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La raison et la peur.

Ce n’est pas encore la polémique, mais on pourrait y venir sur l’état d’alerte maximale à Bruxelles au niveau 4, alors qu’elle était au niveau 3 à l’aéroport de Zaventem ! Allez faire comprendre ça à un étranger relève d’au moins deux heures de cours sur les Régions, les frontières linguistiques, les polices, les cinq gouvernements, les neuf provinces, etc.
Reste que le niveau 3 redevenu la règle, ce n’est pas rien non plus. Le danger, c’est que le gouvernement Michel s’y installe et que la police y retrouve un peu de son prestige, dans la crainte où elle était d’être ravalée au niveau d’autorité des enseignants.
Être sur le qui-vive n’est pas critiquable. L’usage qui en est fait est une faute majeure.
La Ligue des Droits de l’Homme s’inquiète déjà des perquisitions à tout va et des contrôles à la tête du client. Il ne faudrait pas que cette tension dure trop. Même si la « Société des Gens qui n’ont rien à se reprocher » regroupe les amateurs de la sécurité totale, sachant qu’elle n’existe pas, mais permet au bruit des bottes « amies » d’y joindre le silence des pantoufles, contrairement à ce qu’écrivit le poète.
Est-ce que l’Europe s’était trop enfoncée dans l’idée que la guerre de 40 était la dernière et qu’on entrait pour longtemps dans la paix atomique ? Les événements d’aujourd’hui auront réveillé la peur que l’on croyait éteinte de l’Uhlan de 14 à l’SS de 40.
Le gouvernement Michel au lieu d’analyser de sang-froid la situation intérieure a mesuré l’intérêt qu’il avait de laisser ses concitoyens dans un état d’esprit qui n’autorise plus les revendications syndicales musclées et permet à des ministres médiocres d’exister sans pression pour obtenir leur démission.
La manœuvre reprise par le petit Chastel, président du MR, a été refilée au tonitruant Ducarme, interprète du répertoire libéral au parlement et dans les médias.
Le baryton du parti accable le PS et le CDH de tous les maux précurseurs au désastre actuel faisant de Molenbeek l’exclusif terrain de manœuvre pour les recrues du wahhabisme.
C’est difficile, mais peut-on obtenir au moins une parcelle de bon sens dans les cervelles détraquées de nos élites à propos de Daech et de ses têtes de pont en Europe ?
S’il est fort difficile de lutter contre cet adversaire, étant donné les méthodes qu’il emploie et les caractéristiques de notre société, rien ne pourrait empêcher qu’il y ait d’autres victimes innocentes. Quitte à faire bondir certains, l’automobile fait cent fois plus de morts et pourtant on continue à rouler en voiture et à fréquenter les trottoirs que des voitures frôlent souvent à toute vitesse.
Le danger est tout aussi inattendu, injuste et révoltant. Pourtant, on n’en a pas peur !

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Au lieu de jouer les durs à qui on ne la fait pas, tout en fichant Bruxelles dans une pagaille rare, plutôt qu’ouvrir son parapluie Charles Michel aurait mieux fait d’apprendre aux gens à se dominer et à garder leur sang-froid. Hélas ! le premier qui l’a perdu, c’est lui.
Nos ennemis ont l’avantage d’être dénués de scrupules. Souvent à peine dégrossis par l’école, ils offrent aux raisonnements le front d’airain de la bêtise. Leur seule certitude tient dans la croyance d’une foi qui a toujours raison. Leur propre mort qu’ils considèrent comme un départ du voyage vers Allah effraie par rapport à nos vies sollicitées par tant d’autres intérêts qu’on en a oublié notre fin dernière.
Nous ne savons plus relativiser. Notre parcours est prévu à l’avance. Nous manquons de philosophes ou plutôt nous ne voulons plus les entendre. Cette idée que nous sommes tous des cibles potentielles, nous est insupportable ! Alors que la même situation au hasard d’une circulation démente nous rend fatalistes et résignés.
Et voilà que le terrorisme passe les frontières comme il le veut, justement au moment où nous ne croyons plus à l’Europe.
Nous nous rendons à l’évidence que notre multiculturalisme n’a pas fonctionné et que, malgré tout, nos élites persistent, parce qu’ils n’assument pas leurs erreurs. Ce qui fait que ce ratage est en réalité un vivier de recrutement à Daech et une mine d’or pour le Front National (si un orateur de talent se présentait en Belgique sur ce thème, on en verrait de drôles !).
Heureusement que naît enfin la seule idée qui vaille : tant que Daech n'aura pas été détruit, les tueries à l’aveugle continueront.
Et ça, quand vous entendez l’élite nous raconter que c’est impossible, alors qu’ils ne font que passer au-dessus des villes à reconquérir et des gens à libérer, quand Obama rassure l’allier turc qu’il peut poursuivre son petit commerce avec Daech et quand l’Europe cafouille dans toutes les décisions nécessaires qu’elle ne prend pas, oui là, on est en droit d’avoir peur.

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