Petite chronique d’ambition, d’argent, de sexe et de religion dans une société que – faute d’autres mots – on appelle démocratie et dans laquelle 10% de salauds font la leçon à 90% d’imbéciles.
4 juillet 2009
Samedi 4 juillet…

Ne vit-on pas dans un monde étrange dont la réalité serait abstraite ?
C’est ce que pourraient se demander ceux qui plongés d’habitude dans les soucis du quotidien, intéressés par la situation difficile dans laquelle se débattent les hommes, guettent en vain une nouvelle captivante, pénétrante même sur le pourquoi des dérives actuelles toutes liées plus ou moins à l’économie mondiale, responsables à la fois du désespoir et de l’enthousiasme des hommes, comme aux prémices des futurs désastres écologiques, enfin bref, qui rencontreraient les soucis de légitimes réflexions .
Serait-ce qu’une série d’informations sur la situation réelle du monde ne serait pas la bienvenue dans la course immédiate au soleil des grandes vacances ? Plomberait-elle à ce point l’audience, jusqu’à compromettre la carrière du préposé aux étranges lucarnes ?
A moins… que la vérité des temps soit insoutenable à l’homme de la rue qui d’instinct donne seulement de l’importance à ce qui est léger et anodin ?
Souvent une réflexion profonde à laquelle les gens ne sauraient répondre sans dévoiler leur superficialité rencontre une totale inadéquation, une profonde incompréhension, voire le mépris de l’ignorance.
Celui qui en use s’exclut de la conversation de saison, comme s’il était incongru de sortir de la grande affaire du jour, ce tour de France avec Simpson et Boonen.
Au chevet du monde, à la levée du corps de la Belgique quasiment défunte, entourés des escrocs les plus hardis, entraînés vers des lendemains imprévus bien que prévisibles, sombrant dans le chaos d’une économie basée sur les recettes du gangstérisme, l’ambiance du funérarium pourrait être pire. Le carcinome est plus qu’indifférencié, il rend l’assistance indifférente. Le résidentiel de proximité est bon vivant. Il sert des mains. Faussement chaleureux, il se sent bien dans sa peau. Dehors le soleil brille encore. Dans un autre cercueil, celui-là sur le toit de sa voiture, il va serrer ses tenues sportives pour des marathons dans les thyms et les lavandes. Le veuf éploré – c’est d’habitude ainsi qu’on le dépeint – se perçoit comme le crissement des cigales. Tous les amants ont défilé devant la bière. C’est fini. Les souvenirs sont les indigestes moments dont il serait malséant d’en revoir les images.
La garce, elle a couché avec tout le monde et fauchée en plus, terrassée par la maladie, elle gît aux pieds des ministres intègres, comme on dit d’un individu retranché, qu’il est forcené.
Certains l’appellent par son nom, mais sans plus, dans une dernière prétention afin que l’on sache qu’ils étaient intimes, ou encore dans le doute qu’elle ne soit pas morte et que soudain ressuscitée entre le 15 et le 20 juillet, elle tende encore les bras vers eux afin de leur ménager d’autres petits rendez-vous gratinés, des petits coïts électoraux avec carte bleue et délires sexuels.
Ah ! oui, bon sang, le mari a été cocu, nous tous qui l’avons épousée en savons quelque chose.
Jadis gracieuse, elle est dans la boîte comme sa dernière apparition publique, méconnaissable, gonflée des prises de tout et des chimios et des faux espoirs.
- Jean-Baptiste ?
- Oui, Marie-Rose.(1)
- As-tu écouté la météo des plages ?
- Ça m’a échappé.
- Mais tu es… mais tu es… Comment doit-on s’habiller pour demain soir quand nous serons à Perpignan ? C’est de l’inconscience ! Où as-tu la tête ?

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1. Qu'on ne se méprenne pas. On pourrait croire que dans ces chroniques la femme tienne presque toujours le méchant rôle, inconsciente ou tête de linotte. On pourrait aussi bien inverser les rôles. Je vais essayer de m'en souvenir. C'est, je l'avoue, un vieux réflexe de mâle d'être loin de la parité dans l'invention des personnages stéréotypés, entre l'odieux et la bêtise. A ma décharge, ce n'est pas moi qui ai décrété que Belgique était du genre féminin.

