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19 août 2019

Être pauvre, et alors ?

Difficile de lutter contre la « bien-pensance » qui emprisonne nos vies dans le corset de la bourgeoisie dominante. Par le poids de l’argent et en vertu de la propriété de tous les moyens de diffusion, elle donne l’image d’une société libérale, bien outillée contre toute révolte possible.
Des témoignages percent le plafond de verre. Ils échappent à la vigilance des gardiens du temple, gazetiers mercenaires et partis politiques complices.
Rassemblés, ils forment une nouvelle culture malgré les gaz lacrymogènes et les brutalités d’une police au service de l’économie officielle, dont le crédo tient lieu de démocratie.
Ils tracent les prémices d’une autre histoire, celle d’un peuple victime des exactions d’un libéralisme poussé à des perversités spéculatives sous la forme de sévices administratifs.
En 2019, de grandes entreprises tirent profit des personnels assidus, mais qui ne sont pas des salariés à temps plein et qui ne bénéficient d’aucune assurance maladie, ni d’allocations de chômage possibles. Ce sont des travailleurs « indépendants », pigistes des journaux, attachés à des projets, « ubérisés » sédentaires, etc., galériens des temps modernes.
Les mêmes employeurs pratiquent le ‘ghosting’ (littéralement « fantôme »). Ils laissent le candidat à l’emploi sans nouvelle après un entretien. Alors qu’ils savent très bien que l’ONEM va réclamer des preuves matérielles aux recherches. L’âgisme est un terrible handicap pour des milliers de chômeurs, dont le pouvoir ne tient pas compte. Enfin, en plus des « indépendants » travaillant à temps plein dans certaines entreprises et non des moindres, celles-ci ont recours à des travailleurs contractuels sur de courtes périodes, ce qui évite d’accroître les effectifs et de verser des prestations sociales.
“Travailleur indépendant à temps plein” est une pratique courante bien connue des gouvernements Di Rupo et Michel qui s’en sont félicités comme un « progrès », alors qu’aux USA – temple pourtant du capitalisme – le ministère du Travail est contre.
Ce genre de salariat déguisé tend à se généraliser, tant les chômeurs sont prêts à tout accepter, pour se défaire « d’un poids sur la conscience » de ce qu’ils croient être eux-mêmes ignominieux : « sortir de l’assistanat public ». Alors que la plupart des usurpateurs des volontés populaires, pratiquement toutes les personnes fortunées, soutenues par d’autres formes de rétribution, un gros paquet de planqués politiques et y compris certains parlementaires et ministres, sont des assistés rémunérés et fiers de l’être !
Une question reste pendante à tout qui devient chômeur de plus d’un an « si personne ne m’embauche, comment vais-je faire pour m’en sortir ? » C’est alors que ces messieurs assistés eux-mêmes par l’État se creusent l’esprit pour qu’avec la faim au ventre, le chômeur se rue sur n’importe quel boulot, sachant bien que ce « n’importe quel boulot » est lui-même raréfié par le renouvellement des chômeurs de la génération montante ! Hé oui, car les jeunes, avec diplômes ou sans, qui atteignent l’âge de travailler, il faut bien leur laisser une place dans cette étrange situation de demandeur d’emploi, comme s’ils étaient un bien immobilier qui ne trouve pas preneur !

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Il n’y a pas de honte à être pauvre. Dans la situation actuelle, il y aurait plutôt lieu d’être honteux d’être riche, au milieu d’un océan de pauvreté.
Le stress consécutif à un chômage chronique et à la pauvreté fait beaucoup de dégâts. L’action gouvernementale l’aggrave. La méconnaissance du drame social est plus qu’une faute, c’est presque un délit de non assistance à personne en danger. La stigmatisation du chômeur de longue durée conduit à la désignation arbitraire, c’est une ignominie pratiquée couramment par des voisins, la N-VA, le MR et le PS.
Beaucoup de gens naissent et vivent dans la misère leur vie durant. La plupart ont honte d’en parler. C’est une erreur de jugement, venu d’un sentiment d’humiliation. On nous a appris à cacher ce qu’on est, pour faire croire à ce qu’on n’est pas. Ce n’est pas un crime d’être pauvre. C’est un crime de savoir qu’il y a beaucoup de pauvres dans une société qu’on nous dit « d’abondance » et de ne pas témoigner de la fausseté du discours officiel !
Vivre sans argent change la relation que nous avons à celui-ci. On devient maître dans l’art de réduire les frais et de limiter les dépenses. Les premiers écologistes sont les pauvres.
L’angoisse de vivre dans l’incertitude du lendemain peut se transformer en une excitation réconfortante de s’en sortir quand même, en retrouvant fierté et confiance en soi.
Malgré la société égoïste, les malfaisants qui nous gouvernent, on se dit que l’humain étant capable de tout, il se pourrait qu’un jour, ce soit dans le bon sens.
On ne résoudra pas les problèmes de chômage, de sous-emploi et de pauvreté, dans le type de société dans laquelle nous vivons. Mais on peut agir immédiatement, en ne se laissant plus piéger par les discours officiels.
Les riches ont leurs clubs, leurs terrains de golf, leurs habitudes, leurs centres d’intérêts et leurs partis pour tenter de se reproduire sans déchoir, ayons les nôtres, ne votons pas comme eux, singularisons-nous ! Peut-être finirons-nous par nous réconcilier avec la démocratie, cette belle garce qui se prostitue pour leur fric.

18 août 2019

La génération snowflake.

Les intérims de vacuité extrêmes, c’est une spécialité belge. Le maître d’école n’est pas encore parti pour l’Europe, qu’il a la tête ailleurs. En cette fin août, Michel est indulgent par indifférence. Il a la tête dans les nuages. Le tempestaire a décidé qu’aucune pluie ne l’atteindrait d’ici son départ. Adjudant à Bruxelles, nommé général en Magonie, il est autrement plus futé que Reynders.
La classe chahute. Pourtant les turbulents Francken, Jambon, Vandeput, sont partis. Les élèves restants se sont partagé les ministères. L’informateur Didier Reynders, vice-premier ministre, est aussi ministre de la défense et des affaires étrangères. Sa serviette est un caddie. Quand il entre dans un de ses ministères, on dirait une ménagère qui passe chez Carrefour.
Évidemment, c’est pour « de rire » comme on disait jadis aux préaux des écoles communales. Dans le caddie, la rame de papier est vierge, évidemment.
Ils font de la procrastination, puisqu’on attend de vrais ministres issus des élections. C’est comme s’ils avaient reçu l’ordre de remettre au lendemain, ce qu’ils n’ont jamais réussi à faire le jour même.
On n’a pas tout vu. Quand Charles Michel se jettera résolument au sommet de l’Europe, il faudra trouver un autre premier ministre pour rire, remplaçant doublement intérimaire. Et si d’ici octobre, c’est toujours lui, il ira nous représenter à l’UE pour trancher du Brexit !
Les électeurs sérieux élisent des représentants qui ne le sont pas le moins du monde ! Curieuse démocratie, je crois qu’on est allé au bout du possible.
Dans ce foutoir, les bourgeois sont acclamés par la presse, glorifiés par Pascal Delwit et Sinardet, encensés par RTL et la RTBF, déclarés intangible par la banque, soutenus par Denis Ducarme et Georges-Louis Bouchez, symbolisés par la source pétillante naturelle de Bacquelaine, caricaturés par Richard3.com, le Rembrandt de la Ronde de la nuisette. L’Inspection des Finances s’est réveillée au milieu des cochonneries de ses brutes avinées pour nous révéler les combines et les malversations sans souci de gabegie, marque de tout gouvernement qui se respecte.

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Le siège de la police fédérale a coûté des millions en trop au contribuable ! (les journaux)
Le reste, rien que du sérieux et c’est épouvantable !
« D'après un rapport d'audit confidentiel de l'Inspection des Finances, le siège de la police fédérale a coûté des dizaines de millions d'euros en trop au contribuable, indique samedi l'Echo, qui s'est procuré le document. Dans le rapport, l'Inspection explique en détail comment des dizaines de millions d'euros ont été gaspillés dans le cadre d'un seul et unique projet: le siège principal de la police fédérale à Bruxelles. »
Ce siège en question a coûté 312 millions d'euros. L’Inspection pointe un surcoût injustifié de 40 millions d'euros.
Oyez MM Sinardet et Delwit, mesdames Delvaux et Anne-Sophie Leurquin : Loi des marchés publics violée, promoteur immobilier retrouvé seul à la barre, personne pour commencer les travaux, la Régie des Bâtiments n'a pas contrôlé correctement les factures, etc. Pour couronner le tout, une grande spécialité du libéralisme a été introduite en bouquet final. La combine est simple, on construit avec l’argent des contribuables. On vend à pertes le bâtiment à peine construit au promoteur immobilier, pour le relouer quelques années plus tard contre un loyer exorbitant !
Il paraît qu’il y a d’autres cas similaires.
On reste scié. Les citoyens ordinaires qui agiraient ainsi seraient en prison ! Tandis que ceux qui ne sont pas ordinaires, puisqu’ils sont ministres, sont honorés, décorés, adulés sur les estrades de la réussite sociale. Ce qu’ils écrivent est scripturaire, leurs paroles polysémiques !
Merde ! Je n’en reviens pas.
Tous ces gredins célébrés, ces voyous divins, ces virtuoses de l’usucapion sont nos maîtres, et moi je suis un imbécile.

17 août 2019

Cieltje !... son mari.

À raison d’une idée tous les trois mois, les informateurs devaient en avoir une cette semaine.
Croquebol et Filochard ont décidé, puisque personne ne se décidait, de faire le programme eux-mêmes ! Plus besoin d’un formateur, les informateurs suffisent.
Ainsi, nous allons avoir un document de travail sérieux, il ne restera plus qu’à refiler le bébé à un père. Di Rupo est célibataire sans enfant…
Didier Reynders et Johan Vande Lanotte se verraient bien dans un nouveau deal avec Monsieur de Mons. Tout est dans le dosage du programme pour qu’il soit N-VA compatible. L’Haut-lieu a promis un grand rôle au maïeur d’Anvers.
On n’a toujours pas coupé le cordon sanitaire qui lie le Vlaams Belang à la N-VA, si bien qu’on hésite.
Le drame est ailleurs. Bart De Wever n’a pas voulu la direction de la régionale flamande pour se réserver la chefferie nationale. Les deux scouts de Philippe Premier se trouvent devant un jamboree difficile : faire entrer Di Rupo dans un gouvernement De Wever et mettre dans le placard à balais Filip Dewinter !
Prochaine idée en novembre.
Philippe Premier et sans doute Dernier n’aurait jamais dû confier la gérance formative à ces deux fossiles de la Belgique des Charbonnages. Remontés à l’air libre, libérés de leur gangue de houille, ils ressemblent à deux tiges de fougères aplaties par trente millions d’années de pressions diverses !
Interrogés quand même par quelques indéfectibles royalistes qu’on ne trouve que dans les journaux bourgeois, nos deux foudres ne veulent plus entrer dans des grandes discussions idéologiques. Ils ne veulent même plus de discussions du tout !
Les deux informateurs ont pondu un cahier des charges. Ils l’ont décomposé en une dizaine de chapitres : en incipit, la chasse et la pêche pour faire l’unanimité ; en rubato la sécurité sociale qui fâche tant De Wever, à Mon Mons ; le climat au duumvirat présidentiel écolo et l’immigration à la N-VA. Ce dernier poste a été présenté à la délicieuse vice-présidente de la N-VA, Cieltje Van Achter, que physiquement et à titre personnel j’aime beaucoup. Theo Francken avait le dos tourné, espérons qu’il n’a rien vu. L’immigré, c’est pour lui.
Dans leur numéro, les duettistes formulent des objectifs à clairevoie, à défaut d’être clairs. Chaque section est munie d’une notice d’urgence pour l’utilisation d’un défibrillateur ainsi que la manière de pratiquer le bouche-à-bouche. Le texte se base sur les discussions exploratoires menées avec les partis.

