21 mars 2010
La radicale mutation.
Gustave Le Bon avait observé en 1895 (1) que « dans certaines circonstances… un agglomérat d’hommes possède des caractères nouveaux fort différents de ceux de chaque individu qui le compose. »
Le Bon voulait démontrer à ses contemporains à l’aube du XX s., qu’une « âme collective » semble conduire la foule dans un tumulte, et la pousse à des extrémités, qu’un individu isolé n’oserait commettre. L’esprit de la fourmilière règne alors sur l’ensemble, comme s’il n’était qu’un seul instinct. Des individus d’habitude circonspects et conscients se militarisent brusquement sans qu’il y ait un chef visible qui les subjugue. Alors, soulevée d’un souffle unique, canalisant les énergies, la foule verse dans les pires excès, tandis qu’un autre souffle, aussi mystérieux, peut la disperser aussi vite.
Comme s’il était dans la foule, l’individu reconduit à la forme végétative devant son téléviseur peut s’intégrer au spectacle et devenir inconsciemment un des membres anonymes de « l’âme collective », l’écran se substitue aux autres, pour s’inscrire en images subliminales dans le cerveau du téléspectateur.
Hannah Arendt dissèque les causes de cette sujétion dans sa trilogie des « Origines du totalitarisme ».
La philosophe s’efforce d’expliquer comment la masse et la solitude se fondent et s’adaptent dans les régimes totalitaires.
Le fascisme s’est installé en Europe dans la première moitié du siècle dernier, sans le secours de la télévision, en n’usant que de moyens assez rudimentaires de propagande, afin d’être « l’Attila invisible », jusqu’à oser en montrer un, quand les masses sont passées au stade de l’admiration d’instinct d’un maître.
Aujourd’hui, avec ce formidable vecteur qu’est l’image reçue individuellement, les risques accrus d’un Attila invisible sont énormes.
Les masses atomisées puis reconstituées par l’image peuvent d’autant être aspirées par un système idéologique basé sur la terreur et le meurtre qu’elles sont désormais constituées par des individus de plus en plus seuls devant le seul moyen qu’ils ont – non plus de communiquer – mais d’être reliés aux autres : la télévision.
L’individu, désormais intégré au monde totalitaire, adhère d’autant plus aisément à une autorité nouvelle, qu’il se sent libéré des solidarités anciennes.
C’est toute la théorie d’Hannah Arendt qui se vérifie puisque selon elle « la terreur ne peut régner absolument que sur des hommes qui sont isolés les uns des autres ».
Cela semble contredire en apparence, ces grandes réunions de masse comme à Nuremberg en 1936, sinon qu’une fois « travaillé » dans le chacun pour soi, le grand rassemblement ne s’effectue plus qu’à titre militaire. L’individu devient soldat de la cause suggérée à laquelle il adhère sans plus réfléchir. A cette cause, il faut des opposants réels ou imaginaires, dont les intentions supposées sont de la détruire. Ces réunions de masse n’appellent jamais qu’au meurtre de l’autre, la masse devenant un seul individu, appelé à s’opposer à un autre individu représentant une autre masse.
D’instinct l’embrigadé tait ses divergences, abandonne des arguments que sa conscience d’homme qui fut libre lui suggère encore timidement, avant d’être muette ; car, il sait confusément que l’objection porte atteinte à l’esprit de groupe et est considérée par la fourmilière comme un crime aussi grand que celui de l’adversaire.
La suite est bien connue. Ayant pervertit les partis, les associations, les familles, l’Etat totalitaire dispose à sa guise des populations.
Je pense à titre tout à fait personnel que nous sommes au début d’un nouveau totalitarisme. Il est encore trop tôt pour se perdre en conjectures sur les suites du processus. Par contre, on peut déjà en situer l’historicité immédiate, suivant la définition d’Alain Badiou.
1. Le néolibéralisme doit être perçu comme une radicale mutation du capitalisme social d’après-guerre.
2. Il s’agit d’une certaine façon d’un coup de force intellectuel. Le néocapitalisme est au capitalisme, dans l’ordre économique et social, ce que le stalinisme fut au socialisme.
3. La dérive libérale s’apparente, en effet, à un recul de civilisation. Les oligarchies héréditaires rappellent celles d’anciens régimes.
