« La Bellum gallicum des vieux ! | Accueil | La cata… la cata… la cata… »

Robert compte pour du beurre.

- Entre Lucienne, mets-toi à l’aise…
Dring Dring
- On sonne ! Tu permets… va au salon… J’arrive.
(Robert ouvre la porte d’entrée)
-Par exemple Eridan !
-Je te dérange ?
-Oui, non, c’est-à-dire…
-Je te dérange.
-Voilà huit jours que je n’ai plus de tes nouvelles. Tu m’as quitté en me disant que je comptais pour du beurre !
-Et tu l’as cru ?
-Tu as refusé que je t’embrasse !
-Je peux entrer ?
-C’est que…
-Tu as quelqu’un ?
-Enfin !...
-Si tu as quelqu’un !
-Eh bien oui !...
-Je la connais ?
-C’est Lucienne.
-Lucienne ? Cela ne m’étonne pas. Voilà longtemps qu’elle te court après. Je me demande ce qu’elle te trouve… Tu la sautes ?
-Enfin Eridan !... Lucienne est au salon… ce n’est pas le moment de…
- D’accord. Je passe directement dans la chambre.
-Non. Tu reviens demain, si tu veux, qu’on discute…
(la voix off de Lucienne)
-Robert, tu viens ?
(Eridan est déjà à l’entrée de la chambre).
-Une minute, j’arrive. (à Eridan) Tu promets de rester calme ?
- A condition que tu ne tardes pas trop.
(la voix off de Lucienne)
-C’est qui ?
-Rien. Personne. J’arrive !...
-Merci pour personne. C’est pire que compter pour du beurre.
(Robert revient au salon)
-C’était mon voisin. Il a besoin de moi pour installer un petit échafaudage… enfin une bêtise. Si tu veux, on peut remettre à demain ?
-Mais non, Robert. Je t’attendrai. Tu as des magazines. Je sais où est le porto…
(un bruit sourd sur la cloison)
-Tu as entendu. Il y a quelqu’un dans la chambre ?
-Non. C’est le voisin qui étançonne avant que je n’arrive pour l’échafaudage.
(la voix off d’Eridan)
-Alors, tu viens ?
-Tu entends ? Il y a quelqu’un dans la chambre !
-Non. C’est le voisin qui m’attend.
-Il a une voix de femme ?
- C’est sa femme… Je reviens…

malentendu.JPG

(Dans la chambre)
-Mais tu es au lit, Eridan ! Qu’est-ce que tu fais ?
- Tu le vois bien je tire sur les manches de ta chemise…
(Une demi-heure plus tard. Robert rentre au salon.)
-Voilà c’est fait. L’échafaudage est en place…
- Tu as un pan de ta chemise hors du pantalon…
- Pardonne-moi.
(Surgit Eridan de la chambre.)
- Tu ne m’avais pas dit qu’il y avait quelqu’un chez toi ! Mais je la connais, c’est Lucienne…
-Tiens, c’est Eridam ! D’où viens-tu ?
-Qu’est-ce que ça veut dire, Robert ? J’entre chez toi en confiance et tu avais Eridan dans ton lit ! Mais quel monstre es-tu ?
-Tu m’avais pourtant promis que tu ne sortirais pas de la chambre, c’est…
-Monstrueux. C’est moi qui sors !...
-Mais Lucienne, je vais t’expliquer…
(Lucienne claque la porte)
- Voyons Eridan, quelle mouche t’a piqué ? De quoi j’ai l’air ?
- Franchement, j’étais venue pour savoir si je t’aimais encore ou pas. Je m’étais dite, laissons-lui une dernière chance. Et…
-Et ?
-Est-ce que tu m’aimes ?
-Oui, je t’aime.
-Je voulais en être sûre, parce que moi, toute réflexion faite, je ne t’aime plus. Tu comprends, il fallait que j’en sois certaine… J’aurais du m’en douter, tu n’as jamais su me faire jouir… Adieu Robert. Si tu te dépêches, tu peux rattraper cette petite conne de Lucienne. Elle est tout à fait ton genre.

Poster un commentaire