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28 juillet 2021

On nous cache tout, on nous dit rien

Plus on apprend, plus on ne sait rien // On nous informe vraiment sur rien // Jacques Dutronc

On comprend pourquoi il ne se passe pas grand-chose en Belgique, hormis les couplets patriotiques et les vaticinations néolibérales du psautier de Georges-Louis Bouchez.
Les nouvelles venant de Flandre (plus de la moitié de la population belge), sont filtrées par la presse, les radios et les télévisons, en novlangue française à l’usage des abrutis. Deborsu est en vacances, la trentaine de journalistes (selon l’AJPF) ayant un pied dans l’info et l’autre au MR ou au CDH coulent des jours heureux à l’étranger. On ne fait pas confiance aux stagiaires. Ainsi vous êtes, plus que jamais, les dindons d’une farce patriotiquarde.
Dans le fait divers, le Covid, les inondations, tant qu’on veut ! À peine si vous savez que la Flandre a modifié la loi électorale communale toute seule, comme une grande émancipée.
Dans l’émission Trends Talk sur Kanaal Z. Bart De Wever plaide pour une réunification de la Flandre et des Pays-Bas, sans que la nouvelle ait fait la une des gazettes francophones !
Venant du président d’un grand parti de Flandre, on ne peut pas dire que ce soit insignifiant, un 21 juillet, de plaider pour une réunification de la Flandre et des Pays-Bas. !
“Je mourrais plus heureux en tant que Néerlandais du Sud qu’en tant que Belge”, a-t-il déclaré.

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Le président de la N-VA revient au temps où la Flandre et les Pays-Bas formaient les « dix-sept belles provinces (1) » chères à son cœur. Laisser les Francophones ignorants du désir d’un parti important de quitter l’État belge, me laisse perplexe sur la qualité de nos infos.
À peine sait-on que la N-VA veut négocier une nouvelle réforme de l’État avec le PS après 2024, par la réaction de Georges-Louis Bouchez largement répandue dans les gazettes.
Le président du PS Paul Magnette est également, comme la N-VA, partisan d'une réforme en profondeur du pays. "Nous étions à un soupir d'un accord, dit Bart De Wever, et voilà qu'un parti (l'Open Vld), le septième du pays, a senti l'opportunité de revendiquer le poste de Premier ministre et de créer un gouvernement Vivaldi contre la Flandre".
Le président de la N-VA se tourne vers le PS pour que des changements se produisent après 2024. "Si vous voulez rester dans le légalisme, si vous voulez un jour rendre le pays à nouveau gouvernable depuis la Flandre avec un accord, alors vous devrez en passer un avec la gauche wallonne. Ils sont les seuls en Wallonie à pouvoir en tirer profit au Parlement".
Cette dernière déclaration de Bart De Wever mérite quand même qu’on s’y attarde en Wallonie. Nous sommes directement concernés !
La Novlangue officielle en vacances, c’est Georges-Louis qui fait l’éditorialiste sur Twitter, « ... Essayer de démanteler le pays sans majorité en échange d’un accord de gauche, pour se mettre soi-même hors-jeu ensuite. Je me demanderais quand même ce que pensent les nombreux électeurs flamands de centre-droit de tout cela ».
Voilà qui est admirable, Bouchez s’interroge sur ce que se demanderont les « nombreux électeurs flamands de centre-droit, sans même quêter le moindre avis de son parti et des Francophones !
Le voilà encombré d’un allié embarrassant, le PTB plaide pour un renforcement du niveau fédéral, avec une refédéralisation d'une série de compétences parmi lesquelles les soins de santé et l'énergie. Objectif: rendre la gestion plus efficace et diminuer d'un tiers le nombre total de ministres en Belgique. Voilà une démarche sympathique, à mon sens.
Le scandale, c’est de laisser les habitants en-dehors de manœuvres politiques qui les concernent ! C’est ce mépris des autorités et de leurs valets qui est odieux. C’est se ficher du monde dans une démocratie méprisable à force de s’essuyer les pieds dessus.
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1. “En 1993, j’étais déjà co-organisateur d’une conférence étudiante du Grand Pays-Bas. Je n’ai jamais abandonné ce rêve: que tous les néerlandophones vivraient un jour à nouveau ensemble, les Pays-Bas du Sud et du Nord”. Cette unité aurait de nombreux avantages économiques. “Les ports d’Anvers et de Rotterdam pourraient fusionner pour devenir la porte d’entrée de l’économie de l’Europe du Nord-Ouest. Cela ressemble à une histoire fantastique. Bien sûr, de l’eau devra traverser le Rhin et l’Escaut et les gens ne sont pas encore mentalement prêts pour ça”. (Propos de Bart De Wever recueillis à la BRT et dans les journaux flamands.)

27 juillet 2021

…T’urne plus ?

La Flandre supprime le vote communal obligatoire : « Le vote blanc et nul va progressivement disparaître » DaarDaar interroge Yves Dejaeghere, politologue flamand. L’obligation d’aller voter n’est plus d’application en Belgique depuis que les amendes ne sont jamais appliquées. Alors, simplification ? assez d’hypocrisie ? la Flandre plus réaliste ?
Par le passé, c’est l’Open VLD et avec lui la classe politique libérale qui ont milité pour la suppression du vote obligatoire. Il paraît que la liberté du choix était leur seul but. Mais, les libéraux ont intérêt à limiter l’obligation de vote. Il paraît que les électeurs qui vont aux urnes en traînant des pieds sont des socialistes déçus et des apolitiques sceptiques. Ces électeurs ne mordent plus dans la belle histoire qu’on leur raconte. La démocratie tourne au vaudeville.
Les socialistes et le CD&V étaient contre la suppression du vote obligatoire. En tant que partis de masse, ils craignent que leurs électeurs se joignent au défaitisme ambiant, avec le sentiment que voter n’a plus aucune signification, dans une démocratie par délégation de pouvoir.
Vooruit (socialiste) risque de perdre une partie de son électorat.
« C’est impressionnant comme le vote est devenu aujourd’hui tellement volatile, les distinctions de profils socio-démographiques qui permettaient d’anticiper les comportements de vote sont devenues un réel flou artistique. Par ailleurs, si les sanctions n’étaient déjà pas appliquées, quels avantages à cette suppression ? » (Yves Dejaeghere)
Du côté francophone, les politologues sont vent debout contre cette réforme flamande. Pascal Delwit et son homologue flamand Sinardet sont les chantres de l’officiel bourgeois. Ils parlent d’une manœuvre séparatiste. Les deux figures libérales de l’unitarisme, craignent pour la monarchie, dont ils se veulent les connétables. « Ce que le gouvernement flamand fait en prenant cette mesure revient à prendre le mégaphone et d’y crier « si vous ne voulez pas aller voter, n’y allez surtout pas ».
Pour les pointus et les libéraux, défenseurs de cette suppression, les votants seront plus motivés. C’est un peu l’idée que le vote sera plus pur, le choix entre voter ou rester chez soi était auparavant au bénéfice du vote par peur de l’amende, même si celle-ci n’était plus jamais envoyée aux contrevenants.

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Le danger tient dans le comportement des élus locaux qui pourraient mener une politique en faveur des électeurs exclusivement. Or, ceux qui ne voteraient plus sont parmi les populations qui auraient le plus besoin d’une politique spécifique, puisqu’ils représenteraient le gros de la population la plus pauvre et la plus vulnérable.
La jeunesse pourrait être aussi abstentionniste. En Suisse, le vote des jeunes dans certains cantons est dramatique avec un impact énorme en matière de priorité politique. On observe la même chose au Royaume-Uni où les études montrent que si les jeunes avaient voté dans la même proportion que les personnes plus âgées lors du référendum sur le Brexit, le Royaume-Uni serait probablement encore dans l’UE aujourd’hui. C’est donc un enjeu majeur.
Le paysage politique flamand pourrait-il être transformé et dans quelle mesure ?
D’après le politologue, le parti qui doit avoir très peur de cette nouvelle mesure est le PTB/PVDA. Leur électorat plutôt jeune, pauvre et issu de la diversité est typiquement celui qu’il sera très compliqué à mobiliser dans le cadre d’une élection avec vote non obligatoire. »
Les électeurs francophones bien travaillés par l’opinion dominante dans les partis majoritaires pensent qu’il est plus que nécessaire de rapprocher les Régions plutôt que les séparer. Les Wallons se sont habitués à n’être qu’une minorité dans un pays dominé par les Flamands. Ils geignent plus qu’il ne faudrait pour obtenir les avantages que les autres leur concèdent. Ils voient la disparition de la tutelle flamande comme une sorte d’abandon
Personne ne saurait dire avec certitude ce que l’élection nouvelle formule pourrait modifier dans le corps électoral flamand. On attend la première élection pour en tirer des conclusions.
À la Région wallonne, Elio Di Rupo, président, partisan depuis toujours de la monarchie, de l’Europe et du système libéral est a priori hostile à ce projet.
Une démocratie délibérative forte et une démocratie représentative intégrant les grands courants de pensée, ce n’est pas pour demain. La conduite des affaires de l’État est de plus en plus dans les maisn des personnels spécialisés. La démocratie en Belgique se gère comme une étude de notaire, transmissible de père en fils.

26 juillet 2021

Honneur à l’humble militant !

Qui dira l’abnégation et le sacrifice des militants des partis ! !
Toujours sur la brèche, prêts à défendre le leader avec bec et ongles, gobeurs de conneries sorties de la bouche sacrée, ces humbles sont des héros méconnus !
Ces temps-ci les premiers couteaux du MR subissent le choc en retour des inondations. Comment aller faire croire aux gens que le système économique n’est pour rien dans la catastrophe climatique ? Qui se fend des premiers secours aux sinistrés de la part du parti ? Le militant de base ! Qui détourne la colère des gens en usant du couplet : pas de chance ? Le plouc inconnu.
Les derniers militants du PS ne sont pas mieux lotis. Ils souffrent le martyr, mission impossible ! Faire croire aux au bas salaire, chômeurs, rayés des CPAS, que ces MM de la nouvelle direction PS, de Magnette à Dardenne rénovent le parti, repartent à l’assaut des bourgeois au nom de la lutte des classes, même Michel Henrion, pourtant thuriféraire chevronné, perd son sérieux avec son argumentaire.
C’est qu’enfin les yeux se décillent. Ces messieurs nous embarquent en Job-Job-Jobistes dans la ronde d’un néolibéralisme sans frontière, ravageur et destructeur. Paradoxe, le système économique capitaliste quoique critiqué, domine pourtant les 3/4 du globe. Il conduit directement à des drames humains et environnementaux. Il continue cependant de s’étendre, au détriment de l’État providence.
Les inégalités dans la répartition des richesses sont intolérables, malgré les justifications (la fameuse "théorie du ruissellement"). Le dernier saut de puce dans l’espace de Jeff Bezos, fondateur d'Amazon, tout en n’apportant rien à la science et à la connaissance de l’univers, est le nouveau pollueur de l’espace, il élargit les zones touristiques !
Aux compliments à tous les militants pour leur courage, j’ajoute une supplique. Ne serait-il pas plus utile aux Hommes de réguler ce système, et si possible en construire un plus juste et plus humain ?
Qui sera capable de réunir du MR-PS au PTB, ces femmes et ces hommes encore intéressés à la chose publique ?

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Au moins que la droite MR-PS dénoncent l’absurdité des comportements des prédateurs financiers, l’injustice des écarts de richesse qui se développent, en désignant nommément quelques grandes fortunes, figures de la finance et penseurs libertariens. Enfin pour faire bonne mesure, que les partis d’opposition PTB-CDH n’hésitent pluss à remettre en cause l’attitude des mouvements se réclamant de la gauche, communiste ou chrétienne, à propos de leur antagonisme.
Tout ceci fait « enfant de chœur ». En avance de quelques années, avant que la machine ne s’arrête pile devant un Léviathan inconnu, mettant un comble à la panique générale et aux guerres qui s’en suivront.
Le « parti personnel » de Macron est probablement en France, l’ultime péripétie, avant autre chose que la 5me République.
Le « parti personnel », n’est qu’une concentration du pouvoir dans les mains du fondateur et des stratégies de campagne toujours centrées sur sa personne. Ce qui est démontré par le macronisme, n’est rien d’autre que le début d’une oligarchie prétendant poursuivre le néolibéralisme, à tout prix.
La figure du chef est mobilisée de manière permanente. Le visage d’Emmanuel Macron paraît quasi-systématiquement sur les affiches des candidats aux élections de LaRem.
Dans les crises, il est frappant de constater l’inexistence de LaRem et son incapacité à faire face. La tentative de débouclage de la crise des gilets jaunes en est l’illustration.
Est-ce que les militants MR-PS et consort veulent que les derniers sursauts du système soient copiés sur ce parti, avec un type du genre Bouchez sur toutes les affiches ?

25 juillet 2021

Job et jobard.

Quand je pense que ce balourd de Charles Michel est encensé pour son « jobjobjob » et que son successeur, Bouchez, prend la relève dans le même état d’esprit ! Je suis scié…
Plus possible de discuter sur l’avenir de la Belgique, tant que les partis au pouvoir persistent dans la foi que le busines à l’américaine est la seule issue raisonnable à cette pétaudière.
Un seul argument, pris au hasard, suffit à démontrer le non sens, à côté de mille autres.
Sur cent cinquante ans de pompage du pétrole, on a réussi à disperser un réservoir fossile vieux de 20 à 350 millions d’années, provenant de la décomposition d’organismes marins, au fond des océans, des lacs et des deltas, Tout cela raffiné abreuve les réservoirs des automobiles. Le charbon, si polluant, produit des grandes forêts du tertiaire, est englouti par les centrales. Il n’a pas un meilleur sort.
Sans eux, la mobilité s’effondre et avec elle l’économie mondiale faite d’échanges et de mouvements ! On substitue l’électricité au pétrole qui va nous manquer, comme si ce n’était pas pareil, comme si l’électricité n’était pas la fille du pétrole et du charbon ! Comme si l’économie de marché allait cesser de polluer et de détruire l’environnement, grâce à l’électricité ! Comme si l’humanité n’allait pas être dix milliards d’individus bientôt ; tout le monde courant après sa voiture et son frigo !
Certes, les panneaux, les éoliennes, les gadgets vont faire durer le suspens, prolonger l’illusion. Mais pour combien de temps ? Quelle déconvenue clora le bec de ces farceurs ?
Car, il faudra bien convenir qu’un mauvais chemin fut pris par ces messieurs et qu’ils n’en conviendront jamais !
Évidemment, rien ne sera fait des programmes proposés par le GIEC, ni même ceux « plus raisonnables », des États complices des industries et du mode de vie pollueuses. On sait à l’avance que le public continuera de les élire eux de le charmer. Notre destin s’accomplira dans l’hypocrisie la plus complète et la destruction du monde, en ayant l’air de le sauver.
Au lieu de réfléchir à la réduction du temps de travail, ils le prolongeront ! Au lieu de réduire les productions puisées sur les ressources de la terre, ils les augmenteront. Jusqu’au dernier petit gain possible ils abattront les arbres et videront les océans.

