26 juin 2017
D’une triste fin à un début troublé.

Il y a quelque chose d’ignoble dans le chef de ceux qui préconisent l’assainissement des finances publiques par la suppression de quelques maigres avantages dans la population, les bas salaires et les embûches que doivent surmonter les chômeurs pour conserver leurs droits.
Parce qu’ils sont tous des intellectuels ou presque, qu’ils ont réussi et qu’ils seraient tout à fait incapables de vivre avec 1.000 € par mois, somme déjà considérable pour beaucoup.
Ils sont ignobles, par comparaison avec des électeurs qui leur ont fait confiance et qui, à cause d’eux, vont se retrouver en-dessous du seuil de pauvreté.
Ils le sont davantage si l’on considère que ces mêmes barons de parti ne se contentent pas de gagner cinq à six fois le salaire d’un bon ouvrier, ils s’adjoignent des à-côtés non négligeables qui les propulsent hors catégorie et dans des situations analogues à certains bénéficiaires de rentes au privé.
Il est vrai que ces derniers à qui on ne demande rien, sont rarement inquiétés pour ce qu’ils gagnent, quand bien même ils arrondiraient leurs fins de mois en plaçant de fortes sommes dans des paradis fiscaux.
Le public n’a pas prise sur eux, c’est dans le système. Malgré tous leurs avantages, les partis de pouvoir, les libéraux en tête, leur concèdent encore un personnel réduit dans la chasse de leurs mille et une manières de se débarrasser d’impôts qu’ils jugent excessifs, de grandes facilités pour recouvrer les taxes de ce qu’ils ont soustrait au fisc et que par maladresse de leur part, les valises de billets de banque qui transitent finissent par atterrir dans des services de douane ou dans les erreurs comptables des sociétés.
Tout, mais vraiment tout, sépare à présent le public en général et ces particuliers des banques ou des parlements. Cette cassure est évidente et vient encore de s’exprimer dans le dernier vote en France, laissant à Macron un pouvoir confisqué par une classe d’intellectuels éduqués pour faire la loi et attribuer au nom de tous, ce qui n’existe qu’en eux-mêmes.
En ce sens, la situation en Belgique est pire, puisque seulement le PTB et certains écologistes offrent une réelle issue de secours à cette indéniable séquestration de la démocratie.
Cinq ans d’avance sur la Wallonie pour la Flandre, à considérer le seul classique conformisme de l’économie mondialisée et cinq ans de retard sur la Wallonie, à considérer le côté artificiel de cette économie et le sentiment qu’elle ne pourra déboucher que sur des désastres.
Pour le reste, on ne voit pas comment, dans les structures libérales actuelles, les cadres des partis aux postes clés par roulement, une nouvelle force politique serait capable de débloquer la démocratie.

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L’élection de Macron est aussi un avertissement pour la Belgique, c’est aussi une expérience qui ne dit rien qui vaille pour les travailleurs et la population des rues.
Nous sommes peut-être beaucoup plus près qu’on ne l’imagine d’un clash fatal de la démocratie.

25 juin 2017
Une démocratie par l’émeute ?

« Des administrateurs de la société de production et distribution d’eau bruxelloise Vivaqua gagnent dans les 65.000 euros ainsi qu’une voiture. Yvan Mayeur, l’ancien bourgmestre de Bruxelles, en faisait partie. »
Il ne se passe pas une semaine sans des nouvelles de ce type. La semaine dernière, c’était le Samusocial bruxellois.
Elles impliquent tous les partis de pouvoir indistinctement, même si c’est le PS qui tient la corde actuellement, les autres ne sont pas blanchis pour autant, sur d’autres « coups ».
Bien entendu le journalisme ambiant très libéral excelle dans la nouvelle discréditant, un peu plus chaque semaine, un parti socialiste qui n’en a plus que le nom. C’est de bonne guerre.
Personne, évidemment, n’a pensé écrire ne fut-ce qu’une seule ligne, sur le ressentiment profond des électeurs pour un système qui favorise ce genre de pratique !
Peut-on croire une seule seconde que les élus sont tous altruistes et intègres ?
Non. Et pourtant, personne ne voit d’inconvénient à leur confier les clés du tiroir-caisse, ainsi que des mots de passe pour entrer dans la chambre-forte.
Quand, ce genre de personne parvient à circonvenir l‘esprit de l’ensemble des décisionnaires, il ne faut pas s’étonner que le public les mette tous dans le même panier.
À ce stade de la corruption et du népotisme largement répandus, une autre question est à poser. Comment se fait-il que c’est seulement à certaines occasions que les scandales montent à la surface du marécage ?
N’y a-t-il donc pas le moyen de connaître qui gagne quoi dans les secteurs où c’est l’argent du citoyen qui fait tourner l’affaire ?
Les potentats du jeton de présence et des rémunérations du dessous la table ne sont-ils détectables que sur dénonciation d’un confrère jaloux ?
Enfin, quand l’heureux bénéficiaire est montré du doigt et qu’il sort les poches pleines « parce que c’était décidé avant » - je pense à la belle retraite du pensionné Happart octroyée pour ses services à la Région Wallonne – il n’y a donc rien à faire que constater l’abus et le délirant règlement ?