Les hommes ont, de tous temps, été confrontés à des tyrannies, au départ réduites au seul tyran appuyé par quelques mercenaires attirés par les butins promis. Peu à peu, le monde devenant complexe, les tyrannies se sont disjointes des tyrans, certaines ont donné naissance aux dynasties. Aujourd’hui, les tyrannies ne peuvent être que le produit d’oligarchies aux intérêts communs.
Juvénal remet nos pendules à l’heure « La pire catastrophe, c’est, de peur de perdre une existence misérable, de perdre ce qui fait la raison même de vivre ».
Pour moi, la raison même de vivre, c’est la pleine conscience de ce qu’est la liberté, qu’elle soit en péril ou confisquée, peu importe, dans le temps qui nous est imparti. L’essentiel, c’est de savoir lutter jusqu’au sacrifice pour la maintenir, l’agrandir ou la restaurer.
Sartre a écrit dans « l’être et le néant » quelques pages d’une extrême actualité. Nos grandes gueules de la politique et des médias feraient bien de s’en inspirer, pour tout autant qu’ils en aient eu connaissance. Car, ils auront beau se fondre à chaque fois dans le nouveau paysage, beaucoup disparaîtront, balayés par les circonstances et leur insignifiante veulerie.
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1. Psychologie des foules.
20 mars 2010
On vote en France dimanche.
Aucun sujet digne d’intérêt ne balise la semaine de sa nécessaire présence.
Les élections en France ?
Ah ! oui, tout le monde avait oublié. Pourtant en Wallonie, on s’est beaucoup attaché aux élections en France par le passé, plus que pour les nôtres. On dirait que la désaffection pour le scrutin est de la même nature de part et d’autre de la frontière.
C’est qu’on n’y croit plus, ici comme là-bas, tant les discours et les actions des politiques sont en décalage avec ce que le peuple pense du malheur qui s’est abattu sur lui un jour de septembre 2008. Les citoyens estiment aussi que parler de reprise et de redémarrage est une insulte de plus qu’on leur fait.
Avec Alain Badiou, on pense que la démocratie s’est fait la malle… et qu’on n’est pas prêt de la revoir.
La gauche, la droite, franchement la différence tient en deux mots : insignifiance générale !
S’il me fallait voter dimanche en France, moi qui n’aime pas la pêche, je m’en irais taquiner le goujon avec tous les « mauvais français » qui depuis dimanche dernier, on le sait, ont la majorité absolue.
Alors, messieurs les cocardiers, un peu de retenue, vous insultez une majorité !
Les magazines l’ont compris qui visent le gros des franchouillards : Carla est-elle botoxée ou non ? Sarko est-il à nouveau cocu ?
On se pose la question parce qu’un président cocu systématique ne fait pas la réclame du Français dans l’Europe du plumard et qu’il faut bien occuper les gens par du transcendantal de bazar.
Quant à la gauche, franchement si elle était enfin représentée par quelqu’un qui ose couper les amarres avec le néolibéralisme et qui le dirait haut et ferme « Si vous votez pour moi, ça va valser du côté des banques, des stocks options et du reality-show des traders. Les décors des paradis fiscaux, c’est fini. » on pourrait se lever tôt assez pour faire « son devoir » avant la fermeture des bureaux de vote.
On le sait, la panade, dans laquelle nous sommes, plombe le système. Ni Mélenchon, ni le gentil facteur, ne pourraient changer les cartes biseautées sans que ça tourne à l’émeute. On irait justement pour ça. Ne vaut-il pas mieux de courir le pavé avec les flics au train, quand on a le ventre plein, plutôt que dans quelques années, quand la moitié de la population regardera l’autre moitié en train de bouffer ?
On espérait que Martine Aubry, dans sa soif de réformes en profondeur, avait magouillé et bourré les urnes, afin d’empêcher M’ame Royal de tremper son biscuit dans le service de porcelaine de Sèvres de Bayrou.
A gauche, on a vu que les grands destins ne sont pas le fait d’enfants de chœur, les Staline, Mao, Lénine et consort n’ont jamais fait que rouler le monde, justement au nom du peuple. Après six mois de castagne, Aubry s’est installée dans le rôle de chef, sans qu’elle ait besoin d’affirmer sa différence avec le pouvoir. Mieux, elle rassure ceux du PS qui n’ont pas l’esprit d’aventure..