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Pourtant ce serait déjà l’apprentissage d’une vie autre, plus sage et plus frugale, s’ils convenaient de leurs fautes. On essaierait de faire comprendre aux nouvelles générations que frugalité ne veut pas dire pauvreté.
Les femmes et les hommes concilieraient responsabilité professionnelle et parentalité, auraient plus de temps pour se cultiver ou faire du sport…
Au contraire, nos libéraux sont pris de démence, comme entraînés sur un escalator devenu fou, acharnés à l’intensification du travail par l’usage des outils numériques, au bureau, chez soi, partout, détraquant les horloges, faisant des journées de dix heures comptées pour huit !
Pour préserver l’emploi et la santé, la déconnexion ne peut se limiter au seul respect des temps de repos obligatoires et des jours de congés. L’enjeu est de gagner un droit à la déconnexion effective permettant de préserver l’équilibre vie privée et vie professionnelle.
Comment faire comprendre à ceux qui ne le veulent pas, qu’une meilleure répartition de l’emploi et des richesses et la réduction du temps de travail permettrait aussi de diminuer les émissions de gaz à effet de serre. Mais cette vision de l’avenir dépasse l’entendement des jobistes libéraux. Si vous voulez indigner ces plaisantins politiques, parlez donc de la convention citoyenne pour le climat, de sa proposition sur les vingt-huit heures de travail hebdomadaires. À des gens qui espèrent qu’on travaillera jusqu’à 70 ans d’ici avant la fin de la décennie !
Contribuant à décrasser les cerveaux obtus du MR au PS, des études sur le sujet concluent qu’il existe un lien étroit entre notre temps de travail et notre empreinte écologique. Est-ce bien la peine de se donner tant de mal à ouvrir les yeux, de ces malfaisants ?

24 juillet 2021

De l’anecdote au complot…

…le bazooka des pauvres !
Essayons de comprendre les gros malins qui nous gouvernent. En réalité, le pouvoir régalien leur échappe. Il est à l’Europe et aux Etats-Unis qui disent les règles et dirigent la politique « du monde libre », échafaudent des plans et préparent des guerres, Cac40 et GAFA font le reste. Ces derniers ont des « influenceurs » partout qui se partagent les rôles de conseiller. Même si une majorité se dégageait des urnes en Belgique intimant aux politiciens l’ordre de changer le système économique, nos gros malins ne le pourraient pas.
Leur domaine, c’est le sous-régalien ou l’élevage des moutons (nous en l’occurrence). C’est-à-dire la basse justice et le pouvoir d’éborgner les manifestants. Leur atout : regrouper les naïfs, les opportunistes et les imbéciles par des discours mussoliniens, comme s’ils pouvaient tout organiser seuls, aidés, par le capital qui paie les journaux pour faire l’opinion.
Mettez-vous à leur place, intermédiaires besogneux, il est nécessaire qu’ils en fassent beaucoup, afin que l’électeur ne s’aperçoive pas que ce ne sont que des subalternes. Vu les circonstances, les pannes de l’économie, le chômage qui persiste, la pauvreté qui augmente, la pandémie aussi mal gérée que possible, cela commence trop à se voir. Devant la contestation qui monte et qui semble avoir compris, puisqu’elle déserte en masse les élections en France et en ferait autant en Belgique s’il n’y avait pas contrainte, reste la pensée unique, bientôt l’interdiction de penser autrement. Le premier essai à l’étude serait la vaccination obligatoire.
Ne me faites pas dire que la vaccination ne sert à rien, je ne relève ici qu’une contrainte par corps qui pourrait être votée, même si l’utilité de la vaccination n’est pas contestée.
Dans l’histoire de toutes les oligarchies, ploutocraties et dictatures, l’opposition officielle n’existe plus quand elle n’est pas fabriquée par le pouvoir. Comment résister, attendre des jours meilleurs ? Mais par le libelle, le pamphlet, l’affichage clandestin et le bouche à oreille.
L’opposition anonyme a aujourd’hui des relais dans l’électronique. Tous les portables connectés sont des moyens de diffusion. De la fausse nouvelle à la vraie, comment démêler le vrai du faux ? Cyniquement, on peut dire que pour l’opposition, c’est sans importance.
Le pouvoir crie au complotisme et à la malveillance dès que ce n’est pas un friqués du système qui se sponsorise sur Internet, les blogues, Facebook et consort.
Même une fausse nouvelle qui tend à déstabiliser le système, vaut mieux que le résultat d’une concertation des chefs, avant de lancer leur part de vérité, qui sera toujours plus ou moins une fausse nouvelle aussi.

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Une belle arme de l’opposition dont on ne dira jamais assez les effets, est le canular. Le trait d’esprit n’est pas mal non plus, qui d’un mot ou d’une courte métaphore, réduit à néant deux heures de conseil des ministres chargé de faire prendre des vessies pour des lanternes aux badauds de la monarchie.
L’anecdote est perçue comme une histoire plaisante qui n’atteint pas la hauteur et le sérieux de l’Histoire avec un grand H. Mais, l’histoire s’écrit avec un petit H de nos jours ! Qui mieux qu’une anecdote pourrait dépeindre un Michel chez Erdogan s’asseyant grossièrement devant une dame, par ailleurs présidente des Commissions européennes ?
L’adjectif « anecdotique » est défini par Le Petit Larousse comme « ce qui ne touche pas à l’essentiel », c’est-à-dire ce qui est secondaire, marginal, particulier, en opposition à ce qui est primordial, central et général. Vous trouvez que l’anecdote que je viens de citer ne va pas à l’essentiel ? L’essentiel serait dans la conversation entre Michel et Erdogan. Soit. Qui pourrait me répéter ce qu’ils se sont dits et à propos de quoi ?
On est loin du temps ou Louis Sébastien Mercier (1740-1814) qualifiait « l’anecdotomanie » de sottise qui ne peut venir qu’à l’esprit d’un sot. .
Rien de plus naturel à l’homme que d’altérer la vérité, écrit le Larousse, (…), rien de plus naturel que de se montrer crédule quand il s’agit d’une histoire brève, amusante, et surtout quand le narrateur ou l’écrivain a de l’esprit. (…) Les anecdotes ne sont le plus souvent que des fictions qui dénaturent l’histoire pour faire et défaire des réputations.
Aujourd’hui, l’anecdote sert aussi à défaire des réputations usurpées, afin de révéler aux gens la véritable nature de ceux qui portent fier et parlent haut, de ces gens de pouvoir qui se disent capables de suivre la volonté du peuple, et qui mentent se disant.

23 juillet 2021

Vers une dictature ?

Venue de France, suite à l’intervention musclée des polices de Macron à l’encontre des Gilets Jaunes, la répression directe et massive de tout mouvement populaire pourrait-elle être pratiquée en Belgique ?
Depuis que le premier ministre De Croo s’est acoquiné au socialiste de Vooruit, Frank Vandenbroucke, ministre de la Santé, les ordres et contrordres pleuvent avec les amendes lourdes. Le ton passe de poli à impérieux, à propos des mesures pour contrer le nouveau variant Delta du Covid. Et s’il y avait une mesure qui ne passe pas, qui porterait atteinte aux libertés définies par la loi ? Frank est soupe au lait. C’est l’adjudant pète-sec du gouvernement.
Ces messieurs sont presque tous issus d’une bourgeoisie qui est pour la fermeté dans la répression des mouvements populaires ; l’occasion de tester la machine répressive, dans les mesures qui sont d’application. Le citoyen dispose de sa liberté de choix, quand sa personne est en jeu.
En France, toujours à propos des Gilets Jaunes, la police n’a pas faibli et a fait une démonstration de sa capacité à mutiler des citoyens, amalgamant à plaisir les gilets jaunes aux black-blocs. Que ferait la police belge, si des gens s’assemblaient sans masque pour protester contre les mesures Vandenbroucke ? La police belge a moins mauvaise réputation que la police française, mais elle possède le même armement.
À l’instar de la bourgeoisie, selon laquelle une propriété privée vaut plus qu’un manifestant, la police aurait-elle le droit d’éborgner les gens ? La protection des biens a toujours été supérieure aux personnes, en Belgique. La démonstration d’intimidation de la force publique contre les manifestants peut mal tourner.
Les sociétés anciennes se sont souvent effondrées à cause du désistement de leurs forces répressives, brusquement saisie par cette vérité qu’elles sont l’émanation du peuple, qu’elles proviennent de milieux modestes et que leurs salaires sont à peu près les mêmes que ceux des ouvriers qui manifestaient.

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Les temps ont changé. Nous sommes dans une période trouble d’individualisme forcené. Les citoyens intéressés par la politique n’existent pratiquement plus. La gauche n’est forte que sur papier. Sa division sur des sujets comme l’islamisation latente est visible. Les grands rassemblements du Premier Mai ne sont plus possibles. Le métier devient pour les travailleurs concernés le seul point de repère social. C’est peut-être l’occasion pour la police de montrer son adaptation et faire montre d’une cohésion qu’elle n’a jamais eue, d’allégeance complète au pouvoir, exigerait-il une répression sans faille !
Le pouvoir a le pays en main. La chose publique pourrait glisser d’un état de droit, déjà fort compromis, à une oligarchie que certains partis et membres du gouvernement souhaitent. Sous prétexte d’une mission supérieure, la sauvegarde devant les dangers d’une quatrième vague, Vooruit, PS et MR s’allieraient à la N-VA, comme Charles Michel le fit pour des raisons politiciennes !
En France, dans sa hâte de réprimer les Gilets Jaunes, la Justice n’a plus été garante de l’État de droit. Les magistrats ont eu la main lourde. Ils ont infligé des peines sévères pour des délits insignifiants.
Lors des grandes grèves des années 60-61 en Belgique, les grévistes ont écopé de peines lourdes. Des magistrats n’attendent qu’un signal du gouvernement pour la même justice expéditive. Alexander De Croo, représente la bourgeoisie belge. La machine est prête.
On ne pourra pas compter sur la presse d’opinion, auxiliaire du pouvoir depuis toujours.
Des derniers coups de menton de Macron à l’Élysée, on connaît en Belgique pas mal d’apprentis oligarques capables d’aller plus loin qu’une attitude de tribune mussolinienne et d’en donner à leur tour.

22 juillet 2021

Les mangeurs de Lotos.

Sans aucun titre universitaire en paléontologie, simple curieux de l’œuvre de Cuvier, je crois être pratiquement le seul à savoir pourquoi au crétacé, soit environ 65 millions d’années avant Georges-Louis Bouchez, nos chers bêbêtes de plusieurs tonnes et d’au moins dix mètres de long ont complètement disparu sous la forme que Disney et Yves Coppens les représentent. Ils ne nous ont laissé que les oiseaux sous des formes les plus charmantes avec leurs gazouillis mutins et leur chétive apparence (pas tous).
Ce sujet passionne le grand public et les spécialistes depuis des décennies, autrement plus âprement que l’actu du lit présidentiel où dit-on, l’ancien de la banque Rothschild reste le déniaisé adolescent de ses débuts tumescents, tétant le Lotos du sein de sa Circé !
Je sens que je dois laisser momentanément Tyrannosaurus rex à ses célèbres restes et la question du poids de la bête, selon la formule de Creff, pour une digression. C’est votre faute aussi, vous qui avez tressailli, au Lotos, vous demandant si l’Auguste de l’Élysée se vouait à la grille du même nom et pourquoi pas à son tiercé, tandis que Messaline buvait les choses de sa vie à l’impératrice coupe, selon un des récits de Suetone !
Voici donc l’unique digression avant d’entrer dans le vif de cette disparition controversée. Le lotos1 (Λοτος [sic. λωτός], lotos, en grec) est un fruit au goût de miel qui apparaît dans l'épisode des Lotophages (les « mangeurs de lotos ») dans l'Odyssée d'Homère. C'est une plante qui fait perdre la mémoire : quiconque s'en nourrit oublie qui il est et d'où il vient. Beaucoup de nos compatriotes sont mangeurs de lotos !
Il s'avère aujourd'hui que cette extinction qui nous préoccupe n'a pas touché que les dinosaures, mais aussi une grande proportion d'espèces animales et végétales. Pour expliquer cette disparition, comme pour Covid, les paléontologues ne sont pas d’accord entre eux.
Les uns ne jurent que par le recul des océans, entraînant des modifications climatiques de grande envergure. D’autres constatent qu’à peu près à la fin du Crétacé, d’énormes éruptions volcaniques ont eu lieu (Trapps du Deccan), perturbant les écosystèmes. Une coterie très allumée y voit la Météorite de Chicxulub, par un taux anormal d’iridium abondant dans certaines météorites, relevé dans des strates de cette période. Le physicien américain, Alvarez et son fils géologue Alvarez bis, ont émis l’hypothèse d’un « hiver d’impact », aux effets similaires à un hiver atomique, provoqué par la chute de la météorite, comme un duel à la bombe de MM Biden et Xi Ping.
Ces éminents scientifiques se fourrent le doigt dans l’œil. La seule observation des cochons dans leur bauge ou des humains dans leur environnement, éclaire sur cette disparition.
Pas plus au Crétacé qu’au quaternaire les mœurs n’ont évolué. Gros mangeurs, les paisibles dinosaures ont englouti des forêts entières. Les digestions paisibles n’étaient perturbées que par les carnassiers qui prélevaient leur part de viande avec la vélocité de celles et ceux qui n’ont que leurs jambes pour s’approvisionner au plus vite et leurs dents pour râper la viande comme l’emmental d’un pizzaïolo. Telle était la délinquance en cette époque reculée.

