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Basses œuvres et grandes manœuvres

L'alliance Severstal-Arcelor a vécu. L'assemblée générale extraordinaire d'Arcelor, qui s'est tenue, le 30 juin, à Luxembourg, a voté contre cette fusion proposée le 26 mai par Arcelor pour contrer l'OPA, alors hostile, de Mittal Steel.
Le groupe russe recevra en compensation 140 millions d'euros, qu’on devrait pouvoir, s‘il y avait une justice, retirer du pactole de sortie de Guy Dollé.
Les Beaufs de la Région wallonne n’ont pas peur. Mittal a signé des engagements pour le maintien de la sidérurgie dans les deux bassins. Pourtant, ils devraient : une suppression de
25 000 à 30 000 postes (sur 320 000) pour un coût de 450 millions d'euros par an est déjà prévue. C’est même ce qui a décidé les petits porteurs.
Puisque Gros QI a les papiers signés de Mittal dans le coffre à Namur, les métallos peuvent se la couler douce, tel est le mot d’ordre. On sait comme par le passé les Beaufs de la Région n’ont pas eu le flair. Enfin, puisque l’autre à les papiers…
Les 30.000 sur le carreau, c’est pour tout de suite… après on verra.
Les bidons s’arrangent chez les porteurs côté ARCELOR.
C’est plus facile pour Mittal qui fait avec son fils tout le Conseil d’administration à eux deux. Approuvé à 99,99 %, la fusion avec Arcelor, un score pareil rappelle les républiques bananières. C’est Mittal père qui a voulu ce petit dixième de mécontents, à moins que ce ne soit sa belle-mère ?
Tout le monde se félicite. L’union devient grandiose. Pourquoi pas la signature au château de Versailles avec les grandes eaux et le feu d’artifice sur le plan d’eau des Suisses ?
Seule la direction d'Arcelor semble mal vivre les événements.
Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM), s’est faite Guy Dollé, amoureux transi de l’alliance avec le Russe Severstal.
Pour mercredi 5 juillet, Aditya Mittal, directeur financier de Mittal Steel, va fignoler les départs de l’ancienne direction d’ARCELOR, avec Martine Hue, directrice des relations investisseurs chez Arcelor.
Mais la pièce est loin d’être jouée. Si d’ici le 13, les actionnaires ne déposent pas en masse leurs actions d’ARCELOR, le Guy Dollé qui a la main sur la poignée de la porte, pourrait revenir s’asseoir dans le bureau qu’il quitte à regret.
On voit comme ces gens, qui ont pourtant la responsabilité de conduire plus de 300.000 hommes, une armée trois fois plus forte que celle que les Américains laissent en Irak, se moquent bien des travailleurs et des Etats dans lesquels ils établissent leurs usines de ferrailles.
Des rumeurs circulent. Les regroupements au sommet sont à la mode. Renault-Nissan pourrait copiner avec General Motors. Hier, c’était le projet français de regrouper gaz et électricité.
Les petits boulots n’y sont concernés que pour faire les frais des restructurations. Il ne doit pas y avoir plus jouissif pour un patron que de prévoir des purges de 30.000 personnes.
Pensez, les économies qu’ont fait sur les salaires se convertissent en stocks-options. C’est quasiment la règle de trois de l’entreprise mondialisée. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai ce que cela va te rapporter.

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Si la vie d’expert n’est pas drôle et les gouvernements à jamais ridicules, les clowns jaillissant de sous les chapiteaux mondialisés sont tous des économistes qui ont la cote.
Mieux que les avocats, les économistes disent tout et son contraire, avec la mauvaise foi absolue de ceux qui n’en savent rien et ont une chance sur deux de se tromper et par le fait même de tromper les autres.
Au niveau le plus élevé, les grandes manœuvres se poursuivent donc et se poursuivront de plus en plus et, allant crescendo, finiront par faire du monde une seule et vaste entreprise.
Qui sera le super PDG ?
Huxley s’est trompé en attribuant ce rôle à un descendant de la famille Ford.
Bill Gates est en passe de se retirer du jeu en versant dans le caritatif.
Alors qui ?
Un prince du pétrole ?
Je parie que cette interrogation majeure si elle était posée à Gros QI mettrait son ego en effervescence. Et si c’était lui ?

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