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31 octobre 2009

La connerie et son principe anthropique.

Si nous lisions un peu plus souvent les philosophes grecs anciens, nous ne la ramènerions pas trop sur nos connaissances et à commencer par celles de l’univers.
Ils disent, ces madrés, que si nous observons l’univers tel que nous le connaissons, c’est avant tout parce que nous nous y trouvons. C’est une lapalissade qui n’est pas aussi sotte qu’elle en a l’air.
Certes, c’est un avantage pour certaines observations. C’est comme si nous nous serions miniaturisés afin d’entrer dans le corps du virus AH1N1 pour l’observer de l’intérieur.
L’inconvénient, c’est qu’il nous est impossible de faire certaines observations qui ne peuvent être faite qu’en-dehors de l’univers, comme nos observations AH1N1 sous les lentilles du microscope. Cela nous est évidemment impossible.
D’où l’impossibilité de décrire parfaitement l’immensité qui nous entoure, donc de percer nos origines et celle de l’univers.
C’est Schopenhauer qui définit le principe en l’élargissant à toute science incapable d’atteindre une réalité en soi, d’où la confusion faite entre l’univers conçu et un univers supposé objectivé en dichotomie du sujet concepteur.
Si bien que toute théorie qui nous implique colle à notre existence propre, soit pour la démontrer, soit pour déboucher sur une impasse.
Ainsi se dépeignent les deux principes anthropiques : le faible et le fort.
Qu’on se rassure, je ne vais pas entrer dans les deux définitions.
Ce préambule est là juste pour affirmer ce que Malebranche a écrit de plus censé de toute son existence, à savoir qu’un doute supérieur plane sur toute spéculation.
Qu’on se rassure encore, ce n’est nullement par des détours subtils vous écrire ce que je pense sur la « raison classificatoire » de Patrick Trot, mais tout simplement pour dénoncer le ton péremptoire, la face pleine de certitudes de nos docteurs, qu’ils soient du barreau ou des cliniques universitaires, lorsqu’ils nous démontrent que nous n’y connaissons rien.
C’est le grand malheur de la plupart des « érudits » de s’isoler dans un savoir qui les place – selon eux – dans des sommets à ce point inaccessibles que la plupart des gens n’y ont pas accès.
Certes, le rôle d’un médecin n’est pas de réduire au compréhensible la somme des recherches qui ont conduit à son diagnostic, mais, il y a dans certaines arrogances plus qu’une distance de celui qui sait à celui qui ne sait pas, qui s’appelle l’arrogance du savoir ou la muflerie.
Au reste, la simplification est un art extrêmement difficile, et la plupart des gens doctes y sont complètement étrangers. C’est comme si on demandait à un épicier d’écrire dans son livre de compte à la manière de Flaubert.

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Cette société, puisqu’il faut bien en venir à cela, dans ses façons de spécialiser tout et n’importe quoi, en est arrivée à créer des strates comme un géologue les découvre en coupe sur le terrain, avec des lignes bien nettes des périodes qu’il étudie, si bien qu’une hiérarchie de l’esprit s’est créée dans laquelle se meuvent comme des poissons dans l’eau des gens dont les disciplines embraient directement sur l’argent qui tombe dans leur porche en vertu de la spécialisation choisie.
C’est le critère majeur. Ce que vous gagnez par votre savoir est directement lié à l’importance sociale que vous en retirerez. Autrement dit, Bernard Palissy était un con, puisqu’il n’a jamais tiré un sou de sa découverte.
De toute évidence, un philosophe, malgré son cursus, passe nécessairement pour un imbécile face à un grand spécialiste tellement pointu dans sa spécialisation qu’il est pratiquement le seul dans un territoire grand comme une province à prendre des airs sérieux et des mines compassées en vous accordant cinq minutes pour vous dire qu’il ne donne pas cher de votre peau, ce qui n’empêche personne de finir centenaire.
On a l’impression que parfois certaines grandes spécialisations sont le propre d’une catégorie de professionnels qui sont au-delà de leur prestigieux savoir, de parfaits cuistres, sinon de parfaits imbéciles.
« Les diplômes et les statuts qui en sont les causes directes et les récompenses constituent une compensation facile, un masque commode derrière lequel se dissimulent les insuffisances, les débilités, les inconsistances personnelles ». Cette citation de Jung (Dialectique du moi et de l’inconscient, édition Folio Essais), correspond tout à fait à ce que je pense depuis longtemps. Et je me demande si cette société de petits cons instruits ne devrait pas d’abord et avant tout se demander si on ne va pas un jour se faire avoir par des gens qui ont dépassé leur niveau de compétence dès l’école primaire dans la connaissance de ce que valent les hommes et qui saturent les médias et les allées du pouvoir de leur présence ô combien célébrée.

30 octobre 2009

Nomina si nescis, perit et cognitio rerum (1)

La rage sacrificielle à l’économie de marché a déjà détruit tout un environnement urbain comme la poste et les chemins de fer dans les campagnes et les villages. Elle s’apprête à finir son travail de concentration avec les directives européennes (voir le drame de l’agriculture) et les lois nouvelles en matière de regroupements de soin de santé et des centres d’accès aux communications téléphonie et câblage Internet, TV, etc. Si bien qu’en vertu du profit et de l’intérêt des promoteurs privés, en-dehors des grands centres dont sont exclues des périphéries trop étendues, le fossé va en se creusant entre la vie citadine et la vie à la campagne.
A moins de posséder de sérieux revenus et notamment une, voire deux voitures, poster une lettre, prendre un bus ou se faire soigner d’urgence dans un hôpital proche deviendra impossible – s’il ne l’est déjà - dans certains endroits pas si reculés que cela.
Si l’Europe à laquelle s’accorde trop facilement le gouvernement belge considère que c’est un progrès de s’en remettre au privé pour tout, force est de constater que ce n’est plus l’avis de beaucoup de villageois, qu’on ne peut pas taxer de communistes, puisque les campagnes ont toujours été traditionalistes et conservatrices et donc auraient plutôt tendance de voter à droite.
Si j’ai entrepris depuis six ans d’écrire quelque chose tous les jours et à propos de tout, c’était pour satisfaire à ma passion de l’écriture avant tout et le droit de tout citoyen à l’expression ; mais aussi par un certain goût à la fantaisie. Je me suis souvent contredit. J’ai sans doute pécher par suffisance – ce qui est le masque qui recouvre l’ignorance – mais, je n’ai jamais varié dans la conviction profonde, que je partage sans doute avec beaucoup de lecteurs, d’une profonde dérive du système économique qu’il faut bien appeler par son nom – quoique certains en déduisent une intention péjorative à connotation communiste – de capitaliste.
Ce mot générique recouvre sans doute aujourd’hui deux réalités bien différentes pour une seule signification du dictionnaire.
On entend par capitalisme une société générée par le commerce libre, des entreprises aux dirigeants responsables et présents, avec une population laborieuse certes liée aux progrès, mais aussi aux aléas de cette entreprise, avec une couverture sociale, des droits et des devoirs pour l’ensemble des personnes contractantes.
Cette société déjà fort critiquable dans son fonctionnement par les questions qu’elle soulève au niveau des inégalités et des injustices, cette société à laquelle tiennent encore une majorité de citoyens, puisqu’ils votent régulièrement pour les suppôts de ce mode de vie, c’est-à-dire nos partis actuels au pouvoir ou dans l’opposition, si l’on excepte les extrêmes, eh bien ! cette société capitaliste n’existe plus !
A-t-elle jamais existé diront ses détracteurs, dont parfois je fus ?
C’est un autre débat. Il ne s’agit pas ici de dialectique, mais d’essayer de réfléchir selon le courant général à cette question.
Or, le jugement ancien porté sur le capitalisme qui n’existe plus est reporté sans tout autre discernement sur une autre forme de capitalisme qui n’a pratiquement plus rien à voir avec la forme précédente. En se mondialisant, il ne s’est pas succédé à lui-même, il s’est métamorphosé en autre chose, mais de façon si subtile que la masse ne s’en est pas aperçue..
C’est comme si nous établissions la fiche signalétique d’un animal d’une espèce que nous confondrions avec une autre, ce qui fut le cas avant Buffon et Linné.
La crise boursière de 2008, immédiatement suivie de la récession, comme celle de 1929 fut celle des années noires qui ne virent leur fin que dans le réarmement des USA et de l’Europe à partir de 37-38, a mis à la portée de la réflexion de tous un capitalisme absolument étranger au précédent.
En fonction de la révolution des transports, c’est un capitalisme voyageur qui va aux quatre coins du monde là où les facilités l’attirent, sans autre forme de procès. Un capitalisme déménageur qui a pris l’habitude de gagner plus que le travail qu’il devrait financer en toute humilité, mais qu’il s’approprie en toute arrogance. Un capitalisme sans responsabilité directe, sans représentativité au plus haut des conseils d’administration des lieux où l’action se situe. Si bien qu’il n’est nulle part et partout, sinon bien à l’abri dans des banques d’affaire des paradis financiers. (Oui, il en existe encore). Un capitalisme sans éthique, plus souvent immoral qu’indifférent au sort de ceux qui sont ou ont été à son service.

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L’erreur de la population a considérer ce monstre (monstre se dit d’une erreur de la nature dans un individu par rapport à l’espèce), c’est de le considérer comme s’il n’en était pas un.
Devant un tel bouleversement, si l’aveuglement de la population est compréhensible, l’erreur devient la faute de ceux qui ont sollicité des mandats représentatifs de cette population, en traitant de façon identique de l’autre, ce capitalisme-ci.
C’est là qu’on voit bien l’imposture de ceux qui parlent en notre nom.
Pourquoi le font-ils ? Parce que nous leur avons accordé des privilèges par rapport à nous si bien qu’ils ne se sentent pas menacés par les événements que le nouveau capitalisme suscite.
C’est ainsi qu’ils applaudissent à des événements, à l’Europe, au monde, aux performances en Chine ou aux Indes, aux parts de marché, bref à tout ce qu’ils considèrent comme progrès et qui entraînent au contraire des régressions sévères. Ils tiennent un langage qui ne nous correspond plus. Ils deviennent par la force des choses nos ennemis, mais par glissement et de façon si naturelle que, de leur malfaisance, nous n’en savons rien.
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1. Si tu ignores le nom des choses, même leur connaissance disparaît.

29 octobre 2009

Guerre des tranchées au MR

Les journaux : On a vu lundi soir au MR une belle empoignade autour du principicule Didier Reynders, dont la double casquette gêne certains gros appétits.
Vice chef de gare et prince des cocus, c’est trop.
On n’en saura pas plus, sinon des bruits de chaise, de verre brisé et des cris qui passent sous la porte rue de Naples, que des curieux entendent du trottoir d’en face.
Il paraît, ce n’est pas la téloche qui en dira un mot, qu’ils en seraient venus aux mains ?
Ce qui se passe au MR est jubilatoire.
Voilà des roués de la politique, plus ou moins fourrés chez des avocats ou l’étant eux-mêmes, qui s’amènent la gueule enfarinée dans nos médias toujours bien disant sur la grandeur d’âme et l’altruisme de parti, laudateurs lyriques du commerce et de l’industrie, les voilà en train de se bourrer de coups à cause des maladresses de leur principicule Reynders coupable de ne pas avoir eu l’adresse de leur donner des os à ronger pour la législature et probablement la suivante !
Ah ! comme il est imprévoyant le Liégeois. Ce ne sont pas les Michel qui auraient poussé la connerie jusqu’à faire des bons mots à faire perdre de l’électeurs en cascade ; et les voilà en bras de chemises à s’insulter comme des communistes à la succession de Staline !
Parce que c’est ça qui les travaille, ces grandioses : ils ont la fringale des mandats qui leur filent sous le nez.
De l’autre côté du rideau de fer de ces commerçants du prêt à porter libéral, la clientèle se désole. Comment est-ce possible d’en arriver là, des gens si bien, si affables d’habitude, si discrets !
A la crèmerie concurrente, Di Rupo, en tablier bleu et crayon à l’oreille, s’inquiète de la querelle, des fois qu’elle ferait baisser la qualité du fromage collectif en faisant surir le lait du parlementarisme.
Reynders cupide, accroché à ses mandats, c’est du bonus pour les petites gens. Peut-être que cela fera réfléchir les connards qui gagnent 1000 euros par mois en bossant dur et qui votent pour ces rats avides.
Voilà les pontes MR séparés en deux camps : les gens de cour, Monfils, Laruelle, de Decker, et les gens de la fronde : Michel, Deprez, Chastel, Defraigne, Frédérique Ries… la rue de Naples transformée en champ clos. Au tournoi, les armures étincelles. Sabine ne sait plus entrer dans la sienne, la colère la gonfle. Son pouls cogne contre le gantelet, on se croirait dans une ferblanterie. Tous ces chaudrons alignés pour la parade, c’est comme si on y était.
La Defraigne ceint, de son petit foulard rose, la lance d’un Gérard attendri.
Monfils ressemble de plus en plus à Richard III, comme le voulait Shakespeare à la bataille de Boswort, alors qu’il se voyait à Hastings au côté de son duc de Normandie.

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Pendant ce temps l’actualité qui s’en fout, défile.
Pasqua Charles condamné en France à trois ans de prison dont un ferme pour des ventes d’armes à l’Angola ne veut pas tomber tout seul. Depuis, en Corrèze, Jacques Chirac a fait remonter le pont-levis de son manoir. Tandis que nous, selon les principes des coléreux du MR, nous assistons la larme à l’œil à l’envoi du prince Philippe, faire de la lèche au nom du commerce défaillant, chez ses confrères, les princes d’Arabie saoudite, un des pays les plus arriérés en matière de droits et de libertés des citoyens, alors que Leterme s’endort au moment de prendre l’avion sur les coussins d’Aladin et que les industriels du voyage tirent leurs calculettes dans le coin VIP du Boeing qui les ramène.
Ah ! ils ne sont pas gênés de mouiller la couronne dans leurs combines maffieuses avec des gens qui n’attendent que l’occasion de trouer nos viandes des mille dards de leurs armements dont certains viendront de la FN, bien entendu.
Faut dire que la cour est un peu dans le cas des appétits contrariés du MR. Les affaires sont les affaires, merde après tout, qui c’est qui se fendrait d’un chèque pour les nécessiteux de Laeken dans cette Belgique où tout fout le camp ?
Tandis que ça bruisse de courbettes, de poignées de mains affectueuses, de mains sur le cœur et de sourire à se fendre la gueule jusqu’aux couilles, sur des tapis plain supportant des tables garnies pour des mille et une nuits de bouffe, que les teigneux de la rue de Naples cherchent les yeux de l’adversaire pour les crever à coups de talon aiguille, les pignoufs de la rue regardent à la TV l’évolution du beau monde dans les salons de Riyad. Dieu et business braillent ces couillons, regrettant de ne pouvoir passer à la caisse, eux aussi, jurant bien que si une telle aventure leur arrivait, ils se feraient un plaisir de mettre leurs mousmés à la burqa et leurs filles au régime du pied au cul.
C’est promis, si le royaume continue à virer anarchiste, si le MR poursuit sur sa lancée de parti infréquentable, je deviens patriote et j’offre au Manneken-pis une tenue de prince royal en visite chez les émirs.
Pendant ce temps, ça cognait toujours dur rue de Naples :
Comme au temps de Ducarme et Duquesne, les duettistes du Libre échange, voici Reynders et Borsus, les duettistes de la mondialisation, deux têtes sur un même tronc ! (C'est tout ce qu'ils ont trouvé !)
Après le ring, le cirque : on leur souhaite bien du plaisir.

28 octobre 2009

La trahison.

On aurait pu en faire un film, le script est tombé dans les poubelles de l’Histoire…
En 1931, Déat (1) publie « Perspectives socialistes », un ouvrage théorique de réflexion sur la doctrine socialiste. Selon lui, il faut s’adapter à l’évolution de la société capitaliste qui ne paraît pas s’autodétruire, contrairement à l'affirmation marxiste. L’État doit avoir un rôle privilégié dans la gestion de la propriété qui doit être individuelle. Il est contre la collectivisation, contre la révolution, car le chaos est le credo des fascistes. Il s’oppose farouchement aux marxistes, mais se rapproche des planistes (2). Déat pense qu’il faut passer par un régime intermédiaire, et non pas attendre le vide politique pour que le socialisme s'installe.
Nous sommes dans l’entre deux guerres. Sans beaucoup se préoccuper de l’opinion des militants, les penseurs du socialisme pour durer, quand le pouvoir économique est franchement libéral, il n’y a pas d’autre solution que collaborer… plutôt si, il y en avait une autre, celle de s’opposer au capitalisme, ce qui était encore la volonté des militants. Pour cela il fallait du caractère. Or le sacrifice dans une société gourmande de progrès et de confort était déjà très difficile. Les dirigeants de gauche qui se frottèrent au pouvoir, qui vivaient dans des sphères qui n’étaient pas celles de leurs origines paysanne ou ouvrière, ne l’ont pas pu. Nous sommes en 1931, ne l’oublions pas.
Au fur et à mesure que le temps passe, la résistance à l’aisance et au statut social élevé s’estompe jusqu’à s’effacer dans le consumérisme d’aujourd’hui.
Emmanuel Berl a écrit « la fin de la IIIme République » (épuisé en librairie), un livre admirablement documenté et travaillé – ce qui ne gâte rien – mêlant style et précision.
Les socialistes avaient le choix de résister – ils le firent pendant une courte période avec Léon Blum et les réformes de 36 – ou de collaborer avec les industriels. La vérité oblige à dire que le gouvernement Blum ne fut pas à la hauteur de ce que la classe ouvrière attendait, même s’il obtint la fameuse semaine de congé et des réductions horaires. Il déçut surtout quand, face à la pression de la droite, il renonça à intervenir militairement en Espagne alors que Franco marchait sur Madrid et que Goering mettait l’aviation du Reich au service du franquisme.
Face à la montée en puissance de l’Allemagne, les socialistes se résignèrent à s’entendre avec la droite, puis, pour certains, avec l’Occupant allemand, quand plus tard, après la déroute, Pétain fit de Vichy, une capitale provisoire.
Il y eut des résistants socialistes, des députés qui refusèrent les pleins pouvoirs à Pétain, d’autres qui s’enfuirent en Afrique du Nord et en Angleterre pour continuer le combat, mais un certain nombre d’entre eux crurent à la victoire allemande et devinrent des personnages du Régime de Vichy.
L’alternative de passer dans la clandestinité ou de conserver auprès du maréchal une certaine position sociale fut certainement responsable de nuits blanches à partir de juillet 40 parmi « l’élite » du socialisme mondain.
Le parlementaire français Henri Queuille, d’abord radical socialiste, puis centre républicain fit partie des parlementaires français qui tinrent tête au régime de Vichy. Certains de ses aphorismes sont restés célèbres et conviendraient bien au président du PS belge, Elio Di Rupo :
« Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre. » « La politique n'est pas l'art de résoudre les problèmes, mais de faire taire ceux qui les posent. » « Les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent. »
La suite de l’Histoire, tout le monde la connaît.
Certains socialistes furent fusillés en 46 après s’être enfui à Sigmaringen avec le maréchal et son gouvernement, d’autres étaient retournés à « la raison » en rejoignant la résistance en 43 ou 44, enfin une troisième catégorie ne fit rien, s’enterrant quelque part en 45, pour revenir triompher dans la haute administration quand la saison n’était plus au règlement de compte.
La Belgique connut les mêmes avatars et le même délitement du parti ouvrier, qui eut aussi, comme en France, sa part de résistants et de collaborateurs.

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L’Histoire nous enseigne qu’un mouvement de gauche ne peut pas conserver longtemps ses mandataires statutairement payés pour les fonctions qu’ils exercent, sans qu’ils ne se corrompent au contact de la droite et de l’argent.
La deuxième guerre mondiale a servi de loupe grossissante à ce conflit entre la conviction et l’argent. Les socialistes au pouvoir aujourd’hui portent en eux cette contradiction.
Que pensez-vous que les socialistes au gouvernement feraient si la pauvreté s’accroissait au point de voir des émeutes de la faim éclater dans les rues ?
Ils feraient tirer sur la foule sans hésiter, en cela d’accord avec les libéraux, les écolos et le CDh.
Parce qu’ils ne font plus partie de la classe des gens qu’ils défendent. Parce qu’ils n’hésiteraient pas une seconde à sauvegarder leur statut et leur élévation sociale.
C’est ce que le socialisme de l’entre-deux guerres et la collaboration de 40-45 nous ont enseigné, et que, pour ma part, j’ai retenu.
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1. Marcel Déat, journaliste, député SFIO. En 1933, il est exclu du parti pour ses doctrines de plus en plus autoritaristes, et devient le chef de file des néo-socialistes, séduits de plus en plus par les modèles fascistes.
2. Le planisme est une théorie économique des années 1930. Il considérait qu'un plan (planification) pouvait modifier la société en profondeur, ou du moins contrer les effets pervers du marché.
Ce courant influença les milieux socialio-syndicalistes. En Belgique, son théoricien fut Henri De Man. Il inspira aussi bien la S.F.I.O que les pétainistes, les communistes comme les sociaux-démocrates les fascistes et les démocrates-chrétiens.