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Voyez soixante millions d’années plus tard, le cochon racle le sol et finit par engloutir la terre même sur laquelle le fermier lui a servi les ordures d’un village entier et qui font le cochon heureux. L’homme c’est pareil. Partout où il passe, il ne reste rien que quelques buissons aux feuilles déchirées. L’économie capitaliste dévore tout ce qui lui tombe sous la dent, digère à demi, et, dit-on, garde même ses fèces, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus convertir les excédents de ses recettes en € ou en $, avant d’y laisser sa merde !
De qui tenons-nous cette manie de scier la branche du mauvais côté ? Mais des dinosaures qui l’avaient apprise des troglodytes. Nous étions alors un minuscule mammifère, le museau à fleur de terrier et voyions cette mastication des machines désherbantes dans la certitude que cela allait mal finir.
Quand les grandes bêtes arrivèrent au bord de la mer, ils avaient tout bouffé. Aidé des Velociraptors, Tyrannosaurus rex consomma la viande sur pied qui restait, puis ils moururent à leur tour d’inanition, faute de paupiette.
Nos successeurs nous observent pareils. Ils nous voient bâfrer et finir, comme les grands reptiles, dans la boulimie et le « tout pour moi » et rien pour les autres.

21 juillet 2021

Histoire d’une longue escroquerie.

Des ruffians dévoilés par une BD ? On savait les dirigeants de Belgique et d’Europe responsables de l’économie désastreuse de ces cinquante dernières années. Une enquête de quatre ans du journaliste Benoît Collombat et du dessinateur Damien Cuvillier, en quelques phylactères et quelques coups de crayon, nous en fournissent les preuves.
Ils ont interrogé des hommes politiques : Jacques Delors, Jean-Pierre Chevènement, des sociologues, des économistes, des philosophes : Barbara Stiegler, Jacques Rancière.
Leur conclusion : « On s’est fait avoir par des salauds qui ne l’étaient parfois qu’à demi, dans leur parcours dépourvu de curiosité, lorsqu’ils donnaient des caps aux pays, abusés à leur tour dans la grande farce menée tambour battant hors de leur compréhension. »
Moitié salauds, moitiés imbéciles, c’est ainsi qu’on peut les voir aujourd’hui dans la galerie des ministres, dans leurs plus beaux costumes, parés des croix et décorations, à la manière des derniers tarés Hohenzollern dans des cadres dorés des couloirs de Sigmaringen.
Les électeurs n’ont pas compris. Comment faudrait-il leur expliquer pour qu’ils comprennent que MR, PS, CDH et Écolo (plus tardivement) nous pont poussé et nous poussent encore dans un néolibéralisme qui est pire que la fin de l’État comme le laisse croire Macron, mais sa transformation au service d’intérêts particuliers ?

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Rien de plus simple que de renvoyer à la préface de cette BD, comme irait à la visite de l’aliéniste les plus atteints du bulbe : « Le rôle central joué par la puissance publique dans la vie économique avait pu assurer le plein-emploi au cours de l’après-guerre. Les élites… feront ensuite progressivement le « choix du chômage ». Cette clé de voûte du système économique actuel garantit la modération salariale comme la docilité des masses, tandis qu’une poignée de possédants accapare une part toujours plus grande de la richesse produite. Le chiffre d’affaires des entreprises du CAC 40 augmente quand leurs effectifs baissent. Le décryptage de la financiarisation de l’économie et de la reconstitution d’un oligopole bancaire privé rend manifestes la démission sur ces questions des responsables politiques et le « naufrage de la social-démocratie », de François Mitterrand à M. François Hollande. »
Tous les économistes sérieux le savent. Cette politique du chômage, dégradant les sociétés à travers les hommes, est la violence économique suprême. Elle est à l’origine d’une souffrance que toute la « politicardie » fait semblant de combattre depuis la fin des Trente Glorieuses.
Vous avez, de ce désastre humain deux tentatives d’explication. Celle qui consiste à rejeter la faute sur la fatalité dont la source principale est cette inquiétante Europe bâtie contre nous pour le triomphe du fric. L’autre, richement pourvue de vrais salauds, nous explique avec forces schémas et diagrammes, que si nous n’avions pas choisi de mondialisé l’économie, nous en serions à des niveaux de chômage bien pires. C’est ce que nous vendent des créatures du genre Reynders.
En 1974, le président Pompidou se dit choqué alors que le pays ne compte que 400 000 chômeurs. Leo Tindemans, premier ministre belge de l’époque, ferme sa gueule. (Pardonnez cette grossièreté vis-à-vis d’un mort. Est-ce que ces gens méritent autre chose que l’irrespect ?)
La cavalcade en chiffres depuis n’a fait que prospérer en France comme en Belgique. Aujourd'hui, avec les nouveaux modes de calcul, la France compte 2,4 millions de chômeurs selon l'INSEE, mais 6 millions de personnes sont inscrites à Pôle emploi, auxquelles il faut ajouter 9 millions de précaires. La Belgique, toute proportion gardée, fait des scores comparables. La crise du Covid n'arrange pas les choses.
Alors que le chômage n'est pas une fatalité, mais un choix et ce dès 1930 !
C’est l’histoire d’une soumission du politique au marché. De protecteur engagé du citoyen, l'État est devenu un facilitateur pour l'économie. Les idées néolibérales ont gagné pour faire des Européens une main d'œuvre précaire, donc plus docile, avec ce que cela recouvre de violence sociale.
De Léo Tindemans à Alexander De Croo, la financiarisation de la Belgique comme en Europe, s’est faite sciemment à notre détriment, en prétextant que cette pratique du prêt était une assurance sur l’avenir, en conciliant la liberté d’entreprendre avec la liberté garantie par l’État, au point qu’aujourd’hui, il y a confusion.
Cette BD est un réservoir d’idées adapté pour retoquer les raisonnements actuels.

20 juillet 2021

Allô, NSO, ici Edwy.

Sommes-nous encore capables de nous supporter, sans trop nous haïr et sans chercher à nous détruire ? Cette question passe avant celle qui touche à la solidarité, attendu que sans solution pour la première, il est superflu de poser la seconde.
Les techniques se sont tellement développées qu’elles mettent à la disposition de tous les pays les moyens d’aller fureter dans les affaire des autres pour un prix de supermarché..
Les États en concurrence permanente privilégient la primauté de la Nation. L’Amérique, alliée de l’Europe est en réalité une prédatrice prête à nous tomber dessus.
L’espionnage règne en maître. Les progrès techniques ont donné aux appareillages et aux hommes un haut degré de nuisance. Les inégalités en moyens financiers partagent les États entre riches et pauvres. Les USA, la Chine et la Russie espionnent tout et tout le monde sans que ça se sache trop, quant aux autres, ça ne se sait que trop bien.
Un service de sécurité marocain a utilisé un logiciel-espion mis au point par une société israélienne pour viser une trentaine de journalistes et de patrons de médias français, selon une enquête publiée ce dimanche 18 juillet dans plusieurs médias.
C’est un espion pas cher, une offre super étoile le logiciel Pegasus de la société israélienne NSO Group. Introduit dans un smartphone, il permet d’en récupérer les messages, les photos, les contacts, et même d’écouter les appels de son propriétaire. Il a été vendu au Maroc, juste avant le rétablissement de ses relations diplomatiques avec Israël, précise Le Monde.
De multiples journalistes et patrons de médias figurent sur la liste des cibles de Pegasus, dans les rédactions du quotidien Le Monde, du Canard enchaîné, du Figaro ou encore de l’Agence France-Presse et de France Télévisions.

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Directement raccordée aux services marocains de renseignement, la dictature de Mohammed VI n’est pas la seule à bricoler dans le pas cher pour rester au top. Au total, douze pays clients de NSO et utilisateurs du logiciel Pegasus ont été identifiés par l'enquête. Il s'agit du Maroc, de l'Inde, du Mexique, de l'Azerbaïdjan, de l'Indonésie, du Kazakhstan, du Rwanda, de l'Arabie saoudite, du Togo, des Emirats arabes unis, du Bahreïn et, enfin, de la Hongrie, seul pays européen mis en cause. A lui seul, le Maroc est soupçonné d'avoir ciblé 10 000 numéros de téléphone ces deux dernières années. NSO est loin d'être la seule entreprise israélienne à être soupçonnée de fournir des logiciels espions à des gouvernements étrangers peu regardants sur les droits humains, avec le feu vert du ministère israélien de la Défense. Le logiciel "DevilsTongue" de la société Saito Tech Ltd, plus connue sous le nom de Candiru, a été utilisé contre une centaine de responsables politiques, dissidents, journalistes et militants, ont affirmé jeudi des experts de Microsoft et de Citizen Lab.
Les États riches développent leurs propres espions électroniques dans l’entre-soi et hors du menu fretin, dont l’Europe. Celle-ci est une proie facile. Sans contrespionnage, archi infiltrée au point que ses fibres secrètes font des volumes à lire partout dans les chancelleries des grands pays espions, les services chinois et américains la méprisent.
Le vol des inventions, le décryptage des brevets pour des mises à disposition des industries de la défense, la pénétration de l’intime des responsables et des notables vont bon train. Ce n’est évidemment pas par sollicitude et altruisme que cet espionnage fonctionne, mais en fonction de la méfiance et d’une haine de ce qui de l’extérieur pourrait nuire à la prospérité et la sécurité de l’État. C’est à peu près les mêmes sentiments de haine sourde qui animent deux employés de banque en concurrence pour un poste supérieur ou deux manœuvres de chantier pour l’emploi de contremaître.
“Si l’humanité veut garder ses chances, c’est maintenant ou jamais qu’il nous faut changer de modèle”, assurait Nicolas Hulot, en juin 2011. Dix ans plus tard, la méfiance et la haine des gens du dessus ont contaminé les gens du dessous. “La communauté scientifique nous alerte depuis des décennies et ses prévisions se réalisent aujourd’hui avec encore plus d’amplitude que ce qui avait été prévu” dit toujours le même.
Cette absolue bêtise de l’humanité conduite par le bout du nez à faire du néolibéralisme après le libéralisme, est le résultat d’une guerre économique qui pour le moment en reste à la concurrence jalouse et haineuse. Nous allons à l’abattoir dans l’inconscience d’un abrutissement collectif que NSO a dû capter sur les téléphones des journalistes.

19 juillet 2021

Un animal stupide.

Il faut bien l’écrire ainsi : les récentes inondations en Belgique et en Allemagne ont fait surtout des dégâts là où l’homme n’aurait jamais dû s’établir. La plupart des villages anciens entourant Liège se trouvaient perchés sur les collines ou à tout le moins à plus de cinq mètres au-dessus de l’étiage moyen de la Meuse, avant qu’elle ne soit corsetée de pierres.
Trompés par les progrès des techniques et des matériels, enivrés par la description rêvée de l’avenir promis par les charlatans-bonimenteurs de l’économie capitaliste, les Autorités ont décerné des permis de bâtir à tout va, à n’importe qui et n’importe où.
Les quais de Meuse et d’Ourthe en amont de Liège empierrés rassuraient les prophètes de l’âge d’or libéral. Malgré la catastrophe de vendredi, il est impossible de revenir en arrière. Liège et ses villages environnants sont condamnés à reconstruire et à réparer ce qui a été détruit ou endommagé, pour une population déboussolée et sans logis, qu’on ne saurait reloger nulle part ailleurs, que là où elle a failli se noyer !
J’ai connu, il y a quelques années, un habitant de Hony, village régulièrement inondé par l’Ourthe, qui vivait les crues périodiques de la rivière comme un western. Il était équipé de bottes de pêcheur à la mouche, avait un canot gonflable dans son garage et un cric à rehausser les meubles, sous l’évier de la cuisine prêt à l’emploi. Il avait en outre créé une petite station d’exhausse dans sa cave, équipée d’une pompe électrique d’un débit respectable. Il vivait la montée des eaux comme une sorte de film dont il était le héros. Il était déçu des années où l’Ourthe était cette belle rivière, dont on voyait les pierres roulées du fond.
Il se vantait partout d’avoir forcé la main des autorités, comme des dizaines d’autres voisins, pour obtenir le droit de construire là où manifestement, c’était une aberration.
On voit aujourd’hui le résultat. Je ne sais si sa maison a été remplie comme un bocal à poissons rouges et ce qu’il est advenu de lui.
Ce que je sais, c’est qu’aujourd’hui des crues peuvent être hors de contrôle et dévaster tout au-dessus des prévisions les plus sérieuses. On ne peut pas jouer au marin d’appartement impunément.
Quand on fait le répertoire des imprudences humaines fondées sur l’assurance que les techniques peuvent tout et que l’économie capitaliste a mis la nature au pas, la plus énorme et dangereuse imprudence est européenne, aux alentours de Naples, à Pouzzoles très exactement.
Là, 500.000 personnes vivent sur une caldeira, et près de 1,5 million de personnes habitent à proximité des champs Phlégréens.

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Cette zone se caractérise par la présence de très nombreux cônes et cratères volcaniques, ainsi que des phénomènes thermaux, tels que sources chaudes et fumerolles. Les causes de ce volcanisme proviennent du rapprochement des plaques tectoniques entre l'Europe et l'Afrique.
Une activité volcanique très ancienne a disséminé sur une bonne partie de la Campanie, l'ignimbrite campanienne.Un épisode explosif intense produisit entre 80 et 150 km3 de matériel volcanique de composition trachytique. La caldeira qui s’était formée à la suite de cet évènement, pourrait avoir contribué à l'extinction de l'Homme de Neandertal. Plus tard, une deuxième série d'explosions déplaça entre 10 et 30 km3 de matériel volcanique nommé tuf jaune napolitain.
Une autre période explosive importante, entre 4500 et 3700 avant JC, donna naissance à des dômes de laves et des éruptions phréatiques.
L'éruption du 29 septembre 1538, eut lieu sur la rive est du lac Averne. Elle donna naissance à un monticule de cendres et de ponces de 130 m de hauteur, le Monte Nuovo. Achevée le 6 octobre 1538. Elle tua 24 personnes.
Le niveau du sol dans la région des champs phlégréens s'est élevé, par un phénomène de bradyséisme, d'environ 2 m depuis 1970. En 1982 et 1984, 40 000 personnes ont dû être évacuées de Pouzzoles par prudence à la suite d'un regain d'activité de la zone. En 2009, un forage de 4 000 mètres aurait dû être effectué que le maire de Naples interdit.
En septembre 2016, une étude menée par des chercheurs de l'UCL (University College London) et l'Observatoire du Vésuve faisait état d’une éruption possible, plus proche qu'on ne le pensait.
Le Belge néolibéral est un animal curieux. Il croit que Georges-Louis Bouchez glose plus vrai que la nature. Pour un peu, il irait s’installer à Pouzzoles, si le président du MR y investissait dans l‘immobilier.

