23 mars 2017
Les signes extérieurs.

Évidemment il s’agit toujours et encore de religion !
Depuis qu’on a exhumé d’entre les religions concurrentes, ce principe de laïcité après lequel tout le monde court, on retrouve bien des vertus qu’on avait oubliées, dans ces lois qui ne touchent pas au divin pour trancher sur l’avenir des Hommes,.
Les poussées fiévreuses de la religion musulmane sont surtout perceptibles parce que la modification de la population de ces vingt dernières années a introduit une rivalité de fait avec la religion catholique.
Le principe de croire qui veut convient aux règles de la laïcité, pour tout autant que le croyant ne fasse pas de prosélytisme, or, convaincre est la base même des officiants religieux. Si bien que la laïcité se dégonfle et se dégonfle au fur et à mesure que l’un en a besoin pour contrer l’autre et vice versa.
Puisque l’art d’attirer les foules à croire à telle ou telle confession devient quotidien, pourquoi les laïcs ne pourraient pas en faire autant ?
Croire en Dieu, d’abord, cette abstraction indéfinie et indéfinissable à jamais, est-elle raisonnable ?
Non, pour la plupart des philosophes. Dans une centaine d’universités seulement 14% des philosophes interrogés ont la foi, et seulement 7% des scientifiques.
Jusqu’à la Révolution française de 89, la croyance en Dieu était universelle y compris parmi les clercs les plus émancipés. Dieu faisait partie de la Loi et la laïcité était punissable Elle l’est encore dans pas mal d’État. Depuis, la capacité de l’homme à dominer et comprendre la nature par l’usage de la raison a permis d’élever de sérieux doutes sur la crédibilité des religions. Cependant comme la foi ne se discute pas, les légendes persistent voire, il s’en crée de nouvelles ! Les croyances sont loin d’être disparues, au contraire.
L’attirance universelle pour le sublime et le merveilleux écrasant nos chétives existences d’un pouvoir de vie ou de mort a une origine biologique. Notre cerveau réagit et joue un rôle dans le concept général d’un divin inatteignable. La survie par la reproduction de l’espèce, depuis que l’Homme en est conscient, joue un rôle majeur dans l’entraînement aux pratiques et aux croyances religieuses. La reproduction fut très longtemps un mystère et le reste encore dans une certaine mesure. Tout n’est pas encore expliqué dans l’animé et l’inanimé. On aura fait un pas en avant énorme, quand il sera prouvé qu’il y a de la vie sur d’autres planètes, ce dont je suis persuadé.

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Le fonctionnement de l’intelligence qui lie les causes et les effets, a pour partie un raisonnement qu’il y a « autre chose » derrière ces causes et ces effets, d’où l’explication de la main de Dieu derrière chaque phénomène naturel.
Restent les facteurs psychologiques de la superstition et la facilité de croire n’importe quoi par suggestion ou par peur . Les pseudosciences et la superstition fleurissent partout, même dans les quartiers. Régulièrement, des gourous garnissent ma boîte à lettres de prophéties et d’abjuration sous forme de prospectus, que la fortune me tombe dessus en même temps que la femme aimée qui s’était fait la malle pour un autre type, me revienne… moyennant quelques euros. C’est dire que le terreau propice à ces croyances est toujours là. Il augmenterait même avec l’illettrisme ! La plupart des gens ne veulent pas savoir, ils veulent croire.
Les religions sont un facteur de pouvoir et également une façon de gérer des dysfonctionnements de la société. Les Révolutionnaires du XIXme siècle Marx, Bakounine et pas seulement eux, mais d’autres, Hegel, Nietzsche, Stirner en avaient démontré les effets.
Les Nations Unies on dressé la liste des 20 pays au monde où la qualité de la vie est la meilleure. Il se trouve que dans ces pays le poids de la religion est le plus faible. À l’inverse, le bas du classement est occupé par des pays sur lesquels règnent les prêtres.

22 mars 2017
Objectif premier tour !