27 octobre 2009

Le Stuut !

-T’as prévu quoi pour les Réveillons ?
-C’est pas un peu tôt pour y penser ?
-L’année dernière, c’était plein partout quand tu t’es décidé..
-On a encore un gros mois pour réfléchir.
-Si c’est pour refaire la soirée à l’Orchidée, avec les vieux… merci !
-Quoi, C’était pas cher, non ?
-Tu vois que ça, toi, le pas cher. Quand on s’emmerde, comme je me suis emmerdée, c’était encore beaucoup trop cher !
-Les Frères Taloche en début de soirée…
-Les imitateurs des Frères Taloche, tu veux dire ! Les vrais sont déjà pas terribles, alors les faux !... Et cette année, c’est pire : Marc Herman. Il a un sketch musical avec des pets…
-Qu’est-ce que tu veux, à la fin ? T’es jamais contente. Le casino de Namur ?
-Johan Strauss et compagnie… Il y a deux ans, tu te rappelles ? La table à côté, les danseuses t’appelaient Hubert. Elles te prenaient pour le jardinier de leur home…
-On reste à la maison. On se tape un gueuleton en regardant le Crazy-Horse à la télé
-Qui va se taper le bon gueuleton, pendant que je serai à la cuisine ? Qui est-ce qui prendra l’apéro pendant je cuirai les frites ?…
-Si on invitait ta sœur et le beauf ?
-T’as l’air de pas comprendre. On passe d’une cuisine pour deux à une cuisine pour quatre…
-Puisque c’est comme ça, je ne dis plus rien. On commandera des pizzas et on fera un scrabble avant d’aller dormir.
-Dire que t’avais la bougeotte quand je t’ai connu… tu connaissais les endroits rigolos… on avait des places pour les meilleurs concerts… On peu dire que tu m’as bien eue ! Dis, comment tu faisais ?
-J’étais jeune. Toi aussi, du reste…
-Ça veut dire quoi ?
-Ça veut dire qu’on a vieilli, toi et moi. Qu’on n’est plus fringants…
-Parle pour toi, dix ans plus tard, je me sens toujours jeune…
-Tu parles !
-Dis tout de suite que je suis devenue moche…
-J’ai pas dit ça. Mais bon sang, regarde-toi dans la glace. T’es plus la même Rosy.
-Ah ! bon…
-T’as pris du poids.
-Salaud !...
-Je rigole. T’es mieux qu’avant chérie, gros mamour !
-Trop tard. T’as les mots qu’il faut pour me mettre en rogne. Tandis que toi, beau brun, t’es pratiquement mieux qu’avant…
-Je me défends.
-Sauf que t’as plus besoin d’peigne et pour ce qui est de la chose, ce que tu as dans le slip s’est arrêté à six heures et demie !
-J’ai quarante deux ans, bientôt quarante trois ! E toi quarante…
-…trente neuf et je t’emmerde.
-Vois-tu, je sens que ça va prendre une méchante tournure comme l’autre fois.
-Sans blague ! T’as déjà vu un type dans ton genre qui fout rien à la maison et qui va aider la voisine étendre son linge dans le jardin ?
-T’exagères j’étais en conversation de voisinage…
-…conversation galante. Avec la gueule que tu as faite en me voyant. T’avais l’air paniqué.
-Mais pas du tout. Je me demandais ce que tu allais pouvoir dire de désagréable, pas pour moi, j’ai l’habitude, mais pour l’innocente Carine, qui n’est pour rien dans tous tes soupçons.
-Ah ! l’innocente Carine. J’ai bien vu votre jeu, à l’innocente Carine et son voisin si aimable. Tu veux te la faire, hein !
-Voilà encore un truc de bonnes femmes ! Ma pauvre Rosy tu vois des rivales partout ! Tu peux pas te faire à l’idée qu’un homme marié peut aider une voisine sans vouloir coucher avec elle ! …Je te jure, ta jalousie t’égare…

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(A ce moment, on sonne à la porte. Rosy va ouvrir. Carine toute pimpante apparaît. Elle minaude)
Carine - Je vous le demande assez tôt, avec mon mari on passe les Réveillons à Paris. C’est son frère qui nous invite. Il a demandé par la même occasion si nous ne connaissions pas un couple sympa, pour être plus nombreux, rapport à la participation, plus on est, vous comprenez… avec repas aux chandelles, places réservées dans un cabaret, puis discothèque jusqu’à l’aube et on dort gratuit chez mon beau-frère, il a plein de chambres… il est concierge dans un internat. C’est vide, tout le monde est en vacances… Ça promet d’être amusant…
Hubert – Comme c’est gentil à vous. On se demandait justement ce qu’on ferait pour les Réveillons… C’est avec plaisir que…
Rosy – Oui, c’est avec plaisir qu’on aurait accepté, mais c’est trop tard. On a réservé à l’Orchidée, soirée animée par Marc Herman, le stuut, on a tellement ri la dernière fois, qu’on a pris tout de suite une réservation !

26 octobre 2009

Dieu et la connerie militante.

Ce dimanche, sempiternel débat sur nos téloches, en question, le port du voile à l’école et dans les Administrations.
Faut-il ou faut-il pas ?
C’est qu’en Belgique, on est devenu aussi langue de bois qu’en France. Il pousse des petits Henri Guaino partout, les Villepin font école, les Benoît Hamon foisonnent.
C’est le concours Lépine de l’art de se défiler tout en ayant l’air de faire face.
Le sénateur libéral Alain Destexhe et le journaliste de gauche Claude Demelenne, signataires d’un opuscule sur la question, ainsi qu’Anne-Marie Lizin et Nadia Geerts ont répondu sans tourner autour du pot qu’ils/elles étaient contre le port du voile. Le duo Ecolo-PS a bredouillé des arguments selon lesquels on pouvait les situer à mi-chemin entre les adversaires et les partisans islamistes farouchement pour. C’était un oui-mais et un non-pas encore à la fois.
Le CDh a fait mieux qui nous a pourvu d’une islamiste foulardisée dans notre appareil politique, alors que le représentant de ce parti s’est aussi égaré dans l’argumentaire au point qu’on ne sait toujours pas ce que Milquet souhaite..
Les pires dragueurs de voix sont ceux qui font semblant de ne pas comprendre et se lancent dans des considérations après lesquelles, nul ne saurait dire vraiment ce qu’ils pensent. A ce petit jeu, Isabelle Durand est championne.
Mais le PS n’est pas en reste, si on le compare à Ecolo et au CDh.
C’est étonnant tout de même le chemin parcouru de ce parti depuis son credo de la social-démocratie. Non seulement, il nie la lutte des classes, mais en plus il a oublié le temps où il était farouchement pour un Etat laïc. Des années durant, ses partisans ont hanté les meetings aux cris de « plus un sou au curé ».
L’Etat, avec la religion catholique quasiment obligatoire, s’efforçait d’être laïc. Il était sur le bon chemin avec le recul de l’omniprésence de la religion catholique dans ses rouages les plus inattendus, au point qu’il serait devenu définitivement laïc si cette question du foulard et de la place de la religion musulmane dans notre société ne venait nous rappeler qu’on n’est jamais certain que, ce contre quoi on lutte d’un côté avec succès ne revienne d’un autre.
Anne-Marie Lizin a raison : le voile est un regard sexué qu’une religion d’hommes, faites pour et par des hommes, pose sur la question de la place des femmes dans la société.
Tous les pays qui sont tombés sous le joug de l’Islam – c’est-à-dire les pays qui sont dirigés directement ou indirectement par des Imans obligent les femmes de porter le voile sous peine de sanctions.

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Que des femmes tombées en dévotion le portent dans la rue en Belgique, c’est leur choix, même si je le trouve déplorable. Enfin, il y a toujours eu des femmes soumises ou des mystiques qui parlent de leur liberté comme un masochiste revendique son droit de recevoir des coups de bâton.
Tant que ces gens ne viennent pas m’emmerder avec leurs simagrées, je m’en fous.
Mais, avec le laisser faire dégoûtant de nos édiles, il n’est pas sûr que nous soyons toujours à l’abri des bondieuseries mahométanes à la mode.
Ce qui me déplaît chez les socialistes, les écolos et les humanistes, c’est qu’ils s’extraient de la prise de responsabilité, alors qu’ils ont poussé des hauts cris quand des jeunes gens sacrifiant à la mode punk se sont présentés dans les écoles le crâne rasé à l’Iroquois, la crête de cheveux passée au hennin ou au carmin.
Alors, là, tous étaient d’accord de ne pas tolérer ce cirque.
Ah bon ! mais l’argument du laisser la chose à l’appréciation individuelle, où est-il pour les punks ?
Et le foulard, ne serait pas la même chose ? En quoi serait-il plus respectable ?
Les punks ne faisaient de tort à personne et la société ne courait pas le risque de basculer dans le mouvement. On ne pourrait dire la même chose des adorateurs d’Allah, qui déguise leurs femmes en épouvantail à moineau, sous prétexte qu’elles aiment ça, tout en grinçant des dents dès qu’on ose dire que leurs simagrées portent atteinte à leur dignité ! Ce n’est peut-être qu’une illusion, mais j’ai l’impression qu’on passerait un sale quart d’heure si ces gens avaient un pouvoir sur nous.
C’est donc bien pour des raisons électoralistes et bassement profiteuses que les partis n’ont pas le courage de dire « ça suffit ». Nous ne voulons pas un jour que l’Etat bascule dans les mains d’une religion agressive, comme l’était il y a un siècle la religion catholique.
Car, comme cette dernière l’était naguère, l’Islam est conquérant, agressif, arrogant. Les hommes qui le conduisent ne cherchent qu’à montrer derrière l’autorité religieuse, la primauté de l’homme sur la femme, réduite à un objet personnel de plaisir intérieur, que l’on cache et dont on ne veut absolument pas qu’elle partage les droits et les devoirs des hommes.
Pas d’accord que les mœurs archaïques qui fait du chef de famille un gourou et des enfants mâles de sa progéniture les gardiens de la tradition religieuse viennent m’infliger la vision d’un mode de vie qui me répugne.
D’accord pour le folklore, l’accueil et tout ce que l’on veut, mais dans la condition que ces mœurs dignes d’un autre âge ne viennent en aucune manière embarrasser les miennes et polluer ma vie de tout un nouveau radotage, après le nouveau testament, le coran, basta, on a donné.

25 octobre 2009

Permanence et changements

On est chamboulé par tout ce qui se passe depuis que l’histoire s’accélère, la crise, le réchauffement, l’épuisement des ressources et de ce que Bourdieu appelle « le paradoxe de la doxa », c’est-à-dire cette passivité générale, cette manière disciplinée d’aller tous ensemble à la catastrophe, à un moment où, sans céder à la panique, on pourrait espérer une démarche collective plus intelligente, puisque aussi bien il est convenu que nous réussirons tous ou personne ne réussira.
Pourquoi Rond-point Schumann les automobilistes tournent-ils en rond, en valeur synchro, sans qu’aucun se rebiffe ? En vertu de quel ordre, des gens ordinaires deviennent-ils selon les règlements et les lois ce qu’ils sont, sans qu’aucun d’entre eux sorte du troupeau, s’explique sur sa différence, afin de réfléchir à autre chose qu’à des solutions d’avocat ?
L’idée déjà que l’on se fait de la démocratie !... ce palace à dix prix différents selon la place qu’on occupe, pourquoi est-il toujours plein, alors qu’on n’y donne que des spectacles truqués, avec des artistes ringards et menteurs ? Et même l’obligation qu’on a d’acheter son ticket devrait faire qu’on ne l’achète pas, d’entrer dans la salle, de faire un choix et d’applaudir, tout cela dans un sorte de ballet qui se veut entraînant et qui n’est rien d’autre de ce que Mesmer expérimentait il y a deux siècles de l’hypnose animale..
Cette relation sociale d’abord non voulue, puis acceptée et par la suite défendue par celui qui ne la voulait pas, offre à l’observateur les moyens de saisir la logique de la domination symbolique reconnue par l’hésitant du début, comme par le professionnel dominant, formant un tout, un style de vie, qu’on affuble du nom que l’on veut : civilisation, société, vie sociale, vie contributive, qui fait de chacun de nous un parfait automate consentant.
Les pieds pris dans le béton, ne commencent-ils pas à sentir la matière se durcir, se coaguler et former une masse compacte, pour plonger au fond du trou comme l’ancre d’un navire bien calé entre les roches des profondeurs, et cela dès l’école ? L’apprentissage du début n’est-il pas fondamental ? L’école buissonnière comme le pire des maux, comme on nous le dit, n’est-ce pas le mieux pour réfléchir ?
L’autorité des maîtres n’y est-elle pas battue en brèche par rapport à l’Autorité qui est d’une autre nature et n’a pas besoin, justement, que les maîtres de leur propre autorité et à leur manière, façonnent d’abord des enfants pour en faire avant tout des hommes et non des compléments frustes des matériels que l’industrie moderne invente sans tenir compte de qui les manipulera ?
L’enfant a besoin de l’adulte et de son autorité afin d’entrer dans le monde qui ne lui est plus, dès lors, tout à fait inconnu. Mais, il n’a pas besoin de l’adulte qui le veut à son image, sans dépassement d’aucune sorte.

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Les enfants ne peuvent pas être traités comme des adultes, parce qu’ils ne sont pas en mesure d’exercer leur liberté par manque de savoir. En voulant le contraire, on condamne l’enfant à passer sans transition de l’enfant roi, à l’adulte esclave. On lui apprend à tourner, beaucoup plus tard, Rond-point Schumann et prendre sa place dans le trafic, sans qu’il se pose jamais les questions « pourquoi ? » et « comment se fait-il ? », parce qu’après ces deux questions vient inévitablement « Comment en suis-je arrivé là ? ».
Certes, les enfants naissent libres et égaux, en principe, mais ils doivent être conduits vers l’autonomie critique à seule fin de savoir s’ils le sont vraiment, afin de distinguer dans l’alternative qu’ils ne le soient pas, ce qui détermine la fiction de cette liberté et de cette égalité.
En voilà assez de ces lois qui conduisent à plus de lois, à plus de prisons, à plus de surveillance et à plus de suspects. Il conviendrait d’en avoir moins, mais qui seraient excellentes.
Il conviendrait que cette civilisation mue, si elle ne veut pas disparaître !

24 octobre 2009

Ciné porno.

-Roger, viens par ici.
-Salut Marc !
-T’as bien une petite mine aujourd’hui ?
-Tu trouves ?
-Je parie que tu as passé la nuit avec le coiffeur de plateau !
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Des bruits circulent. Ce type m’a gâché Queue-en-béton, l’année dernière.
-On raconte n’importe quoi. Francis est un gentil garçon que j’aime beaucoup.
-Un acteur porno qui vire homo, c’est comme un footballeur professionnel qui se shoot au lieu de shooter.
-Les femmes me dégoûtent, tu sais bien. Du moment que j’assure…
- Aujourd’hui on tourne la scène de l’étalage pour « L’enfileur de vieilles » que j’ai promis de sortir le mois prochain dans les salles. Alors, t’as droit qu’à une prise, deux au maximum. La pelloche, c’est pas donné…
-J’ai pas lu le script, hier j’étais bourré…
-C’est pas grave. Tu dis pas un mot. C’est quand tu fermes ta gueule que t‘es le mieux ! T’es un mannequin dans un magasin de sport.
-Un vrai mannequin.
-C’est ça. T’es avec deux ou trois mannequins que Flip a loué à la Samaritaine. T’es en slip et tu bouges pas.
-Jusque là ça va. Je sais encore me tenir debout.
-Arrive à la devanture une allumée avec une copine. Elles font des signes aux mannequins, montrent leur petite culotte, s’extirpent un nichon… Tu vois le genre.
-C’est qui l’allumée ?
-Joséphine.
-Attends, Marilyne du Brasier ?
-C’est ça.
-Tu sais bien qu’on peut plus se blairer depuis que face à la caméra elle le faisait exprès de me la sortir, puis de me l’écraser entre ses cuisses.
-C’était dans « Le chtibre du Jedi », ça fait six mois…
-Depuis, on s’est plus parlé !...
-C’est la femme de Maurice. C’est lui qui finance le film. C’est pas le moment de faire la fine bouche.
-Mais…
-Je fais appel à ton professionnalisme. Joséphine… enfin Marilyne du Brasier n’est pas si mal.
-C’est un boudin.
-Boudin ou pas, tu tournes, t’es sous contrat. Sinon, t’es grillé, plus aucun studio pour toi. Tu veux aller rejoindre Queue-en-béton qui apprend le brésilien pour traquer l’industriel au Bois !
-Si tu le prends ainsi… Marc, je te savais pas si vache.
-C’est la crise, mec ! Le cul se vend plus comme avant. On en tourne une tout de suite. T’es à l’étalage, en slip de bain et tu prends la pose… J’appelle Marilyn. Fais gaffe. On doit voir à ton slip que t’es pas un mannequin comme les autres. Quand Marilyn sortira un nichon, tu bandes au quart de poil, qu’on puisse faire un gros plan…
-J’ai une idée. Si on demandait à Francis de venir hors champ, peut-être qu’en le voyant, ça m’aiderait ?
-T’envisage l’affront que tu ferais à Marilyne du Brasier ? C’est son coiffeur qui te ferait bander, et pas elle ! L’affront…
-On peut pas remettre, sincèrement, je pourrai pas.
-Comment, tu pourras pas ?
-Non.
-Tu sais comment ça s’appelle un acteur porno qui sait plus bander ?
-Non.
-Un chômeur…
-Alors, laisse-moi me concentrer.
-Je vais te passer des revues. Mais te branle pas. Tu dois gonfler progressivement, mécaniquement, si je puis dire… et pas te mettre en place avec la crampe… progressif, t’entends ? Est-ce que tu saisis le rôle, nom de dieu de bon dieu de merde !
-Te fâche pas Marc. Nous sommes entre artistes quand même !
-A la limite, on peut t’appareiller. Si on t’appareille la caméra n’est plus libre, tu comprends. On risque de voir le tuyau, la pompe, enfin tu le sais aussi bien que moi… On t’a préparé un slip pour que ça se voie mieux… la couturière a passé la nuit dessus… C’est un tissu gonflant., une gaine intérieure… un slip confortable… J’ai envie de passer un brevet.
-Tu te rappelles la dernière fois, Germain m’avait appareillé dans « Sophie patine à chaud », il m’avait bleui une couille à la pression, le saligaud !...

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-T’inquiète. T’es prêt ? Attention, « L‘enfileur de vieilles » deuxième, moteur… Bouge pas Roger. Alors elle vient cette salope de Marilyn ? Tu t’approches, ma douce, avec la copine… qui c’est celle-là ?... Tu t’arrêtes à la devanture. Sors pas un nichon tout de suite… Tu rigoles… Tu ricanes pas. Tu sais pas rigoler, merde ! C’est ça glousse… Tu lèves ta jupette, l’autre est déjà à l’enlever… A toi Roger. Tu commences à bander… alors, quoi… ça vient… fais un effort nom de dieu, pense à Francis. Non. Arrête. Coupez ! Qu’est-ce qui m’a foutu un enculé pareil ?

23 octobre 2009

La foire aux présidents.

