26 mai 2012
Les pervers à l’affiche.

La démocratie n’existe pas en-dehors des individus qui la composent. Si Michel ou Di Rupo la salit, c’est toute la Nation qui est malpropre.
Cela explique en grande partie pourquoi les troubles du comportement des « élites » peuvent faire un tort parfois considérable.
Le trouble sexuel dont manifestement DSK a été saisi, en agressant la femme de chambre dans le Sofitel de New-York, alors qu’il occupait un poste éminent et qu’il s’apprêtait de le quitter pour en briguer un autre plus important encore, a fortement dégradé l’image du PS et par delà, celle de l’ensemble de la classe politique. Bien que cela ait été sans effet pour l’élection de François Hollande, la dégradation de l’image de Sarkozy dans l’opinion était encore plus forte.
Les individus sont les marqueurs forts ou faibles de la démocratie.
Les pathologies frappent les hautes personnalités comme les simples électeurs, sans distinction, à la différence qu’un délire schizoïde d’un ministre peut provoquer beaucoup plus de dégâts que celui d’un citoyen lambda.
Les démocraties actuelles sont mises en observation comme tout corps malade en période de crise. Les troubles des dirigeants sont mieux étudiés aujourd’hui qu’ils ne l’étaient en période « heureuse ».
Les troubles paroxysmiques les plus rencontrés tiennent en trois catégories : le délire paranoïaque, le délire schizoïde et le délire histrionique.
Le paranoïaque, n’est rien d’autre qu’une hypertrophie du moi. C’est le délire le plus répandu. La Belgique d’en haut en est largement atteinte.
Le sujet est autoritaire, sûr de lui, susceptible, orgueilleux. (Louis Michel, Didier Reynders, Elio Di Rupo). Il sait toujours tout et il a toujours raison (Melchior Wathelet, Laurette Onkelinx, Chastel, etc.). Il refuse toute critique (tous les ministres). La psychorigidité s’exprime par une obstination, le mépris des autres et une intolérance qui peut aller jusqu’au fanatisme (Philippe Moureaux dans sa défense des pratiquants de la religion principale de sa commune). La méfiance est constante (Marc Eyskens, Jean-Luc Dehaene). La fausseté de son jugement va de pair avec une intelligence normale (Charles Michel). La pensée logique est perturbée par la méfiance, l’orgueil et la subjectivité (Michel Daerden). Froideur, manque du sens de l’humour, hostilité, ambition, rigidité (Wouter Beke, Steven Vanackere, Benoît Cerexhe).
L’inadaptation sociale est un des traits de ce caractère. Voilà pourquoi les personnels du PS paraissent plus éloignés des travailleurs que les autres. On les voit presque toujours mal à l’aise dans des réunions de conciliation. Ils ne comprennent pas ce que signifie une journée de travail à l’usine, etc. Les autres non plus, évidemment, mais eux ne se piquent pas d’être ouverts au monde social. Et même, quand ils le prétendent personne ne les croit.
Rassurez-vous, les paranoïaques pour la plupart ne deviennent jamais délirants. Ils se contentent de tyranniser leur entourage. Cela les déstresse et leur évite une consultation à la clinique.

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La série des schizoïdes associe froideur et pauvreté affective, un évitement des relations sociales et des contacts avec le milieu extérieur à son département (Dominique Simonet, Pieter De Crem), un isolement, un entêtement, une nonchalance (Fadila Laanan).
Le sujet montre un intérêt excessif pour des croyances mystiques et présente un mode de pensée bizarre (Bart De Wever).
Le schizoïde qui veut correspondre à l’idéal hypermoderne n’y parvient pas. Il est l’archétype du « sujet manqué » (Alexandre De Croo, Rudy Demotte).
Enfin, l’histrionisme met carrément la santé démocratique en danger, quand il ne conduit pas à la criminalité (Woerth). D’emblée comme le nom l’indique, on pense à l’histrion, au comédien, au fanfaron, à celui qui vit perpétuellement sur scène et qui répète chez lui les répliques qu’il va servir aux autres acteurs. Woerth s’est fabriqué une tête d’honnête homme. C’est Pierre Larquey dans « Le Corbeau ».
L’hyperémotivité, l’intensité des réactions émotionnelles sont constantes et dramatisées (Sabine Laruelle). Le mode de pensée imaginaire est prépondérant (Marine Le Pen).
La personnalité histrionique cherche à attirer l’attention et à plaire (Nathalie Kosciusko-Morizet). C’est « Sissi Impératrice », vierge effarouchée au cœur généreux. Son vis-à-vis de cheminée du XVIme Ar. serait la porteuse d’un charisme incivil (Valérie Pécresse).
L’histrionisme est la maladie type de la démocratie contemporaine. Elle correspond au stade infantile du « moi ».
L’intime devient l’événement médiatique majeur (Nicolas Sarkozy).
Qu’on se rassure, n’est pas le marquis de Sade qui veut. Tous ces saltimbanques qui nous chapeautent ne sont pas à enfermer, ne sont pas de grands pervers ; mais, tout de même, nous ne devrions plus tarder à leur faire savoir que si nous sommes dans le 36me dessous, c’est à cause d’eux et la façon dont ils comprennent la démocratie.

