9 août 2022
EN MARGE ?

D’une façon ou d’une autre, on n’y échappe pas. On se fait prendre par le courant du long fleuve de la vie avec les autres. Comment faire autrement ? De mémoire d’homme, c’est ce que fait pratiquement tout le monde. Nous sommes éduqués, instruits par des gens qui y étaient entrés avant nous. Ils ne s’en sont pas sortis, nageurs émérites ou débutants maladroits, pourquoi voulez-vous que ceux qu’ils instruisent et éduquent s’en sortent ?
Par chance ou malchance, certains échappent au flux impéueux, contrariés ou satisfaits qu’un courant contraire les ait plaqués de force contre la rive d’où ils venaient ou transportés sur une rive inconnue.
Ils entrent sans le savoir dans l’à-peu-près d’une sorte d’originalité.
Ce n’est pas simple de porter en soi la contradiction, de reprendre le mode vie de la multitude de façon critique et de n’être pas d’accord avec le répertoire classique d’une pensée collective unique. Ils ne le font pas exprès, c’est comme un besoin de ne pas pouvoir retenir sa langue, de prendre par un geste ou une attitude, une positon irritante pour une majorité. Les gens n’aiment pas être contredits, même s’ils se disent ouverts et prêts à entendre des propos avec lesquels ils ne sont pas d’accord. Sans le dire, ils sont contrariés à la moindre controverse . Comment peut-on ne pas être d’accord par rapport à des millions de gens ? Il y a là quelque chose qui dépasse la multitude. Les marginaux sont potentiellement hostiles, puisqu’ils parlent un langage inconnu parce qu’étrange, avec les mêmes mots qu’on apprend à l’école et qui se prononcent de la même manière partout, mais qui reste incompréhensibles ! Les gens réservent leur indulgence à ceux qui bégaient ou zozotent, pas à ceux qui raisonnent de façon personnelle et donc non conventionnelle.
Ils ne disent pas combien le contradicteur les irrite, parce qu’ils s’imaginent que faisant preuve eux-mêmes, croient-ils, d’originalité, un béotien n’est pas capable de saisir l’esprit de leur conversation ou ils disent rarement « je ne vous comprends pas » tandis que leur pensée vagabonde sur des choses qui rassurent.
C’est mal vu, d’autant que parmi ceux qui ont été entraîné par le flux massif, il en est qui on fait une mode de la marginalité, alors qu’ils sont par ailleurs les archétypes de la société classique. Ils en ont épousé toutes les normes, sauf celles de se vêtir ou de se faire couper les cheveux.
Cette apparence sert de présentoir afin que de toute part on puisse voir la marginalité sous son aspect le plus hideux ou le plus commercial, la laideur peut être une beauté futuriste. Les faux marginaux s’y entendent comme personne pour faire croire à ceux qui les ont en horreur, qu’ils sont authentiques, même si ce qu’ils ne diront pas coïncide parfaitement avec la pensée moutonnière qui lentement descend à la toile de l’eau, vers la mer où elle se noie.
Attention ! les vrais marginaux le sont rarement jusqu’au bout. Comme ils ne savent pas qu’ils le sont, ils finissent par rejoindre le flux par petite étape, sans le faire exprès, à l’occasion d’une maladie ou d’un décès.

