10 décembre 2018
Le pacha de Marrakech.

Décidément le surréalisme, inventé en Belgique en politique, n’a pas fini de mettre en scène nos agités du bocal dans leur dernière invention : faire mieux que la France en plein Gilets Jaunes, c’est-à-dire s’offrir une crise gouvernementale de diversion sur le prétexte le plus mince possible « Signature du pacte de l’ONU sur les migrations ».
Michel avec son ami De Wever a choisi Marrakech, plutôt que tendre l’oreille afin de percevoir les cris de colère et ouvrir leurs yeux à la misère de nos compatriotes les plus démunis.
Ils font entrer toute la population dans le palais des mirages de l’émir Bart, transformant l’usine à gaz de son grand vizir Michel, en musée Spitzner des horreurs, avec, boursouflée dans le formol, la face lunaire du premier « sinistre » dans un bocal à cornichons.
Tout le monde était d’accord au départ, N–VA comprise, pour signer un texte tout à fait anodin et tout à fait inutile, comme savent en pondre des institutions comme l’ONU, la seule disposition intéressante étant de faire prendre conscience aux États, de la criminalité des passeurs et des exploitants malfaisants des émigrés.
Suite au progrès du Vlaams Belang dans l’opinion flamande, voilà la N–VA qui prend peur et rejoint une opinion répandue dans la rue que ce nouveau machin de l’ONU va nous valoir des milliers de réfugiés que nous ne pourrons pas refuser. Ce qui est faux, bien entendu, ce texte de l’ONU n’étant en gros que de demander un peu de respect et de dignité humaine pour ces gens qui fuient les guerres, voire les famines organisées par le système économique.
La dernière giclée de propagande raciste devait venir de la N-VA. Elle l’est. Mais il faut attendre la réaction du Vlaams Belang dans la surenchère, pour savoir qu’entre ces deux là, c’est à celui qui criera le plus fort.
Ce qu’il faut retenir de ce micmac est la chose suivante : le gouvernement Michel va continuer comme si de rien n’était, soutenu de l’extérieur par ses amis Bart De Wever et Jean Jambon, ami personnel de Charles Michel. Le gouvernement sera minoritaire sur le papier et pourrait être renversé au parlement, oui, mais il ne le sera pas, l’opposition a peur de rebattre les cartes à six mois des élections. Ils sont trop près de l’échéance pour ajouter un ridicule supplémentaire.
Avec cette tare paquet-cadeau nous aurons un gouvernement déjà minoritaire chez les francophones qui le sera dorénavant aussi au parlement !
Curieux, cette formule est non seulement antidémocratique par un manque de représentativité des populations, mais aussi anticonstitutionnel, puisque Michel dans la nouvelle formule n’ira pas demander un vote au parlement sur son nouveau gouvernement ! Il paraît que Delpérée peut se rendormir et que ce tour de magie est parfaitement légal.
Vous me direz, l’opposition peut déposer une motion de censure la semaine prochaine au parlement. Et si la N-VA vote pour la confiance, que se passera-t-il ?
Le tout à six mois des élections, la colère des Gilets Jaunes et le racisme ordinaire qui fait des progrès, sur un fond de régression sociale, Di Rupo chez Deborsu a bafouillé quelque part qu’il soutiendrait le gouvernement sur la proposition d’aller à Marrakech !

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On pourrait avoir cette nouvelle monstruosité possible, le PS votant pour Michel se rendant à Marrakech, puis votant contre sur le budget au nom des pauvres de ce pays ; la N-VA reprenant du service pour soutenir le gouvernement sur les taxes, le budget et les infamies qui se préparent contre les travailleurs, notamment la dégressivité des allocations familiales ! Et un vote annulant l’autre, on se retrouverait à la case départ et Michel assuré d’aller jusqu’en mai 2018 !
On se dit, les politiciens sont incorrigibles. Comment voulez-vous qu’on les respecte ? Ils auraient du mal devant un jury populaire, de justifier leur haut salaire sur la qualité de leur travail.
Reste que dans six mois et même déjà avant, le pays sera ingouvernable.
Puisqu’on est dans l’extravagance, on pourrait imaginer le gouvernement Michel après les élections de mai, perdurer indéfiniment battant ainsi Leterme et son gouvernement expédiant les affaires courantes, avant d’en trouver un issu des urnes.
Un premier ministre « à vie » restant en place parce qu’on est arrivé au bout de quelque chose ! Les enfants pourront le visiter dans le zoo de la rue de la Loi et lui jeter des cacahuètes.
Et ce n’est pas drôle. C’est tout simplement navrant !