25 mai 2012
Le 7me continent.

Le Marxisme et le capitalisme se sont plantés tous les deux dans une frénésie commune qui s’appelle le productivisme. Si le premier voulait que ses effets reviennent essentiellement à ceux qui produisent et les autres à ceux qui financent les moyens de production, le résultat est identique. Celui qui ne s’arrache pas le derrière de chez lui de l’aube à la nuit est un mauvais citoyen.
Ce ne serait encore qu’un « demi mal » que l’on pourrait tempérer par la prise en compte de tous les bras afin de répartir le travail, s’il ne s’agissait avant tout de créer de la richesse pour la richesse et c’est là que les deux idéologies se séparent. Le marxisme voulant privilégier ce qui est utile et l’autre s’enivrant de la liberté du commerce de tout ce qui trouve acheteur.
Pour ne pas sombrer dans l’anarchie, quelques règles ont été établies, variables par Etat et qui sont indéterminées dans la mondialisation de l’économie que nous vivons en 2012.
Mais ces règles ne sont là que pour être transgressées. A côté de cela, il reste la jungle des vagues précisions internationales que chacun s’empresse d’oublier quand son intérêt est en jeu.
Ce système a élevé à un art jamais égalé par le passé de faire du fric n’importe comment et d’essayer par toutes sortes de combines, certaines légales, à ne jamais réparer quand on fait tort à des individus ou à la planète, par les déchets de sa propre industrie qu’on disperse au moindre coût.
L’interprétation de la morale qui en résulte renforce l’individualisme forcené dans un « chacun pour soi » qui va jusqu’au crime.
Et justement, il y en a un, particulièrement collectif, et que les enfants du système capitaliste, le meilleur du monde selon les trois quarts de l’humanité, paieront très cher et cela dans moins d’une génération.
Dans le Nord-est du pacifique, entre la Californie et Hawaï, les déchets produits par les activités humaines et déversés dans les océans sont acheminés par les courants marins vers un nouveau "continent" boulimique dont la taille atteint près de 3,5 millions de km² !
Vous avez bien lu. Nos merdes nous préparent un nouveau continent hostile, inhospitalier et qui distille déjà depuis plus de vingt ans, ses poisons dans la mer.