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Quand ils sont malades, les proches s’apitoient sur leur sort. Comment ne pas leur répondre courtoisement ? Les rassurer et dire qu’on va de mieux en mieux et que la guérison est une affaire de jours, les voilà rentrés dans les normes. Mais les marginaux savent que cet apitoiement est une forme d’intérêt éphémère et que proche ou pas, tout le monde retourne à ses petites affaires dans la minute qui suit l’apitoiement, au point qu’au bout d’un certain temps, on a tout oublié de la maladie de Chose (on a même oublié son nom !) et on revient dire au malade exactement la même chose sur l’étape qu’il lui reste à franchir pour retrouver la santé.
L’attitude du flux général est différente lorsque le malade affiche l’incurabilité de sa maladie. Alors, l’intérêt redouble, on a devant soi quelqu’un qui ne s’en sortira pas. C’est un spectacle, un futur mort en représentation. On le dévisage avec minutie. On se met à compter les jours. Avec cette rémission qui parfois recule les échéances, dans certains cas on dit en aparté « pour quelqu’un qui ne devait pas passer l’hiver » et on s’irrite d’avoir tant de temps à l’avance prévu les obsèques, ce qui gâche parfois l’intérêt d’y aller. C’est un objet de curiosité qui rassure les vivants qui aiment que l’on passe avant eux de l’autre côté.
Mais ce qui irrite le plus la Panurgie, c’est la bonne santé du marginal, souvent inactif comme l’entendent les gens. On enrage qu’il ne fasse rien. Ce rien évidemment, c’est le boulot que l’on fait soi-même. C’est le seul parasite que l’on reconnaisse comme tel, parce qu’il touche tout le monde de près et qu’on le voit évoluer dans le quartier aux alentours, comme s’il était permis d’exister à ne rien faire quand tout s’active.
C’est un des traits caractéristiques des insectes infiniment petits par rapport aux humains. Que peut donc voir une fourmi d’un mur de vingt mètres de haut, sinon la première brique posée au niveau zéro ? Les lingots qui tapissent le haut de l’édifice passent inaperçus. On ne comptabilise pas les heures d’inactivité des heureux propriétaires comme du parasitisme plus honteux encore.
On se construit tout un cinéma sur le marginal l’œuvre destructrice qu’il poursuit et combien sa présence est un élément de désordre et de négation sociale.
On a tort. On n’imagine pas l’heureux chambardement que cela serait si nous étions tous des marginaux !

8 août 2022
Les puces chinent la démocratie !

On peut très bien vivre dans cette société, sans éprouver le moindre doute sur ce qu’en Haut-lieu les Autorités disent du déroulement des événements qui jalonnent la démocratie. Dans la saga, le libéralisme en fait partie comme cul et chemise. Tout l’appareil politique de gouvernement en atteste.
On vit, travaille et meurt dans la croyance absolue que libéralisme et démocratie sont indissociables. L’ensemble débouche harmonieusement sur une économie de marché, selon les propos des responsables. L’Europe, enfin, n’envisage pas autre chose pour l’avenir des États associés.
Le grand exemple vient des États-Unis auxquels nous sommes attachés par idéalisme et conviction. Nous trouvons même que le rapport de force en faveur de notre grand allié lui donne le leadership en la matière, en éclairant notre chemin par son business incisif et générateur de puissance.
Une majorité de Belges et d’Européens pense « américain », mieux encore, se voit américain !
L’effondrement de l’URSS atteste du triomphe de l’idée libérale et de son marché. Jamais, se moque-t-on dans les milieux libéraux après cet échec cuisant du communisme, aucun régime autre que libéral ne réussira à rendre les gens libres et heureux.
Les avatars de la démocratie à la sauce libérale n’ont pas entamé jusqu’ici cette conviction ; sauf pour ce qui touche le bonheur des gens. Là on émet quelques doutes, ô bien légers, tout de suite compensés par un concert d’une seule voix allant du PS au MR pour dissiper le scepticisme naissant. La seule manière de servir la démocratie, c’est de ne pas douter de l’économie libérale, dispensatrice de bienfaits, dit-on de toute part.
Et ça passe encore…
Sauf, que c’est faux et qu’un système parfaitement dictatorial niant toute liberté individuelle peut assouvir la faim du peuple et lui rendre une certaine fierté.