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Juste après Publifin, l’élégant De Decker, l’insoupçonné Reynders, Yvan Mayeur, le président de Vivaqua, Jacques Martroye de Joly président de Hydrobru et la clique socialisante des affamés du jeton de présence, précédant la non moins joyeuse bande de la file CDH au guichet-caisse, on apprenait que l'ex-président de Nethys, André Gilles, demandait près d'un demi-million brut d’indemnités de départ, comme le règlement l’y autorise.
Ah ! ce Collège provincial, aussi coûteux qu’inutile, quelle mine de renseignement pourrait exploiter une presse digne de ce nom dans le Statut des Pensions de la Province de Liège.
« Pour calculer le montant que devrait percevoir André Gilles (salaire de 365.600 € de mandats par an), on prend le revenu annuel brut, 87.790 euros, et on y ajoute une somme forfaitaire de 24.580 euros. Au total, André Gilles touchera donc 112.370 euros par an, soit une somme de 449.480 euros sur quatre ans, selon l'hebdomadaire Pan. »
Quand se décidera-t-on (je pense à des partis comme Écolo, le PTB et même DéFi) à secouer le cocotier sur le scandale du système des Provinces, alors que les contribuables ont déjà sur le dos, cinq gouvernements !
Une avancée de la démocratie, ce n’est pas de conserver un système, quand on a mis en place un nouveau (les Régions). C’est purement et simplement de faire des suppressions d’organisations en doublon.
Si les législateurs sont doués pour voter des nouvelles structures, ils sont impuissants à faire voter la suppression des anciennes, puisque c’est ce même corps législatif qui en profite !
On touche là à un problème non résolu de la démocratie.
Celle-ci pourrait, à défaut de solution, disparaître dans la dispute, l’émeute et la confusion

24 juin 2017
Adhérer ou pas ?…

Le philosophe a toujours eu une grande réticence à prendre une carte de parti, qu’il soit de gauche ou de droite. Cela tient dans l’obligation qu’a un parti de se situer par rapport aux autres, de s’y tenir afin de rester compréhensible pour ses adhérents. Voilà qui laisse perplexe ceux qui ont conscience de la profusion des moyens et des buts.
D’autre part, il faut bien qu’il y ait un rassemblement quelque part pour qu’un faisceau d’idées plus ou moins concordantes apparaisse, donc qu’il y ait des partis !
En Belgique, l’art du compromis n’est rien d’autre qu’une manière discrète de déroger à la ligne de conduite qui distingue les partis des uns des autres, pour conclure qu’on n’a pas tout le temps raison et les autres, tout le temps tort. Autrement dit qu’un parti ait partiellement tort, sans l’oser pouvoir dire, en s’alliant avec un autre.
C’est au changement d’alliance qu’on se persuade que des partis qui se séparent avaient tout à fait tort quand ils étaient ensemble et tout à fait raison en se séparant.
L’exemple récent tient dans ce que MM. Di Rupo et Magnette pensaient de Benoît Lutgen, avant de décrire ce dernier comme le dernier des saligauds puisqu’ils l’ont assimilé au traître, virtuose du couteau dans le dos.

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Les courants ne sont admis dans les discussions, que s’ils ne cassent pas la ligne du parti. Quand les uns disent blanc et les autres noir, on l’a vu au PS français, la cohabitation entre les deux tendances est quasiment impossible.
C’est une raison qui pousse à rester dans le vague et à se méfier des doctrinaires. Les grands courants de pensée sont souvent ceux qui sont parvenus à détruire les rigidités, pour plus de souplesse d’interprétation.
Raisonne-t-on bien quand on veut avoir raison à tout prix ?
Raisonner c’est user de raison pour chercher la vérité. La raison est un moyen, bien raisonner c’est aller jusqu’à laisser le dernier mot à la vérité, même au point d’avouer qu’on avait tort.
Vouloir avoir raison à tout prix, c’est prendre la raison pour une fin et non plus comme moyen.
La vérité est une fin, tout au moins celle qui ne laisse aucune autre interprétation et permet de laisser une place au doute.
L’art d’accoucher les esprits de la vérité (maïeutique) supposerait que l’accoucheur la détiendrait ! Voilà qui soulève une autre question philosophique : « qu’est-ce que détenir la vérité « ?
« La raison du plus fort est toujours la meilleure » oui, mais est-ce qu’une raison « meilleure » n’est pas déjà un rapport de force entre raison et vérité ?
« La force n’est maîtresse que de ses actions extérieures, elle ne fait rien au royaume des savants » (Pascal).
Il faut vouloir être raisonnable, mais non pas vouloir avoir raison.
Voilà pourquoi un philosophe a tant de mal à s’intégrer dans un parti, toujours promoteur d’une pensée de groupe.
Ce qui revient à se demander si la pensée collective faite de lacunes volontaires et de raisons secrètes peut conduire à une vérité universelle ?
C’est une question fondamentale, qu’en conscience l’Homme s’est toujours posé sans avoir trouvé de réponse.
La démocratie n’y a pas répondu, quand elle résout ses problèmes en tranchant par une majorité, l’art de gouverner les Hommes.

