22 février 2018
Lady Gaga.

La scène ne produit pas que des papillons qui se brûlent les ailes sitôt dans les airs. Certains ne verront jamais le vrai soleil. Ils finiront rôtis sur la face éclairée de l’abat-jour. Plus rares, ceux qu’on croyait éphémères, étaient là pour durer.
À ses débuts, on ne le savait pas : c’est le cas de Stefani Germanotta.
Lady Gaga, car c’est d’elle dont il s’agit, est insolite parmi ce fatras de chroniques – 11.000 feuillets, soit en quantité 44 romans de 250 pages, « Richard III » – toutes consacrées, de prêt ou de loin, à d’autres monstres, cruels et dangereux, principalement politiques et économiques.
La monstruosité de la chanteuse-compositrice est d’une autre nature. Elle n’est pas de la même espèce.
C’est d’abord une bonne pianiste de jazz, une interprète talentueuse, une compositrice hors pair, même si dans la société du paraître, elle a compris comme Madonna, qu’étonner est devenu indispensable dans le show business, pour sortir de l’anonymat.
Puisqu’il faut bien travailler pour vivre, autant en ramasser un max, dans une société qui rend libre par l’argent et esclave à vie, quand on trime à deux sous de l’heure.
Née à New-York, la ville la plus européenne des States (Madonna ne sera New-Yorkaise qu’à vingt ans), elle paraît superficielle dans les magazines, d’un abord outré dans ses excentricités. Celui qui cherche un peu découvre avec surprise, que Lady Gaga est très intelligente.
Avec le rythme et le jazz dans le sang, Stefani Germanotta a aussi du plomb dans la cervelle. Elle a tout compris à travers ses galères du début. Ses succès dix ans plus tard, à seulement trente deux ans, n’ont pas de prise sur elle.

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Voici une traduction d’une interview de 2018 :
« Nous vivons dans un monde d’étiquettes; nous nous étiquetons en types comme si nous étions des produits.
« Quand nous étiquetons, nous adoptons des stéréotypes que nous avons intériorisés et ceux-ci sont intériorisés à un tel degré que nous ne réalisons même plus que les stéréotypes font partie des éléments de notre sens commun. Le monde capitaliste-matérialiste nous fait penser d’une certaine manière, qui nous rend plus inégaux que jamais.
« La réalité est que le système capitaliste nous fait sentir différents les uns des autres, et il fortifie cette différence par la suite. Une fois que cette différence a été établie dans notre cerveau en tant qu’une « affirmation », le système en tire profit à son propre avantage.
« Nous sommes simplement utilisés comme des pions dans ce vaste système centré sur l’argent à but hautement lucratif. Mais le pire, c’est que nous ne réalisons même pas que nous sommes manipulés. Nous nions cette manipulation. Au lieu de cela, nous en devenons des victimes, et heureux de l’être. Nous mettons également en valeur les différences que ce système tente de nous inculquer.
« Nous sommes tellement affectés par ces différences qu’il est devenu plus facile pour nous de nous détester les uns les autres. Nous nous permettons de nous démolir les uns les autres pour notre propre compte et nous essayons de rivaliser les uns avec les autres dans cette course qui consiste à être mieux que les autres. Mais ce que nous devons retenir par dessus tout, c’est que toutes ces différences sont créées et fabriquées par des systèmes qui souhaitent nous influencer. Nous devons cesser d’être influencés.
« Nous devons réaliser que nous devons voir au-delà des différences. Lorsque nous nous rencontrons, nous devrions essayer de rechercher les points communs. Nous devrions essayer de voir les éléments et les émotions qui nous rapprochent. Nous devrions essayer d’avoir moins de jugement les uns envers les autres, et nous ne devrions pas laisser les stéréotypes ou les étiquettes dicter notre système de croyance.
« Plus important encore, nous devrions célébrer mutuellement nos différences. S’il y a quelque chose que vous devriez détester c’est la guerre, la pauvreté, l’analphabétisme. Haïssez les maux qui affectent et nuisent notre monde, mais ne vous haïssez pas.
« La haine n’aidera personne; cela ne mènera qu’à la guerre.
« À l’inverse, luttez pour l’espoir. L’espoir est exactement ce dont nous avons besoin. Nous devons espérer pour un monde meilleur – et un monde meilleur est sans aucun doute un monde plus égalitaire et plus inclusif. » Fin de citation.
Oui ! vous avez bien lu, c’est une star du show-biz, qui pense cela et le dit… Nous avons tort de nous fier parfois à l’apparence des artistes sur des estrades au-dessus de la foule.
L’art ne produit pas que des playmates de circonstance pour décrasser les foules du travail quotidien, les affoler à coup de nichons siliconés découverts sciemment et de fesses botoxées. Sous l’artifice de scène, parfois des surprises étonnantes… Lady Gaga, habillées des plumes de paon de chez Versace, a un cœur qui pourrait battre à l’unisson des anti-Gaga de l’apparence !
Bullshit que cela ?… moi j’y crois !
Il n’y a pas que la troisième classe qui veut changer d’air. Même à droite, il y a des bernard-l’hermite qui en ont marre de marcher de guingois et de faire les guignols.
Le système aura beau nous condamner à subir ses vérités comptables, à nous contraindre à faire l’âne pour avoir du son, l’intelligence est une fille rebelle, quand elle est libre. Elle se rit de sa sœur aînée qui tient pour des vérités les discours effrontés de Charles Michel.
Quand nous aurons des élus du peuple, doués pour faire « sous-préfet au champ », je pense que le jazz, pourquoi pas la poésie, auront leur mot à dire.