Comme tout le monde – j’ai failli écrire comme tous les Français – mettons « comme tous les francophones de Belgique » j’ai regardé le débat des présidentielles sur TF1, ce lundi, jusqu’à passé minuit.
Débat passionnant ? C’est beaucoup dire, tant les arguments de chacun avaient déjà été entendus plus d’une fois par des auditeurs et des lecteurs attentifs.
La présentation sur prompteur a sans doute été le moment le plus pénible des candidats. On a pu lire la peur sur le visage de Macron, l’embarras sur celui de Fillon, les cafouillis du tour de chauffe chez Marine Le Pen, l’élocution laborieuse de Hamon sur les « s », et même l’appréhension du licteur marchant devant… lui-même de Mélenchon.
Tout de suite, ils se sont repris puisant dans leurs prestations de la campagne les thèmes abordés, avec l’effet de mémoire et l’automaticité des mots qui rassurent.
L’ensemble nous a permis, encore une fois, d’admirer l’éloquence exceptionnelle de Mélenchon. Tous les amoureux de la langue vous le diront, indépendamment de la politique de l’homme, l’art du discours et du verbe n’est pas donné à tout le monde. Tant par la clarté de l’exposé, que par la justesse des mots, voilà un maître imbattable sur ce terrain.
À un mois du premier tour, de Hamon, Fillon, Le Pen, Macron, Mélenchon, bien difficile à déceler qui serait le meilleur atout pour la France, pensent ainsi 40 % des électeurs qui ne savent pas encore pour qui ils voteront.
Les officines de statistique ne répercutent actuellement que l’opinion des socles sur lesquels ces candidats se sont établis depuis le début de leur candidature, à l’exception de celle de Fillon qui a vu quand même disparaître de ses partisans ceux qui font la fine bouche sur la mentalité du candidat, soit à peu près autant de points qui le séparent de Macron.
C’est sur la capacité de Macron à faire jeu égal avec les autres que s’interrogeaient les journalistes, Macron étant un novice en la matière.
Avec un bon égo et un solide bagage, l’homme s’en est finalement bien tiré. Seul handicap, sa voix dans les aigus à tendance à flipper comme celle de Di Rupo, ce qui détourne l’auditeur du discours pour n’entendre que le fausset. Il faudrait lui conseiller de « muscler » sa voix et surtout de se garder de comportements enthousiastes ou vengeurs dans son discours, de façon à laisser l’organe dans les sons moyens.

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Chose curieuse, tous les candidats, Fillon compris, ont avancé des propositions qui si elles étaient mises en route, devraient probablement être fortement amendées, sinon abandonnées, soit parce qu’elles dresseraient instantanément la moitié des Français contre l’autre, soit parce qu’elles seraient de nature à mettre la France en quarantaine par presque tous les pays de l’Union Européenne.
Alors, utopie contre utopie, se sont évidemment les propositions de Mélenchon et de Hamon qui seraient celles d’une plus grande justice sociale et d’un sévère avertissement à l’encontre de tous ceux qui, amoureux de l’argent, oublient leur devoir envers leurs compatriotes dans la misère et, par delà, l’humanité.
Certains éditorialistes considèrent que pour devenir président il faut la gueule de l’emploi, un charisme ou une boursouflure qui irrite les uns et enthousiasme les autres. Paradoxalement, ce sont ses démêlés avec la justice et le culot de se présenter quand même, qui donnent à Fillon cette boursouflure là.
Il défraierait la chronique en Europe et soulèverait l’indignation de beaucoup de Français. C’est possible, quoique difficilement concevable, il serait élu, s’il n’y avait le choix qu’entre un futur repris de justice et Marine Le Pen (Elle risque la mise en examen pour bientôt).
Le public attend toujours son héros qui rendrait la démocratie avenante. Le phénix n’était pas présent sur TF1.
À moins de donner sa chance à Mélenchon ? Les connaisseurs auraient droit à quelques morceaux d’anthologie !

21 mars 2017
L’Europe clopin-clopant.