A force de forer des trous dans le gruyère, il y a plus d’air que de fromage.
C’est ce qui se passe au MR. Malgré l’omerta du silence, tout le monde y parle de Reynders, de ses détracteurs, de ses partisans, mais en catimini, sans avoir l’air d’en remettre une couche. C’est difficile pour ceux qui se sont fait une spécialité des voix de préférence de perdre une apparition au journal télévisé !
On se croirait au PS français dans ses plus mauvais moments : l’élection de Martine Aubry !
S’il ne s’était agi que d’une « hystérie » passagère de Christine Defraigne, cela aurait pu s’arranger. Comme ce n’est pas le cas, puisque les frondeurs sont plus nombreux que prévu, on voit se dessiner les pour et les contre du cumul de Reynders, président du MR et vice-premier ministre, à la tête desquels les Michel et leur bouffon de cour Gérard Deprez.
De sorte que se voit autre chose que le dépit d’une femme blessée.
Cette querelle n’est pas affaire de génération, ni les Montaigu contre les Capulet. Elle ne traite pas d’une différence de projets entre leurs promoteurs, elle est le signe d’un profond malaise ressenti par les professionnels de la politique que nos élus sont tous devenus, qui craignent pour leurs emplois, puisque le MR est exclu du pouvoir régional : wallon et bruxellois et qu’il n’est pas sûr, comme va la Belgique, qu’aux prochaines élections il se maintienne au fédéral.
C’est à l’occasion d’une opposition qui va être longue que les anciennes rivalités, celles du vivant de Gol, resurgissent du passé pour alourdir le conflit actuel.
C’est Jean Gol, vice-Premier ministre et ministre de la Justice des années 80, qui découvrit Didier Reynders, assistant à l’Université de Liège de l’inénarrable François Perrin.
Les hommes se plurent. Sans doute le jeune âge de « Didjé », son adresse aussi à manier la brosse à reluire, conquirent un Jean Gol, pourtant extrêmement méfiant, de tempérament inquiet et doutant de la loyauté de ses « amis ».
Il paraît que Gol en fit un de ses rares intimes en qui il pouvait déverser ses humeurs anxieuses, en même temps que ses coups de langue contre tout le monde.
Didjé n’a presque rien à envier à la montée dans les sphères du pouvoir de Jean Sarkozy. Président de la SNCB à 26 ans, chef de cabinet, à 27, la carrière parallèle de Louis Michel à l’époque n’est pas comparable. Louis Michel n’est pas sur le même pied que Didjé vis-à-vis de Gol. C’est l’homme à tout faire dont Jean Gol dira de lui avec un certain mépris : "Il ment même en dormant".
Mort subitement en 1995, un peu de la même façon que Philippe d’Orléans, régent de France, Jean Gol laissa choir le sceptre du président sans avoir eu le temps de désigner son dauphin : Didjé !
On connaît le don de Louis Michel pour le théâtre. C’est peut-être le seul à pleurer en public de vraies larmes ! Effondré devant les caméras, il recouvre ses esprits rue de Naples et s’impose sans trop de mal à être le premier à tenir les cordons du poêle.

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Le reste est bien connu. Michel se fait une réputation d’homme dévoué et raisonnable. Il est veule, vulgaire, mais cela ne se voit pas trop.
Quelques années plus tard Duquesne plie bagage et quitte la présidence. Louis Michel qui a pris la trogne d’un vigneron de Pommard a d’autres ambitions que la présidence. La Belgique est trop étroite comme ses vestons de l’année passée.
C’est Didjé qui monte sur le trône, après quelques mouvements de menton de Kubla et de Serge Michel.
C’est son mimétisme avec son mentor disparu, Jean Gol, qui vaut aujourd’hui à Reynders une rébellion inquiétante : méfiance envers tout le monde, acerbe à l’encontre des personnels des autres partis, mais aussi du sien, et enfin une ironie que les petits saisissent comme des injures et qui est l’apanage d’un homme plus cultivé qu’il n’y paraît.
Dans ce combat à distance, Maingain est pour Reynders et Deprez pour Michel.
Mais Deprez, fine mouche et s’il n’a qu’un génie, c’est celui de ramasser à chaque législature un mandat au Parlement ou à l’Europe par mille et une entourloupettes dont il a le secret, se demande s’il pourra finir en pantoufles à souffler des mandats juteux aux jeunes.
C’est ainsi que le journal satirique Pan fait mention d’une démarche du MCC de Deprez auprès de Joëlle Milquet pour rejoindre la Maison mère. Comme Milquet connaît l’oiseau, elle aurait refusé la proposition de l’opportuniste libéral.
Le conflit interne au MR, les hésitations de Joëlle Milquet à quitter la présidence du CDh, la dictature de Di Rupo qui tire à vue sur toute espèce d’idée qui n’est pas de lui au PS, l’aigle bicéphale Durand-Javaux chez Ecolo, les présidences en Belgique semblent être de la première importance dans la direction des partis. Ce sont elles qui conditionnent tout. Alors, c’est partout la foire d’empoigne et les présidents passent leur temps à flinguer ceux qui montent, plutôt qu’à réfléchir sérieusement à l’état de la Belgique.
Voilà le communautaire qui revient en force, avec nos présidents foldingues, nous n’avons pas vraiment les moyens de lutter. Heureusement que la Région germanophone vient à la rescousse pour nous procurer du bois de rallonge. Dire que les partis wallons et bruxellois sont lamentables, c’est une réalité qui fait prendre l’électeur pour un con.

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22 octobre 2009

Thomas Woodrow et le petit Nicolas.

Il faut remonter au président américain TW Wilson (1) pour trouver une analogie entre sa psychose et celle d’un autre président, Français celui-là, Nicolas Sarkozy.
Adolescent, Wilson s’était identifié au Christ. L’individu qui s’identifie au Christ, ne l’est pas, évidemment et il en a conscience. Cependant le névrosé qui s’est identifié au Christ, quand il se voit harcelé dans son quotidien de par sa fonction, se persuade qu’il a atteint le but sans lutter, rien que parce qu’il s’est soumis au Père. Même en cas de défaite totale, sa soumission l’encourage à penser l’inverse.
Sarkozy, lui ne s’identifie pas au Père, il est le Père.
Tout dans son discours faussement modeste, sa dialectique tenant à prouver que son raisonnement est juste, a priori, tout argument contraire est donc faux ; la manière dont il écoute les gens pour finalement n’en pas tenir compte, dénote en lui une croyance forte : il incarne la puissance divine...
Dès son intronisation, il l’a suffisamment annoncé. Il n’y a et il n’y aura désormais qu’un seul responsable.
La blague qu’on se répète dans les rangs de l’UMP est significative : « Une voiture vide s’arrête devant le perron de l’Elysée. Le premier ministre Fillon en sort ».
L’hôte de l’Elysée a fait mieux que ressusciter Lazare. Il a créé un homme qu’il a sorti du néant et pour montrer sa puissance à tous, quand l’entretien est terminé et que Fillon rentre dans sa voiture, celle-ci quand elle passe le porche de l’Elysée est de nouveau vide.
Alors, au Père, il fallait le Fils.
Le fils qu’on martyrise, qu’on insulte, à qui on reproche son jeune âge.
Le Père semble lui dire « Ta souffrance, mon Fils, rachètera les Français ».
Contre l’avis d’une partie de son parti, sans doute après en avoir arrêté la stratégie à l’Elysée avec ses conseillers, Nicolas a oint Jean Sarkozy. Avant de prendre le quartier de la Défense à bras le corps, Jean n’aura à craindre que les fracas de l’opposition, qui seront autant de vagues qui viendront mourir contre la superbe du pouvoir.
Pendant huit ans, les Etats-Unis ont été dirigés par un malade mental. Le président Wilson s’est senti en communication avec Dieu. Il l’a déclaré plusieurs fois, être guidé par une puissance rayonnante qui se trouvait en-dehors de lui. Le Traité de Versailles qu’il a signé en 1919 avec les Alliés, c’est lui qui l’a voulu de telle manière qu’il est en grande partie responsable de l’avènement d’Adolphe Hitler au pouvoir dès 1933, à l’origine, une vision qu’il aurait eue de la Sarre, région industrielle d’une importance capitale pour l’hégémonie future du Reich et que les Français voulaient annexer ! Il en a fait un land occupé puis abandonné à la déconfiture de la République de Weimar.

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L’infaillibilité présidentielle est partagée entre Wilson et Sarkozy.
Le soutien de ce dernier en 1995 à Edouard Balladur qui se voyait détrôner Jacques Chirac, est une première erreur. Si l’on regarde de près son parcours, « son infaillibilité » annoncée est jalonnée ainsi de bourdes. Non seulement, il s’était trompé, mais encore cette erreur fut lourde pour lui de conséquence. Il perdit la confiance de Chirac. Il lui fallut plus d’une fois manger son chapeau et rabaisser de sa superbe. La haine pour Villepin date de cette époque, un Villepin triomphant issu du cabinet de Chirac, remplaçant Raffarin usé par le pouvoir et forgeant avec le président Chirac le traquenard de Clearstream dans lequel Villepin finit par tomber avec quelques comparses.
Sarkozy, s’accrochant, maître de l’UMP, successeur légitime de Chirac qui avait jeté le gant abandonnant Villepin au milieu du gué, la cène de la dernière version du nouveau testament, il la vécut au Fouquet’s.
Certes, il fallut beaucoup de talent à Sarkozy afin de traverser ces années de disgrâce sans trop s’éloigner du pouvoir, mais c’est le propre du Père de n’avoir de la mémoire que pour la trajectoire ascensionnelle, celle qui le hisse au-dessus des hommes.
L’Histoire nous apprend que les réussites exceptionnelles en politique finissent souvent dans le caniveau. A force de vouloir être partout, on finit par n’être plus accepté nulle part. Champion des promesses non tenues, héros malheureux d’une crise économique qu’il n’avait pas prévue sur le temps qu’il tenait sa promesse du Fouquet’s de plafonner les appétits de l’Etat sur les fortunes de ses amis réunis ce soir-là, le Président ressemblerait plus à un dieu païen que des monothéistes contestent, que le Dieu unique et souverain régnant sur la France, qu’il se croit être.
A quelqu’un qui demanderait comment cela pourra-t-il finir ? On répondrait : mal.
On a raison depuis Pétain et même avant, de se méfier des hommes providentiels, surtout ceux qui nous annoncent qu’ils font le sacrifice de leur vie en la donnant à la France.
Nicolas, n’en est pas encore là.
Comme le Président Wilson, de lui, on peut s’attendre à tout.
---
1. S. Freud, W. Bullit, le Président Wilson, in Petite Bibliothèque Payot, 1990, préface de Gérard Miller.

21 octobre 2009

Plus belle sera la crise !

Comment peut-on affirmer que la crise est « out » ?
Parce que les banques renouent avec les bénéfices… que l’industrie dévastée et le chômage massif compteraient pour rien ? Si c’est comme ça que nos économistes voient la reprise, belle mentalité !
Mais sait-on la manière dont les banques renouent avec les bénéfices ? Elles y renouent grâce à une variante de la spéculation qui nous a valu le krach de 2007 aboutissant au désastre de 2008.
Sauf qu’elles ne jouent plus sur des créances pourries de l’immobilier. Elles ont remis sur pied des bulles spéculatives sur les matières premières qui partent de l’excès d’activités financières au détriment de l’économie réelle, avec des épargnants toujours avides de placements juteux, décidément incorrigibles les petits porteurs !
Cette situation est d’autant plus préoccupante que l’industrie n’a pas retrouvé le chemin de la reprise.
Avant d’expliquer vers quels abîmes nous courons, comment les banques pourraient-elles indemniser des pertes considérables en postes de travail et en destruction d’entreprises ? Qui va rembourser les dégâts ? Qui va indemniser les victimes ? L’Europe a-t-elle jamais pensé à cela ?
Les deux ou trois types qui font bien leur métier d’économiste expliquent pourquoi le crédit est tellement rare et cher ; alors qu’on a renfloué la banque afin de sauver des entreprises. Si les banques faisaient leur métier correctement à savoir irriguer d’argent frais les forces du travail, au lieu d’ouvrir les robinets sans retenue sur les spéculations financières, on n’en serait pas à redouter l’avenir..
Le cynisme dans ce milieu est grand. La palme revient au raisonnement qui veut que ce soient les Etats qui ont renfloué les banques qui poussent celles-ci à spéculer. En effet, ce renflouement se paie à 8 % d’intérêt en moyenne, alors que les Etats ont eu des capitaux à des taux très bas. Les banques veulent rembourser au plus vite. Certaines y sont déjà parvenues. Mais pour rembourser, il faut spéculer et non pas prêter de l’argent à des industriels qui ont des garanties, certes, pour financer des projets, mais sans aucune mesure avec les profits sur les marchés de matière première. .

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La logique de fonctionnement des bulles reste inchangée. Sauf que les fonds-casino proviennent d’un déplacement de la demande d’actifs.
L’accès facile des investisseurs à une liquidité abondante, associée à la recherche de rendements anormalement élevés par rapport aux rendements sans risque, les pousse au mimétisme, puisqu'ils doivent être acheteurs des actifs dont les prix montent. Ceci concentre la liquidité sur un petit nombre d'actifs dont les prix croissent de ce fait exagérément, d'où l'apparition des bulles.
Si la plupart des investisseurs acquièrent les mêmes actifs, l’effet rareté de la quantité offerte relativement à la quantité demandée, se traduit par une hausse des cours. Dans un second temps, le spectacle du concurrent qui se gave va produire ses effets les plus pervers et cette hausse des cours alimente une nouvelle demande fondée sur des anticipations irrationnelles de poursuite de la hausse … et le cercle « vertueux » du gonflement de la bulle se poursuit jusqu’au moment ou le retournement brutal des anticipations provoque une chute non moins brutale des cours, avec toutes les conséquences financières qui peuvent en découler pour ceux qui ont joué avec le feu, mais aussi pour ceux qui n’ont pas joué mais qui perdent beaucoup, parce qu’on les aura à nouveau trompés sur la nature de leur placement..
Le songe creux d’une mondialisation heureuse et d’un capitalisme à visage humain, d’Alain Minc pourrait se dégonfler une seconde fois dans un délai très court..
En toute logique, puisque la bulle n’est pas encore gonflée à bloc, les traders ont encore du bon temps devant eux. Ils vont se partager à la fin de cette année un énorme butin, on parle de 140 milliards de dollars. Ils l’ont mérité, puisqu’ils en ont fait gagner bien davantage à leurs banques !
Accumuler du capital sans avoir besoin pour cela d’exploiter le travail, c’est la trouvaille de la crise de 2007/8. Elle s’est perfectionnée encore en 2009, pour éclater dans les années qui suivront.
Inutile ei dire que c’est le rêve pour un mondialiste : plus d’ouvriers, plus de syndicats, plus d’usines, plus de taxes, rien que du beau pognon bien frais apporté par téléphone !

20 octobre 2009

Une bande de Panopticon.

Le récent accord avec la Hollande pour l’hébergement d’une partie de nos détenus, l’accélération d’une justice à l’encontre du petit délinquant, la longueur, au contraire, des débats judiciaires lorsqu’il s’agit d’un délinquant connu ou riche (les deux ne sont pas incompatibles) avec la palette assez riche des recours, enfin la distance qui sépare les jugements de personnages politiques ayant fauté durant et en fonction de leur mandat, aux opposants politiques au régime, rapidement désignés terroristes, laissent à penser qu’on va vers une justice à l’américaine, bien dans le cadre de la mondialisation.
Après le traumatisme de septembre 2001, la justice américaine s’est emballée. Dorénavant, aux States, on s’occupe moins du délinquant et de la punition quasi automatique et pratiquement sans entendre l’intéressé, que de contrôler les groupes à risques, ce que les flics ont immédiatement traduit par le délit de faciès.
En Belgique, cela se traduit par les rapports de police qui tiennent lieu de procureur et de juge d’instruction. Il est très difficile à un innocent, de se disculper dans le cadre d’un rapport de police tendancieux.
Le juge devient le président d’une cour de validation du jugement prémâché par les autres, le procureur a presque bouclé l’affaire à lui seul, puisqu’il a préparé le dossier et déjà prévu la peine. Bien entendu, il n’est question dans ce domaine que des petites affaires ; mais qui peuvent aller jusqu’à quelques années de prison ferme.
Le prévenu est à peine entendu. Se lance-t-il dans de longues explications, le juge regarde sa montre, presse le prévenu et finit par se courroucer si celui-ci entend exposer l’affaire à sa manière.
De plus en plus, il est question d’une formule nouvelle, une sorte de transaction qui arrêterait la procédure par consentement mutuel, si l’on peut dire. Le prévenu – solvable il va de soi – paie une forte amende et éventuellement des dommages et intérêts, en général à son assurance s’il s’agit d’un accident de la circulation ou tout autre préjudice couvert, sous forme de traite mensuelle… et à l’affaire suivante.
Si la dérive, comme cela en prend le chemin, s’amplifie, on transigera avant le procès – c’est le fameux plaider coupable si souvent vu dans les films américains – on peut écoper ainsi d’une peine assez lourde, mais qui le serait davantage en plaidant l’innocence. C’est ainsi qu’on voit des détenus ayant plaidé coupable et l’étant effectivement, accomplir une peine moins lourde que l’innocent ayant refusé la procédure, et condamné au maximum.
Certains pénalistes trouvent encore leur source de référence dans le code civil de 1810, largement repris en 1831 en Belgique et inspiré par Jeremy Bentham.
Ami de Brissot, la révolution française voit Bentham fourmillant d’idées afin de réformer le Code de l’Ancien Régime. Sa méthode, "Le calcul du bonheur et des peines", vise à déterminer scientifiquement – c'est-à-dire en usant de règles précises – la quantité de plaisir et de peine générée par nos diverses actions. Il mêle législation et morale, ce qui est encore aujourd’hui l’idée que l’on se fait de la justice et qui est totalement fausse. Pour Bentham, on ne doit admettre d'autre règle que l'utilité : ce qui lui fit donner à son école le nom d'Utilitarisme.
Il propose au gouvernement un projet, le Panopticon, qui inspirera de nombreux juristes.

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Etrangement, c’est en France que cet Anglais propose ses réformes. De retour en Grande-Bretagne, il n’a pas le succès escompté, surtout dans la réalisation de sa prison modèle, faute de moyens.
Il semble bien que la justice américaine en a fait plus de cas que nous. Mais il est certain que la mondialisation des affaires joue un rôle dans la transformation de la justice européenne qui opère à notre insu souvent, un rapprochement de celle pratiquée aux Etats-Unis.
A la crise, nous ajouterons bientôt les méfaits d’une autre crise, celle de la justice néolibérale.
En fonction des prévisions pessimistes, comme l’augmentation de la délinquance urbaine qu’accompagne la misère qui monte, la possibilité d’émeutes, puisque la crise a fait perdre et fera perdre encore beaucoup de pouvoir d’achat, la justice se prépare à nous tomber dessus à bras raccourci. Il lui faudra faire vite et frapper fort. Rien de tel que de se mettre à la méthode américaine. Pour mémoire, un américain sur cent est en prison au pays des « libertés » !

19 octobre 2009

Didjé et Elio : même combat !

Coup dur pour les partis socialistes sociaux démocrates en Europe.
Que ce soit en Allemagne, au Portugal, en Grèce, en France surtout, on assiste à l’émergence d’une opposition à la gauche de la gauche qui mord sur l’électorat traditionnel socialiste.
D’abord timide, elle s’affirme entre 5 et 10 % des suffrages, en général. Elle devrait faire plus en France, au point de risquer de marginaliser le parti de Martine Aubry, qui perdrait ainsi son titre de premier interlocuteur de la droite au pouvoir.
Après la crise financière de 2008, la stagnation de la croissance et le chômage en nette progression, l’Europe est entrée dans les prolongations de la crise pour 2009 et 2010 avec comme résultat immédiat une perte de vitesse de la gauche collaborationniste et un rejet de la social-démocratie, longtemps resté le seul modèle possible de la gauche classique.
En Belgique, le parti écolo prospère en lieu et place de cette gauche de la gauche en France. Il faudra un certain temps de participation aux instances de pouvoir pour que le public s’aperçoive que le parti de Javaux n’a pas précisément une vocation sociale et que, pour l’ensemble du parti, la théorie de la social-démocratie même largement dépassée est une limite que les militants écologistes ne franchiront pas.
En Belgique, les opposants de gauche au PS restent très marginaux. Le parti semble tenu en laisse par Di Rupo qui a muselé les sections en les chloroformant d’une participation offerte sous la forme d’une sorte de quiz que le prestidigitateur Magnette devait coordonner après son coup de Charleroi et qui a été un tel bide qu’on n’en parle plus.
Mais cela a permis de justifier l’endormissement général.
Di Rupo n’en demandait pas tant. Il est vraisemblable que s’il y a un jour une opposition à la politique centralisatrice de l’Aigle de Mons, elle viendra de l’extérieur, à moins que la situation actuelle ne fasse naître un Mélanchon belge, décidant de claquer la porte du PS pour s’en aller tenir un langage plus ferme ailleurs.
Et comment va donc la vie de cour au MR ? « Didjé » Reynders et quelques barons de sa cour sembleraient y faire la même chose que Di Rupo au PS.
Est-ce qu’on y étouffe trop ou est-ce un parti plus ouvert à la critique interne ?
Christine Defraigne est montée aux créneaux la semaine dernière afin de dénoncer la mégalomanie de son président qui veut tout contrôler et tout savoir. Elle remet le couvert cette semaine avec quelques autres mécontents et ce n’est pas triste.
Des militants socialistes, qui feraient exactement la même chose, auraient déjà été exclus depuis longtemps par Di Rupo. Rue de Naples, on s’est contenté d’enlever la présidence du groupe MR au Sénat à la rebelle.
Pour justifier l’éviction de Christine Defraigne, Philippe Monfils, un des fidèles de Reynders, a reproché à la présidente qu’elle n’arrivait jamais à l’heure !
L’argument ne grandit pas son auteur.
« Le Soir » parle d’une image de Didier Reynders de plus en plus dégradée. Au dernier sondage La Libre/RTL-TVI, le crédite d’une perte accrue de 5 %. Des élus et des militants sont convaincus qu’avec lui, le MR va dans le mur aux élections fédérales de 2011. La bronca se poursuit et se poursuivra vraisemblablement jusqu’au Congrès promis de printemps, à moins que d’ici là le trio d’enfer - les Michel et Gérard Deprez - n’ait trouvé leur colonel von Stauffenberg pour éliminer Didjé.