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À la mi-décembre, l'étape suivante, les informateurs proposeront un programme MR-PS-N-VA aux partis. Ceux qui en veulent lèveront la main. Le commissaire priseur à Laeken décidera s’il adjuge ou pas. On a prévu quatre acheteurs dans la salle des ventes, peut-être moins.
Vers mai 2020, le gouvernement formé, on ouvrira le volet du parlement. Si les discussions se terminent avant les vacances de juillet 2020, il serait possible de proposer des ministres au roi en janvier 2021. Il resterait ainsi une année et demie avant les législatives de 2023. C’est plus qu’il n’en faut pour réduire les pensions, éliminer les chômeurs qui ne cherchent pas d’emploi et contenir la dette en augmentant les taxes et la TVA. Bacquelaine piaffe d’impatience. Le gouvernement, en panne depuis mai, n’arrête pas de pondre des lois incendiaires qui sont heureusement sans effet, puisque c’est pour rire.
Mais, rien n’est encore joué. La partie débute à peine.
C’est quand même énorme que les électeurs votent pour des gens qui ne parviennent pas à s’entendre, alors que lorsque je vais à Anvers ou qu’un Gantois vient à Liège, tout le monde s’entend parfaitement !
Il doit y avoir quelque chose que je ne comprends pas !
Il est vrai que lorsque j’entends Reynders se lancer dans un raisonnement, aussitôt mes paupières s’alourdissent. Il n’y a que Cieltje dans le camp De Wever qui est pour un dialogue avec le PS… heureux Magnette !
Samedi 17 août, MM. Reynders et Vande Lanotte sont attendus chez le roi pour un rapport itératif. On n’est pas certain de les y voir, Vande Lanotte à piscine et Reynders à d’autres projets. Un parti d’opposition est en passe de prendre le pouvoir au Honduras et aurait besoin d’un homme de prestige pour faire président de la république. Reynders pourrait négocier le salaire et prendre une décision prochainement, après toutes ses candidatures ratées, il ne va pas finir ministre des transports dans un gouvernement De Wever !
Durant tout ce mois, Michel est à l’essayage chez Arnys, le tailleur de François Fillon. Il complète sa garde-robe pour faire président d’Europe. C’est encore ce qui fait le plus enrager Reynders.

16 août 2019

Macron & Michel.

Quelques hommes politiques paraissent innovants, modernes… Les « héros » de notre temps semblent des personnalités capables de dépoussiérer la démocratie. En Europe, si les dirigeants nationalistes s’excluent d’eux-mêmes, Emmanuel Macron et Charles Michel correspondent au plus près à ces images d’Epinal.
Cette nouvelle élite, qui tranche dans le vif des gens parce qu’il lui semble que c’est la meilleure solution, est-elle si éloignée que cela de l’ancienne bourgeoisie, hargneuse, jalouse de ses droits ? Depuis deux siècles, elle s’acharne à défendre la propriété et la permissivité du maître (le patron), contre ses sujets (les travailleurs).
N’est-ce pas plutôt un autre visage de la nomenklatura de toujours ? Le bourgeois, c’est Janus bifrons (à deux têtes), dieu romain des commencements et des fins. Tandis qu’il nous montre une tête, il prépare l’autre en coulisse dans un seul but, faire tourner les choses à son profit.
Davantage Macron que Michel, il descend dans l’arène de l’opinion publique témoigner de ses convictions.
Tout est dans l’attitude, celle du conquérant porté par le narcissisme maternel de Macron (1). Le nez aquilin, à peu près sa taille, c’est Napoléon du Pont d’Arcole à Bormes-les-Mimosas.
Charles Michel, plus fourbe (2), serait plutôt un cognomen (ancien Romain) à l'origine des premiers surnoms, comme Calvus (le chauve), qui cacherait un poignard dans sa manche, pour se protéger de César.
Les parangons de l’ordre leur confèrent un pouvoir de séduction incontestable. On entre dans l’inexplicable.

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Le conquérant fascine comme les grands fauves. La fascination n’est pas du même registre que l’amour ou le dialogue fraternel. Ainsi moi, qui les déteste, je ne peux m’empêcher d’en écrire, leur donnant, contre mon gré, le bénéfice d’un mépris qui rehausse l’estime de ceux qui les aiment. Là où je les trouve ennemis du peuple et de la démocratie, leurs partisans les louangent pour leur amour des gens et le respect des institutions !
Ils m’énervent tous les deux rien qu’à les voir objecter, montrant leur impatience de répliquer à l’interpellateur, ayant l’un et l’autre un début de discours qui me porte sur les nerfs « Je vais vous expliquer », comme on parle aux enfants qui ne comprennent pas.
À les voir venir vers nous, sans se départir d’un ton doctoral, on les croirait doués d’empathie. C’est ce qu’ils ont le moins et le plus d’intérêt à faire croire le contraire. L’empathie est l’identification à l’autre, ce qui suppose la capacité d’en adopter le point de vue. Ils en sont incapables. Quand on oppose la nature de Charles Michel à celle de Raoul Hedebouw, par exemple, ce qui saute aux yeux du psy c’est la spontanéité et la vérité qui donne à monsieur Hedebouw la grâce de la sincérité, par rapport à l’ambigüité de l’autre, plus « furbo » que sincère.
Tout chez eux n’est que calcul. Ils n’arrivent jamais à la fusion affective dans la ferveur des émotions, même quand ils serrent dans leurs bras, un enfant éperdu sur les lieux d’une catastrophe. Ils en font trop. C’est du théâtre, de l’émotion feinte. Là où ils sont sincères, c’est quand ils font des efforts pour paraître affligé.
Ces bourgeois recyclés sont les héros nihilistes de notre époque. Une tragédie dont le ressort est le moyen d’assouvir le “caractère destructeur” du capitalisme globalisé. Ce capitalisme, qui fait de la destruction une source de profit tant que la croissance dure, en détruisant en même temps celui qui la sert.
Ce qui m’exaspère par-dessus tout, c’est quand ils parlent du travail et des travailleurs. Savent-ils seulement ce que c’est qu’une journée de travail ? Celle qu’on ne passe pas dans un salon avec des personnalités, un ministre que l’on tance, une réunion générale d’un collectif avec thé et croissants ?
Le travail est le plus souvent une corvée de 8 à 12 et de 13 à 18, sans trêve, ni repos, jamais relaxant, avec un mal de dos assuré, une fatigue nerveuse, une peur bleue de s’être trompé quelque part, d’avoir raté quelque chose. Souvent, sans la joie de créer, dans l’absurdité des tâches dont on ne comprend jamais la finalité, surveillé, gourmandé, questionné, espionné, le cambouis jusqu’aux coudes ou dans l’atmosphère d’un bureau sans un souffle d’air, avec la sensation de mal faire, quand on se lève pour aller aux toilettes.
Et ces gens-là osent nous parler de la grandeur et de la noblesse du travail, justifiant ce qu’ils retranchent aux chômeurs, comme la punition légitime de qui n’aime pas travailler. Et le public accepte, comprend, voire applaudit quand, entre deux boulots, il approuve les mesures contre les chômeurs, les restrictions des droits, c’est un peu comme si ce public pouvait, en même temps qu’il crie son bonheur, se botter le derrière avec des brodequins à bouts renforcés, qu’il va chausser pour retourner sur le chantier.
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1. “Quand on a été le favori incontesté de la mère, on en garde pour la vie ce sentiment conquérant, cette assurance du succès, dont il n’est pas rare qu’elle entraîne effectivement après soi le succès.” (Sigmund Freud)
2. « Furbo » : madré, rusé en italien. Il n’a pas le même sens que « fourbe » en français.

15 août 2019

Trump se paie la Chine avant l’Europe.

Trump est tout ce qu’on veut, grossier, sans culture, odieux avec les femmes, coureur de jupons de préférence jeunes, falsificateur, menteur, sans parole, nul en tout : géographie, stratégie, histoire ; cependant, réaliste comme un banquier derrière son guichet au Texas en 1880, un colt sous la table et l’œil rivé sur le tiroir-caisse.
30 % des Américains l’adorent et les chefs d’État s’en méfient, sauf en Belgique où les Michel qui font la pluie et le beau temps au MR, ont pour lui une admiration craintive, comme ils font avec ceux qu’ils n’ont pas intérêt à mordre.
Donald n’aime que lui-même, il fait semblant d’aimer les Américains parce que cela le flatte d’être président. Il n’y a qu’une chose qu’il fait d’instinct, le biseness. Il est patron de l’Amérique et il entend que sa société prospère, pour en retirer du cash.
Les plateformes boursières du monde sont les succursales-dépôts du dollar. Il gère l’État américain en société anonyme, les autres sont tous des concurrents. Il traite d’homme à homme, comme avec Kim Jong-Un. Les traités, les Nations-Unies, sont des contrariétés, au même titre qu’un petit patron les syndicats et les partis de gauche.
Il offre un deal au PDG de la Chine, c’est à prendre ou à laisser. L’autre laisse et c’est la guerre financière. Le dollar est souverain, Xi Jinping bourre sa serviette de papier et sort avec la ferme intention de résister. Il cale devant la possibilité d’une récession.
La méthode de Trump, c’est l’intimidation. Celui qui est le plus balaise est toujours gagnant. Pourquoi se gêner dans un monde de brutes, il est la plus tranchante lame du monde capitaliste, tueurs des peuples et profiteurs pathologiques.
Avec la Chine, c’est du ping-pong. Une trêve de Noël dit-il au mois d’août. Le mois avant, il annonçait sur Twitter une taxe supplémentaire de 10 % sur les 300 milliards de dollars (271 milliards d’euros), d’importations chinoises aux États-Unis.

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La guerre commerciale entre Washington et Pékin dure depuis plus de deux ans. Elle gagne en intensité et les négociations patinent. « Le protectionnisme entièrement tourné vers le libre profit tel que le pratique M. Trump ne changera guère la donne pour l’immense majorité des citoyens américains. Le bras de fer commercial risque donc de ne faire que peu de gagnants… voire aucun » (Le Monde Diplomatique).
L’Europe ne perd rien pour attendre. Mercédès en mouille ses capots de larmes. Donald a pris Macron pour un pédé. Le New-Yorkais accélère les tremblements de Madame Merkel.
La Chine cherche à se dégager de l’emprise occidentale sur son économie en accélérant sa modernisation et en trouvant de nouveaux débouchés, en même temps qu’elle a des cheveux blancs à se faire à Hong-Kong, qui n’est pas aussi facile à avaler qu’un Tibet bouddhiste à qui on pète la gueule et qui vous dit « merci » !
Commencée au printemps, l’offensive contre la Chine s’est poursuivie l’été et probablement l’hiver. Les deux pays se battent à coup de taxes sur les produits importés. Certains copains de Trump sont épargnés, les montres intelligentes (smartwatches), dont Apple est le leader outre-Atlantique, sont assemblées et réimportées de Chine… Xi Jinping a listé 5 200 produits américains représentant 60 milliards de dollars. Ouf ! Apple n’est pas touché.
Hors du groupe des cinq premières puissances mondiales il y a seulement dix ans, la Chine est numéro deux aujourd’hui. Elle a profité que les dirigeants occidentaux ouvrent leur pays à tous les vents commerciaux, encouragent les délocalisations et suppriment un à un leurs instruments d’intervention économique sous la pression des multinationales. Celles-ci se sont ruées vers la Chine, dans le but de freiner les revendications des travailleurs occidentaux.
Donald Trump, dans sa paranoïa, sert la gauche européenne, puisque sa politique marque l’arrêt des décentralisations folles en Europe !
Les dirigeants chinois avaient fait des accords avec les multinationales sous condition de transférer une partie des technologies et des savoir-faire, l’aéronautique, l’électronique, l’automobile, les trains à grande vitesse, l’énergie nucléaire, tout y est presque passé ! Les multinationales, ravies d’aller exploiter une main-d’œuvre peu chère, en ignorant les conséquences écologiques et politiques, ont mis à mal les entreprises européennes et américaines. N’y voyant pas malice, JC Juncker y a applaudi les grands patrons, sans voir que cette politique contribue au déclin de l’Europe.
Le prochain sommet du G7 du 24 au 26 août 2019, aura lieu en France à Biarritz, il risque d’être chaud. Trump a ce genre d’exercice en horreur. En plein conflit avec la Chine, peut-être qu’il ne lâchera aucun tweets contre l’Europe. On ne perd rien pour attendre.

