9 février 2010
Escarmouche
Le PP « populaire-Personenpartij » est bel et bien parti à la conquête des voix principalement libérales et accessoirement « cédéhaches ». On a eu un petit échantillon de ce dont était capable ce parti dans la brève confrontation entre l'avocat d'affaires Mischael Modrikamen, co-président de la chose, et Christine Defraigne « la cadette des soucis » de Didier Reynders : plus question de payer les gens à ne rien faire, pension à prendre le plus tard possible, tolérance zéro, etc. bref, un manifeste d’une droite pure et dure, avec un programme propre à rassembler les imbéciles et les carnassiers de ce royaume.
Le compère de l’avocat, l'ex-fondateur de LiDé, Rudy Aernoudt, avait été approché par Didjé pour intégrer le MR et que je sache, les propos du co-président du PP étaient tout à fait orthodoxes à la pensée du principicule, au moment des amours.
Aernoudt fait indiscutablement pensé au retournement de veste d’Eric Besson, l’animateur de la campagne de Ségolène Royal, qui change de camp et se donne à Sarkozy entre les deux tours des élections en France, pour devenir ministre de l’intégration, évidemment pour être intégré, l’Eric se pose un peu là. Aernoudt se voit en plus rustique, en moins brillant, sur la manière de dire tout et son contraire, dans l’espace d’une journée.
L’avenir du PP n’est pas assuré. Ce n’est que parce qu’elle a soif de paraître afin qu’on ne l’oublie pas, que Christine Defraigne a donné ce dimanche la réplique à l’avocat.
Avocate elle-même, on se serait cru en correctionnelle, effets de gloses entre partie civile et accusé.
Reste que même insignifiant, le PP peut faire perdre quelques dixièmes de point au sémillant ministre des finances qui se verrait à nouveau contrarier dans sa résistible ascension par son ami de 30 ans, Louis Michel.
Est-ce que Christine Defraigne l’a fait exprès, ou bien était-il trop difficile, voire impossible, d’avoir un débat d’une bonne tenue avec Modrikamen ? En répondant du tac au tac au cher maître, elle a eu le tort de se mettre au niveau de son confrère. Aux diatribes de l’un ont répondu les diatribes de l’autre, à défaut d’argument...
Bien sûr le PP ne sert qu’à brouiller les pistes, puisqu’il n’est ni novateur, ni en-dehors de la droite classique, exactement comme Maingain se présente en Wallonie. Qu’est-ce que ça apporte comme idées nouvelles ces péripéties dans la mouvance libérale ? Rien, sinon que les autres partis peuvent à l’aise se moquer du MR qui semble à la dérive.
Il s’en était fallu de peu, il y a quelques mois, que Christine Defraigne ne fasse aussi son petit parti bien dissident, bien laïc et féministe, pour que sa gouttelette fasse déborder la coupe. Le thème de l’union sacrée, tapis de soie déroulé par les Michel a été heureusement posé à la dernière minute.
Le populaire-Personenpartij, à y regarder de près, est l’avatar du MR et si la situation se dégradait, s’il fallait sauver une nouvelle fois le système, nul doute que le MR passerait par les mesures préconisées par le PP, idem du parti socialiste, du reste, ce qui laisse penser que le PP tout fantoche et populiste – dans le mauvais sens du terme – qu’il apparaisse, pourrait détenir dans son programme biscornu et bâclé les germes des programmes des partis de pouvoir dès les élections terminées.
Vu de cette manière, le débat qui opposait les deux mirliflores de la droite, n’était pas drôle du tout. Toutes griffes dehors, la liégeoise ne défendait le bilan du MR que parce qu’il est le seul qu’elle puisse présenter et où elle est impliquée dans le même wagon avec Monfils et les autres..
Me Modrikamen n’a rien à perdre, comme son compère Aernoudt. Par contre, en face, la perspective de se relancer dans un cabinet d’avocats quand on a goûté aux charmes des fonctions électives et des à-côtés, c’est tout différent.
Ça se voyait un peu trop, dimanche, sur le visage parfois anxieux de la charmante.
Didjé joue gros. Si les voix de préférence n’étaient plus à la hauteur du personnage qu’il incarne, pire si ses détracteurs venaient à pâtir du PP, ils oublieraient vite que ce sont eux qui n’on pas accepté la candidature d’Aernoudt, quand il roucoulait sur la même branche que Didjé.
