Petite chronique d’ambition, d’argent, de sexe et de religion dans une société que – faute d’autres mots – on appelle démocratie et dans laquelle 10% de salauds font la leçon à 90% d’imbéciles.
3 septembre 2010
Le lourdaud, c’est toujours l’autre.

Dans l’ensemble de personnalités de « premier plan », c’est-à-dire la fine fleur des dirigeants de parti, existe une loi non écrite de bon voisinage, en usage dans les formations de pouvoir utilisant une majorité composée de plusieurs partis.
Cette loi moralise les concertations de sorte qu’elles aboutissent à des compromis. Par exemple un grand parti peut faire durer des négociations plus longtemps qu’un petit. De même qu’en principe toute négociation acceptée doit déboucher sur un accord, un grand parti a le droit d’obtenir plus de 50 % de son programme inséré dans le programme de gouvernement. Tandis qu’un petit parti doit se dire satisfait entre 5 et 10 %.
Idem pour les nominations à des postes ministériels qui se déclinent non pas en fonction des compétences, mais en apport des voix pour le vote de confiance au parlement.
Comme les places sur les listes électorales, il y en a qui seront ministres et d’autres qui ne le seront pas, l’essentiel, c’est que tout le monde y croie…
Tout ceci n’est inscrit nulle part, mais fait partie d’une entente de groupe tacite et apprise par cœur de tous nos hauts niveaux. Les nouveaux partis sont tenus de respecter ces lois non écrites que les anciens suivent tout en donnant l’exemple. C’est ainsi que les Verts, petits nouveaux à côté des « vieux » partis ont tout de suite pris leur marque en droite ligne de la tradition.
La tradition est tout simplement l’occupation du terrain par des partis qui ont appris à se servir de la démocratie sous prétexte qu’ils la servent.
Les Flamands, très différends des Wallons en ce domaine, comme dans d’autres, ont toujours donné beaucoup de voix à des débutants, du moment qu’ils se déclarent nationalistes : Volks Unie, Vlaams Belang, N-VA. Ils se paient même le luxe de conserver quelques députés au Belang, comme à la Lijst Dedecker, tant ils en gardent dans la manche, au cas où…
Les Wallons sont bien plus traditionnalistes en votant toujours pour les assis (comme dirait Rimbaud), surtout pour les socialistes qui, pourtant, ne sont plus de gauche depuis longtemps.
Par le passé, le Vlaams Belang n’est jamais entré dans le club des possibles, n’ayant pas joué le jeu de la loi non écrite. Avec la N-VA, la politique du cordon sanitaire n’est plus de saison.
Pourtant, ce parti ne voulait pas appliquer la règle aux trois références : l’Etat Belge, le roi et une démocratie molle à l’idéal vague…
Au contraire, c’est fort de cette tradition que Di Rupo s’est jeté dans la préformation qu’il croyait ficeler par un accord final.
Il y aurait eu des réticences, des péripéties desquelles les journaux en auraient déduit l’imminence d’un échec, puis ayant frôlé la catastrophe, grâce à la persévérance du préformateur, petit à petit se serait dessiné l’image classique de tout gouvernement fait de compères satisfaits de hauts niveaux et fiers de l’être, bien entendu.

peche_18.jpg

La N-VA a remplacé le Vlaams Belang dans l’engouement des Flamands. Puisque ce parti avait été distingué par Leterme et lié au triomphe du CD&V, tout le monde dans le premier cercle pensait qu’il allait devenir un parti à l’instar de Groen : convenable et qu’il apprendrait vite les règles, surtout celles du bouche à oreille.
Di Rupo avait l’exemple dans son parti des « casseurs de baraques » du genre des frères Happart, qui installés à des postes lucratifs se sont révélés plus doux que des agneaux. Cela ne faisait aucun doute pour lui que les démonstrations « antipatriotiques » de Bart De Wever entraient dans la démagogie classique d’un leader populaire, pour finir parfaitement honorable, décoré et, qui sait, baron, après quelques génuflexions ?
Selon ma Tante d’Amay, le gouvernement doit parler d’une seule voix et montrer une équipe resserrée autour de son leader.
Mais voilà, le temps des rodomontades est largement dépassé.
Un doute s’installe dans les esprits.
Et si Bart De Wever conduisait tout le monde en bateau ?
C’est bien simple, il laisse vaticiner le Moi-je de Mons. Il peut aller encore plus loin, attendre qu’il déballe sa marchandise comme sur la Batte pour une dernière offre exceptionnelle, puis comme dans la chanson d’Henri Salvador : « Et alors ? Et Alors ?... Bip Bip, Zorro est arrivé…é…é… ».
Parce que si De Wever veut la fin du système belge, comme son programme le souhaite, c’est le moment. Toujours selon ma Tante d’Amay, les ministres passent, les problèmes restent.
Comme la pêche au lancer, Bart fouette, puis laisse aller l’hameçon dans le courant, mouline et refouette, ainsi de suite. Le lourdaud sur l’autre rive finira bien par s’apercevoir que la mouche est un peu grosse au bout de l’hameçon et que Bart est en démonstration pour faire patienter jusqu’aux prochaines élections.

