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31 janvier 2017

Zigzag.

Il est vrai que la posture de celui qui nie tout est plus facile que celui qui collabore à quelque chose, ne serait-ce qu’en soutenant une idée.
Le nihiliste n’a pas besoin d’une lecture approfondie d’un accord de gouvernement pour savoir que c’est un coup d’épée dans l’eau et, qu’au mieux, les nouvelles règles à défaut de faire du bien, ne feront pas de tort. Mais que l’on soit pour ou contre la manière de diriger le pays, adopter une mesure neutre, c’est souvent adopter une mesure qui ne sert à rien.
On sait bien que tous les gouvernements s’y emploient, ne serait-ce que pour occuper le terrain et montrer qu’ils travaillent.
Souvent, en fin de législature, quand les pommes sont cuites et que les résultats électoraux ne changeront pas les acquis et les mandats, c’est peut-être le seul consensus que la majorité et l’opposition peuvent avoir : l’influence des mesures prises est nulle et n’a servi qu’à tuer le temps.
Posture de facilité que celle de récuser tout en bloc. Il ne reste plus qu’un choix, celui des mots qui sont assez forts pour exprimer dégout, colère et exaspération.
L’opposant pathétique sait tout cela.
Mais, hors les cas de grands malades allergiques à tout pouvoir, des envieux de la rente des mandats, quelqu’un d’apparemment normal, qui suit régulièrement les débats des gens de pouvoir, qui se renseigne sur l’économie, les chances de nous en sortir, qui ne confond pas les sigles, décortique les tendances perçues dans les statistiques, et QUI N’EST d’ACCORD SUR RIEN quelle doit être son attitude ?
Enfin sur rien, c’est beaucoup dire, quand Maggie De Block revient sur sa décision de ne pas distribuer à tout le monde des comprimés d’iode contre un éventuel accident nucléaire, on ne peut pas être contre la mesure qui va mettre bientôt le cachet salvateur à portée de gorge de tous les citoyens….
Mais aussitôt, celui qui n’est d’accord sur rien, tempère son adhésion, certes totale, mais en l’assortissant de quelques considérations.
Si la ministre se résout à une distribution générale, c’est qu’elle pense qu’il y a un risque, alors que les services de contrôle jurent que nos centrales sont sans danger.
Du coup, si elle pense cela, elle ne nous le dit pas. Et comment voulez-vous être d’accord avec quelqu’une qui dit le contraire de ce qu’elle pense ?

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Voilà le drame, nous sommes dirigés par des élus qui sont prisonniers de leur fonction et qui voudraient être d’accord avec nous, mais qui ne le peuvent pas. Ils sont enfermés avec nous dans quelque chose qu’on peut appeler le système. En faisant semblant de nous y représenter, ils s’en tirent mieux que nous (voyez leurs salaires), mais, dans le fond, ils s’interdisent de le transgresser soit parce que cela les arrange (les libéraux), soit parce que cela les dépasse (les socialistes de première génération. Les socialistes de la deuxième génération, font les deux, cela les arrange et cela les dépasse.)
Mesure de précaution, les pilules de Maggie, certes, mais que ne prend-on pas d’autres mesures de ce type, par exemple quand on sait que sous le seuil de pauvreté, Charles Michel envoie plus d’enfants de pauvres à la mort et que son action conduit à aggraver la pauvreté ?
Et là le risque devient une certitude.
Que se rassurent tout de suite les gens de mon espèce qui récusent tout en bloc, s’il existe des intelligences suffisamment subtiles au gouvernement qui considèrent que parfois les ploucs ont raison et que les mesures prises sont franchement dégueulasses et à leur place, ils se révolteraient aussi ; par contre, je reste persuadé que parmi les partis de ce gouvernement, le MR principalement qui boit la coupe jusqu’à la lie flamingante, il y a de vrais salopards qui rient sous cape de voir le tort qu’ils font à la société, à seule fin de choyer la catégorie sociale à laquelle ils appartiennent ou pensent y entrer par les services qu’ils lui rendent.

30 janvier 2017

Ne travaillez jamais !

C’est à la craie sur un mur de Saint-germain que Guy Debord a signifié que la vraie vie n’est pas axée sur le travail, mais sur tout ce qui peut nous en soustraire.
Mais c’est dans « La société du spectacle », publié en 1967, que Debord a pressenti le temps présent.
Les citoyens sont avant tout spectateurs. Les pôles d’intérêts ne sont plus les mêmes que ceux qui avaient cours à la parution du livre. C’est le mérite d’une œuvre qui partant de l’image d’une société, parvient à en déduire ce qu’elle deviendra cinquante ans plus tard.
Au cours de cette période de l’après-guerre si riche en germes, tandis que Claude Lefort, Cornelius Castoriadis et quelques autres tentaient une ouverture, dans une période dominée par la pensée stalinienne et bourgeoise, Debord avait compris ce que l’appât du gain, allait produire en dégâts neurologiques dans les affections médicales associées au travail, et qu’une sorte de thérapie par le divertissement verrait le jour.
L’imitation de Donald Trump d’un reporter handicapé du New-York Times, aussitôt reprise au Golden Globes par Meryl Streep pour dénoncer l’indignité du président des États-Unis a davantage suscité des réactions qu’un acte politique de grande importance pris dans le silence des cabinets.
C’est ça la société du spectacle que Guy Debord a dépeinte de façon prémonitoire.
Les décisions ne sont plus capables en elles-mêmes de nous faire réagir. Elles ne deviennent percutantes, ouvrant nos esprits à la critique, qu’en passant par un show à un micro, dans les mains d’un communicant professionnel et, si possible, dans une forme humoristique.
Les philosophes et les penseurs sont pris au piège de l’estrade et des paillettes. De là vient l’impossibilité d’établir une sélection sérieuse des individus postulant un emploi dans la démocratie !
Le pouvoir a pris ses aises avec la morale et déserté l’agora traditionnelle. Le discours ne peut qu’être médiatique porté par un support plus important que son contenu.
Celui de Trump est caractérisé par l’effronterie d’une seule vérité : la sienne. Elle est l’unique argument du show qui en découle. C’est le seul qui est à la fois discours et show, le personnage ayant réussi la fusion du discourant et du showmen.
Niant toute pensée contraire, Trump ridiculise l’adversaire sans répondre à son argumentation. Sa position de président lui procure l’autorité nécessaire à en imposer à ses détracteurs. Il se conduit comme un souverain du monde. Et ça a marché jusqu’à présent.

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Cette technique masque en réalité la fin de l’authenticité. La démocratie n’y est même plus abîmée, puisqu’elle n’a plus aucun rôle à jouer dans ces conditions. Elle s’évapore…
La société du spectacle, comme son nom l’indique, est donc une salle dans laquelle nous sommes entassés, les gagmen et les vedettes sur scène font leur métier, tandis que dans la coulisse veillent les techniciens, certains s’affichent pour applaudir et nous entraîner à le faire.
Que nous ayons été dedans ou dehors, nous avons participé au show et montré une complicité passive ou active.
Et pas que pour Trump, c’est un exemple choisi, parce qu’il accumule les poncifs du genre.
Les élections belges quand elles auront lieu et les élections françaises qui se préparent, même à l’échelon des partis, nous en suivons les fact-checkers, nous lisons les éditorialistes, nous croyons avoir une influence sur les événements et de fait, nous n’en avons aucune.
Ainsi, spectateurs massés dans la salle, nous y resterons sans savoir jamais ce que cache les décors, étrangers des crimes et des passions à l’abri de nos regards

29 janvier 2017

Gauchir la gauche !

Paul Magnette est le premier parmi les têtes de gondole du PS qui a compris que le parti peut disparaître comme quelques autres confrères européens et, probablement le PS français, lui avant les autres, tout de suite après Mai.
Disparaître ou presque, un Premier Mai, pour qui se réclame du peuple, quel symbole !
Et cela dans le domaine du possible.
Magnette a proposé aux Marcourt, Mathot, Furlan, Onkelinx, Willy Demeyer et a tutti quanti, jusqu’à Monsignore Di Rupo, des abattements « rugueux » de leur beaux pognons d’État, qui iraient de 10 à 25 % ! À noter que les soldes de janvier oscillent entre 40 et 60 %, ce qui ne serait pas encore la grande braderie attendue, par rapport aux magasins.
Finis les triples casquettes, les jetons-cachetons de présence, les cumuls désinvoltes et les postures outragées pour les mandats sans picaillons, vu la tronche de Marcourt à la bonne nouvelle, ce saumon rose de la pisciculture locale n’est pas près de finir sur la table des amateurs locaux de sushis.
La gauche européenne à la sauce liberalo-socialo-culbuto plonge dans l’estime de son électorat. Voilà dix ans que je l’écris, la social-démocratie avec les banques comme décors de fond, c’est fini. Les sacrifices demandés pour une option incertaine de jours meilleurs, plus personne n’est demandeur. On se sacrifie pour quelque chose à laquelle on croit. On ne se sacrifie pas pour quelque chose dans laquelle on ne croit pas.
Constat amer : une manière de flanquer la panique aux messieurs des Loges de la social-démocratie européenne, des cousins plus à gauche des PS renaissent des cendres d’un marxisme-léninisme qu’on croyait obsolète.
Bien sûr, ils apparaissent sous d’autres formes, avec des façons plus gentilles, des civilités et des politesses, mais c’est pour foutre en l’air les montages du socialisme éternel, dont le symbole est à Mons.
Podemos, Corbyn, Syriza, Costa, la mue se poursuit. Mutation plutôt que mue pourrait-on dire, le Darwin nouveau est arrivé. Neandertal se voit évincé par Sapiens.
Même les diplômés traditionnellement reconnaissant que le PS ouvre les portes du bien-manger et du bien paraître, à condition de faire semblent de parler au nom de la classe ouvrière, ne garantissent plus l’adhésion massive.

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La gauche capital-travail évolue plutôt mal. On rechigne. On tombe dans le donnant/donnant. Le pénélopegate est encore possible à droite. À gauche, ça va devenir difficile, il n’y aura bientôt plus moyen de se servir sur la bête. L’honnêteté, c’est quand il n’y a plus rien à voler.
Le choix de Hamon au deuxième tour, demain confirmé, prend l’appareil de court en France et aussi partout en Europe. C’est la mérule du dégoût qui atteint les militants.
Le patchwork européen se déverse dans l’entonnoir Hamon.
Le soutien de la gauche européenne à Paul Magnette, dans son opposition au CETA, montre que le libre-échange des maîtres de la finance ne passe pas.
L’austérité, dénoncée dans le discours de Benoit Hamon, est une autre facette de la résistance des peuples à se plier à l’exigence des maîtres.
Cependant, le peuple n’est pas contre les sacrifices quand ils sont indispensables. Encore faut-il qu’ils soient établis dans une parfaite égalité. Le système nous met à poil, bon, d’accord, mais à condition que tout le monde le soit. Et là, c’est autre chose. On touche à une corde sensible dont Magnette vient de révéler l’existence.
L’expérience d’Antonio Costa, Premier Ministre au Portugal, est éclairante à tous les points de vue. Ce socialiste « ordinaire » gouverne en alliance avec la gauche radicale de son pays !
À quand une entrée en matière par des conversations informelles entre le PS et le PTB ?
Michel et De Wever sont en train de se casser les dents dans une législature qui paraît plus longue que d’habitude, tant ils font du surplace. Et si la gauche s’inspirait d’Antonio Costa ?

28 janvier 2017

Remboursez !

On oublie trop souvent le caractère intemporel de certains défauts, pour essayer de comprendre François Fillon, perdant toute retenue dans sa démarche de salarier son épouse, sur la dotation que lui octroyait sa fonction d’élu.
Ce défaut est tout entier dans « L’avare » de Molière. Il est difficile à un avare de repousser toutes les possibilités de se saisir des biens qui sont à sa portée. La raison que ce serait immoral, ne vient pas à l’esprit de quelqu’un qui aime l’argent, quand l’occasion se présente.
Tout Fillon est dans cette image de l’avare, dur avec lui-même, il ne résiste pas à l'attrait de l'argent, quelles qu'en soient les conséquences et les dangers qu’il encourt.
C’est probablement chez lui un élan irrépressible.
Vous remarquerez le dépouillement des vêtements de Pénélope, son épouse. Ce n’est pas la misère, mais ce n’est pas le luxe non plus. En hiver, ils doivent être chaud (sa veste bigarrée en grosse laine). En dessous, on dirait qu’elle porte un chemisier blanc de simple toile, qu’elle pourrait mettre en été.
C’est l’image de tante Yvonne (Mme De Gaulle) qu’elle projette.
Elle a probablement le même défaut d’avarice que son conjoint, sans quoi la vie en couple de ces deux-là serait impossible. L’est-elle devenue par goût naturel ou par amour pour François ? Ce détail est sans importance pour établir le profil de son parlementaire de mari.
Parce que Fillon n’est pas comme Guéant, Chirac ou Copé, il n’est ni fastueux, ni dépensier. Il a le goût du sacrifice, le respect du sacré et le maintien réservé. Son image est compatible avec celui de « l’honnête homme ».
Et pourtant il ne l’est pas ! Se rend-il compte de l’ambigüité de sa démarche ?
En un mot, il pourrait se croire sincère.
Et il l’est sans doute. Cette sincérité est confondante et le fait paraître hypocrite, puisque sa conduite ne correspond pas à la personnalité que les journaux dévoilent.
Sans doute bon époux, bon père, l’achat d’un château fait partie de son désir de posséder des biens, solides comme les tours de son domaine.
C’est l’avare paysan, fier de la moindre motte de gazon, « sa » motte de gazon.
Sa soif insatiable d’argent et de biens, il la met sous une dalle, laissant au grand jour sa vision politique du devoir et d’honnêteté de l’élu.
Son programme dur, insensé, 500.000 fonctionnaires en moins, une austérité accrue, est à son image. Il n’a pas vu qu’il se dépeignait dans son implacabilité, qu’il se mettait en scène et même, se caricaturait.

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On ne sait pas comme la justice saisie voit la suite de son enquête. Le juge d’instruction a le pouvoir de le désintégrer en plein vol, en le mettant en examen. Il ne le fera probablement pas. Marine Le Pen tire déjà un bénéfice de ce fait-divers. Les dégâts collatéraux s’étendent jusqu’à faire profiter Macron, Hamon et Mélenchon.
Si Fillon est un avare compulsif, comme je le crois, après avoir nié l’évidence, accusé la presse de dénigrer le rôle de sa femme dans un travail d’assistante parlementaire, il pourrait se réveiller un jour avec une vision plus réaliste de ce qu’il a fait, du drame dans lequel son amour de l’argent a plongé sa famille, de l’exposition devant les médiats de Pénélope. Il l’a entraînée dans une complicité dans laquelle la malheureuse n’y est probablement pour rien.
Les amis de Fillon, sa clientèle au sein du parti LR, tous se mobilisent. Les faits fragilisent leur sollicitude. Le récit des témoins convainc de la vacuité du travail de Pénélope. À l’heure actuelle, il ne faut pas trop en remettre, sous peine de se fragiliser soi-même. NKM devrait en tenir compte.
Enfin, qualifier de « boules puantes » une évidente dérive de l’usage de la dotation parlementaire, c’est oublier que Fillon lui-même a toujours porté si haut sa vision de l’État qu’il a déjà dénoncé des agissements similaires aux siens et notamment pressé Juillet, le secrétaire général de l’Élysée, d’accélérer la procédure dans une affaire où Sarkozy était cité.
Voilà un personnage de Molière avec Harpagon, de Balzac avec Goriot et Molineux, et de tous ceux qui, dans les sphères de pouvoir privées et politiques, suivent leur penchant pour l’argent, dans une société où la justice ne joue son rôle que contre les petits.

27 janvier 2017

Entre faits et déclarations.