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Dans le cas de la Chine, l’État a joué un rôle prépondérant, avec une ouverture graduelle comprenant des contrôles sur les types et les volumes de capitaux étrangers, et des transferts de technologie par le biais de coentreprises dans lesquelles les étrangers détenaient généralement des intérêts minoritaires. « Dans les secteurs industriels-clés, il leur a dicté ses conditions, tout en favorisant l’émergence de « champions nationaux » comme Huawei, à même d’affronter la concurrence mondiale. Même la libéralisation des régimes d’investissement et la vente par actions de certaines sociétés publiques, à la fin des années 2000, n’ont pas entraîné une perte de contrôle : l’État a conservé « la propriété des actifs-clés, le pouvoir sur les nominations du personnel, soubassement d’un système de patronage solide, ainsi qu’une surveillance et une planification complètes des agences centrales du parti et de l’État ». C’est toujours le cas aujourd’hui, comme en témoigne la récente mise au pas spectaculaire des géants chinois du numérique Alibaba et Tencent, devenus aux yeux de l’État trop importants et autonomes dans les services financiers, ainsi que de nombreuses autres entreprises dont la liste ne fait que s’étendre. » (Le Monde Diplomatique)
Dans le même temps, que la Chine consolidait et élargissait le cercle des acteurs privés qui ont un intérêt direct dans la réussite économique chinoise, le libéralisme ostracisait la Russie et se punissait lui-même partout en Europe.
On peut débattre du point de vue moral qui a raison de la Chine ou des États-Unis qui entrent en lice. D’un côté la liberté des individus va jusqu’au port d’armes individuels aboutissant à des tueries sans nom, en même temps que la liberté d’avoir ou non un enfant est réduite par les nouvelles lois fédérales contre l’avortement, d’un autre côté toute pensée hors permissivité du Parti unique peut conduire à des exactions du pouvoir envers les Chinois, mais en même temps une économie en expansion a stoppé les grandes famines et permis du travail à des centaines de millions de citoyens, sur le temps que de grandes entreprises pouvaient prospérer, tout en n’échappant pas à la vigilance du Parti.
Certains CEO d’importants holdings occidentaux réfléchissent sur une compétitivité qui pourrait adapter « l’éthique » chinoise sur « l’éthique » occidentale, sans que les populations concernées y voient malice, à un moment où la stagflation débouche sur une situation où tout est permis.
Sur le temps que nos doux rêveurs s’enorgueillissent de l’absolue supériorité du libéralisme occidental sur le reste du monde, la liberté individuelle pourrait se réduire plus encore qu’elle ne s’est réduite ces temps derniers hantés par la résurgence du terrorisme.
Dans l’état où est l’Europe, le libéralisme est en train de nous précipiter dans une crise comme on n’en a encore jamais vue. Il se pourrait que nous soyons réduits à vivre à la chinoise, sans nous en rendre compte. Ce qui ne veut pas dire que les gens cesseraient de croire à la démocratie libérale, la meilleure du monde, au contraire ! Imperturbablement, nos élites poursuivraient, sans désemparer, les leçons au monde entier sur les droits de l’Homme. Nos nouveaux dirigeants n’auraient même pas les yeux bridés !

6 août 2022
Comme si on était en guerre !

Cette guerre d’Ukraine qui n’en finit pas avec un Zelensky qui s’est mis en tête de récupérer la Crimée, une Amérique qui fournit des armes téléguidées capables de porter en terre russe, ce que Poutine se permet en Ukraine, une Europe enfin qui s’en remet à l’OTAN, c’est-à-dire à Joe Biden pour compter les coups des deux adversaires et manœuvrer au plus près des antagonistes, nous ne sommes pas sortis de cette méchante affaire.
Avec un Charles Michel coincé dans son couillard et une Ursula von der Leyen sans consistance, ces deux-là vont avoir difficile de transformer les votes à l’unanimité en votes à majorité relative à l’Assemblé de Strasbourg. D’ici là, Viktor Orban plus prorusse que jamais, reste incontournable.
Pour une armée européenne suffisamment crédible, on en reste à l’imaginaire. Ce n’est pas demain qu’on pourra se passer de l’US Army.
Nous sommes dans la panade aussi du côté de l’économie. On a cru ébranler la Russie en aggravant le blocus des gaz et pétrole, des marchandises et des devises, ce bel effort nous retombe sur le museau ; sans gaz russe l’Allemagne à la moitié de son industrie à l’arrêt. Autant dire que pour nous, ce serait la totale.
Plus que jamais pour les obligés de Washington, l’OTAN va bientôt les entraîner dans une défense de Formose qui risque, là-aussi de leur valoir des mécomptes.

