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31 mai 2020

Fin des combines ?

La récente alliance de Gérard Colon ‘LREM’ avec la droite ‘LR’ à Lyon fait jaser en France, à tel point que le parti de Macron l’a exclu. Cette nouvelle et ultime pirouette caractérise un socialiste qui glisse au centre droit avec Macron, pour partager l’affiche du deuxième tour des élections avec la droite.
Chez nous, en Belgique, voilà longtemps que le ménage PS-MR ne surprend plus personne. De Di Rupo à Magnette, le PS à l’échine souple. L’écuelle pleine des bontés de l’économie libérale pour les partis amis, ils bâfrent tous à la même auge.
Le paradoxe de l’alliance « temporaire », du capitalisme libéral et du socialisme dans une réaction d’autodéfense, est devenu un habituel et définitif parcours de santé.
On a oublié, suite à la pression du Mouvement de la Résistance de 1945 ce que l’on avait gagné, puis perdu à la suite de la trahison du socialisme à la Charte de Quaregnon et l’abandon de la lutte des classes : planification économique, politiques de plein emploi, contrôle des capitaux, gratuité des soins et des études, réduction des inégalités de revenus grâce à une fiscalité plus progressive !
Comment s’étonner dans ces conditions que la crise financière de 2007-2008, ait été entièrement payée par les classes populaires ? Cette façon de gérer la crise par Reynders et sa bande a coïncidé avec une concession supplémentaire du PS qui a reconsidéré la même année sa position en faveur de la N-VA. La xénophobie de l’anversoise matrone (ne serait-ce qu’à l’égard des francophones) et de son président De Wever proche des thèses de l‘économiste Rawls, ne sont plus des barrières infranchissables. Le plafond de verre était en réalité un faux-plafond.

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Que les pépères du PS assis dans les emplois juteux avec leurs anciens ennemis de classe retiennent bien ce qui suit.
Le communisme fut le seul mouvement politique dans l’histoire à défier le capitalisme en s’employant à construire un modèle économique et social opposé. C’est probablement une chance dans l’état actuel de déliquescence du libéralisme d’avoir un modèle ancien avec tout ce qu’il faut faire et ne pas faire, prêt à le remplacer. Ce modèle de socialisme aujourd’hui disparu, a semblé disqualifier des idées comme la planification, la propriété collective des moyens de production, le refus que l’entreprise privée, le marché et le profit, afin qu'ils soient les acteurs déterminants de l’économie. Or, la crise économique doublée de la crise liée au coronavirus a rappelé que tout n’était pas mauvais dans l’ancien monde économique socialiste. Ces programmes coulés dans la force des grandes idées pouvaient prendre le relais de ce qui ne fonctionne plus que par le slogan, la tromperie et le vol des profiteurs du statuquo.
Tout semble aller tellement de travers dans l’association des pouvoirs politiques et économique, qu’un renouveau devient nécessaire, nonobstant la volonté de tourner le dos en matière de politesse à l’incongrue et stupide madame Marghem.
Mais ne nous y trompons pas, ce n’est pas gagné. Des pulsions féroces du désir de possession ont été libérées par la privatisation à l’encan des biens publics. Ses suppôts dangereux de la bonne affaire ne siègent pas que dans les conseils d’administration, ils sont aussi au gouvernement et dans les partis, qu’un brouet commun agrège. Le capitalisme n’est pas fini. Il se sent menacé, parce que ses crimes se voient trop !
Idéologiquement, la roue a tourné. La contre-utopie opposée à l’utopie soviétique a connu un échec tout aussi flagrant. Staline tenait les apparatchiks par la peur et les roubles. Le capitalisme tient ses supporters par l’illusion et les dollars.
Les manœuvres d’enfumage des oppositions binaires entre démocratie et totalitarisme n’ont plus de raison d’être au niveau des États. L’URSS est morte et enterrée. Par contre, elles sont devenues indispensables pour maintenir les citoyens européens dans le giron du libéralisme américanisé. En fait, nous nous retrouvons comme en 17 à subir un tsar qui trône à Wall Street, en espérant un nouveau Lénine à l’UE.
C’est dans cette crainte, que le néolibéralisme ne baisse pas la garde et continue d’exorciser un communisme qui n’existe plus, tant il craint qu’il puisse renaître dans l’esprit des gens.
En n’abandonnant pas leur campagne contre leurs opposants, Bouchez, Di Rupo, Wilmès et les autres entendent conjurer le réveil d’une gauche anticapitaliste. Cela sonnerait la fin de leurs relations juteuses à la fois avec la démocratie et le capitalisme. Ce qui équivaudrait à la mort de leur monde et la fin de leur train de vie.

30 mai 2020

Le crime au pouvoir.

Même pas au bout du déconfinement, les politiques remballent leurs cliques et leurs claques, ferment la porte du placard et reprennent tout au début du trimestre fatal, comme s’il n’avait pas eu lieu. Ils enterrent ainsi les fautes et les promesses, celles-ci découlant de celles-là, dites dans l’affolement des élites dépassées.
Reste la crise économique, plaie dont l’infection s’est aggravée du Covid.
Tout le monde comprend qu’on ne se tirera pas véritablement de la situation présente par des rustines de politique monétaire ou de report de taxes. Le renouveau pour le MR, c’est de pousser les gens au travail et soutenir les propositions scandaleuses du patronat, par exemple de supprimer les vacances d’été, de ne pas rémunérer les heures supplémentaires, etc.
Les socialistes ne sont pas meilleurs. Ils contestent la version patronale et la FGTB joue du clairon. Dans un rapport convenu du captal/travail classique et dans un consensus de l’organisation de l’économie à l’identique, cette démarche de la gauche libérale n’est en rien porteuse d’une transformation radicale de cette société. Elle veut le maintien des anciens codes.
Le lien de Covid-19 avec l’écocide capitaliste est prouvé. Poursuivre dans la voie actuelle du système est suicidaire. Les Anciens auraient appelé cela, la poursuite de l’impudence de notre hybris irritant Némésis. Pour faire « moderne » disons que si nos illustres étaient journalistes au « Petit connard illustré », ils seraient tous rédacteurs en chef !
Dommage que se demander s’il n’est pas temps de choisir entre l’économie libérale ou la vie, ne soit plus une question à l’ordre du jour. C’est du moins ce qui ressort des discours et des préoccupations de nos élites, manifestement attelés à la tâche de remettre en état l’usine à gaz à l’identique de ses tubulures ramifiant dans la bourgeoisie et les banques.
Leur cri « plus rien ne sera comme avant » était poussé parce qu’ils avaient la trouille. Ils sont rassurés. C’était une fausse alerte. Les conneries productivistes repartent. La FEB respire.
L’économie dont il faudrait sortir au plus vite organise la reproduction matérielle collective à l’américaine. Les américanolâtres montent au créneau assimilant l’idée même du travail à cette énormité, que l’aspiration générale serait de vivre comme les privilégiés de la 5me avenue à New-York, et qu’on y arrivera ! Rejeter ensuite le socialisme révolutionnaire comme le destructeur absolu du travail, plongeant la société dans la misère et le chaos, est l’argument suprême que ces fous du dieu dollar mettent dans la tête des gens.
Or, il n’y a rien de plus faux.
Sortir de l’économie ne veut pas dire s’affranchir de tout travail, mais le réorganiser pour qu’il convienne au plus grand nombre, serve à réduire les inégalités et sauve la population de la misère.
La lecture de Marx a été dénaturée par les tenants dominants de l’économie. Lorsqu’il écrit dans sa correspondance « N’importe quel enfant sait que toute nation crèverait qui cesserait le travail, je ne veux pas dire pour un an, mais ne fût-ce que quelques semaines ».
« Sortir de l’économie », ça ne peut donc pas dire s’en affranchir.
Jamais nous ne réduirons les libéraux à repenser le système autrement puisqu’ils en sont les premiers à en vivre par la définition qu’ils en sont les propagandistes et les propriétaires.
Après l’expérience de la pandémie qui n’est pas finie, mais qui en augure d’autres, le citoyen européen ne peut plus vivre replié sur la poursuite apeurée de ses intérêts de conservation. Les pères fondateurs : Smith, Hobbes, Tocqueville ont fait leur temps. C’est fini.

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Les très grandes crises ont au moins un avantage : elles donnent à voir les fonds de marmite. Et comme l’a écrit Céline dans Le Voyage « Dès qu’on assure au cuisinier qu’il va lui-même, en personne, passer dans son court-bouillon, il gratte plus du tout d’allumettes ».
Les productivistes malades de la rente iront jusqu’au dernier arbre debout, jusqu’à la dernière terre rare extraite. Ils ne sont pas les pédagogues adéquats pour nous faire sortir du système, mais plutôt pour nous y faire demeurer.
Ils devraient donc être dénoncés comme de dangereux criminels attachés à nous faire disparaître dans l’espoir, sans doute, qu’ils seront les derniers à s’éteindre.
Ils sont toujours là, avec ceux qu’ils ont convaincus, un peu comme Charles Manson avait des disciples qui tuaient pour lui !

29 mai 2020

Allô ! Love mi…

Martin Luther King ne fut pas le négro sympa, cireur de pompes à 10 ans, qui a fait son chemin à 35. Il avait le capitalisme américain dans le nez et la justice dans le sang. Qu’un énergumène, prenne du champ et fasse une audience pareille en Belgique, il ne ferait pas long feu. On a des Harvey Oswald comme on veut. L’esprit Bob Denard n’est pas mort chez les libéraux.
Le genre RichardIII.com a une audience nulle. Il n’est pas dangereux, juste turbulent. Il est la preuve vivante que le régime pratique la liberté d’expression. Nous cautionnons ces saligauds en quelque sorte. Saucisses, on travaille mieux qu’à Francfort et c’est nous que l’on met en boîtes.
Mais attention, l’Autorité a posé des balises. Si on s’écarte de la pantalonnade, qu’on fouille trop les comptes des banques et qu’on retrouve des ordres chiffonnés de Tel-Aviv dans la poubelle, il faut faire extrêmement gaffe. Ils font l’amalgame. De la politique pour rire, on tombe pour un rien dans l’antisémitisme, comme Tex dans le porte-jarretelle. Là, on ne rigole plus, d’où le large consensus sur un silence autour des colonies, du sort de Gaza, des gouts de luxe de Netanyahou, etc.
On est bien dans un monde inversé : le socialisme pour les riches et la libre entreprise pour les pauvres.
La Belgique américanisée, l’intelligentsia ne parle plus que l’anglais. On a fait du Trump, avant Trump. C’est une passion. Je révèle un scoop : pourquoi le petit Chastel en a voulu à Reynders, au point d’être devenu le sujet BDSM des Michel ? (Ils passaient sur lui leurs petites colères et s’y reposaient les nerfs.) Ministre du Budget et de la Simplification administrative en 2011, Chastel avait pour mentor Didier Reynders, président du MR et ministre des finances (plus pour longtemps à l’époque). Ne vint-il pas à l’idée du beau merle d’admonester Chastel en public sur sa mauvaise connaissance de l’anglais ! Et dire avec son rire de carnassier, du sang de sa dernière victime sur les babines, « Olivier parle l’anglais comme Yasser Arafat ! ». Encore aujourd’hui à l’Europe, Reynders pense « toilet paper » et il ne dit jamais « donnez-moi le dossier chose » mais « give me the thing folder ». Comme ça, à Bruxelles, à 1500 mètres de son domicile !
L’État belge poursuit sa reconstruction en anglais. Philippe pousse l’héritière dans un collège anglais. Mathilde ne porte pas de petite culotte mais est en « lingerie pants”. L’anglais serait la langue idéale pour réconcilier les pointus avec le français. Les deux camps parleraient l’idiome shakespearien « neutre » plus répandu que l’espéranto. La bourgeoisie belge en est si friande ! Depuis, on en est à la haine du Chinois, comme à Washington.

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Donc l’état belge américanisé, avec les beaux parents australiens de la première ministre, et tout le MR qui a le diplôme au-dessus des techniques, on a construit un marché des dettes publiques. Les bourgeois avaient leurs commis aux écritures au gouvernement, avec les opérateurs privés ils ont le contrôle du crédit. Plus besoin d’introduire des barbouzes à la Stéphane Moreau, le contrôle se fait « from the park of the second home on a lounge chair”.
Le must redouble même avec la crise Covid. Les plans de soutien Reynders, après le krach de 2008 sont enfoncés.
Von der Leyen sort de sa lessiveuse des milliards dont on ne soupçonnait pas l’existence. Ces mesures viennent en complément d’une série de dispositions qui facilitent l’accès des banques aux liquidités. Honorer le totem de la stabilité financière signifie qu’au plus fort de la crise du coronavirus les fonds d’investissement, les banques et les grandes entreprises, y compris les plus polluantes d’entre elles, sont les premiers bénéficiaires du soutien des pouvoirs publics. Le « socialisme pour les riches » n’a jamais été aussi protecteur.
Nous les blogueurs, les utilisateurs de FB, loin des marchands d’idées qui commercialisent leurs soupirs à vingt-cinq cents la séance comme Dieudonné, on se casse le cul pour trouver une nouveauté tous les jours. Nous sommes effrayés par l’astronomie des dettes et les billions de dollars pour remettre l’énorme machine en branle, dans les mêmes conditions de déchets et de gaspillages qu’avant. Nos arrières enfants parleront encore l’anglais dans cinquante ans, se trémousseront toujours à la musique du jour et s’empliront plus que jamais les bronches de la bonne pollution en bénissant l’Amérique de nous avoir ‘’wrung out the bullet hole to get their cars through American comfort.”

28 mai 2020

Ils allaient conquérir le fabuleux métal (1)

Enodia hérite d’une dette de 90,4 millions à payer à son propre fonds de pension Ogeo Fund. Selon un document interne au CA de l’intercommunale, 69,4 millions d’euros avaient été transférés à sa filiale Nethys, afin de payer une partie des pensions du groupe. L’argent ne sera jamais transféré ni à Enodia ni à Ogeo Fund. Personne ne sait où sont ces millions ! Pendant ce temps, les intérêts ont flambé. (Les journaux)
Alexandre Dumas Père n’aurait pas dédaigné de chiper à Balzac, l’histoire d’un Rastitgnac des temps modernes, Stéphane Moreau.
L’ombre du beau Stéphane plane sur toutes les entreprises d’ordre public où il est passé ; comme s’il avait été mandaté par des agents du néolibéralisme pour désavouer toute consultation du PS avide de placer ses créatures. Exactement comme Sophie Wilmès le fait à propos des entrepreneurs masqués. Et puis parler de tous ce beau pognon évaporé le jour où José Happart disparaît des prétoires et de l’aéroport de Bierset, c’est beaucoup !
Et cette manie d’angliciser les acronymes. Nethys, Resa, Enodia, Ogeo Fund, même rengaine avec Wilmès pour le call center N-Allo et son « tracing ». Les « debaters » anglais appellent Stéphane Moreau, « Steph Moraw ».
Le Ps en a fait une belle le jour où Steph Moraw prit sa carte au parti. Il est vrai qu’il n’avait que seize ans et s’appelait encore Stéphane.
On voit d’ici l’œil encore obscurci par les libations de la veille, Michel Daerden, dit Papa, donner les premiers conseils au jeune homme, en son fief d’Ans. Quelques années plus tard, l’oisillon devenu un beau merle, a le rang de porteur de serviettes, comme jadis Reynders et Michel père pour Jean Gol, du bistrot d’en face, en quelque sorte....
Le beau Stéphane fit tant et si bien que Papa ne put plus s’en passer. Bourgmestre d’Ans indéboulonnable, il avait besoin d’un playboy décontracté, pour assurer sa réputation d’homme de gauche, ne dédaignant pas une tournée générale, des heures sur un tabouret de bar à déconner avec les bons socialistes.

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Et très rapidement, Moraw devint l'un des cinq proconsuls à la tête de la Fédération liégeoise du PS, Jean-Claude Marcourt, les sérésiens Alain Mathot et André Gilles et Willy Demeyer.
Comme un vol de gerfaut hors du charnier natal… ce beau vers du sonnet de Heredia, dit tout de l’envol du jeune homme.
Il ne restait plus que Brutus donnant le coup de poinçon à César, au printemps 2011.
Une motion de méfiance est déposée contre la majorité communale ansoise (contre Daerden) par son bras droit, Stéphane Moreau ; une majorité alternative est mise en place, écartant Michel Daerden de l’hôtel de ville. Alors que ses recours échouent, Michel Daerden décide de se porter candidat dans la commune voisine de Saint-Nicolas.
Quatre ans avant, Moraw avait été mis en cause à la suite d'une lettre anonyme pour une suspicion de trafic d'influence concernant sa mère et la Société de Logement du Plateau. Comme il avait réglé banco la transaction, on n’en parla plus.
C’est ainsi que ça marche en Belgique, vous volez des millions, une transaction finit par tout arranger. Le casier reste vierge. Ne vous attendez pas à pareille mansuétude si la nécessité vous pousse à commettre un plus petit délit. On ne vous demandera même pas si vous opteriez pour la transaction, c’est le poste, puis la correctionnelle, ah ! mais…
On a perdu de vue les 90 millions. Pas tout à fait.
Fin 2016, Moraw est mis en cause dans l'affaire Publifin. Il démissionne du Parti Socialiste en avril 2017, au moment où est engagée sa procédure d'exclusion.
Et les 70 millions devenus 90 millions chargés des intérêts, où sont-ils ?
On ne sait pas. On pense que quelqu’un les a trouvés dans la rue, emballés dans un sac en plastique, s’en est emparé, puis a disparu sans laisser sa carte de visite.
On ne dira jamais assez, comme le public est malhonnête. Place Sainte-Véronique, on le jure, un socialiste n’est pas capable de ça !
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1. Les conquérants de José Maria de Heredia (sonnet) – Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines, De Palos, de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal. Ils allaient conquérir le fabuleux métal… (etc)

27 mai 2020

Les cent mille !