On peut se demander à quoi sert d’accuser les importants, trop prompts à saisir toute occasion de rémunération ?
Ils ne sont jamais punis avec toute la rigueur de la loi. Aucun parlementaire ou ministre, n’a fait de la tôle. Claude Guéant, condamné à deux ans de prison, dont un « ferme » pour abus de biens sociaux, ne fera pas un jour de ballon (1).
Ce n’est pas faute de gros titres « Les administrateurs fantômes de Publifin sur la sellette. » ou « Fillon encourt dix ans de prison et 100.000 € d’amende ! ».
L’élite, en délicatesse avec la loi, se fait oublier dans sa résidence secondaire. Le temps est un merveilleux apotropée, un excellent produit de nettoyage.
Certains se retirent en étant payé par leur administration. Armand De Decker, bourgmestre d’Uccle et avocat, s’est fait porter pâle, un certificat médical à la clé. Il reçoit son enveloppe de bourgmestre les fins de mois comme s’il était là ! Pas belle la vie ?
François Fillon ne finira pas triquard. Il ne fera pas un jour de prison et ne paiera pas un sou d’amende. Mieux, s’il se la joue finement, il se pourrait même que les Français le placent à la tête de la République. Pénélope sauvée de la honte, François renouvellerait sa garde-robe de première dame, bien catho et franchouillarde.
Son affaire qui inclut son épouse dans une combine d’emploi fictif est vieille de huit ans. La prescription est de 3 ans pour ce genre de délit. On fait du cinéma pour rien, juste pour le plaisir d’une boule puante.

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Sauf que l’opinion n’aime pas ce genre d’embrouille pour un élu à prétention présidentielle. Perdre l’élection, c’est la seule sanction possible ! La combine de ce sycophante tardivement dénoncée n’a pas besoin de boule puante pour sentir mauvais.
Dans un autre registre, Polanski, le génial metteur en scène, ne sera jamais quitte avec l’opinion qui lui reproche d’avoir « violé » une gamine de 13 ans il y aura bientôt 50 ans. La dame, aujourd’hui d’un âge respectable, a beau réexpliquer qu’elle était consentante et qu’au moment de l’extase, elle paraissait 18 ans, rien n’y fait. Roman Polanski est classé définitivement dans les salauds complets.
Il y a une énorme différence entre salauds.
Les mœurs dissolues ou simplement libertines dépassent en horreur les crimes pour le fric.
Les délits d’argent touchent le subconscient de tout le monde. Des indulgents se demandent ce qu’ils auraient fait à la place de Fillon, Sarko, Kubla, De Decker, les Publifin ?
Le crime sexuel, c’est différent. Même si certains passent l’éponge sur le passé de Polanski, le sexe reste tabou dans les mémoires. Quand un soir d’ivresse, on drague plus qu’on aurait dû, on n’est pas fier. La libido c’est du privé, on passe sous silence ses petits péchés, martinet, costume de Mickey, latex, gode et livres pornographiques.
Les salauds sexuels, sans le moins du monde excuser leurs crimes, paient cash la main dans un slip non consentant, en préventive tout de suite.
Les lourds dossiers du genre ne passent pas le double filtre, celui de la justice et de l’opinion.
Vous verrez Fillon s’en sortir. Kubla fatigué de ses rhizomes souterrains, attend l’éclaircie au printemps prochain. De Decker ne désespère pas de retrouver son sourire légendaire d’honnête homme face à Hakima, sur fond d’images subliminales heureuses. Le ministre Furlan de la Région friponne, se trouvera grandi par sa démission héroïque, comme Madame Delvaux, ex CDH liquidant vite fait sa part honteuse de jetons de présence de chez NETHYS ex Publifin, l’a été dès les premiers jours de « l’horrible scandale ».
DSK, Polanski ou l’autre branque en touche-pipi à la piscine d’Herstal, jamais !
On applique le Code partout dans sa sévérité ou on ne l’applique nulle part dans sa sagesse. Tant que la justice ne servira qu’à garder les gens sur les trottoirs, pour les salauds qui roulent dans les grosses bagnoles, l’opinion publique suppléera à la carence, avec des dossiers incomplets et des relations mensongères de bouts d’actualités.
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1. Claude Guéant n’ira pas en prison, bien qu’ayant été condamné à deux ans, dont un an ferme. Selon la jurisprudence française, «les aménagements de peines courtes peuvent s’effectuer ab initio, c’est-à-dire avant leur mise en exécution». La loi Perben de 2004 le dit, la loi Taubira de 2014 l’a complété: l’article 723-15 du code de procédure pénal permet de dispenser de prison effective toute personne condamnée à une peine inférieure ou égale à deux ans. Effet quasi automatique s’agissant de Guéant, il ne moisira pas au ballon.

26 janvier 2017

Pénélope, stakhanoviste !

Ça y est ! La droite française à son Jérôme Cahuzac, vous savez le fleuron du socialisme français « les yeux dans les yeux », c’est François Fillon du LR, oui, oui, le conservateur le plus honnête de la droite !
Hélas, trois fois, pour ce « collaborateur » si souvent abaissé par Nicolas Sarkozy, il allait revitaliser les Finances publiques, rendre l’estime du peuple aux mandataires par sa conduite exemplaire, massacrer au second tour de la présidentielle Marine Le Pen… ce n’était qu’un profiteur parmi quelques autres!
François Copé doit rugir de plaisir dans son cabinet de Maux. Alain Juppé débouche un cru du tonnerre en sa mairie de Bordeaux et Nicolas Sarkozy n’aura passé que deux mois à jouer les pères de famille auprès de sa petite dernière avant de ressusciter !
Voilà qui pourrait coûter cher au candidat de la droite, disent les journaux bien informés. La femme de François Fillon, Pénélope Fillon, a été rémunérée pendant huit ans comme attachée parlementaire de son mari ou du suppléant de celui-ci à hauteur d'environ "500.000 euros brut" au total, ainsi que par la Revue des deux mondes, affirme Le Canard enchaîné dans son édition de mercredi.
Ah ! ces journalistes tout de même, parfois il y en a un qui fait bien son métier.
D'après "les feuilles de paie" de Pénélope Fillon, celle-ci a été rémunérée de 1998 à 2002 par son mari, député de la Sarthe, sur l'enveloppe réservée à cet effet pour les députés et les sénateurs. Cette enveloppe, qui vient en sus de l'indemnité du député, sert à rémunérer les assistants parlementaires basés à l'Assemblée ou dans les permanences des circonscriptions. "Calculé en principe pour trois collaborateurs", selon le site de l'Assemblée, son montant est de 9561 euros par mois actuellement.
Le fait d'embaucher des proches comme collaborateurs n'est pas interdit pour les parlementaires, sauf qu’on n'a vu bosser Pénélope nulle part, qu’elle s’est vantée de n’être qu’une mère de famille ne s’occupant pas de politique et ne songeant qu’à bien élever ses enfants, ce qui l’honore !

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Une collaboratrice de François Fillon à l'époque, interrogée par "Le Canard", dit "n'avoir jamais travaillé avec elle". "Je n'ai pas d'info à ce sujet. Je ne la connaissais que comme femme de ministre."
Et ce n’est pas tout !
Celui qui, en principe (mais les principes aujourd’hui) doit remettre la France sur pied, le mari de Pénélope a convaincu son ami Marc Ladreit de Lacharrière (PDG de Fimalac), d’engager la bosseuse mère de famille à la Revue des Deux Mondes pendant deux ans à 5.000 € par mois, alors qu’elle était déjà censée bosser chez son remplaçant !
Pénélope aurait perçu environ 500.000 euros brut sur les caisses parlementaires" plus la paie à la rédaction de la Revue. C’est du lourd, tout ce fric ramassé ! Et après ça, on aura le plaisir de voir la gueule enfarinée d’Apparu, le porte-parole de Fillon, contester le journaliste.
Interrogé par le Canard Enchaîné, le directeur de la revue, Michel Crépu, se dit "sidéré": "Je n'ai jamais rencontré Pénélope Fillon et je ne l'ai jamais vue dans les bureaux de la revue." À peine a-elle signé "deux ou peut-être trois notes de lecture".
Fillon a-t-il pensé négocier avec NKM, la reprise de Pénélope avec son mandat de député dans le 2me arrondissement de Paris, en vue de son installation à l’Élysée ?
Une Première Dame travaillant comme une caissière Leclerc, voilà qui serait bon pour l’exemple !
Et dire que son sourcilleux mari était, il y a quelques mois, en train de faire la leçon à Alain Juppé qui n’aurait pas dû postuler la présidence, à cause de son casier judiciaire !

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Reste qu'on a beau jeu de charger la pauvre Pénélope qui a peut-être été embauchée par Gros-Sourcils, à l'insu de son plein gré !

25 janvier 2017

Macron : piège à cons !

Depuis la crise des subprimes (merci l’Amérique version éternelle à la Trump) rien ni personne n’ont changé le capitalisme. Tel qu’il est devenu, il fait peur à tout le monde. Cette distanciation croissante entre l’évolution de ce système et les citoyens s’est transformée en une crise organique. Charles Michel ferait bien de changer de lunettes, parce qu’il n’y a plus que lui et les pontes du MR pour ne pas s’en être aperçu (Je ne parle pas de la Flandre tardigrade).
Cette dérive a provoqué le déraillement de la social-démocratie et elle n’est pas prête à s’en remettre (voir Valls et le PS solferinien).
Macron n’est rien d’autre que l’épiphénomène qui s’est greffé sur les moribonds politiques de ce constat. En plus carré, faut-il oser le dire ?... soit en moins intelligent, s’inscrit Bart De Wever, substrat flamingant du remplacement d’une Belgique en liquidation.
« En marche », n’est pas un club de plein air, mais l’injonction de Macron de faire marcher les autres. C’est l’ultime tentative de faire prendre des vessies pour des lanternes à la plupart des gens qui travaillent de plus en plus. Ces malheureux ont de moins en moins l’occasion de réfléchir sur leur propre sort.
Des élites de l’UE, aux élites du consensus politique national, c’est la cata. Et on peut les comprendre puisqu’elles n’ont jamais connu autre chose que ce qu’elles vendent à leurs électeurs. Elles s’y sont incrustées depuis trois générations (de 1945 à nos jours), pour penser qu’elles pourraient en sortir. C’est comme Moreau avec Publifin, mais lui c’est depuis hier…
Si révolution il y a, en parlant de Macron, elle m’apparaît entièrement neutre, comme qui dirait ouatée par l’apparence des « bons sentiments » qui sont des bouées de sauvetage que le matelot Macron lance à la mer démontée des amertumes de chacun. Le bel Emmanuel veut sauver le capitalisme en ravalant la façade pour que les groupes sociaux puissent y adhérer au moins une toute dernière fois.
Ce mec, c’est le baiser de la mort… le camelot qui vante un produit qui n’est pas bon, mais dont il tente de n’en laisser voir que les côtés aimables. C’est avec Minc, Cohen, Lenglet, Attali et même le vieux philosophe Touraine, tous mobilisés comme en 14, les défenseurs d’une Europe branchée éperdument sur la globalisation, les deals de la mondialisation, sourde à toute manœuvre d’effacement des dettes colossales des pays, dettes dues aux plus riches, bien entendu, spéculateurs professionnels de la peine des peuples.
L’Europe dans laquelle poussent les petits Macron, Charles Michel en est un autre. L’un et l’autre sont tout à fait minoritaires, même si les citoyens qui ne sont pas d’accord sont partagés en deux camps, celui de gauche qui nous intéresse, et celui de l’extrême droite qui ne nous dit rien qui vaille, reste un résidu : le centre !

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Voilà pourquoi Macron entend bien faire « des gestes » au-delà du « social-démocrate bisness » et qu’il apparaît à quelques-uns l’anti-système jeune et sympa, ce qui lui vaut des ralliements d’un peu partout. En ce sens, Bart De Wever ne fait pas autre chose, dans ses efforts de rassembler les électeurs flamands aux aspirations variées, mais nationalistes patriotes d’un côté et mondialistes de l’autre, pour les affaires (Faut pas rire avec le fric).
Pour en revenir au Français, il bénéficie d’un courant favorable, celui de « l’estime » des élites et de la méfiance des électeurs à l’égard des partis et de leurs programmes (Celui de Fillon est effrayant. À côté, le revenu universel de Hamon, c’est de la tarte Tatin).
De ce point de vue, Macron est plus dangereux que Fillon. Ce dernier, s’il était élu, ne pourrait en aucune manière appliquer sa purge sans une insurrection dont nul ne pourrait mesurer les conséquences. C’est le plus « populiste » des deux, si l’on admet que la droite à elle aussi son populisme.
Ce que Macron voudrait faire croire aux Français tient en quelques mots. Il a l’espoir de transformer le système capitaliste par sa méthode Coué, en une sorte de nouvel essor d’amour et d’honnêteté des uns et des autres, dans une société toujours aussi capitaliste mais redevenue soudainement honnête ! Enfin le pouvoir politique, grâce à lui, ferait entendre raison aux méchants à la Trump reconvertis en agneaux !
En réalité, la démarche d’Emmanuel Macron met à nu la terrible mécanique du commerce mondialisé. Sa tentative d’arrangeur s’inscrit dans la phase ultime d’un système qui est allé trop loin dans sa recherche du profit, pour pouvoir revenir en arrière.
Macron est le dernier carré d’un mythe, celui de la richesse remise au service du peuple.
Après… c’est le chaos en France et ensuite en Europe, à moins que la gauche...

24 janvier 2017

Éclaircie.

Dans le blog du samedi (publié dimanche) j’écrivais « Et si Hamon l’emportait à la primaire rien que par l’effet de sa proposition de revenu universel ? ».
Je ne suis pas le seul à imaginer que quelque chose se passe dans ce vieux parti de la rue Solferino.
A-t-on bien vu les pourcentages ?
Benoît Hamon 36,35 % des voix !
Si on ajoute à ce score remarquable d’un « frondeur », le score de 17,52 % de Montebourg, ce sont les opposants au socialisme d’accompagnement des partis libéraux qui l’emportent avec 53,87 %, soit une belle majorité !
Pourquoi était-ce prévisible ? Parce que Valls est autant méprisé que Hollande parmi les gens de gauche et cela l’est devenu parmi les socialistes eux-mêmes, qu’enfin les membres de la base se sont insurgés contre l’appareil et permettent à la jeunesse (Hamon 49 ans) de tirer un trait sur un passé fait de compromissions, de bas calculs et de manipulation des électeurs.
Les journaux peuvent ricaner, le représentant du PS ne sera pas au second tour, et alors, tout le monde le sait, mais ce qui compte c’est le programme de Hamon qui devra être nécessairement celui du PS, s’il l’emporte dimanche face au passé que représente Valls.
Et ce programme aura dans sa serviette une bombe à retardement, dont il faudra bien que toute la gauche s’en empare un jour : celle du revenu universel !
Les économistes du type « Élie Cohen » auront beau dire que cette proposition est inapplicable, même Montebourg était sceptique dans son match avec les autres pour le deuxième tour, et ça l’est effectivement dans un système économique arrêté sur les bases actuelles. C’est donc bien d’un progrès considérable des rapports entre les individus d’une société dont il s’agit. Un progrès comme les révolutionnaires de 89 ou les Communards de 71 l’entendaient.
Aux prochaines élections de la présidentielle et lors des législatives qui suivront, le PS va se trouver quasiment par terre. Ce sera peut-être un bienfait, une sorte de mise à l’écart salutaire à la réflexion et à la mise sur pied d’un programme.
Si Hamon l’emporte comme il est presque certain dimanche prochain, le PS est condamné pendant un bon bout de temps à l’opposition, peut-être perdra-t-il la moitié ou plus de ses parlementaires, peu importe, mais il portera dorénavant un germe révolutionnaire qui l’empêchera dorénavant de s’encanailler avec la droite dans des alliances futures. Il ne pourra que discuter et s’agglomérer à une gauche que tous les progressistes souhaitent plus unie qu’elle n’est aujourd’hui. Il ne pourra que se renforcer par la suite et espérer retrouver un leadership de toute la gauche !