9 décembre 2018
Macron essaie un nouveau gilet !

Suite aux importantes mesures prises, 85.000 CRS, autos-blindées, gendarmerie à cheval, on ne déplore que quelques incidents et bavures policières, les casseurs ne se sont pas manifestés. Si le discours attendu de Macron en début de semaine ne convient pas aux Gilets Jaunes, ils pourront remettre ça le samedi 15, ce sera le cinquième acte (toujours 5 actes dans une tragédie). Le pouvoir a mis le paquet à Paris, ce dispositif policier n’est possible qu’une fois tous les six mois, c’étaient les fonds de tiroir, tout ce qu’on a pu trouver, rassembler et mobiliser. Le samedi 15 devrait être plus cool !
Donc, Macron a intérêt à être convainquant !
Ce serait le moment de se demander quel nom donner au régime politique actuel en usage aussi bien en France qu’en Belgique ? (Des incidents à Bruxelles ont éclaté lors de la rédaction de cette chronique)
Démocratie ? Comment appeler le quadrillage de Paris par huit mille gendarmes (10 % des effectifs pour l’ensemble du territoire), appuyés de blindés, en retenant administrativement autour de mille personnes rien qu’au pourtour des Champs Élysées, à l’heure où ces lignes sont écrites, tout en pratiquant à l’identique dans les autres grandes villes ?
Le droit à s’assembler pour contester un gouvernement étant suspendu, on peut se poser la question de la nature du Régime qui use d’une pareille mesure ?
Assiste-t-on à un putsch, à la naissance d’un régime fort devenant une dictature par glissements progressifs ou aux derniers sursauts d’un pouvoir présidentiel déjà usé seulement après dix-huit mois ?