Et si ce gouvernement cessait de jouer au plus fin, et le suivant, et celui encore après ?
Et si au lieu de vagir de plaisir dès qu’un enfoiré brame sa ritournelle au culte de l’Américain moyen ou de hoqueter de désir à la nouvelle écologie commerce-avion-cargo dans l’espace mondial aérien, on retombait les pieds dans le concret ?
Le concret, c’est la Covid (féminin d’après l’Académie ?).
L’incurie des partis au pouvoir et les renforts des partis qui les soutiennent de l’extérieur, une fois démontrée qu’ils sont solidaires tous sur le même bateau, qu’est-ce qu’on fait ? De manière définitive abandonnons l’espoir de punir judiciairement ces mauvais administrateurs ? Ce sont eux qui font les lois, non ? Vous ne pensez tout de même pas qu’ils vont eux-mêmes écrire un machin pour aller en prison ?
Si nous revenions à ces pauvres gens victimes de leur incurie ?
De nombreuses personnes n’auront plus le choix entre sombrer dans la misère ou en venir à des impayés systématiques ! Ceux qui ont des enfants, en tous cas moi je n’hésiterais pas, entre payer des loyers, l’électricité, le gaz et jusqu’à l’amende de retard dans la présentation de son véhicule à l’Auro-Sécurité, je n’hésite pas, je nourris d’abord mes enfants.
S’il y en a dix par Région qui suit ce raisonnement, Wilmès et les autres seront impitoyables, ils seront jetés à la rue et montrés du doigt. Mieux, un juge des enfants saisira l’occasion pour casser complètement ces gens en leur retirant la garde de leurs mômes.
Oui, madame, c’est ça l’Etat de droit en Belgique.
Oui, mais s’il y en a mille ? Là on regardera à deux fois. On enverra des experts, M’ame Delvaux fera un bel édito. Wilmès ira de sa petite émotion « Je suis mère, je sais ce que c’est… ». On leur fermera la gueule de ces pauvres gens avec des clopinettes, des bribes d’espoir.
Oui, mais s’il y en a dix mille ?
Là, Wilmès on ne l’entend plus. Les impayés font tâche d’huile, se répercute d’abord chez les marchands de sommeil, ces derniers peuvent crever ce n’est pas grave, où ça commence à faire mal, c’est chez le petit propriétaire qui comptait sur ça pour améliorer son frichti. On entre dans la chaîne des subprimes de 2008/9 dans les gros machins, les banques, les distributeurs… Vous voyez les vendeurs du câble obligés de couper Internet ?

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Et ce scénario est possible. Pour le moment il est discret, mais on y va !
Un ménage qui vivait à la marge de la pauvreté ne le criait pas sur tous les toits. Quand on est forcé de sortir de chez soi comme le loup du bois, parce qu’on a faim, « hein, m’ame Wilmès », c’est pas à une réunion du MR qu’on pose la devinette.
Une petite satisfaction quand même : si Covid est en train de casser du pauvre, il va aussi sûrement casser du riche. On s’en fout du riche, on peut lui faire confiance, il en a derrière le comptoir ; mais où il va sortir son canon superposé pour la chasse aux gros, le riche, c’est quand il s’apercevra qu’il n’a plus son rendement de sueur d’esclaves. Là, ça va saigner !
Il y a trop de casse sociale. Nous ne retournerons pas à la normale. Ne croyez surtout pas Delwit, Sinardet, Ducarme et le beau ténébreux Bouchez. Le modèle est foutu.
Il leur reste du foutage de gueule. Faut leur reconnaître, ils y sont d’une certaine force.
Nollet, on ne l’entend plus, le couple de beaux merles Reynders-Michel en fuite laisse entendre que ça réfléchit, à quoi, on n’en sait rien. L’autre couple de l’année Di Rupo-Borsus, est dans l’annuaire, c’est tout ce qu’on sait. Les Flamands ont une solution, conduire les pauvres sur l’Yser et ouvrir les vannes, comme en 14 !
Alors, toujours rien pas d’idée ?
Et s’il y en a cent mille ?
Si Wilmès ne descend pas gazé les récalcitrants dans la rue, les riches mettront sur pied leur milice privée, ceintureront leurs espaces de barbelés, construiront des bunkers dans leurs bois.
Vous savez comme ça va : des malintentionnés vont chercher à savoir quelle est la puissance la plus despotique : est-ce le pouvoir politique ou le pouvoir bancaire ?
Tout compte fait, ce n’est pas l’État – il ne garde pas tous ses prélèvements, après s’être servi pour huiler le patrimoine des représentants du peuple… il restitue en prestations collectives ce qu’il reste. L’actionnaire, le voyou naturel, qu’on ne voit jamais, mais qui, comme le perce-oreille se cache sous les pierres, c’est quand même lui le chef d’un système qui conserve le quasi produit de ses spéculations.
Et s’il y en avait deux cent mille ?

26 mai 2020

Juillet 43 (1)

On attribue l’effondrement de l’URSS au succès de économie libérale ! Les soviets enterrés, on aurait pu imaginer une aide des pays riches pour remettre à flot une économie malmenée par soixante années de régimes autoritaires. Les Russes ne sont-ils pas en grande partie des européens ?
C’était sans compter sur l’égoïsme, base du libéralisme.
Boris Eltsine, jovial ivrogne, était tout disposé à ouvrir un compte dans tous les marchés. Mais l’Europe ne le voulait pas, toujours comme cul et chemise avec son grand tuteur américain. La guerre froide avait été un moteur fabricant de la croissance à gogo. Il était nécessaire qu’elle se poursuive. Et c’est ainsi que l’on vit les responsables libéraux saboter tant et plus toute possibilité de rapprochement avec la Russie, qui comprit très vite que le libéralisme à l’américaine l’exclurait sans ménagement.
Retour au pays, Soljenitsyne découvre une Russie par terre. L’orthodoxie du pur marché libre, avait saccagé tout le social de la période communiste, en peu de temps.
L’écrivain avait vécu les grandes famines, les marches de la faim, les séjours en Sibérie des mécontents ; il observa l’appauvrissement brutal de l’ex-Union soviétique à qui personne n’avait envie de faire de cadeau. Un effondrement du produit intérieur brut de près de 50 % entre 1992 et 1998, plus importante que pendant la Seconde Guerre mondiale. La Russie en ralliant l’économie occidentale, avait perdu sa capacité de production.
On écarte l’ère de Staline, ses aberrations et ses crimes, pour revenir aux premiers dirigeants bolcheviques. Ils avaient dû affronter une opposition au moins aussi impitoyable que la férocité qu’ils opposèrent pour survivre. Lénine revendiquait la filiation de la révolution avec la Commune de Paris, anéantie par une bourgeoisie qui ne se montre féroce que lorsqu’elle sent le vent du boulet.
Toute la propagande occidentale a joué à plein lors des années des Trente Glorieuses. Une prospérité jamais vue jusque là faisait illusion en Europe occidentale. La propagande anti- soviétique s’adressait plus à nous, pour nous convaincre d’être de farouches libéraux, qu’elle ne s’adressait au peuple russe.

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Ce que les bourgeois ont occulté, remonte à la surface pour écrire l’histoire de cette époque. L’URSS avait réalisé deux objectifs essentiels : le rattrapage du niveau industriel de l’Occident et la création d’un État puissant, reconnu comme tel dans le monde entier.
Le résultat avait été impressionnant. La Russie des tsars était un pays largement analphabète, arriéré et primitif. La révolution fut un saut vers l’inconnu dans les pires circonstances. Sans aucune certitude que cela marcherait, les communistes s’engagèrent dans une politique de l’enseignement de masse, au milieu d’une guerre civile et encerclé par un cordon sanitaire d’États hostiles.
Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est le seul et abominable péché d’essayer une économie socialiste qui déclencha les passions et les haines de tout l’Occident. Ni l’apartheid, ni le fascisme, ni les régimes autoritaires n’ont incommodé les démocraties. Y compris au pire des moments pour l’humanité : Si bien qu’aujourd’hui, il reste à la troisième génération après la guerre froide des automatismes de haine appris dès l’école primaire.
S’il avait fallu choisir entre le fascisme et le bolchevisme, compte tenu des forces en présence, Staline ou son successeur aurait mis un genou en terre et aurait été renversé par une subversion équipée et payée par les Américains.
Hitler aurait fait des petits et l’Allemagne en serait à son quatrième ou cinquième Reich. Aussi grandes gueules soient-ils, les pointus flamingants seraient aujourd’hui des bons sujets d’Adolphe et parleraient l’allemand.
Le « monde libre » a eu tort de célébrer la fin de la bête soviétique. L’URSS nous a sauvé la mise deux fois : en écrasant la majorité des troupes nazies sur le front de l’Est et en contraignant la Waffen SS à réfréner son appétit sur la France et la Belgique. .
L’opinion occidentale en est venue à se convaincre que les États-Unis avaient joué un rôle plus important dans l’issue du conflit. Les fakes ne cessent d’enfler à mesure que s’éclaircissent les rangs des rescapés. L’économiste américain James Galbraith a dû provoquer quelque stupeur quand il a signalé que « la puissance militaire et industrielle soviétique, construite presque à partir de rien en deux décennies, avait fourni près des neuf dixièmes de l’acier et des hommes qui ont permis de vaincre l’Allemagne nazie.
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1. L’« Opération Zitadelle » (Citadelle en allemand), ou bataille de Koursk, fut une bataille décisive de la Seconde Guerre mondiale. Elle reste dans les mémoires comme le plus grand affrontement de blindés de l’histoire des guerres. Bien qu’à l’origine prévue comme une offensive allemande, la défense soviétique et le succès de la contre-offensive qui s’ensuivit l’ont transformée en une victoire russe. Les Russes ces jours-là ont été les héros qui nous ont permis de rester libres. Et dire qu’ils sont toujours exclus des commémorations de la guerre 40-45 en UE !

25 mai 2020

Un esprit libre.

Paul Nizan écrivait en 1931 « La bourgeoisie travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il lui est nécessaire de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui. »
Paul Nizan (1905-1940). La date de la mort dit tout. Elle se confond avec les anonymes qui ont contenu les Allemands tant qu’ils on pu devant Dunkerque.
Nous sommes quatre-vingts ans plus tard, l’année des masques.
Plus personne ne s’intéresse à Nizan si ce n’est une poignée de lecteurs qui lui sont restés fidèles. Déjà, à la sortie de la guerre, ceux qui l’avaient connu au PCF dont il était devenu permanent, puis s’en était démis, l’avaient suspecté de trahison. Il avait osé dénoncer en 39, le pacte germano-soviétique et tourné le dos au Stalinisme.
Je viens de relire « Aden d’Arabie » écrit en 1931. L’incipit nous dit quelque chose « J’avais vingt ans et je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ».
Cette affirmation péremptoire, n’est-elle pas plus que jamais celle de notre jeunesse ? Qui dirait « J’avais 20 ans en 2020, et c’était pas drôle ! » pourrait-on le lui reprocher ?
La question se pose « aimons-nous vraiment nos enfants, quand nous leur laissons un univers souillé, artificiel, malade ? » Tout était déjà en germe en l’entre-deux guerres, quand l’Europe se tournait vers l’Amérique productiviste pour en faire un modèle de société, alors que Franklin Delano Roosevelt ne cachait pas une certaine admiration pour l’Allemagne nazie, jusqu’aux événements de Peal Harbor ?
Voici à peine trois mois, les événements s’exposent deux mêmes par une double fracture qui est celle d’une pandémie prévisible, mais non traitée comme il conviendrait, et une crise économique inhérente au capitalisme promoteur de troubles et d’inégalités, grippant une pénultième fois, le seul moteur qu’il ait : la croissance.
Ce n’est pas le livre de Gide « Retour d’URSS » de 1936, qui fit changer d’avis Paul Nizan, mais l’incroyable hypocrisie du Pacte germano-soviétique, alors que la République espagnole disparaissait sous les bombes allemandes et que les derniers résistants autour de Barcelone étaient fusillés par centaine.

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Au nom d’une politique du déshonneur, Staline embarrassait tous les PC d’Europe. Le pacte Signé le 23 août 1939 à Moscou, par les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et soviétique, Viatcheslav Molotov, mettait fin à l’illusion de milliers de communistes. Peu après, Maurice Thorez fuyait en URSS pour se mettre sous la protection de Staline, ne revenant en France qu’en 45.
Nizan incarna pendant près d’un an la rébellion d’un idéal venu de l’adolescence.
Helléniste, un peu dandy, ennemi des "3 B" idéalistes de l'entre deux-guerres (Blondel, Bergson, Brunschvicg), il s'initie à un marxisme sommaire qui lui sert de corset mental, mais tout en gardant sa liberté de penser indépendante.
Nizan sera tué au combat au début de la guerre, mais le Parti se souciera surtout de le faire mourir après sa mort, en le calomniant lors de ce qu'on a pu appeler le premier "procès stalinien par contumace".
On imagine ce que la mémoire de Nizan, en mai 2020, aurait pu conserver de l’homme de principe, si la mort ne l'avait cueilli du côté de Saint-Omer trop tôt.
Pourquoi revenir sur le cas de Nizan ? Il écrivit trois livres, trois romans (1). Il eut pu devenir un auteur à succès, puisqu’il obtint un prix littéraire.
La lettre de démission du P.C.F. envoyée par Paul Nizan à J. Duclos, vice-président de la Chambre des députés, et publiée dans l’Œuvre du 25 septembre 1939, n’est pas un pur et simple effet du pacte germano-soviétique, signé à Moscou un mois auparavant, et de l’entrée des troupes de l’U.R.S.S. dans le territoire de ce qui constituait alors la Pologne orientale. C’est plutôt l’aboutissement d’une expérience beaucoup plus complexe à laquelle les séjours en U.R.S.S. ont fourni des éléments capitaux.
Ayant rompu avec l’appareil stalinien, Nizan n’a pas cessé pourtant d’être communiste.
La hantise de la mort dans son œuvre, dépasse l’angoisse individuelle et exprime une époque dont nous ne sommes pas sortis. Il continue à nous parler, au-delà de sa propre fin.
Cette chronique sur Nizan n’est pas anodine. Son sens s’adresse au militant du PS, autant qu’on puisse encore imaginer qu’il y en ait. Quitter un parti qui n’incarne plus les idéaux de sa jeunesse, c’est montrer qu’on a conservé comme Nizan, un idéal qu’aucun chant des sirènes ne peut troubler.
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1. Aden-Arabie (1932), les Chiens de garde (1932), Antoine Bloyé (1933).

24 mai 2020

Un mauvais citoyen.

Je pose la question à titre personnel : pourquoi ai-je aussi peu de goût pour la société que l’on me propose ?... à un tel point que du peu de goût au dégoût, il n’y a qu’un pas et du dégoût à la haine un autre ! Et que ces deux pas, je les ai faits depuis longtemps !...
Les gens qui s’agitent sur les estrades, parlent haut, parlent fort, « pour traduire en actes nos convictions », cela au nom d’une majorité sacrée, qu’ils nous enjoignent à respecter, je n'y crois plus !...
Quelque chose en moi me glace les sangs à ces propos, qui me chuchotent : mensonge !
Pas pour nous que Di Rupo se tortille le bigoudi, que transpirent Ducarme, se mouille la chatte de Marghem, se gonfle De Block au smegma, ou alors, ils sont mirauds, se trompent de genre, sont des « queer » !
Merde quoi !...ça sent l’arnaque.
De mémoire d’électeur, je n’ai jamais voté pour ces gens. Des différents milieux que j’ai fréquenté, m’est venu à l’oreille le même air de révolte. Quoi que l’on pense, je n’ai pas connu que des gens exploités et qui devaient marcher l’échine basse tout au long de la semaine pour avoir droit au repos du dimanche, sans être montré du doigt. Non ! J’ai été surpris d’entendre parmi les gens les plus instruits, dans une société des plus aisées, des critiques d’une rare violence. Des travailleurs de haut vol aux oisifs, rentiers par conviction et artistes pour « s’occuper », me sont venus les plus fortes raisons de mépriser ce système, de la bouche même de ceux qu’il privilégie et par le spectacle de leur vie insolente.
J’en ai conclu que ces gens d’estrade et de battage péchaient contre l’intelligence en se donnant le droit, en notre nom, de poursuivre la construction d’un système criminel qui ne peut conduire qu’à un véritable génocide.
Est-on sûr que la majorité qui les conforte dans leur course à la mort est réelle ? L’électeur n’est-il pas victime d’une illusion, celle de l’aplomb d’un ministre qui pose à l’esprit supérieur ?... le reste sombrant dans des méandres dont les bourgeois s’occupent !
Qui pense qu’une démocratie est une majorité et une opposition avec des programmes opposés, qui gouvernent alternativement ?

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Il y a bien effectivement une majorité et une opposition, mais les différences sont infimes. Par exemple, entre Bouchez, De Wever et Magnette, un consensus profond sur la nature du système, les inégalités sociales, les Alliances et les traités, avec ou sans l’Europe, les lient. Si bien que la direction de l’État par l’un, plutôt que les deux autres, ne déterminera aucun changement dans la conduite du pays.
En réalité, cette démocratie est une mascarade. La volonté populaire y est inopérante, les élections n’ont pas de signification.
Ce système est usé jusqu’à la corde. Ses graves défauts, exposés lors de la pandémie de Covid-19 et en d’autres circonstances, me le font haïr.
Par exemple, la structure même de l’État belge !
Vit-on jamais pareille construction, délirante machine dotée de tant de pouvoirs surmultipliés, qu’en réalité nous vivons sur des territoires parcellisés que se disputent les satrapes locaux, et régionaux avant de lutter âprement contre un imaginaire Carolus Imperator, plutôt Chilpéric, roi fainéant !
Le citoyen devient un légume en boîte, conservé quelques années et ingéré juste avant la péremption.
Plus personne ne croit à ce truc, même pas les dirigeants ! S’il leur reste un soupçon d’intelligence, ils s’apercevront qu’ils ont à peu près l’autorité du gérant d’un grand magasin. Ce dernier trône superbe au milieu de centaines de personnes sur lesquelles il a le droit de donner ou de retirer le pain de la bouche. En réalité, il n’est pas le patron. Il peut se faire virer, lui aussi, comme un malpropre. Ces patrons, il ne les connaît pas. S’il s’intéresse aux flux boursier, il sait seulement que le vrai pouvoir n’est pas le sien, mais dans les mains d’un gestionnaire d’une vieille dame qui vit quelque part sur une île dans les caraïbes ou d’un banquier qui a son quartier général à Tel-Aviv.
Et c’est ça qu’on me dit d’aimer, sous peine d’être un mauvais citoyen !
Eh bien oui, je suis un mauvais citoyen. Et alors ?