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Au diable les Cohen et François Lenglet du rien n’est possible. Il suffit d’un simple coup d’œil à la richesse globale de la France pour s’apercevoir qu’au contraire tous les espoirs sont permis.
On sait bien que rien que cette mesure du revenu universel provoquerait des remous considérables dans une société figée autour des dogmes socio-économiques du capitalisme pur sucre, mais la proclamation de la Première République n’en a-t-elle pas fait autant ? N’a-t-elle pas bousculé dans sa témérité les vieux pouvoirs et les vieilles puissances d’argent ? Pas suffisamment sans doute, quand on songe au Directoire, mais au moins une génération aura « osé », ce qui n’est pas rien en 2017 dans une atmosphère désenchantée même parmi les milieux bourgeois.
Et si les travailleurs, bernés par les rodomontades de Marine Le Pen, revenaient à la gauche après avoir fait l’expérience d’un parti qui au pouvoir ne peut que les décevoir en les trompant effrontément ?
L’avenir paraissait morne. Le boutiquier Valls n’avait aucune chance non plus à pinailler une place entre Macron et Mélenchon. Son opposition aurait été un Hollande bis.
Avec Hamon tout change (1). Ce sera une défaite en mai, mais pas une déroute et surtout, l’espérance à la place du désespoir.
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1. Je vois dans l'avenir un début du revenu universel, en dotant tout de suite chaque enfant qui naît d'un revenu progressif allant jusqu'à 500 € (de 0 à 22 ans par exemple), indépendamment d'allocations familiales ou tout autre indemnité, bientôt étendu aux mères célibataires et aux petites pensions. Et ainsi par étapes successives aboutir à une somme perçue pour tous, mais en commençant par les plus faibles et les plus fragiles.

23 janvier 2017

Danse du scalp autour du Perron…

Tout qui a quelque peu la fibre liégeoise s’est un jour intéressé au PS local, dont le siège est rue Saint-Véronique à Liège.
Il y règne une étrange atmosphère. De prime abord tous les membres du PS ne fréquentent pas ce lieu, réservé exclusivement à la crème du pot. Interviewés séparément ceux qui entrent ou qui en sortent ont tendance à banaliser les réunions, à les arrondir de façon joviales et consensuelles, c’est qu’en réalité le pouvoir est ailleurs et les réunions sérieuses se passent rue Fabry, dans des endroits mieux protégés ou aux domiciles des cinq têtes de gondole qui font la pluie et le beau temps à Liège
François Brabant un journaliste du Vif, nous dit tout ça dans un ouvrage intitulé "L'histoire secrète du PS liégeois". 300 pages de secrets et confidences.
Par expérience personnelle, je peux écrire que la FGTB, place Saint-Paul et la Mutuelle de la rue Douffet, dépendent directement des cinq chefs PS, ne serait-ce qu’en reprenant la liste des premiers responsables de ces deux branches du socialisme.
Assez documenté l’ouvrage de François Brabant, est très loin d’avoir perçu jusqu’où ces complicités partisanes peuvent aller. Non seulement à Liège, mais encore dans le Hainaut et à Bruxelles. C’est une communauté composite. Ces personnages parlent tous d’imposer un socialisme qu’ils ne pratiquent pas et dont ils sont incapables de dire ce qu’il est en 2017. À partir de là, tout est dans la nuance. Il y en a même qui n’ont pas conscience que l’enrichissement chez les politiques a quelque chose de choquant. Ils vont même jusqu’à croire qu’il faut avoir les mêmes armes pour combattre le capitalisme que leurs adversaires enrichis de la même manière qu’eux, mais de façon « normale », c’est-à-dire grâce aux arcanes et aux combines du privé.
François Brabant épluche les factures des restaurants comme autant de preuves d’une vie bien au-dessus des gens qu’ils représentent, l’anecdote est vérifiable, mais cela reste une anecdote.
Le parvenu PS, c’est-à-dire qui cumule les mandats et arrivent facilement à des salaires avoisinant les 20.000 € par mois, comme leurs homologues du MR, est partagé entre deux vies, celle avec les électeurs, dans des meetings et celle privée, dans un confort et une manière de vivre qu’il doit absolument cacher. Ce qui le dénonce, c’est sa fatuité de parvenu, ses manières et la qualité de son costume. Je me suis toujours demandé comment il pouvait être sincère dans les deux vies. Sauf exception, il l’est parce qu’il vit déconnecté de la difficulté que ses administrés rencontrent. Le résultat de cette « insouciance » est qu’il n’est plus en mesure de discuter des enjeux entre le travail et le capital et qu’ainsi, il déforce le camp des travailleurs.

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Les « révélations » du journaliste sentent le réchauffé, même si les rivalités de clan à clan révèlent de croustillantes nouveautés d’entorses sur la morale et le sens de l’amitié entre élus.
Personne n’a jamais parlé de l’énorme scandale du « Trou de la place Saint-Lambert » dont le départ vient de l’urgence de l’Union Coopérative à sortir de ses grands magasins, occupant le côté droit de la place d’une faillite certaine. L’UC avait besoin des quelques centaines de millions de francs de l’époque pour se refaire une santé à Droixhe, sur des terrains bradés de la Ville.
L’affaire à plus de cinquante ans, André Cools, PS et Maurice Destenay, Libéral, étaient à la manœuvre, il y a prescription depuis belle lurette, mais tout le maffieux d’aujourd’hui vient de ces maffieux là.
Mais le livre de Brabant à quelques mérites. Ne serait-ce que de montrer les alliances politiciennes. C’est du donnant/donnant, parfois âprement disputé
Malgré de pareilles mœurs, le PS liégeois n’est pas le seul critiquable, à Mons et à Charleroi, ce n’est pas triste non plus.
Cette affaire Publifin exhume au grand jour les divisions internes du PS. Cela sent la poudre entre le PS wallon et le PS bruxellois, entre les bassins industriels liégeois et carolo, etc…
Actuellement la Fédération liégeoise, la première en membres de l’ensemble du pays, n’est plus représentée comme elle le devrait de part son importance dans les instances du parti, mais aussi au gouvernement de la Région wallonne. On voit bien les intentions de Di Rupo et de Paul Magnette de recentrer sur le Hainaut et particulièrement Mons, une sorte de pouvoir en interne qui promet des retombées en activités et en manifestations bénéfiques pour les territoires concernés.
Assez curieusement le PS liégeois doit sa pauvreté en matière d’hommes nouveaux à la méfiance des cinq à l’égard d’autres socialistes, qu’ils considèrent comme leurs concurrents !
Stéphane Moreau permet à la Fédération de Liège d’étendre son influence en-dehors de la région liégeoise. Ce n’est pas tant en raison de l’éthique que Bruxelles et Charleroi donnent raison au bourgmestre de Mons, mais par l’envie de rabattre les prétentions de la section de Liège, trop influente à leur gré, pour les projets futurs d’investissements dans le Hainaut.

22 janvier 2017

Du fric pour tout le monde…

Les pleins aux as n’auront rien de plus, pour ceux qui survivent, c’est différent. Enfin, pour abaisser le pouvoir jusqu’à présent absolu de l’argent, rien de tel que d’en donner à tout le monde !
Benoit Hamon est le seul candidat socialiste à l’investiture du parti à intégrer le revenu universel dans son programme.
À l’exception d’un seul, tous les autres candidats sont contre. Or, s’il y a bien un débat qui intéresse les gens, c’est bien celui-là.
Dès 1995, Jeremy Rifkin reprend la vieille idée du revenu universel qu’il actualise dans son livre « The End of Work » (Publishing Group). Best-seller aux États-Unis, il est resté dans les rayons du bas des bibliothèques en Europe, seulement repris et commenté par une partie de la gauche... et une droite qui pourrait bien en détourner les buts. La récente remise en service de cette idée par Hamon est l’occasion de mettre en discussion des thèmes importants sur le travail et son organisation. À noté la farouche désapprobation des socialistes français par les voix de Peillon, Valls et Montebourg, l’avant-veille du scrutin organisé par le PS français. Cette désapprobation porte sur le coût d’une pareille mesure, oubliant que la plus importante des interrogations reste concentrée sur le travail et le chômage endémique, bien avant les dépenses qu’une telle mesure entraînerait.
Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l'histoire, explique Jeremy Rifkin. Elle se distingue par le déclin inexorable de l'emploi. Le monde du travail est en train de se cliver : d'une part l’élite de chercheurs et de manipulateurs d'information surqualifiés, d’autre part, une forte majorité de travailleurs tour à tour chômeurs, puis occasionnels. Il devient nécessaire d’imaginer une économie qui supprime l'emploi de masse dans la production et la distribution. Pour cela il faut agir dans la réduction du temps de travail et le développement d’un secteur des services.

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Quid du sort des travailleurs précaires qui constitueront l’essentiel de la population demain ? Les temps partiels, les mères célibataires, les étudiants dont les parents se saignent aux quatre veines, dire que ce revenu serait un incroyable progrès, serait peu dire.
Une solution passe par le revenu universel pour tous, mais c’est aussi, faut-il le rappeler, l'aveu d'un échec de la gauche à peser sur les causes des inégalités, pour se concentrer sur leurs effets, notamment les inégalités entre le travail intellectuel et manuel. Dans l’absolu, il faut autant de temps pour former un bon maçon que pour former un ingénieur. À l’arrivée, c’est l’ingénieur qui perçoit le double du salaire de l’autre.
Évidemment, ce sont les moyens de production augmentés exponentiellement par la machine qui sont à la base des interrogations d’aujourd’hui.
Benoît Hamon défend son projet en ces termes : «Parce qu’il est trop souvent synonyme de souffrance et de perte de sens, nous voulons refonder notre rapport au travail. Nous défendons un travail choisi et non plus subi, un travail partagé et dont la valeur dépasse la seule contribution au PIB. C’est ainsi que nous répondrons au défi de la raréfaction du travail et de la révolution numérique. Nous voulons en finir avec la précarité, et donner la possibilité à tous de s’émanciper et de s’engager librement dans l’activité qui répond à ses aspirations. C’est pourquoi nous créerons le Revenu Universel d’Existence, protection sociale du XXIe siècle.»
Qu’on se le dise, à gauche et à l’extrême gauche, le revenu universel est une sorte d’aveu d’impuissance d’arrêter le chômage de masse. Mais, il faut parer au plus pressé et voler au secours des plus misérables d’entre nous le plus rapidement possible et qu’importent les coûts. Ils devront être prélevés là où il y a trop plein de numéraires. Ce n’est pas une révolution, c’est justement pour en éviter une.
Le revenu universel accepte l'inéluctabilité du chômage en même temps il reconnaît que le chômeur n’est pas la cause de la dépression de l’économie, mais la victime. Il met un terme aux songes creux d’une croissance continue et sans limite, comme l’affirme Charles Michel qui pense qu’un nouveau départ de croissance remettrait tout le système en marche « comme il était avant ».
Ce qui pour un premier ministre est un manque de réflexion et une méconnaissance grave de l’évolution de l’économie.
Et si Hamon l’emportait à la primaire rien que par l’effet de sa proposition de revenu universel ?

21 janvier 2017

Damned !

Voilà les Autorités qui jettent elles-mêmes des pelletées de terre sur le grand corps de la démocratie ! Maggie De Block reste imperturbable, mais c’est bel et bien le congé maladie du bourgmestre d’Uccle Armand De Decker qui fait désordre.
Il est malade de quoi le grand homme ?
Dépression, vague à l’âme, stress post affaire ?
On se demande.
Il y a des coïncidences troublantes entre le « ça va pas fort » d’Armand et le guindailleur du dimanche soir qui s’absente le lundi. Sauf que dans le second cas, on a SECUREX au cul. Il suffit d’un rapport du médecin de la firme dénonçant la flemme après cuite, pour se voir fichu à la porte. Dans le cas d’une notoriété, c’est différent, le vague à l’âme peut être considéré comme une absence pour raison de honte momentanée et justifiée par la crème de nos praticiens.
Si la commune d’Uccle gère les absences de son personnel par visites impromptues d’un médecin recruté par son bourgmestre, il ne va quand même pas l’envoyer à soi-même !
D’autant que c’est peut-être aussi son médecin traitant. On ne sait jamais dans cette grande société libérale, les liens forts qui existent entre ses affiliés (j’ai failli écrire affidés).
Autre avantage, la mutuelle ne débourse pas un rond pour Armand. Le salaire intégral est versé, hein Maggie ! Voilà la raison de la grande popularité de Maggie au gouvernement et sa descente aux enfers dans l’opinion. Maggie fait du cocooning social seulement chez les athlètes des mandats de hauts niveaux.
Sauf que si la Mutuelle s’en fout de la déprime d’Armand, c’est nous, contribuables, qui devrions accréditer le diagnostic du médecin providentiel et verser à notre malade d’État, en son domicile, la somme exacte de ses traitements dûment désignée par arrêté du Moniteur.
Évidemment, ce détail insignifiant n'intéresse personne !
Mais voilà que d’autres fossoyeurs viennent d’Ans en renfort ! Pourquoi d’Ans, parce que là aussi on y souffre beaucoup. Des êtres sensibles sont terrassés par des émotions lors de leur travail. Ils prendraient bien quelque jours de repos comme Armand, mais eux comme les affaires ne sont pas encore « pliées », il vaut mieux garder un œil sur les dossiers.
Les hauts salaires de Nethys ne sont pas des clopinettes pour vieux pensionnés blanchis sous le harnais.
Une envieuse du PS avec quelques aventuriers aux maigres mandats peuvent faire du tort au parti.Tous les utilisateurs des intercommunales trouvent les factures salées, alors que si l’Haut-Lieu était plus regardant sur l’or versé aux managers, on pourrait respirer en peu.
C’est trop tard, dans le trou la terre tombe sur la démocratie.
Déjà, on ne voit plus la bière !
Jadis, les bourgeois fortunés entretenaient des danseuses du Corps de ballet de l’Opéra. La modernité est passée par là. Aujourd’hui, c’est le bon peuple qui entretient les nouveaux bourgeois pour gérer les affaires de l’État. Nous entretenons des danseuses, les anciennes, les vraies sont dans la misère depuis longtemps. Les nôtres sont resplendissantes et brillent de mille feux.

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Le PS s’est emmanché dans une nouvelle affaire de fric. Il rejoint le MR dans les emmerdes. À remarquer que le MR fait moins de raffut avec son problème. Il est vrai qu’il y a plus de PS mouillés pour cette fois dans les embrouilles.
Se taper De Decker en chaussons, Maggie De block en tutu ou Stéphane Moreau en collant, c’est au-dessus des forces de n’importe quel obsédé sexuel.
C’est populistes et compagnie, ces propos malveillants.

20 janvier 2017

La gauche, c’est quoi ?