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Le malheur, c’est que notre homme, après avoir renoncé à faire une carrière régionale et notamment comme bourgmestre de la Ville de Liège, a brûlé ses arrières pour un destin national, qu’il a raté aussi, quand le poste de premier ministre lui est passé sous le nez. Alors, sa grandeur déchoirait en redevenant l’assidu du conseil communal liégeois, avec Christine Defraigne en voisine !
Et voilà qu’en plus du trio d’enfer Frédéric Ries, qu’on croyait bien souple après son passage à RTL, a rejoint le camp des dames !
Plus question d’attendre le printemps. L’opposition grossit. Le trio s’interroge. Loulou, père historique, depuis que Jean Gol n’est plus là pour dire le contraire, attend encore un peu. Le scénario pour lui le mieux adapté à sa stature serait qu’on l’appelât à la barre et qu’il hésite à franchir le Rubicon. Ainsi, si l’affaire tourne au vinaigre, il se posera en ultime rempart, le défenseur de l’idée d’Alexis de Tocqueville, l’incarnation du libéralisme remodelé. Resterait à renoncer à sa candidature de président de l’Assemblée des Nations Unies. Il a deux mois pour cela. C’est court. A moins qu’il ne cumule le poste de prestige à New York avec le sceptre rue de Naples. Ce serait encore plus fort de café que Didjé à qui on reproche de cumuler rien qu’à Bruxelles. Michel le verrait bien uniquement ministre des finances jusqu’en 2011… après, l’électeur jugera.
Ah ! il est beau le libéralisme vu de l’intérieur. Enfin, ce n’est pas le petit caporal du PS qui pourra leur en remontrer.

18 octobre 2009

Cherche vieux pour sale boulot.

La rage me prend à la vue de tout ce qui a été salopé dans le système en pleine dérive mondialiste et de ce qui pend au nez de tous.
Non seulement la crise n’est close que pour Wall Street qui repart à la hausse et les banques qui placent à tout va, mais encore aucune leçon n’a été apprise de ce plongeon dans les abîmes sauvé par les collectivités.
Le plus terrible est à venir. L’effondrement de l’industrie se poursuit ; sa désagrégation s’accentue partout en Europe, 9 % en moins en France et peut-être plus en Belgique, l’année dernière, déjà plus cette année. D’ici vingt ans, les zonings seront des déserts. La Chine attire les entreprises par ses bas salaires, son manque de couverture sociale et l’absence d’une réglementation d’hygiène et de soin dans les usines.
Demain, ce sera l’Inde qui offrira d’avantage de rendements des capitaux placés dans l’industrie, tandis qu’au nom du profit on finit de saccager la forêt amazonienne. Quand ce sera chose faite, la main-d’œuvre brésilienne sera aussi attractive que la main-d’œuvre asiatique.
La mésaventure des subprimes, de la titrisation et des ventes d’immeubles à des insolvables n’était qu’une entrée en bouche. Elle n’a pas servi de leçon. L’égoïsme est trop ancré dans les cervelles. Les derniers consuméristes se battront comme des chiens. Le capitalisme finira par avoir raison de notre civilisation. Pour un Madoff en prison, dix autres prennent la suite.
Nous assistons au début d’une désertification industrielle dont les effets immédiats se font sentir : dérégulation, bas salaires, chômages élevés, diminution des avantages sociaux, accélération de la paupérisation des travailleurs – un seul salaire ne peut plus suffire à entretenir un ménage de quatre personnes – et enfin lent dépérissement des pensions mettant en cause deux éléments : les « trous » dans le parcours professionnel du travailleur vont réduire les pensions de façon considérable, la lente érosion des pensions planchers s’effectue dorénavant moins par l’inflation que par l’augmentation des taxes, des services et autres TVA.
Par la volonté de reculer l’âge de la retraite et avec la multitude de jeunes qui n’a même pas l’opportunité d’un premier emploi, nous entrons dans une société où les vieux de 70, 75 ans, voire plus, seront obligés pour survivre de reprendre du service, là où ils le peuvent pour améliorer un peu leur quotidien, tandis que les patrons utiliseront cette main-d’œuvre bon marché pour faire pressions sur les autres.
L’excellent hebdomadaire Marianne interviewe Lucien, un retraité de 78 ans. Sa réflexion pourrait être étendue à beaucoup de seniors « J’ai sottement cru que les retraites étaient le patrimoine de ceux qui n’en avaient pas. Et regardez-moi : à 78 ans, je cours les petits boulots pour garder la tête hors de l’eau ». L’hebdomadaire nous apprend que Lucien travaille depuis l’âge de 16 ans. Depuis 3 ans, il perd sa fin de vie à la gagner.
Le résultat du système économique mondialisé est clair : les quelques industries qui restent ne recrutent pas, mais « dégraissent ». Les emplois perdus le sont bel et bien. il faut être un cinglé comme Louis Michel pour croire en l’avenir d’un monde pareil. Les différents pays d’Europe n’ont plus de ministres de l’industrie ; ils sont devenus des représentants de commerce au service du peu d’activités qui reste.

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On nous présente le cumul des emplois comme une source de progrès, quand par chance ( ?) et opportunité ( ?) un travailleur fait deux boulots à la fois. On voit dans le recul de l’âge de la pension une adaptation à la longévité de la population qui a gagné quelques années sur la mort par rapport à la génération précédente. Tout se fait comme si c’était naturel de revenir en arrière, de perdre des avantages, de voir se transformer les lois à notre détriment, au moment où nous y avions droit !
Est-on sûr que c’est un progrès de travailler plus, pour juste gagner la tranquillité d’esprit aux fins de mois, bosser à 75 ans quand on sait que la moitié des pensionnés à cet âge ne le peut plus, et qu’on ne sait pas soi-même jusqu’où ça va pouvoir être possible, et si en faisant des efforts disproportionnés avec les moyens physiques qui diminuent, on n’acquiert pas plus rapidement le droit d’entrer au cimetière ?
Aujourd’hui, l’incitation à travailler après la retraite, que le pouvoir diffuse sans vergogne, est une propagande pour la régression sociale.
La retraite était l’occasion de pouvoir actualiser des centres d’intérêt que l’on avait abandonné faute de temps, on retrouvait ainsi le chemin des activités intellectuelles, tout ce qu’on n’apprend plus à l’école et qui rendait jadis l’étudiant meilleur et humaniste. En retombant dans le boulot, parfois bien en-dessous de la qualification d’origine, beaucoup ont l’impression de déchoir et d’en prendre pour perpète, alors que s’évanouissent les chances d’égayer sa fin de vie par une autre aventure personnelle, désirée cette fois et non imposée.
Evidemment, il est plus facile de s’adapter au temps quand on a des rentes ou qu’on a bénéficié d’un salaire qui a permis d’en mettre de côté. En général ce sont ceux-là qui donnent des conseils, et qui trouvent que l’évolution va dans le bons sens.
Ils disent nos suborneurs : « Tenir un autre langage, ce serait improductif. Nous ne sommes pas en temps de guerre pour alarmer ainsi les gens ».
Pas d’accord ! Nous sommes en guerre. Les privilégiés ont choisi leur camp. Et ce n’est pas le nôtre !

17 octobre 2009

Les cavaliers La Guillaumette et Croquebol.

C’est à ne plus reconnaître les socialistes ! Avant de virer à droite, il n’y avait pas plus antimilitaristes qu’eux. Ils nous défendent à présent grâce à un des leurs qui veille à ce que les ennemis ne « viennent jusque dans vos bras / Égorger vos fils, vos compagnes ! »
André Flahaut - on le voit bien avec une toque de chef accueillir une clientèle sélect à l’Auberge du Cheval blanc, plutôt qu’en cuistot de la roulante - est un politicien à la dent dure. Entre lui et Pieter De Crem , c’est la guerre depuis toujours. Quand Flahaut sautait d’un char pour inspecter la flottille d’hélico, à la Commission de la Défense l’autre n’avait pas de mots assez perforants pour faire un trou dans la cuirasse du socialiste, moquant le sourire cauteleux qu’il avait en serrant les mains des militaires engagés en Afghanistan, etc. Le ministre ne savait pas compter, le ministre n’avait pas la capacité de faire évoluer l’armée vers plus de professionnalisme, etc. Bref, Flahaut avait beau essayer de le séduire, c’est comme si le Flamand voyait en Flahaut un taliban.
On ne sait quel accord prévalut entre les Communautés, mais il y eut permutation. De Crem devint ministre et Flahaut alla à la Commission de contrôle. Les rôles s’étaient inversés.
Jour de gloire pour le Flamand. Ce départ fut comme le clairon du matin quand la journée est belle et que le « maréchadeslogis » De Crem, comme disaient jadis les gars du contingent, crie « en selle » pour une tournée de la cour dans l’enfer des sabots sur le pavé
Les frères ennemis se regardent de plus belle en chien de faïence.
On ne saurait dire pourquoi, mais avec ses rondeurs, Flahaut parvenait à nous faire accepter le métier de militaire. L’autre, en adjudant pète sec est inimitable. On se croirait revenu au temps du train de 8 h 47, les cavaliers La Guillaumette et Croquebol pouvant être des pseudonymes tout à fait acceptable pour nos deux vaillants.
L’image ne reflète pas bien le caractère de Pieter De Crem. Son but est de faire ce que l’autre à trop attendu d’accomplir, à savoir une réforme en profondeur de la grande muette, par la nécessité de faire des économies sur le théâtre des opérations, puisqu’il n’y a plus de théâtre et plus d’opérations, si ce n’est sous des commandements étrangers…
Vous me direz, la grande économie serait de supprimer carrément une armée devenue parfaitement inutile. Ainsi, avec le capital épargné de ce grand corps superfétatoire, l’opération budget du gouvernement aurait été une plaisanterie.
Evidemment nos deux tourlourous sont en désaccord sur tout, sauf pour le maintien de la chose militaire et vilipender d’un même cœur, un pékin critiquant les petits soldats au point de les vouloir tous fêter la quille.
Bref, on brade des bâtiments stratégiques de 1848, historiques et rénovés, comme la brique des années 60. On liquide des stocks de surplus capables d’équiper des bataillons entiers de rebelles congolais et même des armées régulières, mais on conservera le troupier la fleur au fusil, troupier professionnel, bien entendu, spécialisé dans l’électronique, un peu comme les jeux Nitendo, mais en vrai.

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De Crem, le pète sec, dans le plus grand secret afin que son « ami » Flahaut l’apprenne par les gazettes, a commis un plan où ça y va ferme dans la fermeture. Au point que la régie des bâtiments militaires, la Commission des Monuments et des sites (pour l’hôpital Saint-Laurent) tremblent déjà pour les dégradations rapides dans des bâtiments abandonnés.
Dans les solutions pour que ça ne vire pas à la catastrophe, Pète sec a envisagé de brader à des prix plancher des casernes qui pourraient sans trop de frais devenir des prisons.
A défaut de taper sur un plan quand la nécessité fait loi, Flahaut s’est lancé dans une diatribe touchant la méthode de De Crem. "Je regrette que cette commission soit la dernière institution informée de la teneur du plan". Tandis que Juliette Boulet, une écolo canon bien sûr, a donné raison au maréchal Flahaut "Le plan de restructuration et ses conséquences sont trop importants pour ne pas avoir un débat sérieux sur la question. Or, comme les députés viennent à peine d'en prendre connaissance, ce débat est actuellement impossible."
Voilà le retour à la case départ, c’est-à-dire à une nouvelle commission sur le sujet.
Plutôt que sabrer sur des champs de bataille, De Crem prévoit de sabrer dans l’économie à raison de 97 millions d'euros, soit 4.000 hommes en moins, donc 4.000 chômeurs de plus
La disparition de quartiers militaires dans certains centres villes met les promoteurs et les margoulins de l’immobilier dans les starting-block pour des rachats à vil prix..
Bref Flahaut n’en dort plus la nuit. Et si De Crem réussissait ?

16 octobre 2009

De sang royal…

On s’indigne à propos de Jean Sarkozy qui postule à 24 ans et sans diplôme la direction de l’aménagement du quartier de la Défense à Paris.
Quand on voit tous les imbéciles largement diplômés qui sévissent un peu partout dans les partis qu’ils soient français ou belges, on ne peut pas parler de critère raisonnable à propos des connaissances qu’il conviendrait d’avoir en l’occurrence.
Qu’il ait fait deux ans de droit ou dix, on ne lui demande qu’une belle gueule, une belle origine et un bagout de camelot. Il a tout cela, mieux peut-être que des avocats blanchis dans les prétoires, dont certains parmi les plus pourvus en certificats d’études, sont beaucoup plus cons que lui. Alors, qu’est-ce qu’on lui reproche à ce gamin ?
Qu’il soit le fils de qui vous savez, c’est indubitable, et alors ? Ce n’est pas le premier fils de… qui profite de la situation.
Est-ce qu’on demande leur qualification à nos princes et princesses pour occuper des postes de prestige, Croix-Rouge, ambassadeur de l’industrie, représentation en costume ?
Nous, les petits, sommes arrivés très vite à notre monticule final – le mot sommet n’est pas pour nous - par la suite logique d’une marche en avant plus courte, produit d’une longue tradition qui commence dès le plus jeune âge. L’école n’est pas neutre. Comme dans une fourmilière qui scinde les naissances en « travailleurs » et en « soldats » selon les besoins, la société bourgeoise ségrége les individus en pauvres et riches. Tout pour les uns et rien pour les autres, telle est la devise libéralo-démocrate.
Parmi les cocons de type enrichi, il faut préparer les reines. On a donc prévu de préparer Jean pour succéder à Nicolas. C’est tout à fait humain et compréhensible, à défaut d’être normal en pure considération morale.
Qu’il n’ait pas terminé ses études ? Cela permet à ceux qui n’ont même pas fini leur primaire de rêver. De faire un pied de nez à l’incroyable jeu de société qui juge les gens, non pas à ce qu’ils sont, mais d’après des capacités supposées qui ne reposent que sur des examens nébuleux d’aptitude issus du népotisme bourgeois, sans aucune possibilité de savoir si le cursus suivi a amélioré l’intellect du sujet, sans pouvoir dire si on a affaire à une lavette, un sournois, un fou ou un homme vrai et apte à montrer le chemin aux autres !
On fait des examens pour tout, on donne des permis pour la pêche, la chasse, le droit de rouler en bagnole, de sortir ou d’entrer dans le pays, de manger des moules ou des harengs par votre diététicien. Est-ce pour cela que vous pêchez mieux, que vous savez mieux conduire et que vous digérez mieux le hareng ? Est-ce en fonction de cela que nous élisons les meilleurs ?
Pourquoi les gens installés vomissent-ils le populisme ? Parce que pour séduire l’opinion, l’homme de la rue en rajouterait ? Pas du tout. Ils vomissent le populisme parce que celui-ci à l’incontestable mérite de les juger tels qu’ils sont, c’est-à-dire souvent des créatures qui ne valent pas la maîtrise qu’on leur suppose pour s’arroger le droit de donner des ordres, d’imprimer des tendances, de ramasser du blé sur notre dos…

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Voyez en Belgique, nous sommes littéralement envahis d’avocats et de fils de… aux plus hautes responsabilités. Le pays est-il mieux dirigé pour autant ? Est-ce que la situation s’améliore ? Pas du tout. Mais ces gens ne sont pas là par hasard. Ils ont été formé n’ont pas pour faire mieux que les autres, mais pour occuper les meilleures places, sans pour autant disposer de mérites tellement évidents qu’on ne pourrait qu’y souscrire, béat d’admiration. Ils y sont parce que leur père y était avant eux, comme le boulanger est aidé par son fils au fournil. C’est tout.
Ce n’est pas la démocratie ? Il n’y a aucune diversité dans les milieux dirigeants ? Bien sûr. On ne demande pas à la fourmi pourquoi elle prend plus de soin d’un œuf que d’un autre. Elle fait exactement ce que lui dicte son instinct. Elle ne pense pas. C’est le cas du peuple.
Qu’est-ce que nous en avons à cirer que ce soit le fils Sarkozy ou le fils Michel, plutôt qu’un autre, de toute manière, ce ne sera ni vous, ni moi. Nous ne sommes pas nés pour ça.
Notre mère ne nous a pas inculqué de servir le pays sur le plus haut échelon. Elle ne l’aurait pas pu, attendu qu’elle-même n’avait été éduquée que pour l’amour du prochain sur le plus bas, le devoir d’aimer la patrie et de la servir, jusqu’à faire le sacrifice de la vie si la nécessité de la défendre s’en faisait sentir.
L’école a fait le reste. Tu seras ouvrier agricole, dit le fermier à son fils. Certes, il ne le dit pas comme je l’écris, s’il a de l’amour pour son fils, son ambition pour lui serait même qu’il devienne l’instituteur du village, mais son ambition, son devoir de père ne va pas plus loin. Alors, étonnez-vous que le président de la république veuille la même chose pour son rejeton et lui dise, tu seras président de la république mon fils, car lui, au contraire de l’ouvrier agricole, ne peut pas imaginer une condition supérieure à la sienne.
Et le fils du fermier est devenu ouvrier agricole. Happart s’en est mieux tiré ? D’accord, mais c’est parce qu’il a glissé entre les planches de la caisse de légumes et que les circonstances s’y sont prêtées. Et ce n’est pas du tout parce qu’il était plus intelligent, plus doué, plus sérieux que l’agriculteur voisin. Les petits qui réussissent sont des accidents de l’histoire, les grands sont des évidences.
Donc Jean Sarkozy devait réussir, et il a réussi.
Enfin, il n’est pas nommé, mais c’est tout comme. Et même s’il ne l’est pas à la Défense, il le sera ailleurs et ce sera encore plus juteux, plus grandiose, plus narcissique.
C’est quand même incroyable l’attitude des gens. Ils créent eux-mêmes les conditions de leur propre servage et de la montée sur les podiums de l’élite qu’ils ont fabriquée par leur extrême passivité, et ils s’en émeuvent ! Ils crient à l’injustice, à l’iniquité !
Pourquoi sur le temps que vous grincez des dents, votiez vous pour eux, les regardiez-vous s’étaler sur les pages des magazines ?
Enfin, on entend dire des vieux grognards que Jean fils de Nicolas est trop jeune ! Dans une société qui prône le jeunisme, c’est étrange. On ne va pas quand même pas avoir le front de lui faire le reproche de ses 24 ans. C’est même ce qu’il a de plus authentique, de plus avéré ! Là aussi, le fort taux de chômage des jeunes, l’impasse dans laquelle on tombe quand on a dix-huit ans et qu’il faut se vendre à quelqu’un pour ne plus manger le pain de ses parents, voir un mec de son âge damer le pion à tous les loufiats de la finance et de la politique, c’est du ragoût, non ?
Et puis que les vieux se rassurent, à 50 ans, Jean Sarkozy en paraîtra toujours 25 par les soins que les riches portent à leur image et par l’amour qu’ils ont d’eux-mêmes. Alors, 24 ou 50…

15 octobre 2009

La Droite en pénétration profonde…

…avec vaseline et les compliments de Van Rompuy !...

