21 juin 2018
Avoir la gauche au Culot !

Philippe Culot, juriste au cabinet du Ministre des Arts, des Lettres et de l’Audiovisuel de l’ineffable Richard Miller, veut sensibiliser en milieu scolaire des dangers de l’extrême gauche !
J’ai dû relire plusieurs fois l’information tant je la trouvais énorme.
Le nom de Richard Miller ayant été cité, cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille. Tout le monde connaît la fougue intarissable de Miller quand il s’agit de promouvoir le beau bleu profond du libéralisme du mouvement réformateur. C’est même à se demander vu l’enthousiasme du bonhomme, comme cela doit être une rude journée avec lui, sous les posters des Michel et de Reynders, à la lecture des graphiques et des statistiques montrant les aléas de la société belge, tous décrétés d’extrême gauche et propagandistes de l’odieux Raoul Hedebouw.
Il a trouvé en Philippe Culot une sorte d’âme sœur.
Après m’être remis de l’émotion de voir ces propagandistes du pire s’en prendre à l’école, je me suis demandé comment ces illustres vont intriguer pour que nos chères têtes blondes écoutent le bon message de droite, stipendiant le mauvais message de gauche !
Serait-il transmis par le personnel enseignant sous la forme d’un cours de droitisation de la conscience, insidieusement dissimulé dans l’Histoire, par exemple la fameuse citation « Liège, tu dois Notger au Christ et le reste à Notger » (Notgerum Christo, Notgero cetera debes) deviendrait « Notger filius dei fili, diaboli Hedebouw », la traduction serait mise de côté afin que l’enfant demande innocemment à la maîtresse d’école « Madame, qui c’est Hedebouw ? », ainsi l’enseignante aurait tout loisir de répondre à cette question, grâce à un petit fichier qu’elle aurait reçu au préalable de Philippe Culot.
On connaît les artistes du porté à droite !... l’avenir les inquiète depuis qu’il est incertain de voguer dans une économie vacillante et que son dieu américain est en passe de devenir un des dirigeants les plus haïs de la planète, vu son peu d’empathie pour le reste de l’humanité. Le dénommé Culot est chargé du suivi des matières relevant de la Communauté française (projets et propositions de décrets, arrêtés du gouvernement,…) et que, par conséquent, il peut fourrer son joli museau dans à peu près tous les dossiers d’éducation.
Ce n’est donc pas qu’un porte-flingue de la direction libérale chargé de pourrir la vie des gens de gauche par des fake-news dans une période préélectorale, c’est quelqu’un qui pourrait avoir une influence sur le caractère discriminatoire à l’étude des artistes et écrivains français, à la manière de Deborsu : les boules vertes pour le bon texte libéral et les rouges pour le honteux populisme de gauche.
La gauche a, malgré tout, une chance.
Culot est avocat, par conséquent c’est un Protée (1) qui n’a pas le temps de s’attarder sur une idée. Il en pond trois ou quatre par semaine, quitte à nourrir d’autres cervelles libérales. Miller ne manque pas de candidats avides d’idées. Il suffit de suivre Culot à la trace et de déchiffrer les papiers qu’il jette en boule dans la corbeille.
« L’éducation de la jeunesse », comme c’est intéressant dit Miller qui déchiffonne le papier recélant la dernière élucubration du Maître du barreau.
Ce Rouletabille à la va-vite plaît au libéralisme de pointe. Créature du mouvement et de la fuite en avant, actif en droit pénal, il a été élu conseiller communal à Seraing et conseiller provincial en octobre 2006. Il se dit lui-même attaché à porter plus particulièrement les dossiers de reconversion économique, de transformation de la Province de Liège vers une grande métropole, ou encore le dossier « mobilité », avec toutes les questions que comporte l’arrivée espérée du tram à Liège, ou l’utilisation de la voie fluviale.
On le voit, il a d’autres ambitions que celle de l’éducation.
C’est à croire qu’il se jette au lit tout habillé pour courir à l’aube satisfaire à ses nombreuses tâches et fonctions, sans perdre du temps à se vêtir au lever.
C’est peut-être pour cela que nos enfants finiront par échapper belle.
Dans un mois le tour de France passera à Liège, d’ici là Philippe Culot pourrait inventer le pédalier intelligent qui choisit lui-même ses vitesses ?