23 mai 2020

Cinquante-sept ans plus tard !

Certains jours, je me rends compte de la folie de cette entreprise. Quoi ! une chronique personnelle par jour, inspirée par l’actualité, sans être piquée du mur d’un autre !
Voilà dix-sept ans que ça dure, d’abord sur un blog (Juin 2003), puis sur FB !
Séchant sur le coronavirus, je tombe sur un article de Daar-Daar, résumé de la presse flamande traduite du Vondel en français. Pour qui ne maîtrise pas bien la langue, c’est une aubaine. Sur la page en évidence, le visage congestionné de Klaas Slootmans, un trouduc du Vlaams Belang, apparaît pour jeter à la cantonade « La seule langue qui mettra fin au mépris francophone, c’est celle du pouvoir ».
C’est tout le chic de vivre dans un autre bain que celui de Covid-19 à base de Gel-Hydro alcoolique. Respirer une autre haine, se retrouver dans d’autres fantasmes, ce serait presque se rafraîchir d’un courant d’air, nidoreux certes, mais revitalisant.
Et que balbutie un pointu « imprimi potest, nihil obstat, et imprimatur » de Filip Dewinter ?
Le sujet est mince. Là encore c’est reposant d’être dans le seul pays au monde où « rien » prend de l’importance.
Et ce rien fait tout le succès politique énorme de la N-VA et du Vlaams Belang !
Plongeons-nous dans une histoire qui laisse la « jas » de Xi Jinping au vestiaire du Shangaï. « Il y a peu, une annonce a été publiée dans le magazine d’informations bilingue de Drogenbos (une des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise). afin d’appeler les citoyens francophones à s’enregistrer en ligne pour recevoir leurs documents administratifs en français. Cet appel constituant à l’évidence une violation de la législation linguistique, Klaas Slootmans, député flamand Vlaams Belang, a interpelé le ministre Bart Somers (Open VLD), en charge des Affaires intérieures, afin que celui-ci intervienne. »
Les registres linguistiques sont illégaux dans les communes à facilités !
« Un registre linguistique permettant aux habitants francophones de s’inscrire une seule fois afin de recevoir toutes les communications communales en français va à l’encontre de la circulaire Peeters », explique Slootmans. Cette circulaire, pour rappel, indique que tout habitant francophone d’une commune à facilités a le droit de demander un exemplaire en français d’un document une fois qu’il l’a reçu en néerlandais. Cette demande doit donc se faire pour chaque nouveau document. » !!!!!

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« Je voulais savoir si le ministre Somers se rangeait sans réserve derrière cette circulaire et s’il était prêt à intervenir contre la commune de Drogenbos. Il est illégal d’établir un registre linguistique et de distribuer des magazines d’informations bilingues. Ces pratiques dégradent les communes à facilités pour en faire des communes bilingues, déclare le député VB. Les communes à facilités se situent en territoire flamand, ce qui implique un respect de la loi sur l’utilisation des langues. »
Les facilités, qui étaient vouées à disparaître, furent mises en place pour aider les francophones à s’intégrer. « Après 57 ans de facilités, nous pouvons nous attendre à ce que l’intégration soit accomplie. » Et Slootmans de poser la question : « Comment les facilités vont-elles disparaître si nous n’y mettons pas fin nous-mêmes ? » La loi est claire. Ces communes sont et seront toujours flamandes, malgré les statistiques de Kind en Gezin (l’équivalent flamand de l’ONE) qui indiquent que seulement dix pour cent de leurs consultations dans ces communes se déroulent en néerlandais. Si nous n’y prenons pas garde, la tache allophone continuera de se répandre.
Le gouverneur ayant diligenté l’enquête, l’ami Klaas de répondre « Tant que nous continuerons à raisonner dans un contexte belge, la seule manière de mettre fin au mépris des politiciens francophones et à leur façon de nous regarder de haut, c’est de leur parler la seule langue qu’ils comprennent, celle du pouvoir. »
Les électeurs francophones n’ayant pas réussi à claquer le beignet aux politiciens franchouillards, Slootmans (quelque chose comme « Mon Fossé » en français) va leur filer quelques mandales, à ces dévergondés.
Ha ! Folâtrez, usez vos facéties sur Covid, voilà Slootmans qui s’avance et ça va chier.

22 mai 2020

Ramadan de geôle enjôle !

Un débat concernant la liberté du consentement des femmes dans les rapports sexuels a lieu en ce moment à Paris à la suite (et non la fin) du procès de Tariq Ramadan. Daniel Zagury, expert controversé, a estimé que les principales accusatrices de Tariq Ramadan ont, en partie sous “emprise”, accepté d’avoir des relations intimes avec l’islamologue mais n’ont pas consenti aux actes sexuels d’une “extrême violence” qu’il leur a fait subir.
Ceci concerne toutes les femmes ! Indépendamment d’une relation d’emprise, une femme peut-elle se trouver dans une situation d’être violée au cours de l’acte sexuel ?
C’est un peu comme si ayant agité la muleta devant le taureau soufflant les feux de l’enfer, la partenaire repliait le chiffon rouge comme du linge de maison et regardant ailleurs, s’en allait, alors que l’animal est à mi-chemin. Encore que cette image ne soit pas tout à fait exacte, car si l’on reste dans le domaine de la tauromachie, que fait la matadore, après le choc, si la bête sort des passes du catalogue et délire sauvagement ?
Pour une plaignante, une femme de 37 ans, l’expert note que “si emprise il y a eu, c’est celle de l’état amoureux qui a vite cédé devant le constat de l’écart entre ses attentes et la nature de celles de Monsieur Ramadan”.
C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, il y a un viol moral”, avait expliqué cette femme aux enquêteurs au sujet de ses deux rencontres avec le prédicateur en mars 2016 à Paris.
“C’est une démonstration magistrale, scientifique et implacable qui vient corroborer ce que le dossier dit depuis maintenant deux ans et demi et qui explique les accusations portées par les plaignantes”. “Cette expertise vient caractériser l’emprise instaurée par Tariq Ramadan”, et donc établir “la contrainte” qui constitue la définition pénale du viol, disent les avocats des plaignantes.
Évidemment, sous-jacente est la question d’abus de confiance et excès d’autorité d’un homme recherché pour son savoir et ses aphorismes sur la religion musulmane.
On n’est pas à la foire d’octobre où un bonimenteur déguisé en rajah soumet « une esclave à sa volonté » sur les tréteaux de la parade, mais dans l’espace d’un savant et parlant doctement à une jeune femme imprégnée, malgré elle, de la pensée profonde… d’un dragueur.

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Pour retenir la qualification de viol, punie jusqu’à 15 ans de réclusion criminelle voire 20 ans en cas de circonstances aggravantes, les juges doivent démontrer que les pénétrations sexuelles ont été imposées “par violence, contrainte, menace ou surprise”, selon le code pénal.
Bien entendu, avoir affaire à un docte de la foi musulmane est de nature à influencer la justice dans le sens de la sévérité.
Tariq Ramadan a sauté sur l’occasion d’accuser les juges d’emprise politique. Devant les faits, l’accusé plaide désormais des “relations de domination”, rudes mais consenties.
Il est vrai que le coran n’y va pas de main morte dans les punitions réservées aux femmes adultères. Un esprit pervers adapte facilement cette rigueur aux jeunes femmes venant consulter. L’oracle distribue ensuite les punitions pour faire plaisir à Allah.
Honnêtes, les magistrats instructeurs écrivent dans leur conclusion que le traitement n’est pas impartial et que la justice française ne s’applique pas de la même façon selon la religion, l’idéologie et les idées des prévenus.
Il y a évidemment perversion quand la partenaire n’est pas d’accord d’aller aussi loin dans l’acte amoureux que le souhaiterait Tariq Ramadan.
Cette affaire occultée par le Covid-19, on devrait en débatte comme un fait social et politique. D’en parler devrait aider à mettre les sexes à égalité dans l’alcôve, un endroit non encore exploré par la justice. Le phénomène d’emprise n’est pas défini dans le code pénal. L’institution judiciaire a parfois du mal à traiter la psychologie et la psychiatrie. Les ambivalences dans les relations entre Ramadan et ses accusatrices sont de nature à provoquer un déballage du genre #Me Too.
Un dépôt de plaintes pour des voies de fait lors d’un acte sexuel consenti, n’est-ce pas la boîte de Pandore ouverte à tous les abus judiciaires, laissant libre cours au ressentiment et à la vindicte dans des divorces ou des séparations de corps ?
Selon Mediapart, le rapport de l’expert est suspect. Daniel Zagury est membre d’une sorte de Centre « culturel », Schibboleth, qui a des bureaux à Paris et à Tel-Aviv.
L’affaire Tariq Ramadan pourrait révéler à quel point la justice française n’est pas fiable ! Même si l’accusé est un hypocrite et un débauché, quelle est la barrière entre délits et perversions ? Ramadan, n’est-il qu’un individu méprisable pour lequel on n’a que mépris ou un dangereux agresseur sexuel capable de tout, guidé par un caractère dominant et pervers ? Qu’est-ce que la cause des femmes a à gagner dans ce procès ? Ce serait intéressant d’avoir un débat sur la condition de la femme, dans son rapport de soumission aux mâles lorsqu’ils sont dominants.

21 mai 2020

Les patrons de l’usine à gaz.

En France, les Autorités ont eu les chocottes. Le prolongement d’état d’urgence sanitaire est tellement attentatoire aux libertés que, devant les plaintes, le Sénat prit de peur, s’est permis, par réflexe corporatiste, d’édicter un amendement exonérant de responsabilité pénale les décideurs qui exposeraient autrui à un risque de contamination par le coronavirus SARS-CoV-2, sauf à démontrer l’intention de l’auteur, son imprudence ou sa négligence dans l’exercice des pouvoirs.
En Belgique, l'article 101 de la Constitution fait partie du Titre III Des pouvoirs. Les ministres fédéraux sont responsables devant la Chambre des représentants. C’est elle qui décide si l’immunité est conservée ou enlevée au parlementaire déféré devant elle.
Un avocat bruxellois, représentant des proches des victimes de Covid-19 ne souhaite pas attaquer l’Etat mais bien des ministres au civil : Maggie De Block, Philippe De Baker, les ministres de la santé… Le droit civil est un droit privé où il n'y a pas de peine à prononcer contre l'accusé. Autrement dit, sauf à être traduite devant la Chambre des représentants pour sa destitution et une levée de son immunité parlementaire, Maggie est assurée d’une impunité garantie par la loi, même s’il était prouvé que sa gestion désastreuse de la pandémie avait fait quelques milliers de morts de plus, qu’une bonne gouvernance aurait évitée.
Ne tournons pas autour du pot, de tous le fatras pénal, il ressort que ces Messieurs Dames de pouvoir se trouvent à l’abri grâce à une amnistie préalable à tous leurs manquements. C’est une illustration supplémentaire de l’état de non droit dans lequel nous plonge cette drôle de démocratie. Un réflexe corporatiste des élus soude nos six gouvernements. Ce qui est perceptible vu de la rue, n’est rien d’autre qu’une législation particulière dédiée aux « cadres » de la Nation.
A ce triste tableau de la justice dans son dévoiement de l’ordre juridique interne, s’ajoute la soumission aux instances internationales et mondialistes.
Le parlementarisme représentatif en Belgique n’est pas en mesure de mettre en œuvre un système démocratique ! On reste pétri de désespérance outragée de l’appareil politique belge, véritable usine à gaz dans les prises de décision, maillage du territoire et dispute des compétences. Quand on pense que ces combinaisons de pouvoir ont été imaginées à partir des années soixante dans la seule intention de casser le mouvement flamand qui avait résolu de se défaire de l’État belge !
Le comble, c’est que le citoyen se sent perdu dans cette organisation démentielle et loin de se voir associé aux prises de décision, s’en trouve complètement largué. Au genre du parlement de type britannique, qui s’est répandu dans les caractères de beaucoup de démocratie ressemblant à la nôtre, nous avons introduit des labyrinthes de nombreuses procédures linguistiques et administratives d’un gouvernement à l’autre, ce qui a multiplié les possibilités de corruption.

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Cette usine à gaz est inamendable. Nul ne peut y toucher dans le sens de la simplification sous peine de la voir s’effondrer ; par contre, tous les ajouts sont bienvenus, doublons d’emplois administratifs, multiplication d’élus indemnisés, multiplication des bureaux de simplification administrative (sic), qui ne sont en réalité que des passerelles à péage.
Croyant bien faire les unitaristes, en général des libéraux pro-européens, pro-américains, ont créé cette machinerie après trente ou quarante ans de palabres entre communautés. Aujourd’hui, enlever un bâtonnet du Mikado ferait disparaître l’État belge.
Si bien que tel qu’il est, le système perdure comme l’ont voulu ses promoteurs irresponsables.
Nous sommes très mal préparés pour de futures alertes sanitaires dans ces conditions. Étant donné que le virus continue de circuler et qu’il y aura d’autres virus aux prochains automnes et hivers : soit des mutations de l’actuel coronavirus, soit des nouveaux virus respiratoires, essentiellement différents mais tout aussi dangereux, avec la duplication des De Block, Bacquelaine, Margen et autres Ducarme, nous allons vers des désastres inédits.
« Dans le contexte d’hystérisation et de pénurie sanitaire actuel, s’il demeure une incertitude sur la forme future des virus qui circuleront, il n’y en a malheureusement aucune, sur la pérennité de l’enfermement collectif. Il est clair que le déconfinement réel et sans condition ne verra pas le jour avant de nombreuses semaines pour ne pas dire de nombreux mois ou de nombreuses années. » (Valérie Bugault)
Le confinement, partiel ou total, aura des retentissements énormes sur les économies des différents pays du monde, surtout sur les plus endettés d’entre eux, dont la Belgique fait partie, à cause, entre autres, de sa dispendieuse machinerie, et surtout de l’incurie de ses dirigeants dans la certitude de leur impunité.

20 mai 2020

The bad smells of Europe *

L’Union Européenne nous a vendu une image d’un certain libéralisme, pour faire de nous de bons domestiques à la manière des Américains. En ce sens, le MR et le PS sont les syndicats des gens de maison du système of the most country model of all time.
Un seul regret, nous ne parlons pas encore l’américain ! Nous restons à une façon très londonienne à la cockney de traîner dans l’accent, de balbutier notre connerie comme Lester du journal de Tintin. Et encore, c’est une infime minorité de citoyens, surtout wallons qui mâchouillent l’english. Le gros du contingent aurait plutôt tendance à tutoyer tout le monde en français de Steenokkerzeel en ignorant le conditionnel, comme Maggie De Block, la Thatcher de l’Amicale des Ambulanciers Libéraux (AAL) qu’elle voudrait installer avant son départ définitif.
L’Europe institutionnelle est un produit purement made in USA, puissance dominante depuis la seconde Guerre mondiale. C’est même dans cette américanisation révélée dans toute son horreur que nos American way of life ont raté la prévention du coronavirus. La population en sidération prolongée s’est aperçue que l’idéal de Sophie Wilmès était Donald Trump.
Les illusions se sont perdues au traité de Maastricht. Pardon de rappeler Michel Onfray, alors que j’aurais voulu hisser haut sur le pavois Valérie Bugault pour sa clairvoyance. C’est à la suite de la disparition de l’URSS, agissant comme un contre-pouvoir aux puissances financières de l’Ouest, que cette monstruosité occidentale est sortie de l’Utérus de Washington, avant de voir le jour à la Commission de Bruxelles.
Jusqu’à la chute du géant russe, le Politburo et la finance américaine étaient d’accord pour asservir les anciens empires européens. La chute de l’un fit le bonheur de l’autre.
L’Empire « pour toujours » américain s’effrite. Le nouvel empereur de Chine, Xi Jinping, l’a remis en question. Les forces intérieures, globalistes et patriotes US, se font la bourre. « La construction européenne artificielle, fruit d’un attelage qui se dissocie, va immanquablement subir des tiraillements destructeurs entre les forces globalistes et patriotes » (Valérie Bugault).
Une des fissures visibles de l’édifice européen est devant nous, les dirigeants allemands se rebiffent et répugnent à financer de leur épargne, les énormes déficits des pays européens suite aux deux crises jumelées, l’économique et la pandémique. Les 500 milliards décidé par le couple Merkel-Macron pour venir au secours de l’économie moribonde de l’UE ne sont rien à côté des 3.000 milliards de Trump pour arroser les entreprises des Etats fédérés.
À l’UE, les niveaux d’endettement atteignent des sommets, L’Everest infranchissable est en vue ! Il est possible que l’euro ne survive pas au Covid. La chute de la monnaie pourrait emporter la chute de la construction politique artificielle.
Les forces globalistes, notamment la France et la Belgique feront tout pour garder la construction européenne dans sa formule pro-américaine.

