20 octobre 2017
Nécessaire propriété collective.

J’ai toujours eu un faible pour les livres d’occasion, indépendamment du fait qu’ils coûtent moins chers. Penser qu’on n’est pas le seul à avoir feuilleté et lu l’ouvrage qu’on tient dans ses mains procurent une sensation particulière, celle de n’être pas l’unique lecteur à en avoir respiré l’ennui ou le plaisir.
C’est d’autant enrichissant que les ouvrages sérieux, enfin destinés à l’étude ou à la recherche, sont souvent raturés, soulignés, annotés, au point que pour gagner du temps, on fait confiance aux lecteurs précédents. Il suffit d’ouvrir à la page annotée pour aller à l’essentiel d’un chapitre et s’épargner le fastidieux du reste. C’est une sorte de testament olographe que laisse le prédécesseur. Il ne reste plus qu’à déposer un commentaire en-dessous de l’autre pour espérer que l’œuvre ainsi augmentée bénéficie à quelqu’un d’autre.
Justement, en avoir été celui-là donne une idée du collectif.
Parler du collectif, en ces années de braderie d’une droite conquérante pour distribuer au privé des activités anciennes, c’est mettre en garde contre les appétits privés, ce que la gauche a toujours protégé : les services publics à la responsabilité de l’État, c’est-à-dire des citoyens!
Beaucoup de biens des particuliers ont un caractère collectif, sans que cela soit toujours bien perçu de l’utilisateur.
Les économistes appellent ce collectif « externalité ».
Positives, quand elles sont avantageuses à des tiers et négatives, quand elles sont désavantageuses, les externalités sont des pièces d’un puzzle social que Charles Michel et les siens s’ingénient à détruire parce qu’ils leur semblent que moins il y a d’État, plus la société est prospère. Ils oublient que moins il y a d’État, plus fragile est la démocratie et plus grand est le risque, qu’il n’y ait plus de lien social et donc d’État !
La conviction libérale est en train de changer de camp pour ce qui concerne la propriété du privé des biens collectifs, grâce à la prise de conscience des problèmes de pollution.
La privatisation est impossible dans ce domaine. Elle nous conduirait à un simulacre de réalisation, en même temps qu’une politique dilatoire en tirerait du profit, sans pour autant régler le problème des pesticides, des moteurs diesel, des déchets ménagers et du destin final de l’électricité par l’atome.
L’existence des externalités (confier le collectif au privé) montre les limites que Charles Michel et ses pareils à l’Europe tentent de dépasser, dans l’intention d’affaiblir l’État au profit de l’économie de marché.

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Comment l’État peut-il se bien comporter dans la gestion du collectif, si ceux qui en ont la responsabilité, c’est-à-dire le MR et le CDH à la Région, ont intérêt à ce que l’opinion le déconsidère, afin de tirer argument pour la liquidation de ses entreprises ?
Comme écrivit Victor Hugo (autrement), on ne peut pas empêcher le collectif d’apprécier le parfum de la rose, quand bien même son propriétaire ne le voudrait pas.
Le système économique est en train de mettre directement en danger les liens sociaux qui font la démocratie.
Il le fait de manière inconsciente, un peu comme quelqu’un qui tombe à l’eau ne sachant pas nager et s’agrippant à ce qu’il trouve, finit par se noyer avec quelqu’un d’autre.

19 octobre 2017
Addiction et perversion.

Les gazettes : « Des experts psychiatriques indépendants pour libérer Marc Dutroux: son avocat va demander qu'ils se rendent en prison pour l'examiner. »
Voilà deux ou trois ans que cycliquement l’affaire de la libération conditionnelle de Marc Dutroux remonte à la surface, puis le monstre replonge dans les abysses de sa prison.
Toute indépendante qu’elle soit, on sait bien que la justice tient compte de l’opinion publique et, dans le cas de Dutroux, c’est tant mieux.
L’opinion publique est formellement pour la détention à vie de l’assassin Dutroux, avocat ou non, bon droit ou légalité de la demande de relaxe sous condition.
Pour ne pas qu’il établisse un record de durée de détention, il serait souhaitable qu’il ne vive pas trop vieux. C’est ce qu’il ressort de l’opinion des gens dans une sorte d’unanimité jamais atteinte sur tout autre sujet.
L’affaire Vanderlinden, le violeur-tueur de sa voisine, le je-m’en-foutisme de la police liégeoise au suivi de ce multirécidiviste, le bruit autour du magnat hollywoodien Weinstein Harvey, le prédateur des starlettes, renforceraient plutôt l’opinion de conserver Dutroux bien au chaud entre quatre murs.
Cette chronique serait superflue pour n’avancer que les banalités de ce qui précède.
Elle n’a de sens que pour ce qui suit.
Les gazettes font du n’importe quoi, comme d’habitude, au sujet des rapports délictueux entre les hommes et les femmes, en matière de sexe.
Pourtant, les erreurs seraient très rapidement corrigées si nos gazetiers prenaient la peine de se renseigner auprès d’un psy qui soit plus scientifique que charlatan. Les plus avertis, avec seulement la lecture des articles concernés dans le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), seraient édifiés.