Pour l’anecdote, le PP se compose en tout et pour tout des deux larrons cités ici, plus ces dames et quelques obligés. Pour se faire des muscles dans l’ambiance actuelle, nul doute qu’ils devront rajouter des louches de populisme pour désigner les coupables du désastre national, qu’ils choisiront selon la stratégie classique. Intéressant sera aussi de connaître la liste de leurs sponsors.
8 février 2010
Pleins aux as.
Pourquoi y a-t-il toujours un bon pourcentage d’électeurs qui se décident pour la gauche ou pour la droite dans des proportions relativement stable, dans une fourchette assez proche de 50/50, alors que la droite n’a en réalité que 10 à 15 % de potentialité de voix par rapport aux intérêts réels de voter pour elle ?
L’appoint décisif viendrait donc de gens en situation inadaptée à un vote conservateur telles les catégories défavorisées, les salariés de base, les personnes âgées, les chômeurs, etc.
Il y a bien à cela de bonnes raisons de jouer contre son camp.
Si l’on en déduit l’inattention, l’absence de raisonnement, l’influence médiatique et l’attirance du riche par la fascination pour ce qui brille, il reste un sacré gros paquet de mondes qui n’a aucun intérêt à voter pour la droite et qui cependant le fait par conviction !
Nos sociétés, quoique fortement remises en question, ont adopté les critères du consumérisme et de la profusion comme valeurs depuis plus d’un demi siècle. Ces supposées valeurs se maintiennent assez curieusement malgré la crise et le nombre de plus en plus élevé de gens, qui tout en étant exclus de la société d’abondance, y croient toujours fermement.
On peut vérifier cet engouement quasiment général par l’attraction que notre mode de vie exerce sur les pays émergents, la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. Dès que ces pays virent leur niveau de vie s’élever, ils envisagèrent le « progrès » comme un accès massif à la consommation. Il ne faut voir que la conséquence de ce phénomène dans l’engouement de ces pays pour des produits comme Coca-Cola, des services comme les Quick shop et autres commerces de proximité, symbolisant le mode de vie occidental.
On entretient parmi les pauvres d’Europe l’illusion que tout le monde peut s’enrichir et que ceux qui ne le font pas sont des losers. Les tentatives de sortir de la masse, qui finissent devant les tribunaux de commerce ou les juridictions correctionnelles, l’ont été parce que leurs auteurs étaient des has been, s’il faut croire ceux qui cherchent à se dissimuler derrière l’opinion publique.
S’enrichir sous-tend aussi l’adoption des idées et du mode de vie des « réussites sociales », sans vérifier si les « modèles » le sont autant qu’ils le paraissent. Cela signifie la fin tragique de ce qui était la meilleure opposition à la classe possédante : le souci du collectif, le syndicat, les assemblées revendicatives des maisons du peuple, tout cela disparaît évidemment comme faisant partie du passé.
Payer de sa personne, contribuer à aider son prochain, comprendre la nécessité de veiller à la sauvegarde des malades et des sans travail par les taxes et les retenues sur revenus, toutes ces choses enfin qui justifient une organisation, deviennent autant de freins à l’enrichissement, donc inacceptables.
Quand on se rêve dans l’abondance et le confort, celui qui parle de solidarité est un rabat-joie, un intrus qu’il faut éliminer au même titre qu’un membre d’Al-Qaida.
Les partis de pouvoir l’ont compris. Ils se reconnaissent dans les citoyens attirés par l’égoïsme si bien vendu au peuple et complètement intégré par lui.
C’est sans doute la principale raison qui conduit tant d’opposants à s’éloigner des partis de pouvoir.
Une certaine droite, celle de la vie austère et de la foi chrétienne, dont la population de la guerre 40-45 se souvient, puisque cette droite n’hésita pas à rallier le nazisme pour lutter contre l’athéisme stalinien, s’est diluée dans la consommation de luxe et la frivolité. Le plus bel exemple de cette droite volage, n’est-il pas incarné par Silvio Berlusconi ?