Alors, en attendant d’asticoter le poisson sur la Marne, puis d’en faire une friture avec le rituel coup de blanc, l’électorat musarde et pense à autre chose.
Si la vraie actualité est peu fournie, pour la simple raison que les grands événements apparaissent sur trois lignes, et que les non-événements barrent la une sur toute sa largeur, réjouissons-nous que la nièce de Drucker, Marie, ait rencontré l’amour dans les bras de Gad Elmaleh. Tout le monde s’en contre tape la suspension, mais quand on n’a que ça pour travailler sa culture, il faut bien faire avec. Mieux vaut de voir ces deux perdreaux de l’année qui l’étaient déjà au siècle passé, s’envoyer des câlins en public, plutôt que s’emmerder à un discours de Martine essayant de nous faire croire que les Régions socialistes, alors qu’elles l’étaient déjà, vont révolutionner la pensée militante, transpercer la crise économique et répandre les cornes d’abondance là où elles manquent tragiquement, voir Frêche, à deux doigt d’expirer le souffle court, déclarer au micro que la fille Delors est une gourgandine ou de s’envoyer à la tête les chiffres du chômage en forte hausse !
On sait bien que Marie et Elmaleh, ça ne durera pas, qu’importe on est heureux qu’un clou chassant l’autre, on ne se soit pas trop attardé sur l’enterrement du poète à Antraigues-sur-Volanes. C’est très mauvais de relater pareil événement, ou alors un mort très lointain, du côté de Beverly-Hills, c’est bon, ça touche moins.
Comme la mort est escamotée depuis qu’on ne la voit plus que dans les funérariums, faire du ramdam sur un décès, c’est on ne peut plus mal vu. Le podium n’était pas rempli du tout Hollywood, c’est dommage, en captant l’attention des foules, les vedettes venues d’ailleurs font qu’on ne voit plus les cercueils et que les douleurs éparses se dissolvent dans la demande d’autographe. Isabelle Aubrey ressurgie du passé « mon dieu, qu’elle a changé ! », c’était plutôt accablant et mortifère.
Bref, les Français vont voté dimanche. Je les plains !...
Si les abstentionnistes sont aussi nombreux au deuxième tour, nous aurons cette chose curieuse de voir une minorité de votants se déchirer en deux camps, alors que la majorité s’en fout. Enfin, elle s’en fout d’un événement qui fait partie d’une France qui n’est plus la sienne.
Bien entendu, revenu de la pêche bredouille, on pourra quand même se féliciter que la gauche bat la droite sur toute la ligne, parce qu’on n’aime pas Sarko et qu’au moins la défaite du cocu systématique va sans doute déboucher sur quelques règlements de compte dans le gouvernement Fillon. Et voir quelques grandes gueules disparaître dans l’anonymat, si cela ne change pas grand chose, au moins ça fait plaisir.
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19 mars 2010
Chave présentant Gabritschevsky (1)
-Bitte au cul, saloperie, pouffiasse, pouffe du pouf, j’t’encule…
-Qu’tu fais ?
-Tu vois j’injurie…
-Mais t’es tout seul !
-Justement…
-Quoi ?
-Encore une bordée, puis j’t’explique. Foutre à la fente, dégueulasserie, brouteuse de bitte…
-A la fin, t’es cinglé !
-Où tu crois qu’on est ? « Max Stirner, l’Unique et sa propriété », les prolégomènes d’une culture…
-Ouais. Remarquable, pour un fou. J’ai lu au bureau. J’avais plus de temps qu’à la maison. J’en ai beaucoup appris.
-Avant, celui sur « Wittgenstein, l’obscur »…
-Oui, oui.
-Et « la tentation de Pénélope » d’après le p’tit dernier de Belinda Cannone », elle est bien Belinda...
-Je comprends pas où tu veux en venir ?
-J‘en ai fait quinze !... rapport à Pénélope que Brassens a fait rimer avec salope…
-Je commence à comprendre.
-Le premier j’ai eu onze lecteurs, et sur l’obscur, sept !... et quinze pour Belinda.
-Tu crois que les moteurs de recherche cavalent après le cul ?
-Enorme !
-Qu’est-ce que tu peux t’en foutre des turlupins de la braguette…
-J’m’en fous toujours. Je peins, j’écris, je bronze dans un tonneau avec le gaz au cul, quand c’est l’hiver.