14 août 2019

Un Dutroux new-yorkais ?

Epstein n’en était plus à ses débuts à New-York. Il aurait pu interpréter How About You? la chanson a succès du film de 1941, Babes on Broadway (Début à Broadway), une production avec Mickey Rooney et Judy Garland....
Mais voilà, Jeffrey Epstein est un milliardaire. Quand on est dans son cas, on se croit tout permis, ce qui est vrai, sauf quand ce « tout permis » sort du cercle des amis : Donald Trump, Bill Clinton, le prince Andrew et quelques autres, dont des Français (on attend l’enquête du Parquet parisien).
Quand, l’opinion publique s’empare de l’affaire. C’est toujours délicat pour un tas de gens chics. D’autant qu’Epstein s’est débiné, on l’a « suicidé » dans sa cellule où il attendait l’ouverture de son procès. Depuis le FBI et peut-être déjà la police française cherchent des carnets d’adresse, des mouchoirs chargés d’ADN et de sperme, des photos comme celles de Moscou, mais c’était avec des prostituées majeures avec Trump et Epstein n’était pas dans le coup.
Vous savez comme sont les vicieux et les autres dans le maniement du portable. Un clic est si vite arrivé qui peut mettre fin à une belle carrière prometteuse dans le show politique.
Du côté des témoignages on est plus tranquille, quand on dirige un État ou une banque, on ne va pas cracher le morceau à des gens de loi, qu’on a soi-même aidé à mettre en place. Les riches ne font pas de confidences à leurs domestiques.
Quant aux victimes, la plupart ont été « défrayées » avec un paquet de dollars.
Toutes ne s’appellent pas Stormy Daniels. Et même elle, quand les gazettes en parlent, elles prennent bien soin d’ajouter « présumée » à la « maîtresse de Donald Trump ».
Pour les mineures qui ont partagé la couche d’Epstein et qui ont été généreusement rétribuées, la loi américaine est tout à fait particulière. Celles dont on a acheté le silence ont signé un contrat de discrétion, en vertu duquel leur témoignage ne peut pas être retenu par la cour dans un éventuel procès, comme on voit à Hollywood : « objection votre Honneur ».
Ce fut le cas de Dominique Strauss-Kahn qui fit débourser à Anne Sinclair, l’épouse du moment, un gros paquet de devises pour que la femme de chambre soit dédommagée pour une affaire qui relaxait le prévenu d’une perversion ancillaire de plus. Curieuse justice !
Le dénommé Epstein, multimillionnaire, a peut-être eu tort de mourir. Vivant, il aurait pu faire durer la chose juridiquement, comme son collègue en galipettes interdites, Harvey Weinstein. La justice américaine, qui « ne doit pas priver les victimes de la justice à laquelle elles ont droit », va peut-être faire pire en sortant des dossiers que les avocats d’un Epstein vivant auraient put enterrer à la pelleteuse.

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Ça chauffe aussi à Paris. Lundi 12 août, deux secrétaires d’Etat du gouvernement d’Edouard Philippe ont réclamé, dans un communiqué commun, « l’ouverture d’une enquête » sur les faits qui pourraient éventuellement être reprochés en France au financier américain Jeffrey Epstein. Marlène Schiappa et Adrien Taquet – la première est secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, le second est chargé de la protection de l’enfance, ces huiles du président Macron marchent sur des œufs, dans la peur de découvrir des horreurs sur des riches bien pensants et qui sont des donateurs LREM.
Déjà on ergote, la prise de position de Marlène et Adrien contrevient au principe de séparation des pouvoirs. Ils bousculent ainsi les conventions et montrent peut-être un zèle pour contrebalancer l’inefficacité de la garde des Sceaux Nicole Belloubet. Ce qui fait mauvais genre pour Jupiter.
De nombreuses questions restent en suspens, Epstein a-t-il été un love-machine, un Dodo la Saumure, un Dutroux ou un Fourniret ? Inculpé, le 8 juillet, pour exploitation sexuelle de mineures et d'association de malfaiteurs en vue d'exploiter sexuellement des mineures, il échappe à la justice, mais le procès aura quand même lieu. Il y aurait des complices. L'administration pénitentiaire, dans l'attente des résultats de son autopsie, a qualifié la mort du magnat d'"apparent suicide".
Les liens entre Donald Trump et Jeffrey Epstein, remontent aux années 1990 et 2000. Donald et Jeffrey étaient voisins à Palm Beach, en Floride. Trump est invité à tous les événements mondains organisés par Epstein. Le carnet d'adresses de Jeffrey Epstein, rendu public en 2009, contenait pas moins de 14 numéros de téléphone pour joindre Donald Trump. Ce qui caractérisait leur relation était "une appréciation mutuelle de la richesse et des femmes", résume le New York Times.
A travers ce copinage et le challenge à qui aura attrapé « la plus belle chatte » (dixit Donald Trump), le président des États-Unis a-t-il été témoin des agissements du financier ?
En juin 2016, d'après le quotidien américain, une femme porte plainte contre Donald Trump, assurant qu'il l'a violée en 1994 lors d'une fête au domicile new-yorkais de Jeffrey Epstein. Elle n'avait que 13 ans à l’époque des faits !
Un autre président, Bill Clinton, a voyagé à 11 reprises avec Ghislaine Maxwell, l'ancienne compagne d'Epstein accusée d'être sa maquerelle. L'avion était d'ailleurs surnommé le "Lolita Express". On passe l’épisode Andrew, prince d’Angleterre, trop graveleux pour ce site.
On s’arrête là. Nos américanolâtres pourraient passer une mauvaise fin de vacances.

13 août 2019

La traque aux chômeurs ouverte !...

Il faut être « un salaud de riche » pour avoir l’idée de faciliter les licenciements pour créer des emplois !… Epstein, qui avait besoin de jouir trois fois par jour pour résister à la mélancolie, était un exemple de consommateur de la jeunesse inexpérimentée. Il va manquer à la Jet Society et à Macron pour créer des emplois d’apprentissage.
Le président devient sanguin à présenter ses dernières ordonnances sur le chômage aussi saignantes. À contempler le couple, on dirait Ronald Reagan et Margaret Thatcher. Muriel Pénicaud, ancienne directrice des ressources humaines (DRH) de Danone a confiance. Son président ne fume pas, ne se drogue pas et n’est pas pédophile. Il est simplement contrarié ; Strauss-Kahn, Weinstein, Epstein, il craint l’amalgame pour le patron de sa banque, une nouvelle nuit de cristal, contre les sémites violeurs. Avec l’antisémitisme qui règne dans certains milieux d’extrême droite, Dieudonné aux aguets, on peut s’attendre au pire…
Lui-même met en place un hold-up sur les indemnités de chômage, en mettant hors-jeu patronat et syndicat dont c’était le rôle. Ses deux interlocuteurs habituels n’ont pu se mettre d’accord, et pour cause, Macron avait piégé la discussion en enjoignant impérativement aux deux parties, d’économiser un milliard sept sur le budget indemnisation.
Le but que poursuit Macron est à terme la disparition de l’indemnité de chômage pour un système d’assistance, comme aux États-Unis.

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On sait les MR-socialistes et les PS-libéraux friands de nouveautés américaines. La manière de Trump séduit Macron, le premier prend « la femme par la chatte », Macron voudrait la prendre par les sentiments de sacrifice « le chômeur coûte une fortune aux patrons et à l’État chaque année ».
Nous sommes en Belgique presque à l’heure française sur la question. Il suffit d’allonger le temps de travail nécessaire pour couvrir une période donnant droit aux indemnités de chômage et, sous prétexte d’égalité, de tendre vers un rétrécissement des taux d’indemnisation. Dans le nouveau système Macron, les travailleurs à temps partiel verront s’allonger considérablement le nombre de jours de travail nécessaire, le fait de travailler dix-douze heures par semaine n’étant pas suffisant pour atteindre 35 heures de travail minimum, il faudra dans ce cas, compter trois semaines ou plus pour que l’ayant-droit comptabilise une semaine de travail.
Mais c’est à un autre bastion que faute d’un syndicalisme prompt à la réplique, les libéraux, de plus en plus sûrs d’eux, s’attaqueront. Le patronat, en accord avec LREM, revoit le contrat de travail à durée indéterminée (CDI), qu’il a déjà fortement entamé dans son offensive pour un contrat à durée déterminée (CDD) et qu’il veut remplacer par des auto-entrepreneurs à la manière des Ubérisés, sans contrat du tout.
La sous-traitance évite à l’entrepreneur des charges de personnel, met les sous-traiteurs en concurrence pour diminuer les taux des prestations et n’est pas contraint de payer des indemnités de licenciement, ni des jours de carence pour les congés maladie.
L’ubérisation générale voilà l’objectif.
Le salariat fait de la résistance, évidemment. Les syndicats sont groggys ! L’offensive de Macron tombe pile pendant les vacances d’août, mois propice aux coups en-dessous de la ceinture. Les travailleurs belges sont protégés actuellement par l’absence de gouvernement, mais jusqu’à quand ? Un sadique comme Bacquelaine n’hésite pas à ronger son os en intérim, espérant se faire remarquer et engager pour la prochaine équipe, dans un moment où il ne peut pas serrer la vis, attendu qu’il est ministre sans capacité de nuire. Qu’il se contente de ramasser son blé, c’est tout.
Ce qui gêne le patronat tient à peu de chose ! Il y avait pour les personnels sous contrat une obligation de subordination, sous peine de licenciement pour faute grave. Avec des auto-entrepreneurs et des ubérisés, les obligations de subordination ne sont pas aussi tranchées. Un auto-entrepreneur est déjà précarisé avant de remplir un travail déterminé. La subordination, il a connu, c’est en grande partie à cause de cela qu’il tente autre chose. Pour se mettre au niveau des vrais patrons, il va souffrir.
Les économistes sont atterrés de la façon dont on s’y prend pour atteindre les plus fragiles, leur imputant le chômage de masse comme étant de leur faute. Cette ignominie semble partagée par les libéraux de l’extrême droite au PS.
Avec la précarité des pauvres comme garantie de prospérité des riches, la démocratie est bien malade.
L’Europe sociale n’existant pas, les fonctionnaires de Bruxelles suivent ces réformes attaquant directement le pouvoir d’achat des plus faibles, en légalisant les pratiques antisociales des membres de l’UE. C’est une politique dangereuse qui offre un boulevard à Salvini et Marine Le Pen qui ont beau jeu de dénoncer les outrances antisociales.

12 août 2019

PS aux quatre vents.