Entré dans la voie du délitement, la prospérité s’achève en farce. La société de consommation, la vie facile dans la croyance en une croissance indéfinie jettent leurs derniers feux dans les paillettes et la communication télévisuelle. Alors qu’il y a toujours du monde sur les plateaux et que tout semble vouloir rester en place, le décor change et les joyeux fêtards ne le voient pas, comme ils n’ont pas vu le quart du pays s’enfoncer dans la misère.
Ce qui reste de bonne conscience s’est réfugiée dans les organisations humanitaires, ainsi on pourra regarder les images venues de Haïti sans développer une mauvaise conscience.
La gauche n’est plus capable de tenir un discours sur la pauvreté.
C’est sans rougir de honte que la RTBF et RTL ont tenu leurs assises du dimanche sur le sentiment d’insécurité et le marketing, cher à la droite, de la tolérance zéro.
Personne n’a subodorer que cette tolérance zéro va s’étendre à tous les domaines et que bientôt les pauvres eux-mêmes ne seront plus tolérés.
Il est à craindre que les illusions perdues, la gauche et la droite au pouvoir se verraient bien dans la mission de chercher les raisons du déclin dans ceux qui ne « veulent pas travailler », les accusant d’être à l’origine de la fin du consumérisme.
7 février 2010
La tragédie européenne !
Tout ce qui procède du domaine de la supposition est aléatoire.
Être économiste et publier ses analyses revient à faire part au public de ses états d’âme.
C’est pourquoi le métier de prédire l’avenir de l’économie n’est pas facile à exercer.
On sent bien dans tous ceux qui en font profession et qui en plus l’écrivent dans les journaux, que la plupart sont convaincus de la pérennité du système en cours, d’autant qu’ils sont payés pour nous le faire savoir.
C’est plus facile et moins déshonorant d’être d’accord avec ceux qui vous paient de parler du beau temps, plutôt que de la pluie.
Ainsi, de Pierre-Henry Thomas (Le Soir du 6 février), je ne mets pas en doute la sincérité qui est la sienne dans le texte qui suit
« Les secousses financières actuelles ne sont qu'une réplique du séisme qui a frappé le monde à l'automne 2008. Il ne faut pas s'y tromper : si les Bourses chutent, si les taux d'intérêt des obligations d'Etat s'envolent, si l'euro baisse… si les marchés sont sens dessus dessous, ce n'est pas en premier lieu à cause de la Grèce. »
Ce qui ne m’empêche nullement de penser que c’est la plus grosse bêtise que j’ai lue de longtemps dans ce domaine, non pas que la Grèce y soit pour quelque chose, mais dans l’appréciation de la fin de la crise dont les remous actuels ne seraient que la réplique !...
Ce que nous vivons en 2010, n’est pas évidemment une réplique de la crise de 2008, mais la continuation de celle-ci qui ne s’est jamais arrêtée et qui poursuit ses ravages. Le répit que nous avons connu était artificiel et n’était en réalité que la reprise des bourses, c’est-à-dire de la spéculation, le seul indice qui peut valoir quelque chose aux yeux des financiers, que s’empressent de relayer des gens comme Thomas.
La suite de son article contredit, du reste, le début « Que voit-on en effet ? Les mauvaises prises de risques sont toujours autant encouragées par un système de rémunération toujours pervers. Les aberrations sont toujours présentes (est-il normal que le marché considère aujourd'hui qu'il y a plus de risque dans les obligations d'Etat que dans celles des entreprises ?). La spéculation n'est pas jugulée (lorsque UBS dit que la Belgique pourrait être la Grèce de demain, est-ce dénué d'arrière-pensée sonnante et trébuchante ?). Le système bancaire de l'ombre (fonds spéculatifs et autres) que l'on s'était pourtant promis d'éradiquer, s'en donne à cœur joie. Le marché des produits dérivés, et plus spécialement des dérivés de crédit, n'est toujours pas dompté. Et les agences de notation prennent toujours des décisions perturbatrices. Bref, le système reprend ses mauvaises habitudes. Il faudrait bien un jour qu'on se décide à les lui faire perdre. »
C’est déjà beaucoup mieux, sauf que le système ne reprend pas ses mauvaises habitudes puisqu’il ne les a jamais perdues !