21 février 2018
Le vrai seul est aimable...

Il faut être complètement chaviré par les vertus du suffrage universel comme le sont les parlementaires en général et le gang du MR en particulier, pour ne pas s’apercevoir qu’aujourd’hui les gens ne sont plus dupes d’un système qui leur clôt le bec, en leur présentant une politique qui est censée être la leur et dans laquelle ils ne se reconnaissent pas.
On touche là un phénomène de masse. Non seulement la vague de scepticisme monte, mais en plus, les gens sont de plus en plus convaincus que la corruption règne en maître dans toutes les sphères de décision, que la vénalité triomphe en maîtresse absolue et que la justice aurait besoin d’un bon coup de torchon dans sa magistrature.
Du coup, les aigres plaintes d’un Louis Michel sur « l’ingratitude » des foules passent pour de la provocation ou pour une manifestation caractéristique de la sénilité d’un vieil enfant gâté.
Cette tendance générale est le résultat d’une lente appropriation par les gens, des informations qui impliquent beaucoup d’élus dans des affaires louches, des intercommunales profitables aux commissaires des comptes et aux administrateurs et cette tendance générale d’administrer le pays comme s’il était une société anonyme.
Cette impression trouve un large écho en Wallonie avec la borsufication très libérale d’une administration régionale au bord de la faillite.
Les décisions de justice se font trop longtemps attendre entre un fait divulguer dans les médias, comme l’affaire Chodiev-De Decker, la loterie exotique de Serge Kubla et les tribulations bruxelloises d’Yvan Mayeur et Pascale Peraïta dans l’affaire du Samusocial, sans parler des remugles aux senteurs d’égout sortant par les fenêtres de Publifin.
On met le public devant des faits graves… puis plus rien. La justice est saisie. La belle affaire, il faudra des années avant de clore les dossiers, s’ils ne sont pas complètement oubliés dans la poussière des caves où pourrissent les archives « délicates ».
Par contre, sortez sans payer d’un grand magasin pour voir ce qui va vous arriver ! L’effet immédiat d’un tout petit délit à côté des vols éhontés de plusieurs millions d’euros, fait regretter à tout le monde « un moment d’égarement ».
Cinquante personnes sur cent pensent que presque tous les politiques sont corrompus. La justice y prend sa part. Là c’est pire, plus personne ne croit en son impartialité. On ne sait plus ce qu’est la lutte des classes dans l’opinion, sauf pour la justice dans laquelle on y perçoit de la tendresse pour les voyous de haut niveau.
En Wallonie, l’affaire Cools, célèbre à la fin du siècle dernier, avait pourtant grandi la justice avec le courage et l’exemplarité de la juge Ancia dont la perspicacité avait permis de mettre en lumière des affaires annexes, dont celle de la SMAP et de certains milieux ondoyés de socialisme, façon PS.
Les éléments, les uns dans les autres, ont finalement eu raison des quelques éléments honnêtes de cette tragédie, pour emporter tout dans un vent mauvais qui s’est transformé en tempête de la première décade du siècle suivant.

