« 2010 : Bowling for BHV ! | Accueil | Le temps des assassins. »

STOUFFER aux Marolles

Le personnel politique supplée à la génération Plastic Bertrand pour combler les vides du snobisme à la belge.
Attention, le snobisme n’a rien de commun avec le bon chic bon genre dont Armand De Decker est la parfaite illustration (Ce qui ne veut pas dire que le bel Armand n’est pas snob.).
Le snob est un homme qui admire bêtement les choses vulgaires. C’est délicat pour des gens qui font métier d’être « l’ami du peuple » comme passe pour avoir été José Happart ; cela signifierait que le peuple est vulgaire et que c’est pour cela qu’ils l’aiment.
Le snob belge se distingue par son individualisme. L’ostensible nœud papillon de Di Rupo est une façon d’afficher un snobisme, plus qu’une originalité.
Rayon dames, des haines inexpugnables sont nées d’un colifichet vu chez Ramblas ou d’un sac Hermès, porté par une rivale. Il y a des chances qu’Isabelle Durand ait renié l’accord avec le PS à Schaerbeek parce que Laurette Onkelinx était moins engoncée qu’elle, dans un chemisier Darel.
Le creuset du snobisme à la belge, c’est incontestablement Bruxelles. Les alentours du Rond-point Schumann bruissent d’argent. Les fonctionnaires européens renforcent naturellement la clientèle des avenues Louise et Toison d’Or. Les vendeuses sur moquette épaisse appellent ce beau monde, les stouffers.
Le stouffer est glorieux, mais se veut humble à la télévision.
Le petit peuple fourre dans le même sac, Reynders, Milquet, Onkelinx, Javaux, Huytebroeck et consort. Ils portent les vêtements comme on porte des uniformes, chemise verte oblige pour écolo, manchette et cravate pour Reynders, pourpre atténué pour le PS, le mordoré allait très bien à Marie Aréna avant son exil.
D’après Paul Bourget « Le snobisme est un hommage rendu à la bonne éducation par la mauvaise. »
L’ostentation et la fausse simplicité aux Marolles s’appellent stoufferei.
Aux midis du dimanche sur nos chaînes télé, observez-les, vous ne perdrez pas votre temps. Ils ne vous le diront pas, mais ils savent que dans une société décadente, le luxe est une sorte d’insolence. La richesse est le snobisme « honteux » de la classe politique. A la philosophie du bien public succède le goût de l’argent. La preuve, vous n’entendrez jamais Di Rupo attaquer le mouvement libéral sur son côté veau d’or.
Le stouffer poursuit un but : réussir à se faire admirer des autres, autant qu’il s’admire. C’est difficile quand les médias les groupent. Le surmoi nuit au moi. Et ne parlons pas du ça !
Di Rupo se surpasse dans Tartuffe, le public sous la table, tandis qu’il caresse le genou d’Elmire !
Sabine Laruelle est pathétique dans le rôle de marchande de marée. Elle snobe à la halle aux pigeons, quoique « la caque sente toujours le hareng ».
La manie du Belge à montrer son aisance, revêt une forme assez stupide de snobisme. Chez nos statufiés de la politique, lors des départs nocturnes de Val-Duchesse, est-ce bien malin de parler d’austérité, de trou dans le budget, en s’engouffrant dans une huit cylindres à 350.000 euros ?

1492a.JPG

Tout a commencé quand le mouvement ouvrier a dérapé. Les leaders socialistes partis de rien rejoignaient le milieu jusque là clos de la profession libérale, du commerce en gros et de la propriété immobilière et agraire. Ce fut un éblouissement réciproque. Ils apportaient l’attirance de la canaille et de la transgression aux esthètes établis.
Les mariages mixtes firent le reste. Le roi du saucisson épousa la cause sociale par son union avec une radicale qui le devint moins par endosmose.
La maladresse congénitale du snob finit par se mieux camoufler, même si, de temps à autre, un masque tombe. C’est Daerden qui trébuche quand la lie du vin remonte des tripes mêlée aux remugles de frites et d’ail.
D’enthousiasme, l’ancienne société de salonnards royalistes est devenue snob. Ce qui ne veut pas dire qu’à l’abri du paravent, l’ancienne société n’a pas gardé ses relâchements obscènes ; mais, cela ne se sait pas. Les nobles ne le sont que par le poids de leurs médailles et de leurs titres.
Le snob a naturellement repris les blasons, l’arbre et les idées. Il suffit d’entendre Di Rupo nous parler de la Belgique pour comprendre le chemin parcouru par le PS venu de la troisième Internationale aux fêtes de la dynastie, en chapeau et têtes à claques.
Pour une Légion d’Honneur en France, il y a trois ordres royaux successifs que le snob atteint par palier, soit qu’on ne lui fait pas confiance, soit que faire glander un snob attise sa convoitise, donc sa servilité, pardon… son attachement !
Les décorations sont très demandées, sauf les basses décorations qui consacrent 30 ou 40 années de travail sans lever la tête de son métier. Nos parlementaires sont dotés des plus prestigieuses récompenses. A ses décorations, le Régime prodigue aussi des titres de noblesse. Il se pourrait un jour qu’un tribun du PS fût anobli juste avant le Premier Mai. Ce qui aurait un effet positif sur la pensée subversive.
Mais, ce plaisir se prolonge aux multiples mandats que le snob exerce, pas toujours pour augmenter son pouvoir d’achat, mais pour se voir gratifier du titre de président d’une confrérie de marchands de poires et revêtir des costumes de prince folklorique. Les sceptres même en carton, réjouissent l’imagination… d’ici à toucher les écrouelles…
Au point de non retour où nous sommes, le stouffer a encore une longue carrière devant lui.

Commentaires

Cruel, et tellement vrai. Vous omettez néanmoins une evidence: le stoufferisme est la résultante dun mouvement ascendant: ... promotion du t..d...c...

Poster un commentaire