Depuis que le MR processionne du côté des Michel au Premier mai, on peut se poser la question et, en même temps, se demander si je me proclame de gauche et que les thons qui festoient sous la tente à Jodoigne ce jour là en sont aussi, qu’est-ce que la gauche et est-ce que j’en suis ?
Par contre si Mélenchon en est aussi pour la France et que le Dr Sofie Merckx pour la Belgique s’en réclame, alors, oui, je suis de gauche et j’en suis fier.
Il n’en demeure pas moins que poser une telle question signifie que la frontière entre la gauche et les autres partis est floue. Par exemple Écolo, est-ce que ce parti est de gauche comme il s’en réclame à chaque fois qu’il en a l’occasion ? Je ne suis pas qualifié pour trancher. Les discours des personnages qui se disputent les premiers rangs de ce parti sont contradictoires et dès que l’on quitte ce qui relève du climat, l’alimentation bio et nos rapports avec la nature et les animaux, un doute supérieur plane sur toute spéculation, comme dirait Malebranche.
C’est évident : la gauche est en crise, pas seulement en France où le PS balance entre s’affirmer de gauche et se revendiquer du centre, un peu à l’image du PS de Di Rupo en pleine crise avec Publifin, mais dans l’ensemble de l’Europe.
Il n’est pas facile de voir la frontière entre la gauche et les autres partis dans un monde ravagé par le terrorisme et confronté demain à Trump, après avoir vécu la chute du mur de Berlin, la destruction des tours du World Trade Center, et l’obsolescence du vote démocratique aux USA. Une poussée sans précédent d’une droite partout triomphante aboutit à des régimes anti-démocratiques et obscurantistes, comme en Turquie et les Balkans, à cela s’ajoute l’inconnue de la politique future de l’Amérique.
Dans sa recherche d’un consensus pour ramener tout à soi, Donald Trump pose quand même une question majeure qui touche directement la gauche.
Doit-elle prôner l’ouverture fraternelle à tous les peuples, comme ses principes et sa générosité le commandent ou sauvegarder une culture mixte droite/gauche, compte-tenu de la possible dévastation de notre civilisation, par l’immigration massive musulmane, la transposition de ses querelles en Europe et la geste criminelle de ses fanatiques ? C’est-à-dire seconder la droite dans sa décision d’arrêter le flux migratoire prioritairement ?
Cette question majeure n’est pas tranchée. La gauche temporise ou s’accorde à contingenter les flux. Agissant ainsi, est-elle encore la gauche ? En consensus sur ces questions avec la droite, même si celle-ci est plus radicale pour clore ou limiter à l’extrême le débit, fait-elle un pari honteux de cohabitation avec ceux qu’elle combat, pour refuser l’asile et la dignité à des populations poussées à bout par les guerres et les religions ?
Ainsi posée, cette question est nouvelle pour moi. Comment y répondre ? Je n’ai trouvé dans les lectures de mes maîtres : Marx, Engels, Sartre (et même R. Aron), Michel Foucault, Michel de Certeau, Louis Althusser, Jacques Derrida, Roland Barthes, Gilles Deleuze, Cynthia Fleury (1), aucune réponse qui corresponde au bouleversement actuel. Sinon que Malraux avait prévu cette recrudescence de va-et-vient guerrier du fait religieux et prédit l’hostilité des masses, par l’interprétation des prêtres à l’hostilité des Dieux. À ce propos, le livre récent de Michel Onfray, « Décadence », est un inventaire de deux millénaires d’exactions des hommes mus par la pensée religieuse.
Et après ? Je suis d’accord avec lui, mais encore, on fait quoi ?
Serait-ce opportun d’attendre une initiative d’un parti de gauche qui rassemblerait sur une position équilibrée, les principes et les circonstances ?
Etre de gauche, n’est-ce pas d’avoir hérité de l'histoire du socialisme, de ses composantes européennes d’abord, latino-américaine, ensuite. De comprendre de Robespierre à Lissagaray, Louise Michel et Trotsky, les soubresauts et les massacres, sans pour autant les justifier ! Mais c’est aussi l’espoir qu’un individu évolue et se transforme jusqu’à penser par lui-même et comprendre qu'il n'est pas le fruit d'une lignée d’hommes figés de tout temps ! Qu’ainsi, il ne peut admettre qu’on détermine sa place dans la société sans lui demander son avis, au nom des inégalités de naissance et de fortune.

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Changer le monde en agissant sur le présent, telle est encore le marqueur de la gauche.
Finalement, la gauche ne serait rien d’autres qu’un état d’esprit qu’ont toujours contrarié les distinctions entre Blancs et Noirs, riches et pauvres, jeunes et vieux, beaux et laids, avec le sentiment que la finalité de l’humanité, ce n’est pas la culture du travail et l’amour de l’argent, mais la quête d’un bonheur passant par le respect et l’estime des autres.
Ce n’est pas de l’angélisme, c’est une question de survie, une manière d’être intelligente, la seule qui soit. On voit bien où conduit le chemin de traverse qu’emprunte l’Humanité, pour ne pas craindre le pire !
Reste que ma question est en suspens !
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1. Les Irremplaçables, Édit. Blanche, Gallimard, 2015.

19 janvier 2017

Ciel ! nous coulons.

Nethys Brutélé (Voo) est une nébuleuse de sociétés ayant entre elles des liens officiels et secrets si bien que tout le monde s’y perd. Et quand tout le monde s’y perd, cela signifie que les bénéfices ne sont pas perdus pour tout le monde.
C’est ainsi que devenu Publifin SCIRL en juin 2014, la législation en matière d’intercommunale et d’interrégionales y est très difficilement applicable si l’on tient compte de l’extraordinaire complicité des montages de tout ce bazar à la Trump, dont le chef d’orchestre n‘est autre que le bourgmestre d’Ans, Stéphane Moreau.
Selon les gazettes, même les experts s’y arrachent les cheveux pour savoir qui fait quoi et qui est responsable ; alors n’attendez pas de moi de désigner un deus ex machina de ces turpitudes commerciales.
La Libre Belgique avance qu’en 2010 « un décret wallon est voté afin d’établir la règle selon laquelle un bourgmestre d’une commune wallonne ne peut plus être directeur d’une intercommunale et ce, qu’elle soit régionale ou non. La première disposition décrétale, couplée à la seconde, signifiait qu’un bourgmestre d’une commune wallonne ne pouvait pas non plus être directeur d’une intercommunale bruxelloise… ou flamande ». Entendez par là que Stéphane Moreau étant dans le cas, il s’évertue depuis à trouver des parades à ce décret en multipliant des ramifications de sociétés reliées à Tecteo-Voo.
Le dernier scandale des arrosages d’administrateurs de cette nébuleuse intercommunale n’est qu’un épisode de cette étonnante manière d’impliquer l’argent des contribuables dans des sociétés d’intérêt public, mais bénéficiant surtout à des intérêts privés.
Ce qui est intéressant c’est de lire le compte-rendu de ce brol dans quatre journaux : la Meuse, le Soir, la Dernière Heure et la Libre Belgique, pour décerner la palme de la plus complète information à La Libre Belgique, les autres ayant plus ou moins des intérêts divers à ménager les uns ou impliquer davantage les autres.

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Quelque part dans les mêmes journaux, on pouvait lire qu’un député, un sénateur, un bourgmestre ou un ministre, malade de longue durée (plus de deux mois) touchait l’entièreté de son traitement et ce jusqu’à sa rentrée en fonction.
La semaine dernière on sortait à peine du choc des nouvelles mesures restreignant les indemnités en matière de soin, traitement des maladies, de Maggie De Block, que quelques jours plus tard, une Association de défense des pensionnés faisait remarquer au ministre Bacquelaine que certaines augmentations de pensions, à la limite des tranches d’imposition, faisaient perdre de l’argent aux pensionnés !
Pourquoi ce micmac d’informations apparemment non reliées entre elles ?
Des intercommunales, des députés, des malades, des pensionnés où est le rapport ?
Il est dans la nature désinvolte de nos mandatés, en considération des électeurs.
Il révèle la grave crise de confiance qui existe désormais entre le citoyen et ses représentants dans une démocratie indirecte, puisque c’est le citoyen qui délègue ses pouvoirs aux élus.
Les responsables ne s’en aperçoivent pas et font comme si tout était normal.
La dernière élection pour le poste de président du Conseil européen a vu le retournement de veste de Verhofstadt pour un Italien du parti de Berlusconi.
Cette chronique patchwork n’est pas si incohérente qu’elle y paraît à première vue.
Des sismologues vous le diront, plusieurs facteurs issus de causes différentes sont toujours observés avant les cataclysmes.
C’est l’opinion qui fait tout. Le pouvoir entend bien la conserver pour lui. Nous sommes en un temps où elle lui échappe. Des concurrents se disputent ses faveurs. Le suivant sera celui qui la persuadera qu’il fait soleil, alors qu’il pleut.
À moins…

18 janvier 2017

Ils ne changeront pas.

Publifin, le procès des anciens dirigeants de l’aéroport de Bierset, un peu avant les nouveaux rebondissements de l’affaire Kubla, puis de Dedecker Chodiev, des gens dont on a peine à imaginer qu’ils peuvent en arriver là, vingt, trente ans de carrière, des discours sur la morale, la responsabilité de la charge de la Nation… bobards, poses, mensonges !
Tout l’art de la réussite, c’est de vendre sa personne à prix d’or. Peu y réussissent.
Une sorte d’égoïsme suprême s’est emparée des mandataires. Le « je pense à vous » n’est que « je pense à moi » dans un détournement voulu qui ne devient involontaire que devant les tribunaux. Deux variantes « c’est une accusation mensongère », et quand on ne peut plus nier l’évidence « je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai cru cela sans importance », etc.
Mais non, c’est une tournure d’esprit qui vient à certains d’entre nous, une frustration de ne pas figurer au sommet de la société de consommation, d’en décider les règles, d’être écouté par l’électeur, de devenir une référence dans les médias.
Ah ! l’air réfléchi, posé de Louis Michel, le doigt levé de Di Rupo, les yeux écarquillés de Paul Magnette, le sourire navré de Benoît Lutgen, la force de l’évidence chez Bart De Wever, que de certitudes d’électeurs qui se sont fait une opinion sur des attitudes sans raisonnement des personnages des tribunes.
Devenu conseiller des prisonniers, l'américain Bernard Madoff qui purge une peine de 150 ans de prison en Caroline du Nord pour escroquerie, s'est reconverti dans le trafic de chocolat. Il a subtilisé le stock de chocolat de la prison, qu'il revend au plus offrant.
Ses codétenus n'hésitent pas à venir le voir pour obtenir des conseils financiers. Après avoir détourné 65 milliards de dollars, Bernard Madoff peut se vanter de connaître quelques ficelles. Tout l’homme moderne est là-dedans.
Trump pourrait le gracier et le prendre à son service.
Le système économique a réussi au-delà de toute espérance. Par l’exemple, nous sommes devenus de petits escrocs, parfois de grands, en puissance, usant de promesses, mensonges et jusqu’à l’intimidation des super riches, des industriels et des banquiers.
Qu’est-ce qui a saisi les fondateurs de faire une démocratie fondée non pas sur la liberté des gens, mais sur la liberté de faire de l’argent sur le dos des autres ?
Jusqu’à détourner la pensée d’un Alexis de Tocqueville qui serait un des pères fondateurs de cette escroquerie généralisée, il faut entendre la direction du MR vanter des vertus et dénoncer les vices et pas qu’elle, le CDH et le PS en remettent une couche.
Ils sont là par la volonté du peuple et n’en sortiront que par une condamnation de justice. Raison pour laquelle, en général, un mandataire n’est pratiquement jamais condamné. S’accrocher à sa propre vérité, finit par impressionner les juges.
On se demande s’ils ne sont pas à la base de cette réforme de la justice selon laquelle on peut négocier par une forte amende, une condamnation à la prison !
Il a fallu qu’une majorité de législateurs se trouve !
L’administration des finances parle d’un recouvrement meilleur par ce marchandage. C’est bien la preuve que même au plus haut niveau de l’État, le vertige de l’argent s’est emparé de tout le monde ! L’efficacité prime la morale. Le riche évite la prison, cet inconvénient est compensé par le pauvre qui se retrouve derrière les barreaux pour un oui ou pour un non.
Et on s’étonne que tout va disparaître ! On s’effraie que les événements s’accélèrent, que quelqu’un au nom d’une autre religion que celle de l’argent, mais tout aussi peu scrupuleuse, arrive pile poil au bon endroit pour tirer une chasse géante afin que nous passions, énormes étrons, par le petit trou de la lunette des WC !
Ce ne sera pas mieux, mais qu’y faire ?

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Houellebecq a raison. Nous sommes mûrs pour un retour à l’esclavage. Nos femmes seront voilées sauf pour le plaisir de l’émir du coin (1) et nous, en guise de salaire, nous survivrons avec des pieds au cul et au moins soixante heures de travail par semaine. De toute manière nous n’avons pas le choix, n’est-ce pas déjà le programme que nous plébiscitons au cas où nos démocraties survivraient à l’apocalypse ?
Cocus et contents, voilà la devise, quelques soient nos maîtres !
L’alternative d’acheter le chocolat de Madoff ou celle de sucer les vieilles burnes d’un émir, Wall Street ou un khalifat, c’est drôle, mais si quelqu’un avait une troisième voie à me proposer, il serait le bienvenu.
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1. Les plus belles évidemment.

17 janvier 2017

Trumpette de la renommée…

Dans deux jours nous serons tous Trumpfés : américanolâtres, ruskoffs, démocrates et marinistes. Logés à la même enseigne avec les petits Blancs de Baltimore, les amis et les ennemis du pognon, les grands rêveurs d’une Amérique de tous les possibles, aux Latinos de Los Angeles, nous allons déguster la nouvelle manière de savourer la démocratie à la sauce milliardaire, avec un forcené du Moi à la Maison Blanche et les Blacks attendus par les Cops aux tournants des ghettos. Le fontainier du Manneken-Pis va augmenter la pression du jet pour faire réaliste. Charles Michel va utiliser ses caleçons « Stars and Stripes ».
C’est inscrit dans la Constitution américaine « Afin d’éviter qu’un démagogue ne prenne le pouvoir, il sera instauré entre la Présidence et le vote populaire, un jury de grands électeurs État par État. » Pour le coup c’est réussi, Clinton l’emporte au nombre de voix. Il a suffi à Trump de se concentrer sur quatre États produisant un maximum de Grands électeurs et l’affaire était dans le sac, voici le super démagogue avec la vulgarité en plus.
Le vote populaire a du bon (près de 3 millions de voix en plus pour les démocrates), mais il n’a pas permis avec ce système à barrer la route à ce clown.
Avec les types qu’il a sorti des banques pour en faire des ministres, sa famille introduite dans les sphères du gouvernement et la conduite de ses affaires en sous-main par ses fondés de pouvoir, l’Amérique va être dotée du président le plus affairiste qu’elle n’ait jamais élu !
Et s’il gérait les USA comme la Trump-Tower, faisant de ses concitoyens ses propres employés ?
La politique économique va changer dans le monde, la Chine est pointée du doigt, Poutine va devenir l’allié obligé et l’Europe n’aura qu’à se débrouiller avec en son sein le principal adversaire caché jusque là des USA, l’Allemagne productiviste. Quant à l’OTAN, Trump a déjà imposé 2 % du budget des pays membres pour les armements, nous on est à 0,9 % !
Avant que les « Petits Blancs » (traduisez les classes moyennes) aient retrouvé leurs esprits, ils se feront avoir par Donald, beaucoup mieux et plus profond qu’à la crise des subprimes de 2008/9.