Richard III Duc de Gloucester - 23:35 | | Commentaires (0)

3 juillet 2009
Un pauvre, ça ne vaut rien.

Toujours à propos de la crise, c’est le grand guignol. Voilà à peine un mois que le FMI prédisait une croissance mondiale à la hausse, son patron Dominique Strauss-Kahn rectifie le tir. L’augure des augures déclare que le pire de la crise est encore à venir !
On n’en finit plus avec les comparaisons, la crise de 29, le marasme japonais des années 90. La crise actuelle, plutôt que la comparer aux anciennes déconvenues libérales, est-elle plus près de 29, de 37 ou de 1992, étant donné son caractère sans précédent, si on faisait l’inverse ? Si on comparaît les crisettes de 29 et etc. au maelstrom de 2008 à…. ?
Quant à emboîter le pas à Sarkozy, sinon à l’optimisme loufoque de Louis Michel, en idéalisant cette situation parce que le capitalisme financier aurait perdu la raison, mais que la « dure » loi du marché va bientôt remettre tout le monde au pas, si nous convenions une fois pour toutes que le capitalisme est sain d’esprit , que c’est dans sa nature de ne pas faire de sentiment et de prendre partout où c’est possible le maximum de profit, nous aurions fait une pas de géant dans la perception que nous en avons.
Je ne sais plus quel fantaisiste de la politique – c’est un membre du PS – qui a déclaré qu’il ne manquait au libéralisme économique qu’une éthique ! La finalité même du capitalisme – eût-il à ses trousses tous les curés de la social-démocratie – ne sera jamais que le profit, en tout lieu et toute saison et par tous les moyens. Comment imaginer une seconde de monter un système qui respecterait la justice sociale et l’équité, sans passer par une régulation démocratique actionnée par une fermeté politique, ce dont les libéraux et les socialistes de Di Rupo ne veulent à aucun prix.

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Evidemment avec le personnel politique qui est le nôtre, s’emplissant les poches sans cérémonie, usant des cartes bleues des circuits, des hôpitaux et des aéroports, c’est impossible.
Au niveau de l’Europe, l’ultra libéral Barroso ne dira pas autre chose, lui qui a besoin du rassemblement des droites pour rempiler.
On voit le contraire de ce qui serait bon pour les citoyens s’accomplir sous nos yeux. A tel point qu’au nom de la crise, on attire l’attention des gens sur le vieillissement des populations. Comment va-t-on payer les pensions gémissent nos libéraux, alors que sous la houlette de leur président, ils viennent de donner quasiment à fonds perdus des milliards aux banquiers, parfois même à ceux qui étaient parmi les plus criminels !
Et le gouffre de la sécu, le paiement des chômeurs, ruminent nos financiers et la FEB ? Vous ne vous rendez pas compte ? Tout ça pour réclamer que ceux qu’on flanque à la porte parce qu’ils sont trop vieux, travaillent jusqu’à 67 ans ! Si vous y comprenez quelque chose ?
Tout cela n’est évidemment pas sérieux On récupère l’état de choc provoqué par la crise pour s’en servir afin de rogner un peu plus sur les charges et les salaires. Le comble, c’est que ça prend ! Des directions avec un culot d’enfer demandent à leurs salariés la « permission » de réduire leur salaire, ou de travailler une heure ou deux par semaine pour rien ! Evidemment, le libre choix de dire oui ou non est tout à fait fictif. La liste des fortes têtes est dressée et est dans le tiroir du chef du personnel.
Une seule question s’impose : les progrès dans tous les domaines, les exploits techniques, les avions qui volent avec 500 passagers à bord, les découvertes en médecine, la science qui explore l’inconnu d’il y a à a peine vingt ans, n’ont-ils pas pour finalité de permettre aux hommes de vivre mieux, d’agrémenter leur vie par des heures de loisir, un confort nouveau et surtout d’élargir leurs temps libres au maximum ?
Si c’est pour d’autres objectifs que ceux-là, c’est que la justice, oui, la bête justice des cours, avec magistrats, avocats, procureurs n’a jamais fait son travail et surtout depuis la crise. C’est inutile d’aller chercher d’autres raisons. Les prisons devraient être pleines de banquiers, de traders habitués des corbeilles, de politiciens complices, eux-mêmes pris la main dans le sac. Je me fiche qu’un Madoff soit condamné à 160 années de prison. Il sert de paravent à la faune criminelle qui a vécu aussi bien que lui des vols et des escroqueries. Je préférerais cent fois que l’on distillât ces 160 années de peine entre 160 gredins de la finance qui tireraient un an de tôle avec confiscation du produit de leurs vols.
Madoff sert de petite poupée maléfique. Enfoncez-lui des aiguilles dans le cœur tant que vous voulez. Pendant ce temps, l’ombre s’étend sur tous les autres. Et puis Madoff, voulez-vous qu’on parie ? D’ici 5 ans, quand on aura oublié sa gigantesque escroquerie, passera par la porte de service du pénitencier, derrière laquelle ses proches et ses avocats l’attendront, pour finir ses jours à Malibu ou dans une île du Pacifique, tant on sait que le temps, la distance et le bleu des vagues, lavent tout.