23 juin 2017
Un libéral radical.

Quand un radicaliste part en guerre contre le radicalisme, ça donne à réfléchir sur la brutalité sociale et politique dans nos démocraties.
C’est le sanguin Denis Ducarme qui le dit «Nous voulons des solutions radicales contre le radicalisme!».
Cette tête particulièrement échauffée pour son bon droit et ses analyses, a trouvé que la justice est trop laxiste, la police trop bon-enfant et le citoyen peu rassuré.
Son radicalisme opposé au radicalisme est une aberration sur le terrain, un non-sens politique et un syllogisme en philosophie.
Je suis un « radicaliste »
Je lutte contre le radicalisme
Donc je lutte contre moi-même

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Il est heureux que les désirs d’opposer la force de la vertu à la force de la violence se soient soldés par l’échec de la tentative parlementaire de porter à 72 heures la durée potentielle d’une garde à vue, dans des affaires de terrorisme.
Deux raisons à cela. La première tient dans l’effet de la mauvaise réputation religieuse musulmane sur les populations et le renforcement des contrôles, des caméras, des portiques et des fouilles au corps pour un oui ou un non. Si bien qu’excepté Denis Ducarme, le citoyen ordinaire se sent davantage surveillé qu’avant et a le sentiment qu’on lui vole une partie de sa liberté, à chaque nouvelle mesure.
La seconde réside dans l’appréciation d’une garde à vue pour faits liés au terrorisme. Tout étranger dans n’importe quelle interpellation peut être suspecté de terrorisme. 72 heures au ballon au lieu de 48 parce que vous avez une tête de Maghrébin et que vous vous appelez Mohammed, ça ne vous dit rien ?
La police est devenue un recruteur involontaire de Daech depuis qu’on est dans l’état d’alerte 3.
Enfin, en cas de réels soupçons d’allégeance aux guignols du djihad, il y aura toujours un juge d’instruction de service pour signifier un état d’arrestation et flanquer le suspect en prison.
L’opposition de gauche PS-Ecolo, sans le vouloir sans doute, a fait capoter le projet et c’est tant mieux. Ainsi s’apercevra-t-on par la même occasion que le MR seul parti francophone au gouvernement est bel et bien dans une sorte d’extrémisme constitutionnel et que pousser le bouchon trop loin s’appelle aussi le radicalisme.
Denis Ducarme rejoint involontairement Alphonse Allais qui voulait déplacer les villes à la campagne pour le bon air, Ducarme fait mieux, il n’acceptera que des mesures radicales pour lutter contre le radicalisme !
Eh bien ! il n’acceptera rien du tout. Il devrait en remercier la Commission puisque cela ne peut que réfréner son propre radicalisme !
Partisan de l’eau chaude à toute heure, il est le syndic intransigeant de tous les immeubles du royaume « Pas d’eau tiède ! Nous quitterons la table si nous sommes face à la gauche laxiste ! ».
Le plus terrible, c’est que ce genre de connerie est payant à court terme. Il suffit qu’un attentat imbécile et crapuleux, comme ils le sont tous, tuant des innocents, pour qu’aussitôt le bravache du MR prenne à la tribune une attitude mussolinienne, en revendiquant la prescience et la justesse de son raisonnement. Cela devient un jeu d’enfant pour ce sectaire de mettre l’opinion dans sa poche.
Et c’est ça le côté malsain de ce personnage libéral, fils de l’autre, comme tous les héritiers du système. Il se nourrit des malheurs et profite de la peur comme de la colère des gens.
En manipulant l’opinion, en espérant que ses prophéties lui donnent raison, Denis Ducarme est un aventurier de la politique qui met la démocratie en danger, alors qu’assez curieusement les attentats imbéciles la renforcent, par l’attitude digne et volontaire de la population !
C’est dommage que son intelligence limitée l’empêche de comprendre ça.