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Marc Uyttendaele débride les consciences.

Il va bien à Marc Uyttendaele de soutenir qu’Olivier Maingain serait atteint de trouble de la personnalité antisociale, avec logorrhée et insulte, dans « l’incapacité de brider ses mots et ses émotions », alors que lui-même ne cesse de plaider l’anosognosie politicienne de Di Rupo.
Ainsi Maître Uyttendaele s’expose à la « claque des mots comme une gifle » puisqu’il répond à la violence supposée de Maingain, par la sienne.
Dès lors, il ne s’agirait plus que de l’effet de manchette d’un avocat, afin d’obtenir un succès de rhétorique à la défense de la politique du patron de sa femme.
Maître Uyttendaele est si personnellement impliqué dans l’aventure socialiste par des liens commerciaux et familiaux, qu’il aurait dû être plus circonspect dans la défense du PS à peine dissimulée sous l’apologie de l’accord sur BHV.
Quand on est le porte-flingue d’un parti et d’un homme et qu’on dégaine à l’occasion assez facilement, on a tendance à considérer que ceux d’en face sont aussi des flingueurs et que c’est à celui qui tirera le premier.
Cet accord, au mépris d’une année et quatre mois d’un discours farouchement opposé à une capitulation sans contrepartie de la scission de BHV, n’est donc que la suite logique de la gesticulation des partis francophones.
L’expression téméraire de Maingain dans sa comparaison du gouvernement flamand à l’occupant nazi a bien des fois été employée, sinon suggérée, par d’autres parlementaires dont certains socialistes, poussés dans le dos par une population francophone qui vit sur le terrain et qui pourrait bien considérer les incursions flamingantes comme les effets d’une occupation hostile.
Tout en trouvant le discours sur l’économie libérale d’Olivier Maingain insupportable, conformiste et conservateur, on ne peut lui dénier sur un autre plan, une dimension honorable et pathétique qui rappelle le combat perdu des Fouronnais.
Si on suit bien le constitutionnaliste Uyttendaele (je plains ses élèves) « un homme d’État, soucieux de sortir le pays de l’ornière profonde dans laquelle il s’enlisait inexorablement » devrait céder à l’arbitraire quand celui-ci va jusqu’à menacer la pérennité de l’Etat ?
Il n’y aurait donc jamais une limite à ne pas franchir ?
Alors, pourquoi tant de discours depuis seize mois faisant état d’une ferme détermination de s’en tenir à ce qui avait été convenu considéré comme un minimum, si c’est pour capituler devant « le danger » qu’un Armand De Decker ne peut évoquer qu’en tremblant ?

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Les signataires francophones sont tous des carriéristes qui n’ont que leur plan de carrière en tête. Ils font d’abord de la politique pour le fric qu’ils en tirent. Ils devraient savoir que les électeurs ont plus de mémoire qu’ils ne croient. Les électeurs se souviennent de tout. Les carriéristes pourraient déchanter si dans les prochains mois ça tournait mal quand même et qu’ils se seraient déboutonnés pour rien..
Marc Uyttendaele n’y pourra rien, et son couplet sur les politiques « responsables » et ceux qui ne le sont pas, le condamnera un jour, lui aussi, à confesser qu’il était bien dans le camp des signataires et fier de l’être.
J’ai devant les yeux son libelle à l’adresse de Maingain. Il tente de justifier l’injustifiable. Et c’est lamentable. Il n’a aucun argument à présenter, sinon faire l’apologie de l’opportunité politique « à ne pas rater ».
Les politiques ont déjà laissé filer un pouvoir qu’ils tenaient du peuple pour le laisser entre les mains indignes des financiers internationaux. Après l’économie, laisseront-ils filer les rapports entre les Communautés, dans les nouvelles circonscriptions, entre les mains des juges ?
C’est accorder facilement un blanc-seing à une justice fort décriée, alors que les affaires mal jugées, sentant bon le favoritisme et l’iniquité défraient souvent la chronique des journaux !
A-t-on bien mesuré que les présidences alternées entre Flamands et Francophones de cette nouvelle juridiction seront au-dessus des règles de toute démocratie politique ? Il est permis d’avoir des doutes sur la sérénité et l’indépendance de ce tribunal d’un genre particulier dans les attendus qu’il rédigera.
Est-ce là tout ce que les francophones ont obtenu en compensation qui réjouit tant Marc Uyttendaele et lui permet d’accuser Olivier Maingain d’outrance verbale !
Si j’étais à la place de Marc Uyttendaele, je m’inquiéterais de l’avenir de mes clients, des élus politiques que je défends et de moi-même, après la signature de ce malheureux premier accord qui augure mal des suivants.
J’y regarderais à deux fois avant d’ironiser sur la sémantique du président du FDF.

Commentaires

Bonsoir Richard
Qu'il est agréable de vous lire. Rien n'est encore acquis (tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout ... ) J'espère qu'ils auront un sursaut suite à la démonstration de haine à laquelle nous avons assisté à Linkebeek. C'est 40 % de la Flandre (NVA-VB) qui est venu hurler son rejet de l'autre. Comment peuvent-ils abandonner les francophones dans cette Flandre hostile ? Pour sauver leurs mandats, la Belgique, quelques mois ou quelques années. Ce soir, je hurle moi aussi, qu'elle crève cette Belgique.

J'espère qu'il y aura un grande mobilisation des citoyens francophones mais j'ai quelques craintes.
En effet, cela fait plusieurs mois que Marcel Sel essaye d'alerter l'opinion sur le fait que la Flandre a un très gros problème avec les idées d'extrême droite, que les médias ne font plus leur boulot de dénoncer ces extrêmes,
que la NVA est un parti raciste, et avec assez peu de succès. Il est souvent perçu côté francophone comme un paranoïaque qui voit des flamingants partout, ou alors on le laisse à peine s'exprimer.
Il y a deux jours à peine, le journal la libre en était toujours à comparer le FDF et la NVA et estimait: "Le FDF n'est pas l'alter ego de la NVA, mais le discours polémique d'Olivier Maingain s'en rapproche."
Si la Flandre a un gros problème, la francophonie en a un aussi dans son refus de voir l'évidence.

Complément au sujet de ma remarque sur la libre, l'article qui compare le FDF à la NVA est dans la catégorie opinion, il n'est donc pas issu de l'équipe rédactionnelle de la libre.

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