Il y à moins de deux mois, les nouveaux députés fédéraux prêtaient serment, bredouillant un texte auquel plus personne ne croit.
Parmi eux, Marc Goblet, ex-n°1 de la FGTB, il y a deux ans à l’article de la mort, prépensionné de la FGTB et aujourd’hui à 62 ans, ragaillardi l’espace de l’élection et prêt à quoi, au juste ?... avant qu’on n’entende plus jamais parler de lui ! Le socialisme libéral (comprenne qui pourra) se renouvelle en oubliant la jeunesse, une denrée qui se fait rare au PS.
Je n’ai rien contre Marc Goblet, je ne le connais pas. Par contre, je connais très bien le fonctionnement de la FGTB de la place Saint-Paul, ayant été entraîné dans ses rouages par mon attachement à la cause ouvrière et par amitié pour Jacques Yerna, un ami personnel.
Bien des années plus tard, un mystère demeure que je n’ai jamais pu éclaircir.
À la Régionale liégeoise de la FGTB perdure un noyau alimenté par de nouveaux chefs, remplaçant les anciens, de la même origine : la section liégeoise du parti socialiste de la place Sainte-Véronique, seul vivier reproductif sous contrôle.
Résultat : les syndicalistes d’autres provenances sont stoppés à l’échelon « délégué » sans possibilité d’accéder aux postes stratégiques : président de Centrale ou membre du bureau de la Régionale.
Je veux bien que le syndicat fait partie des quatre mouvements nés avant-guerre : le parti, la mutuelle, les coopératives et le syndicat (depuis, les coopératives ont mal fini).
En ses débuts, le socialisme était une émanation populaire, même si on s’y méfiait du parti communiste, aujourd’hui presque disparu. En 2019, la donne n’est plus la même.
Dans les années septante, l’Association des Arts Graphiques m’avait placé en concurrence à Robert Gillon pour la présidence de la FGTB liégeoise. Lors des présentations aux militants précédant le vote, une cabale dans la salle était visisble. Malgré la différence entre les propositions, dites clairement de ma part et de façon brouillonne de Robert, le vote était plié d’avance, une parodie… Seul le syndicat des enseignants, en plus de celui du livre, avait voté pour moi. Il ne fait pas bon à la FGTB de respecter les statuts, quand ceux-ci contrarient les options du PS. Ceci est une anecdote. Mais je l’ai vécue et j’en témoigne. Si les archives existent encore, on peut consulter.
Ce courant pro-militant socialiste est toujours présent. Et pourtant la majorité militante a basculé du côté du PTB. Le parti socialiste est décrié et considéré par 80 % des syndicalistes comme un parti bourgeois succursale « populaire » du MR !

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L’élection de Marc Goblet vaut bien une réflexion. La fidélité au dernier carré des dirigeants syndicalistes affiliés au PS est toujours payante. La régionale du parti récompense ses fidèles qui forment une camarilla dans les « élites » du syndicat professionnel.
Je me souviens que dans les années septante, nous en riions encore à la Fondation Renard, quoique cela fût interdit sous peine de déchoir. Avec une autre figure du syndicalisme de l’époque, Maryse Ockers, qui fut au même titre que Jacques Yerna une amie proche, nous en parlions librement et glissions parfois dans la revue de la Fondation des articles, notamment sur l’autogestion, qui s’ils avaient été compris par l’aréopage socialiste, auraient valu à Maryse quelques soucis. Heureusement qu’à l’époque, l’équipe au pouvoir ne lisait que les textes en gros caractères des instances du PS.
Bien des années ont passé, la Meuse coule toujours sous les ponts de Liège, le PS ne doit sa courte majorité qu’au réflexe appris depuis cinquante ans par l’autre génération et qui a transmis cette graphorrhée de l’inné, plutôt que de l’acquis.
Le discrédit qui pèse actuellement sur le fait syndical par son manque d’allant, tient à la multiplicité de ses guichets chômage et aide juridique sans contact avec de vrais militants syndicalistes, à son peu de revendications suivies de la volonté d’aboutir par des grèves si cela s’avérait nécessaire (la FGTB n’y est responsable qu’en partie) et cette idée maintenant répandue que les syndicats font partie des rouages généraux d’une démocratie libérale, avec mission d’arrondir les angles à la Di Rupo.
Nous avions rêvé, Jacques, Maryse et moi à une Centrale des chômeurs, regroupant durant la période de chômage les travailleurs licenciés, ouvriers ou employés, afin d’améliorer leur statut par la force du nombre ! Toutes les Centrales horrifiées de perdre des cotisations et la mainmise sur leurs affiliés chômeurs, firent chorus au parti Socialiste, lui-même averti bien avant par une taupe. C’est à cette occasion, je pense, que Yerna crut perdre son emploi de secrétaire général. Malgré le fait qu’avec Maryse, ils étaient officiellement affiliés au parti, condition sine qua non, de leur contrat de travail à la Régionale.
La fin des espérances ouvrières dans un parti socialiste et un syndicat complice tombe à un moment où les contrats de travail et les indemnités de chômage sont remis en question par la droite libérale.
Les travailleurs voient venir la diminution des allocations de chômage et un durcissement des conditions d’admission à l’indemnisation. La nouvelle tendance de sous-traitance par auto-entrepreneurs, en réalité des personnels sans contrat de travail, est un défi pour la gauche !
Les cadres actuels FGTB-PS ne sont plus majoritaires au syndicat. On a casé Goblet ailleurs, dommage qu’il n’en va pas de même pour les autres.

11 août 2019

De Benito à Matteo.

Bart De Wever et Tom Van Grieken ont trouvé leur héros. Il s’appelle Matteo Salvini. L’effet Matteo a accéléré en Flandre l’accord de gouvernement régional, la « suédoise », sous la direction de Jan Jambon : la N-VA les libéraux et les CD&V chrétien. Le Vlaams Belang est en réserve. Theo Francken (N-VA) garde le contact. Les socialistes ont espéré des places. La droite sera pure sucre et la « gauche » congédiée comme un laquais.
Le MR se tâte. Les Michel se méfient. Le fiston va faire son entrée à l’Europe. Il regarde plutôt l’Italie de Salvini de travers. L’Italien espère faire en solo, une politique autoritaire qu’on adorerait chez les libéraux.
Salvini a rompu avec son partenaire au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles (M5S). Il réclame des élections anticipées. Le chef de l’extrême-droite est contre le tunnel Lyon-Turin, dernière promesse de campagne du M5S. La Ligue de Salvini enchaîne les victoires. Quelques mois après l’arrivée au pouvoir de la coalition “jaune-verte”, il ne reste plus le moindre doute sur la couleur qui domine.
Marine Le Pen exulte. Macron sort une philippique contre l’extrémiste italien, de la manière dont il gère le conflit avec les Gilets Jaunes, il ferait mieux d’être plus discret.
Ce qui se passe en Italie est préoccupant.
En 2013, quand Matteo Salvini prend la direction de la Ligue du Nord, elle se trouve dans une impasse, incapable de convaincre les électeurs du Sud. Rusé. Le ministre de l’intérieur change de cible, il stigmatise les technocrates bruxellois et les « immigrés profiteurs » plutôt que les « Calabrais fainéants ». Cette stratégie rallie le Sud au Nord et transforme la Ligue en pivot de la politique italienne, et peut-être européenne.

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Ne riez pas, ce serait possible aussi en Belgique. Il suffirait que les militants du PS basculent à droite plutôt que suivre leur pente naturelle de rallier le PTB, et s’encanailler dans un gouvernement fédéral avec Bart De Wever. Vous avez remarqué ? Celui-ci a cédé l’emploi de ministre président régional flamand à Jan Jambon ! Ainsi, il se réserve pour le fédéral !
En attendant ce scénario belge, l’Italie a un nouvel homme fort. Les Italiens depuis Jules César adorent les hommes forts. Ils sont versatiles et l’esprit moqueur typiquement latin.
Ni le président du conseil, Giuseppe Conte, ni le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), majoritaire dans la coalition dirigeante, ne sont les maîtres des cartes à abattre, le patron, c’est le ministre de l’intérieur, M. Matteo Salvini.
En Belgique, au moment de la démission de la N-VA à l’affaire de Marrakech, il s’en est fallu d’un cheveu que nous ayons notre Salvini en la personne de Theo Francken, tant il avait pris de l’ascendant. Heureusement que Charles Michel avait une ambition européenne. Il ne pouvait pas céder sur le traité. Sinon, il aurait poursuivi son ministère et ouvrait la porte à toutes les ambitions des nationalistes flamands.
Le nouveau duce italien a des points communs avec les leaders flamands d’extrême droite. D’obscur conseiller municipal de Milan, il devient un monument « di destra nazionalista e xenofobo ». En reprenant la critique de l’Europe suffisamment floue pour rassembler les griefs de la droite et de la gauche, il ne se réclame ni de l’une ni de l’autre, devenant une sorte de héros national qui applaudit le Brexit, en sachant qu’il n’en sera rien en Italie.
Salvini est un hybride, anarchiste puis militant communiste dans sa jeunesse. Le passage d’un extrême à l’autre montre la versatilité du personnage et son absence de convictions profondes.
C’est là le secret de la graine de dictateur. Ce fut le cas de Mussolini.
À l’image du Parti communiste italien (PCI) d’antan, la Ligue est une organisation qui enrôle ses militants dans une grande variété d’activités.
Le contexte historique favorise cette ascension. L’Europe est au plus bas dans l’opinion des électeurs. L’immigration n’est pas résolue. L’Italie est idéalement placée pour « accueillir » tout qui traverse la Méditerranée. Les États égoïstes, n’ont rien fait pour aider les Italiens à chercher des solutions communes, d’où un sentiment d’abandon du pays fondateur de l’UE. Les rêves d’Altiero Spinelli, partisan d’un fédéralisme continental, ne se sont pas réalisés.
Au contraire, l’Union s’est peuplée de bureaucrates qui dictent leurs politiques à des gouvernements élus, sans se préoccuper des mandats démocratiques. Ils imposent l’austérité néolibérale en menaçant d’un cataclysme le pays qui emprunterait une autre voie.
Là est le drame, les dictateurs amalgament les ressentiments, les justes colères, dans un concentré. Ils y incarnent le sauveur providentiel. Par leur talent, ils font croire être les seuls à avoir la solution globale.
Quand on s’aperçoit que rien n’a changé, il est trop tard. On est fait comme un rat. Les flash-Balle et les gaz lacrymogène n’ont pas de frontière, c’est même Macron qui montre l’exemple.

10 août 2019

Une tumescence pénienne maudite.

Non ! Qu’est-ce que j’apprends… Aux disciples de Jéhovah, on s’adonne à tour de bras, aux stupres et à la fornication, non souhaités par une des deux parties !
Je l’ai toujours su. On n’aurait pas dû changer de dieu. On aurait dû garder Zeus, un des plus anciens de tous et des plus sympas…
Lui au moins avait de quoi tenir la pose. D’abord il épouse une de ses sœurs, Héra, tout en prisant les faveurs de l’autre, Déméter. Et il est écrit dans la mythologie que le trio fit ça à l’insu des parents. Voilà de quoi ragaillardir le témoin de Jéhovah, fermier solitaire du fin fond des Ardennes, qui vit en couple avec sa sœur depuis un demi-siècle, sans avoir connu les bienfaits d’une puissance bienveillante qui le couvait des yeux depuis l’Olympe, pour lui susurrer au creux de l’oreille : « vas-y mon gars, fonce Alphonse, c’est ta seule chance et à elle aussi, d’épicer l’ordinaire.
Sacré dieu, ce Zeus bien antérieur à ses pâles imitations. Les disciples de Jéhovah devraient en convenir, s’ils avaient eu le bon goût de gravir l’Acropole au lieu du Golgotha, le dieu de la polysémie leur aurait pardonné ce que Rabelais appela « les guignons de la chair ».
Comme l’autre qui s’est coupé en trois pour se morfondre triplement en génuflexion et patenôtre, Zeus partage le busines avec ses deux frères, Poséidon et Hadès qui se disputeront l'univers, la Mer et le monde souterrain. Zeus gardera le ciel où il lit la Meuse pour s’ébaubir des exploits des Disciples de Jéhovah en pleine turgescence illégale.
À ce propos, le délicieux Aznavour qui n’était pas sur une ânerie près, dans sa chanson « Sur ma vie » susurre un moment « …face à dieu qui priait ». Bon sang, Charles, Dieu prie qui ? Sinon, à quoi bon puisqu’il est Tout, ou alors il n’est pas dieu ! Il nous raconte des craques.
Chez Zeus, on ne se morfond pas. La vie est belle.
En dehors de ses deux sœurs, on reconnaît parmi la multitude de ses aventures quelques personnes du sexe qui apparemment prêchaient autre chose que « la bonne parole » aux porte-à-porte : Antiope, Zeus prit la forme d'un satyre pour lui faire deux fils, Amphion et Zethos. Callisto, nymphe de la forêt et compagne de chasse d'Artemis, fut séduite par Zeus et eut un fils de lui, Arcas. Elle fut ensuite changée en ourse. La Belle fut tuée par Artémis au cours d'une partie de chasse puis placée parmi les étoiles pour former la Grande Ourse. C’est une des premières fois dans l’histoire où l’on met en scène un couple lesbien. Puis il y eut Danae avec qui il fit Persée. Europe, séduite par Zeus qui avait pris l'aspect d'un taureau et qui l'emporta en Crète où elle donna le jour à trois fils. Aujourd’hui Europe se tape Charles Michel, c’est dire la déchéance ! Sémélé qui enfanta Dionysos. Etc.