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En 1997, le capitaine Charles Moore a été le premier à découvrir cette zone improbable de l'océan Pacifique où les déchets plastiques flottants s'accumulent. Ainsi, selon des observations effectuées depuis plus de 15 ans par l'Algalita Marine Research Foundation, sous l'effet des courants marins, les déchets provenant des littoraux et des navires, flottent pendant des années avant de se concentrer dans deux larges zones connues sous les noms de "Plaque de déchets du Pacifique est" (Eastern Pacific Garbage Patches) et "Plaque de déchets du Pacifique ouest" (Western Pacific Garbage Patches). Ces deux plaques forment la "Grande plaque de déchets du Pacifique" (Great Pacific Garbage Patch), un monstre dont la taille aurait déjà triplé depuis les années 90 et qui s'étendrait maintenant sur 3,43 millions de km², soit un tiers de la superficie de l'Europe ou encore six fois la superficie de la France ! Il est estimé que ce "continent" de déchets totalise un poids de 3,5 millions de tonnes et jusqu'à 750 000 débris par km² ; Greenpeace évoquait fin 2006 près d'un million de déchets par km² dans son rapport sur les débris plastiques et la pollution des océans.
Les déchets tourbillonneraient sous l'effet du gyre subtropical du Pacifique Nord (North Pacific Gyre) et s'accumulent dans cette zone peu connue : peu de routes commerciales et peu de bateaux de pêches l'empruntent. A l'image d'un puissant siphon marin, le vortex attirerait vers lui tous les résidus de notre société de surconsommation. Toutefois, contrairement au siphon, les déchets ne sont pas "aspirés" mais accumulés et bien visibles.
Ce sont les déchets plastiques qui dominent, bien entendu.
La vente dans les grands centres commerciaux est directement mise en cause dans ce désastre planétaire. En effet, pour diminuer le vol et aussi pour des effets de publicité, le moindre objet est surdimensionné à la vente afin qu’on ne puisse pas le mettre en poche et partir sans payer. Cette surface de support publicitaire qui ne sert à rien, y entrent des encres, des plastiques et les produits chimiques de fixation.
Evidemment, les grandes surfaces ne sont pas seules la cause de ce nouveau continent de déchets. Mais cet exemple est celui quoi nous touche de près et que nous connaissons parfaitement pour en dénoncer l’inutilité, d’autant que le coût de l’emballage, c’est nous qui le payons dans le prix global.
Les plastiques constituent 90 % des déchets flottant sur les océans. C’est une soupe plastique constituée de macro déchets éparses mais surtout de petits éléments invisibles. C'est en filtrant l'eau que l'on découvre une mixture composée de minuscules morceaux de plastique qui se sont fractionnés.
En certains endroits, la quantité de plastique dans l'eau de mer est jusqu'à 10 fois supérieure à celle du plancton, maillon élémentaire de la vie dans les océans. Le temps nécessaire à la dégradation de ces plastiques est estimé entre 500 et 1000 ans. La toxicité des éléments qui les composent à largement le temps de faire du Pacifique, le bouillon des Borgia !
Même si on donnait les moyens à nos libéraux de partir avec une petite pelle et un seau sauver le Pacifique, puisque c’est sous la brillante démonstration du capitalisme que nous avons droit à ces merdes, le nettoyage de cet océan de déchets semble insurmontable. Malgré l’inutilité du geste, si Louis Michel au lieu de clamer bien haut que les ministres ne gagnent pas assez, partait à l'assaut du "continent de déchets" avec l'Algalita Marine Research Foundation, le projet Kaisei ou le CNES, pour sauver la planète, je pourrais enfin lui faire une couronne de laurier et trouver que, pour une fois, il justifierait son salaire.

24 mai 2012
Mais que devient Mélanchon ?

Certes le PS a propulsé Hollande à la capitainerie, mais la France frôle les côtes comme le Concordia, avec les autres pays de l’Europe, embarqués dans une sale affaire de sous à rembourser avec la Grèce, le Portugal et l’Espagne, les trois à la traine, même si la Grèce l’est beaucoup plus que les deux autres.
Tandis qu’à Liège, la jeunesse et la Ville sombrent dans la connerie de la City-Parade, tout heureux de se shooter afin d’oublier la réalité, à Méricourt, avec des baffles moins abrutissants on écoutait Mélenchon se lancer dans un premier meeting pour les législatives contre Marine Le Pen, son adversaire dans la 11me circonscription, sur un fond de crise économique d’une gravité extrême.
Le résultat serré au final de l’élection présidentielle avait vu la victoire du PS, grâce à la discipline républicaine du Front de Gauche, dont Mélenchon avait demandé de voter pour Hollande.
Depuis, silence entre le PS et le Front de Gauche et, semble-t-il, pas de contact postélectoral, entre le vainqueur et celui « qui l’a fait roi ».
Depuis lors, Mélenchon s’est mis en tête de battre Marine Le Pen dans son propre fief. C’est bien. C’est crâne. Mais ce n’est pas gagné d’avance. Le Ps au premier tour ne lui fera pas de cadeau.
Cet homme de caractère veut "opposer la fraternité et le partage" au "visage de la haine", jusqu’à présent, il n’a rencontré que le visage de la haine, attendu que pour la fraternité, le PS se fait attendre.
Le débat sur l’utilité de la social-démocratie dans le combat contre le système en pleine crise économique va se faire de plus en plus nécessaire, si l’on observe l’accord « sur presque tout » entre Hollande et Obama.
Cela se traduit en France par le contraire. C’est-à-dire un raidissement du PS par rapport au Front de Gauche. En effet, c’est Martine Aubry elle-même qui vient de déclarer qu’aucun accord n’avait été trouvé entre son parti et celui de Mélenchon pour les législatives. Le PS préfère perdre quelques sièges de député, plutôt que d’appuyer le FG !
Ainsi la méfiance perdure entre les tenants du système capitaliste tel qu’il est avec ses graves lacunes, ses injustices et ses crises à répétition, et ceux qui souhaitent réfléchir à un autre système, pour une économie mieux dirigée et encadrée par de nouveaux élus, moins marqués par l’échec et les compromissions.