Richard III Duc de Gloucester - 19:59 | | Commentaires (1)

2 juillet 2009
Singapour, 2 « classe affaire »


-Oui, Allô ! Oui, ma poupée, nous irons à Gstaad, ma belle, nous y séjournerons… Je sais un endroit au milieu de la vallée… Tu verras, l’altitude rougira tes pommettes. Dix jours, ça te dit… A cette saison les pistes sont encore ouvertes, neige artificielle... évidemment.
Allô, tu m’entends ? Oui, voilà, je t’entends aussi…
En attendant, ce n’est pas si mal, ici, en Andorre. Il faudra juste que je te laisse à l’hôtel, une heure ou deux, quand tu viendras, mercredi. J’ai une serviette, oui la noire, pour la Banco y Andorra. C’est calme. On y voit quelques Belges qui traînent dans le grand hall de marbre rose. Des gens très bien. Nos compatriotes à l’étranger se conduisent parfaitement. Mais, nous faisons semblant de ne pas nous connaître… discrétion oblige. Ce n’est pas comme à Benidorm. Tu me diras, nous n’allons jamais à Benidorm !
Ce qu’il y a dans la serviette ? Des papiers et encore des papiers. S’ils sont précieux ? Ceux-là le sont, comme tous les documents…
Au cas où je ne reviendrais pas, on ne sait jamais, tu sais comme nous vivons dangereusement depuis qu’on nous envie, je te laisse un numéro de téléphone. Tu sonnes, c’est à Bruxelles et tu demandes, le nom est sur le papier… Oui, c’est un ministre, ancien, mais il l’a été. S’il est Flamand ? Oui, je crois… mais très convenable. Tu lui diras seulement « Oscar a la mite bâchée ». C’est un Flamand bien élevé en français, il comprendra…
C’est une question de zéros, à partir de six, tout le monde comprend, tu saisis ? Non. Ça ne fait rien. Pourquoi j’ai pris le révolver ? Parce que je n’aimerais pas que tu te blesses. Allô !
Comment, je pars encore ! Mais, n’est-ce pas merveilleux, ce séjour, le luxe de cet hôtel. Cela mérite bien un petit effort… un rien de patience… N’oublie pas que je t’ai sauvée d’une situation bien pire, quand les grévistes envahissaient mon bureau. C’est petit de se sauver par la porte de derrière, surtout quand on est chez soi, que veux-tu, il y a des moments où personne n’a le choix.
Dorénavant nous allons voyager. Andorre ce n’est qu’un début. Oui, j’oubliais Hong-Kong, le mois dernier... certes, ce fut bref ; mais le Renaissance kowloon hotel est à Ocean Terminal…
Salisbury road, le centre commercial New World à deux pas de l'hôtel.… On a vu pire. Là, la serviette était brune. Tu te rappelles la couleur ! Tu es magnifique. C’était avant la grève et les casseurs… C’est quand même à Hong-Kong que tu as eu ton sac Hermès… oui, je sais, tu m’as acheté la Rolex, toujours à mon poignet.
Enfin, tout cela est déjà loin. Nous sommes à deux cents kilomètres de Toulouse, tu prends un avion taxi, non, tu préfères m’attendre ? C’est comme tu veux.

