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31 décembre 2005

Revue 2005

Comme les gazettes n’ont plus rien à dire depuis une semaine, c’est le moment des rétrospectives.
Il ne suffisait pas que l’on s’emmerde aux deux festivités programmées des siècles à l’avance, il faut aussi qu’on se rappelle les grandes occasions de 2005, où entre le tsunami du 26 décembre 2004 et le tremblement de terre d’octobre au Pakistan, Anne-Marie Lizin eut le temps d’envoyer une lettre à une présidente de la Cour d’Appel de Liège, que Florence Aubenas revenait dans le monde des vivants et que Nathalie Toro était sacrée championne du monde de boxe.
Si par exemple, nous étions fin 1561, nous pourrions rappeler qu’à Poissy, le 20 juillet de cette année-là, Michel de l’Hospital réunissait dans un colloque, catholiques et réformés. Sans doute le sujet était-il moins chaud qu’aujourd’hui, encore que l’intégrisme a toujours fait chier tout le monde, la preuve, déjà en 1561… Mais, on n’est pas sûr qu’en 2005, ça intéresse encore beaucoup de monde, en-dehors des excités habituels.
Peut-être, celle-ci de 1792 ? Le 20 avril, l’Assemblée législative française déclarait la guerre au roi de Bohême et de Hongrie.
Non plus ?
Alors, il ne reste plus que les informations inédites que l’on aurait oubliées parce que trop confidentielles, ou trop gênantes, des journaux qui ne sont pas là pour jouer le rôle d’électeur.
Dans les confidentielles, j’épingle que dans la semaine du 1er décembre, c’est évidemment très récent, j’ai eu des aigreurs d’estomac pour avoir fini la marmite de potage tomates par excès de gourmandise. Le lendemain, cela allait beaucoup mieux merci.
Mais je me demande, à part une fan très sensible qui habite les hauteurs de Seraing, quelle est l’admiratrice éventuelle que cela intéresse vraiment ?
Si par hasard, ce malaise l’interpelle, qu’elle me le fasse savoir avant le dernier Réveillons. On ne sait jamais, avec tous les films merveilleux, les contes qui réchauffent le cœur, peut-être aimera-t-elle réchauffer le mien ?
Dans les gênantes, c’est la lettre de l’ami Jean-Maurice Dehousse à Elie Deworme, président de la Commission de vigilance du PS, dont personne n’a parlé. Sans vouloir dire du mal de ce respectable vieillard qu’est tovarich Emile (on voit bien pourquoi le Bureau du PS lui fait confiance), quand on n’a plus tout à fait sa tête, on ne peut pas demander celle des autres.
Dans le rayon bonnes résolutions, on remarquera les efforts que je fais en ne citant plus le nom d’un gars aux hautes fonctions qui agrémente son col de chemise d’un nœud papillon. Et ce jusqu’à l’année prochaine. J’espère ainsi retrouver un peu de crédit auprès d’une certaine personne qui m’en fit hier le doux reproche.
Peut-être ai-je le tort de faire des rétrospectives trop lointaines : 1561, 1792… pourquoi pas donner en pâture la commémo de - 1438 avant JC (rien à voir avec le feuilleton Dallas) quand Aménophis II poursuivit l’œuvre de Thoutmosis III, son père ? Mais pour la raison évidente qu’on n’est pas sûr de la date, ni du jour. Une rétrospective incertaine pourrait indisposer le lecteur.

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Une petite dernière, peut-être ? Plus près de nous, c’est en 1875 qu’Amédée Bollée met au point la première voiture à vapeur. Peut-être bien qu’on s’en souviendra quand nous serons sans essence, mais pas encore en 2006. Bien sûr. C’est encore loupé.
Une dernière remarque, personne n’a jamais tenté de faire une rétrospective à l’envers, par exemple faire la rétrospective de 2006 en 2005 ? Ainsi fin 2006, la rétrospective de 2005, aurait le recul nécessaire à la réflexion.
On pourrait statistiquement prévoir ce qui se passera en 2006. Par exemple que la démocratie sera triomphante, quoique lutant contre l’intégrisme musulman, que le Tour de France ne sera pas gagné pour une fois par Armstrong, sauf s’il se représente, que les élections communales seront gagnées en Wallonie par le PS et qu’enfin les ascenseurs de la Maison sociale « La carolorégienne » tomberont en panne moins souvent, si on les répare.
Une rétrospective qui se veut complète doit évidemment parler de la pluie et surtout du mauvais temps. La paix des confiseurs se fête en anorak sous parapluie.
Ce serait d’autant plus injuste que personne ne parle du temps qu’il fait, alors que cela a tenu en haleine des millions de téléspectateurs et de lecteurs, au long de l’année.
Quel temps fait-il ? Et surtout quel temps fera-t-il ? Voilà qui passionne le monde.
Aussi, c’est particulièrement ému que j’adresse à Mesdames Marie-Pierre Mouligneau, Caroline Dossogne, Nathalie Winden, etc. le salut que la presse devrait être unanime à leur adresser, mais qu’elle ne fait pas par dépit, tant ces grandes professionnelles sont jalousées par des confrères petits, petits…

30 décembre 2005

Et un avocat de plus…

Le PS a relancé la pensée giscardienne lorsque l'indicible père de la Constitution européenne avait mis sur les rails ses jeunes giscardiens.
Les jeunes tiges du PS ont été honorées du Bureau par la promotion de Délégué général à la rénovation du parti, de leur président, Gilles Doutrelepont. Et de nous montrer un visage poupin à la François Hollande, le regard angélique de grand sacrificateur sur l’autel rénové du socialisme réformateur.
Nul doute, si le promu est intelligent, il ne rénovera rien laissera en place les caïds de la chose et sera en bonne position sur les listes des mandats juteux aux prochaines élections. Si, par contre, il est intelligent et sincère et qu’il propose des réformes qui font mal, il sera président à vie des rempailleurs de chaise du boulevard de l’Empereur, vite fait.
On sait le ministre-président, président du PS et bourgmestre empêché de Mons, très chasseur de têtes. Si son Gilles lui ressemble, il est certain que tous les pontes n’ont aucun souci à se faire et qu’on ne réformera que dans les sections.
Evidemment, le jeune Doutrelepont est avocat, un de plus, et c’est un signe qui ne trompe pas. On commence par louper la réforme en ajoutant à la chiée d’avocats, un autre cher maître. Décidément, le local central du PS n’est plus qu’une annexe du palais de justice…
Que va faire ce licencié en droit dans les 700 sections locales du parti ?
Membre du PS depuis 1996, c’est déjà un vieux-jeune. Il a travaillé au groupe PS du Sénat et à l'Institut Emile Vandervelde (centre d'études du PS) où il s'est gavé de dossiers concernant la réforme des polices, l'égalite hommes-femmes, l'audiovisuel, l'enseignement... actuellement, il est fourré au ministère de la culture. C’est donc déjà « un pupille de la nation » en ce sens que ce déjà haut fonctionnaire, c’est quand même nous, qui l’avons payé jusqu’ici.
Sans rire, a commenté M. di Rupo, il aurait été choisi pour sa valeur morale, son expérience professionnelle et pour le fait qu'il préside les jeunes PS. La création de cette fonction avait été décidée par un congrès du parti, dans le cadre de la deuxième phase de l'opération de rénovation du PS. Le Délégué devra imprimer une ligne de conduite claire et vérifier que la réalité sur le terrain corresponde bien aux décisions prises par le parti, selon lequel il y a encore des attitudes qui ne correspondent pas aux décisions prises.
En pratique, le Délégué sera chargé de l'organisation des débats locaux et de la façon de mettre à l’aise les nouveaux membres dans les sections, de la participation équilibrée des jeunes et des aînés à la vie du parti, etc...

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On voit le genre. Les sections qui sont en panne d’idées depuis longtemps apeurés que sont les responsables de dire un mot de travers et heurter l’orthodoxie montoise, verront avec terreur cette nouvelle oreille d’Elio.
Le comble, c’est que cet avocat antépénultième veut créer "de nouvelles portes d'entrée" et organiser des forums avec la participation de personnes qui ne partagent pas nécessairement les idées du PS. On voit d’ici le genre de débats qu’on peut encore avoir au PS en ces jours de collaboration faste avec l’économie libérale et mondialiste.
Méticuleux, le jeune dirupien prendra contact avec les fédérations ou sections locales selon l'ordre alphabétique, sans son uniforme de gendarme, c’est promis.
Le Délégué n'aura pas de rôle de sanction vis-à-vis de ceux qui ont un comportement « peu amical » aux yeux de la présidence du PS.
Son rapport sous le wigwam des grands sages, c’est Elio et ses chefs de tribus qui distribueront les éloges et les flèches brisées.
On nous signale que le jeune âge de l’avocat ne devrait pas constituer de handicap, grâce à l'expérience déjà acquise au parti et surtout au sein de l'Institut Emile Vandervelde et des Jeunes socialistes. Mais reste une inquiétude, car enfin, tous ces avocats dont aucun ne plaide et qui n’ont qu’une expérience de couloirs, que connaissons-nous de leurs qualités professionnelles puisqu’ils n’ont fait des études que pour cirer les pompes ?
Qui peut savoir que le jeune Doutrelepont l’est davantage que depuis le pont de Seraing ? Quand a-t-il défendu la veuve et l’orphelin ? Que pense-t-il du pro deo ?
Enfin, les choses étant ce qu’elles sont, cela ne saurait aller plus mal au PS. Sauf que voilà un permanent de plus et quand on sait la trésorerie laborieuse de tous les partis de Belgique, gageons que cette bouche de plus à nourrir sera dès l’année prochaine dans une planque compensatoire où nous serons les seuls à lui servir la soupe.

Des funkies effervescents.

