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Bush dans un fauteuil !...

A notre petit niveau, qu’est-ce qu’on en a à faire de notre opinion sur la réélection de George W. Bush ? Déjà que nos dirigeants ne nous demandent pas notre avis sur la politique qu’ils poursuivent en Belgique, alors vous pensez les Etats-Unis…
D’accord, nous étions pour Kerry, encore que j’ai toujours pensé que c’était bonnet blanc et blanc bonnet (voir les blogs précédents). Nos dirigeants étaient plus « kerrystes » que nous. Non pas que Kerry ait fait un rodéo qui soit venu à nos oreilles, quand il était gouverneur ; mais il avait la cote, nos dirigeants ont toujours eu la fascination des Yankees qui parlent le français. Polyglotte est un label de l’intelligentsia actuelle. Ils en sont là, et nous aussi en raison de notre co-voiturage (Eux devant, nous dans la malle arrière). Les manières paysannes de l’un, sa foi proclamée en Jésus, ses relations avec la famille d’Oussama et les plaisanteries sur son « illettrisme », par rapport à l’autre, issu des meilleurs milieux de Boston, époux d’une polyglotte (encore), avaient fixé le choix de nos éminences.

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Louis Michel, chef de file des vestes réversibles (un parfait polyglotte), était, sans l’avoir formellement dit, un kerryste de la première heure, comme Di Ruppo, son parrain à l’Europe et tant d’autres. Nous, à notre modeste niveau, nous reconnaissons que nous nous sommes gourés, les « caïds », ce n’est pas certain qu’ils le reconnaissent un jour.
Louis Michel, rompu aux volte-face, a trouvé le moyen de dire que pour son deuxième mandat Dobeliou serait indulgent pour les Européens qui ont dit non à l’Irak. Ce qui signifie en langage non codé que Bush allait faire la politique de Kerry !...
Les « intellectuels polyglottes » qui nous dirigent continuent à prendre leur rêve pour des réalités.
Ils sont aussi bêtes que l’instruction publique privilégiant les langues étrangères et les maths pour s’étonner ensuite que nos têtes blondes et les profs de math ne sachent ni lire, ni écrire le français !

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Il n’est pas dit que Bush II reviendra à une politique étrangère plus classique pour recoller à l’Europe, cela pour trois raisons. L’Europe est elle-même divisée sur la question de l’Irak. Bush ne va tout de même pas désavouer ses alliés européens, dont le chef de file est la Grande-Bretagne, pour satisfaire Chirac et Schröder.
Deuxièmement, la Chine s’ouvre au commerce mondial. Pourquoi voulez-vous que Bush fasse de l’Europe son partenaire privilégié alors qu’elle sera demain sa principale rivale dans cet immense marché ?
Troisièmement, Bush est un intégriste religieux. Avec une majorité renforcée au Sénat, Dobeliou a maintenant les mains libres pour sa croisade contre le mal. Qui pourrait l’empêcher d’en découdre avec la Syrie et l’Iran ?
Nos polyglottes de chic et de choc n’ont plus qu’à prendre la file à la Maison Blanche, pas avec un démonte pneu à la main, mais avec des chocolats pour madame la présidente.
Le peuple américain a oublié ses origines européennes (de plus en plus diluées). Il ne raisonne plus comme nous depuis fort longtemps, probablement depuis la guerre froide. L’envie d’un président « amoureux » de la vieille Europe ne leur est plus venue à l’esprit depuis Roosevelt et son engagement contre le nazisme. Il est capital que les Européens ne se sentent pas trop longtemps orphelins de ce « cousinage » perdu. Il faudra bien un jour décider une politique générale sans le soutien des Etats-Unis. L’Etat le plus difficile à convaincre pour l’autonomie sera la Grande Bretagne qui n’a pas collé à l’Europe pour la faire, mais pour la corrompre.
En ouvrant nos frontières aux plus malheureux que nous – ce qui est un humanisme respectable – nous avons oublié que l’Europe était une entité. La question de demain qui est d’accepter la Turquie dans l’Europe est capitale, en ce sens qu’elle va déterminer une politique atlantiste comme le souhaite les USA ou un renforcement de l’Union européenne sur la seule base du continent, si nous n’en voulons pas.
Le dernier mandat de Dobeliou s’annonce plein d’incertitudes.
Nos foudres polyglottes le savent bien.
Ils ont aimé Kerry. Kerry retourne à son Ketchup. Vive Dobeliou. Lui, il en a pour quatre ans à faire gicler la sauce. C’est donc le meilleur. Celui qu’il nous faut. Celui qui hantait nos plus secrets désirs. Amen.

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