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L’addiction au sexe n’existe pas. Harvey Weinstein clame partout qu’il va se faire soigner, à seule fin de faire croire qu’il va sortir guéri dans six mois. Il raconte des craques et on les diffuse avec la complaisance que l’on doit aux riches, même déconsidérés.
On éprouve une addiction pour une drogue, de l’alcool, du chocolat, du tabac, mais pas pour un être humain.
La nature est riche dans sa diversité, il y a des personnes qui ont de plus gros besoin à satisfaire leur pulsion sexuelle, que d’autres. On ne peut pas considérer comme un délit d’aimer le sexe jusqu’à la performance.
Weinstein, Vanderlinden et Dutroux n’entrent pas dans les hyper performants vaincus par l’excessif de leurs besoins. Si ça se trouve, ils sont dépourvus d’un attribut de compétition et très éloignés d’être des athlètes du sexe, leur point d’orgue pourrait être lent, laborieux et non intense, sinon inexistant.
En considérant leur nature à la lumière de ce qu’ils ont fait, ils tombent dans la catégorie des pervers.
Les perversions forment l’essentiel du DSM !
Ce qu’il faut en retenir est simple. Les perversions ne se guérissent jamais ! Il n’y a pas de remède et il n’est même pas dit que la castration soit à 100 % efficace.
Il y a des périodes de rémission, même de remords qui sont sincères et que l’on peut mettre au palmarès des soins et des méthodes de réinsertion. Mais, les rechutes sont inévitables, parfois brutales, en tout cas certaines, quoique le temps, c’est-à-dire l’âge du pervers, peut soit accélérer ou décélérer la perversion.
Des pervers comme Weinstein, Vanderlinden et Dutroux le seront toute leur vie. Si le premier n’a pas tué, il constitue comme les deux autres un danger permanent. Ce sont des bombes à retardement dont la justice a conscience, qu’en les relâchant dans la société leur peine accomplie, ils peuvent récidiver. Encore que Weinstein ne sera probablement jamais condamné. Ces personnes souffrent d’anomalies psychiques. Ils n’ont pas leur place en prison, mais dans un asile d’aliénés.
Ce que la justice fait en les condamnant à des peines de prison n’enlève aucun des risques, lorsque libérés, ils se fondent dans la foule anonyme.
La controverse tourne autour de la manière dont cette perversité s’acquiert et se développe. Est-elle innée, naît-on pervers ou le devient-on ? S’il existe des pervers quasiment inoffensifs, toute perversion peut conduire au pire.
Tous les pervers ne sont ni en prison, ni en hôpital psychiatrique. Certains assumeront leur perversion sans nuire à personne sinon à eux-mêmes. On ne peut sanctionner que ceux qui contreviennent à la loi. Mais alors, qu’en faire ?
Weinstein a développé sa perversité en acquérant de la notoriété liée à l’argent, ouvrier du bâtiment, peut-être se fût-il contenté de siffler sur le pas des belles passantes et dépenser la moitié de sa paie d’un coup, dans un bordel le samedi soir ? Michèle Martin avait des aptitudes à la perversité, un psychisme malléable et favorable. Dutroux lui aura fourni les moyens de son accomplissement. Si par elle-même, elle constitue aujourd’hui un moindre danger, son association avec un grand pervers est toujours à craindre. Quant à Vanderlinden et Dutroux, ils sont irrécupérables et de ne pas s’en être aperçu pour le premier fit perdre la vie à une innocente destinée au plus brillant avenir.
Dans certains Etats des USA, un pervers relâché doit impérativement se présenter aux riverains du quartier où il réside. Que n’a-t-on procédé de la sorte à Liège, la malheureuse étudiante serait encore en vie !

18 octobre 2017
Urnes et burnes...