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Mais quittons les Cyclades pour les cycliques qui produisent des sécrétions honteuses à intervalles irréguliers selon Reclaimed Voices qui collabore avec le Centre d'information et d'analyse sur les organisations sectaires nuisibles, pour recenser les cas au sein de l'organisation des Témoins de Jéhovah en Belgique. Ce ne sont pas moins de 90 victimes qui ont déjà été comptabilisées. Et ce n’est pas tout… le parquet fédéral a ouvert une enquête. Il ne pouvait pas faire moins. Apparemment les cathos et les Jéhovah ont leurs spécialités, le masculin pour le curé inhibé et le féminin pour le propagateur toute boîte de la divine parole.
Il y aurait quand même 25.000 jéhoviens en Belgique. Ce qui laisse la porte ouverte à quelques centaines d’infiltrés de Dionysos, adeptes de la vigne et du cep dardé !
Qui n’a jamais été approché par de ravissantes commères tentant de nous faire comprendre que la terre n’a été créée que depuis 3000 ans, tandis que le guignol, juste derrière opine du bonnet, n’a jamais connu les affres du badaud qui balance entre l’envie que ça continue et la lassitude d’entendre des sornettes des petits porteurs de mallette.
D’un côté les évêques du yin et de l’autre les disciples du yang, tous ont promis à la justice une complète collaboration.
C’est un type du nom de Patrick Haeck, ex-témoin de Jéhovah, qui est coordinateur de l'association. La polysémie amoureuse des divinités, qui retombe sur des mortel(le)s, est fréquente chez des Disciples. Pour parvenir au but il faut beaucoup de courage (sic).
L'amour qui nous attache aux beautés éternelles
N'étouffe pas en nous l'amour des temporelles ;
Nos sens facilement peuvent être charmés
Des ouvrages parfaits que le Ciel a formés.
… Nom de dieu, Gisèle, où t’as foutu la vaseline ?

9 août 2019

1984 en 2050 ?

On inaugure à Paris un self-service ouvert le dimanche qui n’a pas besoin de dérogation. Il est complètement automatisé, n’a aucune caissière, ni du personnel de réassortiment.(1)
Qui s’en souvient ? En 1963, Françoise Sagan qui en était la marraine, inaugurait le premier supermarché en France. Le gouvernement de l’époque vantait ce nouveau procédé de distribution pour sa capacité de créer des milliers d’emplois.
Reste en mémoire le mensonge en 2009 de Didier Reynders pour renflouer les banques avec notre argent. C’était pour sauver l’emploi de milliers de personnes, larmoyait-il. Aujourd’hui, neuf utilisateurs sur dix, dont Richard3.com, font presque toutes les transactions bancaires sur leur ordinateur. Le personnel de banque a fondu comme beurre au soleil. Ce qui n’empêche pas la banque de facturer vos opérations, par le versement d’une rente mensuelle à son profit. Les banques utilisent des algorithmes pour analyser des données intimes et prendre des décisions qui nous concernent, ce qui est loin d’être rassurant.
L’humanité est à un tournant. Toutes les « valeurs » anciennes et supposées vont disparaître, désappropriées par le progrès de l’Intelligence artificielle (IA) et les algorithmes.
L’économie libérale telle que nous l’a fait vivre le MR sera obsolète d’ici la fin du siècle, sans pour autant que les riches perdent leur statut, puisqu’il leur suffira d’investir dans les technologies, la robotique et la biologie pour voir, loin de déchoir, leur puissance augmenter.
Mais quid de la multitude d’emplois sans aptitude particulière qui offrait aux travailleurs sans cursus la possibilité de vivre, qui va disparaître ? Et même en ce qui concerne les diplômés, qui semblent aujourd’hui « irremplaçables », les ingénieurs, les médecins, les notaires, les avocats et les juges seront supplantés par la machine dans des spécialisations pointues comme la médecine. Il n’y a pas un domaine qui ne soit pas touché. En psychologie, même pour les sentiments, les algorithmes d’ordinateurs pourraient bientôt être de meilleur conseil qu’un professionnel.
Marx ne pouvait pas prévoir cette révolution technologique. L’antagonisme naturel qui fut son obsession entre ceux qui louent leurs services à ceux qui les rétribuent, ses préoccupations sur les lois de la propriété qui furent celles de Jean-Jacques Rousseau et de bien d’autres avant lui, vont faire que bientôt il sera illisible, sauf par quelques spécialistes et les nostalgiques du grand soir.
Cependant, si l’on veut bien changer « classe ouvrière » en « multitude », le philosophe n’a pas si mal vieilli. Ce sera toujours la mainmise des riches qui seront moins nombreux mais plus puissants, sur les pauvres réunis dans une confrérie où un seul sentiment dépassera tous les autres, celui de leur inutilité. La propriété restera une condition préalable de l’inégalité à long terme et à la révolte qui en résultera.
Dès à présent, se révèle la bêtise de la politique libérale, incapable de voir qu’elle aussi aura vécu, tout en poursuivant jusqu’au bout son œuvre destructrice de la nature et des hommes. La bourgeoisie à l’ancienne, c’est fini. Les Bleus l’ignorent, quand on est con… !

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Le libéralisme se croit seul détenteur de l’égalité politique. L’égalité politique est difficile à définir, dans une société qui a tendance à faire des héritiers, des avocats et d’autres professions libérales, les ayants-droits à la carrière politique.
Le libéralisme est contre l’égalité économique. Les efforts d’un Bacquelaine, d’un Michel ou d’un De Wever à contrarier une redistribution sociale des profits, dans la croyance que l’État idéal est sans sécurité sociale, démontre que sans égalité économique, la liberté politique n’a aucun sens.
Sauf Sinardet et Delwit toujours aussi abscons, on devine que la richesse concentrée entre les mains d’une petite élite, l’IA rendra celle-ci quasiment inexpugnable ! De ce seul constat, le XXIme siècle va créer des sociétés les plus inégalitaires de l’Histoire !
La mondialisation a profité à certains segments de l’humanité, mais des signes d’inégalité croissante entre les peuples, alertent les démographes. En cas de catastrophe climatique, il sera tentant de balancer par-dessus bord les gens superflus. Dans moins de dix ans, des centaines de milliers d’humains seront menacés par la montée des eaux. Seront-ils les premières victimes de ce par-dessus bord ? Il sera désormais très dangereux d’être en surnombre. L’avenir des mases dépendra de la bonne volonté d’une petite élite. Xi Jinping, et le PC chinois, en cas de catastrophe planétaire, pourraient utiliser l’armée, en décimant quelques centaines de millions de Chinois affamés, qui joueraient leur va-tout contre l’État.
Le progrès va créer un fossé plus grand entre les classes. L’espèce humaine pourrait se diviser en castes biologiques. L’égalité a fini par devenir un idéal dans presque toutes les sociétés, une frustration mondiale pourrait soulever les masses contre ce qu’Orwell appelle Big Brother, dans son roman « 1984 ».
L’essor de l’IA diminuera la valeur économique et le pouvoir politique de la plupart des hommes. Dans le même temps, les progrès des sciences biotechnologiques traduiront l’inégalité économique en inégalité biologique. Les super riches pourraient acheter la vie, comme cela se fait déjà par la vente d’organes !
Les riches ne doivent leur supériorité qu’à une discrimination légale et économique injuste.
Le pouvoir au peuple n’a jamais été aussi nécessaire. Il y a urgence.
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1.La nouveauté du jour : Casino ouvre un hypermarché sans employé aux caisses le dimanche
A partir du 28 août, Casino va tester l’ouverture dominicale d’un hypermarché Géant. Aucun caissier ne sera présent dans le magasin, qui aura recours à des agents de sécurité et des animatrices extérieures au groupe. Si l’annonce peut réjouir certains clients, elle est loin de faire l’unanimité chez les élus locaux et les syndicats. 20 Minutes

8 août 2019

Élio boit la GRAPA jusqu’à la lie.

Le monde libéral, le PS et le MR confondus, se félicite de la baisse spectaculaire du nombre de personnes en régime de chômage avec complément d'entreprise (prépensionnés). Elle s'est réduite de moitié en neuf ans, roucoulent De Morgen et Het Laatste Nieuws. De 120.000 en 2010, les prépensionnés sont passés à 57.000, selon les chiffres de l'ONEM.
La petite merveille comptable est due à la collaboration des feux familles libérales MR et PS. Ces mesures ont été décidées par le gouvernement Di Rupo et, après passation amicale du relais, amplifiées sous Charles Michel. Elles sont simples, ces messieurs ont relevé à 62 ans l'âge minimum pour pouvoir bénéficier du régime.
Pour rappel, il y a plus de vingt ans, les syndicats avaient obtenu que les entreprises délocalisant à tout va, celles mettant la clé sous le paillasson après s’être gavées pour s’engraisser ailleurs et enfin, celles augmentant les dividendes de leurs actionnaires au détriment des salariés par dégraissement des effectifs, devaient au moins contribuer par un surplus accordé aux licenciés âgés, dédommager ceux-ci des pertes de salaire subies, attendu qu’il était devenu impossible pour eux, de trouver du travail.
À cela rien de changé. Il est toujours aussi difficile de retrouver du boulot passé la cinquantaine. Ce que Di Rupo et Michel contestent en plaçant le curseur des ayants-droit plus haut. On retrouve donc ceux qui aujourd’hui auraient dû être bénéficiaire de cette mesure sociale et qui n’ont pas 62 ans, au chômage ou au CPAS.
Les deux libéraux se félicitent donc d’avoir fait économiser aux entreprises le supplément à leur charge dans le cadre d’un licenciement à indemnisation par le chômage et subséquemment d’alléger le Fonds d’indemnisation en cas de carence des dites entreprises.
Le MR et le PS ne ramassent pas encore les mégots sur les trottoirs pour en griller une, mais si ce n’est pas le cas pour eux, ça va l’être pour une nouvelle catégorie de chômeurs, ceux qu’on ne veut plus nulle part parce qu’ils sont trop vieux, parce qu’on redoute leur manque de productivité et leur appétence à se faire porter pâles.

