27 avril 2017
Putain !... Encore Stéphane Moreau.

Les dirigeants du PS liégeois tombent dans leur propre piège, à cause d’une mécanique qu’ils ne peuvent plus arrêter.
Ils ont bien ri à la machination de la commune d’Ans de déboulonner Michel Daerden, en son temps, grâce à un jeune Pygmalion qui avait l’entregent d’un vendeur au porte à porte. À l’époque, ils ne se sont pas trop méfiés de Stéphane Moreau. Celui-ci avait les manières du bon vivant, d’apparence facile à gruger et fleurant bon l’idéal des imbéciles qui croient encore à la démocratie et au peuple souverain, comme les aiment les dirigeants du PS.
Stéphane Moreau était tout ça au début quand, sans un rond mais les dents longues, sympathique et pas manchette pour la blague à deux balles, il faisait joyeux porteur de serviette dont on ferait plus tard un sous-directeur d’une planque socialisante.
Personne n’avait perçu sous les apparences du livreur de pizzas, un Rastignac bien décidé à se servir sans avoir besoin longtemps de demander l’autorisation. Il s’est mis à gamberger sur la manière dont les aînés menaient grand train et méprisaient entre eux les « petites » gens, qui venaient demander un logement ou un emploi pour le fils chômeur.
Il a étudié leur fonds de commerce, comme un Ducarme au MR, mais la perspicacité en plus.
On ne se méfiera jamais assez des imbéciles qui ont le sens du théâtre.
Qu’on ne vienne pas me dire que les caciques de la place Sainte-Véronique, copains comme cochons de la loge de la rue Fabry, sont des esprits avisés pour avoir mis Stéphane Moreau le pied à l’étrier !
En démissionnant mardi du parti socialiste, Stéphane Moreau a démontré qu’il avait encore quelques bons amis à la Fédération liégeoise du PS, puisque celle-ci allait justement le rayer du parti ! Il a pris tout le monde de vitesse et ce n’est pas fini.
Cette démission ne lui fait pas perdre le maïorat de la commune d’Ans où il siégera comme indépendant. Il n’abandonnera que des mandats dérivés de conseiller communal à savoir celui d'administrateur au sein de la société de logement. Une faible indemnité en somme, si l’on tient compte du million d’euros qu’il se fait sur l’année.
Par contre, il va drôlement faire transpirer ses anciens amis de la Fédération !
Que va-t-il faire? C’est devenu un électron libre. À la commune, il est toujours remplacé par Thomas Cialone, faisant fonction, mais le Stéphane, ce n’est pas le gentil qu’on a cru.
Au niveau régional les partis Écolo et CDH estiment déjà que démissionner Moreau du PS n’enlève rien de la recherche de la vérité dans l’affaire NETHYS pour laquelle la Commission ad hoc s’évertue à démonter les arnaques.

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Tous les partis sont plus ou moins éclaboussés par Publifin et ses implications dans des intercommunales, ainsi que dans des sociétés privées, même ceux qui crient et dénoncent les « crimes », pas sûrs de n’être impliqué nulle part dans un réseau à surprises.
Tout le monde a finalement intérêt à ce qu’on enterre le scandale NETHYS et que disparaisse dans les coulisses de la démocratie à la Belge, le cadavre exquis de Stéphane Moreau. Le tombeur de Michel Daerden, celui qui « déshonorait » la fonction, s’est, en définitive, plus que servi au double, voire au triple, de ce que la « victime » fourrait dans son bas de laine en mandats et diverses sucreries.
On assiste à un double scandale, en quelque sorte, un mandataire politique, Stéphane Moreau, mouillé dans des imbrications financières avec diverses société privées, grâce aux opportunités d’un parti distribuant les fonctions rémunérées et qu’on ne peut déboulonner de certains emplois, sans tomber dans la procédure de droit privé, d’une part et, d’autre part, une Commission chargée de l’enquête Publifin-NETHYS dont tous les membres ont eu des relations directes ou indirectes par leur parti, avec ceux dont ils doivent estimer la responsabilité dans ce désastre.
Stéphane Moreau en victime expiatoire, le type se rebiffe et il a des arguments.
Les distingués membres de la Commission ne sont tout de même pas là pour instruire leur propre procès.
Ces messieurs-dames finiront par trouver le moyen de passer à autre chose et faire oublier aux laborieux l’art qu’ils ont de trouver du pognon sur le dos des consommateurs.
Mauvais en tout, il n’y a qu’une chose sur laquelle ils sont imbattables : anesthésier les électeurs et étouffer les affaires gênantes, par constriction, comme le boa.
Ne vous en faites pas pour Moreau, protégez plutôt vos abattis. Ça va saigner terrible… dans vos portefeuilles. Ils trouveront bien d’autres trucs pour les vider en accéléré.

26 avril 2017
Ducarme puriste en démocratie.