Comme dans toutes les entreprises qui sont au bord de la faillite, les dirigeants remanient, échafaudent des plans nouveaux et espèrent rebondir dans un climat plus serein, on est dans le même cas de figure à propos de l’Europe sujette à de vives critiques extérieures et au moment où Miss May va déclencher le Brexit, en Belgique où Charles Michel déclare qu’il y a trop de ministres, ce qu’on savait déjà depuis longtemps sans qu’aucune réaction ne soit venue d’en-haut, enfin la France et l’Allemagne qui, à titres divers, se posent des questions face à l’Amérique et à la Chine.
La seule chose dont tout le monde convient : nous sommes à un tournant. Après, c’est la foire d’empoigne pour savoir ce que l’on va faire, déjà que personne n’est d’accord sur ce qu’il y a après le tournant.
L’Europe est une usine à gaz. Personne n’en a le plan complet. On ne sait pas d’où partent et où vont certains tuyaux. Les États qui sont censés l’avoir fondée ignorent où ils en sont eux-mêmes.
Comment voulez-vous que la Belgique apporte de la lumière, comme un flambeau des jeux olympiques, puisque de la bouche même du premier ministre, nous avons trop de ministres et nous ne savons pas maîtriser nos commandements qui nous échappent par leur pléthore !
Les candidats en France à la présidence, ils sont onze, ont autant de visions différentes de l’Europe. Cela va de sa liquidation à un parlement européen au-dessus des parlements des États associés !
Merkel se fait snober par Trump, et au-delà de son pays, c’est toute l’Europe qui est ridicule. Erdogan passe son temps à insulter tout le monde et personne n’ose répliquer fermement, attendu que nous le payons pour garder au chaud un bon million de réfugiés chez lui, plutôt que chez nous.
Gros producteur d’armements achetés par les pays du Golfe, il suffit que ceux-ci les repassent dans les pays dans lesquels Daech est implanté, pour mettre en émoi toute l’Europe dans la crainte du terrorisme. C’est même en cette occasion que nous avons pu constater que nous n’avons pas d’armée et que la première puissance économique mondiale a besoin de Trump pour assurer sa sécurité !

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De ce point de vue, l’OTAN qui devait servir en d’autres temps, est toujours là et nous sert de béquille qu’un Trump pourrait nous retirer sans coup férir et qui nous livrerait quasi nus à une armée lilliputienne !
Nous avons reporté les frontières de l’Europe dans son périmètre le plus large, si bien que les pays comme la Grèce et l’Italie sont laissés seuls face à un problème humain de réfugiés qui nous concerne tous, alors que les autres pays devraient y mettre le paquet. En interne, c’est pire encore, certains États refusent le moindre geste d’hospitalité élémentaire et les autres, malgré leurs efforts, ont l’air de ne pas faire assez.
La gestion de l’économie intérieure est catastrophique.
Nous sommes pratiquement les seuls à encore vanter les mérites de la mondialisation, tuant nos entreprises, délocalisant nos savoirs, asphyxiant nos sécurités sociales.
Nous sommes incapables d’uniformiser les règlementations du droit du travail, des taxes et cotisations sociales dans les états fédérés, si bien que les travailleurs se font concurrence d’un pays à l’autre et tirent vers le bas les revenus par habitant.
Devant cette catastrophe ambulante que nous présentons au monde ravi de notre déconfiture, nous nous chamaillons sur le devenir de l’euro et nous hésitons de l’utiliser comme relance à la manière des Américains pour le dollar.
Nous respectons les traités internationaux du commerce et nous cherchons à en conclure de nouveaux malgré la réticence des Européens, alors que les autres pays les respectent quand cela les arrange ou les foulent au pied quand cela les place en bonne position.
Et pourtant, malgré cela, l’Écosse veut un référendum pour rester dans l’Europe après le Brexit. L’Irlande du Nord se pose la même question. Et si nous sommes victimes d‘un afflux extraordinaire de réfugiés, c’est parce que l’Europe a encore une bonne réputation à l’extérieur sur les Droits de l’Homme et dispose encore d’une certaine forme de démocratie qui plaît à ceux qui en sont privés !

20 mars 2017
C’est qui, Tacite (1) ?