18 juillet 2021

Le Vif et Demelenne aiment Bouchez !

Claude Demelenne est le sparring-partner favori de Georges-Louis Bouchez. Ils s’entraînent régulièrement sur le ring du journal Le Vif-L’Express, là ils peuvent défier tout qui n’est pas adoubé par la bourgeoisie prépondérante. Et il y a du monde. C’est que Bouchez est un poids léger qui cogne dur, mais un peu n’importe comment. Demelenne le conseille pour mieux diriger ses coups. Ils sont sponsorisés par le club des gens riches.
Bouchez est le type du boxeur flamboyant, vantard et belle gueule. Ses fans en raffolent, surtout quand il dit n’importe quoi d’un air effronté que les minettes du parti adorent. En-dehors du MR, le public le déteste. Cette mauvaise image de Bouchez, Demelenne veut la retravailler. Pour progresser, le président du parti doit séduire davantage.
Reprenant l’interview de Jean-Marc Nollet à la « Libre-Belgique » l’habile journaliste grossit le trait, selon un procédé connu pour stigmatiser les propos de Nollet, jugés excessifs.
L’arroseur est arrosé. L’excès de hargne du complice de Bouchez semble être, au contraire, plus justes pour dépeindre la star du MR, que ne le faisait Nollet !
Pour ce qui en est de la démocratie, tous les partis sont dans le même sac. Comme des abeilles folles, ils poursuivent la construction de leur tour de Babel, d’un premier ministre à un autre.
Demelenne fait sauter son poulain à la corde. Il concède que Georges-Louis est clivant. Son « m’as-tu-vu ? » est spécial. À côté de lui, la vieille poupée montoise, chouchou des pensionnées et dieu unique de Michel Henrion est un néophyte dans l’art de se faire valoir. Il lui arrive de flirter avec les limites, dit Demelenne de son crac. « Il tend parfois des bâtons pour se faire battre. » Mais, poursuit le journaliste « Il ne met jamais son drapeau en poche. Son drapeau - le libéralisme - n'est pas le mien, plutôt social-démocrate. …La façon dont le président du MR est transformé en punching-ball par une partie de la gauche, ne me plaît pas. Pire, elle me choque. »

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On apprend ainsi que le journaliste du Vif est plutôt social-démocrate ! Admirable pirouette, merveilleux replacement au centre, qui permet à l’homme à la plume d’or, d’être à la fois conseiller-manager de Georges-Louis et arbitre expert, pour de futurs articles moins clivant.
On aborde le dernier round. Bouchez cherche le KO de sa méchante gauche. « Bien sûr, Bouchez a musclé le discours libéral dans plusieurs dossiers "chauds". Mais cet exercice de musculation - qui peut irriter - ne ressemble en aucun cas à une entreprise de "trumpisation" du MR. » À ce raisonnement suprême du journaliste, les ouvreuses-tricoteuses du parti humectent in the baba de désir !
On l’a compris pour Demelenne « social-démocrate », Bouchez est le beau mec qui sauvera la Belgique du chaos. Le jour où le PS n’aura plus une autre solution, comme au temps du Maingain libéral, que d’être un nouveau FDF, sous peine de tomber dans l’enfer PTB !
Ah ! ces gens « d’extrême droite-sociaux-démocrates » comme Demelenne, les efforts qu’ils font pour amadouer le lecteur apolitique !
Un écrivain finit toujours par prêter à son personnage, son propre ressenti. Le portrait de son poulain est tout à fait le sien.
« C'est un classique de la gauche : quand un adversaire politique dérange, on lui colle l'étiquette "extrême-droite" ou "Donald Trump". Georges-Louis Bouchez est la nouvelle cible. Une certaine gauche ne le lâchera plus. Elle a trouvé un os à ronger. Bouchez veut incarner la droite camping-car, qui met sur la table les questions sécuritaires. Voilà la preuve de sa dérive, martèle la gauche. » Mais oui, absolument pense un large public qui n’est même pas toujours de gauche.
Et je le pense aussi et vous savez pourquoi, tête de linotte journalistique ? Parce que Bouchez et ses semblables vantent une économie mondialisée criminelle pour des objectifs ravageurs et détestables, selon une théorie d’expansion continue qui est une bombe à retardement propre à détruire la planète. Et j’irai même plus loin, ces gens qui pensent l’économie à l’identique de la vôtre sont, ou des inconscients stupides, ou des criminels.

17 juillet 2021

De désastre en désastre.

Le désastre des eaux relègue à l’arrière plan les désastres anciens. On a oublié que la gratuité des vaccins anti Covid-21 avait été promise aux pays pauvres.
Faut-il que les peuples soient stupides ou amnésiques pour ne pas avoir retenu ce couplet à succès humaniste ? Xi Jinping avait pourtant donné le « la » !
« Le vaccin est un bien non-monnayable pour l’humanité. Il sera gratuit pour tout le monde », disaient dans des envolées lyriques, Macron, Merkel et même Trump. En Belgique, la diva nommée par Charles Michel à sa succession avait des mots admirables célébrant l’ingéniosité miraculeuse des laboratoires et la grandeur du capitalisme.
Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Le capitalisme néolibéral n’a cure de ces prophéties dès lors qu’elles touchent à la rente. Les ministres peuvent rentrer chez eux, toute honte bue. Les vrais maîtres des hommes et des choses ont parlé : les vaccins mis au point par les trusts pharmaceutiques sont de l’ordre du privé et le resteront.
Devant cette fermeté que font les puissants ? Il ne leur reste plus qu’à manier le double discours. La realpolitik l’a emporté, au profit des multinationales du médicament.
Malgré le voile épais qui recouvre les accords anticipés de l’Europe érigée pour le coup en coopérative d’achat, des éléments édifiants ont fuité. On s’étonne de n’y pas avoir pensé : la socialisation des pertes et la privatisation des profits est toujours d’application même après les trémolos et les envolées sur le bien commun.
Là-dessus, les électeurs retournent à leurs occupations.
Vous pouvez être sûrs que le temps électoral venu, ils voteront pour ceux qui ont fait publiquement état de leur impuissance ! Comme la tendance est à droite, les libéraux auront une petite pincée d’électeurs en plus et les socialistes, dans la même proportion, en moins.
Mais quelle mascarade et quelle inconséquence de l’électeur ! Il est vrai au point où en est le système, on n’en espérait pas plus.
Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États. La Commission européenne a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point des vaccins pour la recherche et le développement, puis la production massive des doses, limitant de facto les risques des entreprises.
Malgré cela, ces dernières conservent la haute main sur les brevets, négocient âprement les prix avec les États et restreignent les dons et les reventes éventuels aux pas pauvres. Mme Eva de Bleeker, secrétaire d’État au budget belge, a informé le public de ce scandale et personne n’a moufeté ! On a négocié, AstraZeneca à 1,78 euro, CureVac à 10 et Moderna a 14,68 !

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Les événements que je décris sont vieux d’un an. Le monde a tort de s’en fiche !
C’est tellement caractéristique des pires défauts du système, tellement apparent et incontournable, que l’espérance d’un changement est irréaliste.
La suite estdélectable, la responsabilité juridique des entreprises est restreinte au minimum, en cas d’effets secondaires graves. Les États sont d’accord, au point où ils en sont.
C’est ainsi qu’éclot une nouvelle génération de milliardaires, désignés par le magazine « Fortune » dans la complète indifférence des peuples cocus, laissant les foules hagardes et hébétées à leur sort de pauvres.
Pendant les discours sur la nécessaire gratuité, la Banque européenne d’investissement accordait un prêt de 100 millions de dollars à BioNTech, a condition d’entrer dans les profits à concurrence de 25 millions de dollars ! C’est dire si on y croyait à la gratuité !
Ainsi, madame Lagarde anticipait sur les belles phrases, baratin utile à l’usage des imbéciles, sachant qu’il n’en serait rien.
Dans ce contexte, les populations des pays en développement n’ont jamais été une priorité. Les sociétés pharmaceutiques étant crispées sur leurs brevets, les moyens de leur faire rendre gorge n’existant pas, les gens se sont rangés derrière ceux qui les avaient trompés, comme les petites bourgeoises enivrées des beaux discours de GL Bouchez s’énervent du désir d’entendre les suivants, en se rangeant derrière lui.
On garantira une autre fois et dans une autre occasion l’« égalité de la valeur des vies » entre le Nord et le Sud.

16 juillet 2021

Mieux qu’à la Saint-Médard !

Il peut paraître léger de poursuivre des chroniques journalières sur les sujets rémanents de Richard3, à un moment où les Liégeois ont les pieds dans l’eau et la tête ailleurs.
Cependant l’actualité va son train dans le monde, sans s’arrêter jamais. Les victimes des catastrophes d’ailleurs ne sont guère affectées par nos malheurs, comme nous ne l’avons été que médiocrement par les leurs.
Mais, l’auteur de ces lignes est riverain. Il touche au sensible entraîné par les circonstances.
Et ça change tout.
Il est possible de brider la nature longtemps, il est impossible de la brider toujours. Construire des murailles pour enserrer le fleuve, le retenir quand cela nous arrange pour l’utiliser de toutes sortes de manières, construire dans son lit naturel une nouvelle cité, faisant descendre l’ancienne des coteaux où elle était prudemment perchée depuis toujours, tout est possible tant les techniques et les moyens le permettent.
C’est justement où le bât blesse. Ces techniques et ces progrès ont un coût acceptable pour les hommes, fort dommageable pour la nature.
On s’est aperçu que nos ardeurs dégageaient des gaz à effet de serre, que nos hardiesses bâtisseuses se faisaient dans le lit des fleuves et même sur une caldera d’un volcan toujours en activité (les champs Phlégréens à Naples).
Aujourd’hui, nous nous noyons sous un déluge d’un côté, tandis que nous mourons de chaud d’un autre. Les bâtisseurs semblent se disculper sur nous. Ils ont construit à hue et à dia le monde actuel, parce que nous le souhaitions. Ils ont pollué pour nous. Ils ne voient pas ce que nous leur reprochons, d’autant que ce sont leurs hommes de main qui sont au pouvoir.
Alors que la vérité est toute autre et que les dévastations se poursuivent et se poursuivront jusqu’à l’apocalypse finale, essentiellement parce que ce n’est pas vrai qu’ils pensent à nous, mais à leur confort et leur seul bénéfice.
Dans ces catastrophes, nous construisons des moyens de défense, presque toujours dérisoires et presque à cent pour cent taillés et pris sur la bête, c’est-à-dire nous.
Ursula von der Leyen, du haut de sa prélature suprême à l’Europe, vient juste avant que Liège eût les grandes eaux, de prétendre arrêter l’émission des gaz à effet de serre en proposant, entre autres, d’augmenter le prix de l’essence et des dérivés. Belle idée, qui valut en France la révolte des bérets Rouges puis des Gilets Jaunes.
Qu’est-ce encore que cette nouvelle « vieille » idée qui tout simplement prétend n’augmenter que les taux de TVA pour régler tout, diminuer l’effet de serre, arrêter les inondations et en terminer avec la canicule qui pourrait survenir en plein mois de décembre, si ça continue !
Bien entendu, les usines fumeraient toujours tant et plus, les charbons et les huiles lourdes cracheraient toujours autant leurs poisons, mais ce serait pour la bonne cause, la voiture électrique ! Comme si la voiture électrique allait changer quelque chose dans le processus, sinon l’aggraver.

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En définitive qui paierait le plus gros de l’augmentation des taxes ? Mais le peuple, par le seul constat que c’est lui le contributeur principal de la TVA, la super-taxe des pauvres.
Comme quoi on peut très bien en qualité de Liégeois compatir à la misère des gens qui perdent tout dans l’humidité ambiante des étages et qui claquent des dents dans les pièces du dessus, alors que l’eau clapote dans les rez-de-chaussée, tout en ne pouvant pas les rassurer sur l’état actuel du monde, d’un futur certainement encore plus dangereux que les temps présents.
Des sinistrés aux gens au sec, on ne sait pas ce qu’il faudrait faire pour rétablir la démocratie. Il faudrait exiger l’arrêt immédiat du principe de croissance, dans une économie mondialisée ; faire le bilan de tout ce qui est possible dans les limites de l’Europe, en cherchant l’autosuffisance par des productions à l’intérieur des 27 pays ; taxer le kérosène des avions au taux de l’essence et limiter les circulations des bateaux de croisière qui polluent les mers.
Peut-être bien que nous aurions encore des déluges et des canicules tuant des milliers de personnes pendant quelques dizaines d’années ; mais si les autres continents agissaient comme le nôtre, nous devrions pouvoir finir ce siècle, mieux que nous ne l’avons commencé, reculant encore de plusieurs autres l’Armageddon final.

15 juillet 2021

Utopique démocratie.