Il ne faut pas se raconter des histoires.
S’il y a des différences entre une démocratie et une dictature, les pouvoirs d’argent qui tiennent le haut du pavé dans l’une, comme dans l’autre, sont identiques dans leurs pratiques et leurs règles de fonctionnement.
Ces différences ne sont réelles et visibles que dans la façon qu’ont les hommes de faire de la politique. Parfois, certaines dictatures poussent si loin le mimétisme avec les démocraties qu’on a du mal à s’y retrouver. À l’inverse, certaines démocraties ressemblent tellement à des dictatures, qu’on s’y croirait.
On y vote chez les unes et les autres, dans l’illusion d’une liberté politique. Les dictatures modernes, pas folles, laissent les citoyens avoir des opinions contradictoires.
Les dirigeants estiment que les voix discordantes sont utiles, puisqu’elles prouvent que tout le monde donne son opinion, et comme en dictature et en démocratie les pouvoirs s’en fichent, en quoi cela les gênerait ?
On assassine pour des raisons politiques plus rarement en démocratie qu’en dictature, il est vrai. Mais on y assassine quand même. Dans les deux systèmes, on ne trouve jamais les coupables.
Le plus clivant reste les dictatures religieuses où les discriminations faites aux femmes font de grandes différences.
Pour l’économie, rien de changé, les principes sont les mêmes. La multitude est au régime des bas salaires et les autres sont fonction du pouvoir qu’ils occupent, jusqu’au sommet, parfois occupé par un seul homme, dans l’un ou l’autre cas.
Les détenteurs des capitaux savent aussi bien désintéresser l’autorité politique dans les dictatures comme les démocraties. Tantôt impôt sur la fortune, contribution à la croissance ou taxe spéciale patriotique, les imaginations vont bon train pour qu’entre soi, les bénéfices soient partagés.
Les dictateurs et les démocrates redoutent d’être mis à l’index par les multinationales. Ils s’inclinent devant plus puissant qu’eux, les téméraires qui pensent le contraire sont dans de sales draps. Voyez au Venezuela.
La dictature et la démocratie font la part belle à la liberté d’entreprendre, la seule qui fasse vraiment l’unanimité aux deux systèmes. Chacun est autorisé, voire chaudement conseillé, de gagner le plus d’argent possible, à la condition de ne pas oublier ceux qui permettent cette liberté incontournable.

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La presse, c’est pareil.
Si Sudpresse, par un coup de baquette magique, était transportée aux États-Unis, elle s’appellerait « The Daily Center » par exemple et soutiendrait Donald Trump à fond, comme son confrère américain. Son patron serait l’ami de Tucker Carlson qui est également animateur sur la chaîne Fox News, et Neil Patel, du journal américain.
À Pékin, elle serait une filiale de l’A.T. Chinese et courrait tous les matins demander des nouvelles de la santé de Hu Jintao. Ses articles porteraient sur la mauvaise foi occidentale et parleraient de la grandeur de la Chine et de ses dirigeants. À sa télévision, madame Praet vanterait le parti communiste chinois comme étant le sommet de la démocratie et madame Darhmouch pleurerait d’émotion en résumant le discours de trois heures et quart du président aux informations de vingt heures.
En plus de rendre fou, le pouvoir rend l’argent facile. Si bien que nos élites ne peuvent pas s’en passer. Selon les circonstances, et on l’a vu en 40-45 sous l’occupation allemande, la plupart des riches ont plus ou moins collaboré, quitte à faire résistant en 44, quand il était visible que l’affaire tournait mal.
Ce n’est pas une question d’être plus vertueux, mais le peuple est plus constant, parce qu’il a très peu d’argent, qu’il est patient et qu’il peut souffrir.
Les autres ne le peuvent pas, en tous les cas pour la plupart.
Parce que l’argent a encore une autre fonction, il corrompt les mœurs et les consciences.
Si bien qu’après avoir vécu dans l’aisance une grande partie de leur existence, les premiers à collaborer à un changement de régime seraient les gens qui ont le plus profité de celui qui disparaît.
Les dictateurs le savent bien qui s’entourent d’anciens dignitaires qui juraient leur grand dieu un mois avant la chute du Régime, que jamais ils ne se rallieraient aux nouveaux arrivants. Pareil en démocratie, Macron avec le PS et Charles Michel avec la N-VA le prouvent.
Il convenait d’aborder un dernier mythe selon lequel l’épanouissement complet de la liberté donne un avantage à la démocratie sur l’économie.
On voit là encore toute la fausseté du jugement occidental, si l’on considère que la Chine est devenue là première puissance économique mondiale.

17 octobre 2017
Pitié pour les cumulards !

