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Qui va indemniser les infirmières bulgares ?

Qu’est-ce que la Libye nous hérisse le poil ces temps-ci, avec son auguste Kadhafi toujours en représentation et l’annonce faite au monde que la Cour suprême libyenne a confirmé mercredi les peines de mort pour les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés en Libye pour propagation du virus du sida !
Comme si des infirmières et un médecin allaient comploter pour faire mourir des enfants de ce fléau ! Quoique l’on dise, ce n’est pas en Europe qu’il faut chercher les vocations de kamikaze, mais chez les intégristes musulmans.
Cette contamination par le virus HIV est plutôt due à la vétusté des hôpitaux dans ce fichu pays, au manque de précautions des rustres illettrés des confins et au peu d’intérêt que consacre à cette épidémie le ministère de la santé de la Libye, s’il y en a un.
Et puis cette justice aux ordres du dictateur est d’un grotesque à faire pâlir d’envie le Père Ubu.
Le seul reproche que l’on peut faire au personnel hospitalier incarcéré : « mais qu’est-ce que des professionnels sérieux allaient faire chez ces clowns ?
C’est tout le drame des « missions humanitaires » et des professionnels de santé en quête d’un emploi. On arrive plein d’enthousiasme pour servir une noble cause et l’on se retrouve derrière les barreaux d’une prison, torturés puis condamnés par des pignoufs qui n’ont aucune idée de ce que peut être une prophylaxie efficace et qui trouvent toutes les meilleures raisons du monde à faire justice en lisant le coran et en s’inspirant des attentats manqués de Kadhafi, pour faire payer à des innocents les crimes de cette dictature.
Enfin cette mascarade qui aura duré huit ans touche à son terme.
Tout ce cirque n’était fait que pour rançonner l’Europe.
D’abord, comme les grandes douleurs sont muettes et non commerçables, les familles réclamaient seulement la mort des condamnés. Mais on sentait bien que c’était pour faire monter les enchères.
Les chiffres, venant après les grandes douleurs muettes et intransigeantes, ont saisi la Bulgarie prête à faire quelque chose pour sortir leurs ressortissantes de ce foutu pays.
Quand on connaît la valeur d’une vie en Libye, on pouvait trouver que dans un pays où le revenu par habitant est de moins de 600 $ par an, c’est quand même fort de café de réclamer
quelques 20 millions d’euros par décès dans cet hôpital champion d’Afrique de la maladie nosocomiale !

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Mais voilà qu’entre en piste la Fondation Kadhafi, une association caritative présidée par Seif Al-Islam Kadhafi, le fils du grand chef. Du coup on respire, les barbus rangent le coran, les ménages s’intéressent et les chiffres quoique singulièrement à la baisse seraient quand même de nature à faire des bénéficiaires de la rançon, des pachas nouveaux riches dans un océan de misère.
Alors, c’est à l’heure où l’on est presque d’accord, que Fathi Dahane, président de la cour, repousse l’appel présenté par les accusés au nom du peuple pour confirmer la sentence de mort.
La mort de 56 enfants et le virus à vie pour 438 autres est un drame affreux. On reste sans voix. Mais cette catastrophe compte peu pour les énergumènes au pouvoir, car au lieu de se défausser sur les infirmières bulgares, ils auraient mieux fait de chercher ce qui a flanché dans le dispositif préventif. Evidemment, devant le scandale énorme et probablement le limogeage de quelques hauts dignitaires, peut-être même touchant la famille du héros du désert, il valait mieux accuser ces « salauds » d’étrangers. Ce qui fut fait avec le retentissement international que l’on sait.
Une question s’impose à présent que sitôt le pactole reçu en Libye, ces malheureuses vont bénéficier d’une mesure de grâce du « héros » de Lockerbie. Elles retourneront dans leur pays d’origine. Toute l’Europe sera bien contente et applaudira.
Mais, qui va les indemniser des huit années de souffrance passées dans les geôles de ce fichu pays ?

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