La démocratie restera hors de portée de nos régimes politiques, tant qu’il ne sera pas trouvé le moyen de mettre à la tête de nos organisations de prises de décisions les meilleurs d’entre nous, plutôt que les plus connus.
Le public n’est pas en défaut dans ce contexte, quoiqu’il joue le rôle essentiel, puisque c’est lui qui, par son vote (enfin pas toujours), désigne ceux qui vont le représenter.
Paul Valéry, toujours lui, nous démontre pourquoi les progrès en matière de démocratie sont impossibles dans le système actuel «La politique consiste dans la volonté de conquête et de conservation du pouvoir ; elle exige par conséquent une action de contrainte ou d’illusion sur les esprits… L’esprit politique finit toujours par falsifier. »
Prenons l’exemple d’un « fils de », déjà connu de façon indirecte par son père, il ne lui reste à faire que quelques efforts de publicité de sa personne pour atteindre aux responsabilités. Une fois dans la place, sa notoriété ne peut que grandir, s’il a soin de se mêler aux affaires de l’État sans trop endosser les échecs.
Les autres doivent guetter les opportunités toujours à l’affût dans des partis ayant des chances sérieuses de participer à des coalitions de pouvoir. Leur élévation peut n’être que la chance saisie au vol ou des affinités nouées hors de la vue de tous et qui se révèlent payantes, amitié, Loge, obligation, relations bourgeoises, etc.
Le mérite personnel, celui de La Bruyère dans ses « Caractères », n’est nulle part dans ce qui précède ! Certes, il ne peut être exclu a priori chez quelqu’un désigné par le hasard ou ses relations, mais l’arbitraire ne peut pas exclure les pires individus se jetant dans le collectif par défaut d’agapè et excès d’amour de soi ou trouvant l’emploi intéressant, parce que lucratif.
Une communauté ne se met pas dans les mains du hasard sans perdre le nom de démocratie.
C’est pourtant ce qui se passe depuis très longtemps, décuplé par l’informatique.
Instagram est le réseau social qui grandit le plus rapidement parmi les dirigeants mondiaux. Nos personnels politiques sont de plus en plus actifs sur le réseau social au polaroïd. À l'échelle mondiale, c'est le Premier ministre indien qui détient la palme du plus grand nombre d'abonnés (14,8 millions). En Belgique, le lot des plus "instagrammable" de nos politiciens, compte 28 personnes pour lesquelles on vote en proportion, non pas pour leurs qualités ou qu’elles aient fait de grandes choses, mais parce qu’elles se sont introduites dans vos smartphones.

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Le champion, c’est Jobjobjob Michel, malgré sa démission sans gloire de son poste de premier ministre, son impair chez Erdogan au détriment d’Ursula von der Leyen et l’incapacité qu’ont les gens à savoir ce qu’il fait vraiment à l’Europe, sinon de le voir plastronner aux réunions officielles. Voilà qui est suffisant pour lui donner une certaine avance sur les autres. Et c’est peut-être en cela qu’il gagne en popularité. On le voit serrer des mains et poser sur des photos avec les plus puissants de la planète. On se dit qu’il doit bien y avoir un lien entre cette formidable compagnie et lui. On admire ce type, sans qu’il y ait une quelconque raison de l’admirer.
Jojojob compte donc 15.100 followers.
GL Bouchez, quoique achetant sur FB des parts supplémentaires de publication, n’a pas cette popularité. L’internaute abonné au profil d'une personnalité ou d'une marque n’a pas encore « biché » en masse pour lui, malgré la pluie d’euros libérale.
Derrière Jobjobjob, l’inusable Elio Di Rupo, est suivi par près de 12.100 followers. Ces fans sont tous plus ou moins des habitués du socialisme, parce que leurs grands parents l’étaient déjà. Ils ne se posent pas la question de savoir pourquoi ceux-ci étaient au POB (Parti Ouvrier Belge) et eux au PS, comme si ce n’était pas des partis tout à fait différents !
Sur la troisième marche du podium, Theo Francken. L'élu N-VA, bourgmestre de Lubbeek avec 10.500 followers. Derrière lui, Tom Van Grieken, le chef de file du Vlaams Belang, dont l’ancien secrétaire d'Etat avait déclaré "s'inspirer" dans sa politique migratoire. Bart de Wever apparaît en cinquième place du classement avec 6.380 abonnés.
Ces chiffres datent de l’année dernière. Il ne semble pas qu’ils aient beaucoup évolués.
Peut-on encore parler d’une démocratie en chantier, plutôt qu’une démolition des ruines qui vont bon train de ce qui avait été une construction en cours ?

14 juillet 2021

Les gens en connerie militante.

On en apprend tous les jours sur la connerie des personnels politiques et des gens ! Aujourd’hui 11 juillet, c’est à propos de la fête de la Communauté flamande au jardin botanique de Meise.
Le Jardin botanique de Meise est situé à cheval sur les communes de Meise et de Wemmel, à une dizaine de kilomètres du centre de Bruxelles. Depuis 2013, la gestion du Plantentuin relève de la compétence de la Communauté flamande, tandis que le personnel est payé par les communautés flamande et française et que les plantes font partie du patrimoine fédéral.
Voilà pour la connerie.
À la fête de la Communauté flamande, les apparences douces et conciliantes des leaders flamands tranchaient avec les rodomontades, les cris et la fureur une heure avant, pour reprendre les activités sismiques une heure après.
En Flandre, on maîtrise la connerie. On la module, on l’interprète, on y met un bâillon. La connerie belge, est plus profonde, en macération dans les sucs digestifs des habitants de ce petit pays. Elle est le lien qui unit les Wallons et les Flamands. Elle finit par remonter en amertume dans la bouche. Personne ne dégueule, sinon quelques philosophes et critiques, sans importance pour l’ensemble ruminant et paisible.
Des gens sans importance voient où la connerie mène les ardents, des pointus flamingants séparatistes, aux Wallons bien aseptisés. On a beau bousculer les « ceux de chez nous », champions du culbuto, ils reviennent à la verticale, un petit drapeau des Flandres à la main, en vrais poussahs modèles, espérant une Belgique de la Belle Époque, sans savoir laquelle.
La présidente du Parlement flamand, Liesbeth Homans (N-VA), était dans son rôle ce dimanche, dans un effort de simplicité et de logique d’organisation du pays. Elle a même déclaré qu’il était temps de mettre fin aux querelles symboliques et au dogmatisme.
Elle fut vivement applaudie par tous les poseurs de mine qui travaillent souterrainement à la fin du pays et qui avaient laissé la dynamite des carriers chez eux, en attendant la reprise du chantier lundi.
Sensuellement flamande, Lisbeth de la Flandre éternelle voyait bien la paille dans l’œil du voisin, mais la Homans frustrée et en appétit sexuel séparatiste, ne voyait pas la poutre, dans l’œil de Bart De Wever.

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La N-VA, en mode surenchère du Vlaams Belang, fait de chaque réforme de l’État une voie à sens unique. Lorsque le ministre-président flamand, Jan Jambon (N-VA), dit qu’il faut repartir d’une page blanche, il veut dire que la Flandre et la Wallonie doivent se répartir les compétences et laisser les arêtes du Hareng de la minque d’Ostende à la Belgique fédérale.
Les tous cons applaudissent en moeder taal. Les moins cons, en culbuto de croisière, fouillent leurs méninges. Ils ne voient pas bien le roi, l’État sœur et le parlementaire local dans le programme en moeder taal. C’est qu’ils y tiennent à la Flandre, les Wallons ! ...presque autant qu’aux états Unis d’Amérique, dans un cadre bourgeois compatible et en langue française. Leurs chefs, bilingues comme Mathieu Michel, s’activent au plan d’un étage nouveau de l’usine à gaz, rien que pour la Flandre et Lisbeth en maîtresse femme, des divans profonds, de la moquette épaisse et des bureaux des Commissions, à mille euros le jeton de présence.
Comment construira-t-elle un nouveau bidule de manière efficace, sans préjugés idéologiques, sans enveloppes sous la table et envois des politicards avariés au parlement européen ? Car c’est bien cet exercice indispensable qui se retrouve retardé par la connerie épidémique.
À cette fête, les Flamands ont admis que la Belgique ne fonctionnait pas. Surtout depuis la crise sanitaire. Jambon n’a pas fait mieux que son collègue Di Rupo. Au Fédéral, c’est pareil. Désolation partout, double zéro pour tout le monde ! Au début de l’année, nous étions en queue du peloton européen en vaccination, avec neuf ministres de la santé en exercice !
Selon Bart, la Constitution ne peut pas faire obstacle à des changements indispensables.
La connerie militante du peuple Wallon se hérisse à ces propos. Toucher à la Constitution, c’est impensable. Pourtant, Nollet (écolo) donne raison à Ihsane Haouach qui voulait aussi jouer avec elle. Les Culbutos se récrient. Ils se voient déjà en burnous, condamnés à vie au couscous. C’est drôle, ils ne veulent pas de Lisbeth, alors qu’ils sont déjà en train de bouffer halal, sans s’en apercevoir !

13 juillet 2021

Détestation

Ce pouvoir libéral déconne. On le découvre complètement asservi à l’amour fusionnel, irréfléchi et pathétique aux États-Unis d’Amérique.
Quoique le maestro de cet asservissement ait son QG au MR, les autres partis ne sont pas en reste. Cette américanolâtrie est irrémédiable et sans issue. Le lieu commun majeur : l’Amérique peut tout se permettre, parce que c’est l’Amérique ! On ne sort pas de ce non-raisonnement. Il est parfaitement inutile d’envisager l’ombre d’une politique indépendante. Ce seul conditionnement règle tout. C’est inutile de raisonner, de faire appel au bon sens.
L’Amérique, telle qu’elle est discutée au parlement par les politiciens, les universitaires et les médias, est un fantasme, le monde de Disney agrandi à un pays.
Hedebouw (PTB) était bien naïf à la Chambre, de parler de cet amour déraisonnable, dans l’espoir de faire revenir les esprits divaguant, à un plus juste équilibre. Mais comment raisonner des illuminés, par ailleurs déjà loufoques dans les structures mêmes de l’État belge ?
Plus la politique US se mêle de ce qui ne la regarde pas dans le monde, plus les responsables politiques communient avec ce pays, laissant à la vue de tous, les illusions dont ils se parent, dans des ahurissants spectacles, comme l’achat des avions de chasse Lockheed Martin – déficiences matérielles, problèmes dans les logiciels, lacunes diverses – et l’acceptation des sanctions en cas de commerce avec des pays sur lesquels l’Amérique à décréter l’embargo ! Sophie Wilmès et Alexander De Croo en raffolent. Leur amour est à la limite de l’orgasme.
Notre déchéance morale provoquée par ce géant hostile, excite les démagogues qui colportent des illusions et des fantasmes dans leur adoration béate.

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Le fait que les USA ne soient plus une démocratie a fortement influencé pour que nous ne le soyons plus. L’effondrement des institutions démocratiques correspond tellement bien à ce que le libéralisme européen nous inflige depuis dix ans, qu’on a peine à croire que les lois soient prises en Belgique, plutôt que de venir directement du bureau ovale de Washington.
L’Amérique est en phase terminale et nous y entraîne aussi. À cause de cet État, nous ne savons plus qui nous sommes, ce que nous sommes devenus, ni comment les gens de l’extérieur nous voient.
Nous voilà déjà cheminant dans un remake de la guerre froide avec Poutine, bientôt en conflit ave la Chine en soutient de celui que prépare l’Amérique.
« Le résultat d’une substitution constante et totale du mensonge à la vérité factuelle n’est pas que le mensonge sera désormais accepté comme la vérité et la vérité diffamée comme un mensonge, mais que le sens par lequel nous prenons nos repères dans le monde réel – et le camp de la vérité contre le mensonge fait partie des moyens mentaux pour atteindre cette fin – est détruit », a écrit Hannah Arendt à propos du totalitarisme.
Quelle idée saugrenue d’avoir suivi les bourgeois bien libéraux et MR, dans un système qui ne nous convient pas.
Cette Amérique détourne notre énergie vers des débats inutiles et une activité politique stérile. Elle nous invite à placer notre foi dans des élites dirigeantes qui ne feront rien pour arrêter l’écocide. Elle nous fait accepter des explications grotesques, qu’il s’agisse de blâmer les Russes, de critiquer les travailleurs sans papiers ou d’accuser le peuple de notre déclin économique. Nous vivons dans une culture inondée de mensonges, les plus dangereux étant dits à voix basse, comme par exemple l’Amérique nous a libérés de l’Hitlérisme, en gommant les vingt millions de morts russes et la prise de Berlin par l’Armée Rouge.
L’Amérique, fondée sur les horreurs de l’esclavage, du génocide et de l’exploitation violente de la classe ouvrière, est un pays défini par l’amnésie historique. Le récit historique populaire est une célébration des vertus fictives de la suprématie blanche. L’optimisme sans faille et le plaisir de se délecter des prétendues vertus nationales obscurcissent la vérité. La nuance, la complexité et l’ambiguïté morale, ainsi que l’acceptation de la responsabilité des holocaustes et des génocides perpétrés par les esclavagistes, les colons blancs et les capitalistes, n’ont jamais été à la hauteur du triomphalisme américain. « Les illusions de la force et de la santé éternelles, et de la bonté essentielle des gens – ce sont les illusions d’une nation, les mensonges de générations de mères de pionniers », a écrit F. Scott Fitzgerald.

12 juillet 2021

Le chat, la belette et le petit lapin.

Cette affaire du voile d’Ihsane Haouach fait plus que me courir sur le haricot.
D’abord, quelle branque cette Sarah Schlitz (Écolo) de ne pas avoir, au préalable d’une nomination, eu une conversation avec l’intéressée sur ses relations dans les milieux islamistes, anticipant sur l’effet du voile en public avec des laïcs vents debout.
Si ça l’amuse que son parti passe pour islamo-gauchiste, ça ne devrait quand même pas être de même pour Jean-Marc Nollet, moins on s’en doute, pour la co-présidente, Rajae Maouane.
Cette Ihsane Haouach s’habille comme elle veut, mais sait-elle que le voile, les pudibonderies autour des bains publics, les interdits de toute sorte orchestrés par les islamistes machos, ne se trouvent nulle part dans le Coran ? Ce ne sont qu’interprétation d’ultras, cons définitifs hors compétition au festival des religions.
On dresse l’oreille à l’interview au « Soir » d’Ihsane Haouach. Il renforce la position du MR dans son opposition à cette nomination. Sarah Schlitz dans sa faute politique donne raison à un Georges-Louis Bouchez et lui fait, du coup, de la publicité indirecte.
A-t-on jamais vu une commissaire du gouvernement auprès de l’Institut pour l’égalité entre les femmes et les hommes (IEFH), s’affubler d’un voile d’allégeance à l’autorité maritale en même temps qu’elle sombre dans la bondieuserie, en interprétant les désirs d’Allah !
Que les Écolos aient sagement demandé à Ihsane Haouach sa démission et qu’elle l’ait acceptée, entre dans la politique politicienne chère à la Belgique bourgeoise. Personne n’est dupe.