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Wilmès comme Macron disposent de la force publique, une police bien armée, secondée par des mercenaires, sortes de milices privées, définies en gardiennage, agent de sécurité, etc. Son efficacité en même temps que sa brutalité s’est révélée payante lors de la crise des Gilets Jaunes. C’est dire si les institutions européennes inspirées du modèle américain n’ont pas dit leur dernier mot.
Indépendamment du match au-dessus du peuple, qu’il n’est pas de notre pouvoir d’arbitrer, la crise sanitaire a révélé le collapsus de la légitimité politique et de caducité de nos institutions. Trop d’intermédiaires entre la tête du pouvoir et le peuple détraquent le contrôle démocratique. Avec six gouvernements, les Belges sont bien en peine d’avoir prise sur l’un quelconque commandement, à la fois dilué dans et solidaire des autres. L’État de droit n’existe plus de facto.
L’état d’urgence sanitaire, que Valérie Bugault qualifie de véritable OVNI juridique, ne respecte pas le cadre constitutionnel, puisque le Parlement ne se réunit plus dans les règles établies, ce qui, dès lors, le met dans l’illégalité.
Enfin, Sophie Wilmès n’a pas vraiment d’indicateur qui lui permet de savoir ce qui entre dans ses attributions ou n’y entre pas, puisqu’elle navigue dans l’arbitraire et le non écrit. Elle s’est promenée à Kinshasa, distribuant des promesses et signant des accords locaux de coopération, comme si elle était portée par la légitimité d’un parlement en exercice. Pour elle et ses ministres, la Constitution est considérée comme une ressource juridique optionnelle. Nous nous trouvons donc collectivement plongés dans un État de non-droit. Des ministres comme Merghem, De Block et Bacquelaine sont dépourvus de garantie, tout le monde les sachant fanatisés par le modèle américain.
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* Les mauvaises odeurs de l’Europe.

19 mai 2020

Un pays gonflé et gonflant.

La mauvaise conscience des Allemands et aussi ce qui est plus curieux des Alliés, à l’égard des Juifs qui sont morts dans les bagnes nazis, a abouti après la guerre, à une bien étrange conclusion. Il a été proposé au peuple juif errant de par le monde, une terre peuplée d’une population qui ne demandait rien et surtout pas d’être expulsée de ses propres maisons, pour accueillir ces nouveaux et étranges propriétaires.
Ainsi est né l’État d’Israël qui n’a cessé depuis de faire parler de lui.
Ce cadeau des Anglais aussitôt approuvé par le monde occidental, était le résultat d’une culpabilité profonde à l’égard des victimes du plus grand génocide des temps modernes. Il aurait dû entrer dan l’histoire, comme un fait historique du passé plus de 75 années après la tragédie et devenir un moment honteux de l’histoire des peuples, comme il y en eut du moyen-âge à nos jours, sans plus.
Mais il n’en fut pas ainsi et depuis l’accession à des terres qui représentent un symbole pour le peuple juif, ces victimes du nazisme se sont arrangées pour faire des victimes à leur tour : le peuple exproprié et ceux des alentours qui craignent l’expansion d’Israël, de par sa politique des colonies.
Assez curieusement, loin de stigmatiser cet expansionnisme, les dirigeants libéraux d’Europe et d’Amérique du Nord témoignent d’une vive sympathie à l’égard de Tel-Aviv, a contrario des citoyens européens et américains qui dans l’ensemble s’inquiètent à juste titre de la politique d’annexion d’Israël qui est à la base du chaos au Moyen-Orient et des guerres, depuis celle des Six-Jours (lundi 5 au samedi 10 juin 1967).

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Les démocraties libérales musellent pratiquement les protestataires de l’expansionnisme de l'État juif, en laissant supposer que dans toute protestation il y aurait sous-roche un relent d’antisionisme répréhensible. Des lois faites en grande partie, non pas pour sanctionner le racisme, mais pour éviter toute critique à ce pays belliqueux, ont toutes un point commun : restreindre le droit à la liberté d’expression d’une gauche qui juge scandaleuse la politique de Benjamin Netanyahu.
Ce l’est à tel point, à chaque fois que l’on éprouve de la sympathie pour le peuple palestinien, grande victime des conquêtes d’Israël, une crainte saisi l’honnête citoyen de dire le fond de sa pensée. Et si elle tombait sous le coup de la loi ? Si un écart de langage, un terme inapproprié étaient à la base d’ennuis judiciaires ?
Cet écueil possible est évidemment la raison d’une retenue générale.
Voilà pourquoi, Benjamin Netanyahu devant le Parlement israélien lors du vote de confiance sur le gouvernement d’union avec Benny Gantz, s’est permis de s’écrier « Il est temps” d’annexer des pans de la Cisjordanie occupée », suscitant la chaude approbation de Donald Trump, appuyés des discrets demi-sourire de l’Union Européenne.
Cette déclaration est un véritable scandale, une mèche allumée à un baril de poudre et qu’on s’étonne, malgré le coronavirus qui incite à se regarder le nombril, pourquoi l’opinion des pacifistes n’est pas retransmise dans les parlements et les journaux ?
La suite de ce discours inaugural est du même tonneau “Voici la vérité: ces territoires sont là où le peuple juif est né et s’est développé. Il est temps d’appliquer la loi israélienne et d’écrire un nouveau chapitre glorieux dans l’histoire du sionisme”.
Voilà une étrange dialectique qui ferait par exemple que les Turcs laissassent la Turquie aux Byzantins, la Gaule aux Allobroges, Arvernes et autres Parisii et, enfin, l’Amérique aux Sioux et aux Comanches.
Si c’est Israël qui le dit, alors…
L’accord de partage du pouvoir entre Benjamin Netanyahu et Benny Gantz prévoit l’annonce, d’une stratégie pour appliquer le projet américain de résolution du conflit israélo-palestinien. Rejeté par les Palestiniens, ce plan prévoit notamment l’annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des colonies israéliennes en Cisjordanie.
Israël peut remercier une nouvelle fois ses généreux donateurs, la diaspora très active et le système économique mondial qui le protège et le couve comme une mère poule ses poussins.
Certes, l’Europe va protester. Elle le fait depuis cinquante ans et dans tous « procès » que l’ONU et les Droits de l’Homme n’ont cessé de faire et qui glissent sur l’eau du Jourdain comme le dollar dans la poche des milliardaires. Ce qui n’empêchera pas l’UE de poursuivre « ses bonnes relations ».
On a la nausée de ce cirque entre coquins.

18 mai 2020

Une Flandre incertaine…

Il ne faut plus rien espérer des bonimenteurs radios-télés pour s’informer. La géopolitique racrapotée autour du corona, on ne sait plus rien du monde, sinon compter les victimes, ci et là, de la pandémie.
Ce dimanche, RTL s’est mise à l’heure Clarinval. Il a la tête rassurante de l’idiot de bonne famille, premier de classe vierge à 35 ans, même si c’est un petit requin bien libéral et jouisseur, le Rosier de Madame Husson belge est déterminé à recueillir les héritages en indemnités des Michel, Reynders et autres morutiers de l’allégeance à la bourgeoisie belge.
Deborsu (MR) a calcifié son émission. Vrebos (MR) et la socialiste Désir, ont fait la paire de vase qui agrémente la cheminée. Au centre, hoquette Deborsu, meneur de revue la plume dans le cul.
Ce dimanche aura vu le public de gauche résister aux sirènes du gouverneur de la Banque Centrale, et réclamer le droit de savoir comment va la politique en dehors du corona.
Après tant de serments échangés, sur le « plus jamais ça » de la Flandre et de la Wallonie de la gestion calamiteuse de la pandémie, ils seraient fâcheux de retomber dans les mêmes spéculations libérales.
Plus ministre de la loterie nationale que vice-premier, Clarinval incline à la dépression nerveuse après une minute à le fixer à l’écran. Les Flamands ont-ils la même perception de la Belgique avant Covid ? Les durs à cuire, casqués et bottés depuis 45 et qui attendent du côté d’Anvers un nouvel Anschluss, sont-ils encore perçus comme les sauveurs de la Flandre ?
Dans cette crise inédite, les pointus se dégermaniseraient-ils de l’estuaire de l’Escaut à l’Agneau mystique de Saint-Bavon ?

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Si une redistribution des cartes avait lieu actuellement, Bart De Wever et Filip Dewinter seraient-ils encore les chouchous de l’indépendance de la Flandre ? Le corona ne les a-t-il pas fait rater une occasion historique de gagner le paquet, en entrant dans les flancs de la francophonie mollassonne, après les déboires de Charles ? Avant Covid, ils frisaient les 45/46 % d’électeurs. La fête breughélienne était proche ! Mathilde serrait déjà les liquettes de Philippe dans une malle, pour un départ vers un Varenne wallon.
Depuis deux mois, les ténors du « rugueux parlé » sont calmes. Le registre « on nous ment sur tout » est difficile à tenir, quand on vit de la banque et du commerce, comme les libéraux de toute la Belgique. Le panel dans lequel le roi puise les premiers ministres a la nostalgie du fixe-chaussette et du haut-de-forme.
Les lions des Flandres concurrents se sont enfermés dangereusement dans un créneau qui, en d’autres temps, leur aurait ouvert un boulevard sur l’hégémonie à Bruxelles et le pays. On se demande si les Flamands ne sont pas en train de prendre conscience à droite qu’il faut d’abord sauver la boutique avant les boutiquiers ? De Wever a beau surenchérir sur ses propres propositions « surtout pas un gouvernement PS-écolo », même les patrons flamands se demandent si c’est bien le moment de faire bande à part des fransquillons ?
Voilà que l’électeur flamand se met à réfléchir. Un dernier sondage révèle que les deux fleurons de la Flandre profonde ne suscitent plus l’attrait décisif qui aurait court-circuité le Royaume aux sept gouvernements !
Autant la Wallonie s’ébroue et pose des questions auxquelles Elio Di Rupo est incapable de répondre avec un gouvernement PS-MR en-dessous de tout pour gérer des questions sociales, autant Jean Jambon reçoit des avertissements des commerçants en liquette qui veulent revenir au bon vieux temps du libéralisme bilingue et à l’ambiance bon-enfant d’une société qui n’était féroce que pour les besogneux.
On voit bien le clivage, il est pareil, mais c’est le nationalisme flamand qui s’essouffle. En période de crise, l’irrationalité des peurs est répandue dans l’opinion. Le sérieux de la N-VA et du Vlaams Belang est mis en doute. Leur rigueur dans le communautaire ne fait plus recette devant la crise et les pertes commerciales.
Une bonne partie des électeurs flamands pensent que nos loustics n’auraient pu faire mieux dans la gestion de la crise sanitaire que… Maggie De Block ! Alors qu’en Wallonie, Maggie est devenue une sorte de punching-ball qui sert de défoulement.
La crise du Covid-19 a ouvert une séquence nouvelle, peut-être pas durable mais novatrice en tout cas du calendrier fédéral. Bien sûr, on ne peut pas indéfiniment conserver un gouvernement sans majorité, sinon donner de mauvaises idées à la gauche molle de Magnette.

17 mai 2020

My ass in a cloud !

C’est fait ! Nous venons de glisser dans un autre monde, the world of surveillance. Cela ficelé et emballé en anglais. Vous vous en doutez, en français, c’était choquant. Dorénavant, tout malade d’un coronavirus est une piste, que nos Broussard (commissaire qui a arrêté Mesrine) se chargeront de remonter.
L’Iner Party (la fête intérieure – Orwell 1984) le PS de monsieur Magnette a décidé d'attribuer le marché de son 'contact tracing' (recherche de contacts) au Groupement Autonome des Mutualités associé à des opérateurs spécialisés. Au total, 570 personnes seront engagées dans ce cadre.
Après la mobilisation des acteurs publics pour pilot phase (la phase pilote - AVIQ, SPW et autres organismes publics), un consortium gèrera, dès le 11 mai, le contact tracking (suivi de contact) en Wallonie, annonce mercredi the regional executive (l'exécutif régional, là c’est moi qui ai transposé en anglais, tant on ne sait plus si regional executive ne serait pas mieux compris de nos volontaires du tracing).
Il faudra s’habituer à l’Information collector (collecteur d’information) qui pourrait venir vous visiter en tenue de scaphandrier à toute heure du jour ou de la nuit et qui sur ordre de big brother vous sommera de dire avec qui vous étiez avant-hier à 17 heures 47, quelle était la nature de vos contacts, baisers, attouchement, Some small intimate touches with or without penetration? Mais, ce sera plus soft (doux) par téléphone, par des dames que l'AViQ laisse à l’appréciation du Groupement Autonome des Mutualités (Solidaris, Mutualité chrétienne, Mutualités libres, Mutualité libérale et Mutualités Neutres) associé aux entreprises Ikanbi et CallExcell, deux opérateurs spécialisés en contact center; à l'entreprise de travail adapté ENTRA, call center (centre d’appel) qui offre des emplois de qualité aux personnes fragilisées par la maladie ou le handicap; et à l'agence d'intérim LEM Intérim.
C’est donc le privé qui va nous surveiller.
On peut faire confiance à Big Brother Elio Di Rupo. Solidaris aura le gros paquet et le rôle de gendarme. La population wallonne fait, paraît-il, confiance au PS, c’est donc sous la surveillance stricte, rigoureuse, impartiale et profondément consciente que la liberté de chacun est le bien le plus précieux (the most precious good) que Solidaris nous assure que les informations seront conservées dans des endroits inaccessibles à tous traceurs pathologiques.
Ce consortium sera chargé d'engager 570 managers for a good follow-up (personnes) qui effectueront, en Zusammenarbeit (il m’a semblé que traduire « collaboration » en allemand semblait plus adéquat) avec les citoyens, le suivi des contacts tant par téléphone que sur le terrain. Pour ce faire, 405 agents de call center et 21 superviseurs de call center ainsi que 135 agents de terrain et 8 superviseurs de terrain seront recrutés dans les prochains jours. Le Forem se pourlèche les babines à l’avance, des incasables vont trouver pitance.

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Les données relatives aux personnes testées positives au Covid-19, ainsi que les personnes avec lesquelles elles sont entrées en contact, seront conservées. (Data relating to persons tested positive for Covid-19, as well as the persons with whom they came into contact, will be retained). Ici j’ai inversé et pris sur moi de traduire en anglais cette chose inouïe qu’est la conservation pour un usage sanitaire généralisé donc public, dans un futur éventuel, le flicage effectué à l’occasion de cette crise pandémique, laissant ainsi à un Adolf du futur une occasion de gagner six mois de tracing des communistes souffrant des bronches.
Où seront-elles entreposées nos petites choses de la vie ?
Big Brother nous renseigne :
Les données seront stockées dans une base de données Sciensano sécurisée et non dans un cloud (nuage), d’où le titre de cette chronique « My ass in a cloud » (Mon cul dans un nuage).
On ne sait pas encore, le ministre De Backer se tâte, si cette manière de procéder sera ou ne sera pas débattue à la Chambre des représentants.
Le dernier paragraphe de cette chronique est exclusivement réservé aux francophones de deuxième Hazinelle dans la classe de Miss Penny Stengerson « Contact tracing involves investigating who a carrier of Covid-19 has been in contact with. If we trace these people quickly, we can inform them that they have been in contact with a carrier of the virus. This way, he/she can pay close attention to personal hygiene and everyone can help to slow down the coronavirus. »
Petit glossaire (glossary) : Call-center = Centre d’appel // Testing = essai // Contact-tracing = Recherche de contacts // Reporting (e health = Rapports e-santé // e-learning = e-apprentissage // Cloud = Nuage //But what is that beautiful ass in the clouds? = Ciel ! on ne voit pas sa paire de clouds, Richard serait Richarde ?

16 mai 2020

La vie a-t-elle un prix ?

Encore une chronique qui traite de philosophie, qui sera lue par très peu de personnes et encore, pas jusqu’au bout.
Les temps sont à l’instinct : prendre le bon et rejeter le mauvais. On voudrait devant soi une vitre invisible pour les autres, afin de marcher sous sa protection pour aller n’importe où impunément. Rien ne nous atteindrait. La vie redeviendrait normale. On jouerait les héros à voler au secours des autres sans risque, comme dans un film.
Il n’y a que les gens bien à l’abri qui peuvent rêver à la vie, à la mort, à la légèreté des êtres, à l’égoïsme légitime et comme Giscard, poser une main sur une fesse de l’intervieweuse, désir suprême de toute la vie… durant quelques secondes.
Les autres n’ont pas le temps. Le combat de leur survivance est quotidien. Il ne s’agit pas d’être stoïque et de s’opposer au mal, il s’agit de mettre bout à bout des petites choses, le loyer à payer, les vingt euros qui manquent pour manger à sa faim, les chaussures qui auraient besoin d’être remplacées. Le reste, la perspective de Covid, la mort par étouffement, dire « oui ça va » à qui vous demande comment vous allez, quand il pense à autre chose, c’est pour après, quand on aura résolu le problème du jour : est-ce que j’atteindrais la nuit pour qu’on me fiche la paix ?
Covid ravive la conscience d’exister et l’effroi de sa propre mort. Nul n’y échappe, il est vrai. Elle arrive quand on y pense le moins. Y penser sans cesse est intolérable. Sinon, c’est une affaire d’oisifs, une vacuité qui s’appelle la philosophie.
Des malins en vivent, Onfray, Comte-Sponville, d’autres améliorent leurs frichtis Canonne, Klein, etc.
Le déconfinement est propice au débat : que vaut la vie ?
Henry Miller considérait la vie comme un bienfait. C’est nous qui la rendons invivable et pas Covid. Covid nous aide surtout à nous y accrocher, parce que nous n’avons qu’elle.
Ce ne sont pas les philosophes qui rendent les débats insupportables, mais les économistes, quand ils nous parlent d'arbitrage entre risque mortel et ravages économiques ou sociaux.
Nous touchons là à l’ignoble d’un système qui assimile la vie à l’argent et jauge les hommes à son aune, comme si la vie n’était qu’un sous-produit, un ersatz bancaire.
Le confinement a un coût. En gelant l'activité économique, le chômage et la précarité se sont accrus. Les économistes s’immiscent dans le débat philosophique, les vies gagnées par le confinement valent-elles les pertes économiques ?

