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État belge à vendre. Faire offre.

Souhaitée par l’Europe, la vente au privé des services publics va bon train. Le plan libéral a été éventé. Il fallait tôt ou tard que l’on se pose des questions sur cette braderie, organisée par les responsables de ce pays. Ils vendent petit à petit au secteur privé, notre richesse collective.
Dépecés année après année, mis en coupe réglée méthodiquement avec le soutien de l’Europe, ce dont l’État nous garantissait la pérennité, en réalité, les Services Publics étaient sabotés par ceux qui auraient dû les entretenir et les améliorer par des investissements conséquents.
S’était inscrit dans notre destin que les libéraux s’occuperaient à leur manière de la poste, des chemins de fer, des transports urbains, des services sociaux, hôpitaux, assez sérieusement pour mettre à presque rien l’essentiel de ce qui rattache les citoyens au pays : le social, le transport, la vie associative des asbl, les facilités administratives, les secours divers, etc.
La première salve venait de loin. Le vieux de la veille, Louis Michel en osmose pour les petites saloperies politiques avec son compère Reynders, introduisait l’exigence de rentabilité dans tous les services publics. Ces arnaqueurs entraient ainsi dans la spirale infernale du contrôle des dépenses. Le public n’y vit pas malice.
Tout était bien préparé, avec une excellence promise dans le privé a-contrario de ce qu’on décrivait étant une mauvaise gestion publique. Déjà sous l’effet d’une sourde propagande dénigrant l’Administration le père fondateur des intérêts bourgeois, Jean Gol, attirait l’attention sur ce pseudo-phénomène en même temps qu’il se mettait en vedette.
Pour atteindre un premier niveau et faire passer pour un certain relâchement un manque flagrant de moyens, il fallait une politique négligeant les infrastructures, faisant la sourde oreille à tout renouvellement de matériels et réduisant les personnels au strict minimum et notamment dans les hôpitaux, et ce bien avant le Covid-19.
Il suffisait ensuite de s’étonner de la dégradation du secteur en s’élevant « avec le peuple » contre une administration coûteuse et inefficace.
C’était bien avant les gueules de l’emploi d’aujourd’hui, avenue de la Toison d’Or, avec dans le rôle d’accusateur Charles Michel épaulé du palotin Chastel, récompensé par un ticket permanent de député européen.

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Il ne restait plus qu’à expliquer aux usagers mécontents, aux patients et aux voyageurs que la seule issue possible était l’ouverture à la concurrence. Cette tâche, GL Bouchez y réussit bien. Il nous explique avec sérieux que Théodore Alettre, facteur de son état dans les services publics, distribuait mal le courrier ; mais qu’Alettre Théodore engagé dans le secteur privé va faire des miracles pour satisfaire l’expéditeur et le receveur de tout colis et courrier, comme jamais on ne le vit dans l’Administration publique. Tant pis pour le dénommé Alettre Théodore s’il finit l’année avec une dépression nerveuse.
Le croiriez-vous, une pareille imposture dans le discours réservé aux fans du MR et du PS marche, au point qu’y applaudissent les Écolos !
En réalité tout était déjà programmé pour brader ce qu’il était possible, bien longtemps avant les pleurs affectés des ministres sur l’état déplorable de certains secteurs de leur administration, comme s’ils n’y étaient pour rien et avec eux leurs prédécesseurs, au-delà d’Elio Di Rupo.
Méthodiquement, d’année en année, de circulation d’enveloppes sous les tables, de commission en commission, des promoteurs du privé aux responsables politiques, le principe de libéralisation et d’ouverture des marchés au privé avait été établi de longue date. Ce fut le Covid-19 et la série épouvantable de bévues et de stocks détruits de Maggie de Block face à la pandémie qui fit découvrir le pot-aux-roses.
De la métonymie d’une concurrence discrète, à la sacro-sainte croyance proclamée par l’Union Européenne promouvant le privé, les gouvernements des vingt-sept s’y sont conformés avec un zèle rare et un plaisir infini, trahissant par là une démocratie qui se voulait au service du peuple et qui ne l’était qu’aux intérêts privés..
Les services publics réduits à pas grand-chose, sabotés par les hauts responsables, les logiques privées sont en train d’avoir raison devant une opinion égarée et indécise.
Les rescapés du massacre font face, vaille que vaille, découragés et malmenés. Certains préfèrent déserter leur poste, comme on le voit dans les hôpitaux publics, plutôt que se cabrer en interne devant l’injonction des ministres parjures et leurs suppôts de direction sur l’organisation à tout prix de la rentabilité. Ils veulent toujours plus, avec toujours moins.
Pour ces marchands de biens au pouvoir, la guerre en Ukraine, l’inflation inquiétante sont autant de paliers vers une privatisation générale à l’américaine, dont TOUS nous commençons à peine à sentir les effets.

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