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SOS au journal Le Monde.

Voilà longtemps que la grande presse va mal. Les coût d’impression, les salaires d’une rédaction digne de ce nom, les difficultés faites autour des choses de l’esprit par les lois et l’usage qu’on peut en faire quand on est riche et influent, font qu’il est impossible d’équilibrer un budget d’un grand journal d’information sans plus ou moins se compromettre avec les détenteurs de capitaux et les agences de publicité.
La perte constante de lecteurs assidus, conséquence de ce qui précède, mais aussi du désintérêt pour la lecture d’information, sinon pour la lecture tout court, font le reste.
On l’a bien vu avec la presse belge francophone, dorénavant scotchée autour de trois grands quotidiens et d’un nombre à peu près identique de titres d’une presse locale, survivante de grands quotidiens disparus ou fusionnés.
On pourrait à l’échelon de la France écrire à peu près la même chose.
La presse électronique sur la Toile, dans laquelle les survivants de la presse s’engouffrent dans le secret espoir de faire une publicité gratuite de la presse papier, n’est pas une solution, quand bien même elle ouvrirait sur certaines perspectives intéressantes.
Le grand journal de référence « Le Monde » en est là, comme tous les autres, en passe d’être vendu et cherchant à ne pas y perdre son âme, sa liberté d’esprit et sa capacité d’analyse.
Alain Minc, l’homme du Président qui s’est trompé sur tout ce qu’il a entrepris ou conseillé, a contribué à la déliquescence comptable qui mine le journal, en y déposant son fiel dans le Conseil de surveillancel. Il en est parti. Mais le mal est fait. Certes, il n’est pas responsable de tout, mais la fragilité de la presse est telle, qu’on ne peut pas dire que, sans être déterminantes, ses interventions n’aient pas été la goutte faisant déborder le vase.
Pour une presse moribonde, les candidats repreneurs paraissent signifier le contraire, tant ils sont nombreux et si on y ajoute le Gouvernement qui joue aussi un rôle depuis les coulisses, on pourrait penser que certains vieux gamins sont prêts à engloutir la moitié de leur fortune pour satisfaire un rêve d’enfant, à moins que l’influence et le prestige d’un tel journal frappe autant les imaginations que jadis. La reprise du Figaro par Dassault a fait des envieux.
Reste la spéculation des margoulins de la finance qui flairent une bonne affaire, là où le commun ne voit que ruine et cendre.

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Plusieurs candidats potentiels s'étaient manifestés, dont Carlo de Benedetti, propriétaire du journal italien l'Espresso et si l’on se souvient, patron d’Alain Minc dans son offre d’achat de la Société générale qui fut un échec. Peut-être l’inusable Carlo s’est-il souvenu des sommes considérables qu’Alain Minc lui fit perdre, et il a jeté l’éponge.
Un trio, formé des premières gâchettes de la finance française, a semblé tout un temps être le repreneur potentiel le plus sérieux. Il est composé de Mathieu Pigasse (les Inrockuptibles), Xaviel Niel (Iliad) et Pierre Bergé, l’inconsolable veuf d’Yves Saint-Laurent. Mais ce trio n’est pas en odeur de sainteté au Gouvernement. Il peut paraître étonnant de la part de Fillon de trouver ces repreneurs richissimes... trop à gauche !
L’entrée soudaine parmi les postulants du groupe Orange n’est pas anodine.
Stéphane Richard, a annoncé que le groupe était intéressé par la partie numérique du journal Le Monde, Le Monde interactif. Stéphane Richard est un proche de Sarkozy, et ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde. Orange serait le pion avancé par l'Elysée pour contrer tout ou partie de l'offre du trio diabolisé.
Actuellement, la seule offre ferme reste toujours celle du trio Bergé-Niel-Pigasse. Le journal Le Monde n'a même plus son mot à dire dans cette lutte en coulisse pour sa reprise. Il est toujours sous la menace d’une faillite pure et simple.
La Société des Rédacteurs du Monde, actionnaire de référence du journal mesure la gravité et l'urgence de la situation, mais refuse de "céder à l'affolement".
La réunion du 10 juin de l’actionnaire de référence en assemblée générale n’aboutira sans doute pas à un accord de principe.
On se demande si Sarkozy ne veut pas la peau de certains journalistes qui pourraient lui tailler des croupières dans les mois qui vont suivre et qui sont importants pour sa réélection.
On le voit, même par terre, Le Monde fait encore peur.
Reste qu’une affaire de gros sous est toujours synonyme d’un appauvrissement de la liberté de ton et d’indépendance.
Le Monde doit, d'ici la fin du mois sous peine de faillite, céder son contrôle à un nouvel investisseur qui injectera de l'argent frais, à raison de 80 à 120 millions d'euros, selon les estimations.
Vous en connaissez, vous, des investisseurs « de gauche » à ce niveau-là ?

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