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Sans préjuger de la place qu’auront les Gilets Jaunes dans un débat sur l’avenir de la France, s’il a jamais lieu, n’oublions pas Platon, un des premiers à définir « une » démocratie qui est assez insultante pour le peuple, puisqu’il le considère incapable de gouverner « intelligemment ».
D’abord avant tout, la question centrale qui se pose est de savoir si un système de représentation indirecte, avec un parlement qui fait ou défait des majorités, sans jamais prendre l’avis des électeurs qu’au bout de quatre ou cinq ans, et qui, les ayant prises, en tient rarement compte, peut-on appeler ce régime une démocratie, sinon l’appeler platonicienne ?
Les avis divergent. Karl Popper voit dans la démocratie une opposition à la dictature. C’est un peu court comme définition. Mais si on considère la France comme une démocratie, comment expliquer l’action de sa police sur la Champs Élysées ? Aurait-on là une démocratie « janussienne », respect du peuple d’un côté, mépris du peuple à intervalle irrégulier selon les circonstances, de l’autre ? Le contrôle institutionnel des dirigeants ne fonctionnerait plus à certains moments. Et qui déterminait ces moments, sinon le président de la république !
Richard3.com aurait plutôt tendance à accorder plus de crédit au philosophe Cornelius Castoriadis qui critique sévèrement les régimes représentatifs. En effet, quittons un moment la situation en France pour faire un parallèle avec la Belgique. Nous sommes davantage engagés dans une oligarchie, par rapport à nos voisins, en ce sens que nous n’avons plus aucun véritable pouvoir, ce dont se sont aperçus les Gilets Jaunes belges.
C’est affligeant à quoi et pour qui le gouvernement Michel travaille. Le seul remède serait une démocratie directe. Car ceux qui aspirent à prendre la suite du calamiteux Michel feront de la même politique, présentée autrement, mais aussi suspendue aux sautes d’humeur du CAC 40, des Bourses et des caprices de Donald Trump, que le prédécesseur !
Une réelle démocratie devrait être individuelle et collective, ce qui signifie une égalité politique et économique de haut en bas de la société.
Par le passé, j’ai commis un article sur l'autogestion « de la production par les producteurs » dans la revue de la Fondation Renard au temps où son initiatrice était Maryse Ockers, à la FGTB de la place Saint-Paul à Liège. Je n’avais pas lu Castoriadis, et cependant, avec toute la gauche, sauf déjà l’aile marchande du PS, on considérait que toute inégalité économique se répercute comme inégalité politique.
Ce n’est pas l’avis de Paul Ricœur, le philosophe chouchou d’Emmanuel Macron. Ricœur voit dans la société démocratique des contradictions d’intérêt, une société divisée en train de fonctionner dans l’expression de ces contradictions, qui débat en vue d’arriver à un arbitrage.
Marx fustige le droit dans la plupart des démocraties à laisser s’exprimer les égoïsmes, ce qui détermine la société à se construire en classe sociale aux intérêts contradictoires (c’est notre société actuelle). « C’est le droit de l’individu limité à lui-même. » L’application pratique, c’est le droit de propriété privée, qui va bien au-delà du droit d’être propriétaire de sa maison, car elle inclut aussi la possibilité d’être propriétaire de celles des autres. C’est ce que Marx appelle « Le droit de propriété… qui est donc le droit de jouir de sa fortune et d’en disposer à son gré, sans se soucier des autres hommes, indépendamment de la société ; c’est le droit de l’égoïsme. »
Comme Marx, Cornelius Castoriadis, Jacques Rancière, la contemporaine Fleury, je considère les démocraties représentatives « pseudo-démocratiques ». Le peuple est dépossédé du pouvoir politique effectif, détenu par une petite minorité d'individus, formée par les supposés représentants des électeurs, les experts et les courants financiers influencés par les holdings.
D'Abraham Lincoln « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », c’est vraiment le mouvement des Gilets Jaunes qui l’incarne le mieux, sauf qu’il n’est pas au gouvernement. Tout l’enjeu est de savoir s’il y sera un jour, afin d’écrire une nouvelle page d’un peuple qui aspire tant à la démocratie, qu’un jour il finira par l’obtenir.

8 décembre 2018
Roland Cayrol licteur du prince.

Roland Cayrol, politologue, auteur de « Les raisons de la colère », nous a livré involontairement dans le « C dans l’air » de ce jeudi 6 décembre 2018, les raisons d’un divorce quasiment définitif entre l’intelligentsia qu’il représente et celle, moins conventionnelle, des opposants du système.
À la question de Caroline Roux, présentatrice de l’émission, sur les dépenses somptuaires de l’État et à propos des rémunérations des personnels de haut niveau et de l’appareil de gouvernance , président de la république inclus, Roland Cayrol a eu une réponse qui prouve bien qu’il n’a rien compris. « Dans les dépenses de l’État, celles qui concernent les avantages et traitements des ministres et députés sont infimes par comparaison à celles qui tiennent de la sécurité sociale, des retraites et de l’enseignement. »
Vue sous cet angle, la comparaison est évidente. Mais s’agit-il bien de cela ? Pour quelqu’un qui a écrit un livre sur les raisons de la colère que ne s’est-il inquiété de celle-ci !
Les Français en ont marre qu’on les prenne pour des veaux de la part de ceux qui sont complètement déconnectés de la vie dure et difficile de la plupart des gens.
Et comment le pourrait-il ? Des hauts fonctionnaires aux parlementaires, aucun n’est en-dessous d’une rémunération qui équivaut à dix fois le smic ! Au moment de l’affaire Benalla, on a appris que ce modeste garde-du-corps du prince percevait 6.000 € plus un appartement de fonction ! Voilà qui le met dans une fourchette de cinq à six fois le smic, à condition de trouver un appartement dans le privé à Paris à des prix raisonnables.
Comment Cayrol, pourtant réputé de bon sens et intelligent, ne voit-il pas que, même si ces dépenses de l’État sur les salaires de ses privilégiés sont infimes, cela est encore beaucoup trop ?
Ce n’est pas tant ce qu’on leur donne qui est important, mais de la façon dont il pense être au service de l’État et de leurs concitoyens à cause de ce qu’on leur donne.
Toute la logique en est bouleversée, même Cayrol qui doit boucler son budget de la même manière, sinon mieux encore, est atteint dans son jugement à l’identique et pour les mêmes raisons.