La méthode est éprouvée tant elle a fait ses preuves au long de la carrière politique du premier guignol qui passe….
On commence par pousser des hauts cris sur l’état lamentable des finances publiques. Les différents partis qui composent la majorité y vont de leur goualante : on ne touchera pas à ceci, on ne dépouillera pas celui-là, bref, chaque paroisse a protégé son curé des manœuvres du presbytère d’en face.
Quelques estafettes en reconnaissance ont annoncé des augmentations de taxe, des fins de subside des chasses aux chômeurs, du bromure pour ceux qui bandent encore en période de crise.
Nos Narcisses se sont expliqués en long et en large devant le 16 de la rue de la Loi. Ils nous aiment, n’ont pensé qu’à nous, nous serons sauvés grâce à eux ! Laurette a élargi son pantalon noir pour avoir l’air de flotter dedans, et Joëlle s’est fait une tête de femme voilée dévoilée (très difficile).
Bref le citoyen ne se sent plus menacé par le bouclage du budget.
C’est au moment où il ne se méfie plus, qu’il se fait baiser…
Comme ça fait plus de treize ans qu’il en a plein le c…, il peut plus la ramener au viol… Le décapsulage est autorisé.
L’augmentation du diesel est moins importante que ce Clerfayt a pu en dire ; les possesseurs d’une carte de banque paieront 1,4 milliards en trois ans en lieu et place de la banque, par petites doses successives, comme l’a déjà annoncé le responsable de la Deutsche Bank en des termes diplomatiques. On est heureux. Quand ça presse pas, on a le temps de voir venir !
-Je sens que ça vient chérie…
-Te presse pas Arthur, j’attends la montée des féronomes …
Comme il était à craindre, la facture c’est pour nous ; mais ce n’est pas grave, puisque l’opinion croit avoir échappé à un tsunami taxatoire. Le Philippe Moureaux pourra dormir à Molenbeek sur ses biftons, le socialisme est sauvé ; on ne touchera pas aux indemnités de la chose parlementaire. Mieux, on n’en aura jamais discuté !...
Prenons par exemple la taxe sur le nucléaire. Qui a payé à coup de milliards la construction des centrales nucléaires ? Nous. Au moment où elles sont archi amorties, qui va récolter les fruits de notre effort ? Les électriciens et l’Etat. Alors qu’il avait toujours été dit que nous récolterions les bénefs de l’amortissement dans nos factures d’électricité.
La taxe permanente sur l’énergie nucléaire n’est-elle pas ce qu’en toute honnêteté on aurait dû nous défalquer ?
Quant aux Ecolos, ils seront responsables devant l’opinion de s’être engagés dans un gouvernement qui maintiendra les plus vieilles centrales nucléaires jusqu’en 2025. Prions que d’ici-là nous pourrons empêcher que l’une d’entre elles ne fasse son petit Tchernobyl !
Dans ce mirifique projet, on a oublié d’intégrer les coûts de la démolition de ces centrales et de la conservation dans des endroits adaptés de certaines pièces du mobilier qui auront jusqu’à cent mille ans devant elles pour calmer leur tempérament hautement agressif…

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Chose curieuse, on n’entend plus la gracieuse Evelyne Huytebroeck et le non moins jeune et encore beau, Javaux aimé des foules, sur cette question fondamentale de l’écologie.
Les voilà déjà classés sitôt arrivés au pouvoir dans les happartistes à géométrie variable !
Pour la défense, moins de troupes, c’est du bonus pour la paix, mais pour l’intérieur, moins de flics, c’est du malus pour nos fesses dans les ruelles ! On peut s’attendre à construire des prisons en urgence, à moins qu’un miracle donne du travail à tout le monde, ce que je ne crois pas. Pour l’avenir, cela promet de fameux débats, avec des ministres de l’intérieur la main sur le cœur devant les victimes, et les psychologues en renfort afin de pleurer au rythme des familles. C’est clair, je ne suis pas pour les flics, surtout quand on les emploie à réprimer des grèves ou des émeutes ; mais, je suis pour casser du multirécidivistes que les bons juges estiment guéris.
Un violeur schizo, c’est pas du CCC à 20 ans minimum ; ça sort après six mois avec la bénédiction des psy pour des assouvissements qui fournissent de la pâture aux funérariums…
Les cinglés mis à part, si les voyous avaient la bonne idée de prendre l’argent là où il est à défaut de jouer les Robins des Bois…. Mais non. Quand donc les plus lucides d’entre eux s’autoproclameront victimes du système, mais responsables ?
Comme a dit Coluche, ils ne sont bons qu’à fumer du haschich dans les cabinets.
Quant aux fraudes fiscale et sociale, le journal Le Soir a commis un lapsus, révélateur comme tous les cafouillages du genre. Je cite le paragraphe de ce journal du 14 octobre sur la question :
« Le gouvernement a dressé un catalogue précis de mesures contre la fraude fiscale et sociale. Ce nouvel arsenal devrait rapporter 100 millions d’euros par an en lutte contre la fraude sociale et 300 millions en ce qui concerne la fraude sociale. » Cette bévue est révélatrice. Il n’y en a que pour la fraude sociale ! Ah ! ça les travaille durement les petits fraudeurs ! Les gros, d’après le malheureux qui a écrit l’article, pas du tout…
On va repiquer dans « Les intérêts notionnels » cher au principicule Reynders, pas trop quand même, alors que cette foutaise à fait perdre de l’argent aux contribuables et n’a rien donné vraiment de réinjection de la finance dans les entreprises, que sous la forme d’une nouvelle fraude fiscale. Idem pour l’HORECA, la diminution de la TVA n’aura aucun effet sur l’emploi et les consommateurs. Il suffit de voir comme la chose faite en France depuis quelques mois a tourné à la confusion et à la mascarade.
Les voitures de société, c’est pareil. Qui va prouver qu’une voiture d’entreprise sert principalement à un cadre ou au patron ? Quant à la limitation de C0², les nouvelles grosses cylindrées consomment moins qu’une 2cv de 1960 !
Comme à l’habitude, le gouvernement lorgne sur le magot de réserve de la sécurité sociale. Pour siphonner dans le gras sans diminuer le niveau, c’est simple, il suffira d’augmenter en douce le tiers payant des prestations médicales et augmenter les prix des médicaments par le moyen d’un accord avec les entreprises pharmaceutiques qui ristourneront à l’Etat une part de leur bénéfice, sans augmenter la TVA. C’est le système centrale nucléaire.
C’est simple, grandiose même, le public est cocu, mais content.
Le peuple de gauche, en Belgique, vient, une fois de plus, de faire la démonstration qu’il est le plus bête du monde.

14 octobre 2009

Le bordel à l’hospice.

Je m’étais bien juré de ne plus enfourcher mon destrier et partir sus à l’infâme avec les gazettes bien pensantes, Marine Le Pen et les socialistes. Voilà quatre ans qu’on sait avec la parution de « La mauvaise vie » que Frédéric Mitterrand chasse le jeune mâle tarifé en Thaïlande.
A l’époque, on n’avait pas trouvé les passages, aujourd’hui incriminés, scandaleux. C’était une confession « honnête » et l’auteur parlait de son fatal penchant comme une tragédie personnelle.
C’était un tableau de mœurs à l’usage des filles de la Croix, qu’elles vissent la nature du mal afin de pouvoir l’affronter.
Il a pris la fâcheuse idée à Frédéric Mitterrand de dire « oui » à Sarkozy pour un portefeuille ministériel. N’était-il pas bien, à la villa Médicis de Rome en directeur prestigieux ? Il pouvait à l’aise s’envoyer quelques gitons énamourés dans les ruines les plus décoratives au monde.
Patatras ! tout change. La machine s’emballe. Quand un ministre s’angoisse qu’on ne fouine dans sa vie privée ; s’il décrit ses stupres dans de beaux morceaux de rhétorique… c’est du gâteau !
Les frères la pudeur se voilent la face ! Le témoignage de Mitterrand en faveur de Polanski cinéaste, fait le détonateur et c’est parti.
Il soutient un violeur, donc, c’en est un aussi. Bravo l’amalgame.
Du coup Fillon et son gouvernement n’ont pas d’alternative, soutenir Frédéric Mitterrand, avec le risque que l’amalgame se poursuive : Polanski est un violeur, le ministre Mitterrand le soutien, ainsi tous les ministres du gouvernement sont des violeurs.
J’ai toujours pensé que les gens qui dirigent les autres le font par narcissisme, puis par intérêts et enfin pour satisfaire la partie de l’opinion publique qui vote pour eux et en dernier lieu pour l’intérêt national, s’il reste quelque chose à partager.
Je persiste et signe : ces gens sont des salauds ; mais, il faut comprendre la portée du mot : ils le sont de manière collective et non personnelle.
Aussi, accabler Mitterrand d’une chose qui, semblait-il, avait fait l’objet d’un pardon, du moins avait-on tourner la page, je voudrais bien qu’on n’associât pas mon « salaud » aux crachats sur cet homme-là, et qu’enfin, on ne poursuive pas l’amalgame à rebours, en confondant mon cri avec ceux de la meute.
En politique on ne fait pas de cadeau. Ce n’est pas la première fois que la classe politique se déchire. Il y a eu des meurtres inexpliqués, des suicides suspects, en France comme en Belgique. Mais on ne pouvait imaginer que le public et la presse people se gendarmeraient, comme si la morale avait été souillée à tout jamais.
A l’aune de cette brusque poussée de vertu, on ne pourra bientôt plus écrire une ligne, fantasmer cinq secondes, sans encourir les foudres des jocrisses qui rament pour le régime.
Frédéric Mitterrand, victime de l’opinion, rattrape bien mal le coup dans ses explications !
Il aurait mieux valu qu’il ne se pointe pas au 20 heures de Laurence Ferrari et prenne 25 millions de Français pour des imbéciles.
Il aurait dû savoir qu’une grande partie de la population a un a priori. On le trouve trop salonnard, trop précieux, trop prétentieux et complètement intégré à un système qui insulte à la pauvreté.
Il a commis ce soir-là une grosse bourde.
Ce n’est pas vrai de dire que Frédéric Mitterrand en excursion du sexe en Thaïlande, comme il le déclare, rencontrait des hommes consentants de son âge, à la rigueur cinq ans plus jeunes.
A l‘âge supposé par le ministre, le prostitué est morts du SIDA ou relégué dans une cabane au fond d’une campagne en train de pourrir sans dent et sans soins dans l’indifférence générale.
Quant à connaître l’âge des prostitués, c’est impossible. Le proxénète les vend en faisant valoir justement leur jeune âge et quand, en effet, ils paraissent fort jeunes, il en augmente le prix.
C’est donc un pauvre mensonge que celui-là.
Quand on ne s’assume pas et qu’on court les éditeurs et les prix littéraires en vendant sa propre histoire, il faut aller jusqu'au bout, sinon ce sont les autres qui ont raison et on reste tout con pris en flagrant délit de mensonge. Ou alors faire un nœud dans son Mont-Blanc et noyer son narcissisme dans la peinture.

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Voilà trop longtemps que les politiques nous promènent avec leurs mensonges grossiers.
On pourrait dire pareil de Villepin qui nous la baille belle sur l’honnêteté et qui s’obstine à dire le contraire dans l’affaire Clearstream envers et contre tous les acteurs et témoins de ce montage qui l’accuse d’avoir voulu faire plonger Sarkozy.
En voilà assez des bonimenteurs qui se font des têtes de tourmentés ou d’enfants Jésus et qui pensent se dispenser de taire une partie de l’histoire quand ce sont eux qui prennent l’initiative de nous conter ce qui les arrange, alors qu’on ne leur demandait rien.
Pendant qu’on s’amuse sur ces petits potins et faits-divers parisiens, la banlieue souffre. Des émeutes à Poitiers le 11 octobre ont ravagé le centre ville. Des jeunes sont en prison après avoir été condamnés à des peines de prison, sans que les juges aient vraiment cherché à savoir s’ils étaient coupables ou innocents.
Alors, si en plus de distraire les gens, on tirait prétexte de l’incitation à la pédophilie de certains auteurs, pour interdire Sade, Genêt et même Gide dans l’épisode du chamelier de son tourisme saharien, on serait dans quel régime ? Second Empire ? Iranien ?
Le populisme vu sous cet angle, évidemment…

13 octobre 2009

Happart prix Nobel ?

Le Comité du parlement norvégien chargé de décerner le prix Nobel de la paix vient encore de frapper les imaginations en le décernant cette année au Président des Etats-Unis d’Amérique !
Drôle d’idée, pour une drôle de paix !
Il s’agit bien du pays le plus puissant de la terre, avec deux guerres sur les bras et 300.000 militaires en opération ou en attente sur des bases disséminées dans le monde entier, avec une puissance de feu nucléaire sans égale, etc.
Il est vrai que l’armée américaine a la réputation d’être du côté des Bons dont la mission est de détruire les Méchants ! Seuls les USA savent qui sont les méchants, bien entendu.
Que le prix soit dû à la seule personnalité de Barak Obama est peu vraisemblable. S’il eût été battu par Hillary Clinton aux élections présidentielles dans son propre parti, est-ce que les vieux fonctionnaires d’Oslo auraient élu le sénateur de l’Illinois ?
On peut en douter.
C’est donc bien à travers sa personne que l’Amérique s’honore aujourd’hui d’un prix de la paix !
Certes, on espère que les réformes entreprises par Obama vont détricoter le lourd travail du marchand de pétrole, son prédécesseur à Washington, mais rien n’est moins sûr de faire ce pari sur l’avenir.
Depuis quand élit-on un prix Nobel pour sa conduite future ?
Il est vrai que Nobel a fait fortune dans les explosifs…
Comme l'avait décidé Alfred Nobel, les lauréats du prix Nobel de la paix sont choisis par un comité nommé par le parlement norvégien, les autres prix Nobel sont sélectionnés par l'Institution académique suédoise. D'ailleurs, contrairement à ceux-ci, décernés lors d'une cérémonie royale le 10 décembre à Stockholm, le Nobel de la paix est remis à Oslo, car la Suède et la Norvège relevaient en 1901 de la même Couronne avant le divorce de ces deux pays en 1905 (comme la Tchéquie et la Slovaquie en 1993) ; du fait de cette séparation, un arrangement fut trouvé concernant les prix Nobel et la Norvège hérita de celui de la Paix. Il est doté d'un montant de 10 millions de couronnes suédoises (un peu plus d'un million d'euros).
Maintenant qu’on sait tout sur les bizarreries géographiques de la remise des prix, on comprend mieux comme les découvreurs scandinaves du pacifiste mondial le plus méritant, ne le désignent plus mais laissent au hasard d’une main innocente le soin de le tirer au sort. Même Harald V n’est pas au courant. C’est un scoop de Proxi-Liège !
Un qui est déçu, c’est Sarkozy ! Ça aurait tant fait plaisir à son fils Jean !
Comme tous les autres narcissiques, et il y en a un paquet, Cohn-Bendit, Louis Michel, Juliette Gréco et le pape, il lui semble qu’on lui a volé le trophée et l’enveloppe. C’était surtout l’enveloppe qui l’intéressait. Depuis que Charles Michel est amoureux de sa Carlita, il la couvre de cadeaux pour essayer de la conserver.
C’est l’évidence même, un prix mécontente tout le monde pour n’en laisser ravi qu’un seul. On devrait le donner à tous les postulants, sauf un seul qui se le verrait refuser. Mais c’est lui qui empocherait le millions d’euros, afin qu’il se représente l’années suivante.
On voit comme sont usées toutes les manifestations officielles !
Plus elles ont eu de retentissement, plus les gazettes les ont célébrées et les célèbrent encore, plus le public s’en fiche !

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C’est qu’il y a tant de prix, tant de challenges, tant de coupes, tant de podiums pour tout et rien, que cela tourne à la mascarade. Même morts, les célébrités sont encore là ! Voyez Michael Jackson. On ne parlait plus de lui. On était bien peinard. Depuis qu’il est mort, il n’a jamais tant composé, remonté sur les podiums, bientôt pour lui le Music Awards !...
Vous avez déjà vu de près une coupe d’un tournoi ordinaire de badminton ou de criquet, ou celle d’un challenge intercommunal de football, Tilleur contre Bas-Oha, par exemple ?
Pur fer blanc, pied en plastique, toc de la gravure, coût : vingt euros chez décathlon.
Le Nobel c’est du toc aussi, la différence n’est pas dans la morale, mais dans un solide chèque. C’est même à se demander pourquoi José Happart n’a pas postulé ? Il a été combatif, il s’est assagi, comme Yasser Arafat, prix Nobel, il a lutté contre la junte flamande comme l'opposante birmane Aung San Suu Kyi avec la sienne. Elle est en résidence surveillée, lui s’est réfugié dans le Pays de Herve où il compte faire fructifier son lopins de fruitiers, elle est veuve, lui ne veut plus entendre parler de sa secrétaire, elle est consignée dans sa maison, Happart fait du clé sur porte à des prix intéressants...
Pour revenir au vrai héros d’Oslo, Barak étudie l'envoi d'un renfort de 40.000 hommes en Afghanistan.
Bush doit bien rigoler dans son ranch…
Il est vrai qu’Obama a pris des précautions. Il a dit qu’il ne méritait pas le prix.
C’est prudent. Ainsi, il pourra bombarder l’Iran après qu’Hilary Clinton ait montré aux Nations Unies, un petit tube contenant des poussières mystérieuses récoltées derrière la machine à lessiver de la fatma d’Mahmoud Amedinedjad, comme Colin Powell le fit pour l’Iran de Saddam Hussein, en mystifiant tout le monde.
Et tant pis si c’est de l’OMO ou le résultat condensé à la lessiveuse du dernier soubresaut de Bill en son bureau ovale !
Avec une troisième guerre fraîche et joyeuse sur les bras, Barak Obama sera imbattable pour le prix Nobel de l’année prochaine. Ce sera le premier doublé au monde !
On en pleure à l’avance dans les chaumières.
Une dernière question : il avait planqué combien, Nobel, pour doter ses prix de sommes aussi croquignolettes chaque année ?

12 octobre 2009

Le dernier paie la note

Dans quelques jours, deux exactement, nous saurons comment ce gouvernement compte sortir de la crise budgétaire où nous a conduit la crise du capitalisme.
Nous saurons comme l’espère la FGTB si les casseurs seront les payeurs.
On demande à voir, mais personnellement, je suis sceptique.
Sur cette dernière hypothèse il faut être sérieux, ce n’est pas ceux qui détiennent tout, qui sont quasiment maîtres partout, à qui on va faire peur et imposer des restrictions. Si c’était dans nos possibilités, nous le saurions et nous serions dans un autre régime.
Ce sont donc les citoyens qui vont encore en prendre. Espérons que ce sera selon leur grade et que les chefs paieront plus que le contingent.
Les inégalités nous révoltent. Elles sont grandes en Belgique et quarante années de social-démocratie n’ont pu en venir à bout. Elles ne l’auraient pas pu, parce que la social-démocratie n’était pas faite pour rattraper les inégalité en temps de crise, mais pour améliorer le sort des travailleurs à chaque bilan favorable. Cette collaboration des classes n’avait pour but que d’accompagner la croissance afin que les fruits du travail soient mieux redistribués.
Les socialistes ont totalement échoués parce que leur vision de l’avenir – la croissance continue - n’était pas réaliste. Aujourd’hui on en est à la stagnation, sinon à la déconfiture du produit intérieur brut. La gauche collaboratrice est tenue contractuellement de partager les gains ou les pertes, comme son contrat l’unissant au libéralisme avait été tacitement conclu, entre les riches et les pauvres.
Le parti socialiste aurait dû le savoir quand il s’est engagé dans cette voie.
En réalité les inégalités au lieu de régresser ont progressé de façon inquiétante, même pendant la période de croissance euphorique. Connaissant l’égoïsme qui a multiplié dans le cœur de l’homme le consumérisme et le chacun pour soi, il est logique de récolter ce que le système a semé.
Nous ne sommes pas convaincus qu’accepter une baisse de niveau de vie financerait l’égalité pour tous. C’est peu probable que les taxes « écologiques » d’avenir servent à cet effet, comme à l’écologie proprement dite, du reste.
Notre philosophie de façade est rousseauiste, mais en réalité nous sommes plutôt carrément nietzschéens.
Si nous n’admettons pas les privilèges des classes supérieures, nous sommes tous candidats à un sort meilleur dans la compétition sociale et nous regardons sans pitié ceux qui se sont efforcés de prendre notre place et qui y ont échoué.
Ce système est malade. Il nous a contaminés, et nous sommes malades aussi. Le parti socialiste est hautement responsable de cet affaissement des valeurs humaines.
Nous avons des difficultés à mettre en pratique vis-à-vis de nous-mêmes les belles théories sur l’égalité que nous développons dans les salons à la satisfaction des gens bien nourris.
Avec Jean-Jacques Rousseau, nous parlons en connaisseurs de la propriété « la terre est à tout le monde, etc. » et nous finissons par dire que s’il n’y avait point de luxe, il n’y aurait point de pauvres, ce qui est tout autant une absurdité !

