et Jean Gol.
Quant aux recteurs, une minute d’attention : Ernest Renan, contemporain d’Auguste, donne une définition qui colle à merveille à vos tartarinades sur la question.
« J’appelle ploutocratie un état de société où la richesse est le nerf principal des choses, où l’on ne peut rien faire sans être riche, où l’objet principal de l’ambition est de devenir riche, où la capacité et la moralité s’évaluent généralement par la fortune. »
De cette démocratie partie en sucette dans la ploutocratie, Auguste Comte en disait des merveilles « …un nouveau système parvenu à son entière maturité » (l’ère des maîtres des forges et des propriétaires des charbonnages). « …tel est le caractère fondamental assigné à l’époque actuelle par la marche générale de la civilisation. »
Ah ! si Auguste Comte s’était arrêté en pleine admiration euphorique, il en eût été pardonné. Mais non, encore fallut-il qu’il entreprît d’aggraver son cas « deux mouvements de nature différente agitent aujourd’hui la société : l’un de désorganisation, l’autre de réorganisation ». Vous l’aurez compris le premier conduit au désastre et à l’anarchie et le second vers l’état social définitif de l’espèce humaine, le plus convenable à sa nature. «…celui où tous ses moyens de prospérité doivent recevoir leur plus entier développement et leur application la plus directe ».
Auguste serait bien surpris s’il revenait hanter les auditoriums des universités, risquer un regard sur les copistes des estrades illustres, ensuite partir nez au vent humer dans la foule l’immense satisfaction qu’il croyait y voir, et n’apercevoir que misère et désillusion !
Ni l’opinion des rois, ni l’opinion des peuples, mais celle de la doctrine organique de la science ! Auguste, contempteur de son présent industriel, fait à l’époque l’éloge du charbon et de la vapeur, ces Léviathans mangeurs des étourdis des campagnes venus mourir de faim dans les grandes villes, au service de la grandeur de l’État !
Pour conclure que la destination de la société parvenue à maturité « …de construire avec tous les matériaux qu’elle a amassés, l’édifice le mieux approprié à ses besoins et à ses jouissances » qui débouchera, Comte en est persuadé, « … sur la noble et grande entreprise réservée à la génération actuelle ».
Il faut quand même que l’on sache que « la génération actuelle, la noble et grande entreprise » d’Auguste Comte s’est fait décimer dans les tranchées de 14-18 et que, de cette conséquence, aurait quand même dû découler une certaine réserve des Universités à l’égard du « grand homme ».

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Nous sommes en 2021 et Comte, toujours enseigné, est passé définitivement dans la catégorie des vieux cons pour des gens censés, alors que l’université toujours aussi libérale n’en démord pas sur le génie du bonhomme !
En revanche Ernest Renan est considéré comme un farfelu « doué d’une belle écriture » pour le monde ploutocrate libéral.
À lire la conclusion que Renan tire des sottises d’Auguste Comte, on se demande encore comment l’université a pu donner l’exclusivité à ce dernier « Les révolutions seules savent détruire les institutions depuis longtemps condamnées. En temps de calme, on ne peut se résoudre à frapper, lors même que ce que l’on frappe n’a plus de raison d’être. Ceux qui croient que la rénovation qui avait été nécessitée par tout le travail intellectuel du XVIII me siècle eût pu se faire pacifiquement se trompent. On eût cherché à pactiser, on se fût arrêté à mille considérations personnelles, qui en temps de calme sont fort prisées ; on n’eût osé détruire franchement ni les privilèges, ni les ordres religieux, ni tant d’autres abus. La tempête s’en charge… Rien ne se fait par le calme : on n’ose qu’en révolution ». (L’Avenir de la science, Pensées de 1848-1890)

29 juillet 2021
Dépendance et indépendance.