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Les patrons ont délégué leurs experts. Avant de dépenser une partie du produit intérieur brut pour sauver des vies, il faut se demander, disent-ils, si l'on n’en sauverait pas plus en investissant pour des routes plus sûres, ou d'autres mesures sanitaires.
C’est un raisonnement pernicieux. Tout le monde est d’accord qu’en confinant les populations le résultat a été immédiat, l’investissement sur la sécurité routière postpose le sauvetage des vies dans un futur indéterminé.
La philosophie balaie la dispute d’un revers de manche.
Vous êtes sur un chemin de halage quelqu’un se noie à vos pieds, mais vingt mètres plus loin un couple apparemment imprudent éprouve le même besoin d’aide. Il est impensable que vous délaissiez celui qui à trois mètres a besoin de vous pour se préoccuper d’un sauvetage que la distance rend problématique. On pare au plus pressé.
Un certain Hamermesh, américain, traduit la vie en valeur marchande : pour une vie sauvée aux États-Unis, 200 emplois sont perdus, soit 4 millions de dollars de salaire envolés en moyenne, là où la "valeur d'une vie statistique" dans le pays est estimée entre 9 et 10 millions de dollars. Sauver des vies est donc le meilleur choix économique, argumente-t-il, sans compter qu'"une vie est perdue pour toujours", à la différence d'un emploi.
Ce à quoi les néolibéraux répondent que dans les 200 emplois certains seront perdus à jamais, ce qui fait plus que les 4 millions perdus, sans compter les suicides, qui en découlent et qui sont aussi des vies perdues.
C’est le raisonnement fallacieux que rejettent la philosophie et la transcendance. Pour le respect de la condition humaine, il convient de sauver qui est à portée dans l’immédiat. La spéculation est un calcul hasardeux, pour une situation probable, mais non existante.
La valeur de la vie est sans limite. Elle n’est pas dans la statistique. Il faut laisser cette comptabilité aux gens sans scrupules qui nous gouvernent.
Qu’est-ce que la vie, écrit Mirabeau, qui nous privant chaque jour de quelqu’un de nos bonheurs passés ne tient aucun compte des promesses qu’elle nous fait pour l’avenir ?
Mais tout, mon cher Ci-devant, tout ! La vie est précieuse et unique pour chacun d’entre nous. Seuls ceux qui ont l’âme basse lui donnent un prix marchand, départ des inégalités sociales.

15 mai 2020

La lutte des classes.

Socialement, nous avons échoué dans la transformation de la démocratie. D’appellation suspecte, nos grandes voix, comme on disait jadis sur RTL, sabotent le passage à l’appellation contrôlée. Le crabe du système économique ronge la société de l’intérieur.
« Rien n’échoue comme le succès » observait Chesterton pour le plaisir de sa très jeune femme. Morts tous deux en 1936. Ils ne savaient pas si bien dire pour qualifier 2020, annus horribilis. Rendons grâce au Covid, il a fallu qu’il tue des gens pour que l’on s’en aperçoive.
Il aurait pu passer éternellement à côté de nous sans que nous le vissions. En tuant, n’est-il pas un exemple, tant les pauvres éprouvent des difficultés de reconnaissance !
Un tas de petites choses bout à bout forment des grappes de clusters, dans la constellation de nos truismes. À commencer par ce crabe qui, en s’attaquant à cette démocratie contestable, a rendu témoignage de son enfer.
Covid nous remercie de déboiser à tout va des endroits où l’arbre croissait en toute liberté. Notre habitat fait de verre et de béton lui plaît, c’est là qu’il se fortifie. C’est un citadin comme nous, qui déteste la gadoue. Il peut rester patiemment huit jours sur la poignée en chrome d’une porte avant de se reproduire dans les profondeurs d’une gorge. Grâce soit rendue à l’ennemi, Bolsonaro prend peur et ne déboisera peut-être pas toute l’Amazonie.
En poursuivant l’inventaire du succès qui court à l’échec, nous avons remis les clés de cette démocratie bancroche à des délégués qui, nous le croyions, concentreraient toute l’intelligence et la sagesse de l’ensemble de nos clusters.

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Mal nous en a pris ! Grâce à Covid nous savons que nos experts ne valent rien et ceux qu’ils conseillent davantage. Nous ignorions que des gens qui s’occupent mal de leurs propres affaires, ne peuvent pas mieux s’occuper des nôtres.
Car qu’ont-ils fait ces médecins, ces avocats, ces bacheliers d’administration civile, sinon abandonner des professions utiles mais mal payées, pour se lancer dans la politique avec l’espoir de repeindre les volets de leur maison de campagne, de l’argent que nous leur donnons à profusion ? Pas vrai, Reynders ?
Enfin Covid a remis à l’ordre du jour dans son entreprise divulgatrice, « la mauvaise surprise d’une oubliée : la lutte des classes », comme a titré Marcel Gauchet, pour un de ses articles.
Rien que cette résurgence, c’est tout le PS de Di-Rupo et Magnette qui ne cesse d’en prendre. Le faux calcul qui consistait de croire en l’avenir de l’économie de marché pète à la figure des experts. Ils avaient oublié d’intégrer l’absolue inconséquence d’une croissance infinie dans leur calcul. Covid a le même problème, il veut se multiplier à l’infini, ce que notre reste de bons sens voudrait interdire.
On a cru que la liquidation de l’URSS mettait un point final à la lutte des classes. Mais ; même pendant cette liquidation qui voyait triompher comme modèle la vie à l’américaine, des experts du camp vaincu continuèrent de s’opposer au camp vainqueur, au point que pour la Belgique, Messieurs Sinardet et Delwit les météorologues de l’économie, ont intérêt de mettre un cache-col ou mieux un masque sur le nez pour sortir des rédactions où ils pérorent et affronter la rue. Ce sont les vaincus qui avaient raison !
L’année avant que Covid ne surenchérisse, la contestation, avait endossé des gilets jaunes et mis le doigt sur ce qui cloche. Peine perdue ! Il a fallu qu’un petit machin invisible à l’œil nu intervienne pour que le voile se déchire montrant, comme sur un théâtre, la scène coupée en deux. L’œil du spectateur passe du mobilier Louis XVI, côté jardin, au meuble carton d’IKEA, côté cour, avec la surprise de voir côte à côte deux classes sociales distinctes.
L’étonnant reste la cécité inquiétante du PS qui feint toujours de ne rien voir.
Dans le contexte politique, l’état s’est divisé comme Covid pour se multiplier en un tas d’organisations parallèles, parfois même dissidentes, six gouvernements ! Se refondre en un seul, un sigisbée du MR en parle. Revoir la lutte des classes comme un problème majeur, le PTB en rêve. En attendant l’heure peut être sanglante, il maintient le pauvre la tête hors de l’eau. La bourgeoise Belgique trouvera toujours bien dans la poussière d’un tiroir un Bacquelaine pour chier ses excréments par la bouche et nous refuser de vivre mieux.
Covid agit comme une kalachnikov, il a réussi. Nous luttons avec nos porteplumes, nous avons échoué. Depuis mars, nous savons qu’il y a un rapport entre l’infiniment petit et l’infiniment grand et qu’entre les deux, il y a nous et la lutte des classes.

14 mai 2020

Donald réélu malgré tout ?

L’incertitude naît aux USA de la réélection de Trump en novembre, à la suite du désastre économique et de la pandémie !
Mais Donald, avec ses 40 % d’électeurs favorables, n’a pas dit son dernier mot.
Depuis la crise, on assiste à un carrousel de démissions et de nominations à la Maison Blanche. C’est le bon plaisir qui règne à Washington. Le seul qui résiste, c’est Jared Kushner, le gendre du patron, celui qui a le plus de boulettes à son actif..
Au rythme du premier trimestre, le jour du scrutin, on comptera des millions de sans-emploi, des dizaines de milliers d'entreprises en faillite, ainsi que plus de 100.000 morts du Covid.
Les médias progressistes poursuivent la dénonciation du milliardaire newyorkais dans ce qu’il a de plus trouble, ses erreurs, ses frasques, ses manipulations. L’ouvrier blanc pauvre le soutient, jusqu’à quand ? La recommandation de Donald de l'ingestion ou l'injection de produits désinfectants pour traiter le virus n’a pas découragé son électorat.
Les sondages qui donnent Biden gagnant dans les états-clés mettent Trump en rage. Si l'élection présidentielle se tenait aujourd'hui, c'est Biden qui serait le prochain président des USA.
Dans l’élection du second mandat, le président sortant a l’avantage d’être en exercice et de jouir de toutes les ressources attachées à sa fonction.
Les conservateurs ont levé 187 millions de dollars de plus que Biden. Ils peuvent compter sur Poutine, sans l’oser dire, dans son œuvre de sabotage électronique des démocrates. Eux-mêmes disposent des technologies numériques et de cyber-ressources de pointe, que le camp Biden n’a pas.

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Au cas où Biden l’emporterait, le pouvoir judiciaire, gonflé des 200 juges nommés par l’administration républicaine, dont deux à la Cour suprême, pourrait bloquer la machine électorale. En 2000, entre George W. Bush et Al Gore, la Cour suprême est intervenue sur un recomptage des voix en Floride. Elle a tranché en faveur de Bush, le conduisant à la Maison-Blanche.
Dans les bureaux de vote, surtout au dépouillement, des incidents pourraient semer la confusion, les juges nommés par Trump régleraient la question. L’électeur américain n’est pas gâté, le semblant de démocratie y est encore plus branlant qu’en Europe !
En septembre, si les sondages sont toujours contraires, Trump pourrait diligenter sur ses chaînes de télévision à son service des informations arrangées pour que les personnes qui n'ont pas l'intention de voter pour sa réélection ne votent pas du tout.
Par le passé des techniques ont montré leur efficacité, par exemple des machines à voter défectueuses et des files d'attente si longues que les gens retournaient chez eux sans voter.
Le sabotage des votes par correspondance ou anticipés partout où les Démocrates ont l'avantage, l’administration Trump sait y faire. Ce sont des méthodes de voyou, certes, et alors ?
Il y a aussi le classique empêchement du vote des délinquants qui ont purgé une peine de prison, 7% à 8 % des Afro-Américains ne peuvent pas voter; au sein des autres populations, ce chiffre n'est que de 1,8%.Trump sait bien que le vote des Noirs est majoritairement démocrates.
En réalité cette mascarade à l’américaine ne consiste pas à conquérir une base électorale, puisqu'elle est là et qu’elle ne bouge pas. Il s'agit de faire que les sceptiques, les indécis, les gens désinformés et désœuvrés n'aillent pas voter.
À la suite de la mauvaise gestion de Trump de la pandémie, Obama est monté en ligne derrière Jo Biden pour le soutenir, mais aussi pour défendre sa politique de soin gratuit que Trump démantèle peu à peu. Cette politique a accru les risques d’accidents de santé des populations pauvres, surtout noires. Trump s’est déchaîné sur Obama dans ses tweets, d’autant qu’il existait entre les deux présidents une ancienne inimitié, qui remonte à l’acte de naissance d’Obama contesté par Trump.
Non seulement il faut être sponsorisé ou milliardaire pour devenir président des USA, mais il faut aussi savoir truquer les élections le cas échéant. Réussir en arnaquant autrui, c’est le principe même du capitalisme, les Américains y sont toujours sensibles et admiratifs !

13 mai 2020

Le bal des voleurs !

On a envie de dire à nos ministres « Allez, vous vous êtes trompés sur toute la ligne. Le capitalisme n’est pas ce que vous croyez. Il est en train de tuer la planète. Reconnaissez le et il vous sera beaucoup pardonné ».
Mais nous ne le dirons pas, parce que ces gens-là se sont engagés dans l’erreur. Ils ne le reconnaîtront jamais. Au contraire, ils tentent, comme des gens qui se noient, à ce que tout le monde se noient avec eux. Quand nous aurons tort ensemble, il leur semblera avoir raison !
Se suicide, les gens ne le veulent pas. D’où l’incrédulité croissante en une démocratie entièrement pieds et poings liés à la bonne ou mauvaise fortune de l’économie capitaliste.
Et ils ne sont pas les seuls à commettre le crime qu’ils sont en train de perpétrer en Belgique. L’Europe pousse les 27 à la même combine, hantée par les mêmes démons.
Inutile de se lancer dans la dénonciation des faits. Ils se sont multipliés au cours des trois mois de pandémie. Nous ne retiendrons que l’odyssée des masques. Toute autre société aurait mieux fait que la société néolibérale. Il est inutile de retourner le couteau dans la plaie.
Est-il besoin de percer à jour le fonctionnement du capitalisme ?
Martin Luther King avait une belle formule pour stigmatiser le système en dénonçant, un monstre froid « le socialisme pour les riches et la libre entreprise pour les pauvres ».

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La Belgique, dans cette construction d’une société inégalitaire avec le soutien bienveillant de l’Union Européenne, a construit un marché de dettes publiques. Les opérateurs privilégiés s’y sont rués. Ils contrôlent le crédit, privilège qu’ils se sont appropriés dans les années cinquante.
Cette double crise les révèle sous les projecteurs de l’actualité plus actifs que jamais. Les plans de soutien de l’économie après le krach de 2008 étaient à 1,7 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Dès avril 2020, coronavirus aidant, nous en sommes à 2,6 % ! Et encore, en Europe on n’a rien vu. Les États-Unis sont à 10 % et le Royaume-Uni à 8 % ! Tous les économistes savent que ce n’est pas fini et qu’on est sur le toboggan.
Les intérêts sont à zéros pour les petits avoirs privés. Les sommes monstrueuses avancées aux états rapportent chaque année des milliards à certains particuliers, sans que les emprunts se remboursent capital et intérêt, l’intérêt seul est payé cash. Ces milliers de milliards ne sont pas que des tonnes de billets de banque imprimés pour la bonne cause, ils sont aussi à l’origine des bénéfices accumulés sur le travail. Autrement dit, l’État paie des intérêts aux banques des taxes que nous versons. Nous sommes donc taxés deux fois, au départ sur notre travail et à la fin du compte par nos impôts, qui servent à payer les intérêts souverains de la dette.
Vous avez compris le système ? Nos dirigeants sont les complices de l’arnaque à l’échelle mondiale. Ils ne mouftent pas, parce qu’ils ont leur part, que nous leur payons pour vivre au-dessus de nos moyens.
À ces escroqueries budgétaires considérées comme parfaitement légales s’ajoutent les sommes gigantesques brassées par les banques centrales.
Mélenchon l’explique en long et en large, les autorités l’écoutent à peine quand elles ne le dénigrent pas. La Banque centrale européenne (BCE) sur le temps qu’elle refuse de financer les États, a racheté pour 1.120 milliards d’euros de titres pourris sur les marchés, des obligations publiques et des dettes de multinationales : BMW, Shell, Total, LVMH ou Telefónica. Sans la BCE, elles seraient en défaut de trésorerie, donc en instance de dépôt de bilan. Ces mesures complémentent les dispositions qui facilitent l’accès des banques aux liquidités.
Au nom de la stabilité financière de l’UE, cela signifie que les fonds d’investissement, les banques et les grandes entreprises, y compris les plus polluantes, sont les premiers bénéficiaires du soutien des pouvoirs publics. Le « socialisme pour les riches » n’a jamais été aussi protecteur.
En langage économique pur, si nos ministres étaient loyaux envers nous et promouvaient le progrès social, les citoyens d’Europe seraient aujourd’hui les propriétaires des grandes entreprises et des grandes banques européennes.
Mais alors, les responsables de notre avenir, seraient à la tête d’un État socialiste. Cela, ils ne le veulent à aucun prix.
Si bien que nous avons un gouvernement auquel nous avons confié la démocratie par délégation de pouvoir. Il joue contre nous, ramasse les profits et nous impose sa loi !
Cela s’appelle un crime d’État, un putsch silencieux, une arnaque monstrueuse, c’est tout ce que vous voulez, sauf une gestion honnête.