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Cependant, nous ne sommes pas candidats pour une vie spartiate, tandis que nous rêvons à la devanture des magasins de luxe.
On le voit bien dans les débats concernant les salaires énormes de la haute administration et des dépenses considérables du tralala démocratique, paiement des députés et sénateurs, listes civiles et grosses bagnoles, on est partout conscient qu’il faut faire des économies, mais voilà que l’Haut-lieu a déjà dit non. On ne touchera pas au train de vie des élus !
Ce dimanche on pouvait entendre l’avis des chefs. Quasiment l’unanimité du plateau de la RTBf au sujet des économies que l’on pouvait faire à ce niveau. Monsieur Moureaux résumait l’opinion générale en soutenant que les sommes ainsi épargnées seraient dérisoires.
Alors, si dans ce milieu les égoïsmes jouent à plein, ne nous étonnons pas que plus bas on tienne « aux petites différences ».
Pour ce qui concerne le salaire des ministres, il n’est venu à la pensée de personne que, quand bien même ce serait peu de choses, en refusant de les revoir à la baisse, c’est nier la portée symbolique de l’effort, quand ils demandent au public de passer à la caisse. C’est ce que Happart appelait son dû social en filant sur ses chaussettes à ses délices de Capoue hervien ! Les voilà bien les nouveaux happartistes !...
Il est vrai qu’en période de vaches maigres, il y a recul des bons sentiments. Or, cela devrait être le contraire, parce que les inégalités s’aggravent dans nos sociétés. Et pas qu’en Belgique. Même les salaires moyens souffrent de cet état de glissement vers le bas. On assiste même à ce début de toboggan chez les cadres. On ne croyait pas qu’il fût possible l’année dernière encore. De plus en plus de personnes sont victimes d’un déclassement inéluctable causé par la crise.
La mondialisation des affaires joue un rôle de plus en plus néfaste, au grand dam des économistes et des stratèges libéraux qui pensent évidemment le contraire !
Alors, s’ils veulent que nous nous serrions la ceinture, qu’ils commencent par la leur !

11 octobre 2009

L’imposture de l’université.

Les profs n’en peuvent rien. C’est une fatalité qui leur échappe. Malgré eux, les programmes travaillent à reproduire les inégalités sociales. C’est un fait que Pierre Bourdieu n’a cessé de définir et de définir encore dans une grande partie de son œuvre et dont on trouvera l’essentiel dans « La Distinction », critique sociale du jugement, paru aux Editions de Minuit.
Est-ce encore le moment de débattre d’un fait incontesté et largement prouvé, même par les détracteurs du sociologue ? L’enseignement joue un rôle primordial dans la reproduction sociale au sein des Sociétés libérales telles que la nôtre.
Nos profs, malgré eux et à leur corps défendant, oxygènent chaque année par les nouveaux diplômés et les nouveaux recalés, l’ordre social en conduisant les enfants de la classe dominante à obtenir les meilleurs diplômes leur permettant d’occuper à leur tour demain, les postions sociales dominantes laissées vacantes, par droit légitime de succession.
C’est tellement flagrant que pour masquer « le désordre » de l’injustice, des cours supplémentaires et des séances « d’adaptation » à la norme sociale voient le jour dans certains quartiers défavorisés sur des initiatives locales. Evidemment, c’est un fiasco quasi total, si même on cite quelques brillantes réussites.
L’exemple le plus évident me vient à l’esprit : admettons que dans une classe de piano, deux élèves aient l’instrument chez eux, avec des parents musiciens possédant une culture musicale adaptée, et que les trois autres n’aient pas chez eux d’instrument à portée de mains, qu’ils n’en puissent disposer qu’en classe. Il n’est même pas besoin de spéculer sur ceux qui réussiront.
Ainsi, les profs – et comment pourraient-ils faire autrement – légitiment le classement scolaire des élèves, citoyens de demain, en masquant son origine sociale et en faisant, au contraire, comme si ce classement était vraiment adéquat pour classer les élèves selon des niveaux d’intelligence et de dons.
Pour le fils de l’industriel ou du ministre, s’il a des dons, il réussira. N’en aurait-il pas, il réussira quand même (1). A l’inverse, l’enfant d’un milieu défavorisé qu’il ait ou n’ait pas de dons, il ne réussira pas. C’est la raison pour laquelle, on monte en tête d’épingle des gens comme Di Rupo, fils de mineur italien qui fait de brillantes études. C’est l’exception qui confirme la règle.
C’est une des particularités du système de masquer son échec en faisant un rideau des réussites.
Pour Di Rupo les conséquences sont terribles, puisque notre bon élève devenu adulte est intégré dans la société qu’il défendra comme un monolithe de la cohorte des malheureux. Il ne comprendra plus les terribles injustices dont les gens souffrent. Il aura changé de catégorie.
Il sera l’exemple de la réussite même de celui qui, partant de bas, arrive haut. Ainsi, pour ceux qui partent bas et y restent, la faute n’en incombe pas au système, mais à eux, puisqu’ils n’ont pas de dons (souvent sous-entendu parce qu’ils sont bêtes) !

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Le système scolaire exerce un pouvoir de violence que Bourdieu décrit comme symbolique qui contribue à légitimer un rapport de forces à l’origine des classes sociales, qu’on baptise aujourd’hui pudiquement de hiérarchies, le mot « classes » faisant peur aux sociaux-démocrates.
Et ils ont tort d’être honteux du terme, quand on voit que les dirigeants pratiquent plus que jamais cette lutte de classe qui tourne à leur avantage. Dans le rapport capital/travail, on observe une part plus importante des revenus allant au capital au détriment du travail. Et cela ne s’appellerait pas la lutte des classes ?
En maquillant par toutes sortes de stratagèmes le fait que les membres de la classe dominante réussissent mieux à l’école en raison de la parenté étroite de leur culture et celle du système éducatif, l’école rend possible la légitimation de la reproduction sociale.
Ainsi l’école est considérée comme neutre et la manière d’instruire les élèves avec les éléments de la société dont elle dispose donne l’image d’un apprentissage indépendant, de sorte qu’elle n’est pas perçue comme l’instrument de l’arbitraire, ce qui rend ses classements légitimes.
Cela a pour conséquence de considérer la réussite et l’échec scolaire comme étant le propre de chaque individu.
L’échec scolaire sera donc perçu de la manière voulue par la classe dominante, c’est-à-dire comme un échec personnel, renvoyant l’élève à ses insuffisances et à son manque de dons.
Le diplôme est un véritable droit d’entrée dans la vie et dans le travail.
Les rattrapages si chers à l’ONEm et au FOREM, si chers aussi à la politique de Joëlle Milquet sont les trompe-l’œil d’une organisation sournoise des individus culpabilisés, rendus « imbéciles » par des filières et des circuits de rattrapage tous plus pervers les uns que les autres et destinés à faire comprendre définitivement qu’on n’est pas intelligent et que par conséquent, on n’a qu’à obéir et se contenter de ce qu’on veut bien « vous donner » !
Evidemment ce système fabrique ainsi des frustrés, des incompris et des révoltés. Quand on considère le nombre de pensionnaires dans les prisons, il est aisé de deviner qu’au moins un quart de la délinquance vient de l’injustice de départ, l’injustice à l’école !
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1. Il existe des écoles privées pour les fils à papa qui n’ont qu’une petite cervelle. C’est très cher, mais on en sort avec un master équivalent à un diplôme universitaire. Dans ce genre d’école, il n’y a pas d’échec !

10 octobre 2009

Reynders nanoligarque.

La pire des défaites, ce n’est pas celle que vous inflige l’ennemi à l’épilogue d’une bataille électorale, ce sont les amis, vos fidèles alliés, qui se sont détachés de vous, parce qu’ils avaient l’impression que vous ne les aimiez plus.
Lorsque Richard III à la bataille de Boswort fonce sur les maigres troupes de Henri Tudor, il est certain de la victoire. Mais deux de ses partisans à la tête de 3000 hommes ne le suivent pas. Et Richard est défait. Reste la célèbre phrase que lui fait dire Shakespeare et qu’il n’a pas dite « mon royaume, pour un cheval ».
C’est ce qui se passe au MR. Didier Reynders, dit Didjé, reprenant le rôle de Richard III, transformé en Principicule liégeois, se lance dans une bataille, et ses amis, les « principautaires », ne croient plus en lui, parce qu’ils ont été écartés de sa garde rapprochée, comme il arrive souvent aux chefs qui finissent par s’en laisser compter par leurs valets.
Victoire aux ailes embrasées
Couronne éclatante des rois,
Ne sont jamais sur nous posées
Que comme l’oiseau sur nos toits… (Victor Hugo)
Voilà pas mal de temps que Miss Defraigne ronge son frein. La bougresse est teigneuse. Elle a été élevée à la dure, façon plein air, sur le vaste plateau des fagnes que son papa arpentait tous les dimanches. Aussitôt redescendu en plaine, en un temps où les filles ne succédaient pas à leur père, il a adoubé la petite.
Didjé n’était alors qu’un menin débutant de Jean Gol. .
Elle s’estime aujourd’hui volontairement mise à l’écart par Principicule pour des raisons de trop grande proximité.
On va comprendre. C’est l’histoire d’un patron qui a commencé tout petit, grouillot presque, en courant les gazettes sollicitant l’attention des lecteurs et en portant la célèbre mallette d’un homme qui allait faire une belle ascension et qui ne put en profiter : Jean Gol.
Le petit Didjé plut au libéralissime. Il l’envoya faire joujou sur les chemins de fer.
Hélas ! mort trop tôt, le grand homme ne sut pas léguer sa couronne. C’est Louis Michel qui la ramassa, alors que des barons se la disputaient.
Le MR est une monarchie à la polonaise, les rois sont élus par la Diète : hobereaux de quartier, Casanova de villes d’eau, Pompadour finissante, madame Sans-gêne aux classes moyennes...
Christine Defraigne connaît cela, par son papa, puis par elle-même. Cricri apprit tout ce qu’il ne fallait pas savoir sur le débuts de Didjé, quand, quelques années plus tard Principicule s’étant hissé au faîte, il lui sembla être un nouveau César !.
La vue de Christine, sa payse comme on dit dans les campagnes, lui rappelle trop son état premier de grouillot pour qu’il ne s’en affectât point et ne la vît sans frémir.

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Philippe Monfils, lui, du même patelin, ayant tout vu, a tout oublié. C’est ça qu’aime Didjé : des gens neufs ou des amnésiques.
Monfils, avec respect, posez sur cette table
De notre sainte loi le livre redoutable… (Jean Racine)
Miss Defraigne déballe ses griefs à un bien mauvais moment ! Didjé se sent cuit. Il s’agrippe à son fauteuil de ministre et à son trône rue de Naples, ne sachant lequel abandonner afin de conserver l’autre et finalement se résolvant à garder les deux.
C’est l’instant de doute qu’a choisi Christine pour épancher son coeur lourd de femme abandonnée…
« Certains ont plus de droits que d’autres. Didier Reynders est un frein sur le terrain politique local. Au MR, il ne peut y avoir confiscation de pouvoir par une nano oligarchie. Les gens peuvent être objectifs et dévoués, mais ils ne doivent pas pour autant passer leurs journées à cirer les pompes ! », bref, le pauvre journaliste du Soir en a entendu de la bouche purpurine de Madame Defraigne !
Du coup, Monfils ne sait plus ou se fourrer. Et si Christine avait raison, c’est-à-dire, si son coup de gueule était prémonitoire ? Et si c’était la fin du monarque ?
Serait-il encore, lui si besogneux, le Talleyrand liégeois, compétitif pour une pool position ?
Didjé ne peut pas pardonner la conférence de presse que la belle a organisée avec Olivier Hamal (député fédéral et conseiller communal MR à Liège, comme elle) sur Tecteo. Pas bien méchante, mais convoquer les journalistes à Liège sans Principicule, c’est créer un précédent.
Et voilà qu’elle récidive ! Qu’elle joue son va-tout. Qu’elle ne croit plus en l’avenir de Didjé!
Assez curieusement, pour une fois, nous sommes d’accord avec le raisonnement de la pécheresse.
Pourtant, Didjé nous manquera. Comme Patrick Poivre d’Arvor a failli couler les marionnettes de l’info après son licenciement de TF1, je me demande si les chroniqueurs de mon espèce survivront à Didjé ?.
Sans sa sérénissime grandeur, ce sera un grand vide. On en est mort de rire par avance.
Et des vents du midi la dévorante haleine
N’a consumé qu’à peine
Leurs ossements blanchis dans les champs d’Ascalon… (Jean-Baptiste Rousseau)

9 octobre 2009

Frédéric Mitterrand

Une chose est certaine, le livre « Une mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand, publié il y a quatre ans et qui n’avait jusqu’ici connu qu’un succès mitigé en librairie, va voir sa vente exploser à la suite de la redécouverte de quelques pages estimées biographiques dans lesquelles l’auteur situe son héros en Thaïlande pour un tourisme sexuel avec de très jeunes gens.
C’est Marine Le Pen qui a lancé la polémique au cours d’une émission sur France 2, réclamant la démission du ministre de la culture, aussitôt relayée par quelques membres du PS exprimant leur opinion en ce sens.
La polémique rattrape l’auteur devenu ministre. L'embarras plonge la classe politique dominante dans une sorte de temps de l’attente d’une réaction de l’intéressé.
C’est évidemment sur l’âge des victimes de FM que Marine argumente. Etaient-ils majeurs ?
Je relève dans l’extrait ci-dessous le terme de « gosse » pour désigner les jeunes prostitués. Je m’étonne que les contradicteurs de FM ne l’ont pas relevé, sachant comme l’intéressé à le sens de l’emploi exact des mots.
Voici avec quelques coupures l’extrait du livre controversé :
»J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas ».
Je n’aime pas Frédéric Mitterrand, enfin le personnage qu’on nous présente à la télé. La culture, ce n’est pas l’afficher, c’est introduire dans des questions qui touchent tout le monde l’insolite d’un regard particulier, d’une poésie personnelle. De sa voix à la cadence de métronome, avec la préférence qu’il a de déposer l’accent tonique sur certaines syllabes qui ne le nécessitent pas, il semble ânonner plus qu’il ne parle normalement. Cela a fait son succès. Moi, cette façon sucrée de dire m’exaspère.

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FM, c’est cela. L’ostentation du savoir, le cas que l’on fait – sans ou avec sa complicité – de ses moindres mots, me l’ont rendu parfaitement antipathique, BCBG parfait d’un parisianisme béat du XVIme arrondissement son homosexualité affichée ne porterait pas plus à conséquence aujourd’hui que celle d’un hétéro, s’il n’était pas dans son cas la suite logique de cette pose affichée de dandysme qu’est l’homosexualité dans certains milieux de salonnards.
Né bûcheron savoyard, il en aurait été autrement sans doute.
Sa dernière sortie en faveur de Polanski, quoique courageuse, était pour le moins inopportune et intempestive.
Ceci dit, « Une mauvaise vie » est un bon livre et Frédéric Mitterrand, un bon écrivain.
Et pour moi, c’est l’essentiel.
Fiction, exagération ou récit réel, depuis quand s’empare-t-on d’une œuvre pour en critiquer son auteur ?
Il aura fallu 150 ans pour sortir le marquis de Sade de l’enfer des bibliothèques et un demi-siècle de plus pour s’apercevoir que l’auteur n’a jamais été à la hauteur de ses personnages ! Et même à l’heure où j’écris ces lignes, des pseudo érudits réciteraient comme paroles d’évangile la virée avec son valet à Marseille, la poudre de cantharide donnée à une prostituée et toutes les « énormités » que l’on a colportées et qui ne sont si énormes que parce qu’en leur temps on a voulu qu’elles le fussent.
Et le public trouve encore normal en 2009 que Donatien-Alphonse-François ait passé 30 ans de sa vie en prison pour des faits anodins et soit relégué aux Petites-Maisons (l’asile d’aliénés) par un Napoléon surtout soucieux de privé de liberté un homme qui toute sa vie en fut le chantre.
Les mœurs évolues, mais pas toujours dans le sens de la mesure et de la permissivité.
On fait un monstre aujourd’hui d’un citoyen ordinaire d’hier, sans s’apercevoir que les deux sont indissociables et que nous en sommes tous là.
Je l’ai toujours écrit ici. J’écris afin d’exercer ma liberté d’expression que je ne peux exercer nulle part ailleurs, étant entendu que je ne partage pas l’opinion passe-partout et que, par conséquent, les médias et la grande diffusion me sont interdits. Cette liberté que je revendique, je la défendrai aussi, quoiqu’il arrive pour des créatifs ou des créateurs – si l’on veut – même si je ne partage pas leurs opinions.
Pour moi, Frédéric Mitterrand est un bon écrivain. Cela me suffit. Et quand bien même en serait-il un mauvais, cela suffirait encore.
Pour le reste, sa vie privée, c’est une affaire entre sa conscience et lui. Que je sache, la justice n’y a pas encore fourré le nez. Alors, de quel droit y mettrions-nous le nôtre ?

8 octobre 2009

Chérubin

Ah ! les deux ou trois répliques de Chérubin dans « Le mariage de Figaro ou la Folle journée », c’est tout ce dont pourrait rêver un amateur de femmes, quand on a treize ans, qu’elles vous acceptent encore dans leur intimité sans que cela prête à conséquence, pour elles, mais pas pour Chérubin qui les aime toutes, même Marceline, la vieille gouvernante.
« Une fille ! Une femme ! ah ! que ces noms sont doux ! Qu’ils sont intéressants ! »
Ce qui frappe le plus, c'est le symbole de l'amour naissant, chez Chérubin. Il est à l'origine de la pulsion qui jaillit et ne se tarira pas pendant de longues années. Son désir s'attache à tout ce qui est femme. Marceline le hante parce qu’elle est la femme qui a beaucoup vécu et donc beaucoup aimé, que ses rondeurs affirmées confirment, tant elles ont été manipulées, qu’elles en sont devenues lourdes à force. Le rêve de l’adolescent y porte à incandescence ses bouleversantes découvertes dans sa séduction naïve, même s’il ne le dit pas, et pourrait-il le dire à l’âge qu’il a ? Il aime aussi Suzanne parce qu’elle est vive jeune et belle et promise à Figaro, la Comtesse parce qu’elle est l’épouse à qui l’on vole des rubans de nuit.
L’ambiguïté de Chérubin, c’est la séduction innocente et irresponsable de l'enfant, qui jette un trouble dans le cœur des femmes, indépendamment de toute convention sociale.
Je me remémore qu’à cet âge, je m’étais lié d’amitié avec un polisson de ma trempe pour la seule raison que cela me permettait de rester des heures à épier sournoisement les moindres gestes de sa mère dont j’étais amoureux, sans que cela prêtât à conséquence.
Mon drame, c’est d’avoir oublié son prénom avec le temps. Il était exclu que je l’appelasse autrement que par son nom, précédé de Madame, dit sur un ton à la fois cérémonieux et emprunté.
C’était une femme ronde de partout, y compris du visage, sans être empâtée. Il y a ainsi de ces vénus callipyges dont la vivacité contraste avec l’apparence. Quand on est pourvue d’appâts comme je les pouvais voir, ils passent difficilement inaperçus.
Mon coup de foudre était survenu malgré moi et m’avait pris en traître.
C’était l’été. Dans le jardin de mon ami – nous appellerons l’objet de ma passion Marceline par commodité - Marceline tendait son linge sur les fils bordant l’allée. Elle était vêtue sommairement quoique sa tenue fût décente. Une robe sans manche s’arrêtait au-dessus du genou comme c’était la mode cet été là. Les brides de son soutien-gorge s’imprimaient dans la chair de ses épaules. A contre-jour, on voyait se dessiner sur le fin coton de la robe, les coutures de son slip. Elle plongeait les mains dans la manne d’osier et en ramenait une pièce de vêtement, qu’elle suspendait ensuite. Elle n’ignorait pas ma présence, mais je sentais bien que je ne comptais pas, que j’étais sans importance, comme un nain de jardin, en somme. Son attitude était pleine de grâce. Aussi bizarre que cela parût ce n’était pas ses jambes que son mouvement dévoilait assez haut vers lesquelles convergeaient mes regards et mes désirs, non ! je guettais le mouvement du haut qui tendait la poitrine et dévoilait une toison de poils noirs sous les bras qu’elle élevait pour toucher le fil, des bras de ballerines, quand dans le « Lac des cygnes » la danseuse étoile imite les battements d’aile…
Ces poils-là, j’en ai rêvé la nuit. J’en devenais malade de ne pouvoir les toucher, les sentir, les mâcher. Aussi guettais-je après cette première expérience amoureuse, la lessive suivante. Lorsqu’elle eut lieu, ma déception fut immense. Les poils noirs et brillants avaient disparu !
Depuis, mais suis-je le seul ? je ne puis entendre la réplique de Chérubin sans émotion. Hélas ! je n’en ai plus l’âge.