Le grand guignol vient de France sur les tribulations d’une justice déchirée en interne entre faction politique rivale, tour à tour aux ordres du pouvoir et indépendante ou encore indépendante en partie contre une autre partie dépendante. On ne sait plus. Tout ce que l’on sait et quel que soit le bout par lequel on prend la justice française, l’État de Droit est devenu une véritable foutaise pour les imbéciles heureux qui croient encore à la démocratie en Europe.
Car, les magistrats qui se croient tout permis dans la docilité au pouvoir ou dans l’émancipation de toute contrainte d’État, sont partout disséminés dans les cours de justice de l’UE.
C’est plutôt gratiné en France. On passe sur les condamnations en série des Gilet jaunes, la plupart sans preuve, à la perquisition avec déploiement extraordinaire des forces de police, le 16 octobre 2018, au siège de LFI (La France Insoumise) sur les comptes de la campagne présidentielle de 2017. Le ramdam qui s’en suivit, Mélenchon le paie encore aujourd’hui. Alors que les comptes étaient corrects et qu’on n’en pourrait pas dire autant de ceux d’Emmanuel Macron dans sa campagne électorale pour la présidence de la République. Une plainte fut déposée contre lui, sans suite pour le Parquet.
On saute, plutôt on rebondit sur les affaires « Sarko », la saga « Tapie », pour passer à la mise en examen de l’ex-garde des Sceaux Rachida Dati le 22 juillet pour « corruption passive » et « recel d’abus de pouvoir » dans l’enquête sur ses prestations de conseil auprès de l’ex-PDG de l’alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn. La dame a perçu 900.000 € d’honoraires comme avocate, alors qu’elle était députée européenne. Alain Bauer, criminologue, aurait aussi eu à en croquer. Ce n’est pas sans rappeler l’affaire d’Armand De Decker décédé si opportunément en Belgique.

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C'est une première en France pour un ministre de la Justice en exercice. Le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti a été mis en examen, vendredi 16 juillet, pour prise illégale d'intérêts. On le soupçonne notamment d'avoir profité de sa position au sein du gouvernement pour régler ses comptes avec des magistrats avec qui il avait eu un contentieux en tant qu'avocat.
Ministre en exercice, c’est donc à l’intérieur du Corps judiciaire, la partie des juges s’opposant au pouvoir actuel, qui a pris l’initiative de le mettre en examen.
Et on en vient à la justice belge et des nombreux silences radios autour d’affaires, telle l’affaire Van Rossem, l’ancien député fédéral impliquant des personnalités et des personnalités libérales jusqu’en 2008, mort depuis fort heureusement pour certains pontes de partis au pouvoir ; l’affaire des égouts en pays flamand, impliquant le Christen-Democratisch en Vlaams (CD&V) ; enfin le gros trucage État-Justice-Partis impliquant le CD&V et le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) à propos du dossier Arco, la coopérative financière du mouvement ouvrier chrétien qui a sombré suite à la faillite de Dexia.
De ces affaires dont aucune ne s’est terminée proprement aux yeux de tous les contribuables, une seule conclusion est possible. Lorsque l’État de Droit, dont la justice est garante, ébranle les piliers de l’État libéral dans des affaires impliquant des personnalités importantes ayant des rapports directs avec l’État Fédéral et son équilibre précaire, les enquêtes ne sont plus diligentées, les dossiers prennent de la poussière avant d’être abandonnés.
Cela veut tout simplement dire que la Justice apparaît aux yeux des justiciables lambdas, comme une machine au service des puissants de l’establishment. Sa sensibilité devient extrême et son silence de cathédrale, quand des prévarications de personnages importants mixtes dans les deux langues des affaires qui pourraient enflammer le système fédéral de l’État.
Gaminerie que l’Affaire Kubla à côté de celle impliquant Armand De Decker ! Mort si opportunément le 12 juin 2019, alors qu’en traînant les pieds, la Justice avait déjà auditionné quelques huiles du MR et de l’Open-Vld pour avoir dépêtré trois oligarques kazakhs des rets de la justice belge, moyennant un bel arrosage de devises dont, encore aujourd’hui, on ne connaît que celui qui valut à l’ancien président du Sénat de Belgique de 1999 à 2004, puis de 2007 à 2010, de décéder de « chagrin » sans doute au grand soulagement du beau monde.

