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Le temps des droites extrêmes.

De la manière dont on ostracise la gauche en Europe, presque partout réduite à l’opposition ou, comme en Belgique, poussée à un mariage honteux avec la droite, pour tout autant que le PS soit encore de gauche, on peut penser que l’extrême droite est en train de presser la droite à la rejoindre en Europe, fascisant l’UE sans bruit.
Un mouvement se généralise à droite en tous cas.
Des généraux qui protestent auprès du chef de l’État rappellent les généraux factieux d’Alger, la manifestation de policiers appelant à faire « sauter les digues de la Constitution » en présence du ministre de l’Intérieur, ces deux événements récents en France, à la volonté de réformer « l’État flamand » de Jan Jambon en Belgique, avec notamment une réforme de la législation sur les élections et l’appui de l’Open VLD, tout a des relents d’un déjà vu des années avant le nazisme, l’Action Française, les Camelots du roi à Léon Degrelle en Belgique et Franco en Espagne. Nous ne sommes pas loin d’un remake.
Ravis les journaux, naturellement de droite, suivent dans l’enthousiasme.
À la vitesse où ça va, on entendra bientôt des cortèges défiler aux cris de « Mort aux Arabes », faisant l’amalgame de tous les musulmans dans le salafisme.
Ces tensions se font presque toujours quand l’économie entre en récession. C’est quasiment à coup sûr, tout profit pour l’extrême droite. La misère monte, mais le peuple mal encadré au lieu de constituer une force, se disperse et s’assèche dans les bras de l’extrême droite ou du parti socialiste.
Aujourd’hui les oppositions violentes ne se font plus à gauche, mais à droite.

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Le pouvoir ne perd aucune occasion de prétendre le contraire. Le terrain naturel de la droite n’est-il pas le nationalisme et le sentiment de perdre le contrôle des villes et des banlieues en désignant une « canaille montante intérieure et extérieure » ? Le fait-divers est en épingle de cravate dès que la violence vient de gauche et quasiment inaudible quand elle transpire le complotisme de droite.
Or, on le voit bien avec la N-VA et le Belang en Flandre, l’extrême droite constitue une proposition politique naturellement violente. Il se pourrait qu’échauffés et inspirés par ces deux partis, des flamingants se reconstituent en groupes déterminés, comme nous en avons gardé le souvenir, dans les Fourons, les tours de Bruxelles à vélo, ces provocations pouvant dégénérer plus facilement en ces jours de tension.
Sous une forme acceptée au sein même des partis de pouvoir comme le MR et l’Open VLD, l’extrême droite présente un réceptacle ouvert à tous les vents du nationalisme.
Le néolibéralisme est à la base de ces dérèglements. Les industries disparaissent avec les salaires satisfaisants pour laisser place aux Services générant des emplois mal payés. Les travailleurs mécontents nourrissent de leur rancœur ceux qui à l’extrême droite n’attendent qu’une occasion, celle où des troubles surgissent pour les dénoncer et en susciter de plus graves.
Le néolibéralisme est aux dimensions d’un pays entier à l’échelle d’une musculation pratiquée dans une salle de fitness. La crise organique du capitalisme transforme le pays en baraque de foire à dégringoler des boîtes de conserve empilées.
Nous entrons dans une foire permanente où tout peut être cassé en un jour et remplacé le lendemain. Mais à l’inverse de ce que furent les grandes grèves du passé toutes produites par l’absence d’équilibre entre le capital et le travail, les horreurs d’aujourd’hui ne sont plus compréhensibles, puisqu’elles n’émanent plus du corps social violenté par l’État..
Les musulmans fous de Dieu sont des fous tout court, comme Anders Behring Breivik, l'auteur des tueries d'Oslo et de l'île d'Utoeya. Mine de rien, il a fait des émules à l’extrême droite dans toute l’Europe.
Le système médiatique en est resté à sa détestation des Gilets Jaunes, en accord avec le pouvoir qui entend bien renouveler la confiance d’une majorité d’électeurs sans opinion, les conservant par la peur de la réoccupation des ronds-points.
Il est moins une, mais on peut encore espérer une autre vie sociale. Nous en avons les moyens quand on sait où pouvoir les prendre. Tandis que l’extrême droite prospère sur la dislocation des groupes sociaux, en secrétant ses miasmes anxiolytiques. Elle prospère sur le fumier des crises du capitalisme à l’affût de ceux qui crient leur misère dans les rues sans être entendus. Elle dénonce surtout les casseurs qu’elle assimile aux gens désespérés, comme si les violents n’étaient pas des leurs, pour la plupart.

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