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Comme le nouveau sigisbée (2) de Miller le dit très bien « Toujours animé d’un libéralisme ancré dans les réalités sociales et profitable à chacun, je suis à votre disposition pour toute question ou intervention. »
Les réalités sociales le saluent bien.
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1. Selon Lucien de Samosate, Protée était danseur : habile dans la pantomime, il s'assimilait à tout et prenait toutes sortes de formes ; par la rapidité de ses mouvements, il imitait tout ce qu'il voulait.
2. On sait Miller féru de citation. Le sigisbée, amant de cœur et très souvent amant tout simplement, était couramment un jeune homme servant de compagnon attitré à une femme mariée. Le MR vivant résolument en 2018, les mœurs modernes ayant effacé la barrière du sexe, un sigisbée peut parfaitement servir de compagnon à un homme marié, en tout bien tout honneur, évidemment.

20 juin 2018
Grève perdue et foule irrésistible.

La grève des cheminots en France est un cas d’école.
Nous ferions bien de méditer sur un genre de conflit contre l’État, quand ce dernier reste sourd aux revendications.
Les données sont simples. Le gouvernement en France est majoritaire sans coalition. L’opinion est partagée entre le soutien aux grévistes et la mauvaise humeur quand on attend deux heures un train qui ne vient pas.
L’État peut perdre de l’argent dans une entreprise publique. Il préférerait ne pas en perdre, mais enfin, il ne saurait être question qu’il tombe en faillite. En somme c’est le contribuable qui fait fonctionner la pompe à fric, c’est-à-dire en partie les grévistes, qui versent à travers leurs impôts, une contribution financière à la durée du conflit !
Après des semaines d’affrontement et des concertations qui n’en sont pas vraiment avec les syndicats, Macron dit « c’est comme ça, c’est mon plan » et fait semblant de négocier ce qu’il sait non négociable. De l’autre côté, quand il n’y a que le gréviste qui fait vivre une famille, on se trouve bien coincé entre la défense de son gagne-pain et la nécessité de payer ses courses au supermarché.
On voit bien qu’un gouvernement hors-sol comme celui d’Édouard Philippe ne saurait être touché que par une revendication qui déborde sur les autres activités professionnelles, bref une grève générale, et pas seulement. Une grève d’une pareille ampleur ne peut se faire qu’avec la population. Pour cela encore faut-il que l’opinion publique entre dans le tourbillon et fasse descendre dans la rue une foule convaincue que l’injustice doit cesser.
Dans l’alternative d’une indifférence ponctuée de la mauvaise humeur ambiante, que fait-on ?
La réponse est souvent la conséquence des rapports entre la population et le gouvernement.
Le résultat en France tient en trois lignes dans les journaux.
« Les syndicats réformistes de la SNCF, CFDT et Unsa, ont rejeté mardi la proposition de la CGT de poursuivre la grève en juillet avant même l'intersyndicale qui doit en débattre dans la soirée, actant la fin du mouvement unitaire entamé le 3 avril. »
Faut-il poursuivre une lutte désormais vouée à l’échec et finir comme Che Guevara, dont le corps fut posé sur une table de paysan, entouré de soldats ou rentrer dans l’ombre et attendre des jours meilleurs ?
Parce qu’on en est là dans cette démocratie qui prend une sale tournure de dictature molle, avant qu’elle ne se renforce sous la pression d’un loustic convainquant.
Faut-il rappeler ce qu’est une situation propice, comme il faut agir au quart de tour et que ce n’est pas désarmer d’attendre son heure ?