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Apparemment ce n’est pas le cas en politique, tant les plus de 60 ans fourmillent, toujours considérés par leurs employeurs (nous) comme hautement productif, par une sorte de magie qu’on devrait étudier pour l’appliquer au privé.
Tout cela est lamentable et explique en partie, pourquoi le PTB ne veut pas mettre le bout de la semelle dans le merdier libéral.
Reste qu’au-delà de cette nouvelle forfaiture du PS, le montant de la pension légale ne permet pas d’envisager l’avenir en rose. Le discours dominant sur le modèle standard est quasiment européen, depuis que l’UE n’existe que pour faire du busines !
Pour certains dramaturges politiques, comme les Français et les Polonais, la pension légale serait naturellement vouée à disparaître. La belgitude bourgeoise est en arrêt, extasiée ! Drapeau belge miniaturisé à la boutonnière, Di Rupo y voit de l’avenir. C’est une honte !
Le bruit court dans les milieux de l’économie bien pensants que le financement des pensions dépend d’une « caisse » en déficit permanent. Ce qui est faux, mais pourrait le devenir, par une astuce comptable d’un futur gouvernement social-libéral. Ce détournement de fonds aurait pour conséquence de faire prendre peur aux gens qui seraient ainsi plus indulgents à l’égard de la politique de nos oligarques déguisés en démocrates progressistes.
En Belgique, la facture en maison de repos s’élève en moyenne à 1.562 euros par mois. Un pensionné sur trois est en deçà du seuil de pauvreté (1.175 €) avec des pensions parmi les plus basses d’Europe. Les deux chiffres disent tout du malheur de vieillir en Belgique.
Bacquelaine, dit Bas-de-laine (Richard3.com copyright) nous veut pensionnés à 67 ans (normal ce crabe en a 68). Pour rappel, puisqu’entre-autre le type est médecin il doit le savoir, l’espérance de vie en bonne santé est inférieure à l’âge de la pension légale !
Richard3.com n’entrera pas dans le détail sur la façon dont les pensions sont calculées. L’explication déborderait de la chronique d’aujourd’hui. En réalité, il faut 45 années de carrière pour prétendre à une pension complète, alors que d’autres pays demandent des carrières de 40 ans ou 42 ans. Ce qui compte tenu des études plus longues est plus conforme à la réalité en 2019.
Enfin, merveille de chinoiserie, la garantie de revenu pour personnes âgées s’appelle la GRAPA. Elle correspond à 1.083 € pour un isolé et de 722 € euros pour un cohabitant.
Les catholiques en 1900 avaient des chauffoirs de bienfaisance pour les pauvres. Di Rupo et Michel installent les assommoirs de l’info pour abrutir les contribuables.
Bacquelaine devrait introduire dans le vade-mecum des maladies infectieuses, la crapullose, infection par manque de sentiments altruistes, produite à la suite d’une pratique prolongée de la politique, dans l’art d’exploiter les foules.

7 août 2019

À flanc de Flandre.

Ce qui se passe en Flandre est le résultat d’une lente destitution du clergé flamand de la mainmise sur les familles chrétiennes ou agnostiques. Ce n’est pas Richard3.com qui le dit mais les statistiques officielles et indépendantes qui le confirment.
Pieter De Crem, chrétien intégriste du CD&V, veut un "changement de cap radical", par une distanciation des alliés historiques, le Boerenbond et le Mouvement ouvrier chrétien.
Il est vrai que le Christelijke Volkspartij d’où vient la Volksunie, est l’ancien nom du Christen-Democratisch en Vlaams, démocrate-chrétien et flamand (la dénomination primale de la nébuleuse chrétienne étant l’Union catholique), est à l’origine du nationalisme flamand. C’est à partir de ce parti aux multiples facettes, que sont nés le Vlaams belang et la N-VA.
Ce ne serait que l’histoire de l’arroseur arrosé, il n’empêche que l’Union catholique et ses successeurs ont été avant d’être des collaborateurs du régime nazi de 40 à 45, des nationalistes rabiques qui ont transmis la rage aux générations suivantes au point que celles-ci ne reconnaissent plus leurs racines chrétiennes.
De ce point de vue, sur dix-sept années de parution des chroniques du blog Richard3.com, on a pu assister au plongeon mortel de ce grand parti chrétien. C’est lui qui a permis au nationalisme de devenir une carte maîtresse dans le clivage entre catholiques et laïcs. Le nationalisme aujourd’hui efface tous ses parrainages et occulte les dernières vaticinations des prêtres du haut des chaires de vérité.
Si nous négligeons Sinardet et Delwit, ces accablants pitres du conformisme bourgeois, inquiétons-nous que les discours d’extrême droite attirent l’électorat non par la logique ou la raison mais par l’émotion (ce que les prêtres savaient si bien faire). Les enfants monstrueux du CD&V que sont Bart De Wever, Tom Van Grieken (fondateur du Vlaams Blok), Filip Dewinter et Karel Dillen, du Vlaams Belang ne cherchent pas à raisonner, mais à exalter. Le langage imagé et la gestuelle théâtrale, surtout chez Dewinter, font penser à Chaplin dans le Dictateur. C’est un comique, mais il est tragique et risque d’être meurtrier.
La gauche à tort de ne pas retenir ces noms au même titre que d’autres personnages de la droite francophone les Michel, Reynders et compagnie, Bacquelaine étant le triste héros du jour, parce que ce sont eux qui feront demain la Belgique plus libérale et nationaliste qu’elle ne l’est déjà.
Le caractère bon enfant des réunions de l’extrême gauche, le partage des gens de la tribune avec ceux de la salle, la fluidité voire la distance abolie entre dirigeants et dirigés, contrastent avec la discipline et l’autorité des partis nationalistes, qui dénoncent « l’anarchie » du parlementarisme. L’observateur impartial sort convaincu d’une réunion de l’extrême droite, que ces partis poursuivent un but, celui de constituer un Etat fort.

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Le formateur en Région flamande pour la constitution du gouvernement régional, Bart De Wever fait froid dans le dos. S’il n’a toujours pas choisi ses partenaires de coalition, c’est qu’il hésite entre le sp.a et le Vlaams Belang.
Décidément les socialistes, même flamands, n’en ratent aucune. Mais c’est ainsi qu’il faut les prendre à présent et ce n’est pas drôle du tout de voir ce socialisme-là tromper à ce point son électorat par des dérives en Flandre, comme en Wallonie.
Eric Van Rompuy (CD&V) est bien moins fermé et plus lucide que son homologue De Crem.
“Si la N-VA peut nous achever, elle n’hésitera pas”, dit-il à Het Laatste Nieuws.
La complainte de Van Rompuy est étrangement celle d’Elio di Rupo en Wallonie “C’est grâce au CD&V qu’il y a encore des accords sociaux. Et puis, il ne s’agit pas que de ça. La N-VA veut nous remplacer comme parti du peuple. »
Vous savez notre grand tort, à vous et à moi surtout, qui - une chronique sur deux de Richard3.com - s’évade du côté de la France ou du monde, c’est de ne pas assez s’intéresser à la Flandre, sinon en termes définitifs qui closent tout débat. On oublie trop souvent qu’elle est majoritaire au nombre de votants de ce pays. Même fédéralisés, ce n’est pas sans influence ni importance pour notre avenir à nous Wallons. On en a fait la triste expérience avec le gouvernement Michel.
Faut-il rappeler que nous sommes au troisième mois sans aucun des gouvernements formés à l’exception de celui de la Communauté germanophone ! La morale qu’on en tire plonge dans l’incertitude tous les électeurs de ce pays.
Mieux au courant des mouvements des partis flamands, nous aurions un peu plus confiance en nous-mêmes.

6 août 2019

Impersonator

Le gouvernement intérimaire a trouvé une astuce : accuser l’accusateur de ce qu’il vous accuse. Le pouvoir, qui a le plus gros potentiel, sort invariablement vainqueurs. Ex. : les gens se sentent méprisés par le pouvoir, qu’à cela ne tienne, le pouvoir se sent méprisé par les adversaires de la démocratie.
Les Autorités font d’une pierre deux coups, l’argument balaie un large front de l’extrême gauche à l’extrême droite. En amalgamant les extrêmes, le gouvernement tend à les rapprocher et donc à les confondre dans l’esprit du peuple.
Cette pratique est opportune pour les élites qui se distinguent par le mépris qu’elles affichent pour le peuple. Reste à savoir pourquoi les effets du mépris des élites se remarquent davantage aujourd’hui, alors qu’elles n’ont pas changé depuis des temps immémoriaux ?
On a beau épluché les journaux de mai 68 jusqu’à l’orée du troisième millénaire, on ne lit nulle part que la classe d’intellectuels au pouvoir « méprisait » les citoyens de condition inférieure !
L’évolution s’est faite dans la critique plus libre, plutôt que dans l’attitude des dominants. Il faut y voir le sentiment d’appartenance à une classe défavorisée qui juge plus lucidement les comportements d’une classe privilégiée.
Le rapport de l’élite avec l’argent facile, le sentiment que le diplôme justifie des écarts de revenus énormes, tendent à faire accroire chez les dominants qu’un sentiment dit de mépris n’est plus perçu comme contraire au respect des autres, mais comme une valeur comparative conférant aux dirigeants une distinction supplémentaire.
Cette erreur de jugement jette une ombre sur ce qu’ils pensent être une supériorité intellectuelle, alors qu’elle n’est que le reflet de la bêtise de l’important qui se laisse prendre au piège de son importance.
Le mépris de classe est-il plus fréquent aujourd’hui qu’hier ? Probablement pas, mais c’est la sensation que l’on en retire qui est davantage perceptible.
L’arrogance des élites au pouvoir atteint sa forme la plus odieuse dans la fausse modestie.
Elle s’affiche dans l’attitude du premier ministre Michel apparemment doué pour jouer Tartuffe, quand on sait que derrière son attitude modeste, il y a un formidable lobbying de plan de carrière. Seuls les gens à qui on ne la fait pas, perçoivent le regard du traître Ganelon, une cruauté intérieure dans l’espace d’une seconde. Un geste brusque d’impatience, d’une longue séance de mains molles et nonchalantes, n’échappe pas non plus à l’observateur.
Le peuple perçoit mieux la duplicité aujourd’hui qu’avant. Il a un sixième sens pour cela.

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Qui sont les gens qui ne se laissent plus avoir ? Je reste à la définition marxiste de la classe ouvrière et de son opposition frontale aux capitalistes. Haïe de la classe possédante et des intellectuels au pouvoir, elle s’honore de cette haine et s’en fait une gloire.
La structure sociale, avec la montée d’une classe moyenne largement politisée à droite avec le MR et le PS, un instant coupables d’avoir voilé l’incompatible cohabitation entre riches et pauvres, ne jettent plus le doute dans la tête des gens. Les masques tombent. Tout n’était qu’apparence : Marx avait raison et son seul point faible, il n’avait pu le savoir, c’était le désastre écologique qu’en son temps personne n’avait prévu.
La classe ouvrière s’était peu à peu démobilisée et dissoute dans une classe plus large agglomérant les victimes de la pauvreté programmée des États bourgeois. Le PS y a joué un rôle trouble pas très bien connu encore de nos jours en cherchant à obtenir des avantages économiques plutôt qu’à renverser et remplacer le capitalisme. Ce parti avait volontairement parié sur la réussite du système, sans en débattre avec ses militants.
Cela a évidemment affaibli la capacité heuristique du marxisme qui dans l’aventure a perdu des vulgarisateurs et des philosophes. Des sociologues y ont vu le triomphe des classes moyennes. C’était avant 2008/2009 !
Les classes moyennes reculent numériquement et s’appauvrissent financièrement. Quoiqu’elles conservent des avantages, dont elles profitent plus que d’autres catégories.
La croissance des hyper-riches autour des métiers de la finance, du management et des hautes technologies aura eu raison d’une clase tampon, laissant à découvert dans un nouveau champ de bataille les riches suborneurs de la démocratie et les pauvres injustement dépouillés de l’égalité.

5 août 2019

La grue jaune et la Loire.