De nos jours, tout le monde fait la gueule. On ne sait pas au juste pourquoi… si moi je le sais. On fait la gueule parce qu’on aime avoir beaucoup de fric, travailler ne suffit pas et on est obligé de travailler quand même, alors que ça ne sert à rien pour avoir du fric, d’où une frustration.
Je pensais à cela, quand, par inadvertance, j’ai mis une pastille effervescente de vitamine C en bouche au lieu d’un comprimé Steovit à sucer.
Qu’il y ait eu effectivement des périodes historiques plus effervescentes que la nôtre, j’ai su brusquement ce que cela avait eu comme effet…
La morosité est quelque chose de palpable. L’autre jour, je palpais une morosité dans un ascenseur, vos me croirez si vous voulez, j’ai dû descendre deux étages à pied. Tandis qu’une effervescente, c’est autre chose... Vous l’avez en bouche, c’est trop tard, la pastille est coincée. Elle se donne. Elle fond.
Toute la presse, générale ou spécialisée, se fait l'écho de cette présence persistante de la morosité. Moins elle a de lecteurs, plus elle est morose. Après les vastitudes du boulevard de la Sauvenière, faut voir dans quoi on vous reçoit au Journal La Meuse : quasiment dans les WC qui sont la porte à côté du bureau place Cathédrale. L'horizon, c’est comme leur chasse d’eau, une ligne imaginaire qui s'éloigne à mesure que l'on s'en approche.
C’est la crise, quoique Tounet veuille dire…
La morosité est perceptible : elle est molle, grise, désolante et rampante… comme une bite de cancrelat.
Heureusement, il y a l’effervescence !
C’est comme la tumescence, elle peut durer un temps. Puis, on ne sait trop pourquoi, elle retombe aussi sec. Alors, on redevient morose, on pense au fric et c’est foutu.
A ce point, la question se pose : qu'est-ce que l'effervescence ?
L'effervescence est une notion sociologique, donc "savante" et appartient, à la fois, au langage courant et au sens commun, au même titre que la morosité… enfin c’est Emile Durkheim, spécialiste de la question, qui l’affirme. Emile est l’auteur des « Formes élémentaires de la vie religieuse ». Sans être allé y voir à l’abbaye de Thélème ou au couvent vénitien de MM, l’effervescente créature des nuits du cardinal de Bernis et de Casanova, Emile connaît la chanson. « Au sein d'une assemblée qu'échauffe une passion commune, nous devenons susceptibles de sentiments et d'actes dont nous sommes incapables quand nous sommes réduits à nos seules forces. » comme on peut le voir, Emile est pour l’orgie romaine.
Je ne suis pas contre. Mais l’effervescence à ce prix, n’est-ce pas trop cher payé le regain de nos faibles forces ? Car, nous prévient l’anachorète : « …quand l'assemblée est dissoute, seul avec nous-même, nous retombons à notre niveau ordinaire, nous pouvons mesurer alors toute la hauteur dont nous avions été soulevés au-dessus de nous-même ».
A vrai dire, je suis pas exhibitionnisme. Et je ne saurais dire de combien elle se soulève sous les regards d’une collectivité enthousiaste ?

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Enfin, deux ou trois centimètres de boni, par ces temps de grande misère, c’est appréciable.
Le bon samaritain s’exalte. Pour lui, c’est clair, l'effervescence, c'est chaud !
« On retrouve cette idée dans le terme de "bouillonnement" qui est souvent utilisé dans le langage familier pour décrire l'effervescence. Au sens propre, physiologique, c'est la chaleur humaine, chacun a déjà pu remarquer qu'une assemblée dégage plus de chaleur sitôt qu'elle est festive bien sûr, ou même simplement concentrée. Ce qui fait parfois dire à celui qui pénètre dans la salle venant de se vider : « ça sent le fauve », ou, s'il ne dit rien, son premier réflexe sera d'aller ouvrir la fenêtre. »
Que le diable m’emporte, mais le texte entre guillemets, toujours de notre plaideur contre la morosité, on dirait du Richard III ! A tel point que je n’en ai retranché aucun mot. Seul un regret pour les derniers gestes, tant qu’à faire plutôt que d’ouvrir la fenêtre, Richard eût ouvert sa braguette, question d’aérer plus efficacement.
Après, le bon Père s’enlise trop dans les « rave » en écoutant Sex Machine de James Brown, pour que ses instants d’effervescence de la Soul, du Fun et du hip-hop aient encore un aspect chrétien. Pour lui, la funk est le sommet de l’effervescence, de fièvre pour caractériser les chaudes ambiances festives, fièvre qui fait suer à grosses gouttes.
« l'm stupid deep inside because l'm loose » comme a pu le faire Iggy Pop, tonne Emile Durkheim. « Free your mind and your ass will follow », « libère ton esprit et ton cul suivra » comme le dit, jamais à cours d'aphorismes et de slogans, George Clinton, le fondateur de deux groupes majeurs de la musique funk, Parliament et Funkadelic. L'abandon est une attitude, une posture intellectuelle. C'est une disposition d'esprit pour être sensible au traitement.
Si ça continue, je me convertis, je deviens catho. Avec cette « machine à faire du Groove ! »,
Gilbert Durand, « Les structures anthropologiques de l'imaginaire », nous délivre quelques clés pour faire le lien entre les grands traits de la Funk et les phénomènes d'effervescence.
« If you will suck my soul, I will lick your funky emotions » (Je laisse cette réflexion pour les délices d’une de mes lectrices attentives qui voudrait être plus souvent hot in the biscuit)
Le Funk est une manière de mettre l'âme en feu, et accessoirement le derrière.
nous l'aurons bien compris et l’effervescence, une manière de montrer comme la religion évolue dans le sens de l’horizontal.
Vivre couché dans une collectivité amoureuse ?
Qui dit qu’on s’emmerde dans les communautés religieuses ?

29 décembre 2005

Google en panne.

Le site est en panne. Veuillez excuser la non parution

L'Etat pot-bouille

Si l’imprimerie a désacralisé le mot en répandant le savoir, la télévision a vulgarisé l’image en l’avilissant et ce faisant, nous avilit aussi par la même occasion.
La dégradation de l’image par ricochet a dégradé l’écrit et dévalué les formes d’art et de savoir.
C’est à une sorte de laïcisation de la pensée à quoi l’on assiste, en ne tenant pas compte que toute organisation collective a un caractère religieux, quels que soient les emblèmes. La Franc-maçonnerie, la laïcité, et même l’Etat démocratique sont d’obédience éminemment religieuse, puisqu’ils ont leurs intégristes.
Remontant de la plus humble fonction représentative, jusqu’à l’emblème suprême de l’Etat, l’exhibition démocratique a fait perdre au tout-venant de la maîtrise, l’auréole d’une sacralité ancestrale. Quand le suffrage universel remplace la panacée du Saint Chrême, l’élection populaire l’élection divine, c’est la même gesticulation, le même enthousiasme et le même parti pris, mais le rituel a pris un tour canaille et populaire. C’est le roi qui avoue un soir de Noël qu’il a jadis trompé sa femme, c’est José Happart en manches de chemise qui invective un journaliste de la Libre sur la manière dont il traite de l’intégrité des parlementaires.
Comme jadis le Pouvoir absolu, la Nation démocratique est née immortelle. Elle s’incarne dans des réalités. Si celles-ci sont vulgaires comme la télévision nous l’affirme, il faut donc que le Pouvoir s’incarne dans ces réalités, tout en restant à distance et au-dessus. Ce qui est un exercice d’autant plus difficile que la moyenne de compréhension des citoyens est basse.
La télévision transporte directement le citoyen dans les salons du Roi et du parlement.
Sous les dorures et devant les glaces des entre-fenêtres évoluent des personnages en costume de prix et chemise de luxe, il faut donc pour que l’image ne soit pas trop négative que les Chefs se servent de tours populaires, fassent des œillades à la limite comparables aux vulgarités d’un Patrick Sébastien afin de faire oublier que leur condition ne saurait en aucune manière être la nôtre de sorte que la télévision puisse confondre le symbole et l’individu. Di Rupo l’a parfaitement compris quand on le voit souvent sans veston, mais avec le légendaire nœud papillon. C‘est le nœud qui l’habille et le sacralise au contraire d’un Happart, sans cravate et les manches de chemise retroussées, ce qui pourrait être demain une obligation pour que le Roi même puisse encore s’adresser à ses « chers compatriotes », comme s’il était accoudé au bar du coin.
C’est l’enjeu des prochaines années qu’une représentation « admirée » reste nécessaire pour que se poursuive une société sans que se devinent les aspérités que revêtent toutes ses formes d’injustice.

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La télévision met en péril le dédoublement des princes. Leur part d’ombre nécessaire à la pérennité de leur sacralisation disparaît, laissant à la contemplation un homme comme les autres et qui a bien de la chance d’être là, sans mérite particulier, sans être ni Gandhi, ni Einstein. C’est d’autant plus inquiétant que le constat est le même pour qui « touche » à tous les échelons d’une hiérarchie politique que ne justifie plus la qualité des prestations au prorata des émoluments.
Kubla, dimanche dernier sur RTL a fait ce qu’il a pu pour rester le bon gros sympa qui fait tout pour satisfaire les Assis du Royaume. A la question de Vrebos sur les indemnités d’administrateur de la banque Dexia, poste offert en sus de ses autres casquettes par l’amabilité de son président Didier Reynders, il a décortiqué les deux ou trois séances par an qui lui valent ses émoluments en divisant la somme par 12 mois défalquée du précompte. Il a cru que 1200 euros le mois étaient peu de choses ainsi présentés. Ce faisant, cela a pu passer inaperçu pour la plupart, mais cela représente la somme d’une pension importante que la plupart des vieux n’ont pas.
Voilà un bon exemple de vulgarité qui demain sera de plus en plus difficile à faire passer pour une affaire entendue.
Il faudra trouver mieux.
Après les différentes formes dans lesquelles l’Etat nous est apparu, rien ne dit que sa dernière métamorphose « L’Etat humanitaire » ne soit pas bientôt dépassée, elle aussi.
La politique du reflet, n’est pas la politique de la réalité.
En voyant le ministre André Flahaut bénir pratiquement ses troupes en partance pour une mission humanitaire, c’est comme s’il empiétait sur la fonction de Monseigneur Daneels bénissant des sacs de riz pour le Congo ; mais cela suffira-t-il encore longtemps à calmer les demandes des pauvres de nos banlieues ?
Cruelles images qui appellent à des réflexions de plus en plus pointues sur la conduite d’une Nation qui exige la foi en sa démocratie et qui pour se rendre crédible n’a plus que la ressource de se montrer aussi veule que la majorité de ses électeurs.

28 décembre 2005

Quand Elio viole les Statuts du PS

C’est bizarre ce qui se passe au PS ces temps-ci.
Quand Elio barytonne le moindre mot, sa voix douce et sonore au frais timbre angélique – comme dirait le poète – est reprise en écho de gazette en gazette, même les plus hostiles à la socialiste présence s’en pénètrent, en sont les monades diffuses. Ainsi quand notre génie des Carpettes projette à l’avant-scène son avocat préféré, Gilles Doutrelepont, le nouvel Hercule au karcher des écuries liégeoises, on s’ébaubit : « Mais où va-t-il chercher tout ça ? ».
En somme le gentil Doutrelepont est chargé d’arranger les choses telles que les souhaite le grand homme. Et la claque applaudit.
Pourtant, en allant au fond de la parentèle socialisante, le robin converti devrait plutôt monter en épingle ce qui vicie le caractère « progressiste » des brain-trusts locaux, de sorte que le fer de lance dérouillé, ce soient les droites qui dérouillent.
Et ce qui vicie le plus, c’est le côté conservateur d’Elio ! Mieux, son côté « je la joue personnelle, et je vous emmerde ».
Ainsi en est-il de l’assignation du dépité (erreur volontaire) européen Jean-Maurice Dehousse à l’adresse du Ministre-président, président du PS et Maïeur empêché de Mons, sa seigneurie elle-même, en compagnie de Marc Dehin, Pierre Stassart et de quelques seconds couteaux, assignation sous la forme d’une lettre de quatre pages à Elie Deworme, président de la Commission de Vigilance du P.S.
Que dit ce message comminatoire ?