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Il est bon d’avoir de la mémoire en certains cas.
On ne peut rien faire sans la solidarité d’une population même apolitique. Il faut tout simplement saisir l’occasion.
Le 21 décembre 1989, il y eut un instant propice qui régla la situation en une seule journée.
Ceausescu organisait ce jour là une grande manifestation de soutien à son Régime, au centre de Bucarest. On était en plein bouleversement en Union Soviétique et on ne pouvait plus compter sur elle pour rétablir l’ordre au cas où.
Ceausescu voulait montrer au reste du monde, combien « son » peuple lui était attaché.
Son équipe avait réuni 80.000 « fidèles ».
Le président se présenta au balcon d’un immeuble dominant la place, sous les vivats d’une foule apparemment enthousiaste.
Au début du discours dit d’une voix monotone « Je tiens à remercier les initiateurs et les organisateurs de ce grand événement à Bucarest… » soudain quelqu’un le hua quelque part dans la foule. Il s’arrête, il se tait et regarde autour de lui, effrayé.
Aussitôt un autre spectateur prend le relais, c’est une chaîne qui va crescendo. Les gens sifflent, hurlent leur colère, des centaines, puis des milliers d’autres font monter le brouhaha. Puis le public scande « Ti-mi-soa-ra » une ville quelques jours auparavant dans laquelle la Securitate a tiré dans la foule.
Tout cela télévisé, des images qui feront le tour du monde.
Hello, hello disait Ceausescu. Son épouse hurlait « taisez-vous, taisez-vous » à la foule déchaînée. Le reste se perdit en « Du calme camarades, du calme. »
Les 80.000 sur la place avaient senti qu’ils étaient beaucoup plus forts que le vieil histrion à la ridicule toque de fourrure.
Pourquoi ces événements sont-ils si rares ? On voit des milliers de gens empressés à faire la cour aux puissants, tout semble aller dans le sens des chefs et ceux-ci s’enhardissent. Ils veulent laisser leur nom dans l’histoire sur une réforme, entendre dix ans plus tard parler de la Loi Macron.
La foule applaudit, alors qu’elle pourrait bousculer les barrières, monter à la tribune et chasser les professionnels de la représentation, d’un claquement de doigts ! Car souvent ceux qui applaudissent le font par entraînement.
Dans ces moments où l’Europe est aux abois, que Trump enferme des enfants, que le système économique est détraqué, que la démocratie tourne à la mascarade, que la classe moyenne s’effondre et que l’ouvrier s’appauvrit, on ne sait jamais, après une grève qui finit mal, peut-être en y aura-t-il une autre sur les mêmes revendications et que quelqu’un dans la foule ricanera haut et fort au discours de Macron, bientôt suivi du cri de la multitude. Il faut que vous sachiez que le stock de lacrymogène, dans ce cas, ne pourra suffire.
La foule est irrésistible. Et elle ne le sait que très rarement.

19 juin 2018
Foot, poésie, loyer et vacuité.

C’est fait on est reparti pour une émotion collective, les drapeaux aux fenêtres, les caissières des supermarchés déguisées en diablesses, peu de monde dans les rues, une atmosphère recueillie dans les cafés, tout le monde se réserve pour ce soir.
L’artiste qui se produira sur scène ce soir prouvera une fois de plus que l’art ce n’est pas évident et qu’un spectacle sans public, pour quelqu’un le micro à la main, c’est comme s’il passait un permis de conduire pour la troisième fois.
Des voisins qui passaient pour sérieux (même à la fête nationale ils ne sortaient pas le drapeau) les voilà qui pendouillent les trois couleurs à leur fenêtre. J’ai même vu un drapeau brésilien. Sur le bouton de sonnette de la porte juste en-dessous, un nom : l’habitant s’appelle Franz Schumaker ! Il est vrai que le Brésil est un pays de contrastes.
Inutile de poser la question aux gens pour savoir où ils seront ce soir.
L’adoration de nos loustics à la cuisse élastique est à son comble. On les voit déjà sur le podium tombant dans les bras de Poutine et du roi Philippe réunis pour la circonstance, en paix des braves sportifs.
S’ils se font dégommer trop tôt, on reprendra une vie normale, sinon, on est parti pour de l’intérêt suprême et pas question de penser à autre chose.
Ça devrait donner des idées à des ambitieux en politique. Ils feraient un coup d’État, on ne s’apercevrait qu’à la mi-juillet, qu’on a changé de régime !
Voilà qui donne dans l’immédiat une indication sur l’intérêt de la chose publique. Les efforts perdus d’avance pour satisfaire au minimum syndical, à la démocratie, etc. Et la création artistique ? Les pires moments sont là. L’artiste qui doit honorer son contrat, ce soir dans un théâtre de cinquante places (il y en a à Liège) va passer de durs moments. Par contre, les trois spectateurs qui auront fait le déplacement pourront choisir de s’installer sur deux chaises là où ils veulent.
Autant jouer à bureau fermé, on pourrait même couper les ampoules et mettre la salle dans le noir complet par économie. Rester entre-soi sur scène à se demander une heure après le début de séance, si on ne va pas arrêter pour voir le dernier quart d’heure du onze national, fierté du monde, même la comédienne qui fait Antigone n’en a plus rien à foutre d’Anouilh !.
J’avais un sujet intéressant – de mon point de vue – pour le blog de ce soir.