-Alors ?
-J’fais mon p’tit sondage. J‘veux savoir combien j’vais en décevoir ce soir !
-Pourquoi ,
-C’est Annie Le brun qui l’écrit dans « On n’enchaîne pas les volcans », le libertin n’aime tant que la nouveauté. Je fais vilain petit canard pour les avides de jamais vu. Je m’allume à leur excitation déçue… Je suis zun artiste qu’est pas conscient…
-T’es un p’tit salaud, plutôt… qui joue au dingue. On te croit et tu touches aux droits d’auteurs, comme les valides.
-Tu permets encore une bordée : la bitte au charbon, le con c’est l’encrier du pauvre… avis à tous les trempe-queues, voilà encore un paquet de cent branleurs qui se pointent qu’ont foutu leurs zézettes où c’est qu’on n’met que d’la plume Ballon…
-T’as ton compte ?
-Parfait.
-…et l’emballage cadeau, c’est ?
-…Belmor…
-Nom qui en dit déjà beaucoup.
-Membre parmi les plus éclairés de la « Société des Amis du Crime »… Autre asile, autre temps autres mœurs, on est à Charenton…
-…tu te fais cinquante loustics exacerbés de la braguette avec Belmor…
-Ils vont être déçus, parce que Belmor dit à Juliette « …je ne sais si la réalité vaut les chimères, et si les jouissances de ce qu’on n’a point ne valent pas cent fois celles qu’on possède… »
-Et c’est justement le discours qu’ils attendent !
-Non. Car il ne débouche que sur des considérations philosophiques. Le tracassé du sexe exècre, tu penses l’ontologie, en a rien à foutre…
- Tu fais mousser tes détracteurs, tous tes « amis politiques » pourfendus comme le baron, leur mauvais côté va tomber sur ton blog, bras raccourcis, et va s’empresser de moucharder à l’autre, celui du bon côté du moraliste pontifiant.
-J’imite A. L. B. « je perverse » pour du beurre, parce qu’il n’y a rien en-dessous que les diableries qu’ils n’aiment pas : libre expression, fantaisie jarryste, tout ce qu’ils détestent.
-Pourquoi ?
-Parce qu’ils feignent de ne pas les comprendre. Leur carrière en dépend. Ils crèvent de jalousie parce qu’ils ont fait le choix de sacrifier leur liberté à leur situation, la folie à la raison….
-Dis pas des conneries. Alors les pires roquets de la pensée conformiste…
-…ce sont les Assis de Rimbaud, nos parangons, nos vertueux… nos flèches, nos lumières… nos merdes, oui !…
-Tous partis confondus ?
-Ouais. Tiens encore un bon coup pour finir : foutre, d’enpapouaser de pauvres riches, je voudrais être le comte Drakul pour les enfiler tous par le cul comme si ma bitte était une brochette géante…
-…p’t’être qu’ils aimeraient ?
-Va savoir ? Quand la nature tourne au vice, tu sais pas ce dont les glorieux sont capables !
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1. Peintre psychiatrisé. Artiste qui n’a jamais touché un balle.
18 mars 2010
Les cons vivent moins vieux !
Le sénateur Monfils, n’a pas dédommagé les blogueurs qui ont réfléchi à la critique de Hadopi, sauce MR. Il aurait dû, cependant, c’est d'eux qu’il a outrageusement copié sa proposition de loi « améliorée ».
Monfils est devenu ainsi le premier crypto-libéral, de l’Histoire, réussissant le tour de force de proposer une loi protégeant le commerce de la chose artistique qui ne devrait pas être un commerce du tout.
L’apparatchik liégeois a l’air comme ça sérieux et compétent. Qu’on se détrompe, c’est un anticommuniste primaire qui voit des atteintes à la liberté individuelle partout, et surtout, qui s’enflamme à la pensée de voir le bel argent que devraient gagner les artistes, filer entre leurs doigts.
Or, ce bel argent n’existe pas. Les artistes aujourd’hui, enfin les milliers d’artistes qui vivent comme des cigales, se contentent de rien ! Loi Hadopi ou pas, ils crèvent littéralement de faim dans une société qui ne reconnaît que quelques loustics au talent fort controversable qui touchent le pactole, un peu par chance, un peu par piston et un peu par talent (pour quelques-uns).
