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L’angle ano-rectal du Belge moyen.

Voilà plus de dix ans que marine le hareng-saur de la démocratie par délégation dans le bocal de Richard III. Le deal ne marche pas. Il entube toute la population d’un consensus aléatoire, qu’une majorité intériorise en enfilant les perles électorales !
Je me croyais faraud et bien seul à tondre le mouton du Petit Prince, sur un pré carré à la con... paraît qu'on a de la visite.
Charles Michel admire son alopécie dans tout miroir qui réfléchit à sa place. Son poisson plat, Didier Reynders, sillonne les vases glaiseuses des fosses profondes d’RTL, aux forêts de pâte à papier du Soir, tout semble baigner dans cette atmosphère spéciale des couloirs d’un vaste hôpital psychiatrique. Les fenêtres grillagées donnent sur la cour intérieure où le Belge moyen déambule en pyjama d’hôpital.
Ma tante d’Honfleur et son valet de cœur Di Rupo tricotent une écharpe pour réchauffer le Doudou, à un ouvroir du PS resté ouvert. Dans la vallée de la Lasne, sa Juliette rêve de faire l’amour une dernière fois avec l’électeur. Elle capte l’attention des derniers socialistes, en brodant « Onkelinx » sur le coussin de pied d’un célèbre avocat.
Tout semble calme et ennuyeux, mais de cet ennui à la belge, fait d’un savant mélange de résignation et de médiocrité qui font du citoyen un imbécile heureux. Quand soudain, un vent dérangeant venu de France, bouscule la statistique reposante du conformisme bourgeois.
Il s’est échappé d’un coulis d’air empesté du gros intestin institutionnel de la République voisine !
Quoi ! s’insurgent les narines dans la rue, cette démocratie développe une fragrance de merde ! Cinquante ans après Mai 68, la gueuse sent toujours aussi puissamment !
Les fins analystes se penchent donc sur les vapeurs du remugle, séparant les brens durs du bloc sarkozyste, des liquéfiantes fientes rosâtres de Hollande, pour s’attarder sur les résultats diarrhéiques bleu blanc rouge de Macron.
Dans ce contexte, l'institut YouGov a testé auprès d'un échantillon représentatif de Français, lequel des slogans emblématiques de Mai 68, correspond le plus à cette année 2018.
"Élections, piège à cons!" est sorti largement en tête de ce sondage !
Suivent juste derrière l'hédoniste "Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner" (18%) et "Fermons la télé, ouvrons les yeux" (18%). Le fameux mot d'ordre libertaire "Il est interdit d'interdire", 12%, tandis que l'utopiste "Soyons réalistes, demandons l'impossible" ne convainc que 4% des sondés. Révolution du bitume obsolète, le très folklorique "Sous les pavés la plage" ne retient l'attention que de 3% des Français.
Ce slogan « Élections, piège à cons » fait florès, jusqu’à rester inoxydable dans les mémoires. C’est dire ce que la population pense de cette démocratie par délégation. En 1973, Jean-Paul Sartre dans la revue « Les Temps Modernes » opposait le "pouvoir légal" né des urnes et le "pouvoir légitime" émergeant de la rue et des rassemblements populaires.
C’est toujours valable. Sauf qu’on a élargi « le champ » comme aurait dit feu Bourdieu, en 2018, pour le constat de la dualité de la personnalité de l’homme de la rue, puisque il est l’électeur qui plébiscite les zombies du capitalisme, en même temps qu’il s’écrie majoritairement « Élections, piège à cons » ! Va comprendre ?

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Les Français, je l’ai toujours écrit, sont en avance de dix ans sur nous en matière de critique du système économico-démocratique. Ils sortent des cabinets les mains fleurant la lavande, alors que nous sommes encore à nous déchirer le cul pour évacuer le libéralisme douloureux en contractions des muscles du plancher pelvien, en mouvements réformateurs saccadés, sur l'angle ano-rectal fermé, empêchant la sortie des selles !
« T’as le bonjour d’Alfred ! » ne semble pas encore entendu d’Emmanuel Macron, toujours attaché au mât par Brigitte, qui lui bouche les oreilles à sa poudre de cantharide bien sèche, afin qu’il n’entende pas le chant des trois sirènes Autin, Fiat et Obono.
Les jeux ne sont pas faits, les mises sont ouvertes. La partie basse des Français rêve de faire plier l’autre, par la grève et la rue. L’élection au second tour de la présidentielle n'était pas un "chèque en blanc" face à Marine Le Pen.
Nous autres, les Belges, que faisons-nous de nos dix doigts ?
Nous feuilletons nos missels économiques en écoutant tonner le père Charles Bourdaloue-Michel. Ce n’est pas Bossuet, c’est tout juste le fils de Louis Michel-Thénardier, patron du bouge qui exploite la petite Cosette, bientôt chômeuse chez Carrefour.
Il nous explique le chemin de croix de l’austérité, lui-même a fait semblant de tomber une troisième fois. Ses apôtres en éristique nous en bouchent un coin. Richard Miller, en caleçon romain, à l’air d’un eunuque affranchi de Tibère. Le petit Chastel, c’est Héliogabale qui confond la purée de tomate avec le sang de Titus-Reynders.
Que voulez-vous, nous attendons d’en savoir un peu plus sur « la vie en France » pour donner une orientation à la nôtre, nous sommes un peu comme Bart De Wever qui lui, vire carrément Hollandais.

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