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On n’est pas inquiet de l’avenir professionnel de la dame. Fourrée dans des collaborations rentables, administratrice du Brugel, l’autorité de régulation pour les marchés de l’électricité, du gaz et de l’eau à Bruxelles, la fin du mouton dans le couscous, ce n’est pas pour demain.
Madame Haouach a une conception tout à fait particulière de la neutralité en expliquant que le principe de la séparation de l’Église et de l’État pouvait se décliner en fonction du changement démographique.
Dans le fond, voilà une Belge – enfin, je le suppose – qui réclame au nom du nombre de musulmans accueillis, des modifications dans la loi sur la séparation de l’église et de l’État !
A-t-elle bien conscience que c’est une provocation ?
Son propos est clair et reproduit par les journalistes qui s’en sont donné à cœur joie « La discussion n’est pas : est-ce qu’on remet en cause la séparation de l’Église et de l’État ?, c’est : comment la décline-t-on avec un changement démographique? »
La neutralité de l’État est intangible, écrit un responsable du MR – dont le seul énoncé du nom me resterait dans la gorge et c’est la raison qui m’empêche de l’écrire. Le respect des personnes doit rester de mise. Ainsi, le combat est contre le communautarisme, pas contre des individus, pour un réel vivre ensemble. Il a raison le bougre qui a écrit cela, de quelque parti qu’il appartienne !
C’est un peu aussi le calvaire de la gauche qui pense pouvoir compter désormais dans sa clientèle une flopée de « nouveaux » belges d’origine maghrébine qui ne dissocient pas leur vie de travailleurs pauvres, de leurs racines, leurs mœurs et leur religion. Il faudrait les associer dans des combats sociaux tout à fait en-dehors d’une vie rêvée de leur lieu d’origine. Hélas ! ils veulent à toute force le perpétuer en Europe. C’est là que ça coince !
Évidemment ce combat n’est plus une affaire gauche-droite, mais une affaire de civilisation autrement importante, puisqu’elle concerne notre survie d’Européens.
La fable « Le chat, la belette et le petit lapin » du grand Lafontaine nous interpelle. Dans un ultime alexandrin, le génial fabuliste s’interroge « Le premier occupant, est-ce une loi plus sage ? ».
Nous serions le petit lapin que dame belette Haouach déposséderait pour le bénéfice des siens. Qui tiendra le rôle du chat Raminagrobis ? Mais, Georges-Louis Bouchez, bien sûr !

10 juillet 2021

Le temps des imposteurs.

Nos universités prodiguent un enseignement à sens unique d’un conformisme bourgeois assez médiocre et sans controverse. Certains étudiants seront mos mandataires politiques. Avec ce genre de diplôme, ils ne seront jamais en capacité de représenter le peuple dans sa diversité.
Nous avons eu en intérimaire, une première ministre dans ce que l’on fait de mieux dans le conservatisme anglo-saxon en Sophie Wilmès, à moitié australienne, complètement américanisée comme tous les compatibles au libéralisme européen sortant du MR.
Qu’est-ce que cette personne saura jamais de la misère ?
Si elle l’avait su vraiment, aurait-elle fait la politique qu’elle a faite, sans avoir honte ? Et c’est pareil pour son successeur Alexander De Croo.
Bien sûr, ils n’ont pas été aidés par Job-job-job Michel, du début à la fin dans une même fonction, jusqu’à son sacre à l’Europe. Lui-même sorti d’une famille dans laquelle le père Louis a très peu travaillé dans les écoles, avant de se faire remarquer par Jean Gol et ne plus être jamais monté sur une estrade devant trente élèves, depuis.
Le métier de mandataire politique – il paraît que c’en est devenu un ! – au lieu de s’apprendre sur le tas, se pratique dans un monde d’une autre dimension, sans commune mesure avec le monde du travail, dans l’abstrait d’auditoires et sous la férule de créatures du système.
Ceux qui ont une autre trajectoire, n’ont de cesse de coller au libéralisme classique, non pas qu’ils aient honte de leurs origines, au contraire, c’est même un tremplin vers le succès d’ânonner « fils d’ouvrier, petits-fils d’ouvrier, ouvrier moi-même », mais on s’habitue vite à l’aisance, la belle voiture, les beaux costumes et les soupers fins, alors que l’œuf dur, la mansarde dont le toit perce, on ne s’y fait jamais qu’en fataliste et en maugréant.
Ce n’est pas propre à la Belgique. Les diplômes ouvrent les serrures donnant sur la représentativité. Ils ne sont en aucune manière un brevet d’intelligence, ni une garantie de bonne gestion de l’État. Quand on voit comme ce petit pays est dirigé, ses morcellements de pouvoir et ses bizarreries amoncelant des tonnes de procédures administratives, on cherche en vain des traces d’intelligence.
De plus, ces diplômes donnant accès à une profession souvent libérale, ne sont presque jamais utilisés comme tels. Celui d’avocat a la cote. Il y a partout des « chers maîtres » dans les allées du pouvoir. Rares sont ceux qui ont exercé le métier, Jobjobjob Michel et Georges-Louis Bouchez pour commencer.

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On en arrive à ce paradoxe d’une société s’annonçant triomphalement démocratique et s’arrogeant le droit de faire la leçon à des pays comme la Russie, la Chine, Cuba et combien d’autres, sans plus jamais être à l’écoute de ses citoyens, sans qu’il y ait un seul ouvrier ou employé accédant, comme il se devrait, au Parlement.
Sont-ils à ce point idiot et incapable ? Ne sont-ce pas plutôt les biens placés, arrogant et dédaigneux, grotesques de sottise et de prétention qui font obstacle dans une alliance tacite ?
Le discours, officiel au quotidien, s’oppose généralement à ce que pense la majorité des gens. De tout ce qui existe comme explication des mesures prises et des programmes du futur, une seule musique est perceptible : celle qui s’inspire du libéralisme bourgeois, lui-même produit de l’idéal américain et du néolibéralisme économique des marchés.
En période de forte croissance, cela transparaît moins. Mais en période de crise économique, cela devient insupportable. D’autant que nos dirigeants demandent alors de nouveaux sacrifices, comme si nous pouvions être solidaires d’une pareille société !
C’est proprement intolérable.
Et c’est là que nos dirigeants coincent. On l’a bien vu en France avec les Gilets Jaunes. Quand le système est dépassé, ils n’hésitent pas à recourir à la force. Ne doutons pas qu’un Alexander De Croo au nom de tout ce qu’il est et de ce que les bourgeois mettent d’espoir en lui, hésiterait devant un massacre, si nous nous insurgions. Comme dit Duhamel, seule la force publique peut être violente, de droit régalien.
L’embêtant dans ce cas précis, les gens qui commanderaient au massacre ne représentent plus le peuple et ce, depuis longtemps !

9 juillet 2021

Un Job-Job-Job de rêve.

« La gauche survivra-t-elle aux socialistes » se demandait déjà Colombani en 1994. Un quart de siècle plus tard, on est toujours à se poser la question. Par contre, ce dont on est certain, c’est la progression d’une droite qui n’a plus besoin de se cacher et exhibe ses milliardaires avec le culot et le sans-gêne de gens pour qui tout semble permis.
Le nouveau palmarès du pognon triomphant vient de sortir. On ne compte plus en millions, mais en milliards, l’avoir des plus marioles d’entre les marioles. Quelle année! Le patrimoine professionnel global des 500 premières fortunes de France approche les 1.000 milliards d’euros, soit un bond de 30%.
D’après Georges-Louis Bouchez, c’est tout à fait naturel que « le mérite » soit récompensé, sous-entendant par là que le sien ne l’est pas encore suffisamment, mais qu’à force d’indélicatesses et de bagout, il espère rapidement atteindre le niveau de Job-job-job Michel. Ce ne sera pas le statut du milliardaire, mais il en aura la couleur, le goût et même cette fine odeur de merde associée au patchouli.
…Y a pas que dans les chaumières qu’on grince des dents. Le nouveau palmarès des fortunes françaises ne mentionne pas au passage les rigolos en belgitude. On n’est qu’un petit pays. Au kilomètre carré, on égale la performance française, c’est moins spectaculaire.
Cependant, rassurez-vous, les milliardaires belges ont le goût sûr. Ils investissent à bon escient, même à pertes, quand il s’agit de nous bourrer le crâne sur l’Europe et l’info. Ils récupèrent leur mise autrement, ce n’est pas à fonds perdu !
Mais que ce tableau est lumineux et comme il contredit le tandem Wilmès-de Croo dans la conduite de nos deux gouvernements ayant eu à gérer la pandémie. Cela souligne aussi tout ce qu’il y a de mensonger dans les discours de Narcisse-Bouchez et comme ce parti libéral est menteur et fourbe.

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On n’a jamais autant distribué des gros lots aux gagnants de la crise. Et il y en a un paquet.
Tous les propriétaires des laboratoires en pointe dans les tests anti-Covid, comme BioMérieux, dont la famille grimpe à la douzième place du classement avec un gain de 3,66 milliards d’euros (+62%), ou encore Eurofins (+33%), sans oublier le patron français du laboratoire américain Moderna (dont il a des parts), bien placé dans la course au vaccin contre le Covid-19.
La pandémie, c’est comme lors des guerres, la majeure partie des gens entre dans la tourmente et sombre dans les pires difficultés, mais une minorité voit soudain affluer de l’or en barre à se cacher derrière. Tout cela approuvé par le gouvernement et la bourgeoisie qui ont le mot qu’il faut pour applaudir à la réussite merveilleuse.
L’histoire du vaccin gratuit, triomphe d’altruisme pour l’humanité, c’est révélée être un gros bluff à destination des pauvres.
Non seulement, tout qui n’est pas assez riche pour s’acheter le vaccin peut crever, mais encore il est fâcheux d’empêcher les pauvres d’y avoir accès, sous prétexte qu’ils font trop d’enfants et que l’Europe paie assez le dictateur Erdogan, pour garder chez lui la population excédentaire des pays en guerre. Cette population vagabonde peut y finir sa triste existence sans émouvoir personne.
Non seulement tout ce qui tourne autour de la pandémie, masques, respirateurs, vaccins dégagent du cash fabuleux, mais encore aucun régime n’a osé surtaxer ce profit exceptionnel. Au contraire, les vaccins entre cinq et quinze euros la dose alourdissent considérablement le déficit permanent des États. S’ils sont gratuits au moment du vaccin, ils ne le sont pas dans le bilan de fin d’année des communautés. Devinez qui va payer en final ?
En haut du merveilleux classement, on retrouve une valeur sûre du capitalisme familial français, le luxe. Quatre des six premières fortunes nationales y prospèrent, à commencer par l’indéboulonnable numéro 1 Bernard Arnault, dont le cours de Bourse a bien moins chuté que l’activité (-27% au premier semestre), signe que les investisseurs ont confiance dans ses fondamentaux.

8 juillet 2021

Manifeste.

Écrire aujourd’hui inclut une responsabilité de l’écrivain, même dans le divertissement ou la littérature enfantine. L’auteur ne peut pas jouer sans limite de l’étrange et de l’insolite, sans se saisir du réel, ne serait-ce que dans sa manière de fonctionner grammaticalement.
Il lui incombe de dévoiler les secrets cachés que les acteurs de la société refusent parfois de voir : les SDF, les conflits, la violence urbaine, la discrimination sociale et raciale.
La volonté permanente de se confronter au réel, d’interroger et de bousculer l’ordre du monde, devraient, à tout le moins, laisser une trace, même infime, dans toute œuvre imprimée.
On ne peut pas dire aujourd’hui « je ne savais pas » quand des sociologues comme Bourdieu, savaient depuis la fin du siècle dernier.
Sartre en 1945, dans les premiers numéros de la revue « les Temps modernes », revient sur la responsabilité de l’écrivain « Je tiens Flaubert et Goncourt pour responsables de la répression qui suivit la Commune parce qu’ils n’ont pas écrit une ligne pour l’empêcher. Ce n’était pas leur affaire, dira-t-on. Mais le procès de Calas, était-ce l’affaire de Voltaire ? La condamnation de Dreyfus, était-ce l’affaire de Zola ? L’administration du Congo, était-ce l’affaire de Gide ? Chacun de ces auteurs, en une circonstance particulière de sa vie, a mesuré sa responsabilité d’écrivain. ».
Plus avant, il regrettait l’indifférence de Balzac aux journées de 48, pour conclure « Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action. »
Le projet moderne fondé sur l’espérance d’une amélioration continue de la condition humaine serait-il abandonné dans la démarche du néolibéralisme ?

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On pourrait le croire, puisque dans l’incertitude d’une quatrième vague du Covid-19, le démantèlement de l’hôpital public se poursuit avec la fermeture de lits, malgré les promesses qui furent faites aux premiers assauts de la pandémie !
L’écrivain gazouillant dans le sens d’une pensée unique assotée du projet européen n’est-il pas aussi coupable, que les pions du parti bourgeois assurés d’un confortable avenir dans une démocratie confisquée ?
La « postmodernité » sanctionne le constat d’une désillusion généralisée des idéaux humanistes. Le progrès et la foi en l’avenir sont évincés par les guerres mondiales, les génocides, les menaces nucléaires, les totalitarismes… Nous serions dans « l’ère des fins », qui réunit sous une appellation commune les « fins » les plus diverses : de l’histoire, des idéologies, de l’art, du roman, de tout enfin de la création de l’homme qui n’aurait servi à rien, si ce n’est à nous détruire !
Il n’y a rien de plus dramatique ou de plus drôle, selon le registre de l’écrivain, que de dépeindre le libéral d’aujourd’hui mettant toute sa conviction au service de la mauvaise foi ? Tel est Georges-Louis Bouchez dans ce qu’il argumente en avocat consommé, pouvant être compris dans les deux sens tragique ou drôle, mais jamais dans une réalité perceptible par tous.
Sartre dans la Critique de la raison dialectique (1960) analyse l'impuissance sérielle, quand chaque individu séparé de l'autre dans l'altérité est un rival, car notre histoire est celle de la rareté – rareté de produits, de consommation, de temps, d'emplois. « Il n'y en a pas assez pour tout le monde » de sorte que se multiplient ceux que Sartre désigne comme les excédentaires, inutiles au monde par exclusion, ou plutôt par désaffiliation.
L’écrivain de 2021 ne pourra pas dire comme l’écrivaine France Adine en 1945 qu’elle ignorait l’existence des camps, lorsqu’elle écrivait pour les femmes au foyer en 1943.
On ne peut plus ignorer les convulsions sanglantes du monde moderne et cet immense brassage des populations qui pourraient entraîner le monde à sa perte.
Peut-on encore concevoir une écriture qui ne soit pas utile, qui ne soit pas engagée ? Quoi que nous fassions, l’écriture engage et véhicule parfois à l’insu de l’écrivain une vision consentant ou non à l’ordre social ou au contraire le dénonçant. Il n’y a pas d’apolitisme au regard de l’histoire. Toute écriture dévoile des dominations, de la domination de classe à la domination masculine, des souffrances familiales à celles du monde extérieur.
Je préfère cent fois quelqu’un qui déteste les chroniques Richard3, soit parce qu’il les juge mal écrites, soit parce qu’il les conteste politiquement, à quelqu’un qui réagit aux photos-montages, sans lire une seule ligne.
Tant il est aussi nécessaire pour l’évolution de l’Histoire, que le lecteur s’engage au même titre que celui qui écrit.