Ce samedi à Nantes et sur certains péages autoroutiers « libérés » des marchands de bitume par des Gilets Jaunes, il s’est passé des choses qui augurent que les samedis chauds ne sont pas finis. Cet état de fait est la conséquence d’une méconnaissance de la psychologie des foules du pouvoir macronien.
Entendons-nous bien, il ne s’agit pas de faire le procès du pouvoir. Ce serait facile. Le dossier est accablant, le déséquilibre est flagrant entre les quelques pourcents de super riches et le reste de la population, ni même de faire le procès de la police. La police et le pouvoir ont fusionné, le dernier approuvant la première, quoi qu’elle fasse.
Il s’agit d’une faute grave, un casus belli que Machiavel n’aurait pas pardonné au Prince.
Il ne saurait y avoir de mensonge légitime, défendable ou même excusable dans la vie publique, parce que le mensonge dont les citoyens sont victimes de la part de leurs dirigeants met en cause les fondements mêmes de la démocratie représentative…
Mais l’illusion de la démocratie ne peut être maintenue que dans le refoulement du problème !
Un gouvernement avisé sait quand la vérité est plus utile que le mensonge. Macron et Philippe ne le savent pas. Le président se dit qu’une action politique est impossible avec une morale qui interdit le mensonge, alors même que chacun ou presque reconnaît la nécessité pour les gouvernants de recourir à la simulation et à la dissimulation !
En politique on peut tout dire, la chose et son contraire. Les faux témoins, les abusés volontaires et involontaires, la duplicité de la presse, les calculs sur les effets du mensonge des ministres, tout y conduit. Les temps longs propices à l’oubli donnent à ceux qui tirent les ficelles au-dessus de la mêlée, le pouvoir du croupier de casino, à qui les règles du jeu octroient d’office plus de chance de gagner que le joueur.
Le tout est de savoir jusqu’où on peut mentir, sans mettre en danger l’édifice.

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Le cas de Nantes est un cas d’école.
Une fête de la musique arrêtée à coups de lacrymogène, de charges de la police matraque levée sous prétexte que l’arrêt de la musique fixé à 4 heures du matin ne l’était pas encore à 4 heures vingt, sur un quai de la Loire sans garde-fou, la disparition de Steve Maia Caniço, la fausse enquête ou l’enquête bâclée de la police des polices disculpant leurs collègues, le discours de Philippe blanchissant les forces de l’ordre, le dessaisissement des deux magistrats nantais de la suite judiciaire de cette noyade et enfin le silence de Castaner à propos de l’enquête du ministère de l’intérieur sur ceux qui ont commandé ce « maintien de l’ordre », les fautes sont trop visibles, les circonstances trop aggravantes pour que le gouvernement arrête de mentir et dise la vérité.
Mieux, en poursuivant ses mensonges, il va entraîner dans la réprobation quasiment générale, la presse en voltigeur de Macron, dans le combat qu’elle mène contre les gens.
Il y a des moments où les circonstances commandent au pouvoir de dire la vérité. Cette situation est tout à fait étonnante de la part de quelqu’un qui se prétend fin politique. Elle peut signifier de la maladresse, après tout, Macron est nouveau dans le métier. Ses tromperies sont trop grosses pour rester invisibles. Le choix de Castaner fait partie des maladresses. On ne demande pas à un voyou repenti de faire le ménage de la République. Le fond remonte quand les circonstances sont propices.
L’autre hypothèse est plus pernicieuse et aussi vraisemblable. Ce serait l’histoire d’un jeune banquier enivré par le pouvoir suprême, disert et intelligent, assimilant avec aisance les sciences politique et économique, conquérant téméraire, faisant d’une femme de quarante ans, mariée avec enfants, sa maîtresse, alors qu’il en avait seize, comment douterait-il de lui-même ?
Le premier de cordée, c’est lui. Il n’a pas d’ami, rien que des courtisans. Sa femme paraît être son seul conseiller, une bourgeoise qui triche sur sa nature conservatrice en comédienne de théâtre, pour être ce qu’elle n’est pas, progressiste au premier acte et vivandière de la police au deuxième, une Madame Sans-gêne, pièce ou Bonaparte tire l’oreille de ses grognards, comme Macron la joue de Gérard Collomb, le jour de son Austerlitz, à l’Élysée.
Et si la faute dénoncée anticipativement par Machiavel est celle-là et que Macron croit avoir raison contre tout le monde, les quais de la Loire, les charges policières, les Gilets Jaunes terribles présences tous les week-ends dont il a fait son challenge, alors oui, la France est en danger et le peuple français n’a plus rien à attendre de cet homme-là, mais tout à craindre !
Qu’ils viennent me chercher a-t-il dit un jour de bravade pour défendre son serviteur Benalla. Injonction fanfaronne ou supplique, oui, on aurait dû aller le chercher ce jour-là.

4 août 2019

Docteur Bacq et Mister Hyde….

J’ai hésité pour le titre de cette chronique avec « The Undertaker : le show après le bide du 26 mai », mais c’était trop long.
Au rayon des gens stupides travaillant pour un parti politique, on peut y mettre en tête de gondole le docteur Bacquelaine, ci-devant ministre des pensions en affaires courantes. Il vient de battre d’une tête le pharmacien Chastel. Ainsi, dans la connerie militante, le corps médical est largement représenté au Mouvement Réformateur.
Et qu’a-t-il donc fait de superbe le plaisancier de Chaudfontaine ?
Il remet le couvert au sujet de la retraite qu’il faut d’urgence reporter à un âge plus avancé, si l’on veut avoir la clé qui ouvre au bonheur. (C’est à peu de choses près ce qu’il a expliqué aux énamourés libéraux de la chose écrite)
Et ce en pleine concertation entre les libéraux du MR et les libéraux du PS !
Alors qu’on sait que pour le PS, il n’est pas question de toucher à l’âge de la retraite !
Il le fait exprès, docteur Maboul ?
Ou alors, il s’est affilié secrètement au PTB avec pour mission de noyauté la mission Reynders - Vande Lanotte et stocker des pavés dans son garage pour y dresser la première barricade à Chaudfontaine, pour le Grand Soir !
Blague à part, Charles et Loulou, les fins tacticiens des dégueulis libéraux doivent être effondrés de tant d’inconscience imbécile.
Relativisons l’événement, Bacquelaine a fait la confidence soufrée à SudPresse dont on sait le peu de lecteurs atteints par le souffle prométhéen du ministre des affaires courantes. Les derniers abonnés auraient plutôt tendance à croire que pour un médecin, avoir les affaires courantes, c’est être atteint de dysenterie !
Entrons dans le vif du sujet, “Ce n’est pas une volonté idéologique mais une nécessité démographique et économique" ! Et de rabâcher sur l’augmentation du nombre de vieux, lui qui s’efforce dans les homes où il sévit d’en limiter la prolifération.
Dans la suite qu’il livre à Sudpresse, une seule nouveauté sous la forme d’un néologisme, « soutenabilité » au lieu de « continuité », une vétille qui en dit long sur l’état d’apraxie de ce boulimique d’honneur et d’emplois indemnisés.
Le sondeur de l’âme libérale devrait s’intéresser aux corps de ses compatriotes. La parcellisation des tâches est la clé (Bacq aime les clés) de la rentabilité des entreprises. Les spécialistes ergonomes et les psys du travail le savent : travailler en 2019 n’a plus rien à voir avec le travail de 1950. Le stress, l’usure du corps, l’abrutissement même d’un travail de bureau est la conséquence de la montée des cadences, des roulements et des répartitions des tâches, sous la menace et le chantage constants d’un départ de l’entreprise vers des pays moins socialement évolués.
Bacquelaine et les médias situent la bataille sur l’âge de la retraite non pas idéologique, mais pragmatique économiquement. En clair, cela veut dire, « c’est pas moi, mais les circonstances qui veulent ça ! ».

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En réalité, on oublie dans les déficits possibles des caisses de retraite, les monstrueux bénéfices qui déstabilisent actuellement capital et travail, faisant la part belle au premier et qui pourraient s’ils étaient mieux répartis, rendre le calcul de Bacquelaine obsolète.
La bourgeoisie, qui conçoit le rapport de domination et d’exploitation comme un rapport de bienveillance, presque comme de la charité faite aux travailleurs, la question de faire plus de profit en rognant sur les acquis sociaux ne se pose pas. Il y a ceux qui essayent de faire croire au monde entier, que ce sont les patrons qui font vivre les travailleurs et qu’il est normal qu’ils puissent en tirer profit. Sans travailleurs les entreprises n’existeraient pas et les patrons non plus. La richesse est celle produite par la classe ouvrière, sur le dos de millions de personnes exploitées partout dans le monde chaque jour.
La retraite est une bataille idéologique, dans laquelle on instrumentalise la solidarité, que ce soit ceux d’en bas qui payent ce que ceux d’en haut ne sortent pas des banques et des paradis fiscaux.
Les journaux ont tranché : une fois de plus, ils sont du côté des libéraux pour nous chambrer sur la nécessité « parce qu’on ne peut pas faire autrement » de faire travailler les gens plus longtemps, employant presque mot pour mot la même rhétorique au sujet de l’austérité « parce que nous vivons au-dessus de nos moyens ».
À présent que je me suis bien échauffé sur le sieur Bacquelaine, je me demande si, au contraire, docteur Mabuse n’a pas lancé son bouteillon en accord avec la fiente dirigeante, afin que les partenaires PS du futur gouvernement, se le tiennent pour dit ?
Va savoir ? En politique, il y a des mariolles qui font la bête pour avoir du son.

3 août 2019

L’étonné et l’éploré.

L’étonné, c’est Dave Sinardet. Le pleureur, Pascal Delwit.
De ce dernier on a assez glosé. Le PTB n’étant toujours pas au pouvoir, Pascal Delwit ne s’est pas expatrié aux Marquises comme Brel. Même ceux qui n’aiment pas Hedebouw vont finir par regretter qu’il n’entre pas dans une majorité, tant Delwit casse les pieds de tout le monde, même à droite, c’est dire.
Sinardet semble forgé du même alliage, c’est le surdoué d’une autre école, celle d’un bourgeoisisme affligé d’une orthodoxie capitaliste chrétienne, enseigné par des curés d’un autre temps. Sinardet s’y est forgé une âme de prophète.
Des deux chouchous emblématiques, c’est Dave Sinardet qui monte aux créneaux pour défendre les rituels d’après élections, contre l’impertinente Zakia Khattabi, écolo.
La co-présidente des Verts en a sa claque des coups d’épingle précédent les bouffonneries en réunion des partis « pour trouver une solution à la crise politique ». Elle se taille, part en vacances, Sinardet en suffoque d’indignation.
Comment, comment, éructe Sinardet, il n’y a pas plus démocratique que se toiser et se rire au nez tous ensemble, quand les informateurs royaux le désirent.
Ces messieurs de la psychologie des Universités ont la raison qui s’égare dès qu’un parti, qui a incontestablement rassemblé beaucoup de voix rejette le rôle que la bourgeoisie ambiante veut faire jouer à tous.
Ils ont déjà perdu le PTB dans le générique d’acteurs de ce mauvais film, ils ne vont pas aussi perdre les Écolos, alors qu’ils estimaient ces derniers compatibles, comme le PS et le MR à la N-VA et sans doute, mais c’est pour plus tard, avaler le Vlaams Belang, en liqueur digestive.
Le PTB, ils avaient fait une croix dessus. Il aurait fallu par trop bouleverser le système que justement les Immaculés défendent encore, mais les Écolos ! S’il faut aussi les faire passer à la trappe, ils vont être obligés de rester entre eux, sans possibilité de s’adjoindre un bouc émissaire de gauche ! Sinardet en tremble !...