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Il critique ce qui peut apparaître comme une dérogation, à savoir l’autoproclamation à la présidence du gouvernement wallon par sa seigneurie, après les torrents de larmes de Van Cau et sa démission. Nos trois mousquetaires s’appuient sur divers articles des statuts du PS que le camarade Elio aurait outrageusement négligés. Parmi ces manquements, « la convocation irrégulière d’un Congrès extraordinaire du Parti » le 4 octobre, l’acceptation d’ « une charge ministérielle sans quitter la présidence du Parti», la poursuite actuelle de ce cumul. Non seulement les Statuts - « ossature du Parti » - sont violés mais la « Charte du Mandataire » adoptée lors du Congrès de Liège en 1997 est également tenue pour billevesée, notamment du non-respect « par les mandataires des règles de déontologie et de cumul arrêtées par le Parti ».
En date du 16 décembre, les signataires ont publié un communiqué de presse, ignoré par la grande presse. Aux dernières nouvelles, ils seraient environ vingt à rallier Momo, avec le soutien secret du président liégeois du PS, le camarade Willy Demeyer, expert en maïeutique, qui est comme chacun ne le sait pas, l’art d’accoucher les esprits de la vérité qui est en eux et non pas, l’art d’être bourgmestre, ce que par ailleurs, Willy fait assez bien.
Voilà le gamin Doutrelepont confronté à une tâche à laquelle ni lui, ni son sigisbée, s’attendaient. Car, enfin, tant qu’à nettoyer les écuries, autant commencer par la sienne
Si cette lettre a fait long feu, c’est d’abord qu’elle est tombée chez Elie Deworme, gardien du temple, mais résident dans la province du Luxembourg, dont on sait les difficultés d’acheminement du courrier en raison du verglas fréquent. Pourtant une récente biographie nous montrait Elie engagé au nom d’un idéal soutenu par une doctrine dégagée de perspectives personnelles et de finir le panégyrique : « Si Elie est arrivé, c’est parce que, héritier d’autres pionniers, il est devenu un bâtisseur ».
En attendant, on ne sait pas ce que le bâtisseur arrivé va faire du courrier de Momo. Pourvu qu’il ne soit pas arrivé en gare de Mons ! C’est tout ce qu’on souhaite à la Fédération liégeoise.
Quant aux brontosaures du bureau du PS, il paraît qu’au Boulevard de l’Empereur, le jour de l’autoproclamation d’Elio, on l’attendait avec des fleurs.
Tout le monde était ravi d’enfin pouvoir se défaire des statuts et des règlements qui gênaient leur homme fort.
En effet, les statuts n’ont qu’un seul mérite, c’est de pouvoir être contredits quand ils deviennent obsolètes, par un homme providentiel qui devient lui-même l’unique statut valable pour tout le monde. Ce que Momo n’a pas compris et derrière lui l’ensemble de la Fédération liégeoise du PS.
Que va-t-il se passer demain ?
Rien. Bien entendu.
C’est l’erreur de Laurette Onkelinx d’avoir quitté la fédération liégeoise en prévision d’une fronde qu’elle redoutait, pour assurer son emploi de star au gouvernement fédéral.
Le ponton liégeois navigue tant bien que mal sur ses propres eaux incertaines et on redoute les mutineries des « D’jins d’Ans », si vous voyez ce que je veux dire.
Donc, il ne se passera rien. Doutrelepont qui veut faire carrière au Parlement et finir au bureau de Bruxelles, rafraîchit les fleurs dans les vases du bureau d’Elio en attendant.
Une fois de plus, Momo a eu le stylo malheureux. Elio, gaillard magnanime, préférera tout oublier. Il s’apprête à faire un beau discours sur les récentes analyses de son poulain Doutrelepont.
Seul l’électeur est marron. Le militant, n’en parlons pas. On l’ignore depuis si longtemps !
Tout le monde s’en fout, puisque l’électeur votera massivement PS aux élections de 2006.

27 décembre 2005

Liège à sang coulant.

Depuis que la Commission européenne a publié les chiffres sur la criminalité dans les grandes villes, je sors à Liège en rasant les murs. Me gardant bien d’offrir mon dos à un des nombreux psychopathes qui circulent librement depuis que la police n’arrête plus que les jolies filles pour faire la causette, j’avance en quinconce afin de ne présenter qu’un minimum de surfaces trouables. Le nombre de crimes enregistrés pour 1.000 habitants est de 153 à Bruxelles, 117 à Anvers, 144 à Charleroi, et atteint 256 à Liège, ce qui la place en tête du classement de 258 villes européennes.
Je savais qu’on était les plus forts en tout, mais pas à ce point.
La preuve, le bourgmestre Demeyer s’est réfugié au poste central de la police pour y tenir une conférence de presse afin d’affirmer le contraire.
Ce que les journalistes accrédités ont repris comme une vérité incontournable, mais en gilet pare-balles quand même. On a beau faire confiance aux autorités et croire à ce qu’elles disent, il n’en demeure pas moins : on n’a qu’une vie.
Même Paris, capitale du vice, n’est qu’à 146 crimes, soit plus de cent points en-dessous de Chicago sur Meuse.
Et Palerme, soit disant maffieuse, 63 crimes seulement.
Ce triste record nous le devons à notre tempérament de feu. Le Wallon serait l’être le plus criminel d’Europe.
Les autorités nous ont cependant fait savoir par la voix des confrères de la presse écrite que les statistiques datent de 2001. Depuis cette époque, ça va beaucoup mieux. La morgue de la rue Dos-Fanchon s’est agrandie. Les balayeuses automatiques passent plus régulièrement pour laver les trottoirs et les caniveaux, du sang répandu la veille.
On ne le dit pas officiellement, mais les bosses dans les anoraks, les objets déformant anormalement les poches des pantalons n’ont rien avoir avec l’ardeur violente dont jadis Carton de Wiart créditait la jeunesse liégeoise. La Cité Ardente n’est plus qu’un formidable dépôt d’armes de toutes natures et ce qu’on en voit ne sont que les armes de poing à peine dissimulées et qui simulent la virilité.
On peut relever comme une impatience de martyr parmi nos héros futurs. Chacun des postulants s’agite. Compte tenu de la violence montante, aucun de nos journalistes ne regrettent l’Irak. J’avais cru voir l’un d’entre eux en casque de combat et équipement genre rat du désert, ce n’était qu’un ouvrier du gaz creusant une tranchée devant chez moi !
Alors que je m’écriais « comme en 14 », il m’a simplement prié de ne pas jeter mon mégot dans l’excavation.
A la nuit tombante, il est recommandé de sortir accompagné. Ce que je fais, tout en laissant passer ma fiancée devant moi. Ne m’a-t-elle pas dit qu’elle serait prête à me faire un rempart de son corps ? Je l’ai prise au mot…
Le plus dangereux, c’est de franchir un carrefour à découvert. J’ai adopté la progression par bonds et en zigzag. L’embêtant c’est le feu rouge pour piéton au pied de la rue Saint-Gilles, en direction du Pont d’Avroy. On est trente secondes à découvert. Quand on échappe aux balles, ce sont les gangsters en voiture qui ne vous ratent pas.
J’ai déjà perdu deux fiancées de la sorte.
On commence à me connaître à la morgue de la rue Dos-Fanchon.
En me voyant, le préposé me dit amicalement « la vôtre, je l’ai mise dans un tiroir près de la fenêtre. C’est plus calme de ce côté là. ». Je reconnais le corps en bavardant avec lui. C’est un supporter du Standard. Il me reconduit jusqu’à la porte en me souhaitant un week-end prudent. Il me conseille de ne pas revenir au centre par le quai des Tanneurs. « On en a encore abattu deux cette nuit. » qu’il fait en claquant la porte derrière moi. Je m’éloigne en crevant de peur, tandis que je l’entends repousser avec violence les lourds verrous.
On dit que c’est plus calme du côté de Chaudfontaine. Embourg n’est pas mal non plus. Est-ce qu’on sait avec cette criminalité liégeoise qui gagne les faubourgs !
Je signe demain une pétition. Puisque nous voulons vivre à l’américaine, nous proposons à nos élites d’adopter le premier amendement de la Constitution américaine concernant le droit de sortir armés des américains en règle avec leur conscience et les taxes en vigueur. Nous irons porter cette pétition à la Violette en agitant un drapeau blanc, des fois que les conseillers communaux inquiets de notre attroupement ne nous tirent dessus sans sommation.

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Aux dernières nouvelles, il reste encore deux messes des morts, mais les funérarium affichent complets pour la semaine du Réveillon de l’an. Quant au crématorium, les fumées incommodent tout Robermont.
Le bourgmestre espère bientôt un débouché pour les cendres. L’Université et Meusinvest feraient bien de trouver quelque chose, au lieu de n’investir qu’à Francorchamps où il n’y a des morts qu’un seul jour de l’année.

26 décembre 2005

Voeux au Parti socialiste de Belgique.

En cette période particulièrement faste en vœux pieux et en manifestations de sympathie, je me rends bien compte que plus je me déclare de gauche, plus je tape sur le parti socialiste ! Y aurait-il incompatibilité entre eux et moi ? Mystère. Je suis prêt à reconnaître mes torts, à condition qu’ils reconnaissent les leurs.
C’est sans doute la volonté de la direction du PS d’ignorer les classes sociales. Ça fait quand même un bail ! Comme si les clases sociales n’existeraient plus par la volonté d’un parti, alors qu’elles continueront d’exister aussi longtemps qu’existeront des rapports d’exploitation d’une catégorie sociale à l’autre !
Mais je peux comprendre le dilemme dans lequel s’est trouvé piégé le Bureau de ce parti dans les années septante. Alors, le prolétariat s’était élargi aux employés, ce qui donnait une majorité mixte de la population active. On pouvait raisonnablement prétendre que l’évolution capitaliste allait s’étendre favorablement à toutes les couches de la population et donnerait naissance à un centre où allaient se mélanger harmonieusement la droite et la gauche.
L’erreur a été de faire confiance aux économistes qui prévoyaient tous cette évolution douce, grâce à l’augmentation constante du produit intérieur brut.
Or, le durcissement du système dans ses égoïsmes allait mettre un terme à la vision idyllique.
Les différences des catégories sociales sont aujourd’hui si apparentes, les inégalités de statuts entre salariés du privé et employés d’administration de l’Etat si fortes, avec la super catégorie des fonctionnaires européens, à cela viennent s’ajouter le chômage massif, la misère des petits métiers et les placards insalubres d’immigrés, que les discours de Di Rupo sur l’égalité des chances et le nécessaire coup de pouce aux plus démunis sont presque une insulte à la pauvreté.
En un mot, la politique centriste a fait long feu et n’illusionne plus que les quelques petites réussites bourgeoises et le monde de la finance à l’aise dans une société pacifiée et rassurée.
La gauche était arrivée au pouvoir héritière des luttes antérieures qui lui faisaient concevoir un salariat en conflit permanent avec les classes supérieures. Les avantages furent considérables tant que les luttes ont perduré. Cet héritage a été gaspillé dans des collaborations qui n’ont profité qu’à une bourgeoisie politique « de gauche » principalement composée d’avocats, qui s’est installée dans les pouvoirs que les électeurs lui ont délégués. Aujourd’hui, le frein social est perceptible dans cette pseudo élite intellectuelle !
Comment recréer un sentiment de générosité qui susciterait l’adhésion de tous ? Comment reprendre le dialogue avec les pauvres, sinon en taxant les grandes fortunes et en augmentant les salaires, tout en faisant baisser les coûts salariaux chers à la FEB, par des détaxations en renonçant à des dépenses inutiles ?