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En rapatriant les entreprises, en fermant les barrières et en construisant des murs, Trump va se retrouver avec des consommateurs et des producteurs aux intérêts contradictoires, manque de pot ce sont les mêmes. Chouette pour nous, il va se séparer sans le faire exprès des esclaves dont l’Amérique a besoin pour consommer à elle seule plus que toute l’Afrique réunie.
Ce n’est pas faire la critique de la mondialisation, comme des économistes sérieux un peu partout dans le monde le font avec pertinence, c’est croire que l’Amérique repliée sur elle-même pourra consommer demain, ce qu’elle consomme aujourd’hui, en fermant la porte aux nez des autres, alors qu’il n’y a pas plus dépendant du reste de la planète qu’eux !
Le président Chinois, s’il n’y avait pas eu le coup de fil à Formose, serait mort de rire.
Il n’y a que l’Europe pour prendre ce pitre au sérieux.
Nous nous sommes livré esclaves des USA par paresse et zizanie. Ce n’est pas pour remettre l’Europe sur pied que j’écris cela. Elle est arrivée à une dégénérescence telle, que Trump ou pas, cela n’a plus guère d’importance. Nous n’avons aucune politique capable de nous défendre, ni économique indépendante, rien ! Selon Onfray, nous sommes à la fin de « notre » civilisation. Trump en sera le point d’orgue.
Les droites belges se sont distinguées tout particulièrement. C’est le commencement de la fin. La semaine dernière De Wever parlait d’économie. On aurait cru entendre Aristide Briand en 1928, jute avant la crise de 29.
Et ça continue dans le camp des crétins, Charles Michel n’est pas en reste.
Trump est un pragmatique. Après avoir promis la lune, il est capable de la remplacer par son cul, en affirmant que c’est vraiment la lune. Reste à savoir combien de temps ceux qui l’ont suivi vont le croire ?
Le Sénat américain est coincé. Les Démocrates qui n’en voulaient pas vont le gober pendant quatre ans. Les Républicains sont résignés. Le destitué est impossible, sauf s’il est prouvé qu’il a menti sous serment, comme Bill Clinton a failli sauter pour avoir menti à propos de sa stagiaire.
Pour cela il faudrait des preuves de la sex-tape à l’hôtel de Moscou, ce qu’il pourrait démentir sous serment et lui valoir la procédure.
C’est Poutine qui a la réponse.
Pour le reste l’impeachment n’est pas possible, fou, psychopathe, ravagé par l’ego, il n’y a rien qui puisse le stopper dans la paranoïa de son pouvoir. Ce type ne tient aucun compte des autres. C’est un visionnaire de son propre jugement et celui de son beau-fils, réplique de lui-même.
Pour notre seul coin dans l’Europe des perdants, la question qui se pose est « qui va représenter la Belgique au sacre de Trump ? », Reynders, Michel ou Jan Jambon ?

16 janvier 2017

Ceci est bien une crise !

« A votre avis » (RTBF) revient sur un sondage celui d’une société inquiète sur le rôle du politique dans une démocratie qui bat de l’aile (Labille : ceci n’est pas une crise).
Selon son habituel jeu diplomatique, la RTBF avait invité Louis Michel, député européen MR, Hamza Fassi-Fihri, vice-président du CDH et Jean-Pascal Labille, membre du PS, à la tête de Solidaris interrogés par deux citoyens : Frédéric Chomé et Gemma Spataro.
Malgré la bonne volonté de la RTBF, les débats sur des sujets sensibles passent à côté de leur cible. Au pire, ils aboutissent au contraire de ce qu’on espérait ! Pourquoi faut-il entendre les arguments toujours les mêmes de ceux qui sont quasiment les prioritaires d’antenne (voir plus haut) dans le double du temps imparti aux citoyens ?
C’est dommage. La chaîne publique a l’avantage de mieux choisir ses sujets que sa rivale. Mais, si c’est pour arriver à ce qu’on a vu dimanche, comme dans l’opérette « c’était pas la peine d’changer d’gouvernement ».
Le parlementarisme quasiment peuplé de mandatés inamovibles est obsolète. Il faudrait une réelle représentativité de ceux qui ne sont pas entendus. Il serait bon de voir sur les plateaux de la télé des citoyens qui se battent avec les mêmes armes dialectiques que les habitués du spectacle.
Le choix de Gemma Spataro n’était pas le bon. On a vu une femme toute ébaudie de se trouver en si belle compagnie. Loin de moi les sarcasmes et les dénigrements, au contraire, je la révère et la trouve bien courageuse et téméraire. Frédéric Chomé, au nom prédestiné, a fait bonne figure et ne s’est pas démonté devant les arguments adverses.
Avait-on choisi cette pauvre Gemma exprès, de sorte que son intervention n’était propre qu’à sa situation ? Un simple témoignage externe sous forme d’interview aurait suffi.
Ce n’est pas Sacha Daout qui invite les gens et choisit les thèmes, c’est l’échelon au-dessus, donc ce n’est pas lui qui se plante dans le panel, la décision est prise ailleurs. Par contre, il aurait pu transformer cette « erreur » en un rentre-dedans que l’état actuel de la politique permet. Mais il y avait les volontés dans les étages et le glissando des responsables sur l’épaisse moquette de la direction.
À ceux là je voudrais dire que je me suis senti personnellement humilié de laisser entendre que les électeurs sont en gros incapables de sortir de leur petite vie personnelle, même dans les drames qui la traversent, arrivant sur le plateau, angoissés de parler à ceux qui savent, avec ce coup de poignard final, inconscient probablement, du présentateur demandant à la dame effarouchée « vous êtes satisfaite des réponses qui vous ont été faites ? ». Ah bon ! elle était là rien que pour poser des questions ! Elle est satisfaite, devaient se dire les autres, alors on peut continuer comme ça !
Pour mettre l’invitée mal à l’aise, Daout s’y connait…
Voilà pourquoi les abonnés à la parlote se sont installés sans vergogne dans leurs exposés, conversation de salon entre soi, laissant à la dame à peine le temps en quelques mots maladroits de montrer son peu d’entregent et son peu de vocabulaire, par rapport à ces petits fortunés du langage fleuri.
Et qu’ont-ils dit ces Pic de la Mirandole de « question pour un champion de province » ?
Qu’il faut changer de système, qu’il faut laisser la parole aux gens, que le travail des politiques n’est pas un métier, mais un exercice civique… et tout ce babillage devant la pauvre éberluée !

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Ils donnaient l’image de ce pourquoi la démocratie va mal, qu’elle est en train de sombrer et que les gens vont passer à autre chose et que cet autre chose sera peut-être pire !
Cela à coups de slogans sur ce qu’il faudrait faire et qu’ils ne font pas ! Même Louis Michel s’est mis au diapason. Satisfait dans le fond que des palabres de cette sorte prolongeassent sa longévité politique exceptionnelle.
Si l’intention était bonne, je pardonne aux maladroits de la chaîne publique de s’être laissés avoir par ceux qui campent carrément d’un dimanche l’autre dans ses couloirs.
Un doute m’assaille. Il y avait bien un libéral en la personne de Michel père, Mabille (1) socialiste, Hamza Fassi-Fihri vice-président du CDH, Kroll dessinateur attitré et pas un seul représentant des écologistes et du PTB !
C’est étrange tout de même cette manière de vouloir ouvrir les débats à tout le monde et d’oublier les Écolos et le PTB !
La RTBF devrait s’inspirer du projet de ne pas faire plus de deux mandats politiques, en l’appliquant à ses invités !
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1. Initiateur du sondage donc logique qu’il en soit.

15 janvier 2017

Guerre psychologique.

Di Rupo et Charles Michel font penser à deux grognards de Bonaparte engagés sur les chemins gelés de la retraite de Russie, ils se disputent, dans leur fuite, sur le meilleur itinéraire pour échapper aux moujiks (le PTB).
Ces deux là font semblant de se disputer, mais sur le fond du débat ils sont d’accord. Ils se partagent les casseroles. Seule différence, Di Rupo rejoint la droite flamingante dans l’invective, mais Charles Michel couche avec elle. Ménage à trois avec Bart De Wever.
Les querelles d’ego, ça les occupe. Élio en a marre de repriser les chaussettes des deux autres. Il voit bien que ses hommes rentrés du bureau regardent la télé sans même lui demander des nouvelles des enfants.
Le bruit qu’ils font dans leur cuisine a ému Maggie De Block, qui a lancé sur les réseaux sociaux un appel à stopper les messages haineux et grossiers. Mme De Block n'envisage pas de porter plainte, pour le moment. Elle fait aussi pression sur Hedebouw qui n’est pas gentil avec elle. Je propose à ce dernier de remettre la poste dans le coup pour le 14 février, jour de la Saint Valentin, histoire d’arranger les choses. Une belle carte-vue sur un cœur éclaté laissant échapper une fleur, avec en-dessous la légende « merci aux noms de nombreux malades morts entretemps grâce à votre politique de santé. » émouvrait la plantureuse flamande, sensible aux attentions délicates.
C’est poli, sans haine et sans aucune arrière-pensée.
Pas comme nos deux loustics qui s’abandonnent en propos peu amènes sur Sud-Presse. Ils vont finir par faire oublier le livre de Jacqueline Galant, malgré le renfort à Monfils de Jean-Luc Crucke, avocat porte-flingue du si distingué Reynders, pour redonner un second souffle à l’ardente libérale. Ce n’est pas Didjé qui sombrerait dans la vulgarité. Il se contente de déshonorer la profession de ministre avec distinction.

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Ce qui est inquiétant dans la conduite des affaires de ce fichu pays, c’est d’aligner les querelles les unes après les autres, sans que le public en sache autre chose que des épithètes fleuries. C’est peut-être une belle façon de faire l’impasse sur la situation mauvaise actuelle, en ne montrant que les ergots des coqs de la basse-cour.
« Comparer la situation d'aujourd'hui à celle de la Deuxième Guerre mondiale, c'est faire preuve d'une démagogie invraisemblable! C'est faire le nid des extrémistes!", lance Charles Michel dans son extrémisme verbal.
Personne n’a relevé l’incroyable ignorance du premier ministre. Il ne sait même pas que nous sommes en guerre !... et pas seulement avec nos F 16 stationnés en Turquie qui lancent des bombes en Irak et en Syrie, faisant des victimes civiles dans la région d’Alep, mais aussi contre la misère, l’exclusion, le Brexit, l’islamo-terrorisme intramuros, etc.
Évidemment, pour Michel fils, la guerre est une « occupation du territoire national par une puissance étrangère ». C’est bien la pensée intime du camp des riches la réduction de la guerre à une Occupation ! Il est vrai que vu sous cet angle, l’Occupation ne fut pas si terrible pour nos bourgeois de l’époque. Le MR doit abriter bien des nostalgiques, voilà sans doute pourquoi on ne s’y émeut guère des fastes en Flandre des anciens combattants de la Wehrmacht.
Cette manie qu’ont toujours les gens du bon côté de la barrière sociale de considérer certaines guerres comme les vraies et d’autres comme l’illusion du populisme ! À se demander si nous habitons la même planète !
Reste que les crêpages de chignon gardent le peuple en haleine et l’actualité au chaud.
L’inconvénient c’est qu’à force de rire aux facéties de Mademoiselle Bibot, on en arrive à ne plus savoir pourquoi deux hommes mûrs s’injurient en public.
Fini d’aligner des mots pour ne rien dire, terminée la langue de bois, on n’en est pas encore au « Salaud », mais s’il le faut, en cas de grogne accélérée des électeurs, ces gentlemen iraient jusque là. On donnerait ainsi matière à remplir les gazettes sans aborder un seul problème sur le fond. On toucherait à l’idéal du politique en 2017 : faire du show, comme Trump !

14 janvier 2017

Chère Jacqueline Galant...

On parle beaucoup dans le microcosme de Jacqueline Galant et des effets de sa brochurette sur les nerfs de ses amis réformistes. Qu’elle ait trouvé un éditeur, donne l’image de l’édition belge tombée dans l’insignifiance par la recherche du tirage assuré, mais là n’est pas le sujet.
La démarche du bourgmestre de Jurbise n’est pas dénuée d’intérêt. La dame possède au moins deux qualités qu’on ne rencontre guère de nos jours dans le monde de la politique : la sincérité et l’égotisme assumé.
Ce que je déteste, ce n’est ni madame Galant, ni son livre, mais les commentateurs et les humoristes qui ont réagi à la sortie de « Galant, je vous dis merde », 150 pages chez Luc Pire.
Il y a dans son pamphlet quelques morceaux de bravoure : "Ma principale erreur a été de croire que les politiques ont réellement la capacité de changer les choses rapidement et durablement… Mon constat est sans appel : arrivé à un certain niveau de pouvoir, celui-ci nous échappe totalement… On devient le pompier qui éteint les incendies, le policier qui gère les conflits, l’instituteur qui donne une leçon. Il reste peu de temps pour réfléchir et proposer des choses innovantes.
C’est naïf et étonnant qu’elle pense cela maintenant, à quarante trois ans… Son père dans sa hâte de faire le joli cœur avec les Jurbisoises ne lui aurait rien donc appris ?
Madame Galant a montré les Reynders, Chastel et consort tels qu’ils sont : méchants, peu solidaires des leurs, malades du pouvoir, tout enveloppés de la bienséance des mots et des attitudes. Ces hommes, qui ont un compteur de voix à la place du cœur, ne lui pardonneront jamais son livre, y compris son mentor, Charles Michel, « son ami ». Qu’avait-elle besoin aussi de comploter avec les Michel dans le club « Renaissance » machine destinée à déboulonner Reynders de la présidence du MR et départ des haines actuelles, non encore éteintes en 2017.
Les humoristes « d’État », telle madame Laurence Bibot, ont sauté sur l’occasion de titiller la poulette abandonnée des siens au milieu de la basse-cour. Le métier de chroniqueur « pour rire » est, de nos jours, un exercice d’habileté qui consiste à intéresser le public par le dénigrement grossier des victimes.
Madame Galant prête le flanc, qu’elle a généreux (ça ne déplaît pas à tout le monde), à ce genre d’humour. Elle est la cliente rêvée. Ces humoristes sont des charognards qui participent à la curée quand on leur dit d’y aller. Le sujet est comme une cible, tant et si bien qu’ils y cherchent la rose pour la satisfaction des gens aux alentours.
Ils se gardent bien de montrer leur proie dans le cadre beaucoup plus large de la société. Ils se contentent de hurler avec les loups. Ils font partie de la meute. C’est tout.
Jamais, ils n’étendront leur réflexion à d’autres cibles, celle que la victime a maladroitement voulu atteindre, qui était le propos principal de son œuvre. Ils s’adjoignent au ressentiment et à la réprobation du clan dans lequel madame Galant n’est plus en odeur de sainteté. Ils montrent qu’ils ne sont que les collaborateurs serviles du pouvoir.
Les humoristes belges sont bien secs si on les compare aux humoristes français, plus intellectuels pour les meilleurs, tout aussi vulgaires pour le tout-venant.
Le caractère féroce est indispensable en France à qui s’attaque à cerner les personnages politiques du temps. Parce que la société va mal, que les responsables plastronnent aux belles places et qu’à force d’accumuler les échecs, ils sont tout simplement odieux et méprisables. L’outrance sonne vrai, en quelque sorte.

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Les humoristes belges sont, au contraire, au bord de l’extase et du recueillement en comparaison lorsqu’ils s’emploient à faire rire sur le dos d’un personnage aux avant-scènes du royaume. Quand par hasard un subalterne – Madame galant n’était pas le navire amiral du MR – prend eau et est en train de couler, l’humoriste sent qu’il peut y aller, qu’il a l’autorisation d’en-haut et que dans le cas présent, Didier Reynders saura, à l’occasion, se montrer satisfait du travail. Il y a mille et une manières de récompenser un artiste, surtout que le plus souvent celui qui récompense ne sort pas son portefeuille.
Il y a encore une autre raison qui me fait détester les humoristes belges qui ont leurs habitudes dans les journaux.
D’esprit sec, il faut bien qu’ils puisent l’inspiration quelque part. Le public l’ignore, mais ils la puisent dans des chroniques du genre des miennes et écrites par des anonymes tolérés sous prétexte de démocratie, mais qui ne seront ni de près, ni de loin, admis à discuter du bout de gras de la société bourgeoise. Leur populisme exacerbé, leur exagération manifeste, leur incompréhension du monde bobo, leur peu de crédibilité de leur source, ces hors-système dépeignent trop bien ceux qui en profitent ! Et ça, dans une société de consommation, c’est impardonnable ; ils ont la misère qu’ils « méritent ».
Je déteste la société telle que la voit madame Jacqueline Galant. Mais sa personne m’est devenue sympathique, rejetée par les magots de son clan. Je comprends qu’elle veuille nous montrer le meilleur d’elle-même et qu'elle y est très maladroite. En ce sens, elle m’émeut. Et ce n'est pas ce vieux connard de Philippe Monfils avec sa critique écrite d'une encre de bidet, qui me fera changer d'avis.
Sa plume (avant on disait son nègre, maintenant on n’ose plus) a manqué du talent nécessaire à faire un bon livre. Mais ce n'est pas grave. Elle n' a pas l'intention de concurrencer Flaubert. Par la démonstration de ses échecs, Jacqueline nous délivre des assommantes performances de ses anciens amis qui ont conduit le pays là où il est. Elle est humaine et se rapproche des gens.
Si elle est toujours en quête d’un mec, c’est quand elle veut.

