« Un animal bien stupide. | Accueil | Des Germains et des Latins. »

La Tour prends garde…

…de te laisser abattre !

Les anciens de la BSR, les polices intégrées et tout le tremblement des « spéciaux » vont être sur les dents les 24 et 31 août du côté de la Tour de l’Yser.
Ce sera le moment de comptabiliser les sympathisants de l’extrémisme flamingant fortement divisé cette année.
Le pèlerinage flamand de Dixmude est le rendez-vous incontournable des nombreux nationalistes d’Europe qu’affolent ceux qui sont nés quelque part, sauf là où il faudrait. C’est une grand’messe que les hallucinés de la conscience flamande ne manqueraient sous aucun prétexte. Cette année, la réunion des purs se coupe en deux : les ultras, le 24 et les conciliants, le 30. Les échauffourées étant le lot des années précédentes, peut-être s’y tapera-t-on moins sur la gueule au nom du lion noir sur fond jaune.
La situation qui en découle est suffisamment confuse pour mériter des explications.
Le Pèlerinage était, jusqu’à l’année passée, organisé par un comité officiel, ambitionnant le respect de la pluralité du mouvement flamand.
En réalité, les activistes Flamands entre eux ne savent pas se sentir. D’un côté les régionalistes (proches des partis coutumiers des salades habituelles sur la Belgique éternelle) qui défendent une autonomie culturelle et financière de la Flandre, sans remettre en cause l’existence de l’Etat belge, des sortes de di-rupoliens en moedertaal qui pleurent de joie quand la Belgique gagne un match de foot à l’extérieur ; de l’autre, les nationalistes attachés à l’idée d’indépendance, dont les troupes du Vlaams Blok constituent le principal apport, tous suspects du plat pays. Ils sont travaillés de l’intérieur par les artistes du renseignement, et dans le collimateur des polices du Royaume.
On a compris, pour le palais et les partis de gouvernement, les régionalistes sont des interlocuteurs, les nationalistes des ennemis de Manneke Pis, donc de la noble cause de l’harmonie de l’Etat autour de la Brabançonne.
Depuis des années, ça tourne au vinaigre. Devant la Tour de l’Yser, on a même vu la fine fleur linguistique du Nord en venir aux mains au nom de la Patrie flamande.

nationa.JPG

Les pointus ont trouvé cette année la solution préférable au rentre dedans.
Les régionalistes se retrouveront seuls à la « Tour » le 31 août prochain à Dixmude, débarrassés des remuants nationalistes, ceux-ci ayant choisi une prairie limitrophe pour remplacer les bœufs qui y paissent d’hatitude le 24 dudit mois.
L’âme flamande aura donc deux pèlerinages, ce qui ne peut que renforcer et durcir contre les fransquillons ceux qui auront à cœur d’assister aux deux cérémonies, comme on n’est jamais assez catholique et fréquenter deux messes consécutives, c’est mériter le Walhalla qui doit bien se trouver quelque part entre Bruges et Anvers.
Les nationalistes sont les plus excités d’amour de la Flandre. Ils ont publié un communiqué
que tout qui n’est pas flamand n’est pas le bienvenu. On voit déjà le contraste entre le Vlaams Belang et les européens convaincus qui cohabiteront sur le sol flamand herbeux, comme à l’heureux temps de la bataille sacrée des Eperons d’or.
Comment accueilleront-ils les skinheads qui traversent la Manche pour hurler quelques slogans racistes avant de reprendre la Malle pour Douvres, bien encadrés par nos Hercule Poirot bilingues ?
Affaire à suivre le 24 ?
A l’avance divisés, les spécialistes ne s’attendent pas à voir un spectaculaire rassemblement. Ce n’est pas sur l’Yser que se perdra l’Etat.
La traditionnelle bourse nationaliste au café « Hof Van Vlaanderen » aura bien lieu le 31 à dixmude. On pourra y verser une larme sur ceux qui sont morts sans avoir été amnistiés de leur passé nazi et réfléchir à une stèle à la mémoire des martyrs du Front de l’Est.
Bref, rien que du banal.
A moins qu’une initiative ne prenne tout le monde de vitesse, y compris les organisateurs pour un nouveau round entre Régionalistes et Nationalistes.
Heureusement pour nous, les Fourons ont été digérés par nos voisins qui n’envisageront pas une nouvelle marche. On ne sait pas si Hub Broers, le bourgmestre flamand des Fourons, fera le voyage à la Tour, ni si ce sera le 24 ou le 31.
Ce qu’on sait, c’est que la Commune qu’il administre est tombée dans l’anonymat et que c’est mauvais pour la Flandre.
Il est temps pour tous les flandriens que tout cela sorte un peu des polders. Les élections, ce n’est pas pour tout de suite, mais il faut y penser…
A quand la carte d’identité précisant le régime linguistique de chaque Belge ?

Poster un commentaire