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Veut-on un exemple dans le cadre des pensions ? Il est anormal que des pensionnés vivent avec des retraites de 600 euros, alors que les hauts fonctionnaires, les généraux et bien d’autres catégories sociales perçoivent des retraites vingt fois supérieures, lors même qu’ils ont perçu toute leur vie d’importants revenus qui les disposaient déjà à une retraite sans souci !
Et tout est l’avenant, dans cette société foncièrement inégalitaire.
Voilà une tâche qui serait à la mesure de ce que les gens attendent du parti socialiste de Belgique : remettre à plat les dépenses de l’Etat et en changer les priorités.
Ce n’est évidemment pas facile de rompre avec les habitudes d’une collaboration douce avec les forces politiques de droite et les milieux aisés installés sur les dépouilles des humbles. Non pas qu’une radicalisation ne trouverait pas des soutiens favorables dans les sections, mais parce que les dirigeants actuels sont bien trop engagés dans un autre monde que celui qu’ils sont censés représentés.
Je l’ai toujours prétendu, on ne peut pas défendre ceux qui vivent dans les mille difficultés sans qu’on n’y soit pas, d’une manière ou d’une autre, impliqués.
Les hommes et les femmes de pouvoir de la gauche n’ont plus la fibre sociale qui les reliait directement avec le peuple. Au contraire, tout les en éloigne et rien ne les rapproche. Ils voient différemment les choses. Mieux, ils ne s’aperçoivent pas que la dernière dérive capitaliste, peut-être l’ultime péripétie, est l’avatar de plus qu’il faut éviter.
C’est sur cette dernière réflexion que je forme des vœux pour que 2006 soit une prise de conscience des gens qui ont notre avenir entre leurs mains.
La gauche n’a que faire de partager un pouvoir qui accable la population.
Sans elle, tout le monde le sait, le pays est ingouvernable.
Raison de plus d’avoir d’autres ambitions.
On a dit de Di Rupo qu’il était un fin stratège, qu’il était un bûcheur infatigable, etc. Que n’est-il sensible à l’essence même du socialisme, à ce qui a fait le parti tout au long du siècle dernier. Que ne se penche-t-il réellement sur la misère des gens produite par la dérive capitaliste et l’accaparement des richesses par une minorité internationale.
C’est tout ce que je souhaite pour 2006, à lui et au PS.

25 décembre 2005

Un Noël à la con.

-Tu veux qu’on fasse demi-tour ?
-Où tu vas ? C’est l’année de Zandrine…
-Merde !... Je prenais le chemin de chez Victor.
-Je me demande où tu as la tête ?
-Encore sous l’arbre de Noël de l’année passée, chez Victor.
-Oui, l’année passée, c’était le tour de Victor.
- Qu’est-ce qu’on s’était emmerdé !
-C’est une tradition. On s’emmerde toujours à Noël.
-Pourquoi on doit s’emmerder à Noël ?
-C’est l’occasion de s’emmerder qui compte. On s’emmerde à Noël, parce que si on ne s’emmerdait pas, ce ne serait pas Noël.
-En voilà un raisonnement ! Et si je te disais que je m’emmerde autant à la nouvelle année ?
-Je sais bien. Toi tu t’emmerdes toujours partout.
-Ce n’est pas vrai. Je m’emmerde quand c’est lourd. Et chez Victor, ce l’était particulièrement.
-Tu dis ça parce que c’est mon frère. C’est ma famille que tu n’aimes pas.
-Non. Pas que ta famille. Chez ma sœur Zandrine, ce ne pourra pas être pire, on a atteint des sommets l’année dernière, mais on s’emmerdera quand même, c’est fatal…
-Dis tout de suite que Victor est plus con que Zandrine.
-Non. Ils se valent. Mais chez Zandrine, on est plus à l’aise. On ouvre la télévision et on peut fermer les yeux au spectacle navrant de circonstances.
-Tu parles. Et ta soeur qui n’arrête pas de commenter, même ce qui est incommentable, comme l’arrivée du père Noël chez Patrick Sébastien ou, ça va être sans doute pire, le truc-machin de Guillaume Durand…
-Pourvu qu’on ne se farcisse pas la quatrième prédication du père Cantalamessa en présence du pape et de ses collaborateurs de la curie romaine. Elle a un côté mystique qui m’inquiète…
-Et si on n’y allait pas ?
-Qu’est-ce qu’on ferait chez nous jusqu’à minuit ?
-On s’emmerderait pire encore.
-Je ne te le fais pas dire.
-Oui. Avant, on s’emmerdait tout autant, mais on ne le disait pas. Il a fallu que tu commentes. Voilà cinq ans que tu commentes et on s’emmerde de plus en plus.
-Dis tout de suite, que si on s’emmerde, c’est ma faute ?
-En un sens… Qu’est-ce que t’as besoin de ricaner quand mon frère ou sa femme en raconte une ?
-T’as vu comment ils sont ? D’année en année ça descend. Ce n’est même plus l’almanach Vermot. C’est dépassé. C’était encore trop fin.
-Parle pour ta sœur et le beauf qui perd ses dents quand il rie par avance de la « bien bonne » qu’il a lue dans « Fou rire » de la semaine avant.
-Au moins quand il perd son râtelier, c’est drôle.
-Oui, ce serait drôle, s’il ne le faisait pas exprès.

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-Tu crois que pour faire rire, il le fait exprès ?
-On verra cette année… si c’est pas prémédité ?
-On n’a pas d’autres solutions. Faut se les farcir…
-Oui. Ce serait plus drôle, si on se faisait inviter dans une autre famille.
-Pourquoi ?
-Là, on s’en fouterait complètement. On serait plus cool. On partirait quand ça nous paraîtrait chiant…
- Ça reviendrait au même. On finirait pas la soirée…
-Tu crois que c’est pareil partout ?
-Sans doute.
-Pourquoi les gens ne se révoltent-ils pas, plutôt que « prendre du bon temps » au coup de sifflet ? C’est le calendrier qu’est con ! Pourquoi on doit penser à la famille le 25 et rigoler le premier, tout ça à date fixe. Et si moi je prétends rigoler le 25 et faire la gueule le premier de l’an ?
-La Noël, c’est une sorte de commémo, pareil le nouvel an… Personne n’y coupe… des milliards de gens s’emmerdent ces deux jours-là, sans l’oser pouvoir dire…
-Je me demande, si on ne fait pas une crise de mélancolie au mot « fête ». Le désir qui vient par bouffée de se flinguer aux douze coups de minuit.
-On ajouterait le treizième qui ferait pan, et on pourrait dire qu’on les a eus. Ils seraient bien emmerdés…
-Penses-tu… la Noël suivante, le beauf, un coup dans le citron, pourrait pas s’empêcher de perdre sa prothèse dans la crème de la bûche, rien qu’au récit de notre suicide.
-Je veux pas lui laisser ce plaisir.
-Moi non plus.
-C’est eux qu’on devrait flinguer.
-Faudra y penser.
-Voilà. On est arrivé. Je range la bagnole devant son garage. Dans l’état où il est déjà, y a pas de raison qu’il sorte…
(quelques instants plus tard)
-Bonjour Zandrine, bonjour chère sœur. On n’est pas trop tôt ? Et mon beauf ? Ha, le voilà ! Mais qu’il est beau avec la petite mèche et la moustache d’Adolphe… On va encore se tordre, je le sens, aux imitations ! C’est frappant la ressemblance ! Mais, comment tu fais ? Tu vas nous raconter ta dernière… Oui, juste pour nous, avant que les autres n’arrivent ?


24 décembre 2005

Une bonne affaire planétaire

C’est étrange, quand même, cette obstination de l’OMC (Organisation mondiale du commerce)… ces réunions à grands renforts de trompes qui ne débouchent en général sur rien que des émeutes et une détestation quasiment unanime du capitalisme mondial sous-jacent.
On pourra dire que sous cet aspect tapageur, l’OMC aura plus fait contre le libéralisme, que le système communiste rangé dans les placards de l’histoire depuis la chute du mur…
Ainsi que restera-t-il de ces six jours de réunion à HongKong ?
Un peu plus de dégoût pour le honteux égoïsme des pays riches, un peu plus de misère pour ceux qui en loques pourvoient aux richesses des privilégiés.
Vraiment, il y a peu d’exemple d’un système économique dans l’histoire des civilisations qui aura été aussi critiquable à l’heure de son apogée, que l’OMC.
Et ce ne sont pas les milliers de personnes qui manifestent dans la cité chinoise et derrière eux des millions de travailleurs spoliés qui diront le contraire.
Qui ne serait aujourd’hui du côté des altermondialistes, alors que ceux-ci se contentent d’exprimer leur colère en esquissant quelques solutions plus humaines, sans prétendre en terminer avec le capitalisme ? C’est un peu en opposition à ces bien nourris en vitrine de l’OMC qui exposent leurs grasses et réjouies personnes dans des vêtures qui nourriraient une famille du Tiers monde pendant un an, que les gens s’insurgent !
Le public s’y perd dans ces réunions suivies de banquets où la politique du monde se décide entre deux coupes de champagne. Est-ce la sixième conférence ministérielle de l’institution ou la septième ? Cela a-t-il de l’importance ?
On ne retiendra que le nombre de morts que les forces anti-émeutes de HongKong feront. La seule nouveauté peut-être de cette année sera dans le mélange de gaz des aérosols de dissuasion. Cette fois, il sera au poivre… vert sans doute, à cause des écologistes qui accompagnent les mouvements protestataires altermondialistes depuis Kyoto.
Mais, une année n’est pas l’autre. Il est vrai qu’en Chine on ne rigole pas avec les émeutiers depuis la place Tienanmen. Les reporters étrangers qui ne sont là que pour filmer la castagne entre les paysans sud-coréens planteurs de riz et la maréchaussée chinoise n’ont jusqu’à présent pu que transmettre les images de manifestants brandissant des banderoles en caractères chinois avec de rares exceptions en anglais.
Comme toujours en Chine, il y avait autant de policiers que de manifestants, ce qui fait toujours un très bel effet dans les gros plans.