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De quelque côté que l’on se tourne, tout semble déboucher sur le pire, à commencer par l’économie en train de faire une stagflation qui va lessiver le système libéral. Il ne restera plus à ces « braves » gens que de nous serrer le quiqui avec une belle corde de chanvre, et à tirer dessus à la moindre velléité de ne plus bosser pour sauver leur système.
Là-dessus, les gazettes vous font des jolies choses afin d’égayer vos vacances et vous empêcher de trop réfléchir. Encore trois semaines à passer dans l’immatérialité des rêves pour entrer dans le dur en septembre. On ne perd rien pour attendre. Ce sera une grande parade de tout ce que nous aurions dû faire et que nous ne ferons pas.
Aura-t-on encore le gouvernement de Croo ? Il a une chance de rester vu le bilan mauvais du Fédéral dont personne ne prendrait la succession, pour ne pas porter le chapeau de la Vivaldi.
Sauf peut-être l’ambitieux Magnette ou le fol aventurier du MR, téméraires assez pour reprendre les petites misères du gouvernement De Croo, rien que pour faire premier ministre sur sa carte de visite.
Contrairement à l’habitude d’éreinter les gens « de peu » disaient les aristos, si le crise prend une tournure d’apocalypse, vous allez voir les mamours qu’ils vont faire aux malheureux hantant les CPAS. Le Belge jouit bien d’une réputation de placidité à défendre, sauf quand il a faim. Comme dans tous les pays du monde, alors il deviendrait enragé pour un oui ou un non.
Même GL Bouchez le sait. Ce n’est pas le moment de tourner autour d’un homme qui a faim, de le harceler ou pire de se moquer.
Je sais, ils l’ont fait jusqu’à présent. Ils s’en sont bien tirés. Ils ont gardé tout, salaire, position sociale, confort, voiture et chauffeur. Une moquerie de trop ou une taxe mal vue et ça part sans pouvoir s’arrêter à certains moments et justement, on y arrive !
C’est au tout début que cela peut se calmer ou s’enflammer. On a connu l’affaire royale et les grandes grèves de 60-61. Les journaux ont tout de suite parlé de voyous incontrôlés, de prédateurs trop contents de casser tout. Si le public mord à l’hameçon, la justice prend quelques fournées de « chenapans » et les sale en comparution immédiate. Les gazettes publient les peines et offrent au voyeurisme des lecteurs quelques têtes de « fripouilles », tous bons pères de famille, surprises par les caméras de surveillance.
Sinon, quand les ménages s’en mêlent, des gens qu’on savait bien sûr qu’ils existaient dans le fond des usines et dans les bureaux-placards des banques, sans y prêter attention, alors la rue de La Loi panique. On en appelle au bons sens, au patriotisme… Di Rupo mandaté par la Cour fait un introït, pour le soir même, au cours duquel Philippe apparaît en complet sombre et la mine défaite, nous supplier de rentrer chez nous.
Enfin, s’il ne pleut pas et que les gens ont pris le goût de manifester, alors avant les canons à eau et l’armée en dernier ressort, le premier ministre disperse la foule à coups de milliards et assurent que des réformes que même Karl Marx n’aurait pas osé entreprendre, seront prises immédiatement.
Si la foule rentre dans ses foyers, elle en ressort rarement. Sachant cela, le premier ministre saupoudre les quartiers à risques de ses milliards promis, mais oublie absolument les réformes annoncées comme certaines.
C’est presque toujours ainsi que les grandes fâcheries finissent.
Celles qui vont jusqu’au bout, le sont à cause des morts, émeutiers tués par la police ou policiers tués par les émeutiers. Des événements tellement considérables que même les gazettes en ont la chique coupée. Cela débouche souvent sur un autre régime, peut-être pas celui que souhaitaient les gens. Car ce qui ressemble le plus à un pouvoir qui s’en va, c’est celui qui suit.

5 août 2022
2017 !... Un Congrès PS oublié.