Denis Ducarme serait-il devenu subitement fou ?
Le voilà en train de sommer le PTB de dire partout qu’il faut absolument que les électeurs français votent Macron au deuxième tour de l’élection présidentielle, et surtout pas pour la virago de comptoir : Marine Le Pen !
Comme si à gauche on était obligé de choisir entre deux chefs étoilés pour être accommodé à deux sauces concurrentes.
Mais le PTB a mille fois raison d’oser dire après Les Insoumis, Lutte Ouvrière et le NPA de Poutou, que ce choix, il n’a pas à le faire, du reste ses militants ne sont pas Français.
Mélenchon lui-même est harcelé et critiqué sur cette question qui concerne deux droites et non la gauche.
Une seule explication, Ducarme est la victime d’un amour refoulé pour une blonde quadragénaire, comme lui héritière, qui a repris le flambeau des mains de Jean-Marie et qui ignore notre grand homme d’État !
Sa frustration est d’autant plus vive qu’il n’ose pas au MR dévoilé sa vraie nature et que, pour ratisser large, il faut faire semblant d’aimer le monde du travail à l’approche du Premier Mai.
Je comprends qu’un autre parti de droite, encore un peu plus typé et plus populiste que le MR inquiète Denis Ducarme, d’autant que ce qui se passe en France finit par atterrir en Belgique ; mais qu’est-ce que les travailleurs ont à voir avec les querelles de deux cousins germains ? (mauvais jeu de mots)
Le Front National n’a pas vocation à l’émancipation des travailleurs, c’est entendu, mais Macron non plus. Quant aux LR, tant mieux si Fillon va consacrer tout son temps à consoler Pénélope dans son manoir, mais les survivants à la défaite de son candidat ne sont pas autre chose que des partisans d’un libertarisme proche de Macron et de Marine Le Pen, si on met de côté son nationalisme.
Cette subtile distinction du « plafond de verre » que Le Front ne peut pas briser, il en est un aussi en Belgique qu’on dénomme cordon sanitaire et qui part du même principe. Cela n’a pas empêché l’existence de passerelles entre la N-VA et le Vlaams Belang. On ne doit la compatibilité de la N-VA avec les autres partis de la coalition baptisés « démocratiques » qu’à l’arithmétique de Charles Michel pour former un gouvernement belgo-flamand. C’est donc bien le MR qui a choisi un parti touchant au cordon sanitaire pour éliminer le PS et le CDH de ce gouvernement !
D’après l’interview de Ducarme, celui-ci souhaiterait étendre ce cordon à l’extrême gauche. Drôle de conception d’une démocratie réduite aux seuls partis du centre et qui s’en irait puiser au fur et à mesure de leurs besoins, parmi les partis pestiférés, celui qui lui serait utile pour faire une majorité!

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Alors, en donneur de leçon, Monsieur Ducarme n’est pas la personne la plus qualifiée.
La gauche, qu’on ignore superbement le reste du temps, ne peut pas accourir dès qu’on la siffle pour voler au secours d’une Europe en mauvaise posture, menacée de disparition par des nationalistes exacerbés, même si leur idée de la Nation ressemble comme deux gouttes d’eau à une forme de racisme.
Ducarme n’est-il pas lui-même dans la défense d’un gouvernement dont certains ministres ont une vision semblable à celle du Front National ?
On comprend qu’il en soit troublé, mais qu’il veuille que les autres portent avec lui le trouble de sa conscience, il pousse le bouchon un peu loin !

25 avril 2017
L’agonie du PS.

On passe sur le désastre de la droite, celle qui devait gagner avec n’importe quel candidat… sauf François Fillon, resté dans le stand sous la photo de Jacky Ickx, son bolide conduite à droite moteur ronflant, refusant de prendre le départ de l’écurie LR. Les affaires au train... Fillon bluffant jusqu’à la dernière minute, il n’y avait vraiment plus que Raffarin pour y croire !
Pas qu’à droite qu’on peut chercher des totos sur la tête du candidat…
La gauche aussi !... Les 6 % de Hamon ont manqué à Mélenchon pour passer en tête du premier tour, faisant au deuxième un match inédit entre lui et Macron, éliminant Marine Le Pen !
Le seul vraiment intéressant, puisqu’il aurait mis en présence deux visions différentes de la société. Celle de Macron, classique d’une droite « progressiste » mais dans le schéma d’une société globalement la même que celle qui a montré ses limites et une société radicalement différente, celle de Mélenchon, avec un retour du socialisme autogestionnaire et responsable.
Quelle occasion ratée ! Au concours Lépine de la bêtise avec la droite, un sacré duo de crétin, LR et PS même combat..
La gauche était majoritaire, tout en envoyant Hollande, Valls et l’ensemble des tenants de la social-démocratie libérale à en prendre pour dix ans au centre, concurrencé par Bayrou et Macron !
On les voyait bien causer de la pluie et du beau temps aux culs des vaches avec des cultivateurs madrés, acquiesçant tant et plus à Valls, mais votant Front National quand même.
C'était à portée de main pour le reste du prolétariat, un Mélenchon au top pour la vraie gauche, un peu moins d’ego et de frustration chez Hamon et c’était plié ! À croire que la grande tirade de Hamon sur l’amour du peuple, c’était du théâtre.
Avec Mélenchon, on aurait rêvé redistribuer les richesses, augmenté les minimas sociaux, les salaires et les retraites, et repris aux dividendes ce que le système vole tous les ans aux pauvres. Une fois installé, la vraie gauche débarrassée des imposteurs socialistes aurait abrogé la loi El Khomri, réduit la durée du travail, contrôlé les licenciements, introduit une réforme bancaire et fiscale, réclamé une autre Europe, fermé le clapet des bobos parisiens, etc...
Un impossible songe creux, selon le patronat et Macron, une réalité comme sont toutes les utopies qui s’accomplissent, disent Les Insoumis.