12 mai 2020

You'll never walk alone (1)

Un article publié dans la revue médicale The Lancet ne visait pas Maggie De Block : « Les effets de la pandémie de Covid-19 sur la santé mentale seront peut-être profonds ». Et pourtant, les déclarations de la dame à un journal flamand : "Nous rêvons tous à la vie normale, mais nous devons nous rendre compte que nous n'aurons peut-être plus jamais une vie normale", pourraient bien être la clé d’une analogie de son cas avec ceux de The Lancet.
On ne savait pas la ministre capable de philosopher, plutôt de dire n’importe quoi. Dame, un médecin n’est-ce pas quelqu’un de sérieux ? Voyez, Bacquelaine ! Du haut de leur assurance de notables, ils peuvent, en effet, raconter des craques et être écoutés avec respect.
Qu’est-ce qu’une vie normale ? On devine que dans l’esprit de la ministre, une vie normale, c’est la hiérarchie respectée, l’ordre bourgeois dans toute sa rigueur, une société de labeur qui se soumet au monde des affaires, etc. Mais combien de citoyens peuvent se prévaloir de cette normalité là, et s’y trouver parfaitement à l’aise ?
Il s’agit donc d’une vision personnelle de la normalité après laquelle elle soupire.
Cette vie normale est en réalité une vie anormale pour une part importante de la population. Ne pas ressentir cela de la part d’un médecin, en dit long comme elle conçoit l’art de guérir. Nous avons là deux cas, avec Bacquelaine, d’une perception fausse de la société, une déperdition de l’esprit d’analyse et un aveuglement intellectuel.
Quelles sont les conséquences des crises sur notre santé mentale? La mort qui rôde pousse-t-elle au suicide ou, au contraire, nous en protège-t-elle en stimulant notre instinct de survie?
Les relations que l’on noue sur Facebook font peut-être baisser le taux de suicide plus qu’on ne le pense. On sait que les périodes de guerres ont souvent un effet protecteur, aussi étrange que cela paraisse, sur la santé mentale. Durant les trois mois qui ont suivi le 11-Septembre le taux de suicide a diminué significativement à New York.
Qu’en est-il du Covid-19 ? Une pandémie n’est pas une guerre entre les pays. Au lieu d’une cohésion devant un ennemi commun, les dirigeants offrent l’affligeant spectacle de commis du grand capital effarouchés à la perspective de perdre leur gagne-pain, tachant d’entraîner les autres à faire front à leur manière.
Les foules ne se sentent pas solidaires de ces incompétents. La méfiance est de règle. La cohésion sociale n’existe pas. Les gens ont raison de se méfier, puisqu’il est avéré que le gouvernement poursuivait d’autres objectifs que celui de la protection de la population. On en retrouve les preuves, dans les erreurs avant le début de la pandémie. L’affaire des masques détruits dit tout de Maggie. La gestion busines american des hôpitaux complète le tableau.
La défense collective contre le Covid-19» n’aura pas l’effet protecteur d’une guerre entre pays, en ce qui concerne les suicides. Le contraire est probable. La grippe espagnole de 1919 avait fait grimper le taux de suicide. L'épidémie de SRAS en 2003 qui n’avait pas touché l’Europe, avait entraîné une explosion des suicides chez les personnes âgées : +15% chez les plus de 65 ans, à Hong-Kong. La peur d’alors était d'être contaminé, de devenir un danger et un poids pour sa famille. La perspective d’un isolement influait également. Comme on voit partout dans le monde, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

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À l'heure où près de la moitié de l'humanité est confinée, l'isolement reste l'un des facteurs entraînant une augmentation du taux de suicide. Quant au déconfinement, il est encore trop tôt pour dire si être libre aura un effet bénéfique. La deuxième vague possible empêche de se réjouir trop vite.
Ces gens de pouvoir agissent comme des criminels. Ils font porter le poids de la société sur les épaules des plus humbles, sans les considérer avec le respect que la nation leur doit. Ce sont les caissières (2), les éboueurs, les aides-soignantes, les personnels des maisons de retraite, des hôpitaux et tous les métiers de bouche, qui tiennent ce pays à bout de bras et qui ont fait qu’il ne s’est pas effondré.
À ces exclus de fait, comment osera-t-on demander davantage après la crise ? Quant aux chômeurs, pensionnés, malades, la plupart sans ressource, le stress modifie des zones spécifiques du cerveau, accroissant le risque de suicide causé par leur exclusion sociale.
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1. « You'll never walk alone » (Tu ne marcheras jamais seul) chant des supporters de Liverpool.
2. On vient d’apprendre que dix membres du personnel Colruyt sont positifs au coronavirus.

11 mai 2020

Une dictature à la belge.

En jouant sur la notion de bien public, une société peut passer de la démocratie à la dictature, sans que les citoyens s’en émeuvent. Le confinement « pour notre bien à tous » est largement admis comme une mesure nécessaire, quoique induisant des contraintes liberticides. Il est d’autres contraintes plus anciennes, acceptées implicitement dans une démocratie, comme constitutives de la société, et qui sont perçues comme des devoirs.
Ce sont les lois assujettissant le travailleur à l’employeur. Celui-là loue sa force physique ou sa force intellectuelle, parfois les deux, à celui-ci, le réduisant à l’incapacité de décider de son temps, duquel l’employeur peut user dans un contrat définissant le louage.
Si cette définition ne s’appelle pas esclavage par consentement, je me demande qu’elle autre définition convienne ?
Le confinement ne révélera pas tout de suite le chiffre des victimes du coronavirus décédés par suicide. On les amalgamera aux suicides qui touchent aux rapports de subordination du travailleur à l’employeur. Leur progression, de par le développement de l’industrie et la transformation du monde rural en société urbaine de consommation, est considérable. C’est pourquoi on noiera facilement les méfaits collatéraux du Covid-19 dans les suicides « habituels ».
Émile Durkheim, « Le suicide, étude de sociologie » de 1897, commente le suicide fataliste. C’est celui qui nous préoccupe dans les deux cas : la pandémie et les lois assujettissant les travailleurs. Il fait la jonction des deux dans un seul traumatisme. Le suicide fataliste intervient dans les cas d'excès de régulation : la vie sociale est extrêmement régulée, dans le confinement et les normes de fabrication dans le travail hebdomadaire.
On a tous en mémoire certains suicides à l’issue de nouvelles normes imposées dans les entreprises. France Télécom a défrayé la chronique il y a deux ans. Des suicides sont intervenus sur les lieux de travail, quoique, le plus souvent, ils aient lieu à domicile. C’est pourquoi, il sera difficile de démêler la cause d’un suicide d’excès de régulation.

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Dans les deux cas, c’est la manière dont la société imbriquée dans des lois du travail et du confinement contribue à la cause du suicide.
Cette société est une oligarchie à tendance dictatoriale qui n’a plus que quelques attributs de démocratie, comme les élections. En réalité nous vivons en dictature, sans nous en rendre compte. Nous en sentirons les effets pernicieux au fur et à mesure que les contrôles « anodins » fournis par l’électronique et les machines intelligentes restreindront nos libertés, sous prétexte d’aider soit les scientifiques à tracer le coronavirus, soit les industriels à réglementer le travail à domicile.
Le suicide mettant en cause le confinement est perceptible dans les échanges sur les réseaux sociaux. « L'isolement est trop dur, je ne supporte plus le confinement, je ne tenais plus.» Cette détresse, à mots couverts, se lit dans un message sur trois sur FB. Heureusement presque tous les messages sont des SOS et n’aboutissent pas à des drames. On peut même s’inquiéter de la placidité et de l’optimisme de nos dirigeants politiques sur la question quand on lit que fin mars, alors que la crise s'étend en Allemagne, le ministre des Finances allemand s'est suicidé. Il s'était dit «profondément inquiet» des répercussions économiques de la crise sanitaire. Début avril, c'est le médecin du club de foot du stade de Reims qui s'est suicidé en apprenant qu'il était détecté positif et se trouvait en quarantaine chez lui. La pandémie de Covid-19 s'accompagne d'une épidémie de suicides, bel et bien. Et si au plus haut niveau de l’État en Belgique, ce n’est pas perçu, c’est parce que nos ministres se sont affranchis du poids moral qu’une démocratie ordinaire leur ferait porter. Ces gens qui nous parlent placidement du drame que nous vivons, ne le perçoivent plus, ILS SONT ENTRÉS EN DICTATURE ! Le matériel humain y est secondaire et le prix d’une vie est nul. C’est la crainte du mauvais effet de milliers de morts qui les ont déterminés sur le tard, à prendre des mesures de sauvegarde. Par contre cette insensibilité retrouve toute sa dimension dans le traitement des personnes âgées des maisons de retraite, où l’indifférence des politiques est plus manifeste. (Suite demain de la chronique.)

10 mai 2020

Ultracrepidarianisme.

Les citoyens se demandent comment les gens qui dirigent ce pays ne prennent pas conscience de leur incompétence pour donner leur démission et céder leur place à des esprits neufs !
En effet, les scandales succèdent aux scandales, les masques qu’on détruit et qu’on ne remplace pas, le déconfinement qui ne s’effectue à hue et à dia rien que pour satisfaire les milieux des chefs d’entreprise, les experts que l’on trouve pour dire aux gens ce que le pouvoir à envie de leur faire croire, les enseignants qu’on mène par le bout du nez, parce que des enfants confinés, filles et fils d’ouvriers et d’ouvrières, il faut bien les recaser quelque part, pour que les personnels reprennent leur place dans les entreprises et, ce florilège d’erreurs, de gâchis et peut-être de malversations, s’étale impunément aux yeux de tout le monde, sans la moindre démission !
L’équilibre politique en Belgique est si pointu, si finement agencé, qu’il est impossible à un parti politique et encore mieux à la première ministre qui serait dans son rôle, de dire à l’un quelconque des ministres de présenter sa démission.
On croirait que les ministres ne s’accrochent que pour leur salaire. C’est une façon de voir. Cela joue sans doute dans leur décision ; mais, il y a autre chose, ils croient avoir accompli leur mission. On ne les prie pas de démissionner parce que pour eux, ils n’ont pas failli !
C’est un paradoxe : on ne peut savoir si on est incompétent, qu’en étant compétent !
L’ultracrepidarianisme des ministres donnant leurs avis sur des sujets où ils n’entendent goutte n’est possible que par une confiance irrésistible qu’un ministre a de soi-même. Il lui semble qu’il ne peut pas dire des âneries, puisqu’il est ministre !

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Rien n’aiguise plus l’esprit des ministres que l’amour propre. Les vaincus ont besoin d’expliquer pourquoi ce qui s’est produit n’est pas ce qu’ils attendaient. Tandis que se présenter en vainqueur, aller jusqu’à dire « Dieu n’aurait pas pu faire mieux », comme Georges-Louis Bouchez, c’est regarder l’opposition en face. Quelle opposition me direz-vous, puisqu’elle appuie le gouvernement de l’extérieur ?
Et qu’est-ce que cette misère de huit à neuf mille morts qui fait malgré tout la Belgique championne du monde au kilomètre carré de cadavres coronavirus ? Certains milieux pensent que ce chiffre aurait pu être réduit de moitié, si les incompétents n’avaient pas été là !
Sophie Wilmès à 46 ans, n’est plus un perdreau de l’année, rompue au libéralisme, comme aux 36 positions de l’amour, nourrie dans le sérail MR, elle en connaît avec Jean Racine, tous les détours, le desin la vit naître sous d’heureux auspices à l’ombre du saule pleureur qui a tenu lieu de chef : Charles Michel. Son rôle est de prétendre sur la base de chiffres fantaisistes, que nul n’a failli et que, sans attendre une ovation, les ministres peuvent garder la tête haute.
Le pouvoir reste aux mains des partis bourgeois. Il a la presse et la télé avec lui. La confiance de la population, aussi fou que cela paraisse aux abonnés de Facebook, est vacillante, mais présente. Une autre majorité pour le changement est à bâtir. Le gros de la troupe vit dans l’espoir de retrouver la vie d’avant la double crise. Tous les espoirs vont dans le retour à la période précédente, au cours de laquelle, par contraste à la vie confinée « les gens se sentaient mieux qu’à aucune autre période dont ils pouvaient se souvenir ». De quoi frapper de stupeur ceux qui ont été nourris de récits uniformément glaçants de l’histoire du capitalisme et de ce régime politique faussement démocratique, qui sabrait encore dans le social deux mois auparavant.
Hé oui, malgré tout, une majorité est toujours convaincue que les progrès économiques se traduiraient par un niveau croissant de bien-être personnel ». L’impulsion en faveur du changement n’est pas pour dans une ou deux décennies, mais pour toute de suite. Il y a urgence !
Le renversement du régime se fera de lui-même, quand ses dirigeants perdront « foi en leur propre système ».
La préférence des dirigeants et de la population pour l’ordre et la stabilité, ira-t-elle jusqu’à sauver, une fois de plus, l’économie de la banqueroute ? Aucun des défis prévus dans les prochaines années ne semble qualitativement différent de ceux auxquels le système a déjà réussi à répondre, dit implicitement Sophie Wilmès, dans sa gestion sous condition de l’État.
Ces gens incompétents qui s’incrustent, cette économie dont tout le monde sait qu’elle n’a aucun avenir, faudra-t-il les jeter par la fenêtre et si oui, quand le peuple s’en chargera-t-il ?

9 mai 2020

L’éternité brève.

Qui est Emmanuel Macron ? Même les Français qui ne doutent pas de sa politique, s’interrogent sur son comportement. De même, en Belgique, qui est Georges-Louis Bouchez ?
Peut-on faire un parallèle entre un chef d’état et un chef de parti ?
GLB n’est comparable qu’à titre précaire d’une personnalité narcissique évidente identique à celle de Macron. Avoir été d’abord chef d’une coterie, avant d’avoir « gagné » un parti, ne confère qu’une notoriété relative. Ce n’est pas sur ce plan qu’on peut les comparer, il n’en demeure pas moins que des personnalités identiques peuvent avoir des destinées différentes.
71% de Français jugent Macron "arrogant". Au vu des comportements et des déclarations de GLB, on pourrait penser que plus de 70 % des Belges rejoindraient ce score sur l’arrogance de ce dernier. Si le style est identique, les moyens intellectuels des deux personnalités sont différents. GLB sent le plaidoyer pro domo parce qu’il n’est rien d’autre qu’un avocat qui a réussi en plaidant sa cause, comme Michel et Reynders, avocats eux aussi. Macron a su le faire plus finement, sans que ça se sache, grâce à l’habileté de la mise en scène de sa compagne. Une différence de culture, ça se sent, ça s’entend et ça se voit. GLB peut se replier.
Le couple français, « Œdipien » disent certains psychanalystes, d’« âmes soudées » disent d’autres, est aux antipodes de GLB, incapable de faire équipe avec quiconque, y compris une compagne. «Je ne sortirais plus jamais avec un politicien», lance Aurore De Geest aux journaux. L’ancienne Miss Hainaut confiait quelques semaines auparavant avoir trouvé en GLB la perle rare. « J’ai fait beaucoup de sacrifices pour que l’on puisse avoir une vie de couple. Aujourd’hui c’est fini. Moi aussi j’ai des rêves», explique Aurore.

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Brigitte Trogneux s’est adaptée aux rêves d’Emmanuel, au point d’être convaincue qu’ils étaient les siens propres, en échange, elle a quelque ascendant sur Emmanuel d’ordre « technique », considérant que la fonction est en partie une affaire de théâtre et de mise en scène. GLB est resté au stade pratique de l’exutoire sexuel à domicile. Au point de vue sentiment, ils ne sont pas si différent.
En suivant son désir amoureux, Macron a fait ce qu’une majorité s’interdit ou considère avec horreur. Paradoxalement, cette transgression a favorisé sa réussite. Il a associé conquête du pouvoir et violation d’un interdit sexuel majeur, ne respectant ni la loi des hommes ni le tabou universel qui sert de fondement à leurs sociétés. Ce qui à d’autres fait baisser les yeux relève de fierté son regard. Il est celui qui, loin d’avoir été puni pour avoir transgressé le plus puissant des tabous, est celui qui désormais forge les lois…auxquelles les autres doivent obéir, allant parfois jusqu’à mépriser ceux qui n’ont pas fait preuve de la même témérité que lui. La figure d’Œdipe produit une fascination trouble autant qu’un sentiment de condamnation et de répulsion. Macron est un enfant tout-puissant qui vit dans un Versailles intérieur dont les Glaces lui renvoient le reflet d’un pouvoir désirant sans limites.
GLB n’en est pas là, avec ses 60 m² clos où il construit son élévation, sans autre soutien que son miroir qui lui renvoie l’image d’un homme plus jeune que Macron, il en raffole. On se souvient de ses répliques à Hedebouw à « C’est pas tous les jours dimanche », comme une « petite femme » défendrait son amoureux, c’est-à-dire lui-même.
On ne sait que penser des anciens camarades de GLB. Sont-ils jaloux de sa réussite ? Comment son rival à la commune de Mons, Elio Di Rupo, a-t-il duré à la tête du PS ? Parce qu’il s’est nourri des ambitions de Laurette Onkelinx, de « papa » Dardenne et même de l’ancien maïeur de Charleroi, Jean-Claude Van Cauwenberghe, de Paul Magnette aussi, avant de lui laisser le poste. Il les a tous mis dans sa poche en leur promettant sa place, avant de couler JC Van Cau et regarder avec plaisir les cheveux grisonner sous la teinture de la diva, traînée pendant vingt ans comme sa seconde, pour lui savonner la planche et offrir le sceptre à quelqu’un d’autre.
GLB est narcissique tout seul, avec un appétit féroce du pouvoir. Charles Michel s’y est reconnu. GLB n’a pas compté ses heures. C’est ce qui trompe les autres qui imaginent le travail fourni comme une volonté farouche de les aider.
La grandiosité, le besoin d’être admiré et le manque d’empathie voilà ce avec quoi les Français sont confrontés à l’Élysée et plus modestement les Belges avec GLB.
Conclure que tous les personnages qui vivent de la politique sont narcissiques, serait trop facile. Disons, il y en a qui sont plus atteints que d’autres.
La confusion entre le narcissisme sain (confiance en soi), et le narcissisme pathologique (se mettre en avant aux dépens des autres), profite à l’ascension des Narcisse ivres de puissance. C’est la deuxième plaie de la démocratie, la première étant le libéralisme.

8 mai 2020

Les bluffeurs.

Pourquoi cacher ce constat : nous entrons dans une dépression économique ! Effondrement de production, chômage en hausse constante, amorce d’inflation, faillites en chaînes, etc.
« Le capitalisme ne va-t-il pas redémarrer comme il redémarre toujours ? » dit cette société libérale marchande, par la voix venant des cintres et qui n’est autre que celle de son grand vicaire, Georges-Louis Bouchez ! Sauf que le capitalisme n’est pas une chose autonome suspendue en l’air. Les crises ne sont pas uniformes, 1929 n’est pas 2007. Enfin le système ne se maintient que si la société le veut, même si les dirigeants des partis y sont presque tous favorables. Même Di Rupo insiste « Ne me quittez pas, Camarades, le néolibéralisme saura se montrer reconnaissant ».
Ne vous apitoyez pas, c’est un clown triste qui fait son métier.
Devant la réalité d’une terre qui s’appauvrit, d’un climat qui change, d’une faune et d’une flore qui perdent en diversité chaque année, la société est dans la nécessité de bouger ou de périr. Eh ! bien périssons, disent-ils, après nous avoir entraînés à mourir ces temps-ci.
En Europe, les peuples sont restés passifs. Or les sociétés bougent. Leur sensibilité se déplace. Ce qui était tolérable hier, ne l’est plus aujourd’hui.
L’Europe n’est plus partante pour des guerres entre puissants qui font des millions de morts. Et la société belge, la plus touchée au monde au nombre d’habitants par le coronavirus, malgré la placidité légendaire d’un peuple surréaliste, mal embarqué avec deux langues opposées, est toujours une terre d’immigration d’un pays « riche ».
On n’a pas d’indication sur la sérénité qu’il faudrait, pour encaisser un double choc : social et sanitaire. Jusqu’où l’ordre bourgeois peut-il bousculer les bonshommes, sans un retour de bâton ? Où se trouvent les seuils à ne pas franchir pour Bouchez et De Wever ?
Quelles tensions maximales la Belgique peut-elle supporter avant d’éclater ?