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C’est aussi pourquoi j’ai pris tant de plaisir aux Mémoires de Casanova, parce qu’il écrivit spontanément, naïvement, ses aventures amoureuses, depuis l’âge de dix ans. Casanova, comme Chérubin, aime toutes les femmes, chacune en son particulier comme si elle était unique.
Devenu bibliothécaire du Château de Dux, en Bohème, moqué par la valetaille, il se réfugiait dans l’écriture de sa vie, de laquelle il fit, au gré de ses humeurs, une fantasmagorie un rien affabulatoire.
Il est le contraire de Don Juan qui hait par dessus tout les femmes et particulièrement celles qu’il conquiert.
Le philosophe Marañon voit en Don Juan un pédéraste contrarié.
Don Juan nous a fait le plus grand tort dans l’appréciation que les femmes peuvent avoir sur les hommes.
Les femmes sont bien supérieures à nous dans tous les domaines, excepté celui de la guerre, nous aurions pu volontiers nous passer de cette supériorité là.
Ah ! les mâtines, ce sont elles qui nous choisissent mais nous laissent la croyance du contraire, à seule fin de passer pour un peu brusquées, ce qui leur confère pour l’avenir, d’immenses possibilités.
La partie n’est jamais égale entre l’homme et la femme. L’homme est un être mou et voué à se désarticuler dans un numéro perpétuel de séduction. La femme est plus logique, plus dure aussi dans ses convictions qu’elle n’entend partager avec personne.
Leur seul défaut, c’est Molière qui nous le livre, lui qui fut si à même de les observer sur son théâtre et qui en fit des comédies « La grande ambition des femmes est d’inspirer l’amour ». Et c’est bien vrai, que ce défaut les rend coquettes et capables d’infidélité, justement parce qu’elles estiment, souvent à raison, que les hommes ne s’occupent pas assez d’elles, surtout qu’ils ne sont pas tous Chérubin.

7 octobre 2009

Touchez pas aux bons de caisse !

WASHINGTON — Le gouverneur de l'Ohio, Ted Strickland, a repoussé lundi les deux prochaines exécutions capitales qui devaient avoir lieu dans l'Etat en octobre et en novembre, après l'échec de son équipe à administrer l'injection mortelle à un condamné, Romell Broom, sorti vivant de son exécution.
BRUXELLES - Nous n’aurons pas cette chance en Belgique. Van Rompuy doit absolument nous injecter de nouvelles taxes et autres broutilles afin de nous faire payer la crise systémique amorcée par les banques l’année dernière. Certes, nous sortirons vivants des piqûres létales, faisant mentir la science, mais dans quel état ?
Quand nous rejoindrons notre couloir de la mort, nous aurons une pensée pour Romell, le miraculé.
Dans un communiqué, le gouverneur démocrate a expliqué que "depuis le 15 septembre, les autorités pénitentiaires travaillent à l'établissement d'une solution alternative au protocole de l'injection mortelle dans le cas improbable où le même genre de problèmes apparaîtrait dans le futur".
C’est aussi l’avis de m’ame Simonet qui cherche la solution alternative pour « s’tronler ine poye sins l’fé braire » (étrangler une poule sans la faire crier) en alternative au travailler plus sans être mieux considérés qu’elle avait présenté aux enseignants qui lui ont donné la réponse en déployant des calicots devant son bureau, afin de lui faire comprendre qu’ils n’en voulaient pas.
Le 15 septembre, l'équipe d'exécution de l'Ohio a cherché pendant deux heures une veine suffisamment solide dans les bras, les mains et les jambes de Romell Broom, 53 ans, avant d'abandonner. Le condamné est retourné meurtri dans le couloir de la mort et a déposé un recours en justice pour échapper à une deuxième tentative d'exécution.
C’est ce que ne veut plus Didier Reynders qui refuse de faire passer la solution finale de 15 à 25 % du précompte mobilier touchant les bons de caisse, les comptes d'épargne et les comptes à terme. Car si ça foirait, nous rentrions dans nos cellules plus meurtris que jamais. Cela le président du MR ne le veut plus. Il nous a conduit assez souvent dans le couloir de la mort pour savoir ce qu’il pourrait en coûter à son parti s’il poursuivait sa politique de la rage taxatoire, pourtant dénoncée par son meilleur ami Louis Michel.
Didier a été catégorique "Cela ne se fera en tout cas pas dans une coalition à laquelle je participe, pas même en passant de 15 à 15,5 % !". Ah ! il est comme ça Didier. En somme il ne veut pas faire payer aux actionnaires, ce qu’il n’a pas osé réclamer aux banques. Normal.
D’après les gazettes, il aurait été plus loin encore. Il ne veut plus prélever quoi que ce soit
« mettant à mal le pouvoir d'achat des ménages, le travail ou l'épargne, c'est totalement exclu !"
Alors comment on va faire, puisque Van Rompuy est bien décidé d’éponger la facture du déficit ?

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Beaudouin 1er avait trouvé la solution pour ne pas signer la loi sur les avortements, il s’était mis dans l’impossibilité de régner en 1990. Si Reynders se mettait dans l’impossibilité d’exercer son mandat de ministre des finances pendant que Van Rompuy puiserait dans nos poches les moyens d’organiser la Belgique de demain ? Et si Louis Michel prenait sa place pendant qu’il n’est pas là ! Grave Dilemme ! Alors, comme d’habitude, après avoir retrouvé son sang-froid, Reynders sera avec tous les autres à tourner la broche pour le barbecue du cochon de payant.
Le gouverneur de l’Ohio s'est dit "convaincu que les autorités pénitentiaires auront réussi à finir leur travail de recherche, choisir une alternative valable (...) et organiser des formations et toute préparation nécessaire au moment de l'exécution de M. Biros en décembre. Mais s'est néanmoins réservé la possibilité d'"ordonner de nouveaux sursis".
Voilà ce que Didier aurait dû déclarer sans s’emporter comme il le fait d’habitude sur ses amis socialistes qui sont pourtant bien gentils puisqu’ils votent comme lui quand c’est important de sauver la finance et tout le tralala capitaliste. « Je voterai avec le gouvernement les nouvelles taxes et prélèvements quand j‘aurai réussi à finir mes travaux de recherche en matière alternative ».
Ce n’est pas difficile tout de même de jouer les hommes préoccupés et qui ne veulent pas faire comme tout le monde, puis de s’y résoudre tout en déclarant aux journaux qu’il ne voulait pas ce qui nous arrive et que ce n’est pas de sa faute, mais bien aux socialistes, ces faux compagnons dont il découvre qu’ils sont aussi parmi les petits actionnaires de Fortis qui lui ont mené la vie dure…
L'Ohio a exécuté quatre hommes en 2009.
Van Rompuy compte faire mieux en s’attaquant à dix millions de suspects. Didier a commandé un tablier de boucher afin de ne pas souiller sa belle chemise de ministre.
Tout va bien.
Ils sont sauvés. Pas nous, mais ça on s’en fout.

6 octobre 2009

Polanski, en toute liberté.

Ce qui me gène dans l’affaire Polanski, c’est la rapidité avec laquelle les « élites » artistiques ont couru au sauvetage d’un des leurs.
L’ancienneté des faits, le caractère provocateur de la victime (d’après certaines sources), ce qui de près ou de loin tendait à disculper le cinéaste, laissent le public incertain, depuis que les médias ont relancé en l’amplifiant l’ancien fait-divers. On a eu droit aux arguments les plus spécieux développés par d’autres grands artistes, y compris le ministre de la culture de Sarkozy.
Et ce n’était pas tant sur la manière assez sournoise de la Suisse de coincé Polanski sur réquisition d’un juge américain, que des voix célèbres se sont élevées, mais sur le viol en lui-même qui semblait sortir de son sens au point d’en devenir presque « naturel », alors que ces mêmes élites disent pis que pendre d’individus coupables des mêmes faits, mais inconnus dans le star system.
Frédéric Mitterrand a parlé sur sa lancée d’ancien bonimenteur de télé, d’« une Amérique qui fait peur ». Sans doute dans bien des domaines nous effraie-t-elle ; ce n’était pas du pays en lui-même qui vit l’origine de la crise planétaire, que le ministre de la culture parlait, mais de sa justice.
Or, si les peines qu’elle inflige sont parfois sans commune mesure avec la longévité humaine, comme être condamné à deux cents ans de prison, elle a quand même un mérite que notre justice n’a pas, elle est égalitaire (1) et nous rendrait des points en bien des domaines.
Aux Etats-Unis, les peines prononcées sont d'une autre nature dans le domaine économique et financier qu’en Europe, et particulièrement en Belgique. En 2006, aux USA, un patron voyou a été condamné à 25 ans de prison dans le scandale d'Enron, et Madoff récemment à 150 ans de prison. Il faut croire que nos grands patrons de banque ont tous été reconnus victimes et d’ici à ce que Lippens et Davignon réclament des dommages et intérêts…
Bien sûr, du côté du bourgeoisisme politique, quelques seconds couteaux de la Commune de Charleroi ont passé quelques jours en prison, jamais un ancien ministre n’a écopé du moindre jour de tôle, si l’on excepte Alain Van der Biest, qui avant son suicide passa un temps en détention préventive. L’exemple de Guy Coëme est édifiant. Condamné à une peine assortie du sursis, le socialiste n’a jamais été privé de liberté. Pendant sa traversée du désert, il a été nommé directeur de l'APRIL, une ASBL. Bref, un parachute doré offert par les camarades socialistes, grâce à un financement public. Revenu en politique à partir de janvier 2008, l'APRIL lui a versé 4000 € par mois pour des services de consultance, jusqu’à ce qu’il y renonce par peur du scandale.
Seconde différence de la justice américaine avec notre justice, lorsqu'un accusé est condamné pour plusieurs délits ou crimes, le code pénal belge prévoit la confusion des peines.

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L’évolution des mœurs conduit à plus de sévérité aujourd’hui pour viol sur mineure. Si Polanski est extradé et condamné, il eût mieux valu pour lui qu’on l’eût jugé en 1970. Aujourd’hui les « petites gâteries » en Belgique, relèvent des Assises et peuvent atteindre cinq à dix ans de prison. Quand il y a eu crime, cela peut valoir la perpétuité. Aux USA, c’est à peu près le même tarif, sauf circonstances exceptionnelles, à cette différence que les peines s’exécutent jusqu’au bout.
Pour ma part, je pense que trente ans après les faits, c’est un autre Roman Polanski que l’égrillard de 1970 qui attend dans une geôle, que la Suisse l’extrade vers les USA.
Il y avait bien une autre manière de passer en jugement, c’était de se faire condamner en France avec un dessaisissement de la justice américaine. Avec un bon avocat et les circonstances atténuantes, d’autant que les parents de la victime avaient retiré leur plainte suite à un arrangement à l’amiable, Polanski eût été condamné à six mois avec sursis et voilà longtemps que plus personne n’aurait entendu parler des frasques hollywoodiennes d’un playboy de 40 ans au faîte de la gloire.
Crier avec les loups qu’un homme de 76 ans doit absolument finir ses jours en prison pour une affaire ancienne et qui ne laissa apparemment aucune séquelle, si l’on en juge par les déclarations de la femme épanouie et mère de famille que cette jeune fille de treize ans à l’époque est devenue, me paraît exagéré.
Suffoqué d’indignation avec « l’élite » parce qu’une justice ose réclamer un coupable qui n’est pas n’importe qui, n’est pas mon fort non plus.
C’est la Justice suisse qui s’en sort le plus mal. Le sale boulot qui paraît bien méprisable, c’est elle qui l’a fait !
C’est tout ce qu’on peut en dire.
Quant à comparer cette affaire à celle d’Oscar Wilde, c’est franchement exagéré. « Le crime » de sodomie entre adultes qui conduisit le poète et romancier à la Geôle de Reading, d’où il écrivit la célèbre ballade, son partenaire était consentant. A l’époque, on ne plaisantait pas quand on coinçait un gay. Encore que, pour ceux qui connaissent l’affaire, si Oscar n’avait pas provoqué le père de Douglas, il n’y aurait eu qu’un scandale dans la gentry.
En résumé, que Polanski qui n’a provoqué personne, retrouve sa Mathilde et qu’on n’en parle plus.
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1. Egalitaire dans le sens qu’elle traite aussi bien les puissants que les petits. Bien entendu, sans argent, le prévenu au niveau de sa défense est d’une grande vulnérabilité. Dans ce domaine, la justice américaine n’est pas meilleure que la nôtre. Elle est même pire puisqu’elle a étendu son système de caution aux crimes de sang, ce qui a permis à Polanski de s’éclipser après le viol.

5 octobre 2009

La montée des inégalités.

Quoique toutes les couches de la population s’étaient associées pour défaire l’Ancien Régime, très vite une nouvelle société rétablit les privilèges au sein même de la démocratie naissante, en les répartissant entre les différents acteurs de la propriété et de l’industrie.
Ce qui fit dire à Bonaparte « Dans les révolutions, il y a deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent ».
Cela n’a guère changé depuis, même si dans le discours, il y a des trémolos à l’évocation des misères du peuple.
Le désir d’égalité n’a jamais cessé depuis la Révolution française, pourtant le tournant pris par le néolibéralisme à la crise de 2008 est un obstacle supplémentaire qui s’ajoute aux autres.
Voilà six mois que l’on sait dans les milieux politiques qu’il va falloir trouver des sommes considérables, et qu’on ne peut les trouver que dans les catégories sociales inférieures, pour la raison bien simple qu’on a largement distribué au système bancaire des ressources qui auraient pu être plus utiles ailleurs et qu’on ne va pas reprendre ce qu’on a donné si aisément.
Parce que la multitude est la moins défendue par ceux qui la représentent, et que cet argent perdu lui serait revenu nécessairement, ce qui ne se fait pas en système capitaliste.
Tout l’appareil d’Etat, toutes les richesses engrangées par la bourgeoisie, de la propriété foncière aux capitaux placés, sont les piliers d’un système économique auquel on ne touche pas sans prendre des risques énormes d’instabilité financière et de fuite des capitaux.
La gauche aujourd’hui ralliée au libéralisme économique ne le veut pas, au même titre que les autres partis.
Les pauvres ne sont pas capables de se fédérer. Le dernier effort de rassemblement qui s’ébaucha en Wallonie fut la révolte contre la Loi unique de Gaston Eyskens. Le mouvement s’essouffla place Saint-Paul à Liège, lorsque devant vingt mille grévistes assemblés, André Renard renonça à marcher sur Bruxelles.
Peu importe ses raisons, on devine que l’opinion s’était retournée à la suite d’une adroite propagande libérale. Il n’y avait guère de chance que les grévistes transformés en émeutiers par les gazettes allassent plus loin que le plateau d’Ans où la gendarmerie les aurait décimés.
Car, c’est ça notre démocratie.
Sous les oripeaux se cache un monstre qui ne reculerait devant rien, allant jusqu’au meurtre en agitant l’intérêt collectif, alors qu’il n’a jamais défendu que les intérêts d’une bourgeoisie, absolument décidée à ne pas partager hors de l’entre soi.
Les ministres eux-mêmes ont organisé des fuites afin de nous tester sur les coupes à faire dans les différents secteurs où le pouvoir va sabrer au nom d’un retour à l’équilibre en 2015.
Le mazout, l’enseignement, les taxes écologiques sur les bagnoles, l’impôt foncier, notre esprit est travaillé par toutes les rumeurs. Quand la fatalité de payer la facture de la crise nous aura pénétré l’esprit, nous serons mûrs pour l’impôt imaginé par les partis tous ligués contre nous.

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Le pouvoir économique aura soufflé au pouvoir politique la ligne de conduite que ce dernier poursuivra jusqu’au bout en disqualifiant la contestation de ceux qui conservaient encore l’illusion que l’égalité entre les hommes était possible.
Les Etats qui veulent attirer les entreprises et les capitaux conduisent inévitablement les partis à généraliser en Europe la compétition fiscale, antisociale et foncièrement inégalitaire.
Les impôts sont mal répartis, d’autant qu’à cette pression s’est associée une politique d’austérité, le patronat s’efforçant de généraliser le contrat de travail précaire, s’est vu secondé par les gouvernements dans un programme social d’austérité.
Les revenus du capital ont alors explosé par la libre circulation des avoirs, permettant de concurrencer jusqu’aux entreprises d’Etat qu’on dénationalise à l’échelle de l’Europe.
La spectaculaire pression sur les prix du lait à la base permet que des bénéfices plantureux soient possible dans la chaîne de distribution sans qu’aucune voix ne s’élève pour dénoncer le fait que le travail en bas de l’échelle n’est plus raisonnablement rétribué.
Dans la post-industrialisation que nous vivons, le capital tend à devenir immatériel. Le travail a perdu toutes les valeurs qu’il véhiculait. Les marchés lui préférent la spéculation. De sorte qu’à peine cette crise terminée, une autre lui succédera et il ne faudra pas attendre dix ans.
On a ri - les socialistes les premiers – de la théorie de la lutte des classes de Marx.
De la manière dont on gère actuellement les masses d’argent qui circulent sans qu’elles aient derrière elles un savoir, une industrie, des gens au travail, on est en droit d’y voir un retour à la situation de la société de laquelle Marx tira ses réflexions.

4 octobre 2009

Asteûre d’ji’m va tchîre…

On a beau dire, mais la télévision, en tenant lieu de tout, a réussi la glaciation du siècle..
Quand elle est autorisée à prendre quelques images à l’intérieur de l’enceinte du Parlement, la salle est pleine, les députés ont l’air capables et intéressés. Les spots une fois éteints, l’hémicycle se clairseme et il ne reste à la tribune du public que quelques journalistes et un quarteron d’invités là par obligation de famille et qui attend l’interruption de séance après l’apparition de son grand homme à la tribune pour se défiler.
L’autorité a besoin de mystère, ce qui est différent du secret. Le secret est interdit en démocratie (c’est sans doute pour cela qu’il est si répandu). Le mystère préserve l’autorité, de la divulgation au peuple, de son aspect humain.
Il ne vient à l’imagination de personne que ce beau monde défèque tous les matins.
Y a-t-il plus navrant spectacle qu’un Parlement, comme c’est souvent le cas, quasiment désert, quand un orateur ânonne plus qu’il ne lit, un papier qu’il a auparavant écrit sur sa table de cuisine entre les reliefs de son petit déjeuner ?
On aperçoit l’un ou l’autre malheureux vaquant à ses petites affaires, l’un à droite et l’autre à gauche, tandis qu’au centre un autre se cure le nez. Dans un coin trois autres ont l’air de s’en raconter une bien bonne, tandis qu’au plus bas de la salle, deux ministres s’ennuient visiblement, sans oublier le député qui a déplié carrément un journal derrière lequel il s’est caché. Sans doute ferme-t-il les yeux par le besoin irrésistible que l’on ressent parfois de s’abstraire du néant collectif.
La Belgique avec son bilinguisme rabâché comme une pénitence est le pays inscrit dans la francophonie où l’on écorche le plus le français. C’est que la majorité, celle qui par conséquent représente le pays dans les instances de la francophonie, s’exprime habituellement dans une autre langue qui laisse des traces dans la prononciation de celle de Molière de façon irrémédiable. On a peine à imaginer l’effet qu’a dû produire Jean-Luc Dehaene à la tribune d’une réunion collégiale des pratiquants de la langue qu’il était censé illustrer devant Léopold Sédar Senghor.
Avec le boulet que nous traînons, l’art oratoire n’est plus qu’un souvenir, celui du temps où la Belgique était unilingue et où il se tolérait que l’on parlât flamand dans les cours de ferme, comme le wallon sur les terrils. S’il faut s’en féliciter au nom d’une justice sociale, on peut le regretter depuis que les Flamands se sont mis volontairement à régresser, tandis que les Wallons adeptes de la novlangue s’essayaient aux indigences vocales plus gestuelles que parlées.
Le Parlement wallon touché par l’idiotisme ambiant, s’il est plus truculent que son grand frère, n’est pas pour autant exempt d’une vulgarité devenue générale, qui a pris encore de l’accélération avec la présidence de José Happart, descendu du plateau de Herve, comme une pomme tachée est écartée d’un cageot.