7 juillet 2021

La politique et le purin.

Dans la prairie broutent paisiblement les illustres des partis francophones. Soudain, une herbe vénéneuse fait courir la ferme belge au désastre. Une mauvaise herbe, qu’on croirait venir de Chine, comme la Covid-19, multiplie ses poisons de par les champs : la Bart-De-Wever !
Charles Michel, l’ancien herboriste, l’avait faussement cataloguée dans les graminées comestibles. Il laisse les fermiers sans défense.
Abandonnés depuis des lustres, Perrin et Gendebien, gisent en photos argentiques, dans leur malle aux souvenirs. Sous un mégaphone rouillé des dernières beuglantes, traîne encore le foulard jaune à coq rouge de Genot.
Les déménageurs socialistes ont tout remonté au grenier et fermé la trappe d’accès.
L’heure est à la grande Europe en copier/coller au néolibéralisme américain. La Flandre scotchée à la Wallonie, paît à jamais dans les polders où l’herbe est la plus grasse.
Et voilà que des aigreurs montent à la bouche. La digestion ne passe plus. Le malheur d’être veule saisit les PS et les MR. La Bleue-blanc après la maladie de la vache folle, rumine le nouveau colchique ! À Libramont, Borsus, fourche à l’épaule, hésite à rentrer le foin.
Bart De Wever (N-VA) entend négocier une nouvelle réforme de l’État avec la gauche francophone, en vue d’aboutir à un accord de « divorce à l’amiable » !
Ce que le public ignore, depuis Spitaels, c’est la transmission d’un président PS à l’autre, du poignard sacré qui tua le MPW (Mouvement Populaire Wallon).
Quoi, le meurtre n’aurait servi à rien ! Le MR vit la même horreur. Gol aurait sacrifié François Perrin, son meilleur ami, pour quelques piécettes d’or !

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Bart, impassible aux jérémiades, s’oppose au scénario du Vlaams Belang, un parlement flamand décrétant sa propre indépendance. Il n’est pas convaincu de la crédibilité de la stratégie que propose le Vlaams Belang : imposer l’indépendance et démolir le système belge.
Il veut un divorce à l’amiable. Après tout, la constitution belge n’est qu’un chiffon de papier.
André Renard pensait pareil, que ne l’a-t-on suivi, on aurait économisé cinquante ans d’avanie, la perte des Fourons et une parité linguistique à Bruxelles pour des Flamands minoritaires.
Bart De Wever, étant conservateur, il n’est pas révolutionnaire. Il lui semble, le moment venu, d’un accord avec Paul Magnette, entre conservateurs.
Dès le lendemain de l’accord, la Flandre se retrouverait autour de la table pour négocier le contentieux, Bruxelles, la dette de l’État, les engagements internationaux de la Belgique, etc.
Bart De Wever l’a appris à ses dépens : en politique, précipiter les choses crée plus de problèmes que de solutions dans une Belgique à la placidité extrême, égale à celle du bœuf regardant passer le train de Jo Biden.
En mars 2020, il posait sa candidature de Premier ministre d’un gouvernement fédéral d’urgence. En août 2020, il poussait l’Open Vld dans les bras des écologistes en se lançant dans des diatribes à leur encontre, sur les plateaux télévisés.
Enfin, si Bart De Wever adoptait l’idée d’un scénario à la catalane, il transformerait de facto l’élection de 2024 en un référendum, sur la pérennité de la Belgique. Pour un mouvement minoritaire comme le nationalisme flamand, ce serait un pari risqué. Surtout à la suite des séquelles d’un brexit, toujours dans les mémoires. À l’échelle belge, l’argument ne tient pas. Bart De Wever opte donc pour la stratégie de la Volksunie : franchir des étapes à la table de négociation, selon un seul et même leitmotiv : « à eux l’argent, à nous les compétences ». La question financière est prioritaire en Belgique. Depuis plusieurs années, on multiplie les signaux d’alarme sur la situation financière de la Région wallonne et de la Communauté française. Bart De Wever sait que les socialistes francophones sont prêts à le suivre assez loin dans son projet de virage confédéral, rien qu’en leur mettant sous le nez un paquet de milliards.
L’Homopoliticus wallon n’est pas compliqué, une couche épaisse de néolibéralisme sur les tartines, de juteux contrats sur lesquels prélever une dîme, les cadors sont heureux.
Les partis wallons à vendre ! Vous me direz : ils sont déjà vendus. Et alors ?... l’escroquerie, ça sert à quoi, sinon à vendre deux fois la même chose !

6 juillet 2021

Le temps des dragueurs lourds.

En ce siècle où la vitesse est partout maîtresse, la lenteur de la magistrature a enseveli la présomption d’innocence sous l’avalanche d’articles mélangeant dans le même opprobre, Patrick Bruel, Olivier Duhamel, Richard Berry et Patrick Poivre d’Arvor.
« Si tu penses comme un grand nombre, ta pensée devient superflue » écrit Valéry dans son livre « des mauvaises pensées ». Essayons de ne pas penser comme le grand nombre… ces quelques noms y traînent, du chanteur à voix cassée, au comédien hors-pair, à l’ancienne gloire des médias, sans oublier le grand intellectuel rive-gauche. Pour le public, ils ont cédé aux guignons de la chair, dans la confusion des sens, sans que la partie adverse le leur demande. La présomption d’innocence dont tout accusé se prévaut n’est plus de saison. Celui qu’on accuse a pour premier réflexe de clamer son innocence, même si ses victimes survivent à l’antidépresseur.
Il est difficile à l’opinion de ne pas trancher avant l’abandon de la procédure en raison de la prescription, faute de preuve.
Les investigations ne sont publiées que si les événements sont assez salaces pour « allumer » le lecteur. Comment voulez-vous que celui-ci reste de glace ?
Le cas Bruel est exemplaire. On y lit presque en toutes lettres, que le fantasme de Patrick, c’est la masseuse du grand hôtel où il descend. Les journaux insistent. S’il ne s’était agi que d’une lubie après-soirée de poker, d’un geste non équivoque fichant par terre vingt années de bonne réputation auprès de ses fans ! « De nouveaux signalements semblent accabler Patrick Bruel », titre le Parisien. « Deux nouvelles femmes ont récemment adressé une lettre au parquet d'Ajaccio, pour dénoncer des comportements et des gestes déplacés du chanteur à leur encontre. L'une d'elle a porté plainte, résume le feuilletoniste sexuel de la gazette. Cela fait quand même trois personnes de la même corporation, victimes du syndrome Pââtrickk.
Distillé avec les petits détails qui font tout : Bruel nu exigeant un extra, sous la menace d’une plainte à la direction à l’encontre de la récalcitrante, le tout multiplié par trois versions plausibles et à peu près identiques, le lecteur est ébranlé. La présomption d’innocence est celle dont plus personne ne croit. Voilà les juges coincés entre la relaxe faute de preuve et une peine minimale. En attendant le crooner français poursuit sa carrière avec ses habitués fanatiques, tandis que les goguenards font l’économie d’un fauteuil, pour suivre chez eux, dans le DSM, les addictions arrachant des orgasmes dans leur montage théâtralisé, la table de massage, l’essuie éponge, le tablier transparent de la masseuse, Bruel en érection, etc…

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Senior sémillant et portant beau, Patrick Poivre d’Arvor s’est présenté au tribunal sous les flashes et le brouhaha des vides-tinettes de l’actualité. L’enquête pour viols visant l’ancien présentateur vedette du journal télévisé de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, a été classée sans suite pour « prescription » ou pour « insuffisance de preuves », en réponse à huit plaintes, a indiqué vendredi 25 juin le parquet de Nanterre.
Son ancienne Maison, TF1, n’a pas attendu le jugement, ni la présomption d’innocence, pour le portrait d’un présentateur-vedette assez lourdingue dans son butinage de la stagiaire. C’est bien le fait d’un Narcisse adorant son reflet, si sûr de sa beauté et de son influence, qui n’a jamais perçu la différence entre un consentement et la reddition à même la table de bureau.
Florence Porcel reproche au journaliste de 73 ans de lui avoir imposé un rapport sexuel non consenti en 2004 et une fellation en 2009, « ces faits (…) ne peuvent caractériser le crime de viol dans la mesure où aucun élément ne permet de confirmer les propos de l’un ou de l’autre concernant l’existence de cette scène », a écrit la procureure de Nanterre Catherine Denis dans un communiqué. Malgré ce qu’en dit la mère Denis, les anciens se souviennent à TF1 d’avoir conseillé aux jeunes imprudentes d’éviter l’ascenseur de PPDA.
L’absence de preuve, sous-entendant que la parole du notable est supérieure à celle de sa victime, devrait inciter les violeurs à passer notables avant de laisser libre cours à leur pulsion.
Restent les affaires plus lourdes ayant pour victimes des mineures. Olivier Duhamel, l’intellectuel flamboyant descendu en flammes dans un livre écrit par sa belle fille et la famille Berry divisée sur les faits incestueux, contestés par Richard Berry, sur sa fille Coline Hiégel-Berry.
J’avoue renoncer à l’ironie. Quelque chose me dit que certaines affaires réclament du sérieux et de la retenue, en attente des juges.

5 juillet 2021

Le ver dans le fruit.

Le MR de Bouchez nous a mis la puce à l’oreille, en envoyant régulièrement ses anciens commis, pantoufler au Parlement européen. Après Loulou Michel, une autre recrue, le petit Chastel, dit tout sur l’inutilité de la fonction.
Les citoyens européens ne prêtent plus aucune attention à cette assemblée inutile. Les députés eux-mêmes y vont pour y remplir la gamelle, c’est le seul côté sympa pour l’engeance politicienne.
Dans ces derniers jours de pré-vacances, le Parlement européen vote une énième résolution. La Russie a la cote. Les textes russophobes sont d’une grande richesse imprécatoire pour des condamnations obsessionnelles, souvent dictées par le grand ami américain.
Chastel devrait aimer. Nadia Geerts, sans doute, à l’école de Gol et de Richard Miller, dans six mois, un an, si elle est bien woke, on lui trouvera un fauteuil numéroté à Strasbourg. Après Navalny, la réglementation russe sur les ONG étrangères est visée. On a même vu des députés farfelus déposer un projet pour un changement de régime en Russie !
Que Poutine se rassure, tout n’est que parlotes à Strasbourg. Le bidule vit de manière autonome, détaché des vrais soucis des citoyens, Ceux-ci le savent. Les gazettes aussi qui ne se fendent plus d’aucun communiqué sur l’avancement des travaux !
Le Parlement européen est l’organe en trop de l’UE : moins écouté que la Commission, le Conseil et la Cour de justice. Il ne remplit aucune des fonctions d’un vrai parlement, celui de soutenir un gouvernement au pouvoir tout en le soumettant au contrôle démocratique. Sa vraie fonction est ailleurs : il est censé donner une façade démocratique à une Union européenne qui est fondamentalement autoritaire et bureaucratique.

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On se passe tellement bien de lui dans les affaires intérieures, qu’il ne lui reste plus que les affaires étrangères. Comme l’Europe n’a pas d’armée et que ce sont les Américains avec l’OTAN qui sont à la manœuvre, on voit le genre de pouvoir du parlement en politique extérieure. Même Erdogan manque étouffer de rire à la lecture des communiqués. Poutine fait boucher les fenêtres sans vitre du Donbass avec les liasses de « dernier avertissement ».
Strasbourg a du pain sur la planche, reste à traiter l’Afghanistan, Cuba, le Sri Lanka, le Maroc, la Biélorussie. Ces résolutions et condamnations sont parfaitement futiles, ne servant qu’à renforcer un sentiment de supériorité morale chez ceux qui les votent. Son impuissance intrinsèque fait qu’en réalité le Parlement européen ressemble à une grande ONG couveuse des idées les plus marginales et immatures, ou encore à un syndicat d’étudiants où on vote des résolutions condamnant tel ou tel pays avant d’aller prendre un verre.
Tous les dossiers qui concernent la Russie ont été détournés par les eurodéputés polonais et baltes. On ne trouve jamais une résolution sur la Russie rédigée ou proposée par un Allemand ou un Français, bien que ces pays aient leur propre vision des rapports euro-russes qui est différente de celle des Polonais et Baltes monomaniaques.
Le Parlement européen sert de maison de retraite aux hommes politiques. Ils y apprennent l’inutilité de l’idée originale et le bien fondé de la pensée unique libérale.
Plus le Parlement européen est délié de toute attache aux vrais soucis des électeurs, plus il flotte au-dessus de leurs problèmes pour se perdre dans un monde virtuel et imaginé. Là où un gouvernement national doit peser le pour et le contre – par exemple sur la question du gazoduc Nord Stream dont la construction aura des conséquences concrètes sur la vie des citoyens, et notamment celles des factures de chauffage moins chères – le Parlement européen, lui, habite un monde rêvé. Il milite avec acharnement contre ce gazoduc, alors que le gouvernement américain abandonne son opposition. Si le gazoduc est terminé, il livrera du gaz aux Européens alors que leur parlement ne leur donne que du vent.
Tout cela en dit long sur « l’efficacité d’une démocratie active » à l’Union européenne. Par contre, cet argent jeté par poignée à une Institution qui ne sert à rien commence à faire jaser et pas que dans les hautes sphères. Les citoyens cessent de rire quand ils reçoivent la facture. Ces chômeurs en moins, puisqu’ils font métier de parlementer à Strasbourg, coûtent drôlement plus cher que le demandeur d’emploi resté au pays. Cette idée-là, c’est le ver dans le fruit. Si Bouchez a un vermifuge, comme il en a sur tout, c’est le moment.