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Mais, diront les jusqu’auboutistes du système, les sommes allouées par l’État à ses élites sont loin en-dessous de celles qu’elles pourraient gagner dans le privé. En disant cela, ils croient avoir tout dit. Sauf que si le scandale est avéré dans le domaine public, il est plus grand encore dans le domaine privé. C’est toute la société qui est en cause.
Et c’est justement là que se trouve une des raisons de l’incompréhension de Roland Cayrol et probablement de toutes les personnes sollicitées par Caroline Roux pour occuper les quatre chaises disponibles pour la discussion.
Eux aussi gagnent beaucoup trop par rapport à certaines autres professions, certaines pensions et certaines détresses et même chez certains de leurs collègues pigistes.
Notre société sombre dans l’émeute et l’anarchie rien que pour cette injustice là.
Rien ne justifie qu’un productif gagne dix fois, cent fois ce que gagne un autre productif.
L’équilibre est rompu à ce sujet. Les critères ne résistent pas à l’examen.
Même la sacro-sainte loi des mérites au diplôme est battue en brèche. Non seulement l’intelligence qui paraît être le critère de base à cette discrimination ne se réduit pas au diplôme, mais en outre, plus d'un quart des diplômés aujourd’hui ne trouvent pas un emploi relevant de ce pourquoi ils ont étudié. Des pans entiers de cette société ne sont pas ainsi rémunérés d’après leur savoir-faire, mais d’après des offres d’emplois extravagantes tenant compte des modes, des fantasmes industriels, de l’appât de l’inutile que sont les campagnes publicitaires.
C’est sur son petit îlot de satisfaction, son bon salaire et sa réputation d’hommes d‘esprit et de savoir que Cayrol estime que son semblable, son frère, à l’Élysée ou au parlement est légitimement en droit de survoler le smic, plutôt dix fois qu’une !
Cette mentalité se perçoit partout parmi les stars de la presse, les journalistes de télévision, cette intelligentsia des universités, de l’ENA, de polytechniques, toutes ces grandes écoles dont on sort comme le sorbonnard de la Renaissance en quête d’un maître, d’un mécène, d’un grand du système finalement. Sauf, que tous ne seront pas du bon côté de cette démocratie particulière qui n’a plus vraiment que le nom.
On voit bien pour défendre âprement l’Europe, la société qui s’y est agglomérée, les règles qui en sont sorties, il faut bien qu’il y ait des gens qui en soient heureux, qui perçoivent le prix du confortable et de la satisfaction. Qui ne voit que cette Europe là triche et reproduit ce dont contre quoi elle a été créée, une société dans laquelle une classe sociale est à l’aise au détriment de toutes les autres.
Au lieu de chercher une démocratie fraternelle et solidaire, par devers nous et contre notre volonté, on a créé un monstre sous couvert de démocratie et de suffrage universel.
Les Gilets Jaunes ont peu de chance de faire basculer la France et l’Europe dans quelque chose de plus équitable et humain. L’argent qui peut tout est de l’autre côté. Mais, cette chance là existe et c’est déjà formidable de le faire savoir au monde entier.
Les intellectuels qui ont la cote sous la houlette de Caroline Roux devraient quand même y réfléchir. Ils sont là aussi pour ça, non ?

7 décembre 2018
Bourdieu : Gilet Jaune ?