On en rigolerait encore dans les chaumières, si les gens avaient conservé la mémoire des coups que leurs Anciens ont reçu de la démocratie libérale, de ce fameux novembre 2017 au Congrès « spécial » d’un PS que Di Rupo avait convoqué à Liège.
Ce jour-là fut adopté un Manifeste confirmant et actualisant la Charte de Quaregnon, qui était en réalité un enterrement de première classe de ladite Charte, sous la baguette du maître en astuces et coups fourrés, le maestro Di Rupo.
En gros, on en revenait à reprendre la partition de Paul-Henri Spaak de 1945 qui rejetait le principe de la lutte des classes, vidant ainsi la Charte de toute volonté de changement, en choisissant habilement les citations à grandes envolées discourant sur des mots, non sur des faits.
Aucune trace de la nouvelle Charte n’est restée, stipulant que « la réalisation de cet idéal est incompatible avec le maintien du régime capitaliste », que « les travailleurs ne peuvent attendre leur complet affranchissement que de la suppression des classes et d’une transformation radicale de la société actuelle », que « ce résultat ne pourra être atteint […] que par l’appropriation collective des agents naturels et des instruments de travail ». Bref de la rigolade cachant à peine la fin de la lutte des classes par la reconnaissance d’une démocratie libérale, comme déjà avant Di Rupo, les Spiteals et consort avaient amplement établi l’omniscience, en y adhérent.
En 2022, les pouvoirs d’une classe sociale sur les autres se sont considérablement accrus.
Ce qui frappe le plus, c’est le mépris à peine déguisé des « élites » du travailleur manuel. On dirait que plus il est utile à la société et plus les personnages importants le détestent.
Cette détestation se vérifie sur la valeur qu’on attribue à son salaire. Comment ose-t-on attribuer des salaires de 20.000 € (en gros avec les à-côtés) à un ministre et 1460 € à un éboueur ?... soit treize boueurs et demi pour un seul ministre ! Et ici n’est même pas mentionné les salaires des CEO croquignolesques et astronomiques.

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C’est là une première forme de mépris, les autres viennent par la suite. Ils tiennent dans le discours et cette façon d’éloigner la plèbe de soi, vieille comme le monde antique. Dans les lois en mettant en priorité la traque des petites escroqueries sur les indemnités diverses versées aux chômeurs et aux assistés des CPAS, par rapport aux grandes manœuvres des multinationales pour ne pas payer d’impôt.
Souvent celui qui n’a pas appris le langage fleuri, la belle expression dont raffole les médias est moqué dans les rares moments où on lui demande son avis, en oubliant que sous la phrase malhabile, gît un raisonnement qui se tient, mais qu’on ne prend pas en compte à cause de la forme avec laquelle il est présenté.
Cette domination par le verbe n’est même pas la frontière entre l’intellectuel et le manuel, tant dans la réalité ils sont confondus, n’en déplaisent aux imbéciles instruits, surdiplômés et sûrs d’eux-mêmes.
Le système libéral pousse à l’extrême cette distinction entre les beaux manieurs d’euphémisme et le bois brut des masses, avec le distinguo que les premiers ne soient pas que cela et aient leurs aises dans la classe dominante, les artistes étant des suspects naturels.
Justement, le Congrès de Liège de 2017 du PS abordait la revalorisation des tâches manuelles, mais sans pourtant réclamer une plus grande décence dans le privé et la puissance publique envers les salaires et traitements. Et pour cause, les traitements des députés et ministres se sont considérablement améliorés depuis.
Les différences énormes de salaire entre les citoyens d’un même pays ne se justifient en rien, sinon donner à certains un sentiment d’appartenir à une élite jalousée et pour cette raison menacée et surtout de dispenser le pouvoir de former un ensemble « heureux » dans une étendue de malheureux. Une sorte de vitrine du capitalisme qui montrerait à l’envi ce que signifie une réussite sociale, afin de créer de l’émulation et une volonté de s’élever sur les autres, moins par le travail que par ruse et par force.
C’est « La distinction » dont parle Bourdieu dans son ouvrage du même titre « …l’inconscient de classe inculqué par les conditions d’existence est un principe de production de jugements et d’opinions plus stables que les principes politiques explicitement constitués, parce que, précisément, il est relativement indépendant de la conscience ».
Le Congrès socialiste de 2017 avait pour but de se hausser du col par rapport au PTB, alors valeur montante de la gauche. On ignorait alors que la pandémie du Covid-19 allait mettre au jour les vieux antagonismes de classe et qu’ils seraient multipliés par l’énorme crise économique qui allait suivre.
On sait à l’épreuve des faits que le PS s’est planté, que la lutte des classes est ici devenue une compétition pour la survie où tous les coups ont permis. Le « bon » géant qu’est le peuple n’a pas fini qu’on lui crache dessus par le réflexe du riche qui craint que celui qu’il méprise tant, devienne un jour son maître.