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Je te laisserai choisir pour la semaine prochaine entre Monaco et le Luxembourg. Oui, je plaisante, c’est à Monaco que tu aimerais que nous séjournions. Eh bien ! sauf imprévu nous irons dans la Principauté. Tu ne veux plus descendre au Métropole, cela te rappelle trop Bruxelles. Alors, ce sera l’hôtel de Paris. C’est confortable et puis nous y avons déjà séjourné, avec la valise noire, tu sais la spéciale, avec ses fermetures en plaqué or...
Allô, Je m’apprête à descendre. Tu n’aimes pas ce mot ? Moi, non plus. Je jette un œil à la fenêtre. Il y a un type sur le trottoir. Il ressemble à celui qui t’avait bousculée, sur le pont Adolphe à Luxembourg, il ya trois mois ? « N’y va pas ? » Pourquoi tu me dis ça ? Qu’est-ce qu’il fout à Andorre ? Si c’est un flic de Bruxelles, il faut qu’il ait un mandat négocié à l’International. Et si c’était le cas, tu penses, on me l‘aurait dit… J’ai encore reçu un mail de la Loge ce matin. Feu vert !... J’avais un pressentiment, figure-toi que j’ai failli aller au Liechtenstein. J’ai renoncé. Vaduz, en ce moment, c’est d’un mortel !...
Bon sang ! C’est quand même fort qu’on ne peut plus négocier quelque part sans se demander si le type qu’on croise sur le trottoir ne va pas vous descendre.
Si c’était à refaire ! Je serais sur une chaîne de montage à ne pas me faire de mouron. Oui, tu as raison, j’exagère. Ce serait insupportable. Je me demande comment ils font pour le supporter ? Ils ne sont pas sensibles comme nous… notre bon goût… la manière dont nous nous habillons, comme nous mangeons… Oui, oui, ce sont des rustres.
Tiens, le type est parti. Non, n’aie pas peur...
Alors, je sors. Je me risque. Ah ! je te jure, encore cinq voyages, puis basta !...
A mercredi … au tea-room. Je t’embrasse…

Richard III Duc de Gloucester - 19:58 | | Commentaires (0)

1 juillet 2009
La machine célibataire.

(Cet article est paru en février. Il se justifie de le republier en pleine crise économique qui se double en Belgique d'une crise de régime et aussi, faut-il le dire, à cause d'embarras techniques de transmission de textes qui dureront jusqu'à la fin de cette semains)