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On peut regretter le parler dru de nos ancêtres, la langue de bois qui lui a succédé, dans le pot-bouille de moins de cinq cents mots qui la composent, est marquée par l’insignifiance du blabla.
La fin du bien dire se situe à la mort de Paul-Henri Spaak. Après, les élus du peule ne le furent pas de Grevisse. Croyant noyer leur nullité dans la volubilité, ils nous accablent d’un ennui ravageur. La preuve, les émissions de télévision où ils paraissent sont les moins regardées et surtout les moins écoutées de l’audiovisuel.
Louis Michel, en une soirée construite au moule de sa personne, a plombé l’audimat de la RTBF pour une semaine.
On peut regretter que le cinéma et la prise de son n’existaient pas du temps de Danton et de Mirabeau. Et que, lorsqu’il a enfin pu recueillir les images et les paroles, une imbécile censure nous ait fait rater la rentrée et la sortie de Léopold III, l’exil en Suisse et l’entrevue avec Adolphe Hitler, l’assassinat de Patrice Lumumba, les émeutes de 60-61 et bien d’autres faits historiques, au lieu de quoi nous n’eûmes jamais que la version filtrée officielle, si bien que nous sommes devenus les idiots bienveillants d’une démocratie moribonde.
C’est d’autant plus inquiétant que la crise actuelle aurait dû passionner les foules et animer les parlementaires du désir d’en découdre. Hélas ! étant du même parti, libéraux et socialistes se sont entendus au Parlement pour un sauvetage unanime des banques et du capitalisme ambiant, sans, évidemment, nous demander notre avis.
Eussions-nous été capables de le donner après l’extinction générale des feux de la critique ?
Ah que la télévision eût été la bienvenue à l’arrestation de Louis XVI à Varenne et aux événements du Neuf Thermidor quand Robespierre monta à la guillotine. Aujourd’hui, elle est performante, alors qu’il n’y a plus rien à voir.
Avouez que c’est pas de chance !

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3 octobre 2009

Citizen Kane.

Je me demande pourquoi les partis n’engageraient pas des comédiens pour assurer leurs présidences ?
Certes, les présidents actuels des quatre partis en font des tonnes en Belgique pour nous faire croire qu’ils ont du talent. On ne les voit pas bien exprimer l’orgasme en simulant l’amour avec Charlotte Gainsbourg,
Ils sont loin d’atteindre le jeu d’un Pierre Arditi ou même d’un Poelvoorde. Il faut dire aussi qu’ils lisent de mauvais textes, puisqu’en général se sont les leurs. On voit d’ici Louis Michel lisant du Michel Audiard à sa clientèle… Enfin, ils n’ont pas l’auréole de la star. Leurs fans ne feraient pas une file de dix heures pour s’asseoir au premier rang à leur meeting.
N’est pas Johnny Hallyday qui veut.
Si j’étais à leur place, je passerais en boucle les vieux films afin de percer le secret de la présence d’Orson Wells qui crèvent l’écran. Je me demanderais pourquoi un Depardieu, avec la tronche qu’il a, est surbooké question sexe.
Le charisme ne s’apprend pas. Mais on peut l’améliorer. Ça se traduit par de l’influence sur le public. A leurs débuts, les politiques n’en sont pas dépourvus, sans quoi aucun n’imaginerait sauter un jour sur l’estrade à l’appel de son nom sous une salve d’applaudissements, pour recevoir l’Oscar des Fédérations du parti.
L’auréole est souvent intermittente. Les toiles du succès sont arachnéennes. Il faut chercher les impresarios et les sponsors avec les dents dans le privé. Avec les nouvelles lois, c’est dangereux. Comme dirait Clemenceau, il faut avoir les couilles au cul, même si, parfois, ce ne sont pas les siennes.
Dans l’actuelle star system belge, Jean-Michel Javeaux plaît à la ménagère de plus de cinquante ans. On le sent bon fils, bon père, bon époux. Son œil est pétillant. Sa voix quoique assez fluette porte dans les fonds de salle. Il est joli garçon. Son parti est un parti de l’ordre, ne fut-ce que pour la sélection des ordures ménagères. Eh bien ! ce n’est pas Gérard Philippe et la pièce qu’il joue n’est pas de Shakespeare. Sous l’œil malin, percent des inquiétudes. Sa voix atteint des aigus malgracieux et puis il regarde trop la caméra, guettant son image sur le verre de l’objectif.
Le patro qui l’a formé, nous l’a marqué à vie. Dans le jargon des cinémathèques, ce n’est qu’une silhouette.
Il est aujourd’hui comme fut Di Rupo à ses débuts sur les tréteaux des maisons du peuple. A en juger par ce que ce dernier est devenu, on peut attendre de Javeaux qu’il nous joue le portrait de Dorian Gray. A la dernière scène, il suffira de le démaquiller pour filmer le fond de son âme, comme le voulut Oscar Wilde.

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Les acteurs de cinéma sont-ils intelligents ?
On peut se poser la question. Certains le sont sans doute, il y a même sous la superficialité inhérente à la profession, des acteurs à l’esprit profond. En politique, c’est pareil. Puisque ce sont tous ou presque des avocats, pour avoir fréquenté la profession, on y côtoie tous les genres. Sans rien casser, des robins ont fait de belles carrières mués en députés.
Voyez Reynders, le président contesté du MR, sous les phrases, la vanité du personnage perce. Adapté à toutes les situations, il élabore un plaidoyer moins pour son client que pour lui-même. Résultat, les gens ne le croient plus capable de les défendre. Pourtant il est intelligent. Mais, sortant adroitement de tout, justement, il passe pour trop intelligent. Les gens trop intelligents font peur. Ils ont comme ennemis tous ceux qui n’ont pas leurs facultés.
Di Rupo est aussi dans le cas, sauf qu’il n’est pas avocat et qu’il parvient par une posture vestimentaire et par les bruits qui courent sur sa vie intime, à passer pour un original resté modeste, comme s’il n’avait pas cherché la renommée ! Alors qu’il est fier comme un pou et qu’il ne fait pas bon au PS de briguer la présidence.
Le metteur en scène qui aurait à le conseiller lui dirait sans doute « N’ajoute rien au texte. Borne-toi à entrer dans la peau du personnage. Là, tu incarnes un président qui sous un faux air de modestie, dit le contraire de ce qu’il l’est. Tu joues ça comme tu le sens. ».
Mille fois, un bon acteur serait préférable à eux. On voit bien que même le métier de speakerine de télévision est cent fois plus porteur qu’un cursus d’une haute école de Mons ou même d’un master à Berkeley. N’importe quel personnage connu par la télévision, le film, le théâtre ou le fait-divers, passe mieux et récolte plus de voix que ces histrions blanchis sous le harnais des charges publiques..
Puisque le principal travail d’un président de parti est de faire des shows à la télévision, il n’y a pas de personnes mieux placées qu’un acteur pour faire bénéficier son parti des voix de ses fans.
Outre les qualités humaines qu’un comédien possède comme quiconque, il sait tirer profit de toutes les ficelles du métier.
Il suffirait que les professionnels remplaçassent les amateurs pour redonner du goût à l’électeur. Casting de professionnel : Véronique Genest, Commissaire Julie Lescaut, au ministère de l’intérieur ; Dr House, en anglais House MD, à la santé publique ; Sylvester Stallone, Rocky, à la défense ; Cécile de France, aux affaires étrangères, pour son rayonnement et sa manière de mettre les hommes dans sa poche au cinéma ; Laurent Gerra aux communications, parce qu’il est inimitable en nous faisant prendre des vessies pour des lanternes ; Depardieu, qu’on ne présente plus, pour savonner la planche à Van Rompuy.
Il n’y a rien dans ce qui est écrit ici qui ne soit de bon sens.
Les citoyens feraient moins la gueule. Ils se croiraient dans un film catastrophe et applaudiraient à leurs malheurs. Ce qui raviraient les socialistes qui n’auraient plus à se disculper sur « Pas de chance ! ».

2 octobre 2009

Big Brother is watching you !

Orwell écrivit son roman « 1984 » en 1948. Il lui suffit de transposer les deux derniers chiffres de la date, pour le titre et en faire un roman d’anticipation.
Vingt cinq années se sont passées depuis 1984, date de l’action, et rien n’est survenu de comparable.
Sauf que le concept de Big Brother, entré depuis dans le langage de la critique des techniques modernes de surveillance, n’était pas si mal vu. Il existe bel et bien !
Aujourd’hui en 2009, on pourrait écrire sans trop grand risque d’erreur « 2090 », roman d’anticipation. Non pas que nous fussions de meilleurs devins, mais parce que nous disposons de données plus précises à moyen terme, sur le devenir de notre civilisation.
Le propre des fables est de noircir le monde dans lequel nous vivons. Cependant, sans être trop extravagant, on peut situer entre 2009 et 2090, la possibilité d’une nouvelle guerre mondiale, pour des raisons précises.
A la fin d’une vie d’homme, ceci pour les enfants qui seront nés dans la première décade du troisième millénaire, Big Brother sera complètement au service du pouvoir économique qui règnera sans partage sur les États qui auront toujours une vocation démocratique sur le papier, mais dont la réelle portée aura complètement dénaturé le sens de la liberté individuelle.
Les prévisions de Hubbert (voir sa théorie du Pic) ont situé vers 1995 l’équilibre de l’offre et de la demande en matière pétrolière. En 2050, nous serons largement dans la phase d’extinction du produit. C’est alors que les intérêts arabes de conserver des relations amicales avec les Occidentaux n’auront plus de sens.
Sans autre alternative d’une nouvelle force motrice toujours à découvrir, les dernières réserves de pétrole seront des enjeux stratégiques de première importance. Les moyens écologiques de produire de l’énergie et principalement du courant ne pourront suffire. La plupart des centrales atomiques seront sur leur fin et le problème se posera du stockage des déchets.
Le monde pourrait alors se diviser en deux blocs. Big Brother essayera de maintenir sa puissance économique sans les moyens de croissance. Il se verra contraint de ravir les dernières réserves de pétrole en faisant la guerre au bloc intégriste religieux islamique.
La parabole du despotisme moderne d’Orwell n’aura pas le scénario original prévu, sauf que le vainqueur des deux blocs sera obligé d’appliquer le totalitarisme orwellien pour survivre.
Un parti unique aura la mainmise sur les archives et fera accepter sa propre vérité historique en la truquant. La désinformation et le lavage de cerveau seront des techniques d’usage courant pour asseoir sa domination. Il fera disparaître des opposants trop encombrants et on les fera passer pour des traîtres, des espions ou des saboteurs.
En d’autres temps, des dictateurs ont essayés ces techniques avec succès.
Et ce, quelque soit le camp vainqueur.
Tôt ou tard le travail de l’homme se modifiera.
Les monuments les plus impressionnants finissent par s’effondrer. Il n’est pas d’exemple qu’une civilisation résistât au temps de façon constante. Le déclin suit nécessairement l’apogée, donnant naissance à autre chose, parfois aussi en touchant le périgée, avant de disparaître.
Nous n’avons pas su partager équitablement les richesses dans les démocraties. Ce sera leur perte. Nous avons cru intelligent de sanctifier un travail qui rend esclave, ce sera la fin de l’économie capitaliste. Mais pas celle des riches.

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L’enfer de Dante était le lieu où il précipitait ses ennemis. Depuis 2001, nous avons le nôtre où le pouvoir précipite ceux qui lui résistent.
Déjà nous ne sommes plus certains que la démocratie n’est pas un leurre mais un acquis, que nos hommes politiques sont efficaces et disent le droit des peuples, avant le droit du commerce et de l’industrie.
Le consumérisme a désagrégé la cellule familiale, à défaut d’avoir dissout le corps social qui n’a jamais été vraiment solidaire.
Qu’arrivera-t-il à l’économie lorsque la croissance seul facteur d’entente s’essoufflera au point de ne plus repartir entre deux crises ?
La crise en 2008, la reprise certainement pas en 2010, quoique en disent les Je-sais-tout.
La croissance zéro ou la décroissance, sait-on au juste ce que cela signifie pour des millions de gens qui glisseront de la médiocrité qui était leur sort à la pauvreté la plus complète ?
La population acceptera-t-elle que des parcs privés soient les seuls endroits où il fera bon vivre ?
Trouverait-on justifié qu’on les gardât par la police comme des trésors devant la fureur populaire ?
On voit bien inéluctablement que cette situation telle décrite conduit à la guerre, nécessaire, sainte, voulue par les deux blocs pour des raisons apparemment différentes, mais secrètement les mêmes !
Les dirigeants des deux bords seraient apparemment opposés mais secrètement d’accords pour épuiser dans le sang la vigueur des peuples.
D’un côté au nom d’une démocratie décidément bien morte, des millions de soldats partiraient défendre une utopie aux confins du monde Occidental, tandis que leurs adversaires crieraient au milieu de leurs déserts « morts aux infidèles ».
Sans oublier qu’à cette apocalypse fût épargnée l’arme atomique que les antagonistes emploieraient simultanément en étant persuadés que l’autre camp l’utilisera de toute façon.
A cette effrayante suite d’Orwell, les éléments naturels dont il ne soupçonnait pas la puissance hausseraient les océans, chassant des terres basses des centaines de millions de personne, tandis que la faim gagnerait de part et d’autre du champ de bataille.
On en frissonne à l’avance !

1 octobre 2009

Haro sur les fonds de tiroir !

On ne sait pas si les ministres font sonder l’opinion sur les postes capables de rafler quelques millions d’euros de taxes supplémentaires sans rameuter la population au scandale. Une autre technique est de jouer avec les nerfs des gens. L’intox de Miss Simonet à propos des enseignants en a tout l’air. Au Fédéral Clerfayt lui emboîte le pas en parlant d’une hausse des accises du diesel, aussitôt démentie. En coulisse Van Rompuy et Reynders nous interpellent sur la situation financière du pays, pratiquement en faillite, dixit Melchior Wathelet, prévisionniste de père en fils.
Ce pays regorge d’argent, d’argent frais, disponible tout de suite ; mais, cet argent est d’autant sacré qu’il est la conséquence du système économique qui pousse à l’enrichissement de quelques-uns au détriment de tous les autres.
Dorénavant la question est posée de faire payer le déficit par les riches.
Evidemment avec le parti socialiste co-gestionnaire de l’État en partenariat des libéraux, le problème n’est plus posé en ces termes. Le slogan du PS est connu, parce qu’il est employé à chaque fois qu’on l’a dans le baba « grâce aux socialistes, les petits revenus et les revenus de remplacement seront épargnés », sous-entendu qu’ils seront taxés quand même !
Le plus gros de la facture, on rassure tout de suite les riches, c’est la population laborieuse qui l’épongera. Ce qu’on fera peut-être, ce sera d’emprunter aux plus riches, ce qu’on s’abstient de leur prélever. C’est un peu le système Madoff. On ramasse de l’argent frais en imprimant des obligations au taux intéressant, qu’on rembourse avec l’emprunt suivant, en supposant qu’au bout du compte une forte inflation viendra délivrer le ministre des finances d’une charge « insupportable ».
Mine de rien, ce système n’arrange rien du tout, les différences de taux et les frais de lancement, c’est le gogo de base qui ouvre son porte-monnaie. C’est le banquier qui récolte.
Si cet argent emprunté n’est pas investi dans des secteurs d’activités en pointe ou dans des entreprises de grands travaux publics, c’est de l’argent fichu, même si l’État respire un peu avec un portefeuille pour un temps regarni.
Sait-on qu’en 2006, Reynders s’est vanté d’être le promoteur d’une nouvelle loi qui paraît aujourd’hui le désigner comme un des plus mauvais ministres des finances que nous ayons eu, en tous cas comme celui qui n’a pas anticipé la crise de 2008, au contraire l’a pour ainsi dire aggravée en Belgique. Il s’agit d’une loi instaurant une déduction pour capital à risque, dite des intérêts notionnels (ou fictifs) sur les capitaux propres, poussant les banques prêteuses au risque.

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La diminution d’impôt des sociétés qui s’en suivit (22 % au lieu de 33%) restera dans les annales des bourdes comme un succès de la part du ministre.
A part ça, comment remplacer et par quoi l’argent non prélevé aux riches, sinon le puiser dans le tiroir d’en-dessous, c’est-à-dire les revenus moyens, dont sont exonérés les personnels politiques qui paient des taxes sur une partie seulement de leur rémunération.
On voit bien que les économies sérieuses et efficaces ne peuvent se faire que sur les citoyens qui ne peuvent pas se défendre, puisque leurs mandataires les ont abandonnés.
Saint Tévéâh priez pour eux !
A part ça, rogner sur les revenus de remplacement, faire glisser le chômeur du chômage au CPAS, sabrer dans les dépenses des mutuelles et surtout augmenter la TVA, par-ci, par-là sont des recettes éprouvées qui seront vraisemblablement retenues.
Le plus délicat, c’est d’annoncer ça aux gens en transformant une merde en triomphe !.
Il faudra donc se méfier des effets d’annonce du MR, comme du PS, sans oublier que J.-M. Javeaux, play-boy plébiscité, va devoir jouer finement pour nous faire admettre que les taxes dites écologiques ne sont pas de simples et grossières taxes déguisées en amoureuses de la terre et des moulins à vent.
Ce mercredi, les ministres ont entendu les experts sur les recettes fiscales, recettes non fiscales, dépenses primaires, fraude sociale et fiscale et Sécu.
Vous avez bien lu : fraude sociale ! Comme si les sommes de la fraude sociale étaient comparables et sur le même pied que la fraude fiscale, énorme en Belgique ! Cette égalité de traitement n’est pas anodine. En fait, il existe plus d’inspecteurs attachés à débusquer la fraude sociale que d’attachés à la fraude fiscale. Vous voyez l’astuce ?
Comme il n’y a guère de bonnes nouvelles en ces temps troublés, ils en sont à baptiser bonne nouvelle un déficit qui serait moindre que les prévisions ! On nous avait annoncé 5,3 milliards de déficit à la Sécu, il ne sera que de 4,6 milliards… à moins qu’il s’agisse d’une erreur ?
Rayon dépenses primaires, on fait comme chez Sarko, on ne va plus remplacer automatiquement les fonctionnaires qui prennent leur retraite. Si on pouvait leur suggérer la même pratique pour les parlementaires, on réaliserait peut-être une sérieuse économie. C’est l’Ordre des avocats qui la trouverait mauvaise puisqu’ils s’agirait de recaser ce personnel dans son métier premier.
On reste dubitatif sur la contribution que le secteur bancaire pourrait verser au trésor public. On parle d’une prime d’assurance. Ils font la sourde oreille. Quand on pense que c’est la mansuétude des tribunaux qui leur a valu de ne pas finir en prison, on les trouve bien ingrats.
Ce n’est pas au peuple que Van Rompuy s’est plaint de l’état de la Belgique, mais devant le gratin de la FEB. Son objectif est de réduire le déficit à moins de 3 % du PIB, en 2013, et de retrouver l’équilibre, en 2015. C’est tout juste s’il n’est pas passé avec une casquette dans les travées, comme à l’église.
Dans moins de 15 jours nos artistes présenteront le Budget au Parlement.
Avant, les biens pensants se seront recueillis aux cérémonies de canonisation du Père Damien, à Rome.
Happart s’était recueilli en été dans le grand canyon du Colorado. Rome, c’est pas mal non plus.
Il paraît qu’aux abords du Colysée, c’est la dolce vita pour pas cher.
Peut-être une conversion express de Van Cau et José H. pour en être ?