13 janvier 2017

Pissgate.

“The Slatest” a publié le 10 janvier le rapport de l’espion britannique au sujet d’un dossier « Trump » que le Kremlin aurait ouvert depuis 2013, date à laquelle Trump s’était rendu à Moscou « pour affaires ».
CNN l’ayant repris, c’est la raison pour laquelle son délégué à la conférence de presse du président élu n’a pas pu poser sa question, Trump le lui ayant interdit.
On peut lire ce dossier complet, malheureusement en anglais, sous le titre « These Salacious Memos Allege Russian Efforts to Compromise Trump ». J’écris « malheureusement » parce qu’il est impossible d’en lire l’intégralité en français, les américanolâtres de la presse francophone tirant prétexte que ce rapport n’ayant pas été confirmé, ont décidé de le mentionner sans le publier.
Ces scrupules les honoreraient si, ce faisant, ils ne gardaient pas une information essentielle pour eux. De grands journaux américains en font une affaire d’État, le scandale est énorme et ses conséquences peuvent être incommensurables. Le lecteur belge ne connaîtra pas ce que l’on pourrait reprocher à Trump ! Il se contentera de quelques allusions de journalistes « au courant » !
En gros, le FSB, successeur du KGB, détiendrait des photos et des conversations impliquant Trump avec des prostituées dans un hôtel de Moscou et s’adonnant à un petit jeu « piss and love » qui consiste à uriner sur son(sa) partenaire.
Ces petits jeux, qu’on les apprécie ou les exècre ne sont en eux-mêmes que ce que les partenaires d’une nuit veulent bien y mettre, mais qu’on s’y fasse filmer et prendre comme un bleu, de la part du futur président des USA, ça fait désordre !
Tous les milieux officiels démentent évidemment et Poutine le premier.
Si l’information s’avérait exacte, les Russes auraient intérêt à démentir cette information. Ils entendent bien toucher un jour ou l’autre les dividendes de ce qu’ils détiendraient comme preuve. En faire part tout de suite, le scandale ne serait pas rentable, puisqu’il crèverait l’abcès.
Comment savoir si ces informations sont fiables ?
Plusieurs choses sont certaines. Le séjour de Trump à Moscou dans un hôtel Cinq étoiles. La certitude aussi que ces hôtels pour étrangers sont truffés de micros et de caméras dans les chambres. Les mauvaises manières du KGB ont été transmises au FSB qui a pris la relève. Ce doit être un orfèvre qui a organisé le transfert puisqu’il s’agit du président Poutine un ancien du KGB. Les prostituées de luxe qui fréquentent ces établissements sont toutes membres du FSB, sans quoi elles ne pourraient pas exercer leur juteux commerce devant tout le monde, agents de sécurité et personnels.

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Il y a au moins parmi les acteurs supposés du pissgate une personne qui sait la vérité, c’est Trump. Bien entendu, il se contentera de faire comme Poutine, il niera avec le culot et l’aplomb qu’on lui connaît dans les affaires.
Quant aux prostituées elles-mêmes, ce sont des actrices non-crédibles qui, de toutes manières ont été transférées ailleurs depuis que Trump a changé de statut.
Restent les documents, bandes sons et films.
Ils doivent être pour le moment dans le fond d’un coffre-fort « secret d’État ». Même la petite amie de Poutine ne les verra pas.
La source actuelle est le seul témoignage des services secrets britanniques. L’IS (Intelligence Service) a-t-elle autre chose qu’un témoignage d’un espion à qui un autre espion aurait filé un tuyau ?
Avouez quand même que la presse belge est plus respectueuse que l’américaine.
C’est même à cause de notre désinformation quotidienne que nous n’avons pas les données suffisantes pour apprécier ou déprécier les acteurs de notre propre politique.
Nous sommes désinformés au jour le jour, en somme !
Il est vrai qu’aux USA, il est impensable qu’un journaliste de l’écrit ou de la télé ait des relations amicales avec des politiques et qu’un transfert de la presse à la politique est inapproprié. Chez nous, par contre, il y a des passerelles entre les deux activités. Les exemples fourmillent et ce n’est pas sain.
Pour s’informer en Belgique, même de la politique intérieure, il est bon de lire la presse étrangère. Un comble non ?
Vous vous fieriez à un loustic qui passe d’un parti à l’info et vice versa ? C’est pourtant le cas d’un bon nombre de journalistes et hommes de télévision. Cela explique que la plupart du temps, nous ne savons rien des transferts et des deals d’une maffia l’autre, sous notre toit, dans notre démocratie…

12 janvier 2017

Soldes : tout doit disparaître.

Charles Michel, qui affirme que son gouvernement est "le meilleur rempart pour éviter le démantèlement de la sécurité sociale", est atteint du syndrome Fillon.
On se souvient que l’ex premier ministre de Nicolas Sarkozy, aujourd’hui candidat à la présidence de la république, après avoir détaillé son programme qui, s’il était appliqué, mettrait carrément à poil dix millions de Français en plus, s’est empressé le lendemain de visiter un centre d’hébergement et de souligner que sa foi chrétienne était garante de sa volonté de soulager la misère des gens.
Mieux, le voilà qui est carrément revenu sur son programme qui a fait battre Juppé et Sarkozy, pour lui adjoindre du « Woolite ».
Sauf que Michel s’est braqué sur la fermeté de Fillon, comme il n’est pas en période électorale, avec la N-VA au train, il ne va pas changer tout de suite. Du reste, de son bilan actuel Michel devra se poser la question de François Hollande au moment voulu : est-il défendable ? J’y vais ou j’y vais pas ?
Il lui reste une chance qui tient toute dans la passivité des électeurs, qui par tradition de famille votre toujours pour les mêmes. Cette passivité pourrait changer.
L’essentiel des populations d’Europe qu’elles se soient jetées dans les bras de l’extrême droite ou des nouvelles gauches sont contre l’austérité qui ne mène à rien, mais les libéraux, le MR et la N-VA , même les CD&V, malgré leur aile gauche, poursuivent cette politique suicidaire !
Où va l’Europe, sinon à la catastrophe, avec cette politique !
Depuis que « le fer rougeoie dans la plaie », il y a chaque année un peu plus de chômeurs et un peu plus de misère, la croissance ne revient pas et la dette est à la hausse.
Ne serait-il pas temps de changer de politique ?
Pour une fois, je suis d’accord avec Di Rupo, ce gouvernement s’est complètement enlisé dans une direction qui est celle de Bart De Wever et cela sans résultat. Les Michel, Reynders et Chastel étaient volontaires et partageaient aussi le point de vue du Flamand. Il est quand même important de le signaler.
Le pire, c’est qu’à la fin de la législature, voyant l’échec de la politique budgétaire, De Wever en fera porter le chapeau à ses partenaires flamands, mais il ne ratera pas non plus le faible Charles Michel.
Pour durer, aujourd’hui on fait du n’importe quoi. Quand ce n’est pas Bacquelaine qui monte aux créneaux pour tirailler sur les pensions, c’est Maggy De Block qui prend la relève et mécontente tout le corps médical, les étudiants et les malades.

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C’est vraiment complet.
Pour gouverner le pays demain, il faudra tenir compte d’autres paramètres et notamment ceux qui régissent la nouvelle génération. La généralisation du câble, du satellite et d’Internet a soulagé le nouvel électeur de la culpabilité des erreurs de « son » gouvernement. Les digues ont sauté qui limitaient le pouvoir à un « downtown » des partis en Belgique, d’abord avec la N-VA qui entrait directement dans la cour des « grands », laissant au PTB l’alternative d’en faire autant. L’effet de la dégradation de l’ensemble du monde médiatique a fait le reste. Les règles non écrites entre faits et opinions n’ont plus cours. L'information et le divertissement se sont imbriqués, souvent de manière équivoque. Dans la brèche, des margoulins y font leur beurre. Mais l'intérêt pour la gestion de la démocratie s'est accru !
Cela ne veut pas dire que tout ira dans le bon sens. Déjà l’élection d’un Trump aux USA en dit long sur les possibles dérives. Le mauvais goût s’inscrit dorénavant partout. Le point positif est justement que ces méthodes modernes ont rendu caduques les anciennes. Les Charles Michel et consort ont perdu leur piédestal. Leur profession de foi ne convainc plus personne. Les discours sont moqués et restent sans effet.
Enfin, tout revient dans les mains de l’électeur.
Tout est possible, c’est pourquoi l’avenir est incertain.

11 janvier 2017

Le mur des cons version USA !

Trump à 10 jours de la Maison-Blanche commence déjà à me gonfler avec ses manières de milliardaire. La façon dont il a fait campagne là où il le fallait, pour la pêche aux gogos dans les États à gros potentiels de délégués, c’était plutôt futé. Pour le reste... il est possible que la candidate malheureuse ne vaille pas grand-chose non plus ? On peut s’attendre à ce que les conneries de ce Républicain là lui soient de loin supérieures.
On ne s’en ferait pas plus que ça, si avec nos américanolâtres et l’Europe en animal de compagnie, on va savoir tout de suite si le vieux continent est encore capable de se débrouiller sans ses grands mentors..
Les tweets exaltés du Président élu dénotent une haute opinion de lui-même, en même temps qu’il ne connaît pas grand-chose en-dehors du business à ramasser les biftons. Un égo démesuré à la Maison Blanche, ce ne serait pas le premier, mais rarement aussi éclatant, c’est une première. S’il choisit ses secrétaires d’État à sa botte et dans l’admiration constante, le cocktail sera explosif.
Avant de s’asseoir dans le fauteuil qui servit d’outil de travail à Monica Lewinsky, il a déjà l’affaire du mur à la frontière mexicaine sur le dos, le président du Mexique qui ne décolère pas, un bras de fer avec l’industrie automobile et un désaveu de la CIA à propos du sabotage des élections par Poutine. On se demande si Trump n’est pas un agent russe dormant réveillé sur ordre du Kremlin !
Il a nommé des pontes de Wall Street, alors qu’il a dénoncé l’élite, s’indignant qu’Hillary Clinton en fasse partie.
Et voilà qu’aux dernières nouvelles, l’électeur apprend qu’il paiera le mur mexicain grâce aux impôts !
À moins que tout cela soit de la rigolade, un show pour clôturer la saison des poires ?
C’est bien possible en somme, sa carrière de businessman est pleine de coups fourrés de l’espèce, de faillites retentissantes et de remontées spectaculaires. Cet homme est un véritable huit-aérien. On n’ose pas dire « montagne russe » pour le moment.
J’oubliais le coup de fil de Formose, la réponse de Big Brother et la réplique de Pékin qui fulmine.

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En aussi peu de temps, voilà un président qui cumule déjà des records.
Il ne s’arrêtera pas là et entame déjà un bras de fer avec le libre-échange. Ce ne serait pas pour me déplaire en l’occurrence, mais il joue des biscottos pour d’autres raisons que moi, hélas !
Bref, l’artiste travaille sans filet.
Il paraît dans l’histoire du Vatican, que jadis certains cardinaux ont fait et défait les papes. Des pontifes sont passés l’arme à gauche pour avoir trop déconné. Je ne sais pas comment ça marche sous la bannière étoilée, mais une destitution (impeachment) est tellement longue et compliquée, que je me demande, s’il s’avérait que Donald déconnait trop, des sénateurs courageux… On a un exemple antique : Jules César !
Que la gestion d’une aussi grande Nation finisse en péplum de Cinecitta… dommage que Fellini ne pourrait pas filmer.
Il ne reste plus qu’une hypothèse, que Trump cesse brusquement de faire le clown, contente le peuple en remplissant les poches de ses amis banquiers, bref, une sorte de sorcier Pow-Wow, au grand ébahissement et ravissement des libéraux du monde entier !
Sait-on jamais ?
Si la fonction crée l’organe, peut-être attribuera-t-elle un cerveau à ce milliardaire ?
On se souvient d’un Trump se moquant d’un journaliste handicapé, pour s’attaquer à Meryl Streep qui avait défendu ce malheureux, en mettant en doute ses talents de comédienne.
Franchement, pour des débuts… on peut dire qu’ils sont prometteurs !
Une petite dernière pour la route, Donald vient de nommer son gendre, conseiller ! Même Louis Michel n’aurait pas osé.

10 janvier 2017

L’Ordre Nouveau détourné.

Des adolphins du Front de l’Est, il ne doit plus y en avoir des masses en Flandre, idem des beauléonistes, ayant suivi Léon Degrelle jusqu’à Tcherkassy. Ces derniers ne feraient pas deux tables de bridge du côté de Bouillon.
Des familles nostalgiques en Flandre réservent à la photo de leur arrière grand-père en uniforme SS, la belle place au-dessus du vaisselier de la salle à manger, probablement beaucoup moins en Wallonie, à cause de l’esprit fransquillon, frondeur et dénigrant « les grandes causes », l’esprit latin en deux mots : frivole et léger.
On le sent bien aux réunions d’associations d’anciens combattants mettant en action des militaires bénévoles, le Flamand est plus persévérant dans ses idées, même celles qui n’ont plus cours ou qui sont fortement controversées, que le Wallon. Il ne se considère pas coupable d’avoir voulu défendre l’Ordre progressiste d’Adolphe, puisqu’on l’appelait l’Ordre Nouveau !
Des esprits frivoles, donc fransquillons, s’émeuvent régulièrement de cette nostalgie du Troisième Reich, ce goût pour le clap-clap de la semelle au pas de l’oie, la Flandre profonde ne comprend pas pourquoi cet acharnement, alors qu’elle est tout à fait paisible et qu’à ses réunions, on boit de la bière de Bruges et on mange des crevettes d’Ostende, plutôt que de la saucisse de Frankfort. Les Fransquillons font des histoires pour quelques « heil ! » humoristiques, un peu du genre des quenelles de Dieudonné.
Sommes-nous plus coincés que nos voisins ?
Non. Tout simplement nous avons une culture de gauche et eux une culture de droite. La droite a toujours détesté 1789, les droits de l’homme et la sécu pour tous.
La preuve, c’est le succès de Bart De Wever en Flandre avec ses ukases contre les profiteurs, nous, les abus des chômeurs, les nôtres, le nombre supérieur de mutuellistes malades du dos depuis trente ans et des pensionnés à l’âge de 52 ans, toujours nous, et surtout le manque d’ordre qui est la base de notre vie déréglée !
Le führer, c’était l’amour de l’ordre, du poêle en faïence de Berchtesgaden, de la référence bourgeoise, de l’honorabilité des notables, de l’horreur des communistes et d’une certaine méfiance à l’égard des Juifs. Aujourd’hui l’idée fixe antisioniste est quelque peu distraite par une extrême répulsion des Arabes. Oh ! je veux bien, tout ça dilué, quasiment au secret par peur de la dénonciation malveillante de quelques Fransquillons déguisés en paysans du Limbourg (des Flamands peu fiables).
Alain Raviart l’avait remarqué chez Emmanuelle Praet, mais tout de suite il avait présenté des excuses, du penchant de la chroniqueuse pour cet ordre là, oh ! très léger et vite maîtrisé par l’intéressée, une sorte de « bon réflexe » quand on est Fransquillonne résidant en Flandre.
Vous me direz, chez nous aussi en Wallonie, si le législateur lâchait la bride, que n’entendrait-on comme injures et vociférations… le bon vieux temps où l’on pouvait tout dire, à l’exception de la période 40 à 45, là, il valait 100 fois mieux faire "ja ja", "nein" étant verboten !
Finalement, ce sont les Flamands qui sont excessifs et les Wallons extrêmement modérés, de ce point de vue tout au moins.
Qu’on se le tienne pour dit « La présence d'une collaboratrice du ministre-président flamand, Geert Bourgeois, à une réunion d'anciens soldats du front de l'Est est une "affaire privée" et n'a rien à voir avec son travail au cabinet. »
Karlijn Deene, conseillère communale N-VA à Gand et "plume" de M. Bourgeois, y accompagnait son grand-père. On ne sait pas s’il a été héros de guerre ou sympathisant de l'amicale Sneyssens, club d'anciens combattants flamands partis à l’Est, par amour de la SS après la lecture de « Mein Kampft ». Karlijn, a dit le porte-parole de Geert, a joué les infirmières, sans qu'elle ait rien à voir avec cette association. Jamais Karlijn n’est venue au bureau déguisée en helferin (souris grise), ça se saurait su tout de suite !