Richard III Duc de Gloucester - 23:41 | | Commentaires (0)

2 septembre 2010
Dans les coulisses du fric.

Rentiers, spéculateurs, petits épargnants, chômeurs, classe moyenne, tous ont ressenti la crise de 2008 plus ou moins fortement dans leur vie quotidienne.
Des économistes de renom, mais qui n’ont pas d’audience dans les médias et, par conséquent ne sont pas connus du grand public, avaient prévu le plongeon des bourses et des banques. Je n’en citerai qu’un, parce qu’il est Belge, c’est le professeur Paul Jorion. Mais, il y en eut bien d’autres qui n’eurent pas les honneurs des gazettes et qui auraient mérité de les avoir, bien mieux que les mirliflores à paillettes qui ne surent et ne virent rien et que l’on continue de considérer comme des augures et que l’on consulte à tout propos.
Instauré aux Etats Unis depuis 1934, la SEC, acronyme de « Securities and Exchange Commission » est l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, le « gendarme de la Bourse » en Amérique, aux fonctions semblables à l'AMF français.
Ce n’est pas rien, la SEC dispose de 4 divisions, 18 bureaux et emploie environ 3.100 personnes, avec 11 bureaux régionaux répartis dans les États-Unis, et elle n’a rien vu venir !
C’est seulement après plus d’une année et demie de déboires financiers, d’une crise larvée qui plombe les économies, endette les Etats, réduit à rien les espoirs de croissance, multiplie les faillites et laisse sur le carreau plus de 30 millions d’Américains, que le président Obama vient de poser la question de l’utilité d’un pareil organisme !
Pourtant les lois financières qui régulent le marché proviennent du principe que tout investisseur, doit avoir accès à un minimum d’informations avant d’acheter et pendant toute la durée de détention des actions. La SEC a pour mission de veiller à l’application des nouvelles lois financières, promouvoir la stabilité des marchés et protéger les investisseurs des abus de sociétés relatifs aux achats et ventes d’actions, comme de veiller à la véracité des informations rendues publiques des sociétés cotées en bourse.
On a vu qu’avec la titrisation des « chiens crevés » la SEC n’a pas bronché.
Alors, de là à se demander à quoi sert-elle ?

banque97.jpg

Il en va de même des organismes financiers de contrôle, comme les agences de notation ; mais, privées celles-là, la méfiance de l’ultra libéralisme doutant de « l’honnêteté » des initiatives de l’Etat, ce qui est le comble du cynisme !
Est-ce le coup de gueule de Barak Obama ? La SEC vient d’épingler Moody’s, une agence privée de notation américaine. C’est une grande première. La loi de réforme de la régulation financière promulguée en juillet donne à la SEC le pouvoir de suspendre l’activité aux Etats-Unis d’agences de notation qui commettraient des erreurs manifestes et répétées.
C’est un signe, faible encore, d’une reprise en main du politique sur l’économique. C’est que les agences de notation jouent un rôle considérable sur les taux de remboursement de la dette des Etats. On l’a vu avec la Grèce qui n’en finit plus de payer des taux d’intérêt à la hausse et qui peine à rembourser.
Fin de l’année un rapport sur les produits toxiques imaginés par les banques et qui ont été à la base de la crise de 2008 est très attendu par les milieux économiques.
Le grand public n’imagine pas à quoi tient parfois l’emploi, le salaire et dans un ordre plus général, le niveau de vie des populations dont la nôtre.
On a peine à s’intéresser à des articles sur l’économie et les finances parce qu’en général ils sont écrits en jargon de spécialiste.
Parfois, un vulgarisateur lance une bombe dans les médias et qui fait mouche. Mais, la plupart du temps le grand public reste en-dehors des débats, parce qu’on souhaite qu’il y reste et qu’on ne fait rien pour chercher parmi les plumes financières, celles qui feraient comprendre les mécanismes souvent crapuleux du système financier en termes simples et directs.
Michael Gordy et Sren Willemann, de la banque centrale américaine qualifient les CPDO « Constant Proportion Debt Obligations » d’exemples monstrueux des excès de l’ingénierie financière sur le marché du crédit. Ils exposaient dans un article paru en mai dernier les lacunes inhérentes au processus de notation.
C’est dommage que les papiers de ces gens-là ne se lisent pas comme les Harry Poter. On n’en serait peut-être pas à nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Richard III Duc de Gloucester - 22:30 | | Commentaires (0)

1 septembre 2010
Annus horribilis pour l’église…

…anus horribilis pour Van Gheluwe.

