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Guerre et paix.

Ce n’est pas d’un ouvrage de Tolstoï qu’il est question ici. La belle Natacha Rostova n’est pour rien dans ces mouvements de millions d’hommes en guerre. Il ne s’agit que d’essayer de comprendre cette passivité misérable que nous avons tous qui nous pousse à obéir à ceux qui commandent de tuer ou de se faire tuer.
Les peuples seraient-ils devenus plus raisonnables ? Toujours est-il qu’il leur faut plus d’arguments qu’avant pour se ruer sur un adversaire qu’on leur désigne, sauf dans le cas de la « patrie en danger » - ce qui est valable dans les deux sens – agresseurs, agressés même combat. Evidemment, derrière les beaux décors, les phrases ronflantes et les Déroulède enveloppés dans les plis du drapeau, les raisons économiques sont plus floues, mal perçues, souvent estompées volontairement. Mais ce sont principalement elles qui sont à la base de tous les conflits.
De nombreuses théories courent sur les conflits. Certaines sont oubliées et, nous venant du fond des âges, meurent en cours de route dans les douves d’un château fort. D’autres ont la peau dure.
Dans l'utilisation d'une théorisation des cycles économiques, Gaston Imbert va loin. Il s’approprie les cycles de type Kondratieff (50 ans environ) pour la société française d'ancien régime dont il fait l’application à la période contemporaine.
C’est en étudiant les quatre économies les plus développées de son temps (Etats-Unis, Angleterre, France, Allemagne) que Kondratieff a mis en évidence l’alternance de longues phases d’expansion (dites phases A) et de ralentissement, voir de déclin (dites phases B) de l’activité économiques d’une durée moyenne de 25 ans chacune.
Imbert a imaginé qu’il pouvait appliquer ce concept pour l’étude des conflits armés. Il a étudié le cycle des guerres et confronté des points de vue divergents. Parmi de nombreuses explications, il a retenu celles qui appuient leurs démonstrations sur l’alternance des générations. C’est ainsi que la génération qui a connu les horreurs de la guerre se veut résolument en faveur de la paix. Au contraire, la génération qui n’a connu que la paix se laisse bercer par le souvenir des heures guerrières des grands parents. Le cycle étant de 25 ans, viendrait ainsi une génération belliqueuse succéder à l’ancienne pacifique et vice versa.
Toute keynésienne soit-elle, cette théorie élaborée juste avant la deuxième guerre mondiale tient la route. Si l’on considère la guerre froide comme un véritable conflit, on en est après le 11 septembre 2001 à la période chaude qui verrait l’Islam s’enflammer contre les Etats-Unis.
Je ne sais pas si Bush partage ces théories, en tous cas elles reposent sur la perception qu’en a l’église évangéliste US, adepte de Keynes. Si c’est l’hypothèse du président américain, elle a tout lieu d’inquiéter le reste du monde.
D’après les sources du Pentagone : les dépenses militaires sont bonnes pour la croissance, parce qu’elles dynamisent les activités économiques. Les guerres engendreraient la prospérité. On a tout lieu de penser que même perdues, comme celle à deux doigts de l’être d’Irak, les guerres redonnent de la vigueur à l’économie. La paix, au contraire, est un facteur de récession. Prenons l’exemple du Liban. Après les occupations, les péripéties entre musulmans et catholiques, les massacres à Sabra et Chatila, la résistance palestinienne et les destructions folles d’Israël, soit 25 ans d’histoire, le Liban va connaître une période de reconstruction et de prospérité, la paix va supprimer peu à peu les débouchés en matière de défense, l’euphorie de l’apport de capitaux étrangers à fonds perdus (merci l’Europe) se terminera et coïncidera avec le ralentissement de la croissance et le marasme économique. Ainsi le Liban aura à peine fini sa période de paix, qu’il retombera dans un processus guerrier.

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Pour ce qui concerne le partenaire privilégié d’Israël, comme l’indique Imbert, les guerres coïncident avec la fin de la période de croissance. Beaucoup de gens en 2006 considèrent que ce sont les cycles économiques qui poussent à la guerre et non l’inverse.
Il faudra donc que les Etats-Unis trouvent les moyens de soutenir leur économie par une nouvelle guerre, celle d’Irak étant jugée insuffisante par les experts.
Il est évident que de la richesse économique découle la puissance militaire. Or dans la phase économique descendante, la nation la plus puissante du monde ignore si dans sa récession, une nation concurrente ne va pas changer le rapport de forces. Ce pourrait être le cas de la Chine, de l’Inde ou d’une coalition des pays Arabes regroupés sous la bannière du prophète. Sous couvert d’une guerre de religion, il ne faudrait qu’y voir la résultante d’une économie planifiée bénéficiant des dernières montées des prix du brut.
Dans le fond, il n’y a rien de changer sous le soleil.
Les guerres entre Etats ne sont au service que de leurs bourgeoisies.

Commentaires

Bonjour,

Bravo blog de paix. Je vous invite à visiter le mien et à signez ma pétition pour la paix sur terre!

MERCI BEAUCOUP

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