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Qwand i plout so l’curé, i n’gotte pus so l’mårlî

Trop sollicité par des ailleurs qui promettent d’être moins regardants, donc plus lucratifs, DHL avait sans doute envisagé de dégraisser le mammouth de Zaventem dès le début de cette année.
La typologie de Lacan éclaire les PDG d’aujourd’hui : « La canaille est celui ou celle qui se met à la place de l’Autre, c’est-à-dire qui prétend commander à la cause du désir pour les autres. C’est le patron qui vous exploite, vous sous-paie et essaie en plus de vous faire croire qu’il vous veut du bien. »
A cela s’ajoute le comportement étrange des gens à la recherche du pain quotidien. Ils croient pouvoir s’en sortir individuellement, par coup de chance, piston ou magouille. C’est humain, mais c’est un mauvais calcul qui s’avère souvent déplorable. Un meilleur avenir dépend d’un mouvement collectif juste et rassembleur, à DHL comme ailleurs… une lame de fond qui mettrait tout le monde d’accord. Hélas ! ce n’est qu’une utopie même pas partagée par le PS ! C’est dire si on en est loin.
Etrange époque où soudain se perçoit l’abîme sans parvenir à retenir les gens au bord du trou !
C’est le gouvernement sensible à ce qu’on va penser de lui et qui essaie de tirer son épingle du jeu devant l’opinion publique. Il n’y parviendra que lorsque astucieusement il aura mouillé toutes les instances politiques responsables. Alors, que dès le début de la chose, au lieu de « licencier » Isabelle Durant en 2003 sur la question des survols de la capitale, il aurait mieux fait de la soutenir et d’adopter vis-à-vis de DHL une attitude de fermeté. Ce qui aurait peut- être ébranlé les certitudes de cette société sans autres plans qu’in situ à l’époque.
En tergiversant, en choisissant Laurette Onkelinx pour remplacer l’Ecolo, on a tout simplement permis à DHL de changer de stratégie. Dès lors, DHL a joué exactement le jeu du gouvernement, gagnant du temps, et, le moment venu, dévoilant des exigences inacceptables. Peu importe son point de chute futur et ses désengagements en personnel. DHL accomplira ainsi son plan de repli dans la compréhension des travailleurs manipulés.
Les riverains se sont lamentés et ont en vain pendant des années agiter les articles de loi sur le tapage nocturne. On voit bien là jusqu’où la logique capitaliste entraîne les politiques dans les concessions à son égard. Le rôle de séduction que l’on fait jouer aux hauts dignitaires de ce royaume, y compris le roi et le prince Philippe, représentants de commerce à travers le monde pour attirer des investisseurs, est dégradant pour le souverain et aussi pour les Belges lorsqu’il s’agit de concrétiser les appels d’offre, et de couler dans la réalité des faits, les « mamours » diplomatiques et que l’on constate les dégâts que cela infère en renoncements sociaux, dégrèvements fiscaux et saccage de la nature.

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Les jours qui viennent, Verhofstadt avec le dessus de la crème du pot, va blablater sur l’Etat belge et disséquer son anatomie. Les Flamands veulent ceci, les Wallons ne veulent pas cela, au point, dis-on, qu’une fois de plus ce pays va se trouver au bord d’une dépression nerveuse qui risque de mal finir.
On croit voir des enfants qui se disputent des jouets.
L’essentiel ne serait-il pas de réfléchir sérieusement aux échecs successifs d’une société qui n’avance que par à-coups, qui produit sans que ces résultats aient vraiment une valeur et un sens, sans servir à l’humain et en brisant des vies ?
Va-t-on se décider à vouloir un jour un progrès collectif, plutôt qu’un progrès individuel, qui, on le sait aujourd’hui et n’en déplaise aux sottises libérales, ne profite plus, même de façon indirecte à la population ?
Qwand i plout so l’curé, i n’gotte pus so l’mårlî. (1)
Il est tout de même aberrant que le rôle déclencheur de conscience qui devrait normalement être tenu par la gauche représentée par le PS en premier lieu et accessoirement par le CDH et les Ecolos, tarde tant !
Enfin, pour revenir au requin dans l’aquarium de Zaventem et qui va dévorer dans les prochaines années les travailleurs qui l’auront engraissé, les syndicats ne pourraient-ils pas, pour une fois, employer un langage de fermeté sans prendre en otage les responsables politiques et les populations victimes?
Franchement, est-ce concevable que la raison et la vérité viennent de ce modeste blog, servi par ce modeste citoyen qui prit un jour par dérision personnelle le nom de Richard III ?

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