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Les gaietés du parlement.

C’est une histoire à mourir de rire.
La fameuse Commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur les pressions que Leterme et son gouvernement auraient exercées sur la Justice à propos de l’affaire Fortis est le bec dans l’eau.
Son cas sera débattu jeudi entre les experts et les membres de la Commission.
En cause la séparation des pouvoirs et donc l’impossibilité d’auditionner les magistrats ayant subi les pressions.
Les quatre experts chargés de vider le sac d’embrouilles sont clairs : il sera difficile d’auditionner les magistrats, sous peine d’entacher de nullité les procédures judiciaires en cours de l’Affaire Fortis.
Voilà ce que c’est de pondre des Lois comme des œufs de mouches. Il y en a toujours une qui va réjouir les juristes, faire patienter les foules et blanchir les menteurs.
A force d’avoir les magistrats par la bande, depuis le temps qu’ils sont « comme nous » c’est-à-dire bien Belges, bien conventionnels, bien rigoureux pour toutes les expressions contraire au système… à force de les voir entre deux portes en conversations informelles, en famille pour certains ministres, en Loge pour d’autres, de faire pression sur eux par des hochets, des grades, des nominations, de lire leurs attendus tellement remplis de lieux communs que l’élite en est rassurée et enthousiaste… que ces Messieurs Dames législateurs ne s’étaient pas aperçus que certaines Lois pouvaient leur péter à la gueule, que certains « intouchables » pouvaient se sentir touchés ! Ah ! la fameuse indépendance de la justice, sauveur de la démocratie et de l’Etat de Droit, qu’est-ce qu’on a déjà entendu là-dessus !
De quoi est-il question dans cette énième Commission ?
Savoir si le substitut du procureur du Roi Paul D’haeyer, les juges en appel Christine Schurmans et Paul Blondeel ont eu des contacts, volontaires ou non, avec des membres des cabinets Leterme, Vandeurzen et Reynders.
Que Leterme ait lâché la rampe par honnêteté et pas Reynders, prouve à suffisance que ce dernier – coupable ou non – est un plus fin renard que l’autre et que, Commission ou pas, il sera difficile de le coincer.
Pour le reste, le public en est revenu. Il croit qu’il y a bien eu des contacts, des pressions émanant des deux cabinets conjoints. Que ce n’est pas la première fois que dans des affaires où sont mouillés des politiques, des magistrats volent au secours des membres de leur parti en difficulté (l’Affaire Cools) et qu’il y a toujours eu des « pressions amicales » de la Justice à l’Etat et de l’Etat à la Justice. Ils s’étonnent qu’il y ait encore autant de courrier dans les cabinets, alors que les téléphones ne sont pas faits pour les chiens.
Pour l’opinion, c’est une affaire entendue.
Les gens du MR penseront que c’est normal qu’un des leurs essaie d’arranger les bidons pour Fortis. Les Socialistes y verront une opportunité de mouiller salement Reynders à la veille des élections. Les CDh se réjouiront qu’aucun des boys de Milquet soit touché par l’affaire, tandis que les Ecolos riront sous cape d’un air entendu.
Alors, la Commission, les sanctions, le blâme, c’est de la mousse de caca dans une démocratie aux urgences.

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On oublie une chose, le coût de ce four noir.
Les quatre experts, si ça bouffe autant que les Révizors Daerden et Fils, ça va faire mal au budget. Sans doute que les membres de la Commission, les questeurs, les secrétaires, les employés, jusqu’aux plus modestes, ceux qui refilent le café aux assis dans la tasse aux armes de la Belgique, ne sont pas là pour rien. Ce mot « rien » n’existe pas à la Chambre et au Sénat. La gratuité n’est affaire que de gens altruistes et le cœur sur la main, vous, moi... Ici, la main serait plutôt sur le portefeuille.
Alors, pour tant d’inefficacité, Keynes dirait lui-même que l’intérêt des actionnaires (nous) est en conflit avec l’intérêt du Conseil d’administration (eux).
Autrement dit, même parmi les huiles qui lubrifient le mot magique de « démocratie », qui pontifient sur le libéralisme source de progrès et de mieux être, même là, leur exemple est un exemple de faillite et pas n’importe laquelle, c’est bel et bien une faillite frauduleuse.
La preuve, vous n’avez qu’à comparer les discours à la réalité.
Pour moins que cela, au bas de l’échelle, il y en a qui prennent cinq ans ferme.

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