Encore une nouveauté : l’abandon des mandats cumulés par nos élites. Ils ne savent plus qu’inventer pour faire croire que l’argent ne les intéresse pas ! C’est seulement par devoir qu’ils se dévouent à honorer tous les mandats rémunérés !
Leurs nombreuses casquettes, outre l’avantage de rémunérations en rabiot, offrent l’occasion d’ensemencer le terrain des élections suivantes.
Comme l’opinion les juge plus sévèrement depuis que les gens bouffent de la vache enragée, les voilà saisis par la vertu de la frugalité et du sacrifice…
Enfin, n’exagérons rien. Chaque député ou ministre « décumulé » vaut encore une bonne douzaine, voire un quarteron d’ouvriers qualifiés. Ce n’est pas la Berezina. L’indigence chez les Reynders, Michel sous les ponts, ce n’est pas pour tout de suite.
Sentant le vent tourner, le bourgmestre de Liège Willy Demeyer attend l’atterrissage de la commission sur les attentats du 22 mars 2016 pour quitter son siège de député fédéral et se décumuler en se repliant sur la ville. Il avait déjà démissionné de la présidence du PS – Liège, en début d’année.
Certains se demandent si le décumul va ouvrir la démocratie dans les partis, à quelques-uns piaffant d’impatience dans les comités, certainement. En effet, ce n’est pas parce que Borsus, Onkelinx, Demeyer ou Ducarme font du bruit autour de leur renoncement que l’État fera des économies.
Les mandats rémunérés n’auront pas disparus. Ils seront tout simplement « cédés » à des petits nouveaux, avides d’en croquer. Certains mandats ont des suppléments possibles en notes de frais, surtout dans les emplois d’administrateurs de sociétés mixtes, intercommunales, mutuelles et asbl diverses.
Prenons la grosse gourmande, l’échevine d’Evere Eliane Lepoivre-Daels (PS), avec ses 25 mandats rémunérés et deux gratuits. Pour ne pas attirer l’attention, dans les différentes planques où elle tire des thunes, je suppose qu’elle ne facture pas de frais divers, transports, restaurants, taxis, etc. les sommes perçues. En qualité de socialiste, elle aura conservé un peu de décence, surtout depuis le scandale du Samusocial de Bruxelles, à moins que… Mais bon, faisons comme si.
Que vont faire les 25 bénéficiaires qui succéderont à la socialiste ? Si les moins bien lotis, happent un billet de cent € en jeton de présence, alors qu’ils habitent au diable vauvert et qu’ils crèvent la dalle, au sortir de la réunion, ils auront tendance à allonger la facture, donc supplément pour le citoyen lambda !

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Sur le site Cumuleo, la masse des mandats va en priorité aux grosses légumes. Par principe, les membres modestes des partis n’ont pas de mandat. Cette nouveauté va donner le goût de l’argent à une quantité de sous-fifres, porte-serviette, valets de toujours, humbles tâcherons, fils de personne, etc. De petits employés, guichetiers de mutuelle et estafettes de syndicats, CDH, MR et PS confondus, ajouteront à leur modeste traitement, cet appoint autorisé. Cela aura un effet boule de neige. Les voilà bons pour être épinglés à leur tour sur Cumuleo.
Pour qu’il n’en soit pas fait ainsi, ces mandats devraient aller aux rentiers qui n’ont aucun salaire ou aux exclus des allocations de chômage ! Ce qui vous l’avouerez, heurterait la sensibilité antisociale de Charles Michel et de Willy Borsus. Par exemple, si le chômeur des Caraïbes plutôt que toucher des deniers douteux, passait toucher son chèque tous les mois sous forme de jetons de présence, Sudpresse devrait penser à autre chose, pour écrire des choses misérables sur des gens qu’il n’aime pas.
C’est difficile de trouver une solution équitable dans une démocratie comme la nôtre.
Alors, si des sept ministres du nouveau gouvernement wallon, entrés en fonction le 28 juillet dernier, six ont omis de déclarer certains de leurs mandats, fonctions ou professions, qu’en outre des députés et sénateurs continueront leur petit trafic de rémunération sur le côté, que cela ne vous tourmente pas trop.
La proximité du tiroir-caisse et la valeur inestimable de nos grands hommes resteront identiques bien après nos indignations.
Soyons raisonnables. Ils nous ont volés. Ils nous volent. Ils nous voleront. C’est normal, puisqu’ils sont persuadés qu’ils font du bon boulot, qu’ils sont mal compris, et que nous ne les payons pas assez.
Vous en connaissez-vous des comptables avec cette mentalité qui n’arrondiraient pas leurs fins de mois en tapant dans la caisse, d’une façon ou d’une autre ?