Un des caractères forts de notre époque est l’absence quasiment de conséquences, dans le manque d’intégrité des élus de la Nation.
Non pas que les gens s’en fichent, mais ils sont tellement habitués qu’il en soit ainsi, qu’une sorte de résignation s’est emparée de l’électeur.
À tel point que ce dimanche midi, je m’efforçais de me tenir éveiller devant le spectacle d’un Deborsu disert à son habitude et une Laurette Onkelinx en chemisier blanc largement ouvert, faisant le spectacle sur RTL, avec ce qu’elle pouvait.
C’est ce chemisier qui m’empêchait de tomber dans une sorte de somnolence heureuse, une seule idée me venait à l’esprit à propos de ses nibards invisibles dans l’échancrure : ils ne doivent pas peser lourd !
Puis je me reprochai cette attitude coupable.
C’est pratique d’avoir des lettres. Je me suis souvenu de Tacite, Livre IV page 229, lorsqu’il écrit « Le mépris fait tomber la satire, l’irritation l’accrédite ».
Je fais des vœux pour que Laurette laisse tomber. Elle, au moins, n’est pas en délicatesse avec le judiciaire.
Parmi les personnages publics dont les noms apparaissent dans les faits-divers Publifin, Nethys, les tribulations autour du milliardaire Chodiev, les loteries congolaises organisées depuis la Belgique, combien y en a-t-il qui seront condamnés en justice ?
Probablement aucun, sans que cela émeuve les collègues de parti, les électeurs et les collaborateurs de ces personnages.
La présomption d’innocence, pour peu que l’on sache y faire dans des procès dont on ne voit pas la fin, devient une sorte de certificat de bonnes vies et mœurs que les peines, souvent légères, rendent définitive.
On a beau réclamer la limitation des mandats non seulement par le nombre, mais aussi par la durée, sans que le flux de ces innocentés par la longueur des procès soit tari. La présomption d’innocence est une sorte de préemption légitime d’innocence tout court.
Personne ne réclame des peines plus fortes aux accidents de parcours de la fonction politique ; seulement une conformité avec les peines encourues des délinquants ordinaires.
Une célérité égale aussi, entre le voyou d’en bas et le voyou d’en haut.
Le public entre pour une bonne part dans cette bénignité.
Un exemple attire l’attention, même s’il n’est pas de chez nous.
Comment se fait-il que François Fillon, présumé innocent, mais ayant quand même présenté des excuses, c’est-à-dire reconnaissant implicitement ses manquements, accablé par la nouvelle affaire de costumes à 13.000 euros payés par un avocat impliqués dans des combines de Françafrique, soit toujours à la tête d’un petit capital de voix, appelé son socle, soit environ 40.000 personnes à avoir fait le déplacement par temps de pluie au Trocadéro ?

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Dans l’esprit de pas mal d’électeurs, l’intégrité et l’honnêteté sont des qualités très peu intéressantes et, en tout cas, qui n’intéressent pas ceux qui seront appelés demain à traiter des affaires et des contrats au nom de leur pays !
Voilà une curieuse manière de militer pour un parti, en acclamant son voyou en chef !
Dans des moments de lassitude face à cette boue qui éclabousse régulièrement les hommes des partis, plus sensibles à l’argent qu’au sort de leurs compatriotes, il m’arrive de me replonger dans l’Histoire de Rome et des premiers César.
Les temps étaient encore plus chargés de crimes et de confiscation de biens qu’aujourd’hui. Le fait du dictateur était la loi, l’empoisonnement monnaie courante, les délateurs (comme ici pour les chômeurs) étaient écoutés et parfois honorés. Les condamnations étaient sans appel. La mort, parfois par suicide assisté et le bannissement étaient les seuls choix. L’esclave recevait la torture en lieu et place de son maître. Tout cela était horrible et les mœurs bien plus cruelles que de nos jours.
Cependant, par rapport à nous, on y parlait de vertu, de morale et on y tenait des discours qui ont complètement disparu de notre langage politique.
Tous les caractères de l’Homme y étaient connus, fustigés ou moqués. C’était une époque d’instinct sauvage, mais lucide qui dénonçait l’assassinat d’une voix forte !
Loin de moi de regretter ces temps révolus. Sénèque, Tacite, Pline, Suétone, Cicéron, nous manquent. La démocratie bien chancelante aurait bien besoin d’eux. .
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1. J’ai failli titrer « Mes Annales » (Tacite). Je m’en suis gardé, depuis que la confusion règne dans l’esprit de la jeunesse qui ne verrait la chose qu’avec un seul « n ».