Suggestion pour donner un nom aux publications de l’Eglise de Belgique : l’Anuscope (1)
Danneels, voilà encore un « haut-niveau » qui avant celle de ses pairs, avait encore une autre religion qu’il partage avec Di Rupo : celle du secret !
La presse flamande publie mot à mot le dialogue du 8 avril dernier entre le cardinal et la victime de Roger Vangheluwe, l’évêque pédophile de Bruges. Accablant : Godfried Danneels tente clairement de convaincre son interlocuteur de ne pas rendre les faits publics. Il prêche la patience et évoque le pardon.
Comme cela a dû être lamentable, cette entrevue entre Vangheluwe, l’évêque pédophile, la victime et entre les deux, le cardinal Danneels en personne, dans une de ses dernières missions pastorales, sans doute.
Quelques semaines plus tard, le cardinal, nouveau retraité, affirmait qu’il n’avait jamais eu de contact avec la victime !
A qui se fier de nos jours ?
Avant, on était habitué à ce que dans les tribunaux, la collection de voyous qui y a pris ses quartiers mente effrontément. Le mensonge en l’espèce consiste à laisser planer un doute : l’erreur judiciaire ! Et si, contre toute apparence, on avait pris Duschmoll pour Deschmoll ?
Le doute était vite banni de l’esprit du juge à la lecture du casier, aux études faites, à la profession exercée, enfin bref, à des repères suffisamment probants pour enlever toute espèce de doute possible.
Sans le dire implicitement, les juges en étaient arrivés à saler le client justement en tenant compte de sa condition sociale et de son parcours.
C’est encore ainsi que fonctionne en gros la justice.
L’application des peines aussi.
On le voit bien en Belgique et ailleurs. Les ministres ne vont pas en prison. Leurs crimes ne sont jamais aussi grands – d’après les hommes de loi - que ceux que commettent les voyous des trottoirs.
En dernière minute, par défaut de procédure, par désistement du plaignant, bien des affaires « embarrassantes » finissent par s’arranger (2).
Alors, quand une personnalité de la force morale de l’ancien primat de Belgique fait une déposition, elle est forcément vraie. Un témoin aussi important doit dire la vérité !

24027f.jpg

Eh ! bien non. Le cardinal avait menti ! On sait bien que beaucoup de cardinaux mentent, pas tous, enfin on veut le croire, pour être assis à la place qu’ils occupent ce n’est pas tant par la sainteté qu’ils ont montrée que par une bonne diplomatie auprès du Vatican.
L’Haut-lieu ne reproche pas au cardinal d’avoir menti. On lui reproche de s’être laissé piégé par la famille de la victime qui avait mis un enregistreur sous la table, ce qui par rapport à la comédie de Molière, Tartuffe, est un progrès, l’auteur n’avait trouvé que le moyen d’y glisser le mari trompé par le faux dévot.
Heureusement que la justice est là pour remettre les choses d’aplomb. Par un vice de procédure, les perquisitions à l’évêché, l’instrumentalisation des cassettes de l’enregistreur, ce qui concerne l’église dans son travail parallèle pour masquer la honte de certains de ses prêtres, tout est annulé, nul ; comme s’il n’était jamais rien advenu !
Le cardinal qui avait menti hier, n’a plus menti aujourd’hui !
L’honneur n’était que momentanément perdu.
Comme Jacques Chirac sauvé par le maire socialiste Delanoë !
Quant à Vangheluwe, il peut se rendormir sur ses oreilles redevenues chastes. Il y a prescription.
C e n’est pas mon genre de pousser des cris réclamant l’échafaud pour un oui ou un non, même si abuser de son autorité sur des mineurs pour satisfaire une pulsion est un crime que l’on a trop souvent tenu pour négligeable, par le passé.
Ce qui est révélateur dans cette histoire, c’est l’extrême duplicité de ceux qui prêchent la morale au nom de dieu, pour mentir aussitôt la main sur le crucifix afin d’éviter un scandale, quand l’institution que l’on préside pourrait en souffrir.
Aujourd’hui le débat tourne autour de savoir si le cardinal a essayé d’étouffer l’affaire.
Est-ce que cela a encore de l’importance ?
N’est-ce pas plutôt dans l’ébranlement d’une croyance des hautes valeurs de ce pays qui en a pris un coup, que se situe l’importance ? Et ça, finalement, c’est positif pour la classe dominée, trop encline à croire aux hauts destins dans l’honneur et l’honnêteté de gens qui ont un ascendant sur elle par la position sociale qu’ils occupent.
----
1.Petit spéculum tubulaire destiné à l’examen du canal anal et de la partie inférieure du rectum.
2. Bertrand Delanoë, maire de Paris, vient de retirer la plainte de la ville à l’encontre de Jacques Chirac, à propos des emplois fictifs. L’ancien président de la république n’ira donc pas en correctionnelle. Je doute que le procureur de la république fasse appel.

