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Ponzi sheme bis.

Vendredi, dans les sous-sols du parking Delhaize, l’arnaque était plaisante. Trois joviaux représentants d’une association de fantaisie interpellaient la clientèle afin de recueillir des signatures contre l’excision des femmes de Kinshasa. Ils brandissaient chacun une feuille soigneusement tenue d’une certaine manière. Qui n’approuverait pas une telle démarche ? Sauf qu’à la dernière colonne masquée justement par le pouce du démarcheur, le signataire devait indiquer la somme versée. Et, les bougres réclamaient vingt euros minimum !
Comment faire pour se défiler, alors que vous aviez signé et inscrit nom et qualités ?
Pour ne pas faire un scandale, et puis les arnaqueurs étaient drôles, je marchandai mon opposition aux maquerelles exciseuses de Kinshasa à 5 euros. Ce qui fut accepté avec force soupirs et roulement d’yeux attristés. Pour un peu, j’avais l’air d’aider à la coupe des clitoris africains.
Pourquoi était-ce une arnaque ?
La façon habile et apparemment gratuite de vous demander une signature sur un document pour une bonne cause et puis d’être sommé, presqu’une obligation, d’ouvrir le portemonnaie s’appelle une arnaque à la main forcée.
Je n’avais pas encore quitté le parking que nos beaux oiseaux exotiques s’envolaient ! Une voiture de police faisait un petit tour de ronde.
Ces arnaqueurs touchaient les gens par le cœur. Il y a gros à parier qu’il n’y avait que des braves gens parmi les arnaqués, pour qui 20 €, c’est beaucoup.
Ces joviaux garçons exerçaient leur petite rapine au bas de l’échelle des arnaques, parmi le petit peuple, pauvre, parfois indigent, avec un cœur « gros comme ça ».
Les riches ne marchent pas dans ces combines. Ils ne tombent que dans le panneau d’escrocs de haut vol. Faire croire à un riche qu’il va doubler facilement ses gains, est le plus sûr moyen de se faire des ronds sur « la bête ». On ne les aura pas aux trémolos d’une pseudo bonne cause.
Stéphane Bleus n’est pas de Kinshasa, l’excision de l’intéresse pas. Il n’écume pas le marché du boulevard Lumumba pour des francs congolais. Il fait dans l’extraction des comptes en banque. Et ça marche ! Pas besoin de se les geler dans un parking du Delhaize. Il suffit de reprendre le truc de Ponzi qui fonctionne toujours à merveille depuis 1920 !
En un mot, le truc remis sur les rails par Madoff est un montage financier qui rémunère les investissements des clients sur les fonds des nouveaux entrants. Quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients, l’escroquerie est dévoilée. C’est le scandale. Madoff a risqué un coup de trop. Il est en tôle pour un bout de temps.

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Stéphane Bleus est plus prudent. Il a mis les voiles au bon moment.
Il lui paraissait que 100 millions d'euros étaient une belle cagnotte. Avec un regret, sans doute, il voulait s'attirer les faveurs de l'Eglise pour que celle-ci investisse dans son Ponzi show.
Ceci pour démontrer qu’on n’a pas le riche par le cœur, mais par le goût du fric, gagné vite fait bien fait et si possible sans impôt. Les rois du black, ce sont eux, quasiment intouchables, protégés par les lois torves, les discours enthousiastes de ces autres escrocs de la politique qui font croire aux pigeons du parking Delhaize, qu’il faut détaxer les riches pour créer des emplois !
Quand ils se font saigner par plus vautours qu’eux, les riches s’indignent par avocats interposés sur les bancs du tribunal de commerce ou de correctionnelle. La mine dépitée d’Enrico Mathias qui doit rembourser 30 millions d’€ à une curatelle de faillite, alors qu’il n’en a perçu que dix, fait peine à voir. Qu’avait-il à vouloir tirer plus de ses ritournelles qui l’ont propulsé dans la Jet-society ?
C’est le côté minable du capitalisme qu’on nous montre là. Ces fortunes acquises, brassées, dépensées, escroquées, c’est le résultat du travail accompli par des générations de travailleurs pauvres.
La société libérale, à peine a-t-elle proclamé l’égalité de tous ses membres, s’efforce de les ranger en ordre de quantité décroissante dans l’intention d’exclure les plus défavorisés (J-P Sartre)… l’arnaque dérange le processus. Il est pris peu aux petits et beaucoup aux gros. Voilà qui rétablit une sorte d’égalité.

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