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La question de savoir si tout sera différent après, ou bien « pareil, n’a pas beaucoup d’intérêt. C’est maintenant qu’il faut réfléchir. En principe, demain sera ce que nous voudrons, y compris suivre le corbillard de la société de consommation. Ses augures nous prêchent le néolibéralisme, à la manière de l’orchestre du Titanic qui joua jusqu’à ce que l’eau pénètre dans les trombones.
Évidemment, réfléchir à demain, signifie qu’au moins nous voulons quelque chose de plus humain, de plus social, de moins désincarné, quelque chose d’autre, enfin !
C’est la grande misère de l’équipe MR-PS qui ne propose que la continuation de ce qui a précédé. C’est une manière de nous prévenir que nous allons souffrir, comme par le passé.
Rien n’est inexorable, pourtant ils pensent le contraire, tant ils se sont incrustés en parasites dans le système libéral, tellement favorable à la notoriété des élites.
Non, mille fois non, ils ne représentent pas le peuple. L’ont-ils jamais vraiment représenté ?
On en arrive même à douter de la légitimité du gouvernement Wilmès, même si les lamentations des partis de pouvoir sont unanimes « Oui, Wilmès est bien première ministre. Oui vous ne rêvez pas ! ». Et de poursuivre « vous êtes bien dans une démocratie ». Si c’est Charles Michel qui a mis Wilmès le pied dans l’étrier et que c’est la première fois qu’un premier ministre démissionnaire désigne son successeur, on peut aussi admettre que d’autres en cas de besoin, se réclament du peuple !
En attendant, l’autorité est diluée entre l’opposition et le pouvoir. La première fait des chèques, le second va les toucher. La banque paie rubis sur ongle.
Si ce système est à la limite du légal, les citoyens peuvent se penser à la limite du légal aussi.
Lequel des deux est plus « légal » que l’autre ? On en arrive à dire que c’est celui qui est le plus fort !
Ce n’est pas difficile à comprendre. N’est ce pas de la sorte que cela s’est toujours passé ?
En résumé, nous sommes le nombre, eux ont le pouvoir, disposent de l’argent et des forces de police.
S’il faut en arriver à abattre ses cartes, pour voir le jeu de l’autre, comme au poker : c’est fait !

7 mai 2020

Escapisme

.Comme on s’y attendait, le coronavirus a tempéré les ardeurs des libéraux à la messe de l’économie néolibérale. Ce n’est pas quand il y a des millions de chômeurs – même en Amérique, pays de référence par excellence – que le MR et le PS, partis frères, tresseront des couronnes de laurier à la mondialisation heureuse.
Au contraire, à part les bouffonneries de Georges-Louis Bouchez, et en attendant qu’il marche sur l’eau et fasse d’autres extravagances, Sophie Wilmès, en sursis probatoire, cherche à vendre un capitalisme plus respectueux des personnes, plus soucieux de lutter contre les inégalités, plus demandeur d’un environnement « respirable », etc.
C’est comme si elle invitait des carnassiers à se mettre à la laitue et aux radis. À part Di Rupo gagné par le gâtisme, plus personne ne coupe dans ces histoires de capitalisme bon pour le peuple.
Tout ce joli monde tenait encore au début de l’année des propos très agressifs sur le chômage et lorgnait le système de retraite à points français. Bacquelaine peaufinait son plan machiavélique pour un futur gouvernement majoritaire.
Pour le moment, ce cirque est fini. On promet des milliards partout où ce sera nécessaire. On vit sur un planning de bonnes intentions, tandis que les commerces de vivres ont, mine de rien, poussé l’étiquette, au point qu’on le sent dans l’addition aux caisses. Que cela choque ou non, les commerçants sont le vrai visage de l’économie capitaliste. Les autorités sont devenues des menteuses pathétiques. Eux, ont les pieds sur terre, Galbraith ou Keynes, ils s’en foutent. Ils te prendraient l’oseille à coups de pioche ! Ils te feraient bouffer du Covid-19 avec des masques recyclés sur des cadavres, pour « pas cher » !
Interrogée quant aux suites à donner à la crise, l’élève de Charles Michel maintient qu’on n’enlèvera rien de ce qu’on était avant et qu’on repartira du bon pied après la crise. Cela signifie que Sophie Wilmès n’aura rien retenu des leçons de la pandémie. Nous irons de crise en crise, de krach en krach, jusqu’au point d’orgue final. Ces gens donnent raison à Houellebecq sans le savoir !
La politique est perçue comme une mathématique non-euclidienne, les règles se verraient adaptées aux performances de croissance, jusqu’à la destruction finale. Comme Aigle Noir, on ne fait pas mieux que l’économie de marché !
L’intuition des économistes sérieux, tout au long de l’année passée, se vérifie pleinement.
Rien que ça couperait le kiki de Trump et de nos américanolâtres, pourtant ils restent forts en gueules.

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L’éclairage public pour les chefs sera marche-ou-crève, cet ancien cri patronal au temps du réarmement moral (1960). La terreur du néolibéralisme, c’est de sortir trop tôt l’as de pique, au risque de faire s’effondrer le château de cartes.
Il faut remonter à la peste de Marseille de 1720 pour joindre les deux pandémies, la peste en importance locale, le coronavirus en importance internationale. Aujourd’hui Covid-19 voyage, entre autres, sur Ryanair. La grippe espagnole de 1920 était plus terrible encore sur le plan humain, mais n’avait pas de crise économique en cours, l’Europe étant en pleine reconstruction.
La décalcomanie s’arrête là. Le Fléau de Marseille fut naturellement éteint pas un confinement naturel attaché aux faibles moyens de communication.
De la destruction des commerces et de l’industrie surgira l’hyperinflation dans les rapports entre les marchands survivants. L’échange et la reproduction matérielle y seront complètement abolis.
J’entendais à la radio Macron proposer un plan d’aide à la culture. Bruno Lemaire jetait des milliards à des entreprises comme Airbus ou l’aéroport de Roissy. La Belgique ne sera pas en reste. L’Europe dépassée par les besoins de ses membres va perdre la règle des 3 % d’inflation de la dette et le traité avec le Mexique sera peut-être sa dernière initiative.
Le chaos se précise. Ceux qui croient dur comme fer que le libéralisme est encore et toujours le remède sont obnubilés par leur propre situation dans ce système qui les privilégie.
Le club des « Amis pour le retour à la normale » se met le doigt dans l’œil, l’avenir sera pire que le présent.
Ce gouvernement provisoire est dangereux. Ceux qui s’apprêtent à en mettre un autre en place, le sont tout autant. Les citoyens devraient être en lutte. Ils rouspètent. C’est tout.

6 mai 2020

On cause, on n’sait faire que ça !...

Michel Houellebecq vient d’écrire une lettre aux français. Je n’aime pas Houellebecq. Flaubertien, j’estime que ses livres sont mal écrits. Sur le fond, un univers dicté par la platitude et l’empirisme incite trop à la mélancolie des gens, déjà suffisamment nécrosés. Assez curieusement, j’ai lu tous ses livres. Allez comprendre !
Il vient d’adresser une lettre aux Français que j’aurais écrite, mot pour mot, et dans les grands traits de laquelle je me reconnais. Il y a près d’un mois, j’en rédigeai une semblable, dans une réponse à une utilisatrice de Facebook.
« Je ne crois pas aux déclarations du genre « rien ne sera plus jamais comme avant », écrit Michel Houellebecq, en réponse aux exaltés par deux mois de confinement. Il a raison.
La lutte contre l’écocide capitaliste avait contre elle d’être abstraite avant le Covid-19. Certes nous commencions à venir peu à peu à l’idée que nous allons finir grillés, asphyxiés, submergés, mais nous croyions que ça n’était pas pour tout de suite.
L’épidémie, telle qu’elle est en train de se préciser, change sensiblement le calendrier : « ça » pourrait venir plus vite que prévu. On a un avant-goût avec le Covid. À l’évidence, on n’a pas fini d’en baver. Nous aurons droit aux mutations, on les prédit. Cela nous donne surtout la conviction que les transmissions d’un virus d’une chauve-souris à un pangolin, ce n’est pas fini. On verra d’autres mixages, encore plus insolites, pourquoi pas d’un poisson avec un héron ? Et comme les Chinois sur leurs marchés mangent tout ce qui bouge… Des ravages nous en connaîtrons de plus moches. À un écologiste qui prédit le pire à moins que nous ne changions nos modes de vie, que nous subirons des monstres autrement plus terribles que ce coronavirus, que lui répondons-nous ? Le déconfinement de Sophie Wilmès… au nom de l’apathie qui nous saisit quand on quitte un pseudo confort, pour une pseudo-aventure révolutionnaire.

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En un mot Houellebecq ne croit plus au genre humain et moi de moins en moins.
Comment expliquer que les infâmes qui nous dirigent sont toujours là ? Où trouver une raison dans l’appui de la presse à ce qu’il se passe dans la cession de la démocratie au commerce et à l’industrie, eux-mêmes à la merci de la haute banque et des trusts ?
Ce rend-on compte en Belgique que nos vrais interlocuteurs ne font pas partie du gouvernement, que c’est du dehors qu’ils commandent !
Et qu’enfin, si ce gouvernement paie un jour pour ses forfaits, ce ne serait jamais que des comparses qui iraient en prison accomplir une peine à la place d’autres, planqués et inaccessibles ! Pourtant, ce ne serait pas difficile de les débusquer, mais la volonté n’y est pas. On clame notre douleur, c’est tout.
À mesure que les connexions apparaissent, le Covid fait figure de répétition générale. Certes, certaines gazettes, notamment « La Libre », craquent et dénoncent un nouveau « crime » mais on ne lit jamais rien sur ce qu’il faudrait faire. Les gazettes apportent des faits, sans en tirer aucune conclusion. Le public fait de même. On incendie le gouvernement, puis on court chercher un extincteur, parce qu’on n’a que ce gouvernement là.
Un esprit doué de logique entendrait d’abord « capitalisme » dans « nos modes de vie », quand il aurait à choisir entre « les changer », donc « en sortir », ou bien nous préparer à des monstres violents, conclurait normalement que l’alternative offre trois possibilités : 1. devenir anticapitaliste par raison, 2. demeurer entièrement con, 3. Se considérer déjà comme mort.
Même pas !... L’hostilité s’arrête aux hommes en dénonçant ce qu’ils font. Personne n’y voit une logique contraire à notre logique. On ne se pose même pas la question de savoir pourquoi ils agissent contre nos propres intérêts.
Le temps approche où l’anticapitalisme ne sera plus une option. La nature est en train de nous offrir une occasion à « moindres » frais de nous en rendre compte. Nous aurions grand intérêt à la saisir. Et pourtant… Sous couleur de « démondialisation », on réinstallera les productions essentielles destinées à nous épargner à l’avenir les humiliations présentes, et à rendre autonome un régime de production continue sous épidémie chronique. Et ce sera bien tout.
On n’aura même pas à reculer l’échéance suivante. Tiens, à tout prendre et quoique n’aimant pas le sang, on aurait tout aussi bien fait de les pendre tous, même sans remplaçant (les suivants auraient fait pareil, dans 75 % des cas), mais au moins ils auraient fait gaffe, ce que ceux-ci ne font pas, assurés de l’impunité et de votre accord par démission.

5 mai 2020

La facture !

On n’est même pas encore sorti d’affaire, que la question de « qui va payer la facture » vient sur le tapis !
Avant le Covid19, il n’y avait pas de salaire décent pour ceux qui n’arrivent plus à faire vivre correctement leur famille, pas d’argent pour les vieux et les malades, aucun fonds pour nourrir les enfants dans de bonnes conditions aux cantines scolaires et pas de moyen pour rehausser le prestige par le salaire amélioré des instits. On passe sur les sommes qu’on a trouvées pour payer six ministres de la santé, qu’il ne faut pas moins à ce pays, pour devenir le champion du monde au nombre de morts du Covid !
Le grand cri de l’Europe à la Belgique et des socialistes aux libéraux, tous d’une seule voix : l’austérité est nécessaire ! La nécessité de se prémunir fait baisser les volets des commerces, arrête les chaînes de montage, les cheminées ne fument plus et même les gens désertent les rues qui ressemblent à une scène du film « Le survivant ».
Alors, ô étonnement, l’argent qui n’existait pas, revient à flot. Les milliards s’épandent comme l’engrais dans les coffres-forts grands ouverts des industries et des banques et on nous explique qu’à défaut de ce geste, tout ne serait que misère, faillite et désolation. Sauf que le chômage grossit les rangs et que la seule gracieuseté que l’on fait à de nouveaux pauvres, c’est de ne pas serrer la vis aussi fortement que les sybarites Di Rupo et Charles Michel l’avaient projeté !
Une question légitime traverse les esprits. Mais cet argent qu’on n’avait pas, d’où vient-il ? Réponse, il vient de nouveaux et importants emprunts que l’État a obtenus grâce à la bonne cote de la Belgique dans les agences de notation.
Oui, mais alors, qui va rembourser ?
Di Rupo la semaine dernière en sa qualité de grand chef de la Région a déjà répondu à la question. Nous allons être obligés, a déclaré ce grand homme, de travailler encore plus dur pour sortir de la crise. Il n’a pas dit à quel salaire, il le laisse deviner. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il a dit « nous ». Mais, c’était une métaphore.
Vous aurez compris, l’argent donner par brassées aux entreprises, c’est nous qui allons le retirer de nos maigres ressources pour honorer la dette de l’État. Vous avez deviné le système, les bénefs pour eux et les pertes pour nous.

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La situation des gens, ça n’a jamais beaucoup intéressé les gouvernements. Ils ont l’argent magique sélectif. Ils sortent les milliards pour « sauver les entreprises »… pas les pouilleux. En logique keynésienne, la baisse du revenu se convertit aussitôt en contractions des dépenses des ménages, resserrées sur le strictement indispensable à l’exclusion de tout le reste, donc, par totalisation macroéconomique, en un effondrement cumulatif de la demande qui précipite l’économie entière aux tréfonds – les recettes fiscales suivent.
Ce qui laisse le choix entre le surplus d’endettement des transferts de charge et le surplus d’endettement entraîné par l’erreur de politique économique. À ceci près que l’un sauve les gens et l’autre les laisse crever. Le pire étant qu’aucun ne poserait de problème insoluble pourvu qu’ils soient directement financés par des relais de la banque centrale au Trésor, pour finir en dettes monétisées-annulées. Il est vrai que nous avons l’euro… donc ils en poseront.
Et s’il n’y avait pas eu le virus, tout irait bien ?
Pour les autorités, tout allait bien avant ! Les pauvres étaient pauvres et les riches étaient riches. Les perspectives étaient réjouissantes, les riches allaient devenir plus riches et les pauvres plus pauvres ! Mais dans la joie et la bonne humeur, puisque les partis traditionnels, à peu de chose près, étaient sollicités par les électeurs pour continuer le service à la Nation. Les Flamands de droite, donc de bon sens, n’avaient qu’un défaut bien connu des riches, approuvé par les banques, mais désapprouvé sur la place publique : garder leur prospérité pour eux, ne la partager en aucun cas avec des fainéants, dont ils usent des services à Bruxelles et frottent leurs chaussures sur les tentures des lieux de vacances en Ardenne. Wilmès a bien retenu la leçon de Charles, il n’y a pas de « crise économique », il n’y a que les conséquences économiques de la « vraie » crise : la crise épidémique. Tout est de la faute du virus ! Tout allait bien avant !
Non, tout allait mal, tellement que voilà un an qu’on prédit ce qui se passe aujourd’hui !
Même les épidémiologistes ne font pas de l’épidémie un fait isolé. Ils vont chercher la cause, non dans la faute à pas de chance, mais dans le saccage de la nature, le chamboulement des partages d’habitats entre humains et animaux et le champ libre ouvert à toutes les zoonoses. Seul le détour inhabituel par le virus empêche de voir que nous avons affaire à une crise interne au capitalisme — donc au sens propre du terme : à une crise du capitalisme.