Richard III Duc de Gloucester - 22:00 | | Commentaires (0)

31 août 2010
Lui ou le chaos…

On a déjà entendu ça quelque part.
Tous les hommes « providentiels » ont à peu près dit la même chose : Gbagbo, Paul Kagame, Tandja Mamadou. Les laudateurs d’Elio Di Rupo viennent de placer leur grand homme en bonne compagnie parmi les dictateurs africains !
C’est lui ou le chaos !
Magnette le réclame, Flahaut met une bougie à saint Antoine, Milquet rend hommage « in fine » et Jean-Mi Javeaux salue les efforts de son héros montois.
En gros, le préformateur ne s’attaque aux problèmes du pays que parce qu’ils sont gigantesques !
Eussent-ils été de moindre importance, ils étaient indignes de lui…
Nous vivons quelque chose de surréaliste. En dehors des 7, et encore, parmi ceux-ci, je crains qu’il n’y en ait un ou l’autre qui ne dispose pas de tous les éléments des négociations, personne parmi les électeurs ne sait de quoi on parle.
Didier Reynders, président du MR, le premier parti de Bruxelles, n’en sait rien non plus. Comme on ne sait plus rien du front sacré des Francophones !
Cependant nous devrions être suspendus aux nouvelles, afin de savoir si ça casse ou si ça passe…
-C’est sur la question du refinancement de Bruxelles !
-Ah ! bon…
-Bart De Wever exige des garanties sur papier.
-Vous m’en direz tant !... On n’a plus de papier dans les ministères ?
Comment poursuivre un dialogue de cette nature ?
C’est à peu près ce qu’a tenu à nous dire Di Rupo, d’abord en flamand, un flamand d’école, sans doute traduit de son texte en français par un bon bilingue de son staff, ensuite en français, de cette même petite voix aigüe qui fait sourire.
On sentait le désir du préformateur de mettre les deux partis rebelles en porte-à-faux des autres, au cas où il faudrait que quelqu’un portât le chapeau en cas de malheur.
Le préformateur joue un jeu dangereux. Il nous prend à témoins et nous demande d’appuyer ce qu’il dit comme étant une grande vérité, sans nous mettre au courant de la profondeur de la vision de cette grande vérité. Il nous demande de croire, parce que nous devrions avoir la foi en lui ! Et c’est un franc-maçon qui parle comme ça ! Evidemment, si dieu, c’est lui !

975_1000.jpg

Ça, c’était côté cour. Voyons côté jardin.
Invité par la VRT et la RTBF, Bart De Wever a estimé qu’on ne pouvait pas aller plus loin dans la négociation à 7 !
Voulant dire, sans doute, que le fin du fin devait être réglé entre « hommes » : le préformateur et lui, réduisant ainsi au strict minimum de personnes, les détenteurs de l’entièreté des accords !
« Une formule où on consulte tous les partis, y compris les plus petits, ne marche pas », belle formule qui dénote chez Bart une singulière manière de comprendre la démocratie.
Pour faire court, Bart réclame un accord sur papier ; tandis que le préformateur parle d’un chaos menaçant la Belgique !
C’est si difficile de lui faire un papier à cet homme ?
« Je soussigné, Elio Di Rupo, fournisseur de la cour, certifie que Bruxelles ne sera doté que des sommes que Monsieur Bart De Wever voudra bien lui allouer. »
Ce n’est pas plus difficile. Sauf si, évidemment, il est le seul à en être pourvu.
Si c’est le cas, ce serait aux 6 autres à se méfier du préformateur.
Dans le courant du laïus, on a appris que le nouveau mode de financement entre Etat fédéral, Régions et Communautés, sera chapeauté par une personnalité de haut niveau.
Les hauts niveaux fourbissent déjà leurs armes.
Comme on voit, tout redevient normal, puisqu’on va procéder à une nomination « importante » alors qu’on n’est encore que préformateur.
C’est quand même une bonne nouvelle pour l’emploi !
Voilà où nous en sommes.
L’usine à gaz sera dotée de quelques tuyaux de plus et d’un inspecteur en chef des tuyaux.
Si après ça, Bart n’est pas content…

Richard III Duc de Gloucester - 21:26 | | Commentaires (0)

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    Pour un taux unique des pensions.
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