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Comme aurait pu dire Emmanuelle « dans de pareilles circonstances, c’est encore un coup de l’extrême gauche à faire une information d’un voiturage du grand-père ».
Au début de la législature, le secrétaire d'Etat Theo Francken avait participé à l'anniversaire de Bob Maes, collaborateur avec l'occupant pendant la IIe Guerre mondiale et fondateur du "Vlaamse Militanten Orde".
Que Karlijn et Théo fréquentent les personnes et les associations qu’ils veulent, je men fous. Le gouvernement Michel est suffisamment mouillé dans l’association avec la N-VA, pour conclure que, qui se ressemblent s’assemblent. Bart De Wever est même un sympathisant historique du Front National, puisqu’il a fréquenté Jean-Marie Le Pen au temps heureux du four accident de l’Histoire.
Je m’en fous encore.
Mais qu’on vienne dire que l’info de l’hommage aux vieux SS de Flandre, c’est un coup de l’extrême gauche, je trouve que ça relève des techniques d’information de la Propagandastaffel, et là on touche à l’intolérable.

9 janvier 2017

RTBF et RTL même combat ?

Que deviennent nos télévisions francophones le dimanche à l’apéro ?
Après la disparition de nos journalistes politiques aux fêtes de fin d’année, on était en droit de savoir si la télé les reconduirait dans leurs chaires universalistes ou les renverrait arpenter les carrefours, comme M’ame Demoulin ?
C’était surtout vrai pour RTL qui fait le ménage, récure dans les coins et s’angoisse des pertes sèches en publicité, précarisant les bénéfices, donc l’entreprise, donc le journaliste.
Côté de la chaîne publique, la danseuse que les contribuables entretiennent, Sacha Daout, ne remplacera jamais la fraîcheur et le goût de faire mieux de Florence Hainaut. Terrible constat, mais pour durer à la RTBF, il faut s’établir fermement dans le conventionnel et le déjà vu, sinon les administrateurs s’étranglent dans leur faux-col, les faux amis rient sous cape en vous assurant de leur sympathie et le facteur croule sous les lettres de protestation.
Sacha Daout a le physique qui convient. Il ressemble de plus en plus à Jouvet dans le film en noir et blanc tiré de la pièce de théâtre, Knock ou le triomphe de la médecine.
Avec la tête de l’emploi, il s’habille en conséquence. Il lui manque le lorgnon. Peut-être la saison prochaine ?
Il convient aux binoclars de la direction. Les traits austères, pour ne pas dire difficiles, la mine de circonstance pour la levée du corps, c’est tout un travail personnel d’interprétation. Quand Sacha sourit, fait rarissime, on a l’impression de n’être plus sur la même chaîne !
On a envie de leur dire « Rendez nous Florance Hainaut ou allez vous faire foutre ! ».
Pourtant, à comparer les sujets traités des deux chaînes, ceux de la RTBF sont plus intéressants, moins futiles, hélas moins accrocheurs, qu’en face.

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On quitte le service public pour l’autre, avec l’intention de se flinguer. Chez les privés, sévit le Fernandel bruxellois, l’ineffable Christophe Deborsu. Il présente toujours ses chevaux de retour avec autant de fausse bonhomie. Emmanuelle Praet a perdu 50 % de son attrait par la disparition de ses jambes sous la table. De Christophe Giltay, on ne voit plus que l’embonpoint. Michel Henrion chevrote la rose au poing. Alain Raviart, au prognathisme anglais bien affirmé, semble plus péremptoire que jamais. Oui, il est terrible l’œil du téléspectateur de télévision. Mais s’il remarque ces petites choses, c’est justement parce que la plupart des interventions sont tellement typées et attendues que les chroniqueurs deviennent des caricatures pour Cyril Hanouna.
On a juste remarqué que pour son micro trottoir, Deborsu ne se rase plus pendant huit jours, prétentieux, va…
Reste que ce « beau » monde reste accroché au passé. Dans le genre, Praet est championne !
Un exemple, le débat sur les centres médicaux gratuits du PTB. Même Henrion, « homme de gauche », donne dans l’ignoble avec cet affreux journaliste invité dont je tairais le nom, tant il fait honte à la profession. Henrion a gommé ce qui fit le succès du PS quand la rose POB venait en aide à ceux qui étaient dans le besoin. Certes, le PS depuis a sombré dans le culte des chefs et des hauts salaires en abandonnant les malheureux à leur tragique destin. Mais faut-il pour autant détester d’autres qui reprennent le flambeau ?
Les centre médicaux du PTB font de la propagande pour un monde meilleur. Mais, ils ont cent fois raison. Au moins eux ne se contentent pas de phrases creuses, ils paient d’exemples.
Quant aux soupçons de trahir le secret médical et de faire de la surconsommation « gratuite » des soins, c’est écœurant d’entendre de pareilles accusations de la bouche de ceux qui baignent dans l’équivoque, la honte de la surconsommation des médicaments de confort et l’ignominie des bénéfices monstrueux des sociétés pharmaceutiques et de certains spécialistes de la médecine libérale, sur le dos des malades.
Plus intéressant était au même moment (oui j’ai le don d’ubiquité) les débats à la RTBF sur le retour en politique de Bernard Wesphael, libertarien dit-il et fan de Desproges. Il y a quand même des hommes de gauche qui auraient intérêt à se faire oublier.
Le débat sur l’allocation universelle était intéressant. Le fils Dardenne remplaçait Goblet dans l’inévitable invitation du couple habituel avec dame Ska, soulignant la complicité de fait entre la FGTB et les sociaux-libéraux de Di Rupo. Coup de chapeau à madame Ska (CSC), qui n’est pas en reste, avec Benoît Lutgen (CDH). Elle a bien résumé les pistes de réflexion de cette affaire d’allocation qui sera demain, au vu de la dérive de la société, le problème numéro UN.
Comme c’était l’heure des thermomètres, Sacha Knock-Daout prenait congé, guindé dans sa redingote. La cravate trop serrée, je parie aux toilettes, après l’émission, qu’il l’a défaite devant la petite glace au-dessus de l’évier. Il s’est décongestionné en songeant aux grandes heures du Standard.

8 janvier 2017

C’est tout l’Homme !

J’adore la nouvelle théorie de l'évolution de l’Homme qui explique sa prolifération et, par voie de conséquence, sa disparition certaine. (1)
L’extinction des dinosaures au Crétacé-Paléogène il y a 66 millions d’années environ coïncide avec l’extraordinaire développement des mammifères, et l’Homme parmi eux, d’abord tout petit, puis jusqu’à nos « mètre nonante » d’aujourd’hui, plusieurs dizaines de millions d’années de Darwinisme.
Cette ascension nous la devons à un seul facteur.
Sans arme naturelle, de la taille d’une musaraigne à nos débuts, vu notre état de grande faiblesse, un seul mot d’ordre : la fuite !... une peur bleue de tout. Notre cortex a enveloppé de suffisance notre cerveau de l’époque, et pourtant, c’est encore lui qui nous fait fuir devant tout ce qui bouge, des attentats de fanatiques, à la pauvre vieille qu’on écrase sur un passage protégé au volant d’une grosse voiture et qui nous l’a fait fuir sans la secourir. La peur nous hérisse toujours le poil. La fuite est sa conséquence.
Tout l’homme est là-dedans.
La lâcheté est une sorte de réflexe naturel. Voyez les grands sauriens du passé, les ptérodactyles, les iguanodons et même le fameux Tyrannosaure Rex, dès qu’une feuille d’un buisson tremble un jour sans vent, crac… les voilà à sauter dessus et à saccager l’endroit. L’intrépidité, ça paie une fois sur deux. On ne sait pas. Parfois ça tourne vinaigre. Mais c’est trop tard, quand il y a erreur. Nos ancêtres, eux, si démunis, une feuille qui tremble, une patte qui dépasse des fougères, pas question de sonder le buisson. Prudence extrême !... C’est ça qui nous a conduit sain et sauf jusqu’à aujourd’hui.
Nos cousins, les singes, ont conservé ce sens de la fuite éperdue. Vous faites un safari photo, vous n’en voyez aucun, sauf ceux qu’on a soudoyés et qui sont presque devenus les auxiliaires des gardiens du parc « naturel ».
À la différence d’eux, nous sommes descendus des arbres où nous avons vécu tétanisés sur les plus hautes branches, à cause d’un accident géologique, une déchirure de l’écorce terrestre comme il s’en passe encore, mais celle-là gigantesque, transformant la forêt en savane, un demi continent qui fiche le camp à l’aventure.
Dans les hautes herbes, plus question d’abri quelque part, monter aux arbres devient impossible. Où aller ? Ce qui allait devenir l’Humanité était à un tournant, près à virer tunnelier, voisin du lapin. Dans sa peur panique de se voir bouffer par un grand fauve, un ancêtre a saisi l’intérêt d’avoir une grosse pierre à la main, puis un bâton, puis à le tailler en pointe pour le planter dans le ventre d’un ennemi. Toujours par manque de force et prudent comme pas un, conseillé par la frousse, c’était parti pour deux à trois cent mille ans de fatuité progressive, de règne de la force, de la pierre à l’arbalète. Quand « l’acier fut forgé », le tank de 60 tonnes, l’arme suprême atomique, rien n’y a fait. L’Homme a toujours peur !
Depuis les débuts, peur de tout, de l’ombre, de ce qu’on ne voit pas derrière-soi, de ce qu’il y a dans l’armoire, dans la maison du voisin, de l’amante qui pourrait mettre quelque chose dans votre verre ou consulter des sorciers pour vous jeter un sort !

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Tout de suite, dès qu’on a compris qu’avec un javelot, une hache de silex, on devenait les maîtres, l’Homme, ce petit caïd des cavernes, a sombré dans la paréidolie (voir des formes dans les nuages, dans l’assemblage des concrétions d’une grotte, etc), puisqu’il avait moins peur des prédateurs, il fallait en inventer. Il a cherché dans l’invisible, comme du temps des fourrés aux feuillages tremblants. Il s’est inventé des dieux. Il les voyait dans les aspects effrayants d’une roche, d’un arbre. Il a cherché des silhouettes hostiles ou protectrices dans les nuages, toujours poussé par cette diarrhée irréductible de la peur !
Il ne lui restait plus qu’à se mesurer à ses semblables aux noms des dieux, de ses fantasmes et de ses superstitions, devenant le nouveau Tyrannosaure Rex.
L’Homme moderne a pris goût à la domination de la nature et de ses semblables. Il a de l’industrie et une sorte de joie mauvaise qui exorcise la peur. Il s’entoure d’esclaves et de femmes subjuguées par dix mille ans d’imposture.
Après avoir tremblé pour tout, comme tous les grands peureux, sa relative position au sommet du règne animal l'enivre. Il ne se sent plus faible, il est le roi ! Il faut qu'il saccage, domine, brutalise... mais dans la sécurité d'un corps de garde, d'un bunker ou d'un conseil d'administration.
Les plus malins ont inventé de nouveaux dieux à l’usage de leur clientèle. Des dieux aussi fantasmés que l’arbre bizarre ou le monolithe biscornu, plus efficace pour soigner la trouille de l’ancestral réflexe. Les prêtres devinrent les interprètes de l’incompréhensible, bien humains, tellement même qu’ils ont paré leur maître de tous leurs vices et penchants criminels.
Le Dieu unique était créé ! Le malheur fait qu’en 2017, ils sont à plusieurs. Les peurs continuent.
On voit le résultat.
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1. Une espèce peut disparaître par la rareté et sa reproduction contrariée, mais aussi par sa prolifération. Un exemple : les virus et les microbes. Au lieu d’équilibrer leur nombre puisqu’ils vivent en prédateurs sur d’autres êtres vivants, ils n’ont qu’un seul objectif croître par le nombre et ainsi tuer ce qui les faisait vivre en mourant avec lui. C’est tout l’homme ! Comme les virus, il n’a pas le réflexe de survie de groupe, c’est une intelligence consumériste. Il scie la branche sur laquelle il est à califourchon depuis son apparition. Il travaille avec acharnement à sa disparition. C’est un esprit eunuque doté d’un sexe prolifique.

7 janvier 2017

Les faits, les idées, le show.

Pour se défendre d’un soupçon de partialité, les médias prétendent que les extrémistes de tout poil font du media basching, et pas que… des Valls, des Fillon rejoignent dans cette détestation des Mélenchon et des Marine Le Pen. Richard III n’est pas en reste non plus, dans sa détestation si souvent produite.
Ce n’est quand même pas la faute des détracteurs de « l’info vite fait » si les journaux et les grands groupes de télé sont dans des mains de richissimes propriétaires dont la nature capitaliste et de droite n’est pas contestée.
Et la clause de convenance personnelle ?
Certes, elle existe, sauf qu’on n’a jamais vu quelqu’un du Figaro ou de RTL s’en prévaloir pour sortir du nid de vipères.
Alors, qu’en est-il de cette fameuse indépendance que l'Association générale des journalistes professionnels de Belgique (AGJPB) agite comme une carte de visite au nez de tous les détracteurs ?
Loin de moi l’idée, dans ce monde pourri, de prétendre que tout le monde l’est. Mais comment exercer un métier comme celui-là sans faire un distinguo parmi les faits, ceux qui touchent directement aux convictions personnelles de l’employeur ?
L’exemple de l’affaire De Decker est notoire. Il a fallu que ce soit la presse française qui soulève le lièvre avec des arguments nouveaux, pour que la presse belge se décide à emboîter le pas et encore, l’a-t-elle fait en marchant sur ses chaussettes.
Un autre exemple, celui de l’article « en forme d’uppercut » de Paul Magnette (voir le blog précédent). Il suffit que l’intéressé donne sa sentence sur le PTB, sans argumenter autrement que par des métaphores, pour que cette interview soit bouclée et que le journaliste en reste là. Et la grande crise identitaire des PS compatibles avec la mondialisation de l’économie, qui en parle au parti de Magnette ?
L’interprétation du mot « socialiste » est même une des raisons capitales des divisions de la gauche et de la probable disparition prochaine du PS en France. À cause de ce flou, la carte géopolitique de l’Europe est en train d’être bouleversée. Le lecteur des gazettes n’en retire que l’ironie d’un « premier de la classe » qui se répand en sarcasmes à défaut d’arguments !
L’extrême gauche n’est pas claire non plus dans ses protestations.
En un mot, l’extrême gauche suspecte les médias de partialité, mais accourt dès qu’on lui propose un créneau de cinq minutes. Elle s’y comporte généralement comme l’étudiant ayant la crainte d’être collé face à un professeur sceptique.