Le monde économique et le monde politique ressemblent dans la tourmente de cette crise à des machines célibataires.
Qu’appelle-t-on une machine célibataire ?
C’est un Système asocial séparé de la vie et qui marche tout seul, avec sa propre logique sans se soucier de la finalité générale. Exemple : la pensée organisée en chapelles, l'art, la mode, l'économie, les marques, les multinationales, la fonction publique, les boîtes de com', etc.
Prenons l’économie, érigée en système célibataire.
La logique voudrait que du plus stupide au plus brillant des économistes se posât la question de savoir ce que vaut le système économique actuel par rapport à la prospérité du plus grand nombre. Eh bien ! détrompez-vous, cela n’intéresse pas l’économie. Autrement, les statistiques parleraient un autre langage qu’elles ne le font, aligneraient des chiffres qui au moins jetteraient un trouble parmi les économistes.
Pourquoi, par exemple, ne fait-on pas la comparaison avec l’argent en circulation aujourd’hui et celui indispensable comme monnaie d’échange entre ceux qui produisent ? On verrait vite que la masse incroyable de capitaux sur le marché est incommensurablement supérieure à celle nécessaire. On ferait la preuve que d’une économie basée sur le travail, et dont chaque pièce de monnaie représentait un effort produit, donc une valeur, on est passé à des spéculations non plus sur le travail, mais sur le papier monnaie s’empilant par rames derrière depuis les machines à l’imprimerie, jusqu’aux banques centrales, puis particulières.
C’est pourtant bien de cette valeur fictive que l’on rémunère le travailleur en même temps que s’achètent et se vendent en Bourse d’autres valeurs fictives. En gros, cela signifie que le travailleur qui reçoit un euro pour son travail de ce papier monnaie-là est trompé, tandis que le spéculateur qui reçoit le même euro du même papier monnaie est avantagé.
Enfin, reste la finalité générale.
Comment ose-t-on nous garantir qu’il suffit que la croissance reparte pour que tout refonctionne comme avant, sans nous expliquer d’où viennent les matières premières de la relance, si elles sont éternelles ou sinon, sans être renouvelées, comment garantir une croissance infinie ?
Vu sous cette angle, pourtant facile à comprendre, on voit comme toute la machine économique est un système célibataire.
On sent bien que l’usure extérieure du monde ne le concerne pas, qu’il tournera jusqu’au dernier arbre, jusqu’à la dernière goutte d’huile minérale, jusqu’au dernier poisson et jusqu’à la dernière gorgée d’oxygène, tous « accessoires » consacrés à sa croissance indéfinie.
Oui, mais ce système-là qu’on nous apprend à l’école, que les Universités continuent à servir, que nos hommes politiques poursuivent comme s’ils y lisaient leur bible, qui en dit jamais la finalité destructrice dans nos écoles ?
C’est ainsi que nous savons que ces systèmes célibataires ne s’embarrassent pas des hommes, comme ils ne s’embarrassent pas d’autre logique que la leur. Cependant, ils sont si bien installés parmi d’autres systèmes célibataires, que, tout en ne s’occupant pas des autres, s’exerce à côté d’eux une formidable entraide de nécessité.

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Il est impensable que le système célibataire politique puisse penser autrement qu’à travers les raisons du système célibataire économique. Ceux qui ne le font pas ont été écartés du pouvoir et risquent fort longtemps encore de ne pas y avoir accès.
C’est cette solidarité informelle dont il était question plus haut, qui joue encore.
Ces systèmes fonctionnent comme de belles machines qui n’ont qu’un seul programme et qu’on ne peut modifier.
Elles sont propres, débarrassées de toute imperfection et tournent sous un label hautement éprouvé, au point qu’on ne peut même plus parler de capitalisme ou d’art conventionnel ou de démocratie bidouillée sans soulever un souverain mépris des systèmes célibataires conçus pour en entendre d’autres, bien plus sévères encore, mais qu’aucun des rouages de cet outillage performant ne comprend. Ils sont tous étroitement dépendants dans leur organisation intrinsèquement libre, comme nos universitaires qui débattent des questions d’actualité, finalement d’accord sur tout et venus expressément nous faire savoir que nous aurions tort de penser autrement.
Les Machines Célibataires, définies par Deleuze et Guattari, exhibées sans retenue selon la version de Jarry dans le surmâle, font le spectacle à elles seules et nous font croire que c’est sous notre autorité démocratique qu’elles exécutent les ordres que nous ne leur donnons pas. Il faut les avoir « entretenues » pour avoir droit d’exister, comme le héros de Morel, Bioy-Casares, dans « L'invention ».
Ainsi, tout s’explique, comme le singe de Balzac, plus il monte au cocotier, plus il nous donne à voir ses parties honteuses. C’est ce que nous voyons en ce moment des systèmes célibataires. Nous nous doutions bien que ces belles machines avaient des muscles fessiers, des sphincters sanguinolents, des vulves et des phallus à l’état orgasmique, nous les voyions bien, mais l’éducation que nous avons reçue nous dispose à ne savoir que faire de cette vision, sinon, comme des objets neutres et sans signification.

Richard III Duc de Gloucester - 8:35 | | Commentaires (1)

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