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Il y aurait eu des mouvements dans les banques, amplifiés par les cris de frayeur des journalistes tous passés ou presque du côté du manche, mais au moins on essayait quelque chose pour oublier au plus vite, l’apathie de François Hollande. Cela aurait été magnifique !
Les actionnaires cramponnés à leurs coupons auraient compris qu’ils valaient mieux lâcher quelques lingots en douceur, que se retrouver à côté de Fillon à nier l’évidence.
La gauche aurait pu faire oublier le sinistre bilan du quinquennat Hollande.
On sentait l’effondrement du PS venir de loin, de la trahison, de mai juin 2012. Après avoir tout gagné électoralement dans le pays, Hollande en cinq ans allait tout perdre, jusqu’à faire perdre Mélenchon, dans son agonie. Cinq élections, municipales, européennes, sénatoriales, territoriales, régionales! Pour finir par le sabotage de la campagne du candidat de la gauche socialiste qui avait été désigné démocratiquement et largement le 29 janvier aux primaires ouvertes à la gauche et aux écologistes.
La bêtise du PS français n’a pas de frontière. Elle a atteint Elio Di Rupo, lorsqu’interviewé après la défaite de Hamon, il a tenu à peu près les mêmes propos que Cambadélis, le secrétaire général de Solferino.
On a toutes les raisons de penser qu’en Belgique le PS préférera sécher sur pied d’ici les élections prochaines, plutôt que réfléchir à un projet fédératif d’une nouvelle gauche avec le PTB.

24 avril 2017
Soirée électorale !

Ouf ! Fillon François éliminé, la France laisse à la justice le dernier mot et place ce candidat devant ses responsabilités qui ne concernent plus les Français. Son avenir personnel n’a désormais rien d’un destin national, il concerne plutôt les cabinets des juges d’instruction et le souhait exprimé des électeurs qui ont manqué à sa majorité, de rejoindre celui des autres, pour qu’il rembourse librement ou forcé par voie de justice, les sommes détournées.
C'est bien la première fois qu'on voit une élection départager le corps électoral sur une question de moralité !
Macron, probablement élu au second tour, laisse cependant ouverte la grande question soulevée par Mélenchon sur le devenir du peuple français plongé dans les malheurs d’une réalité européenne gérée à l’ancienne, selon des recettes inopérantes, alors qu’en interne les partis de pouvoir dans leur bulle continuent à ne pas comprendre la population.
Or, cette élection d’un nouveau président ne change en réalité aucune donnée ancienne de ce qui fait le drame actuel.
Sur ce constat se greffe l’effondrement du PS qui était à prévoir et annoncée de loin, dès lors qu’est apparue la fracture à l’intérieur du parti entre les libéraux et les radicaux. De même, les Républicains auront d’abord à régler certains comptes de personnes, avant de se reconstruire en vue des législatives après l’élection présidentielle.
C’est tout un pan du paysage politique qui s’effondre. Seuls en sont affectés les mandataires qui dès à présent doivent chercher frénétiquement la meilleure manière de conserver leurs indemnités parlementaires et sénatoriales. La majeure partie du corps électoral français s’en fiche éperdument. Pourtant, il a tort. Au chaos actuel, il faut vite créer autre chose.
C’est de la manière dont Macron manœuvrera pour constituer une majorité politique que les français sauront à quelle sauce leur nouveau président les accommodera à la demande de la consommation des élites capitalistes.
Seul intérêt, ce sera de surseoir à une élection de Marine Le Pen. Elle devra attendre 2022.
Seul Mélenchon aurait pu, par un autre programme plus en empathie avec les électeurs de gauche empêcher en 2022, un Front National submergeant le système électoral et bouleverser en profondeur le paysage politique.
Comment Macron gérera-t-il le mode de scrutin électoral, avec ou sans proportionnelle ? Sa décision pourrait être lourde de conséquence !
Espérons que d’autres événements inattendus, comme une Europe déterminée à changer sa politique d’austérité et une brusque éclaircie du chômage, enraieraient par ses effets, les progrès de la machine infernale du Front.

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