28 juillet 2021
On nous cache tout, on nous dit rien

Plus on apprend, plus on ne sait rien // On nous informe vraiment sur rien // Jacques Dutronc

On comprend pourquoi il ne se passe pas grand-chose en Belgique, hormis les couplets patriotiques et les vaticinations néolibérales du psautier de Georges-Louis Bouchez.
Les nouvelles venant de Flandre (plus de la moitié de la population belge), sont filtrées par la presse, les radios et les télévisons, en novlangue française à l’usage des abrutis. Deborsu est en vacances, la trentaine de journalistes (selon l’AJPF) ayant un pied dans l’info et l’autre au MR ou au CDH coulent des jours heureux à l’étranger. On ne fait pas confiance aux stagiaires. Ainsi vous êtes, plus que jamais, les dindons d’une farce patriotiquarde.
Dans le fait divers, le Covid, les inondations, tant qu’on veut ! À peine si vous savez que la Flandre a modifié la loi électorale communale toute seule, comme une grande émancipée.
Dans l’émission Trends Talk sur Kanaal Z. Bart De Wever plaide pour une réunification de la Flandre et des Pays-Bas, sans que la nouvelle ait fait la une des gazettes francophones !
Venant du président d’un grand parti de Flandre, on ne peut pas dire que ce soit insignifiant, un 21 juillet, de plaider pour une réunification de la Flandre et des Pays-Bas. !
“Je mourrais plus heureux en tant que Néerlandais du Sud qu’en tant que Belge”, a-t-il déclaré.

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Le président de la N-VA revient au temps où la Flandre et les Pays-Bas formaient les « dix-sept belles provinces (1) » chères à son cœur. Laisser les Francophones ignorants du désir d’un parti important de quitter l’État belge, me laisse perplexe sur la qualité de nos infos.
À peine sait-on que la N-VA veut négocier une nouvelle réforme de l’État avec le PS après 2024, par la réaction de Georges-Louis Bouchez largement répandue dans les gazettes.
Le président du PS Paul Magnette est également, comme la N-VA, partisan d'une réforme en profondeur du pays. "Nous étions à un soupir d'un accord, dit Bart De Wever, et voilà qu'un parti (l'Open Vld), le septième du pays, a senti l'opportunité de revendiquer le poste de Premier ministre et de créer un gouvernement Vivaldi contre la Flandre".
Le président de la N-VA se tourne vers le PS pour que des changements se produisent après 2024. "Si vous voulez rester dans le légalisme, si vous voulez un jour rendre le pays à nouveau gouvernable depuis la Flandre avec un accord, alors vous devrez en passer un avec la gauche wallonne. Ils sont les seuls en Wallonie à pouvoir en tirer profit au Parlement".
Cette dernière déclaration de Bart De Wever mérite quand même qu’on s’y attarde en Wallonie. Nous sommes directement concernés !
La Novlangue officielle en vacances, c’est Georges-Louis qui fait l’éditorialiste sur Twitter, « ... Essayer de démanteler le pays sans majorité en échange d’un accord de gauche, pour se mettre soi-même hors-jeu ensuite. Je me demanderais quand même ce que pensent les nombreux électeurs flamands de centre-droit de tout cela ».
Voilà qui est admirable, Bouchez s’interroge sur ce que se demanderont les « nombreux électeurs flamands de centre-droit, sans même quêter le moindre avis de son parti et des Francophones !
Le voilà encombré d’un allié embarrassant, le PTB plaide pour un renforcement du niveau fédéral, avec une refédéralisation d'une série de compétences parmi lesquelles les soins de santé et l'énergie. Objectif: rendre la gestion plus efficace et diminuer d'un tiers le nombre total de ministres en Belgique. Voilà une démarche sympathique, à mon sens.
Le scandale, c’est de laisser les habitants en-dehors de manœuvres politiques qui les concernent ! C’est ce mépris des autorités et de leurs valets qui est odieux. C’est se ficher du monde dans une démocratie méprisable à force de s’essuyer les pieds dessus.
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1. “En 1993, j’étais déjà co-organisateur d’une conférence étudiante du Grand Pays-Bas. Je n’ai jamais abandonné ce rêve: que tous les néerlandophones vivraient un jour à nouveau ensemble, les Pays-Bas du Sud et du Nord”. Cette unité aurait de nombreux avantages économiques. “Les ports d’Anvers et de Rotterdam pourraient fusionner pour devenir la porte d’entrée de l’économie de l’Europe du Nord-Ouest. Cela ressemble à une histoire fantastique. Bien sûr, de l’eau devra traverser le Rhin et l’Escaut et les gens ne sont pas encore mentalement prêts pour ça”. (Propos de Bart De Wever recueillis à la BRT et dans les journaux flamands.)