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Encore une tête dans la sciure !

Au ras des pâquerettes, une démission, que ce soit celle de Hollande ou le départ de Sarkozy, ne se commente que sous une forme passive « Bon, et alors, qu’est-ce que ça change pour nous ?).
Si les spéculations vont bon train dans les milieux concernés, il s’agit surtout de candidats à une succession qui voient le renoncement de Hollande comme un embarras de la circulation. Un véhicule accidenté gênait empêchant le trafic. Il a finalement été poussé sur le bas-côté de la route.
Comme l’aveu d’échec implicite d’impuissance de Hollande va faire pleuvoir les commentaires, tout ce qu’on en peut dire dans l’immédiat, c’est le plantage magistral de tous les journalistes des grands journaux qui tous prédisaient encore la veille que François Hollande allait repiquer au truc et qu’il serait candidat à sa propre succession.
Après l’échec des statistiques à l’égard d’Alain Juppé qui, confiant dans sa confortable avance sur Sarkozy, ne s’est pas méfié de François Fillon, optant pour une stratégie complètement décalée et improductive, voilà que c’est le tour de la presse spécialisée à se planter.
Dans le cas présent, pourquoi la presse après avoir dénoncé les avatars de ce quinquennat et entendu maintes fois Hollande dire que si la courbe du chômage ne s’inversait pas, il ne se représenterait pas, a-t-elle poursuivi son idée de l’impression contraire ?
Parce que ces Messieurs-Dames de la presse – ceci est valable pour la presse française et la presse belge – ont estimé la situation d’après leur propre égo et ambition. Le lecteur a eu droit non pas aux conclusions et synthèses de terrain, mais aux états d’âme de ces écrivains rentrés que sont les journalistes. Il n’est pas dit que n’entrait pas aussi en ligne de compte une envie pour l’intérêt financier d’être président de la république, quand on est payé à la pige ou même quand on est « une grande voix », même à quatre ou cinq mille euros par mois, on projette son ambition contrariée, sur plus fourré et plein aux as que soi !
Cela coule de source en auscultant les cobayes que nous avons sous la main en Belgique tous les dimanche midi sur RTL. Les boys de Deborsu sont prévisibles dans les commentaires qu’ils font de l’actualité, parce qu’ils expriment une opinion, la leur, qui est subjective, imprégnée de ce qu’ils sont et de ce qu’ils font. On sait presque à l’avance ce qu’ils vont dire. Ce n’est pas du journalisme. Ils usent tout simplement de la faculté de s’exprimer au regard de millions d’autres qui ne le peuvent pas et dont les commentaires eussent été, pour certains, bien plus compétents et indépendants. Et en plus, on les paie pour cela !

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Pour ce qui est du renoncement de Hollande à se succéder, on voit bien l’état du parti qui l’a mis au pouvoir. Il est en lambeaux et à cause de lui. Sans doute le centrisme affiché de Hollande y est pour beaucoup, comme ses choix de premiers ministres : Hérault, l’arrangeur, Valls, le flamboyant, sont deux figures de la social-démocratie, tendance Bayrou. Cela ne pouvait pas coller avec les électeurs de 2012, déçus par le décalage entre les promesses électorales et la politique centriste du gouvernement.
Forcément occulté par les médias appartenant tous à la coterie libérale, Mélenchon ne pourra que gagner du terrain à la suite de cette défection, soutenu par l’opinion.
Le départ programmé de Hollande en mai 2017 rend visible la décomposition de la gauche française, en trois parties : Macron d'inspiration libérale, Valls, social-démocrate et Mélenchon, gauche de rupture, Montebourg se plaçant entre Valls et Mélenchon dans une valse hésitation qu’il a intérêt de clarifier rapidement.
Le problème de la gauche dépasse le cas Hollande. Elle ne peut plus se rassembler sur une seule candidature. Elle est donc vouée à l’opposition en ordre dispersé.
Les primaires présidentielles à la mode depuis la réussite de celles de la gauche en 2012, sont en réalités le signe d’un profond doute d’un suffrage avant le suffrage, mettant directement en cause la manière d’élire un président de la république.
L'élection présidentielle devient un jeu de bowling que les électeurs trahis dans leurs espérances démocratiques, écœurés par le dérapage de l’économie mondialisée, pratiqueront désormais tant et plus, jusqu’à ce que quelqu’un(e) les rassure ou les muselle !

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