Monfils vit donc dans l’aigreur de ses contradictions, puisqu’il veut empêcher la liberté des gens à se cultiver, au nom d’un bénéfice qui aurait échappé aux élucubrations de ses nouveaux Antoine.
Faut-il qu’il soit à ce point délirant pour ne pas voir que les sociétés des auteurs et autres SABBAM sont des attrapes nigauds qui vivent plus de la bêtise des milliers de petits artistes, que des recettes des gros poissons du disque ou du livre !
Tout le monde aujourd’hui a du talent, même lui, à fouiller un peu…
Mais il faut avoir une autre sorte de talent qui n’a rien à voir avec l’Art pour retirer du fric du don qu’on a ; une famille fortunée, un papa dans l’industrie du disque, un autre dans l’édition, un magnifique cul tout potelé, une aptitude à coucher, voilà quelques arguments pour faire du flouze, quant au talent, il est très accessoire ; mieux, par certains côtés, il gêne un peu.
Exemple, le fils Sardou qui s’est lancé dans l’écriture à défaut d’avoir un filet de voix exploitable comme le paternel, c’est fou ce qu’on parle de lui à Europe 1… dans la pub qu’on lui fait. Si par extraordinaire, il écrivait comme Flaubert, tout le pognon de son père ne serait pas suffisant pour qu’il soit reconnu « écrivain » !
C’est ainsi. Monfils qui, lui aussi, hésite à exploiter le sien, devrait le savoir.
La difficulté dans l’Art, c’est de faire savoir qu’on est « quelqu’un » capable de tirer un revenu d’une chose qu’on juge ailleurs, même meilleure, comme de la merde. Alors sur le coup, les renifleurs du fric rappliquent sec. Ils marchent à l’odeur de l’argent.
Les vrais requins ne sont pas parmi cette jeunesse qui copie des films et des CD, mais dans l’univers quasiment enchanté de la maison d’édition, du studio d’enregistrement et de l’impresario à titres divers. Le gibier ? C’est la collection de pauvres types qui bosse « à côté » pour se payer une heure de studio ou comme cette quasi grand’mère qui agite triomphalement le script d’une pièce de théâtre devant un quarteron d’admirateurs sur son blog, afin de leur annoncer qu’elle va faire éditer son œuvre, qu’elle croit au moins égale à celle du grand Will !
Voilà, le gibier idéal que la loi Hadopi ne sauvera d’aucune manière. Voilà les pigeons frais pondus qui roucoulent dans les mains des joueurs de bonneteau, en attendant que les escrocs rincent le fonds de leur petit commerce !
-Médème votre eûvre est admirâââble !
Sur le temps que la grand’mère se demande si elle peut encore coucher sans être ridicule, Monfils s’emballe au nom de l’Art et des artistes spoliés !
Devant les plaintes, Monfils adapte sa proposition de loi sur le téléchargement illégal. C’est comme l’eau de la tinette des petits slips au rinçage de Milquet dans sa traque aux chômeurs, c’est du purin de politique ! Du jus ultra-sensible pour animateur des Chiroux ! Du caca fleuri du théâtre de la Place ! Des premiers prix de poésie d’échevinat malade de la peste de connivence…
Beau comme un cratère antique, Monfils s’est fait urne pour le réceptacle total de la grogne. Il ne vise plus désormais que « les fournisseurs d’accès et les plates-formes de téléchargement ».
Si l’on en croit les statistiques de RTL, les cons vivent moins vieux que les autres. On ne sait pas si l’Institut de statistiques qui a pondu ça, y incorpore aussi les propositions de loi, auquel cas la Hadopimania du Sénateur n’aurait pas une vie trop longue.
On voit d’ici le tribun balancer ses sanctions graduées : avertissement, amende, coupure progressive de l’accès à Internet - comme la loi Marthe Richard pour les « maisons » - la fermeture en sanction ultime (c’est normal quand on parle de tolérance zéro) ! Comme la connerie n’est jamais seule, Ecolo et les PS proposent autre chose, histoire d’accompagner.
Ce pays s’enfonce dans des lois par paquets, des interdits, des règlements, enfin tout un fatras absurde dans le seul but de masquer l’essentiel : les libertés fichent le camp. On ne défend plus que celle des détenteurs du pognon.
Hadopipo, sans doute, le Talleyrand liégeois nous en a si souvent joué !
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