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Le directeur général de l'OMC, le redondant Français Pascal Lamy, n’a été nullement perturbé par quelques manifestants infiltrés à l’intérieur des bâtiments, grâce au bon vouloir des policiers qui avaient sans doute reçu des ordres d’en haut, comme on sait que la Chine est toujours communiste et pour faire semblant de ne pas être tout à fait d’accord sur tout avec les capitalistes. Quoique tout cela ait perdu sons sens en ce pays, sauf pour ce qui concerne le suffrage universel et la démocratie à l’occidentale, pour lesquels les dirigeants sont restés maoïstes.
Pascal Lamy a simplement reconnu que l'OMC n'était pas la plus populaire des institutions dans le monde. C’est le moins. Ce constat, il n’était nul besoin qu’il nous le serve. Tout le monde le savait déjà.
C’est que si l’on considère l’OMC comme le patron des patrons à l’échelle de la planète, on pourrait la confondre dans son ensemble avec les entreprises pratiquant le dumping et la concertation à l’étiquette des prix.
Bref HongKong, deux ans après l'échec retentissant de Cancun (Mexique), et les négociations de Doha lancé en 2001 au Qatar, restera un bide aussi retentissant que ceux de ses illustres prédécesseurs.
Comme les précédentes moutures, l'Union européenne et les Etats-Unis ont été accusés par les pays en développement de fausser les échanges mondiaux par le soutien important qu'ils apportent à leurs paysans. Ce qui est vrai.
A cela près que s’ils ne le faisaient pas, ce seraient des milliers d’agriculteurs qui se retrouveraient en faillite dans nos charmants pays drillés par la fièvre du profit.
Peter Mandelson, a réclamé des Etats-Unis et du Japon qu'ils ouvrent complètement leurs marchés aux pays les moins avancés. Il est indispensable que nous trouvions très tôt un accord sur ce paquet développement, a-t-il ajouté. Comme paquet, les USA en ont un drôle sur l’estomac, ce ne sont pas que les citoyens américains qui sont obèses, mais aussi l’économie hypertrophiée par les vols légaux que ce molosse s’autorise partout et surtout chez ceux qui ne savent pas se défendre.
Les grands pays émergents comme le Brésil ou l'Inde surviennent au mauvais moment. On ne savait déjà pas s’arranger entre Européens, Japonais et Américains, avec deux de plus dans le jackpot, ça fera encore plus désordre au prochain sommet… Bah !... du moment que Lamy reste directeur…

23 décembre 2005

Vers un régime totalitaire.

Notre mini-dictature, en luttant contre le terrorisme d’importation d’une super-dictature, est en train de s’en approcher en l’imitant. En effet, Laurette Onkelinx, la pasionaria de l’avenue Louise, la lorette des prétoires, vient de fourguer son ours à la lecture du Parlement. Elle entend compléter par une loi destinée à améliorer les méthodes d'investigation, les lois non démocratiques qui existent déjà.
C’est ce que les Socialistes appellent une démocratie active…
Comme le dit sans honte toute la flicaille parlementaire qui a voté pour, la loi Onkelinx va compléter l’arsenal répressif déjà en place.
Voté mardi, quelques parlottes en commission du Sénat, après, le tout sera pesé et emballé vendredi. Cette arme supplémentaire est destinée à renforcer la loi du 6 janvier 2003 relative aux méthodes particulières de recherche partiellement annulée par la Cour d'Arbitrage, en décembre 2004. Autrement dit, les fouilles-merde onkelinxiens vont pouvoir s’en donner à cœur joie pour reluquer sous les jupons des filles et plus si affinités, avant de traquer le barbu au Coran explosif, ou les malfrats au tiroir-caisse armés de bazooka.
Retenez bien que c’est une socialiste qui déclenche le processus pour une dictature d’extrême droite. Retenez-le pour l’histoire.
Ce texte est heureusement controversé par les derniers démocrates avant qu’un mauvais vent ne les conduise en tôle, ce qui ne saurait tarder. Il vient s'ajouter à une nouvelle paire de menottes d’une Europe qui ferait mieux de s’occuper de ses pauvres (projet européen de création d'une carte d'identité électronique sophistiquée, installation de caméras un peu partout, introduction envisagée d'une reconnaissance numérique des individus).
Pourquoi pas le bracelet électronique dès la naissance ?
Quand on voit tous ces types, le passe avec leur gueule et leurs titres accrochés à la pochette de leur costard, encombrer les couloirs du petit Versailles de l’Europe, rond-point Schumann, on se dit que ça ne les gêne pas trop l’étiquette sur le riz-de-veau et que nos viandes ne valent pas chers, puisque les leur affichent déjà la monnaie… Mais, ils oublient, ces fadés, qu’à partir de 10.000 euros le mois, on est tous pour, comme eux. Par contre, quand on n’a pas de conférence à donner devant les meutes des chiens couchants, pas de Conseil avec déjeuner de travail, et pas de cabinet avant la baise d’une pute recommandée par une délégation étrangère, on peut considérer la chose comme aussi dure à porter que le collier d’un chien par des hommes encore debout.
C’est quoi, pour l’avocate Onkelinx, la liberté ?
La baronne de Schaerbeek croit que la protection de la société contre le terrorisme et la criminalité organisée garantit automatiquement les droits et libertés individuels, en faisant le tri entre la crapule et l’honnête homme.
Funeste méprise !

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Il s’agit rien moins que donner des armes de droit et de pouvoir à des gens (nos flics) qui ne sont ni des juges, ni des humanistes, mais des hommes ordinaires avec nos qualités et nos faiblesses. C’est comme si on laissait les clés et les sièges des palais de justice à toutes les chaussettes à clous du royaume et que l'on dirait aux personnels de justice, signez en-dessous à droite et passez au dossier suivant.
J’en connais quelques-uns de ces flics et, dans le lot, beaucoup de braves types. Mais aucun n’a lu l’esprit des Lois. Montaigne est inconnu. Quant à la Démocratie selon Platon, n’en parlons pas. Le Droit qu’il soit constitutionnel ou juridictionnel, ils n’en ont rien à cirer. Ce n’est pas pour ça qu’ils n’exerçaient pas leur métier correctement. Mettez-leur dans les mains le pouvoir de fouiller la correspondance, d’écouter les téléphones, de suivre « les suspects » jusque dans les WC avec leurs caméras, pour voir ? C’est comme si on donnait à un encaisseur un million d’euros dans une valisette avec mission de la conduire chez X, alors que d’habitude il convoyait les 213 euros de la friture « chez Zésette ». Même si le type fait ce qu’on lui dit, on court un gros risque.
En donnant à la police un blanc-seing, l’Onkelinx fait confiance en gros à des dizaines de milliers de types, avec le credo que la brebis noire est rarissime.
Je l’ai déjà écrit ici, le monde du dessus fait confiance à ses sbires, ne connaît rien du monde d’en-dessous. Ces gens vivent dans l’ignorance et croient que les bavures sont l’exception. C’est normal, en justice, avec un coquard et un bras cassé, le prévenu n’a jamais été rudoyé par les policiers mais a tenté de se rebeller et ce sont les autres qui se sont défendus. Alors, comment voulez-vous qu’avec des mentalités pareilles, ces gens aient une pensée équilibrée et se mettent à la place d’une population dont ils ne perçoivent rien de sa difficulté d’être dans un système déjà fortement inégalitaire et répressif à son échelon ?
Laurette Onkelinx préfère que les méthodes particulières de recherches soient gérées par des services de police que par des services de renseignements, qui travaillent davantage dans l'ombre et sans les mêmes garanties.
C’est son avis.
Mais en donnant un cadre de lois à des pratiques de renseignements dignes des pays totalitaires, Laurette Onkelinx ouvre la boîte de Pandore. Qui sait ce que le Vlaams belang et le Front, s’ils arrivaient au pouvoir un jour, pourraient faire avec l’arsenal Onkelinx ?
S’il y a bien une procédure d’urgence, c’est bien de mettre la camisole de force à une ministre socialiste qui a perdu les pédales.

22 décembre 2005

La Revue du Troca : Grands Prix !

Nous sommes en mesure de vous donner une scène de la revue du Trocadéro „Prends la rouge, moi la bleue“ sponsorisé par les circuits „Grands Prix“ une jeu signé du fabricant de jouets Ecclestone.

Monica Dethier-Neumann - Natürlich ist es ein Problem aller Francorchamps, mit dem sich unter anderem Amnesty schon lange befasst. Niemand kommt auf die Idee, das Verhalten von Happart zum Vorbild für Kubla zu machen, obwohl "es sechs Monate aushalten nicht gesundheitsschädlich ist", wie Bell es auf den Punkt bringt ?
Elio Di Rupo - Tutto come da copione. Un governo borghese deve fare gli interessi del capitalismo secondo i ritmi, i tempi e le necessità che la base economica gli impongono. Ciò era puntualmente avvenuto con i precedenti governi di centro sinistra, la continuità è garantita dal neo governo di centro destra. Nulla di nuovo, lo spartito è sempre lo stesso, non cambia la musica, si alternano soltanto i direttori d'orchestra el cavaliere Bacquelaine in una sorta di ricambio fisiologico che la moderna politica basata sulle leggi della comunicazione e dell'alternanza suggeriscono.
José happart - Desert Life in the Francorchams Southwest...
Un autre Wallon : nenni, hin !... nin ti José. Ti sais bin qui ti’n quinoch’ nin l’anglais…
Encore un autre – Où c’est qu’on est, donc hein ! nom di Diu… On dit qu’on n’est pas polyglottes, nous aut’…
Un libéral évincé de la coalition actuelle – Je rends hommage à Monsieur Di Rupo, n’est-ce pas. Impliqué depuis seulement un mois en tant que ministre-président, président du PS et maïeur empêché de Mons, dans le dossier de Francorchamps, sa conclusion est claire, la responsabilité incombe à la bonne foi de tous pour l’avenir de la Wallonie.
Une voix venant des cintres et ressemblant à celle de Jean-Claude Van Cauwenberghe :
Lacunar spectare, arare Francorchamps !...
L’autre wallon : Na nouk reponsôbb châle !
Un Tchantchès socialiste dans la salle – Qu’on laisse parler ceux qui n’ont rien à dire, ainsi ceux qui ont à dire ne diront rien, comme ça le public sera bien averti que dans ce dossier seul Monsieur Defourny est responsable de la banqueroute.
Encore un autre wallon – Je propose qu’on donne la place de ministre-président à Ecclestone !