3 juillet 2021

On pique gratis !

Le premier à parler de la gratuité du vaccin fut Xi Jinping. Devant la propagation du Covid-19 à d’autres continents, l’oncle Xi rassura les pays pauvres, surtout africains. La chine allait sauver tout le monde.
D’abord, il a étonné l’Occident en construisant un hôpital en dix jours. Puis, le président à vie chinois a changé d’avis. De la piqûre gratis, il en a fait un argument commercial. Je te vaccine tant de personnes à condition que tu me concèdes une exploitation minière, etc. Il n’était pas le seul philanthrope. A l'été 2020, il faisait des prosélytes. Dans la société nouvelle qui allait naître de ce fléau, les vaccins ne pouvaient être que des biens publics mondiaux.
Emmanuel Macron, qui n’en rate aucune pour se faire valoir à bas coût, s’interrogeait devant les caméras : « Serons-nous prêts, lorsqu’un premier vaccin [contre le Covid-19] sera mis sur le marché, à en garantir l’accès à l’échelle planétaire et à éviter à tout prix le scénario d’un monde “à deux vitesses”, où seuls les plus riches pourraient se protéger du virus et reprendre une vie normale ? ».
Les gens de France Inter pleuraient d’émotion dans les studios.
Les effets assurés passés, les promesses furent oubliées.
On se demande si le MR en s’attachant Nadia Geerts ne va pas l’utiliser façon « mème » à l’américaine, l’épaule hors Crop top pour vacciner à l’aise, en démonstration permanente ?

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Le 18 janvier 2021, le directeur général de l’OMS dressait un constat accablant : « Plus de trente-neuf millions de doses de vaccin ont maintenant été administrées dans au moins quarante-neuf pays à revenu élevé. Seulement vingt-cinq doses ont été administrées dans un des pays aux revenus les plus faibles. Pas vingt-cinq millions ; pas vingt-cinq mille ; seulement vingt-cinq. » Il évoquait la probabilité d’un « échec moral catastrophique ».
En ce mois de juillet, certains pays comme le Congo Kinshasa, notre ancienne colonie, n’est nulle part dans la vaccination.
L’objectif de l’OMS était très ambitieux : fournir deux milliards de doses d’ici à la fin 2021. Le pool d’accès à la technologie de la vaccination contre le Covid-19, qui aurait dû garantir le partage de la propriété intellectuelle, des connaissances et du savoir-faire nécessaires pour produire des vaccins à grande échelle, est, à cette heure, une coquille vide. L’OMS évoque désormais l’échéance 2022, voire 2024…
La realpolitik, celle du pognon et du biseness, l’a emporté au profit des multinationales du médicament. La loi du capitalisme néolibéral la socialisation des pertes et la privatisation des profits, a joué à plein. Les laboratoires ont été subventionnés à coups de milliards d’euros par les États. La Commission européenne a versé plus de 2 milliards pendant la mise au point des vaccins pour la recherche et le développement puis la production massive des doses. Rien n’y fait, les entreprises conservent la haute main sur les brevets, négocient âprement les prix avec les États et restreignent les dons et les reventes éventuels aux pays en développement. Selon la secrétaire d’État au budget, Eva de Bleeker, les tarifs négociés par Bruxelles iraient de 1,78 euro pour AstraZeneca à 10 euros pour CureVac et 14,68 euros pour Moderna.
La responsabilité juridique des entreprises est restreinte au minimum en cas d’effets secondaires, qui seraient assumés par les États signataires.
À ces contrats invraisemblables s’ajoute un affrontement géopolitique entre les nations pour le développement, la fabrication et l’accès aux précieux vaccins.
On a même vu Boris Johnson organiser une campagne de vaccination dynamique, mettant à mal l’argument d’un Brexit catastrophique par l’Union européenne.
On comprend que les populations des pays en développement ne soient plus une priorité, dans la chasse au beau pognon vite ramassé dans cette pétaudière. Les sociétés pharmaceutiques s’agrippent à leurs brevets. Les mécanismes C-TAP et Covax ne fonctionnent pas. À l’intérieur de l’UE, les premières livraisons ont révélé des inégalités flagrantes : l’Italie a reçu 9 750 doses, la France 19 500 et l’Allemagne 151 125 (4). Même ramenés à la population respective de ces pays, ces écarts demeurent inexplicables et semblent suggérer que certains sont plus égaux que d’autres.
Garantir l’égalité de la valeur des vies entre le Nord et le Sud impliquerait de revoir de fond en comble les règles du marché pharmaceutique.
Pourtant, certaines dispositions sur les droits de propriété intellectuelle (Adpic), qui normalement durent vingt ans, permet d’y déroger dans « des situations d’urgence nationale ou d’autres circonstances d’extrême urgence ou en cas d’utilisation publique à des fins non commerciales. Et ce sans autorisation du détenteur du droit… sauf que les sociétés pharmaceutiques pourraient lever une armée d’avocats et, de recours en recours, remettre l’urgence à dix ans par les tribunaux.
L’économie du libre-échange chère à Georges-Louis Bouchez, n’a de libre que les pouvoirs exorbitants que les États ont concédés à l’industrie pharmaceutique.

2 juillet 2021

…À se prendre la tête !

Le monde moderne a prodigieusement progressé dans ses techniques. Il est resté très en deçà dans sa capacité humaine d’évolution en harmonie avec ce qu’il a créé.
La liberté des personnes n’est pas la liberté des dividendes et n’en découle pas.
Le groupe dominant produit une idéologie légitimatrice de l’exploitation qu’il impose, les groupes dominés élaborent des utopies contestatrices, si bien que pour se faire une opinion indépendante, il faudrait qu’ils le fussent vraiment. Le peuvent-ils ?
R. Aron constate que le devenir des sociétés industrielles n’est pas soumis à une volonté consciente. Le garde-fou de cette imprévisibilité serait la démocratie à condition qu’elle ne se conduise pas en servante de l’économie.
Or, elle l’est sous la conduite d’un système politique dont les agents sont mus par des ressorts parmi lesquels gagner de l’argent n’est pas le moindre. Ainsi, ils propagent une forme d’agression dans leur position entre le capital et le social. Nos ministres, ne doivent-ils pas eux-mêmes soustraire de l’argent à quelqu’un comme de simples propriétaires ?
Les responsables politiques sont impuissants, écrit Cornélius Castoriadis en 1998. La seule chose qu’ils peuvent faire, c’est suivre le courant, c’est-à-dire appliquer la politique ultralibérale à la mode. Les socialistes n’ont pas fait autre chose, une fois revenus au pouvoir. Ce ne sont pas des politiques, mais des politiciens au sens de micropoliticiens. Des gens qui chassent les suffrages par n’importe quel moyen. Ils n’ont aucun programme. Leur but est de rester au pouvoir ou de revenir au pouvoir, et pour cela ils sont capables de tout.
Le complexe de l’argent est en soi une religion. La déchristianisation de la société n’est due qu’à cela. Nous sommes passés d’une religion à une autre.
Cette perversion atteint des sommets dans le libéralisme. Son incapacité à travailler collectivement, sous prétexte que l’épanouissement de la personnalité est un droit fondamental, tue dans l’œuf tout progrès moral. L’ingéniosité humaine ne sera pas à même d’employer les richesses matérielles des hommes au service de ceux-ci, tant que la psychopathologie de l’argent n’aura pas été reconnue et traitée.
Tout un bouleversement de l’échelle des valeurs devrait s’en suivre.
L’excédent ne peut être obtenu que par la division du travail et la division du travail tue toutes les satisfactions de l’être humain qui résulteraient de l’usage équilibré de ses facultés. Or, dans la hiérarchie des salaires, c’est celui qui a le plus à se plaindre de cette division qui est le moins bien récompensé du sacrifice inouï qu’il fait. La part de salaire qui revient à ces sacrifiés devrait être conséquente, tandis que celle qui est attribuée aux autres catégories devraient être infimes.
De fait la machine qui n’est qu’un instrument de régression systématique pour la plupart devrait au contraire enrichir de deux manières celui qui n’est que son servant, en réduisant au maximum ses heures de travail et en augmentant leur valeur.

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L’idéologie libérale sert des intérêts particuliers qu’elle présente comme des intérêts universels. Elle ne peut en aucune manière intégrer la simple morale puisqu’elle légitime ces intérêts particuliers par une intégration fictive de la société dans son ensemble, ce qui lui permet de dissimuler parmi les autres, la classe dominante propriétaire.
Le pouvoir est une matière première comme les autres et elle doit être traitée comme telle et revenir dans les mains du plus grand nombre. La représentativité en ce qu’elle n’est qu’une délégation ne dilue pas le pouvoir au bénéfice de la Nation, mais le concentre, au contraire sous prétexte d’efficacité, sur des groupes ou individus qui se l’approprient à des fins personnelles.
Un moment d’abstraction n’est pas sans intérêt l’année où la dictature de l’argent semble hésiter entre démocratie et oligarchie. Les libéraux iront jusqu’à risquer leur propre anéantissement plutôt que d’abandonner toute portion significative de leurs avantages. La susceptibilité des pauvres à l’égard de l’injustice n’est rien comparée à celle des riches sur leur droit à la propriété.
Si les changements en économie ne se produisent qu’avec les changements de génération, espérons que celle qui vient sera moins assotée des lieux communs de nos universités.
Cette chronique ne pouvait mieux trouver son épilogue que dans cette pensée de Paul Valéry « Nous vivons bien à l’aise, chacun dans son absurdité, comme poisson dans l’eau, et nous ne percevons jamais que par un accident tout ce que contient de stupidités l’existence d’une personne raisonnable. Nous ne pensons jamais que ce que nous pensons nous cache de ce que nous sommes. »
Désormais, le libéralisme ne cache plus grand-chose. De naïfs un peu niais, ses adeptes sont en train de passer parfaits salauds.

1 juillet 2021

Sébastien Pirlot, du PS au MR.

Le cas de Sébastien Pirlot, bourgmestre de Chiny, ancien journaliste et ancien député PS, qui rejoint les rangs du MR, est, somme toute, banal dans son exemplarité. Ce n’est pas la première fois qu’un personnage politique mécontent, de la façon dont son parti le traite, quitte sa formation pour frapper à la porte du parti à côté. En général, il le fait pour deux raisons, il est mécontent de la place qu’on lui propose dans les responsabilités publiques ou il trouve que ses indemnités et autres bénéfices personnels sont insuffisants par rapport à l’importance qu’il attribue à sa personne.
Dans aucun cas, il n’est question d’éthique ou de divergence dans la politique suivie par les responsables du parti. Il ne s’agit que d’opportunité et d’intérêt personnel. Et pour cause, les partis de pouvoirs n’ont qu’une seule ligne de conduite concernant le social et l’économique dictée par l’Union Européenne.
Il reste deux conclusions au bout du compte qu’on oublie le plus souvent.
La première est l’extrême similitude entre le PS et le MR. C’est quasiment aujourd’hui bonnet blanc et blanc bonnet. Ces deux formations chassent la clientèle du centre, sur les mêmes terres. Le MR en espérant que ses électeurs centristes ne ressentent pas trop la crise et ne se retrouvent pas perdants du système et le PS en poursuivant le rêve que les Trente glorieuses, qui leur a fait abandonner la cause ouvrière, se reproduisent !
L’ancien député PS a-t-il jamais considéré les fondamentales attaches ouvrières de son parti comme primordiales et oubliées depuis ? Assurément non, pour tomber dans les bras d’un Georges-Louis Bouchez, il faut n’avoir jamais milité en faveur des pauvres, mais au contraire, considérer que le capitalisme a besoin d’ignorer le social pour ne s’intéresser qu’aux riches, selon la définition du premier de cordée qui montre la voie et sauve le monde par son audace et sa créativité.
La seconde est la principale raison du degré d’abaissement et d’ignorance où se trouvent aujourd’hui les partis de pouvoir. Ils ont le réflexe égoïste devant les nuisances que sont devenus le néolibéralisme et l’Europe dans leur tandem. S’ils veulent encore vivre un temps sur des privilèges de classe et de salaires, ils ne peuvent pas abandonner le néolibéralisme, malgré l’évidence de son échec.
Pirlot est un inconscient et Georges-Louis Bouchez un pousse-au-crime. Ils sont l’un et l’autre à côté de la plaque et fort détachés, voire complètement largués de l’explosive situation d’une démocratie confisquée, d’une Europe intransigeante et d’un capitalisme qui joue son va-tout. Comment ne voient-ils pas qu’ils tournent le dos à une majorité dite silencieuse ?
Est-ce encore possible de soutenir aujourd’hui l’américanisation à marche forcée de l’Europe après la crise de l’épidémie et la crise économique qui s’installe, avec comme conséquence une austérité accrue pour rembourser les dettes ?
C’est la politique commune du PS et du MR et donc de Pirlot et de Bouchez, quoiqu’ils s’en défendent.

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Le reste, c’est du théâtre. Nos gaillards sont sur les planches d’une comédie qu’ils nous jouent, dans un théâtre dont nous sommes les spectateurs pas dupes du tout et qui ne rient plus aux bons mots et aux situations drôles.
Ce spectacle a eu lieu en province du Luxembourg, avec les deux titulaires des rôles, le récipiendaire et l’hôte d’accueil.
Le thème de la pièce n’est qu’en filigrane bien entendu. L’action se passe dans une arrière-salle de cabaret où des socialistes avinés débattent sur le voile et la neutralité, en porte-à-faux avec les convictions laïques de Pirlot, à la suite de quoi est révélé le positionnement de plus en plus à gauche du PS sur le plan socio-économique pour freiner la progression du PTB. Là Pirlot n’en peut plus. Être à gauche, même à la manière du PS lui est devenu insupportable.
À la fin de la pièce tout s’explique. Pirlot est encore un de ces journalistes professionnels qui préfère aller à la soupe régulière d’indemnités bien grasses, perçues pour une fonction publique élective, plutôt que se taper les conneries d’un patron de presse toujours d’extrême droite et borné, à 1.750 euros par mois.
Le rideau tombe, alors qu’en coulisse, les comédiens reçoivent leur cachet.