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On aurait pourtant pu penser que les mesures prises lors des premiers scandales allaient avoir des effets bénéfiques sur l’ensemble de la classe politique et des affaires, généralement imbriquées. L’impression générale est négative. Tout juste croit-on que les mesures prises contre la corruption n’ont eu que pour seul résultat de découvrir plus d’affaires sordides qu’avant, dont un des sommets les plus honteux va au Samusocial.
La délinquance financière jadis cachée, éclate au grand jour. On supposait beaucoup d’élus vénaux. Maintenant, on est persuadé qu’il y en a plus encore.
Fait inquiétant le discours de la droite radicale, « tous pourris », semble être devenu aussi celui de la gauche écœurée par un PS devenu libéral.
Les journaux qui infantilisent les lecteurs comme « La Meuse » sont en partie responsables de ce phénomène de généralisation. Moins on s’intéresse à la politique, plus se renforce un sentiment de méfiance à l’égard des élus, plus on croit à la corruption des élites.
Alors que les gazettes cancanières ont comme intention première de défendre les élites et le système économique, c’est l’effet inverse qui se produit. Elles nourrissent un sentiment généralisé d’anarchisme inconscient, par des faits rapportés, outrancièrement tronqués.
Le manque d’éditorialistes de talent y est pour beaucoup. Le faux semblant de la neutralité y est pour le reste. Ne nous en plaignons pas. Peut-être sommes nous arrivés à un tournant. Porté un masque n’est plus de saison, surtout pour dire une morale à laquelle on ne croit plus soi-même. Le temps des Béatrice Delvaux s’achève.
Les médias sont à la recherche d’un nouveau saladier capable de mieux essorer les salades de demain.
Le pire pour eux, c’est que le peuple s’en fout déjà à l’avance. Il puise son scepticisme dans d’autres sources, toutes aussi polluées. Le combat d’une vraie droite contre une fausse gauche ne l’intéresse plus.
Vous avez dit démocratie ?

20 février 2018
Darmarin l’imposteur !

Une remarque vient à l’esprit lorsqu’on consulte l’ensemble de la presse belge. Aucun bouclage n’est possible sans l’apport de l’actualité française. Même la presse flamande est obligée d’y recourir.
Comment voulez-vous intéresser le lecteur par la polémique autour de Jambon « qui insulte » les autorités judiciaires », de ce blogueur pris de frénésie à propos de Dutroux qui brûle le livre d’un avocat sur une éventuelle remise en liberté de l’assassin pédophile ou de cette malheureuse qui décède après avoir mangé un tiramisu empoisonné ?
Et ces mêmes journaux traitent le public de faire du populisme son péché favori !
On peut continuer la lecture des titres « À Andenelle, Soupçons de maltraitances sur un bébé », peut-être un machin un peu plus économique et relevant de la stratégie d’un des maîtres du pognon belge : La Jupiler va-t-elle disparaître du marché?
Bref, en attendant 2019, Charles Michel fait l’araignée des sables, il s’enfonce dans le sol et devient invisible. Didier Reynders, après avoir livré son intention « d’arracher » le pouvoir à la rougeoyante Onkelinx à Bruxelles et ravir le sceptre des mains de Rudi Vervoort, lâche un bouteillon d’entre ses lèvres minces « Je gouvernerai avec la N-VA de Bruxelles, sans problème, si ce parti devenait incontournable », des fois que la carrière du « grand » homme devrait obligatoirement en passer par là, Didier prend des précautions.
Rayons socialiste, Di Rupo ne fait pas encore ses cartons. Le fait qu’il a un teint bilieux ces temps derniers ne préjuge pas qu’il est sur le départ. Cet homme attend vraiment que l’électeur lui botte le cul pour laisser à son successeur un fond de chaise pourri sur lequel il serait impossible de s’asseoir, sans un fessier assez vaste pour déborder et se rattraper aux montants. André Flahaut est le seul à posséder un aussi imposant postérieur.
L’affaire est à suivre, mais comme toutes les autres, elle entre dans la conjoncture qui pose un essentiel regard sur la France, pour sauver l’info belge.
Là, tout y est plus riche, plus fourni, quoique Macron 1er soit encore trop novice et trop aimé des Français, pour qu’il en soit beaucoup conté sur ses « éventuelles » erreurs de cap ! Heureusement que ses compatriotes s’évertuent à fournir de la matière aux journalistes belgicains. Les Hallyday sont bien partis pour durer. Wauquiez injurie tout le monde : les "conneries" de Pécresse, Juppé qui a "cramé la caisse"... Côté sexe, Hulot est à l’actu, mais en perte de vitesse, tandis que Darmarin est très en verve.