Après avoir été nourri dans ma jeunesse, de la pensée du sociologue Pierre Bourdieu, cela jusqu’à sa mort il y a quinze ans, Richard3.com ne pouvait pas échapper au parallèle existant de sa philosophie socio-politique et celle, si difficile à décrire, des Gilets Jaunes.
Son travail sur « la Distinction » n’est-il pas précurseur de la suffisance et de la morgue des intellectuels actuellement au pouvoir et qui considèrent que tout qui n’est pas « à niveau » est vulgaire ! Alors que le drame actuel n’est que le résultat de leur aveuglement et pour tout dire de leur bêtise. Ce qui reviendrait à penser que la sottise dont leur intelligence se pare comme d’un signe distinctif du « vulgaire » n’est en réalité que sa sublimation !
Bourdieu avait déjà conscience fin du siècle dernier de l’affadissement du modèle français dans un consumérisme à l’américaine qui allait tout transformer, y compris les prisons qui verraient se gonfler leurs effectifs.
Comment pourrait-on adhérer aujourd’hui aux supposées valeurs françaises, alors que ce ne sont que les produits d’importations d’un nouveau monde, bien avant nous en dégénérescence !
L’absence d'une morale collective et publique, déjà visible au temps de Bourdieu allait réduire à des gesticulations d’énarques le modèle français de citoyenneté.
Et de citer Tallien, dantoniste révolutionnaire, dans sa définition du citoyen « quiconque est conforme à la définition du bon citoyen, c'est-à-dire quiconque est universel », vision rejetée par les extrémistes de droite à commencer par la N-VA, le Vlaams Belang en Belgique et le Rassemblement National de Marine Le Pen en France.

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Cette idée généreuse permet d’être respecté en tant qu'homme et d'accéder à la dignité de citoyen, à la condition d’en remplir aussi les devoirs. C’est tout ce que demande les Gilets Jaunes : la reconnaissance de leur existence parce qu’ils sont de bons citoyens plus qualifiés que quiconque de contribuer à la pérennité de l’État et, s’en trouvant maltraités par ceux qui ont profité d’une aberration du suffrage universel pour les trahir, en demande réparation !.
Bourdieu fustige "l'impérialisme de l'universel" parmi "les intellectuels français à l’arrogance insupportable pour la plupart des nations étrangères", tout en privant les citoyens de l’intérieur du droit d’afficher leur singularité.
Il ne sert à rien de rejoindre la communauté scientifique mondiale de haut-vol sur les domaines relevant de la sociologie, de l’environnement et de l’écologie, si c’est pour laisser en dévastation et déshérence jusqu’en-dessous parfois du seuil de pauvreté, des millions de citoyens.
Le génie du peuple français qu’incarnent aujourd’hui les Gilets Jaunes aura été capable de saisir cela sans le secours de « l’élite » et même en-dehors d’elle qui ne peut aborder un problème sans le falsifier.
Bourdieu revient souvent sur la citoyenneté française qui ne nie pas la diversité culturelle mais commande de doter chaque citoyen de moyens concrets par esprit d’égalité, afin de partager un socle commun.
Ce qui rend Bourdieu « imbuvable » de nos jours tient dans la difficulté du sociologue d’énoncer simplement des idées complexes. Le moins que l’on puisse dire, il ne s’embarrasse pas de style, seule la rigueur et la poursuite du concept l’intéressent.
Il faut « mériter » Bourdieu pour en tirer profit.
Tout ce que l’on en peut dire en cette fin d’année qui peut valoir un profond bouleversement à caractère révolutionnaire de l’État français, Bourdieu aurait certainement porté un gilet jaune sur le rond-point le plus proche de son quartier.
C’est à l’adresse de Macron et de Philippe que Bourdieu écrivit, sans le savoir dans « Ce que parler veut dire » « Ceux qui ont opposé au droit magique de l’Ordalie, un droit rationnel fondé sur la culpabilité et la prévisibilité, oublient que le droit le plus rigoureusement rationalisé n’est jamais qu’un acte de magie sociale qui réussit. » Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, a intérêt de réussir le sien, demain samedi, aux yeux de Macron. Les Gilets Jaunes doivent gagner le leur, au nom de la France et de l’Histoire.