Dans l’état malheureux où nous a précipité un système au bout de sa logique et dont il faudrait se séparer sous peine d’une dévastation générale des économies dont personne n’a idée, pourquoi les Européens sont-ils plus fragilisés que l’Amérique et surtout pourquoi seront-ils les premiers à tomber du château de cartes capitaliste, bien avant les Américains ?
C’est tout le paradoxe d’une Europe en panne, qui regorge de fonctionnaires à ne plus savoir en faire, dont quelques postes prestigieux nouveaux qui, en réalité, sont des machines inutiles.
L’Europe refait en Haïti le coup du Kosovo, elle donne beaucoup, sans pour autant être réellement présente et prendre des initiatives. Elle laisse l’impression d’avancer en ordre dispersé sur les grandes causes humanitaires, comme elle donne l’impression de vacuité par son absence dans les graves décisions économiques qui devront être prises par ses Etats membres.
Elle progresse depuis Lisbonne d’un échec majeur à un autre…
Les chefs d’Etat comme Angela Merkel et surtout Nicolas Sarkozy devaient être les moteurs de l’Union européenne. Ils en sont en réalité les fossoyeurs.
Il n’est plus question de lutte de prestige entre Etats membres, mais d’être unis pour faire face aux bouleversement qui s’opèrent devant nos yeux, hors de notre capacité d’intervention.
D’échec en échec, de Tokyo à Copenhague et maintenant à Davos, l’Europe promène son désir de bien faire, mais ne propose rien après les discours à l’arraché de ses ténors.
Et ce n’est pas en se disculpant en montrant la Pologne du doigt, qu’on se satisfera à l’avenir des raisons à ne rien faire.
Je n’ai jamais été un partisan convaincu de l’Europe, les pays qui la composent sont bien trop vieux et trop profondément inscrits dans leurs égoïsmes et leur aptitude à rabâcher un passé qui les a jetés au cours des siècle les uns contre les autres, pour jouer aujourd’hui les fanatiques de l’Europe. Mais si je ne l’ai jamais été, c’était parce que l’Europe nourrissait et nourrit toujours des projets du plus pur capitalisme qui soit et qui se voudraient à présent mondialistes. Or, ce libéralisme aveugle est absolument dépassé et ce n’est pas moi qui le dit, mais Barak Obama et son administration démocrate.
Alors, puisque « le bazar » existe, face au désordre mondial, ce n’est plus le moment de « baraguouiner », alors qu’on s’attaque à l’euro et que déjà des économistes pensent que la monnaie unique pourrait voler en éclats.
Les Américains ont envoyé 16.000 hommes en Haïti en un temps record. Nous aurions dû en envoyer autant et le faire savoir. La Chine est pour l’heure en train de prendre tous les marchés en Afrique et est présente à tous les échelons, notamment à Kinshasa puisqu’elle en est à refaire les routes, nous devrions multiplier notre présence sur ce continent et faire aussi bien qu’elle, bref, nous devrions ressortir quelques grandes règles d’une économie pour et par le peuple et nous les appliquer sans les proposer aux autres.
Nous devrions renvoyer à leurs chères études tous les partis libéraux et leurs alliés socialistes qui nous ont conduits à la banqueroute et faire du neuf puisqu’il y a une volonté des citoyens de changer la politique.
Bon… bon,.. au fait, pourquoi notre nouveau ministre des affaires étrangères, la Britannique Catherine Ashton ne s’est-elle pas précipitée en Haïti ? Réponse ; parce qu’elle n’avait aucun moyen, ni aucun pouvoir d’agir au nom de l’Europe.
6 février 2010
Davos nulle part…
…et partout en filigrane.
Rarement, on aura lu aussi peu de commentaires dans la presse belge sur Davos, le grand rendez-vous annuel de l’économie mondiale.
C’est bien joué de la part des gens de pouvoir. Ainsi, en ne parlant pas de l’événement, on l’escamote des esprits.
C’est pourtant dans cette petite ville friquée de la Suisse que les chefs d’Etat et les économistes du top se sont rencontrés et ils n’y ont pas parlé de sujets frivoles. Les discussions ont porté sur l’avenir de la société globale. Apparemment, cela intéresse moins qu’une défaite du Standard ou le retour de Justine Hennin.