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Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin, a deux plaintes au compteur. C’est une référence. Le Soir et la Libre ont sauvé dix lignes en lecture promo et le reste après avoir montré ses pépètes, rien que sur Darmarin. Il bénéficie de l’effet Wauquiez qui l’assaisonne en le traitant de traître.
Ce sera ma conclusion : "Je vais vous dire quelque chose les yeux dans les yeux: je crois que dans le monde dans lequel nous vivons, il faut savoir se tenir droit et faire son travail. Moi je fais mon travail. Je n'ai jamais abusé d'aucune femme et je n'ai jamais abusé de mon pouvoir", a-t-il assuré sur RMC/BFMTV, reprenant l'expression de l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac qui avait assuré "les yeux dans les yeux" ne pas avoir de compte caché. »
Il lui reste encore une casserole pour "abus de faiblesse" à s’affranchir, déposée par une habitante de Tourcoing.
La première classée sans suite est quand même à débattre. Si la justice a fermé le dossier, ce n’est pas en examinant les faits, mais au vu de la personnalité de la plaignante. Vous pensez une « call girls » qui se fait payer pour monter et qui aurait été maltraitée et obligée à… On en est à l’Assommoir de Zola et la justice est toujours celle de l’affaire Dreyfus ! On ne savait pas qu’il fallait être d’une certaine catégorie sociale pour être crédible.
Reste le « droit dans les yeux » de Darmarin à la façon Cahuzac.
Tous les hommes le savent, celui qui est à un certain moment, tel le « coq imbécile perché dessus de la chanson de Brassens » ne saurait jurer qu’au moins une fois dans sa vie de petit mâle prétentieux, il n’a pas usé d’un rapport de force en sa faveur, qui va du désir fou et incontrôlé nerveusement, en passant par une certaine brutalité en pensant « Elles aiment ça », jusqu’au viol caractérisé, malgré les cris de la « victime » consentante parfois la seconde avant, réticente après, le faisant savoir par contraction musculaire et révoltée de la contrainte subie, sous le poids d’un paquet de quatre-vingts kilos.
Techniquement parlant, arrêter un TGV en marche ne se fait pas au millimètre.
Ce que Darmarin a dit au micro de RMC est psychologiquement et philosophiquement faux. Je me permets de le lui dire en face « les yeux dans les yeux » : monsieur Darmarin, vous êtes un imposteur ou alors, un sacré prétentieux aveuglé par une éducation bourgeoise