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Nous vivons toujours sur cette fausse idée que la liberté individuelle doit passer d’abord par la liberté du commerce.
Cette obstination détone avec les propos du leader du FG "A l'heure où dans toute l'Europe, le nationalisme étroit et borné rejette son poison (...), nous allons par notre nombre, par nos prénoms mélangés faire la démonstration qu'il existe une force plus grande que le visage de la haine : celle de la fraternité et du partage". Le discours de Mélenchon à Méricourt s’adressait principalement aux électeurs du FN, mais il n’en reste pas moins que c’est toute la nomenklatura française qui est interpellée, la fraternité étant étrangement absente des propos de Martine Aubry.
Puisque les meetings en plein air lui ont bien réussi, Mélenchon pense organiser une marche pour « la fraternité et contre l’austérité ».
Nous verrons l’accueil que lui réservera le PS.
"Je veux redonner une voix à l'Assemblée nationale à ces terres qui ont toujours su porter le message ouvrier : ensemble nous sommes, ensemble nous vivrons, ensemble nous nous serrerons les coudes".
Qu’en sera-t-il des élections ? On peut déjà estimer que le combat de Mélenchon contre Marine Le Pen ne manque pas d’allure. Même s’il ne l’emporte pas, il restera crédité de l’avoir tenté !

23 mai 2012
Dans quel état j’erre ?

Les cuistres de pouvoir - qui croient faire l’histoire - ne s’en rendent pas compte, mais c’est l’histoire qui les fait. Nous sommes en plein effort d’une transition entre un monde ancien et un monde nouveau, entre une logique politique défaillante et une nouvelle logique politique, ente un système éminemment élitiste et un autre moins spoliateur des fruits du travail.
Que font-ils, nos émirs de la jactance ? Des comptes de boutiquier faisant payer les ardoises en souffrance aux clients incapables de se défendre. Ils traitent les Grecs de peuple d’escrocs, alors que ce sont leurs confrères grecs qui ont failli.
La logique voudrait que le nouveau pouvoir consiste à œuvrer pour une transition dans tous les domaines. Les problèmes dont nous souffrons doivent être traités par tous les Européens.
Il est hélas douteux que l’on puisse y parvenir dans le monde occidental et, en particulier, en Belgique avec le personnel politique en place.
Nés dans un système, ils y mourront sans doute, envers et contre nous.
La gauche doit renouer avec l'idée de progrès et abandonner l’idéologie en déclin de l’organisation social-démocrate de la société.
Le progrès qui serait conçu comme une loi automatique de l'Histoire, s’est révélée fausse de Condorcet à nos jours.
Le progrès est d’abord un effort moral de la volonté, dans une conscience plus aigüe des autres. Et non pas cette ivresse de gagner grâce à l’effort des autres, une manière de vivre au-dessus de tout le monde.
Cette forme de croissance là n’a rien à voir avec le mythe de la croissance à l’infini, mise en scène par des économistes qui ne voient rien de mieux pour pérenniser l’avantage que le capital a pris sur le travail. Au contraire, elle veut mettre fin aux excès du consumérisme.
Il faut en finir avec un monde bipolaire qui ne voit d’autre alternative à la croissance que la décroissance dépeinte comme un désastre dans tous les manuels d’économie dont nos économistes se nourrissent encore.

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Il faut faire régresser la production des produits futiles, aux effets illusoires, gadgets vantés par la publicité, arrêter la production de produits jetables, volontairement programmés pour une durée déterminée par le rythme de production, supprimer les intermédiaires qui imposent les prix. Bref, casser l’économie du gaspillage source d’une « prospérité » malsaine et pur produit d’une commercialisation imbécile de la vie sociale.
Vu sous cet angle, le progrès n'est plus une utopie, mais une nécessité.
Si l'action politique aujourd’hui ne tend pas à cette réflexion globale, elle devient un élément qui empêche d’aller de l’avant. Tous les partis qui conservent ce mode de pensée sont obsolètes, comme étant des éléments contraires à la morale et au bien-être futur des gens.
Il n'y a pas d'équivalence entre progrès technique et progrès moral, entre progrès économique et progrès humain. Et le progrès humain doit primer sur tous les autres.
Nous devons en premier lieu ne plus nous voiler la face quant aux modes de production d’aujourd’hui, conséquence des « progrès » sur l’ergonomie, le raccourcissement des temps de production et en général tous les actes honteux qui se passent sur des chaînes de montage, dans des grands magasins et dans certaines entreprises qui confinent à la notion de l’esclavage, du temps où en Virginie et ailleurs, on exploitait des gens qui n’avaient pas la même couleur de peau que le propriétaire.
Nous devons nous battre pour un progrès humain, solidaire et mondial.