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Drôle de Ko-Kosovo !

C’est tout à fait belge de s’enflammer pour une « juste » cause rien qu’en tombant sur quelques mots magiques : « droits de l’homme », « racisme », « antisémitisme », « crimes contre l’humanité » et quelques autres.
Et nous voilà mobilisés farouchement déterminés d’agiter tous les moyens afin de dénoncer une nouvelle honte pour l’homme civilisé.
Dans notre lyrisme moralisateur, nous sommes allés jusqu’à condamner des gens sur des on-dit de forfaits qu’ils avaient commis en-dehors de nos frontières, lors même qu’ils n’ont jamais été citoyens belges ! C’est ainsi que nous avons monté des procès sur le génocide du Ruanda. Et nous en ferions tout autant avec tous les supposés criminels de la terre qui passeraient à notre portée.
En général, nous montons les dossiers sans beaucoup d’éléments et avec des témoins douteux. Mais quand c’est pour la bonne cause…
Bien entendu nous adorons tous les tribunaux pourvu qu’ils fussent internationaux et sous l’égide de l’ONU ou du monde dit libre.
Notre soif de justice est avant tout internationale, attendu que nous sommes plus indulgents pour les atteintes aux droits des gens sur notre territoire perpétrés par certains dirigeants des gouvernements régionaux, pour ensuite reprendre de notre stature pour fustiger la Chine pour les « horreurs » qu’elle perpètre au Tibet.
C’est ainsi, on ne nous changera pas.
Le Belge type est un matamore, internationaliste quand il parle des autres et nationaliste frileux quand il parle de lui-même.
Parfois, quelques-unes de ses anciennes « gueulantes » lui retombent sur la tête, comme un boomerang.
Alors, ce n’est pas lui qui s’est trompé. On lui a donné de fausses informations (aurait-il seulement accordé un regard aux bonnes ?). L’opinion internationale était unanime (l’unanimité dans l’erreur, c’est possible aussi). Le plus souvent, il persiste et signe dans son erreur, ne croit pas ce qu’on lui dit, et poursuit sa confiance à ceux qui l’ont trompé.
C’est ainsi que le Belge moyen est sans doute le plus placide et le plus facile à berner des électeurs.
Les dirigeants politiques le savent bien qui lui racontent des craques depuis toujours sans que jamais aucune sanction électorale – ou si peu – ne leur retombent sur le nez..
C’est donc dans ce paradis de la bêtise et de la facilité qu’une petite information vient une fois de plus déranger la candeur générale.
Madame Del Ponte qui dirigea longtemps le Tribunal International TPIY vient de publier un livre en Italie (1) sur le sort réservé à 300 prisonniers, femmes, enfants, vieillards serbes transportés l’été 1999 depuis le Kosovo jusqu’en Albanie.
Evidemment, quand un Belge entend le mot « Kosovo », il est comme Kouchner, sa petite âme se révulse et crie vengeance contre les méchants occupants serbes « tous des criminels ». Bon. Passons.

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Les prisonniers étaient enfermés dans une sorte de prison et où des chirurgiens prélevaient leurs organes, « Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l’aéroport de Tirana vers des cliniques à l’étranger pour être implantés sur des patients qui payaient » Les victimes privées d’un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu’au moment où elles étaient tuées pour d’autres organes » (extrait d’un article du journal Le Soir).
Parmi les initiateurs du projet, il y avait Agim Ceku, Premier ministre du Kosovo de mars 2006 jusqu’en janvier 2008, et Hashim Thaçi, actuel Premier ministre.
Voilà des gens qu’on a abondamment filmés au nom du Kosovo libéré du joug Serbe et qui sont d’infâmes crapules du niveau du docteur Mengele d’Auschwitz !
C’est ainsi que nous sommes en Belgique. Nous nous donnons pour les justes causes.
« Les dirigeants d’un niveau intermédiaire et élevé de l’UCK étaient au courant et étaient impliqués de manière active dans la contrebande des organes », écrit Mme Del Ponte.
C’est gravissime et de la bouche même de ce magistrat international, cela paraît crédible.
Bien entendu, cette information passera inaperçue comme toutes celles qui contrarient l’opinion générale bien assise dans ses convictions, et qui ne souhaite pas être dérangée dans sa lutte contre l’idée qu’elle se fait de la barbarie.
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1. « La chasse, moi et les criminels de guerre », publié en Italie, de Carla Del Ponte et un journaliste du New York Times.

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