4 mai 2020

Le paradoxe de Fermi

S’il y avait un âge d’or de l’économie de marché, ses bienfaits devraient déjà être pour nous. Où sont-ils donc ?
On quitte un étourdissement de la pensée, celui dans lequel Georges-Louis Bouchez se complaît. Le couple Bouchez-Wilmès croit encore à un âge d’or d’un capitalisme présentable et parie toujours sur un rapprochement des systèmes par le commerce et l’industrie, en utilisant les capacités industrielles de la Chine comme première ouvrière du monde occidental « pour la bonne cause ». Ils espèrent la conversion du communisme à la chinoise, en un capitalisme à l’occidental. Naïfs eux ? Non ! Bousculés par les événements, ils s’accrochent à la vieille rengaine d’un monde capitaliste supérieur qui n’a jamais existé.
Non seulement la Chine a été le berceau du virus qui s’est généreusement répandu dans le monde, mais elle revendique la première place du commerce mondial en supplantant les USA dans une lutte commerciale, quoiqu’elle ait conservé le parti unique et sa dictature.
Cela signifie que du seul point de vue de l’affrontement des idéologies, ce dont se moquaient les libéraux, c’est-à-dire l’impossibilité d’être performant dans un système communiste, s’avère aujourd’hui totalement faux, économiquement et sanitairement.
Le parti socialiste belge qui a fait le pari de miser sur la fin des idéologies est démenti plus que jamais par la révolte sociale : il y a un an les gilets jaunes et, comme on va s’en apercevoir bientôt, la révolte de la faim, suite à la montée des crises cumulées du système capitaliste et du Covid-19.
Il ne reste plus grand-chose de l’économie mixte, de la planification, d’une politique de la demande susceptible de prévenir les crises, d’un capitalisme domestiqué, d’une prospérité partagée. Le palais des glaces, où chacun pouvait se voir et voir les autres, que la démocratie libérale nous a vendu, n’a existé que sur plan. Le personnel libéral se confond avec le monde de la finance et de l’industrie, pour ne plus être qu’un aveugle porte-parole des intérêts particuliers.
À l’intérieur de l’Europe, les pays se livrent à un étrange ballet : une reprise à qui sera le premier bien placé de l’industrie et du commerce pour rafler les commandes aux autres. Les commanditaires de la finance décident pour nos responsables politiques. Vous entendez bien la voix de Sophie Wilmès, mais ce n’est pas elle qui pense. C’est encore plus visible chez Macron, en France.
Vous l’aurez remarqué, alors que c’était absolument nécessaire et nous aurait fait gagner au moins un mois sur la production et la mise à disposition des masques, aucun gouvernement n’a nationalisé les entreprises, ni relevé de leurs cendres celles qui ont été achetées puis abandonnées par les américains pour cause d’élimination de la concurrence.
On reconnaît la société libérale à son inappétence au collectif, son inhumanité et son incapacité à freiner les appétits. On distingue plus nettement sur la plaque de verre du microscope du Covid-19, le liquide allantoïque de l’argent, le creusement des inégalités, la perte de puissance des États, l’omnipotence des médias, la concurrence des civilisations, l’héroïsation de l’individualisme, l’essor du nationalisme ethnique et xénophobe, les politiques de l’identité, et les intérêts de quelques-uns grâce à la complicité implicite des partis au détriment de la démocratie.

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L’essor d’une conscience écologique déforce à peine le milieu pathogène libéral, puisque ceux qui ont conscience que la destruction de la planète nous fait courir un danger d’extinction de l’espèce, n’en poursuivent pas moins leur confiance au marché et au principe de concurrence.
La destruction du monde paysan, la capacité de vivre sur « sa » terre fait partie des fautes graves entraînant la perte de repère dans la société. Le néolibéralisme est en train de nous couper pour toujours du monde passé. La mort de la paysannerie est à mettre à son passif à la première page du contentieux.
Le mouvement libéral issu de la vague idée que la liberté d’entreprendre était la liberté tout court, de fait, une majorité de citoyens n’est pas encore apte à comprendre qu’il ne s’agissait pas de libertés fusionnelles, mais de libertés contradictoires et que les artisans de l’histoire ne sont pas toujours ceux qui s’en tiennent aux limites des réalités de la vie.
Pour le reste, les manipulations de l’histoire du XXe siècle sont tout autant celles du système capitaliste que du système communiste. Faut-il rappeler qu’on nous demande d’abhorrer le système sous lequel nous ne vivons pas, d’autant qu’il relève aujourd’hui de l’utopie en Europe ; mais, par contre nous subissons le système de cette petite frappe de Georges-Louis, que nous sommes sommés d’aimer sous peine de déchéance. De le juger aussi peu amendable et d’y être obligé d’y vivre motive pour beaucoup le cri fatal de Chéri Bibi « fatalitas ». Comme le triste héros de Gaston Leroux, ne sommes-nous pas envoyés au bagne pour un crime que nous n’avons pas commis ?

3 mai 2020

Génération snowflake.

Ceux qui prétendent que cette crise économique est causée par le coronavirus ne savent pas ce qu’ils disent ou sont payés par le pouvoir pour faire retomber les manquements de l’économie libérale sur une pandémie qui tombe à propos.
L’hypothèse raisonnable : l’économie de marché tombe en pièces, l’armure se fend. Ce qui s’annonce est énorme, titanesque et dévastateur.
Le traité de l’Europe avec le Mexique sera le dernier de la politique du passé. À la signature, le traité n’avait plus de sens, sinon comme l’acte désespéré d’un pouvoir qui se raccroche à ce qu’il peut, pour faire croire que le système tient bon, alors qu’il est déjà mort.
« Le système capitaliste ne va pas disparaître puisqu’il n’y a pas d’alternative » tente de se rassurer François Lenglet, avant de rassurer les autres.
Il n’est pas le seul à penser de la sorte. Les partis politiques qui ont rallié Macron en France et Wilmès en Belgique et qui avaient des doutes sur la pérennité du système, s’accrochent au même titre que les collaborateurs des nazis qui se sont enfuis à Sigmaringen en 45. Toute la bourgeoisie ne peut pas s’établir en Amérique.
Pour que la chronique reste de 2 pages, lire « la kleptocratie française » d’Eloïse Benhammou. Elle dévoile le système technique et ultra-opaque comptable qui permet aux banques françaises et belges de voler des milliards aux citoyens en toute discrétion, jusqu’à nos cotisations sociales. Tout le système social et fiscal français et belge est entre les mains du capitalisme financier. Nos politiciens sont à la botte des grands banquiers qui, malgré leurs crimes, échappent à la justice puisqu’elle est rendue par le même Etat contrôlé par les banques ! Nos cotisations sociales servent à enrichir les banquiers grâce à la dette souveraine. Ils ont pris le contrôle des deux pays Vous croyez vous adresser à Sophie Wilmès, en réalité, c’est une banque qui répond à sa place. Les MR sont des marionnettes de ventriloques.
La photo d’une interminable file d’attente pour une distribution de colis alimentaire à Clichy-sous-Bois ou à Detroit USA donne l’impression que l’orage approche. Dans la nature, la grenouille prévoit le temps ; en économie, c’est la population pauvre qui semble le meilleur indicateur qu’il va se passer quelque chose.
L’avenue Louise et les hauteurs d’Uccle feraient mieux de ne pas prendre cela à la légère en pensant que cela va passer. Reynders peut fermer ses volets. Wilmès aurait tort de faire sécher le linge dehors.
Le public, à l’écoute des télés raccrocheuses, passe le temps entre les séries et la dernière annonce des morts de Covid-19. Il ne sait rien et, sans doute, ne veut rien savoir.
Le gouvernement en concertation secrète avec le patronat voulait le retour au plus vite de l’austérité. Il va avoir une disruption, pas tout à fait celle qu’il attendait. Il va être servi.
Le retour des ronds-points occupés par les insatisfaits n’est pas impossible. Les émeutes, elles aussi, sont du domaine du possible.

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Les journaux complaisants nous ont montré des montagnes de pommes de terre non distribuées et si les défauts en fournitures alimentaires commençaient par elles ?
Des tensions du côté de l’offre ou des pertes de revenus, on ne peut pas exclure qu’une crise massive se rapproche et ne commence par la chaîne agroalimentaire. Les effectifs des cueilleurs sont entamés par la contamination. Les chaînes de main d’œuvre de saisonniers est-européens ou nord-africains sont rompues. On a vu les commentaires des cueilleurs roumains entassés dans des gares en plein coronavirus, comme si cette transhumance était faite à l’insu des États ! Tout pouvoir, aussi imbu et suffisant qu’il soit de lui-même, devrait savoir que les gens sont prêts à tout pour nourrir leurs gosses, et que la faim altère considérablement le respect que la masse a encore de ceux qui l’administrent.
Les prix flambent dans les supers. Vous payez en Mai 5 % plus cher de ce que vous auriez acheté il y a seulement deux mois.
Ces prémices ressemblent à un cyclone. Tout est encore relativement calme, seules les feuilles des arbres poussées par un vent coulis s’élèvent plus haut que d’habitude, avant de retomber.
Certains sont mieux placés que d’autres pour s’effrayer de l’effroyable dévastation en route. Théâtre, hôtellerie-restauration, café et spectacles vivants, sont presque tous déjà atomisés. Le carnage dans les entreprises moyennes et petites avec des baisses d’activité inimaginable s’annonce mortel. Les dispositifs de chômage partiel déjà terriblement écornés par les Pieds-nickelés du socialisme ne sont pas à la hauteur de la détresse financière des ménages.
Beaucoup de gens n’ont plus le choix qu’entre sombrer dans la misère ou bien ne plus rembourser les crédits et les impayés de toute sorte. Ils choisiront le moins pire. Si bien que ces impayés iront faire office de subprimes de la crise 2008/9 et se diluer de façon identique dans l’économie. Il n’y a pas trente-six façons de maintenir les gens la tête hors de l’eau quand ils n’ont plus brutalement de revenus. On n’en connaît pratiquement qu’une seule l’aide massive et directe de la puissance publique pour assurer la continuité des paiements essentiels, pour éviter la loi des dominos.
Voici les prémices, l’orage avant le déluge… Snowflakes à vos waterproofs.

2 mai 2020

Recordando el 1 de mayo de 1937

Tous les Premiers Mai se sont nourris de l’espérance d’un grand rassemblement des progressistes. Tous les organisateurs ont caressé l’espoir de résorber les oppositions fondamentales entre les partis de gauche, jusqu’à ce funeste Premier Mai 2020 où il n’y aura personne dans la rue.
Je pense à ce Premier Mai 1937 en Espagne. Quatre jours avant, Guernica était bombardé par des avions allemands et italiens. Ce fut le premier bombardement terroriste de l’histoire, sur une population civile sans défense.
La gauche avait gagné les élections. Le capitalisme, les banques, toute la droite française s’allièrent implicitement à Franco et son complice Hitler, fermant les yeux sur ce massacre à la frontière française..
Des années passèrent. Après-guerre, la rivalité entre les communistes et les socialistes était si forte, qu’entre les deux cortèges, les autorités disposaient une haie de policiers !
Cette division de la gauche est une déchirure qui perdure. Alors qu’en Espagne, en 1936 se retrouvèrent toutes les gauches, anarchistes compris.
Aujourd’hui, bien des années plus tard, les socialistes ne sont plus de gauche, mais la division demeure, tant ce parti subjugue encore une partie des camarades qui suivent le PS, sans trop savoir s’ils font œuvre utile à suivre un corbillard.
C’est évident, l’espérance d’un rassemblement à gauche susceptible de résorber les oppositions fondamentales entre classes sociales et systèmes politiques rivaux, n’est pas possible sans eux.

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Les quinze années de coexistence pacifique entre l’URSS et les États-Unis (1962-1979) furent déterminantes pour le basculement du PS dans le camp adverse. Tout concourait à la « paix des braves », le capitalisme triomphait et le monde du travail trouvait son compte dans les Trente Glorieuses, au cours desquelles les peuples du monde, pas seulement américain et soviétique, cessaient de redouter une guerre thermonucléaire.
Après, ce fut bien moins glorieux. Que d’erreurs, que d’illusions perdues à travers trois ou quatre crises économiques. La dernière de 2007/8 annonçait celle, plus terrible encore, de 2020. Cette paix du glaive du thermonucléaire suspendu au-dessus de toutes les têtes, ne fut qu’une paix relative qui n’empêcha ni les guerres ni les coups d’État. Nous n’avions d’yeux que pour nous-mêmes, alors que des protagonistes, soutenus par l’un des deux camps, affrontaient des clients, réels ou supposés, de l’autre superpuissance.
Nous avons laissé tomber l’Amérique latine, pour les mêmes et lâches raison qu’avant guerre l’Europe des riches a laissé mourir la jeune république espagnole, puis dans les années soixante, cette belle Amérique du Sud, tellement proche de nous par son côté populaire, déchirée par des tensions internes, des intérêts particuliers, souvent de grands propriétaires terriens, soutenus par les USA. Nous avons regardé la mise à genoux des petites gens d’un œil rond, la presse nous incitant à féliciter la CIA des morts qu’elle y faisait, jusqu’à soutenir Pinochet ouvertement contre Allende, réduisant le Chili en dictature.
Après la chute du Mur, à la guerre du Golfe succéda celle d’Afghanistan, puis vint l’invasion occidentale de l’Irak, avec un état belge à la dévotion de la toute puissance américaine.
Où était donc la gauche ? Elle était en tête à tête avec le grand capital, en train de se demander comment trouver l’union nécessaire des forces progressistes et démocratiques, pour « soutirer » plus par la ruse que par la force, la poursuite du bien-être social qui commençait à faire défaut. La quête du bonheur prit fin après la crise en 2009, dès que le gouvernement commença à parler d’austérité, alors que Reynders jetait des milliards à profusion pour combler les trous dans les caisses des banques.
Di Rupo faisait des discours de Premier mai, non plus sur ce que nous voulions, mais sur ce que nous pouvions obtenir. Ce président se berça d’illusions de progrès. Sous couvert de la moderniser, il laissa la gauche dans un état plus dévasté qu’au moment où il prit la direction du pays, allant jusqu’à durcir les conditions d’octroi du chômage. Comme il se serait grandi en avouant qu’il s’était trompé sur le libéralisme !
Et son élève aujourd’hui, que fait-il sinon la même chose en le remplaçant à la tête du PS ? Il concède comme le Montois la supériorité de la libre entreprise et des marchés privés sur l’économie administrée par les citoyens. Sous des dehors moins compassés, Magnette fait penser à un nouveau Tony Blair, ce Thatcher en pantalon, comme l’écrit la presse britannique.
Bonne fête du Premier Mai. La lutte continue.
Pienso en ti, Federico García Lorca, nacido el 5 de junio de 1898 en Fuente Vaqueros y ejecutado el 19 de agosto de 1936 por las milicias de Franco.

1 mai 2020

Borsusfiscation confinitive !

Sympa, voilà le mot d’ordre des personnalités politiques : faire en sorte que la crise sanitaire n’entame pas le crédit que l’électeur accorde à l’élite.
En plein Élio borsusfié, on entre sous le chapiteau porte de Namur et on sort à Marche en famine, sans avoir rien vu, à côté du scénario.
Le moment est propice. On parle à peine du libéralisme. On ne parle plus du tout de l’austérité, sauf Élio qui ne peut pas s’empêcher. Les deux fougueux tirent à la corde sensible de l’humain, des décisions du cœur sont à prendre. Ils emploieraient bien le mot empathie, mais ils hésitent. Le mot n’est pas « populaire ». Ce n’est pas suffisamment fort, mais le dévouement, le sacrifice… ils montent en première ligne.
Modestes voltigeurs, ils sont en guerre.
La phraséologie de ces deux illustres has been est écœurante. Elle cache une volonté de récupération d’après guerre des électeurs, à la pensée libérale socialisante et atlantiste.

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Pour le moment, ils placent leur espoir dans l’inaperçu de leur surplace. On ne peut pas aller du libéralisme au collectivisme, sans se faire remarquer. Pas de réquisition, pas de masque pour tout le monde, pas de modification des structures et des marchés. La Chine est un mauvais exemple, un hôpital en dix jours. Qu’est-ce que vous racontez ? Il a fallu dix ans pour planifier et construire le Mont-Légia, l’hôpital up to date des hauteurs de la ville de Liège. Le bon ton est au fédéral, la nymphe à la toison d’or (avenue du local MR qu’alliez-vous penser !) mûrit des déconfinements dans son fromager intime. Les experts attirés par les saveurs font la mouche, elle le coche.
Ils passeront avec elle sous la toise, le trois mai, quitte à revenir après sur le consumérisme, l’individualisme et tous ces mauvais instincts qu’on relève chez l’homme pour les condamner face à COVID-19, afin de les justifier, quand l’épidémie sera out !
Confinés mais hyperactifs, visibles grâce aux étranges lucarnes, les influenceurs Élio et Willy, comme il y eut jadis les deux fuyards à l’Europe Charles et Didier, désormais en équilibre entre fiertés et honte, occupent le terrain du public resté à domicile. L’exercice est difficile au milieu des morts et des anonymes qui les ont soignés.
Le must est d’être soi-même atteint du coronavirus tout en ne désertant pas le poste que la nation confie. Enfin, quand on dit le poste... l’espèce de chose qui ressemble à un gouvernement sans en être vraiment un de légitime.
Un parlementaire libéral, Willy Borsus, vice-président du gouvernement régional wallon, fait un carton de duplicité dans la plus parfaite mauvaise foi.
Ce chantre de tous les traités pourvu qu’ils fussent atlantistes, défenseur hors-pair du commerce et de l’industrie, impitoyable envers les chômeurs, indifférent au sort des retraités, a laissé une interview pour les lecteurs du journal l’Avenir.
Willy Borsus s’y révèle un communiste d’un genre nouveau, partagé entre le radicalisme de Trotski et la pensée de Marx. Hedebouw, lui-même, aurait des scrupules à aller aussi loin dans l’analyse. C’est toujours aléatoire de dépasser en radicalisme la pensée collective.
" Cette crise XXL prouve qu’il faut relocaliser notre production chez nous. L'impact de la crise du coronavirus est mondialisé et prend une dimension XXL. On voit, par exemple, la rupture des chaînes de fourniture depuis la Chine et les conséquences que cela entraîne… reconstruire une chaîne de valeurs… intégrer au maximum les étapes du processus de production sur notre territoire."
Willy parlera de nationalisation plus tard, quand les électeurs libéraux se feront à la raison.
Son explicit liber est à encadrer « Ce n'est pas le jour d'après d'Emmanuel Macron, mais les jours d'après ».
Si vous manquez de papier-toilette, souvenez-vous de Borsus. Pour lui aussi « les WC étaient fermés de l’intérieur ». Nul ne doute, après ce discours de gauche, qu’Élio le Sage le rappellera à l’ordre de la sainte famille libérale.