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Elio Di Rupo - J'ai dit la vérité et je pense que c'est une bonne gestion que de donner la bonne information à nos concitoyens. Le dossier Francorchamps est bouclé. Tout est on ne peut plus clair, tout le monde est responsable, mais c’était pour le bien public et de bonne foi. Je ne connais pas encore le montant de la facture. Le Grand Prix de Belgique aura bien lieu en 2006, tout le bénéfice en reviendra à la Belgique et à quelques industriels et hôteliers, mais ce sont les Wallons qui paieront la facture. C’est comme ça depuis 1830. Nous sommes des vedettes, il faut que le citoyen de base le sache. Sinon, nous pouvons très bien faire de la politique ailleurs, dans des pays où le Parlementaire est mieux considéré.
Un deuxième Tchantchès peu socialiste dans la salle : Awè, vass’ à Kinshasha po veyî !...
Monica Dethier-Neumann – Qu’est devenue Fabienne Demarcin et sa facture à la curatelle ?
José Happart – Jean-Marie, fais la taire, tu vois bien qu’elle porte atteinte à la dignité des parlementaires…
La gazette de Namur - Elio Di Rupo est travailleur et volontaire. Il s'implique dans les dossiers wallons depuis un mois en tant que ministre-président. Au Parlement, lors des séances plénières, Di Rupo est plongé dans les dossiers lorsque les députés se chamaillent inutilement. Toutefois, s'il ne perd jamais son temps, au Parlement il a fait une grosse faute de goût! Un acte déplacé! Il ne comprend pas le platt-deutsch !
Marie Arena – Je propose qu’on passe au vote… Je suis pour la proposition Di Rupo.
Un CDh encore honnête – Mais, il n’a pas encore fait une proposition !
Elio Di Rupo (très instit de 3me primaire et tout souriant ) – Nous allons inclure Francorchamps dans le plan Marshall. Je vais voir Ecclestone la semaine prochaine Il n’y a rien à négocier, mais nous négocierons quand même, dans l’espoir que ça nous coûtera moins cher que prévu.
Serge Kubla – En tant que futur gouverneur, je ne peux plus m’impliquer dans une promotion qui ne regarde pas ma future province. Je n’ai fauté dans ce dossier que par amour de la Wallonie et je vous invite à chanter « Li Tchant des wallons »…

Ils chantent tous avec ferveur, même Jean-Claude Van Cauwenberghe dont les larmes tombent du plafond sur le président de séance Jean-Marie Happart qui ouvre son parapluie de Retour à Liège.
Rideau.

21 décembre 2005

Une société libérale.

Le pourcentage de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté monétaire aux Etats-Unis est supérieur à plus du double de ce qu’il est en Belgique.
Est-ce à dire que la Belgique est un bon élève du capitalisme et l’Amérique, un mauvais ?
Absolument pas, puisque nos supporters du système lorgnent du côté des USA pour forcer notre pays à leur ressembler.
Les kublazistes et les reyndersiens ont encore de la marge avant que notre misère rejoigne le top modèle de l’économie mondiale. Mais ça viendra. Encore quelques conneries de Kubla avant qu’il ne devienne gouverneur, l’une ou l’autre mesure financière de son président et ça fera quand même quelques milliers de malheureux en plus. C’est toujours ça.
Ce n’est quand même pas moi qui ai inventé le rapport des Nations Unies sur la question.
Sur les dix-sept pays industrialisés considérés dans cette statistique, Les Etats-Unis viennent en Tête, et de loin, pour le nombre d'individus vivant au-dessous du seuil de pauvreté.
Les Etats-Unis médaille d'or de la pauvreté!
Que voilà une performance ! Car c’en est une du point de vue capitaliste, si l’on considère que la pauvreté de la masse accroît les profits des classes possédantes.
Quel est l’économiste qui prétend que la richesse accumulée profite à l’ensemble des populations ? En voilà un beau con, comme nous les aimons en Belgique…
Qu'on ne nous chante plus la prospérité générale régnant chez les zélés de l’ultralibéralisme. Passés les beaux quartiers, Los Angeles n’est qu’un vaste ghetto, New York une poubelle et Detroit un mouroir pour les chômeurs de l’automobile. De tous les militaires engagés pour l’Irak, à part les cadres qui sortent de West Point, 90 % des autres sont des chômeurs qui n’ont pas d’autres alternatives pour manger à leur faim.
Voilà l’Amérique !

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Pour en revenir au rapport du PNUD, la "pauvreté humaine" inclut la pauvreté monétaire, dont il est question plus haut, mais qui tient compte aussi d'autres variables comme, par exemple, l’illettrisme, le chômage de longue durée, les chances de survie, etc… Et bien, là aussi, les Etats Unis sont médaille d'or avec 16,5%.
Ainsi la première puissance économique mondiale est parmi les pays industrialisés, la première en ce qui concerne les taux de pauvreté de sa population. Voilà qui donne à réfléchir sur le sens, la qualité, la nature de cette économie mondiale. En particulier celle, purement ultralibérale, des Etats Unis.
Expliquons pourquoi cette merde est délicieuse pour nos libéraux et comment nous n’y couperons pas :
Dans ce pays si riche, qui abrite des fortunes de plus en plus insensées, le rôle de la sécurité sociale est très réduit malgré les efforts de plusieurs présidents, dont Bill Clinton: tous ont échoué, vaincus par les lobbies. La maladie, aux Etats Unis, peut très souvent exclure d'emblée et irrémédiablement. La guérison est aléatoire, et en fonction du budget individuel. Il est courant pour un hôpital de refuser un patient, amené d'urgence, même s'il est un blessé de la route, si sa solvabilité n'est pas attestée. Ce qui signifie sinon un homicide volontaire, au moins un délit de non-assistance à personne en danger.
Le nombre de prisonniers de droit commun - deux millions! - n'apparaît évidement pas dans les statistiques du chômage. La plupart, presque tous, appartiennent à des minorités pauvres; libres, ils auraient fait partie des sans emplois, inscrits ou non ; d'évidence, une fois incarcérés, ils n'apparaissent plus sur les listes de demandeurs d'emploi. Reste cinq millions d’autres sous surveillance (bracelets électroniques), interdiction de quitter l’Etat de résidence, contrôle permanent, etc. qui font du va-et-vient entre leur lieu de vie habituel et la prison. La plupart sont sans revenu, vivant de petites rapines et de charité.
Un nombre colossal d'homme et de femmes vivent dans la misère, le plus souvent découragés, épuisés, trop exclus pour s'inscrire au chômage, d'autant plus qu'il est à peine indemnisé et pour un laps de temps très bref.
L’aide aux populations victimes de séisme ou d’inondation, comme en Louisiane ? On a vu les résultats. Aujourd’hui encore des milliers de personnes sont sans abri et errent d’un Etat à l’autre, oubliés par Washington, ignorés par les Compagnies d’assurance qui n’incluent pas le dégât des eaux et ignorent les catastrophes naturelles.
A-t-on réfléchi au gâchis humain que cela représente? A l'inconscience, à la régression qu'une telle situation constitue? A la façon dont les droits de l'homme se trouvent ainsi bafoués?
Lorsqu'il est question de la misère aux Etats-Unis, les dénégations vigoureuses et vagues de nos économistes et de nos hommes politiques signifient surtout qu'elle est minimisée, comme sans importance. On voit à quel point joue l'intoxication que nous subissons en Belgique, et comme peuvent nous faire du tort nos bélîtres libéraux, en cela secondés par une presse aux ordres.
Si nous ne sommes pas victimes d’une propagande capitaliste et proaméricaine, je me demande ce que c’est ?

20 décembre 2005

Hommage à Tounet

A la demande générale et insistante de Tounet, je ne dois plus asperger le lecteur de mélancolie, mais d’eau laïquement bénite !
Merde (pardon, c’est la dernière fois), comment vais-je faire pour sortir des rangs des dépressifs profonds ? L’autre côté du Styx, sur les rivages de Tounet, les gens sont si bons, si beaux, que j’en ai le vertige.
Cher Tounet, cher croyant absolu, je veux te ressembler et, en tous cas, faire des efforts pour atteindre à ta route enchantée…
Rien que pour te faire plaisir, je vais dorénavant apprendre à aimer les gens, la vie, les fleurs, même les mouches vertes qui semblent si heureuses sur les crottes des chiens au mois d’août. C’est difficile, mon petit cœur est tout endurci. Dessine-moi un mouton, cher Tounet ?
Je nous vois dans l’étable sacrée à côté de l’âne et du bœuf… que le spectacle m’attendrit ! Je devine la couleur du ruban de ta houlette de bon berger : rose !
Après tout, pour une belle et saine démocratie comme la nôtre, gérée par des gens intègres et formidables, dans la courbe ascendante de notre plus beau circuit du monde, je trouverai bien les accents généreux qui conviennent à notre Patrie si mal aimée par moi depuis toujours.
J’ai donc pris ma carte au parti socialiste, comme toi, et réservé aux autres partis traditionnels une place en mon cœur.
José Happart a raison. Cet homme intègre, ce Robespierre fouronnais, ce Juste parmi les Justes de notre Parlement a été trop souvent malmené par la chienlit diarrhéique. On ne respecte pas assez le formidable travail de nos élus, « nos forces-vives » comme tu écris si bien dans ton enthousiasme de grand professionnel de la chose écrite. Et que disparaissent toutes ces infâmes tentatrices qui pensent nous pervertir par le management des couilles (oh ! pardon, ça m’a échappé !) de nos hommes politiques. Oui, Tounet, soyons purs en chassant ces infâmes créatures loin de notre vue et nous serons aimés de nos grands hommes.
J’ai pris également un abonnement aux meilleurs journaux du pays. Si tu as déserté les salles de rédaction, je sais que tu es resté de cœur avec eux tous, fidèle parmi les fidèles, dans une communion identitaire qui te fait aimer à la fois des journalistes talentueux et des actionnaires qui perdent de l’argent pour que survive la pluralité d’opinion que nous entretiendrons dorénavant ensemble, telle la flamme du soldat inconnu.
« Wallon et Flamand sont nos prénoms, Belge est notre nom de famille ! » Pardonne-moi, c’est trop. L’émotion me gagne !
Je suis donc tout à fait d’accord avec tous les Tchantchès de Wallonie, nous vivons une époque formidable dans un pays d’une grande humanité, avancé socialement, permettant un repos mérité aux vieux travailleurs et aux jeunes des indemnités considérables de chômage.
Merci à vous deux, Tounet et Tchantchès pour répandre la bonne parole.
Résultat, je suis un homme transformé.
Il était temps, aux fêtes de Noël, j’allais passer aux yeux de mes rares lecteurs pour un odieux pervers. Grâce à l’immense majorité des citoyens assidus aux lectures électroniques d’informations locales, les vrais Belges sauront démêler le vrai du faux.
Là enfin se puise la sagesse légendaire de l’esprit liégeois plus près du bonnet quand il est à la main, qu’à la tête.