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Faire un gouvernement dans l’entre soi, c’est faire un gouvernement qui ignore le peuple et se fiche du suffrage d’une grande partie de la population. C’est courir le risque d’un affrontement plus grand encore qu’avec la N-VA. Celle-ci est bourgeoisement compatible, mieux même, Sinardet lui prédit un avenir national, à condition de trouver un exutoire pour un trop plein de nationalisme.
Offrir la tête des chômeurs, déshabiller les pensions, dégraisser l’État tout en préservant le bifteck des intouchables, diminuer les salaires, augmenter l’âge légal de la retraite, bref faire du Macron, pourraient calmer les indépendantistes flamingants et passer cette législature comme l’autre, celle de Charles Michel.
Ce qu’on reproche à Zakia Khattabi, c’est de ne pas jouer la frime devant l’électeur. Elle empêche les gazettes flamandes de recueillir les bons mots de Lorin Parys (vice-président de la N-VA) et de Bart De Wever qu’on ne présente plus.
Alors, comme elle n’est pas là, on invente, par exemple de “ne pas vouloir partager la même pièce que Bart De Wever”. “Je n’ai jamais déclaré cela”, se défend Khattabi. Voilà qu’elle tombe dans le panneau et qu’elle réplique !... C’est une aubaine pour les gazettes.
Dimanche dernier, elle a fait un pied de nez à son incommensurable grandeur, Didier Reynders en personne ! Zakia Khattabi annonce sur Twitter son départ en vacances. Elle règle au passage ses comptes avec ses détracteurs. “Pensées émues pour la droite, l’extrême-droite, les nationalistes, les sexistes, les misogynes, les trolls et autres haters de tous bords qui vont devoir se trouver une autre occupation que moi pendant quelques jours” !
Sinardet appelle ça de l’amateurisme. Et si c’était tout simplement un geste politique dont la signification échappe à messieurs Sinardet et Delwit ? Que le monde médiatico-politique verse dans l’injure et le jugement moral sur base de ‘fake news’, avec des relents misogynes et sexistes, comme elle le dit si bien ?
Si ces messieurs s’énervent, c’est le signe qu’ils sont touchés par la politique de la chaise vide, qui dit bien ce qu’elle veut dire.
Conclusion qui échappe à nos as de la modération et du bon sens qui ont conduit la Belgique jusqu’à l’impasse dans laquelle nous pataugeons. Il y a toujours une issue à tout. Celle qui se présente à nous simple et directe, n’est-ce pas de revoter ?

2 août 2019

Il parle, je cause…

Ce n’est peut-être pas joli-joli de le faire savoir à ceux qui l’ignorent, mais dans le règne animal, seul l’homme à ceci de particulier qu’il peut dire le contraire de ce qu’il pense. C’est le seul animal menteur.
Les catégories usant le plus de ce défaut procèdent de la politique et de ses dérivés.
Le plus glorieux de tous, celui qui a fait de ce défaut l’arme principale de son gagne-pain est souvent le porte-parole des autres.
Les autres, c’est-à-dire nous, nous mentons aussi, mais en plus insignifiant.
Notre capacité à traiter correctement l’information semble dégradée par rapport à nos cousins les singes qui comptent pourtant deux chromosomes en moins que nous, 46 au lieu de 48.
Nous avons une piètre mémoire et nous sommes des témoins imparfaits confrontés aux événements.
C’est ainsi que deux hommes devant un artefact tout à fait simple, produiront deux récits distincts et jureront chacun, que ce qu’ils décrivent est tout à fait exact.
Si nous sommes si étrangers à l’animal et surtout à l’ordinateur qui enregistre des millions d’informations sur le temps que nous en conservons une seule ou pas du tout, c’est que devant le moindre fait notre imagination et notre aptitude à mentir nous jouent des tours.
Un exemple l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Depuis que l’on sait le vieux chêne quasiment ininflammable, la présence de deux gardes de nuit, le système électrique nouveau, les alarmes en parfait état et les ouvriers monteurs de l’échafaudage partis, les faits sont en passe de pervertir une possibilité parmi cent variantes d’encore connaître jamais une vérité capable d’être partagée par tous, et si cela arrive, une bonne partie du public restera sceptique et convaincue du contraire.
L’homme met du sens partout, au point qu’il est incapable de percevoir le réel.
S’accorder sur un minimum est déjà un énorme travail, pour des résultats modeste et sans cesse à revérifier.

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Un autre exemple, l’économie capitaliste.
Déjà au seul prononcé du mot « capitaliste » 50 % des interlocuteurs ne veulent pas aller plus loin. C’est entendu, celui qui emploie ce mot est une personne hostile et qui va mentir pour nous faire croire qu’il a raison.
Pourtant, qui est doué d’un certains sens de l’observation voit bien que cette aventure économique ne marche pas comme elle devrait. Ne vaudrait-il pas mieux entreprendre une réflexion sur l’avenir de cette économie et les moyens, s’ils existent, de l’amender avant qu’elle ne se fracasse et nous emporte avec elle ? Or que fait-on, on ratifie le CETA, alors que tout nous recommande, au nom de l’écologie, d’annuler ce traité !
Le pouvoir politique nous écoutant serait la sagesse même. Les gens de pouvoir ont une capacité de ne pas voir la réalité en face, de se mentir à eux-mêmes et à nous mentir par la même occasion, proprement stupéfiante.
La parole est faiblement informative et fortement argumentative. Le discours politique dominant est insupportable, en ce sens qu’il n’entend que les sons qu’il émet, sans jamais ouïr ne serait-ce que l’écho produit.
Cette absence d’agapè nous vient des Grecs qui mettent en place un rapport au convaincre qui se transforme en technique systématique qui prime sur toute vérité, à partir d’arguments que les Cyniques sauront maniés pour le bonheur des partis politiques d’aujourd’hui.
L’institution de la démocratie correspond à une place plus importante de la parole dans la société, en même temps qu’un champ infini d’illusions et de mensonges.
La démocratie, dès qu’elle parut, fut ce qu’elle n’a jamais cessé d’être depuis, une machine à convaincre. La représentation depuis la Grèce antique n’a été que celle de la parole.
La parole est « l’outil par excellence, la clé de toute autorité dans l’État, le moyen de commandement et de domination sur autrui (1) ». Voyez Macron, pour en être convaincu, son marathon de la parole avec le Grand Débat.
Cette parole assied la notoriété de celui qu’on écoute et handicape celui qui l’écoute, dans la mesure où le temps de parole de ce dernier ne correspond pas à celui de l’orateur. C’est pourquoi les questions et les réponses dans un meeting ne servent pratiquement qu’à donner à l’orateur une impression dominante par son savoir, induisant par la même occasion et sans contrôle, l’infériorité de celui qui écoute par son manque de connaissance supposée.
Pour donner plus de sens à la parole dominante, on l’attribue non pas au plus capable d’en faire un bien collectif, mais au plus diplômé, censé valoir, sans autre forme de procès, une capacité supérieure à quiconque à atteindre ce bien collectif.
On effectue ainsi, sans le savoir, une démarche qui va dans le sens de la bourgeoisie au pouvoir. Le mensonge sert à hiérarchiser davantage la société. Il est l’élément clé de l’autorité.
Ni commander, ni obéir est la définition grecque de la liberté. Belle définition, beau symbole aussi difficile à respecter aujourd’hui, que ceux qui, après l’avoir inventée, l’oublièrent aussitôt.
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1. Jean-Pierre Vernant « Les origines de la pensée grecque », PUF Paris 1962.

1 août 2019

Raison et déraison.

On a beau se dire, chouette, on est sans gouvernement, donc la droite libérale va être neutralisée tout un temps dans sa dangerosité de classe, on n’est pas rassuré pour autant !
Ce qui se trame en France, la réforme de l’assurance-chômage, devrait nous faire réfléchir sur un possible alignement d’un gouvernement bientôt PS-MR en Belgique, sur la position d’Emmanuel Macron.
C’est un bel exemple de ce que peut faire un homme dont on se souvient qu’il est issu du socialisme de François Hollande.
Derrière la réforme de l’assurance-chômage, qui vient de passer par décret, on retrouve l’idée libérale chère à Macron selon laquelle il suffit de « traverser la rue » pour trouver du travail.

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Cela rejoint ce qu’on pense au MR belge, à savoir que les chômeurs sont largement responsables de la stagnation de l’économie par leur apathie et leur inappétence au travail.
Depuis la crise des Gilets jaunes, il y a moins de désinvolture à l’égard des syndicats dans le gouvernement Philippe. Reconnaissance d’un droit de regard sur les lois qui touchent le monde du travail ? Plutôt une précaution d’un échaudé des fanfaronnades de ses ministres et de son mépris affiché pour le peuple d’en bas.
En attendant l’avis du Conseil d'Etat, les décrets du gouvernement réformant l'assurance-chômage ont passé un test mardi, à l’occasion d’une table ronde entre partenaires sociaux et Muriel Pénicaud, ministre du Travail.
Le gouvernement Philippe n'a pas grand-chose à craindre puisqu’il s’agit de palabres consultatives. Ce sera juste l’occasion de dire à la sortie de la réunion, tout le mal que les syndicats pensent d'une réforme imposée par l'échec des négociations à la mi-février.
À la CFDT, Marylise Léon, numéro deux de la confédération explique : « les fondamentaux même du régime sont ébranlés par la nouvelle formule de calcul de l'allocation. Celle-ci privilégie une moyenne mensuelle des salaires antérieurs et non plus sur les seuls jours travaillés. Il y aura un impact certain sur tous ceux qui ne travaillent pas en continu, sans oublier tous ceux qui vont basculer au RSA ».
A compter du 1er novembre, il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois, et non plus 4 sur 28 pour percevoir une allocation.
On se rappelle que c’est Elio Di Rupo, alors premier ministre, qui avait enfoncé le premier coin contre « la générosité » de l’État à l’égard des chômeurs, que s’empressa de saisir Charles Michel en prenant la suite. Cela fut jugé très insuffisant par la N-VA qui a exprimé sa volonté de n’entrer dans un gouvernement qu’en durcissant encore les mesures. L’exemple de la France pourrait servir d’entraînement et emporter les dernières réticences socialistes pour s’acoquiner avec Bart De Wever, dans un gouvernement PS-MR-N-VA.
La réforme française fait rêver la Belgique de droite. Selon les spécialistes, elle vise jusqu'à 250.000 chômeurs en moins et 3,4 milliards d'euros d'économies d'ici fin 2021, de l’aveu même du Premier ministre, Édouard Philippe.
Un péché « mignon » partagé entre la France et la Belgique est la douce croyance que les services de l’État « Pôle emploi » en France et « FOREM » en Belgique sont indispensables pour le placement et la formation des chômeurs. En réalité, en Belgique, le FOREM s’est spécialisé dans le dépistage des « fraudeurs » en instaurant une police par inquisition et gestion des dossiers à la suite des directives des gouvernements de ces dix dernières années, rendant plus efficace les services par radiation des chômeurs, que par placement de ces derniers, chez un nouvel employeur. Le FOREM ne crée de l’emploi que dans ses seuls services et avec l’aide massive de l’État, donc du contribuable.
S’il faut craindre que le prochain gouvernement belge renforce encore les services répressifs du FOREM, pour la France, Mme Pénicaud a annoncé le recrutement de plus de 1.000 nouveaux conseillers Pôle emploi pour trois ans, afin de proposer de nouveaux services d'accompagnement à partir de janvier 2020.
Catherine Perret (CGT) résume très bien la situation en France qui pourrait être bientôt belge : "Il y a un chômeur sur deux indemnisé, avec la réforme du gouvernement, c'est un sur trois".
Voilà qui interpelle les progressistes sur l’ambigüité des statistiques du nombre de chômeurs réels, alors que le ministère du travail ne parle que de « chômeurs indemnisés ».
Le gouvernement Michel nous a fait le coup d’annoncer une diminution de 8,5% du nombre de chômeurs, au cours de son mandat. En politicien madré, il a oublié de vous dire que parallèlement, on a une augmentation de 9,3% de bénéficiaires du Revenu d'Intégration Sociale, c’est-à-dire de tous ces malheureux qui cherchent un travail sans être reconnus comme tel, qui ne touchent rien de l’ONEM et ne sont repris nulle part comme demandeurs d’emploi !
La population entre de moins en moins dans ces mensonges d’État. Les déçus tournent le dos à la politique, jusqu’au jour où ils feront face. Ce n’est jamais bon de pousser les gens trop loin dans la misère et le marasme. Bien des droites à commencer par celles de l’Ancien Régime s’en sont mordu les doigts. Une démocratie qui a besoin de beaucoup de police et de répressions pour survivre tombe vite dans autre chose. La France est en train de s’en apercevoir. Pourvu qu’on en fasse l’économie, en Belgique !