19 février 2018
Médée Le Pen

Un Blog à caractère politique, libre de parti, il doit en exister quelques-uns qui méritent la lecture. Ceux qui passent du sérieux à la rigolade ne sont pas légion. Qu’ils s’emballent sur une vraie info ou sur un fake-news, ils sont de bonne foi dans leur malignité. Ils ne seront pas cités en exemple dans les gazettes. Michel Henrion n’y verra pas un concurrent pour le podium. Mais, ce sont ceux que je préfère.
Ouvrir la réflexion sur des questions plutôt privées ne relevant pas de la politique est un autre exercice, plus délicat. Si ses faits élargissent la compréhension du citoyen et aident à saisir la connaissance de la démocratie, pourquoi pas ?
Richard III n’a rien à dire sur l’héritage de Johnny Hallyday. Pourtant quoi de plus intéressant que cette dispute entre proches pour un magot ? Ce genre touche à l’intime. Il serait indélicat d’en écrire, s’il ne rejoignait pas le conte universel dans nos rapports avec le fric.
Des clans qui réclament leur dû avec acharnement entrent bien dans les luttes de pouvoir, encore fallait-il, avant de parler de l’appropriation par héritage et droit de succession – là-dessus l’État n’est pas en reste – par choisir entre les deux clans, celui qui paraît défendre une juste cause. Or, y en a-t-il un ?
Ces clans se ressemblent et offrent aux regards des curieux, deux faces du capitalisme : le chien qui tient un os et le défend et l’autre qui tourne autour et veut s’en approprier.
Autre cas d’école : l’amalgame entre affaires privées et affaires publiques qu’illustre la Famille Le Pen.
Plus proche de la politique et éclairant l’éclatement d’une famille, les Le Pen se disputent la propriété du Front National, depuis plus de cinq ans.
On baigne dans le drame. C’est Phèdre, Britannicus, Le Cid, toutes les tragédies en même temps.
Les dernières déclarations de Jean-Marie Le Pen, le père de Marine, sont proprement effrayantes !
Le premier opposant à Marine Le Pen, ce n’est pas Mélenchon, c’est Jean-Marie !
Dans le Journal du Dimanche, changer le nom du Front national, comme le souhaite Marine, pour le père , c'est une trahison", "c'est inacceptable et suspect". Il abjure les adhérents du parti de rejeter la réforme des statuts, ainsi que le changement du nom du Front national.
À la fois exclu du parti et président d'honneur rétabli dans ses droits par décision de justice, ce n’est pas banal entre des gens si proches d’une même famille.
De sa fille, il estime qu'elle "ferait n'importe quoi" "pour quelques minutes d'existence médiatique", Jean-Marie Le Pen prétend qu'il a "existé avant elle" et "qu'elle existe grâce" à lui. "Elle ne pourra rompre ses liens avec moi qu'en se suicidant! C'est mon sang qui coule dans ses veines", affirme-t-il, interrogé sur la volonté de sa fille de rompre avec lui et de dédiaboliser le parti.
On touche à la tragédie. Le roi Lear, de Shakespeare, est à première vue, le drame qui colle le mieux à la saga Le Pen. Un roi de Grande-Bretagne, noble figure patriarcale, a une opinion erronée sur ses filles qui le conduit à sa perte et à la leur.
Pour la haine ressentie et exprimée, c’est Médée de Pierre Corneille !
« Médée » correspond au genre autoritaire de Marine Le Pen.
Sauf qu’au théâtre, Jason est l’époux de Médée, alors qu’en politique, Jean-Marie est le père. Qu’importe ! Est-ce si important, quand la haine est égale entre fiction et réalité ?

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La pièce de Corneille se situe à Corinthe. L'héroïne, la magicienne Médée, est répudiée par Jason après lui avoir donné deux enfants et condamnée à l'exil par Créon, roi de Corinthe. Ce dernier, père de Créuse consent au mariage de sa fille avec Jason. Folle de rage, Médée accomplit sa vengeance en brûlant Créuse à l'aide d'une robe enchantée, et en égorgeant ses propres enfants. Le dernier acte se termine par la fuite de Médée sur un char tiré par deux dragons et sur le suicide de Jason.
La passion politique est aussi intransigeante que celle de l'amour et celle de l’argent. Elle y est indissolublement liée, tantôt par l'un, tantôt par l'autre, ne serait-ce que par la générosité avec laquelle les « pères de la Nation » sont traités (amour), ce qui immanquablement, attise haine et convoitise (argent).
Quand on a des idées et que l’on goûte à la chance de pouvoir les exprimer et d’en être récompensé au point que cette « réussite » vous met à la tête d’un parti, ce n’est pas Louis Michel, Elio Di Rupo ou Didier Reynders qui diront le contraire, on atteint à un sommet de la réussite. L’ego en est tellement flatté qu’il ne s’en remettra pas. La consécration par l’argent vient ensuite. Elle fait passer l’altruisme des débuts, à une aisance satisfaite. On s’en croit légitimement l’attributaire par décision populaire. C’est bien le seul moment de respect que l’élu a envers le peuple !
C’est un acte fondateur. Voyez de quelle manière Louis Michel se croit « lésé » par la « modestie » de ses indemnités parlementaires. Une mue insidieuse transforme l’individu politique. On lui doit tout et lui ne doit rien aux autres. Il n’a soif que de respect et de gloire !
Dans ces sphères décisionnelles de la politique, on sombre moralement dans un raisonnement simpliste et terrible à la fois. « Personne ne m’aime, tout le monde m’envie. Si je me mets à aimer les autres, je suis fichu. ».
Il n’y avait que les liens du sang à placer au-dessus de tout. La famille Le Pen a fait un pas de plus. Elle s’en est affranchie !