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Du coup, j’ai autant d’admiration pour le président Di Rupo que pour les journalises qui proclament ses mérites. Elio est un type formidable, un des pères nobles de la nation. Il vole au secours des petits sans nuire aux classes qui dirigent notre pays à seule fin de nous procurer du travail et réduire le chômage. Les journalistes, enfin, parce qu’ils sont là pour informer le pays de sa grandeur, en vrais et grands professionnels.
Que les lecteurs dressent des arcs de triomphe à leur mérite !
C’est en lisant tes textes enthousiastes, cher Tounet, que j’ai compris le merveilleux d’être Belge. Rien que d’y penser, les larmes me montent aux yeux.
Oui, cher Tounet, avec toi, j’aime dorénavant la Belgique, Proxi-Liège, ma mère et mes voisins. J’attends de toi que tu me formes. J’ai besoin de connaître les belles choses de la vie que ma neurasthénie volontaire m’a fait perdre. J’attends que tu me montres comment serrer les mains illustres sans fatigue et sans durillon, comment garder le visage réjoui devant les personnalités qui écrivent notre histoire. Tchantchès et toi m’apprendrez à rester digne en conservant l’attitude respectueuse de l’homme plié en deux, à chanter les louanges de nos plus hauts dignitaires.
Je le dis avec toi sans honte, cher Tounet, Belge, que dis-je Wallon, que dis-je encore Liégeois, je crois désormais dur comme fer au Roi, au Parlement, à la gare nouvelle des Guillemins et en l’avenir d’ARCELOR ! Je crois aux vertus de notre Conseil Communal, aux échevins si courageux, à notre Bourgmestre si chaleureux, à qui tu consacres souvent des pages sublimes de vérité.
Je veux te suivre cher Tounet dans ta liégeoise attitude, vivre avec toi les grands événements de cette ville qui bouge, qui en veut comme on dit et qui reste cette Cité ardente dont tu es un des chroniqueurs écoutés.
J’aime les allées du village de Noël, la place Saint-Etienne, les vélos, la police, l’annexe future de la Justice au-dessus de la gare du Palais et même les drogués, car sans eux, point de démonstration de l’efficacité de nos Services communaux. J’aime surtout - que cela se sache - tous les gouverneurs, anciens, présents et futurs, de tous les partis dans la grande tradition liégeoise, si utiles dans les moments difficiles, si grands dans les moments d’apothéose.
J’espère entonner bientôt Li T’chant des Wallons avec toi, mais je n’en connais plus les paroles, qu’importe, j’écrirai à Tchantchès pour qu’il les publie.
Merci pour tout, cher Tounet et jusqu’à une de tes pertinentes interventions sur Richard III.

19 décembre 2005

Consultation avant Réveillons…

-Dis, comment tu fais Benjamin, elles tombent comme des mouches ?
-La séduction est une conduite sociale. L’approche séductrice respecte un certain nombre d’étapes conforme à des coches culturels. Consulte une anthropologie de la gestualité…
-Fais pas le con, Benjamin. Ta gestuelle, c’est quoi ? Tu leur mets la main au panier en regardant ailleurs ? Comment tu les disposes, mon salaud ?
-Je les mets en dissonance cognitive…
-Fous pas de moi. Pour les fêtes de fin d’année, j’aimerais bien en tirer une…
-Faut des dispositions…
-Je fais gourou à Anderlecht, toi à Liège… On n’est pas concurrents… Je n’en tire aucune, alors que toi…
-Tu n’as peut-être pas de la gonadotropine…
-Non. J’ai que la dernière moitié du mot…
-T’as pas l’activité ravageuse des gonades…
-Tu crois ?
-Elles le sentent…
-Ah ! les chiennes…
-Puis, c’est pas suffisant.
-Faut quoi encore ?
-Tu sais pas faire la gueule comme moi… Tu parles trop.
-C’est pour les étourdir…
-Erreur, mon cochon. Tu noies leur flexibilité. Elles deviennent rigides, alors qu’elles doivent rester souples en attendant ta rigidité.
-T’expliques ça comment ?
-Par la fluidité du comportement. C’est-à-dire rapidité, richesse…
-Mais tu fais que les regarder… tu dis jamais rien ! T’étais le dernier de la classe.
-Tu te mets en dispositif simulateur. J’explique. Tu reproduis certains aspects d’une situation d’un phénomène ou d’un dispositif réel. Exemple, elle revient d’un trip en Grèce. Tu penses au Pirée et tu te mets en stand bi avec comme voix of la chanson de Zorba le Grec. Du coup, t’as les pompons qui te poussent ailleurs qu’aux godasses. Tu sens le trémoussement interne l’envahir, malgré l’exposé en continu de ses malheurs vaginaux, elle finit par mouiller.
-C’es là que je craque. Je m’apitoie. Je les écoute…
-Et t’es foutu ! Faut jamais les écouter. T’es là pour la baise ou pour faire Saint-Vincent de Paul ? Tes trop mondain dans ta living together relation.

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-Dis tout de suite que je bande mou !…
-Ecoute Sigmund, t’es vraiment con, t’en finis plus de les plaindre… tu t’apitoies sur le malheur, tu notes, tu ratures, tu perds la raie de vue…
-Toi, tu les consoles à la frange ?
-Oui, môssieu, je les désinhibe par le bon côté…
-Tu crois ?
-Absolument.
-Alors, c’est quoi le coup de feu que t’as essuyé en séance de désinhibition la semaine dernière ?
-C’était un accident. J’ai raté une procédure. Depuis, j’ai pardonné.
-La punition ?
-J’ai libéré sans le savoir un stimulus aversif…
-Dis plutôt que t’étais surbooké et que t’as confondu deux clientes.
-Je vais revoir mon système de fonction distribuée.
-Tu vas les mettre en liste d’attente ? Un numerus clausus, peut-être ?
-Je vais inventer une règle de sous-ensemble spécialisé d’un système de traitement, mais pris en charge par l’ensemble de l’analyse fonctionnelle, que je vais noyer dans un détail extérieur, comme le fait de changer l’emplacement des tables toutes les semaines. Je les initie à la géométrie structurelle.
-Tu sais que tu m’épates. Dans le fond, t’es une sorte de génie anobèle. T’es le Harry Baur de la psychologie, le Jean Gabin de la névrose, le surdoué de la fonction sémiotique…
-Attends voir, Sigmund, mets ta tronche sous la lampe… T’as le réflexe palpébral en réaction de sursaut… T’es pas bien, ma caille… T’as fait des tests pavloviens ci dernièrement ?
-Non. Arrête. Ça va pas ? T’es en pleine pariade de copulation, dis donc !
-Qu’est-ce que tu veux… le métier… le mystère des déterminants biologiques…
-T’as le signifiant du désir en étendard… parole, le cul en apothéose !
-C’est un symbole…
-Je te laisse. T’as séance cet aprem ?
-Oui, je traite Georgette à 15 heures et Lucienne à 16.
-Une heure, c’est trop juste… T’as pas de battement…
-C’est des anciennes, du connu, du décapsulé…
-Elles sont en quête de quoi ?
-Je ne sais pas. Je m’en fous, leurs histoires de bonne femme… font chier !
-Tu fais dans le raccourci? Tu décentralises
-Ouais. Je regroupe les cas en un seul… Je fais le dégagement du moi selon mes possibilités…
-T’es trop fort Benjamin… t’es trop fort. L’amant absolu ! La panacée universelle du sexe !

18 décembre 2005

Jacques a dit : Dieu existe !

On savait les religieux peu ouverts au progrès et à la science, obtus et friands des conneries d’esprits tout aussi religieux mais vivant parfois plus de mille ans avant eux.
On ne les savait pas aussi complètement idiots qu’on les découvre en 2005, en cette fin d’année où pourtant la bêtise est reine.
Et cette bêtise éclatante ne l’est pas seulement des ayatollahs coutumiers du fait, mais des scientistes américains eux-mêmes, dont le plus beau fleuron, si l’on peut dire, coiffe régulièrement le bonnet d’âne à la Maison blanche !
Sur quoi, ces tracassés de la cafetière se masturbent-ils aujourd’hui ?
Mais sur la question de la création de l'homme. Et voilà qu’au Royaume des frites, de la blague belge et du surréalisme, on emboîte le pas ! Voilà qu’on s’agite aussi dans les écoles ! Nos doctes de l’à-peu-près, professeurs de biologie en veulent aussi en se frottant aux discours extrémistes religieux.
Malraux l’avait-il dit que ce siècle serait religieux ou ne serait pas, oui, ou non ? N’aurait-il pas dit plutôt, que ce serait un siècle religieux, parce qu’il y a des cons qui meurent d’envie qu’il le soit au détriment de la raison ?
Voilà la corporation des doctes « bouleversée » - depuis près de vingt ans faut-il le dire – mais comme les doctes sont lents et fort méticuleux, ils ont mis vingt ans de réflexion pour récuser les théories de Darwin. Espérons qu’ils mettront encore vingt ans pour nous faire savoir que la terre n’est plus ronde et qu’ils nous fichent la paix en attendant.
Or donc, cette récusation du darwinisme connaît une percée particulière, parce que certains discours religieux versent dans l’intégrisme que c’en est une telle évidence pour ces scientifiques qu’ils en sont troublés !
Oui, oui… en Belgique, décembre 2005, troublés qu’ils sont certains énergumènes qui enseignent à nos enfants !
D'où vient l'homme?
C’était déjà un religieux, l’abbé Moreux qui au XIXme siècle posait la question : D’où venons-nous, qui sommes nous, où allons-nous ?
Ce à quoi Pierre Dac avait répondu : Je viens de chez moi. Je suis moi. Je retourne chez moi.
Ce qui était la seule réponse possible à ce furieux.
Les religions et les sciences apportent des réponses fondamentalement différentes, on le sait. Les premiers se fichent de la tête des gens du haut de leur inspiration charlatanesque et les seconds battent le beurre trois siècles pour de temps en temps asséner une vérité.
Que n’a-t-on découvert une vie animale certaine sur Mars avec les dernières sondes américaines. Cela aurait au moins pour effet de fermer les caquets les plus rétrogrades, au moins le temps pour en inventer une autre, de connerie.
Cependant on verse dans le pathos quand même, rapport qualité-prix dans un enseignement où cela paraît difficile d’enseigner la théorie de l'évolution de Darwin à des élèves dont les convictions religieuses prônent le créationnisme.
Voilà. C’est pour des raisons bassement commerciales (le nombre d’élèves) qu’on se titille le cerveau pour concilier les paroles supposées de Dieu - oui, mais lequel ? – avec les théories du savant anglais.

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« Ce qui a changé, par rapport à la génération précédente, confirme Gérard Corbut, c'est une opposition plus importante de la part de familles qui ont une vision littérale des textes religieux. Quelle que soit la religion. Le catholique moyen ne s'oppose pas à la théorie évolutionniste. Ni le musulman instruit. Les lectures littérales sont le fait de milieux moins instruits qui préfèrent le repli identitaire à l'ouverture.»
On y est.
On va aménager les cours afin de satisfaire les imbéciles !
C’est beau quand même l’ouverture d’esprit… et d’expliquer par un prof d’Ixelles :
J'ai perdu deux élèves à cause de ce problème», confirme-t-il. «Leurs parents, témoins de Jéhovah, les ont retirés de l'école.»
On se doutait un peu que nos écoles fabriquaient des crétins, mais si évidemment elles les favorisent…
Manque d'instruction
Manquerait plus que le débat, plus ou moins virulent selon les établissements, fasse des vagues jusque dans les salles de profs ! Serait-il de nature à opposer les professeurs de biologie et leurs collègues enseignant les religions?
Reste que les religieux sont des retors sans scrupule qui affabulent avec culot, tandis que les scientifiques sont prudents par nature.
Parole d’or que celui qui au-dessus de ce tapage penserait introduire un cours de philosophie pour tous les élèves, plutôt que des cours de religion qui sont du domaine privé.
Mais, y a-t-il encore des « consciences » dans un enseignement gagné par la folie du rendement et de la performance en matière d’instruction et d’éducation fast-food ?