Marianne pouvait titrer au lendemain de Davos «Le mur d’argent n’est pas tombé ».
Certes, Davos n’avait pas force de loi et il ne serait pas tombé de toute manière sur les pistes de ski de cette station chic de sports d’hiver.
On comprend les raisons de ce silence, à l’exception des journaux financiers qui ne sont lus que par des spécialistes, le mot d’ordre était au black-out ! On sait pourquoi on bande les yeux des condamnés au peloton d’exécution, c’est pour ne pas voir la mort arriver, pardi !
On n’ose imaginer la suite, si les foules, amusées par des nouvelles les plus futiles, s’essayaient à comprendre le drame qui se joue !
L’Europe minimise la grogne qui s’est installée chez les Américains à propos des mesures insuffisantes proposées par Obama à l’encontre des banquiers trop désinvoltes, ainsi que la hargne de certains républicains sponsorisés par les milieux d’affaire qui les trouvent excessives !
L’ambiance était toute en demi teinte à Davos, selon que l’on parût de l’un ou l’autre camp, avec des chiffres effarants comme les 94 milliards d’euros de bonus qui seront versés aux traders et cadres des grands établissements bancaires cotés à Wall Street, à la tête desquels la banque d’affaire Goldmann Sachs fit un pied de nez au président.
Le public français, s’y serait indigné au discours de Sarkozy, tout imprégné du désir de faire table rase d’un système à bout de souffle, par rapport à la réalité et à son tragique parti-pris de n’en rien faire !
Le lecteur enfin informé aurait senti la menace, la première dans l’histoire économique, que font peser sur l’Europe-Amérique la production des économies émergentes des pays du BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine, avec un modèle économique occidental discrédité et la situation de grande faiblesse d’après-crise. De ces économies émergentes, émane le souhait d’accélérer la libéralisation du commerce et la régulation financière, tant prônées par nos banquiers avant la crise et dont l’ultralibéralisme se retourne contre ses inventeurs, c’est-à-dire nous.
Le pouvoir d’achat des citoyens de ces pays augmente – on serait bien mal placé pour s’en indigner. Ils sont de plus en plus nombreux à se payer des choses qu’ils ne pouvaient s’offrir, il y a seulement deux ans. Mais comme le fait remarquer Hans-Paul Bürkner le Pdg de Boston Consulting Group, ils sont des milliards de pauvres qui espèrent et qui sont prêts à travailler dur pour avoir une existence décente. Or, l’économie capitaliste n’a pas été conçue pour la consommation de masse à l’échelle mondiale. Elle n’était possible qu’à partir du moment où un milliard d’hommes pouvaient « vivre mieux » au détriment des cinq à six milliards restant.
Si aider ceux qui luttent au sud pour consommer, favorise la reprise des économies occidentales, à plus long terme, cela signifie l’épuisement des ressources plus rapidement que les estimations actuelles et une aggravation des pollutions produites par l’industrie humaine.
La redistribution des rôles au plan international est vraiment une des grandes inconnues de l’avenir. Pour en avoir une petite idée, l’année dernière, il y a eu15 points d‘écart de croissance entre la Chine (plus 10%) et l’Allemagne (moins 5%) !
Si ces chiffres ne veulent rien dire à nos populations, par contre ils ont un rapport évident avec nos 500.000 chômeurs et on comprend mieux nos gouvernements qui renforcent en toute hâte nos polices sous prétexte d’une recrudescence du banditisme, alors qu’il s’agit véritablement pour l’Etat de parer à une future guerre civile, possible, puisque tous les éléments d’un heurt entre population et forces de l’ordre seront réunis dans un avenir pas si lointain.
On voit ici tout l’intérêt de nos « élites » de poursuivre leurs efforts à désinformer la rue.
Plus jeunes, meilleurs et plus rapides, sans état d’âme, ayant mis la morale à cuire dans leur pot-au-feu, les pays émergents se fichent des anciennes hiérarchies de l’argent. Pour eux, le forum de Davos a été l’occasion de montrer les puissances montantes.
Ils nous pressent à réfléchir globalement à l’avenir de la planète. Mais, ce sera très difficile de leur faire comprendre que l’avenir est dans la moindre consommation. Dans ces pays là, les écolos ont peu de chance de se faire des alliés.
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