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Déjà samedi, à la caserne Funk, à une réunion politique à laquelle tout le monde était convié, j’avais envie de parler d’un truc qui m’échappe. J’aime bien finalement Sophie Lecron du PTB, femme active animatrice socio-culturelle, enseignante, courageuse et engagée, fallait-il l’être pour être en tribune dans une salle noire comme un tombeau, devant quelques personnes éparses et diversement intéressées, à nous parler du logement à Liège.
Ma question portait justement sur ce qu’on appelle communément les charges locatives, sorte de loyer-bis pour l’entretien de l’immeuble, le remplacement des ampoules, le payement du staff de gérance et la constitution d’une cagnotte en principe servant à l’amélioration du bâtiment.
Le Conseil de gérance uniquement constitué des propriétaires gère les sommes versées par les locataires.
Pour les propriétaires logés dans leur propre appartement, c’est logique, ils font partie de droit du dit Conseil, mais pas les locataires. Circulez, y a rien à voir…
Les locataires versent de l’argent dans un fonds sans avoir le droit d'en connaître l’usage ! Fonds qui, je le rappelle, est en plus du loyer. Ainsi, ignorent-ils si les sommes réclamées sont correctes (ce dont les gérances profitent en se sucrant largement).
Dans certains buildings, les propriétaires sont minoritaires, voire inexistants. On pourrait imaginer qu’un seul propriétaire du building – le reste étant loué – pourrait faire le Conseil à lui tout seul et gérer à sa guise, les charges locatives ! Pourquoi pas une robinetterie en or massif dans sa salle de bain ?
Sophie, si tu n’es pas au foot et si tu me lis…
Pour le reste, j’avais pensé prendre quelques jours de congé en attendant que le foot passe ou mettre en ligne quelques poèmes que je commets depuis belle lurette et qui, d’habitude, n’intéresse personne à part moi.
La peur de joindre le ridicule à l’énervement d’un supporter à se taper mes longues bafouilles m’en ont dissuadé.
Vous l’avez échappé belle !