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L’idée que la presse ne serve que des intérêts de la bourgeoisie n’a jamais été si bien traduite que par Mélenchon qui s’empresse de se faire le plus aimable possible devant ceux qu’il décriait cinq minutes auparavant.
Qu’elle soit sur papier ou sur écran, la presse mêle à présent show et information, pour s’attirer un public qui traduit tout en show et fait des images parfois terribles de l’actualité, un spectacle comme dans un film d’horreur. Ce n’est plus en critique qu’on réagit mais en spectateur. Le spectacle est bon ou mauvais, il n’est plus dans le juste ou l’injuste, le vrai ou le faux.
C’est très net dans la presse écrite. Pour survivre, la presse dite « sérieuse » se pare de paillettes. Le spectacle est permanent. La morale qui subsiste est celle des riches propriétaires, destinée à produire une pédagogie secrète et insidieuse en faveur des dominants.
Comment soustraire l’information à la domination de l’argent ? Le problème n’est pas nouveau. La disparition des journaux d’opinion pour une presse « neutre » a augmenté le malaise, en le rendant plus hypocrite.
Nul n’ignore que la neutralité n’existe pas et que, consciemment ou inconsciemment, tout qui écrit ou parle est partial.
Comment donner la parole dans les médias à tous ceux qui sortent du politiquement correct ?
La montée des méfiances, à l’égard des partis et de la démocratie, touche aussi les médias.
Cette méfiance rendra-t-elle le sens critique au public ?
Ce n’est pas de Paul Magnette que viendra la solution.

6 janvier 2017

Un con nommé Magnette.

La dernière sortie de Paul Magnette sur la politique actuelle et future de la Belgique est assez édifiante. Elle nous concerne directement, puisque le leader en second du PS avoue implicitement qu’une autre vision de l’économie actuelle est impossible !
Je reprends sa déclaration répandue dans les gazettes, sous le titre « Le PTB est contre tout changement » :
« Quant à savoir si le PS pourrait former une coalition avec le PTB, Paul Magnette envoie un uppercut : « La question ne se pose pas comme cela. Raoul Hedebouw a dit lui-même, dans un excès de sincérité qu’il essaie de gommer depuis, qu’il n’irait pas au pouvoir avant 15 ans. Ils ont deux ou trois slogans qui fonctionnent bien dans l’opinion, mais ils n’ont pas de programme de gouvernement. Raoul Hedebouw sait qu’il a besoin de ces 15 ans pour passer d’un parti marxiste-léniniste à un parti de gauche de gouvernement, avec tout le personnel politique nécessaire. Dire, comme le fait le PTB, qu’on est prêt à monter dans un gouvernement quand les traités européens auront été changés, c’est un peu comme le boxeur qui dit “je monterai sur le ring quand l’autre sera K-O ».
Personnellement, je l’ai déjà écrit et répété souvent, je ne suis ni de près ni de loin affilié ou sympathisant du PTB. Je ne me ferai pas prier pour écrire sur n’importe quel sujet et y compris sur cette gauche-là, si j’en éprouve l’intention.
Mais la question n’est pas là.
Elle est plutôt dans le camp de Paul Magnette qui semble n’avoir pas tout à fait mesuré l’importance de ses propos, ni compris le ras-le-bol général des populations sous la cloche économique, made in Europa.
Or donc, indirectement le mage de Charleroi dit carrément aux lecteurs des gazettes, pour gouverner dans le monde occidental, il n’y a pas trente six manières. La recette est unique. C’est le système économique, la façon dont il est géré avec les personnages influents qui le dirigent qui est l’unique moteur de nos démocraties. Le rôle de nos gouvernements est des plus simples. Ils se mettent à l’écoute des Bourses et des grandes décisions, estiment l’importance des croissances ou des récessions et façonnent leur politique à la prospérité ou à la baisse d’activités, de façon à adapter la part du social et des fastes de la démocratie.
Mais alors, Paul Magnette ne serait donc qu’un simple comptable qui rétrocède éventuellement une partie des gains de son patron à ses administrés ?
Il oublie purement et simplement ses électeurs !
Il n’apporte rien à la fonction que la population lui a confiée, à savoir de faire en sorte que les gens soient heureux dans une démocratie porteuse d’avenir.
Il s’entremet, c’est tout.

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Alors, oui, les vrais partis de gauche n’ont rien à voir avec ce genre de gestion. Lui-même n’est plus qu’un intermédiaire dont on pourrait se passer en confiant la tâche aux syndicats de négocier avec le pouvoir économique, bien plus représentatifs que lui, des besoins et des aspirations du peuple.
Mais ce type qu’on dit si malin, professeur émérite du Chose, ne comprend rien à la situation actuelle ! C’est même à ce haut niveau où il est arrivé, celui de son incompétence, que sa bêtise éclate, devient lumineuse !
Cet homme est dangereux !
Une dernière gorgée de la prose du grand homme de Di Rupo nous le confirme « Il y a un climat anti-élite sur lequel surfe totalement le PTB. Je le vois sur le terrain local, le PTB est contre tout changement. Vous modifiez un règlement de parking, ou les heures d’ouverture d’une piscine, vous avez une pétition. »
Si c’est vraiment ce qu’il pense du populisme, du PTB et de la population, alors oui, Paul Magnette, certes de « l’élite » vous en êtes, mais c’est celle des cons !...
Voyez-vous, monsieur le socialiste, l’élite est ailleurs. Elle est dans les esprits qui estiment que nous sommes assis sur une poudrière et qui le prouvent par des raisonnements et des recoupements sur la politique, l’économie et la morale dont vous êtes très loin.
Il est franchement regrettable pour l’Histoire du socialisme, que vous osiez vous en réclamer encore et que vous continuiez ainsi de polluer le terme, comme d’en détourner les buts, pour n’en faire profiter que ce que vous appelez « l’élite » et qui n’est pour moi et pour beaucoup, qu’un ramassis de gens peu respectables.

5 janvier 2017

Appel d’air.

Mine de rien, le calvaire de Cambadélis, le secrétaire du parti socialiste français, est celui de tous les dirigeants socialistes intégrés dans le système libéral. Le PS belge ne sortira pas indemne de ce qui est bien la punition par les électeurs, de l’abandon de l’idéal socialiste pour le consumérisme désormais utopique d’une mondialisation heureuse de l’économie.
À cet égard, l’élection interne au PS du candidat à la présidentielle française sera éclairante.
La disparition quasi complète du PS français pourrait être chose faite aux élections législatives qui suivent désormais celle du président.
Partout en Europe, les PS d’appoints au règne conservateur libéral, sont contestés par de nouvelles figures plus jeunes et plus en adéquation avec les vrais problèmes des masses populaires.
Des inconnus surgissent d’en-dehors ou du dedans des PS pour secouer le cocotier. Nous ne les connaissons pas encore ou mal, mais le public va vite combler la lacune, malgré les réticences de la presse, entièrement dévouées au conservatisme libéral dont les PS font partie.
C’est Owen Jones pour l’Angleterre, Raoul Hedebouw pour la Belgique, Giuseppe Civati pour l’Italie, Marion Matias pour le Portugal, Rita Maestre et Rosa Martinez pour l’Espagne, enfin Stefan Walker pour l’Autriche.
Ils sont encore pour certains « to be higt noon », vous ne tarderez pas à les mieux connaître, malgré la sourde hostilité des médias à leur égard.
Dans la petite liste ci-dessus, je n’ai pas intégré un « petit nouveau » français, pour la bonne raison que les « petits nouveaux » sont presque tous de « grands anciens ».
Je voudrais juste dire un mot de Charlotte Marchandise-Franquet, adjointe déléguée à la Santé à la maire socialiste de Rennes Nathalie Appéré, dont la singularité a été d’être élue par la nouvelle manière citoyenne de faire une primaire : « en ligne » ! Des internautes « LaPrimaire.org. » ont organisé une primaire pour le moins originale et sans doute appelée à un grand avenir. L’événement a eu lieu du 15 au 30 décembre.
Les participants (32.685) ont choisi Charlotte Marchandise-Franquet parmi les candidat(e)s.
Ce n’est qu’un début. On pourrait imaginer que des centaines de milliers d’utilisateurs de la Toile se prennent au jeu, établissant ainsi une sorte de plébiscite dont le principe de loyauté serait garanti par le nombre. En effet, si l’on peut électroniquement « forcer le destin » dans les petits nombres, cinq cent mille, c’est déjà plus difficile.
L’aventure avait débuté au printemps dernier, plus de 500 postulants s'étaient lancés dans l'aventure. Parmi eux, 215 avaient élaboré un vrai programme. Le processus de sélection, confié à chaque fois aux internautes, a permis d'en retenir seize, puis seulement cinq finalistes. Outre Charlotte Marchandise-Franquet (1), 42 ans, consultante-formatrice, deux médecins, l'un de 31 ans, l'autre de 42 ans, un avocat de 59 ans, et une professeure de 30 ans s'étaient qualifiés pour le second tour.

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Reste à savoir si la gagnante ira jusqu’à se lancer réellement dans la course à la présidence. Compte tenu de l’originalité de son parcours, ce ne sera pas chose facile de décrocher 500 parrainages.
Tout dans cette initiative singulière est un réconfort pour les démocrates frustrés que nous sommes devenus. Cet exercice original touche tous les Internautes, c’est-à-dire presque toute la population aujourd’hui. Il répond aux besoins d’éducation politique et de sens critique qui manquent tragiquement dans les couches populaires. Il remet à égalité « homme/femme » dans l’anonymat partiel d’une candidature.
C’est une opportunité pour tous en politique, adoubant l’élu sans l’apriori de l’âge, du sexe, de la couleur de la peau et des études faites, même si dans la première expérience, ce sont des intellectuels diplômés qui ont fait surface.
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1. Charlotte Marchandise-Franquet avait été élue au conseil municipal de Rennes sur une liste écologiste et de gauche, au titre de la "société civile".

4 janvier 2017

Le revenu universel.

Benoît Hamon, ancien ministre de l'Education de François Hollande, défend toujours le revenu universel, tant décrié par ses adversaires, même à gauche. Arnaud Montebourg parle d'une "mesure irréalisable". Un revenu de 700 € coûterait la valeur d’un budget annuel de l’État, selon lui.
Sauf si la somme de 8400 € (12 X 700 €) était pratiquement la goutte qui fait déborder le vase des hauts revenus et rendue à la source, c’est-à-dire l’État, par le biais d’une colonne « spéciale » dans la déclaration d’impôts !
Dans ces conditions quelle est la gauche qui ne souscrirait pas à cela ?
On pourrait demander l’avis des spécialistes en Belgique.
Hamon, lui, ne s’est pas encore bien expliqué sur le fonctionnement du revenu universel qu’il veut introduire en France. Il réfléchit à la question. Il rappelle que Michel Rocard avec le RMI (revenu minimum d’insertion) a lui aussi été critiqué par les mêmes propos de la réalisabilité impossible.
Dire qu’une chose est impossible sans le démontrer est une affirmation gratuite. Le défaut d’argument est une spécialité de la droite « l’économie mondiale libérale est la seule possible », là-dessus les économistes hochent gravement la tête, les journalistes des grands quotidiens se couchent et les gens du MR se congratulent. C’est ainsi qu’une démonstration sans argument a lieu tous les jours en Belgique, à l’Europe et partout dans le monde.
Autre chausse-trappe, si le revenu universel consiste à mettre les allocations familiales, les pensions et les indemnités sociales en équation en piochant ailleurs sur les revenus modestes, comme on le ferait de ceux des riches par l’impôt, alors, oui, ce serait une sinistre comédie.
Il conviendrait donc qu’en toute logique, le revenu universel fasse l’objet d’une recherche sérieuse sur sa « faisabilité » dans le cadre d’une justice pour le plus clair d’une population discriminée dans les retours sur bénéfice des productions et du travail en général qui ne vont qu’aux banquiers et aux industriels.

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Hamon, dans sa réflexion, pense d’abord à réaliser son objectif par étapes. Dans un premier temps, en bénéficieraient en priorité les 18-25 ans. Ce serait un moyen décisif de permettre à l’étudiant pauvre de poursuivre des études qu’il accomplit le plus souvent tout en travaillant à un job étudiant, mal payé et dont il ne retirera même pas une leçon de vie et une philosophie pour l’avenir, puisque, le souvenir de ce qu’il a dû entreprendre en parallèle à ses études ne sera, le plus souvent, qu’une expérience personnelle pénible qu’il quittera avec soulagement, et sans l’altérité si chère à Renouvier. N’est pas Simone Veil qui veut !
Le revenu universel est un projet essentiellement de gauche. On sait trop comme la droite s’entendrait à dépouiller son contenu de ce qui est proprement révolutionnaire : étendre à tous la réflexion de La Bruyère « Il ne manque cependant à l’oisiveté du sage, qu’un meilleur nom ; et que méditer, parler, lire, et être tranquille, s’appelât travailler.
Les rapports entre employeurs et travailleurs seraient bouleversés. Débarrassés de l’obsession d’être jetés à la rue qui pend comme l’épée de Damoclès au-dessus de la tête de chaque salarié, ceux-ci auraient enfin la sensation de faire un pas de plus vers une liberté d’expression et une liberté d’être qui les mettraient à égalité avec l’employeur.
L’univers du travail en serait bouleversé.
Le monde capitaliste prendrait un autre visage.
C’est peut-être en cela que le revenu universel leur fait peur ?

3 janvier 2017

Con comme un conservateur MR

Outre l'égoïsme, la vue étroite et l'esprit accapareur, qu'est-ce qui nourrit le conservatisme ?
D'abord le politiquement correct, ce qui les fait marcher avec un balais dans le cul et à juger horrible tout ce qui n'est pas plat. L'originalité, les valeurs autres que les leurs, les déconcertent, puis les mettent en position de mépris.
Tout ce qui ne ressort pas de leur libéralisme est une hérésie. C'est une entrave à leur "idéal" : l'économie mondiale planifiée en dollars.
La contradiction saute aux yeux. Ils parlent d"humanisme, alors que leur programme socio-économique est quasiment un retour à un esclavage généralisé dominé par l'utilitarisme dans l'unique but de former des consommateurs-ouvriers, c'est-à-dire une population nourrie dans l'illusion que tout citoyen naît égal en droit puisqu'il intègre le capitalisme !
Le comble tient dans l'espoir que ces larves conservent le pouvoir au fédéral et l'emportent bientôt au régional.
Et le pire, c'est que l'électeur, à côté de ses pompes, finisse par leur donner raison !

2 janvier 2017

En pleine panade

Dommage que je puisse pas m'exprimer.
La situation en vaut la peine, avec les Vingt Jours qui restent à Obama de pourrir la vie de ce gros tas de dollars qui va venir. Déjà qu'il s'est mis à dos la CIA, les Palestiniens, les Chinois et les mexicains, voilà qu'il veut relancer les forages pétroliers à la frontière du Canada !
Les P'tits Blancs américains vont l'avoir leur grand homme !
Un qui va être emmerdé, c'est Charles Michel, l'américanolâtre convaincu, défendre pareil libéral, c'est pire que la couleuvre De Wever.

Quand bien même !

J'avais réussi une chronique. Impossible de l'envoyer !
J'essaie une dernière fois... avec un matériel riquiqui... Vrai, si ça perdure, je vais dire la marque à tout le monde !
JC Juncker est un petit cachotier. Il nous avait caché quand il était ministre au Grand Duché, qu'il avait pris la tête des évadés fiscaux et organisé une petite Europe des fraudeurs !
L'Europe n'avait pas besoin de cette révélation d'un journal anglais pour se trouver mal.
Mais c'est de l'autre côté de l'Atlantique que ça tourne vilain.
C'est la petite guéguerre entre Obama et Trump.
Barak a encore vingt jours pour pourrir la vie de l'autre. Le milliardaire s'est embringué avec Poutine et s'est mis à dos la CIA qui l'avait pourtant aidé en dénonçant les mails intempestifs des Démocrates d'Hillary.
On va bien se marrer avec ce gros tas de dollars. L'ambassade américain à Jérusalem, reprise des forages pétroliers en bordure du Canada, le mur mexicain, reconnaissance de Formose, si tout ce bazar ne découle pas d'une simple intox de la Loi de Poe, Donald va déguster avant de s'apercevoir que la gesticulation ce n'est pas faire de la politique, c'est amuser les gogos d'électeurs !
On voit d'ici Charles Michel, l'américanolâtres bien connu, voler au secours du libéralisme à la Trump avec Didier Reynders aux "Étrangères", ça va être quelque chose.
Désolé de ne pouvoir ajouter à ce mot hâtif une Richardgirls avenante.