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Charles Michel est-il un con ?

Mort, il y a plus de vingt ans, René Zazzo s’est essayé sa vie durant à cerner l’intelligence. Ses travaux publiés sur une trentaine d’années sont toujours d’actualité aujourd’hui.
Pour comprendre leur importance, il faut oublier Zazzo un moment et se rendre compte que l’élément comparatif majeur d’accès à un emploi, c’est-à-dire la trace d’une destinée et sa récompense possible dans la société industrielle, est le diplôme.
Le diplôme a pour but de certifier un apprentissage et son évaluation en salaire. Or, par facilité de rangement, paresse intellectuelle et parce qu’il faut bien des critères pour déterminer le niveau social, la société s’est satisfaite de celui-ci.
Mais, il n’est en aucun cas une preuve d’intelligence, ni de savoir, si l’on veut bien prendre la peine de lire l’œuvre de René Zazzo, sur l’enfance et l’échelle des connaissances au cours des âges.
Et cela change tout.
Au FOREM on ne vous testera pas sur votre niveau d’intelligence pour vous diriger vers un emploi, mais sur les études que vous avez faites.
D’autre part, quand on est avocat comme Charles Michel et par ailleurs premier ministre, on atteint une notoriété qui dispense d’être intelligent. Les erreurs deviennent des distractions et la connerie, pour l’expression d’un esprit supérieur dont il n’est pas facile de « vulgariser » le contenu.
De même, sans d’autres renseignements que l’apparence, le salaire ou la façon dont la personne est vêtue, si en plus elle n’a pas un emploi de première catégorie, ses avis seront sans importances, mieux, elle ne pourra en faire part à personne, parce qu’elle ne sera pas prise en considération.

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Paru dans son ouvrage « Où en est la psychologie de l'enfant ? », René Zazzo ouvre un chapitre dont l’intitulé « Qu'est-ce que la connerie, madame ? », est déjà tout un programme.
Hé oui ! On peut être à la fois con et intelligent, et «le contraire de la connerie, ce n’est pas la logique». Ce qui se traduit par l’évidence que sous son beau costume le politicien qui séduit les foules peut être un sacré con et que sous le corsage troué et défraîchi d’une fille du ruisseau bat un cœur qui fait fonctionner un esprit d’une rare intelligence.
Cela n’a l’air de rien, mais l’esprit critique qui sort de cette logique bouleverse complètement un odieux système, le nôtre, qui enclos neuf dixièmes de la population au profit d’un dixième fait de mirliflores dont on peut supposer qu’ils ne sont pas tous cons, évidemment, mais qui, selon les critères de Zazzo pourraient ne valoir qu’un cinquième du dixième réservé !
Pour comprendre cela, il n’est pas besoin d’être classé « communiste » par la crème du pot officiel de cette société, il faut seulement avoir une conscience critique, dimension de la vraie intelligence qui se remet en question sur soi et les autres, seul antidote à la connerie. Et cela ne s’apprend plus à l’école, hélas ! Et on comprend tout de suite pourquoi.
La suite pourrait passer pour un gag. Ce n’en est pas moins une réflexion sérieuse : « le propre d’un con est de ne pas se douter qu’il l’est. ». Voilà qui ressemble à de l’Audiard, il n’en est rien. Le cinéaste se contentait de les cerner « Un con, ça ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît. » Cela veut dire la même chose, mais la deuxième métaphore est plus drôle.
«Pour le savoir, dit René Zazzo, il lui faudrait se décentrer, se voir avec les yeux d’autrui… Ce qui suppose alors qu’il ne le serait pas» (p. 52).
Le drame actuel est là. Serions-nous dirigés par des cons et comme la majorité qui les supporte n’est pas en reste, nous n’aurions aucune chance d’éviter un crash économique ? Alors que la majorité libérale croit tout maîtriser !
La majorité dit « ne pas avoir l’esprit critique n’empêche pas de dormir ». Le nœud du problème n’est-il pas là ? La connerie s’est trop répandue, pour qu’un jour le sens critique gagne les esprits et puisse la vaincre !
La Meuse fait tous les jours ses choux gras des faits-divers où justement la connerie s’étale bien apparente et rigolote, c’est le petit malfrat qui oublie ses pièces d’identité sur les lieux de son crime, des gens pourtant réputé intelligents qui plongent dans des piscines sans eau. Au cinéma, mais c’est pour rire, des poursuites sur le toit d’un train lancé à toute vitesse finit mal sous un tunnel. De façon récurrente, des jeunes frappent des vieux ou se mettent à plusieurs pour tabasser un condisciple ou violer une élève de la classe voisine.
La connerie est-elle le propre de l’homme ? Alors, sans espoir, nous n’aurions plus qu’à nous en foutre ? Mais, c’est justement là-dessus qu’on espère en haut lieu, pour nous mettre au frais dans des hangars de tôles peintes aux couleurs du paysage, à bosser pour la prospérité d’autrui.
Fataliste à petites doses, tout en espérant quand même à doses encore plus réduites, je ne sais pas si c’est de la connerie, mais la conclusion d’un esprit « raisonnable », à laquelle je me tiens.

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