18 juin 2018
À propos de rien…

En réalité, le parler « vrai » de Macron à propos du pognon dingue distribué en vain pour sortir les pauvres de la pauvreté et répandu de façon aléatoire, sans discernement, voire inutilement, se retrouve dans la politique belge de Charles Michel sur le même raisonnement « les aides sociales doivent être mieux distribuées, les allocations de chômage doivent aller aux vrais chômeurs, ainsi que les autres redistributions de l’argent des Belges en pensions et indemnités de maladie ».
En gros, c’est le crédo de notre gouvernement, identique à celui d’à côté. Ils ne se connaissent pas bien, mais ils s’apprécient puisqu’ils ont la même politique à propos de rien… C’est fou comme ils sont méticuleux sur ce qu’ils maîtrisent parfaitement, surtout que c’est avec notre argent. L’argent des riches, c’est-à-dire les autres, là ils ne maîtrisent plus. On dirait que depuis que ce n’est plus le nôtre, que c’est devenu celui des riches, il leur échappe complètement. Michel y est donc d’une grande prudence. En vertu du ruissellement, Junior attend qu’il pleuve, pour mouiller tout le monde.
Cette façon libérale de voir les problèmes de société s’appuie sur la peur de déclassement des classes moyennes, surtout cristallisée dans la catégorie des petits commerçants en difficulté ou en instance de faire faillite. Fragilisée par un système qui les broie, cette classe moyenne ne comprend rien à ce qui lui arrive et tombe dans le panneau de l’extrémisme de droite, contre tout ce qui coûte de l’argent à l’État : l’immigration, le chômage, les allocations maladies, etc.
Au lieu de s’en prendre au basculement de l’économie vers une mondialisation dont ils ont tout à redouter et d’accuser ce gouvernement de travailler à leur malheur, ils pensent que la responsabilité en incombe à ceux qui en ont été les victimes bien avant eux !
Cette démarche renvoie à un rejet de "l'autre", accusé de tous les maux dont ils sont les vaches à lait. Par la propagande des libéraux et de la presse qui les identifient comme les piliers de notre économie, les classes moyennes de par leur proximité avec la population sont parvenues à infuser cette peur dans la clientèle, ce qui fait bien l’affaire de Charles Michel. Cette peur trouve ses racines dans notre crise identitaire, doublement redoutable, avec la peur des étranger et une sensibilité différente des Flamands. La croyance que c’est le chômeur qui fait la crise et non la crise qui fait le chômeur est tellement dans les esprits que le MR n’exclut pas de devenir le premier parti de Wallonie !
Cette manière de voir, à l’avantage pour la droite de se faire oublier, en qualité d’actionnaire principal responsable de l’état d’un pays dégradé par son économie sauvage. Elle a l'avantage d’envoyer la balle dans le camp adverse.
Avec l’approche purement gestionnaire de la N-VA de la dépense sociale, on ne parle plus que de ce qu’elle "nous" coûte. On laisse pour secondaire, ce qu’elle nous a évité de conflits de la misère, dont on regrette qu’ils n’aient pas lieu afin de pouvoir justifier les restrictions à coups de grenades lacrymogène, à seule fin de stigmatiser les violences, propices à l’amalgame avec l’arme absolue qui est la dénonciation des immigrés dans les syndicats.
Tous les discours de Charles Michel se font du point de vue du riche contribuable qui se sent dépouillé des « fruits de son travail » !

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Tout naturellement, de par l’abaissement de la pensée humaniste, le débat se focalise sur les méritants et ceux qui ne méritent pas des aides. On a compris que pour Charles Michel, rendre l'aide plus efficace consiste à en réduire financièrement l’accès à bon nombre. On fera les titres des journaux et on poursuivra avec toute la rigueur de la loi, le malheureux qui aura perçu « indûment » des sommes souvent dérisoires, mais qu’on mettra à récupérer avec l’acharnement que l’on n’a pas pour faire rendre gorge à Armand De Decker ou Serge Kubla.
Ceux qui s’insurgent dans l’opposition seront traités d’irresponsables qui jetteraient l’argent du contribuable par les fenêtres, s’ils étaient aux affaires.
Quant à l’accueil des immigrants, la N-VA aide dans les deux langues à bétonner une opinion hostile à l’ouverture aux détresses surtout venant de l’autre côté de la Méditerranée. Charles Michel lui emboîte le pas et se fait le propagandiste de De Wever avec la conviction que les voix qu’il fait gagner à De Wever et Francken sont flamandes, donc n’ont aucune incidence sur son électorat, plus nuancé.
Il est facile de faire passer les émigrants d'Afrique et du Moyen-Orient comme une nuée de sauterelles s'abattant sur un Eldorado, en les comparant à l’exode de millions d’Européens qui constituèrent les États-Unis au XIXme siècle, massacrant les Indiens. Nous serions pour la droite les nouveaux Indiens, encombrant leur nouveau monde.
Les conséquences de ce coup de com' s'avéreraient payantes pour Charles Michel, si la population ne résistait pas à cette définition avérée fausse et irresponsable.
Je n’ai cessé de l’écrire depuis des années, il faut absolument élaborer un plan général en contreproposition au système économique qui nous accable de ses monstrueuses inégalités et différences.
Ce plan n’existe pas. Il n’y a que des discours sur des solutions partielles.
Or, un plan global pourrait voir le jour avec un coordinateur jouissant dans les partis de gauche d’une réputation de clairvoyance et d’intégrité. Il coordonnerait le fruit de la pensée de quelques économistes de renom, effrayés de ce qu’ils voient et stupéfaits que les économistes officiels ne voient pas la même chose qu’eux !