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Tunnel sans bout du…

Dans les pays sujets aux tornades, typhons et autres colères de la Nature, lorsqu’on est prévenu de l’arrivée d’une catastrophe : on protège ses fenêtres, on attache ce qu’on peut et puis on attend, dans l’anxiété que ça tienne.
La démocratie ne prend aucune précaution à l’encontre de l’économie libérale, alors que des soubresauts financiers d’une gravité extrême ont déjà eu lieu et sont encore possibles ?
Il y a collusion entre les partis politiques dans l’économie libérale, pour s’attirer les grâces des grands décideurs mondiaux, en-dehors des règles démocratiques !
Charles Michel n’est pas au gouvernement pour nous garantir un meilleur avenir, il est là pour servir des intérêts économiques qui échappent au contrôle de la démocratie. Il ne le fait pas délibérément, mais il est persuadé qu’il ne peut faire autrement, si bien que la volonté lui manque pour une autre politique.
Sinon, il aurait une autre attitude et chercherait, au moins, à éviter les manœuvres de ceux qui font leur miel, dans la perversité du système.
Ce n’est pas rabâcher que de revenir sur le 15 septembre 2008, lorsque la faillite de Lehman Brothers déclenchait un cataclysme planétaire.
On oublie trop facilement et pour des raisons électorales en Belgique, que cette faillite a provoqué la pire crise du système financier mondial depuis la Grande Dépression, privant des centaines de milliers de personnes de leur emploi et de leur logement.
Quelles leçons nos illustres en ont-ils retirées ? Aucune, l'Union européenne abrite une poignée de pays qui méritent la qualification de paradis fiscaux : l'Irlande, les Pays-Bas, le Luxembourg et dans une moindre mesure, la Belgique.
Les pays de l’UE se sont lancés dans une compétition pour baisser l'impôt sur les sociétés, afin d'attirer les multinationales. Cette course au plus attractif menace tout le monde de conséquences redoutables et pourrait rouvrir une crise majeure.

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La tendance mondiale est tout aussi explosive. Donald Trump a réduit les taux d'intérêt sur les sociétés de 35 à 21%. Des rachats d'actions et des primes aux chefs d'entreprise sont devenus possibles au détriment de la croissance des salaires. Cette politique, très visible dans la politique de Macron, est identique à Bruxelles. Charles Michel est sans doute le meilleur suiveur en politique économique des deux géants européens que sont la France et l’Allemagne, ce qui ne nous empêchera pas d’entrer les premiers dans les tourbillons de la descente de la rivière. Nos grands voisins seront trop occupés à se sauver eux-mêmes ce jour là, pour venir à notre secours.
Cette concurrence sur la baisse des impôts des sociétés a des effets pervers sur les salaires et la consommation des ménages.
L'impôt des sociétés doit être proportionné aux gains réalisés. Il est le prix à payer pour un équilibre social, qui même très éloigné d’une action solidaire, doit au moins tendre vers ce but. Le système s’en fiche éperdument et avec lui les dirigeants en charge de la démocratie.
La réduction de l’impôt des sociétés ne produit pas d’emplois supplémentaires, mais accroît les bénéfices de l’actionnariat. « C'est une soupape de sécurité essentielle des gouvernements démocratiques dans la lutte contre les multinationales, devenues des États dans l’État.
La course, au nivellement par le bas de l'impôt sur les sociétés, prive les gouvernements non seulement de revenus, mais aussi de l'un des outils politiques les plus puissants pour réduire les inégalités. » (Huffpost).
L’Union européenne est un paradis pour les fraudeurs caractériels, avec JC Juncker le plus habile d’entre eux, quand il était ministre au Luxembourg. Aucune règle ne permet de lutter contre les montages crapuleux qui surfent sur l’impôt, des géants du numérique en tête de gondole. Facebook et Apple planquent leurs bénéfices en Irlande. Le taux d’imposition moyen de Google dans l’Union européenne est de 0,82%. Apple paye 50 euros d’impôts en Europe à chaque million empoché, une imposition effective de 0,005%.
Des pays conscient du phénomène pourraient venir des réponses au niveau mondial. Hélas ! cela ne viendra pas de la Belgique. Le gouvernement actuel est en train de magouiller avec les Pays-Bas, une coordination de contournement du système de taxes européen, par l’accueil que nous faisons au capitalisme français sur la foi de notre législation favorable, pour des investissements communs. La pompe aspirante vers le Nord est Anvers avec à sa tête le champion du capitalisme sauvage, l’ami des Michel, Bart De Wever.
De cette magouille personne ne dit rien. L’opposition socialiste y verrait même l’occasion de sortir le pays de l’impasse au détriment des autres. Voilà où nous en sommes et voilà où nous conduisent ces gens indignes.
Quand la société libérale concède aux multinationales et aux grosses fortunes de détenir 10% du PIB mondial dans des paradis fiscaux, elle alimente le terreau de l'autoritarisme. Les gouvernements abandonnent l’esprit constituant les démocraties et accélèrent le processus financier vers la prochaine crise mondiale.
Il est regrettable que nous n’ayons plus de bons journalistes financiers d’investigation, à la solde sont-ils tous, des financiers malhonnêtes, que sont nous éditeurs de presse.

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