17 décembre 2005

La Commissaire est bon enfant.

-Pousse-toi, tu vois bien que tu prends toute la place !
-Mais chéri, je suis sur le bois du lit !
-Mon cul, y a pas de bois de lit sur le ressort à pied d’Ikea…
-C’est une façon de parler…
-Facile. Tu dis n’importe quoi et c’est moi qui déraille…
-On ne va pas se quereller parce que le bord du sommier n’est pas en bois.
-Si on ne se querellait que pour cela…
-Tu as des choses à me dire ? des reproches à me faire ?
-C’est ça qui m’emmerde, t’es trop gentille. J’ai envie de te secouer…
-Tu m’as déjà secouée hier. T’as vu le coquard que j’ai ?
-Tu l’avais cherché, non ?
-Je t’ai dit que je salerai la soupe un peu plus la prochaine fois.
-Je suis habitué à la soupe en boîte, moi, avec des glutamates et toutes sortes de saloperies qui donnent du goût, tu comprends ça ?
-Tu m’as pardonnée.
-Oui, mais fais attention, Lucienne, fais attention…
-D’autant que ça va être bientôt.
-Bientôt quoi ?
-Tu y as pensé ?
-Tu veux encore en recevoir une ?
-Notre premier anniversaire de mariage…
-Et alors ?
-J’ai un petit cadeau pour toi.
-J’espère que ce n’est pas avec l’argent du ménage !
-Non. J’ai fait des heures supplémentaires, une prîme…
-Nom de dieu ! Lucienne. Tu gagnes de l’argent que tu mets à gauche et tu veux que je sois content !
-Mais, c’est pour toi mon chéri… ton cadeau pour un an de mariage.
-Qu’est-ce que c’est encore que cette connerie ! C’est pas un anniversaire, ça…
-C’est quoi alors ?
-C’est me rappeler ce que ma mère m’a dit ce jour là. « L’épouse pas, mon garçon, cette salope est un crabe, elle va te bouffer ».
-Je t’ai bouffé, moi ?
-Parfaitement. Tu m’as sauté dessus, enveloppé, étouffé… Tiens, je ne sais pas ce qui me retient, de t’en coller une autre…
-Me frappe pas chéri, au poste, j’ai dit aux inspecteurs que c’est quand j’ai épinglé Chéribibi qu’en se débattant, il ma donné un coup de manchette…

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-Pourquoi tu les as eu au flanc, pétasse ? Tiens, t’es trop nulle…
-J’suis quand même diplômée en criminologie, avocate et commissaire divisionnaire au grand banditisme.
-J’en ai rien à foutre. Moi, j’ai jamais dépassé l’école primaire, en plus, je n’ai fait que six mois pour vol à la roulotte… et je n’en ai rien à foutre de tes grands airs. Tiens, ton gros pistolet dans le tiroir de la commode, j’ai envie de le foutre dans la décharge…
-Fais pas ça, c’est mon arme de service…
-T’es pas ceinture noire, toi ?
-Oui.
-Pourquoi tu te défends pas, quand je t’en colle une ?
-C’est parce que je t’aime mon chéri !
-T’es ignoble, voilà tout ce que peux dire. C’est comme avec ton pognon.
-Quoi mon argent ?
-Oui. Jamais tu me parles que c’est toi qui entretiens la baraque, que mes costards et mes sorties, c’est toi qui les règles. T’es qu’une lopette…
-Qu’est-ce que tu veux…
-Ta gueule, avant que tu me dises que tu m’aimes… autrement je vais gerber.
-Qu’est-ce que t’as contre moi ce matin ?
-Ce matin et les autres matins aussi, voilà un an que tu me cours sur le paletot. J’étais un mec libre, avant, j’allais, je venais, je…
-T’étais un délinquant.
-Et alors, pétasse, c’était mon idéal, ça, la fauche… je volais les riches pour…
-…pour ton compte personnel.
-…maintenant, j’ai même plus envie de tirer cent euros de la bourse d’un pigeon… Tu te rends compte de ce que tu as fait ?
-Je sais, tu es devenu honnête…
-Bien foutue comme tu es, malgré tes quarante piges, si je te mettais au tapin, tu rapporterais gros dans la marmite à papa… Mais maquer un commissaire de police, ça s’est encore jamais fait…
-Dors encore une heure, chéri. Je me lève. Je te fais ton café et tes biscottes. Que veux-tu sur ton pain ?
-Quoi tu te tires grognasse ? Le devoir t’appelle ? Où tu vas traîner, hein bourrique, à emmerder les malheureux qui t’ont rien fait ?…
-Je préside ce matin une réunion pour serrer un gang, puis j’ai un rendez-vous avec « Celles qui en veulent » un comité de femmes contre la violence conjugale…
-Tire-toi mais laisse mille euros sur la table. J’ai une dette de jeu chez Polo qu’il faut que je règle. N’oublie pas ton pétard. Il me fait tellement de l’œil que j’ai envie de t’envoyer une bastos dans le citron… C’est ce que je vais finir par faire, un de ces jours…
-Oui, chéri. Dors bien, mon amour…

16 décembre 2005

2006 au bord du gouffre

Ce siècle en ses débuts n’est pas si éloigné du précédent.
Il le continue même sur au moins un point, celui de l’indifférence féroce où nous conduit la marchandisation de tout et y compris de l’humain. Par réaction d’impuissance, le parti des indifférents regroupe les neuf dixièmes de la population. Sous le couvert des lois sociales qui octroient un maigre viatique à ceux qui sont sans revenu parce que sans travailou qui ont perdu la santé, on laisse s’installer l’égoïsme « charitable ». Il fait litière à la bonne conscience, en espérant qu’il ne se produira pas d’émeutes.
L’indifférence contrôlée est un satisfecit pour le pouvoir. Elle est le signe qu’il anesthésie bien l’opinion.
La massive indifférence assied les régimes dans une fiction de la démocratie. Les mécanismes de décision, les rouages qui relient les citoyens entre eux ne sont plus rien d’autres qu’une goualante à deux sous qui sauve les apparences.
On connaît les conséquences de ces cohésions supposées masquant le fossé entre les élus et ceux qui les élisent.
C’est ainsi que depuis le milieu du siècle dernier, grâce à cette indifférence, les paysages politiques et économiques se sont métamorphosés sans éveiller la moindre inquiétude.
D’abord inaperçu, le nouvel ordre du monde envahit nos vies, nos comportements et jusqu’à notre façon d’être, insidieusement et à notre insu.
A l’aube de 2006, voici un monde nouveau, inconnu, un monde où notre condition de citoyen c’est vassalisée, non pas au profit de nos élus qui nous auraient trompés, mais au profit d’une puissance supérieure qui les subjugue et les tolère en même temps. C’est à elle que profite essentiellement notre indifférence, étant bien entendu que ceux qui entretiennent en bons intermédiaires l’illusion de la démocratie, perçoivent de cette puissance, d’intéressants pourboires.
Tandis que se préparent des systèmes inédits pour lesquels nous sommes exclus des élaborations théoriques, nous agissons dans un quotidien qui ne nous éloigne pas tellement des années 1950. C’est comme si le nouveau plan Marshall du gouvernement wallon nous reconnaissait le droit pour un temps encore à vivre dans une organisation économique désormais dépassée et inopérante.
Tout s’imbrique et se met en place pour un autre mode de vie.
Seuls le voient déjà, ceux qui justement vivent dans la précarité « grâce » à notre générosité. Tandis que l’Etat se pliant à la volonté de la puissance supérieure qui le domine, accordera de moins en moins d’aide à ceux qui en ont besoin, malgré les milliards qu’il manipule.
Toute protestation étant désormais inutile, nous assistons sans broncher aux démantèlements des entreprises publiques comme les chemins de fer et la Poste, comme si cela était un mieux de les offrir en pâture aux particuliers. Nous ne sommes pas placés devant un fait accompli, nous sommes à l’intérieur du système, partie à la fois prenante et lésée.

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Désormais du parti des aquoibonistes, notre passivité nous a fait tomber dans des mains étrangères qui ne rendent des comptes qu’à leurs banquiers.
Ce qui est surprenant, c’est de vérifier tous les jours qu’un tel système s’est imposé de lui-même et sans l’aval démocratique ; qu’il nous est advenu comme le dogme d’une religion intégriste sans provoquer des remous, ni commentaires autres qu’énamourés.
En phase terminale, ce système a conquis tout l’espace politique et économique sans une seule élection et sans aucune garantie. La prééminence des marchés est devenue un incontournable présupposé. Ce système a confisqué les richesse et s’est attribué le droit de les répartir, tout en marchandant à petits prix les biens nationaux qui, à l’exemple de 1793, enrichit en un tour de main des aventuriers.
Une fois les richesses de la Nation à leurs pognes, les promoteurs les ont mis à l’abri dans des coffres. Ils se servent de leur puissance pour des trafics abstraits. Nous sommes les vecteurs inconscients de leurs magouilles virtuelles à l’aide de nos cartes bancaires dont nos nouveaux portefeuilles ont épousé les formats.
Et tandis que nous nous enfonçons dans un inconnu que nous n’avons pas voulu politiquement et socialement, au nom d’une puissance extérieure à l’Etat quasiment surnaturelle, nous allons à petits pas vers nos cimetières économiques de ferrailleurs dépassés.
Nous n’apercevrons les conséquences de cette gestion globale que lorsqu’il sera trop tard. Nous éprouverons d’abord une peur vague, lorsque viendra la raréfaction du pétrole, sans bien savoir gérer notre angoisse.
Nous resterons passifs devant la hausse du chômage. Nous n’accuserons vraiment les véritables responsables de la catastrophe que lorsqu’il sera trop tard, c’est-à-dire lorsque notre capacité d’entreprendre singulièrement amoindrie par les grands transferts de machines et de technologie, sera émoussée. Entre-temps nous aurons été persuadés que notre imagination dans la recherche créerait de nouveaux débouchés. Elle s’avérera bien incapable à nourrir la population. Nous survivrons alors dans un désert économique, comme en Afrique. Juste retour des choses, nous serons dépouillés comme nous avons dépouillé les autres…

15 décembre 2005

Concilions l’inconciliable.

-Cette nouvelle émission rassemble des personnalités dans le but de concilier l’inconciliable, afin de montrer que l’on peut toujours s’arranger. Ici Alphonse Lembrouille, pour la première de ce soir, qui vous présente nos invités sur le plateau « Concilions l’inconciliable »… Monsieur Defourny, bonjour. L’organisation du grand Prix de Francorchamps pour 2006 fait pa