L’emploi et la sanction.
Qui dit qu’on ne s’arrange pas entre communautés ?
Du côté d’Yves Leterme, on signale quelques discrètes avancées. Le bougre marche sur ses chaussettes. Il arrive par derrière et zou ! vous flanque un stylo dans les doigts. Vous n’avez plus qu’à signer.
Les partis, pour une fois, sont unanimes.
Quel est le problème ainsi résolu en deux coups de cuillère à pot ?
S’il y a 100 demandeurs d’emploi pour 10 places à pourvoir, il y aura 90 personnes sur le carreau. Eh bien ! non. Les partis repoussent cette sombre perspective. Il y aura 80 personnes sur le carreau et 10 qui seront exclues du carreau, s’il est prouvé qu’elles n’ont pas fait l’effort nécessaire.
Pour appuyer cette mathématique imparable, les employeurs se chargent d’alimenter les échos sur le chômeur volontaire et paresseux en produisant une liste d’emplois vacants, comme ferrailleur-bijoutier électronicien ou scaphandrier poseur de câbles sous-marin à haute tension. On voit le champ des demandeurs est vaste.
Ainsi l’opinion pourra conspuer le parasitisme social, le seul responsable du marasme inflationniste actuel !
Qu’on s’entende bien. Tant que BHV n’a pas de solution, il n’y a d’accord sur rien. Il semble cependant que plus des petits accords trament des complicités par-delà les haines linguistiques, il sera plus facile de tisser de nouveaux liens entre les partis.
Que demandent les socialo-libéraux ?
Que les affaires reprennent. Dans la conjoncture, il n’y a pas d’autres solutions à celle qui consiste à faire payer les faibles, car eux, au moins, ils ne savent pas se défendre.
Ce que nos politiques sociales font très bien.
Donc, la nouvelle procédure consistera à encourager le chômeur à trouver du travail et à lui faire encourir des sanctions s’il reste en défaut de recherche active d’emploi. Avant, la capture du gibier en défaut de recherche active était fédérale. Comme Bruxelles est à des années lumière, on radiait des morts au lieu et place du chômeur « paresseux ». Avec la nouveauté, les adjudants locaux pourront après un coup de fil à l’Etat-major namurois, saquer dans la viande feignante.
Ainsi, les socialistes qui ont placé en priorité leurs créatures socialisantes dans tous les endroits possibles seront en tête de banc pour vitrioler la misère !...
Que voilà une importante mission.
Quand par hasard, la presse volontiers discrète dans ce domaine, sortira de ses cartons un cas d’abominable acharnement sur un malheureux, il y a quatre chances sur cinq pour que le malfrat-fonctionnaire soit socialiste !
Voilà jusqu’où la collaboration sociale peut aller.
On n’en est pas encore à signaler les bavures, mais si on laisse la responsabilité des sanctions aux plus bas échelons, il faut s’attendre à des explosions sadiques de fonctionnaires frustrés.
La compétence de signer un contrat avec le chômeur par les autorités de proximité n’est évidemment que le côté « sympa » de la chose. Les sanctions au verso du contrat sont indispensables pour nos guerriers de l’absolue conviction que le social n’est pas une vache à lait.
Il reste quelques hésitants à ce marché de la viande sous contrôle local. En Flandre, on souhaite régionaliser la compétence de sanction le plus vite possible, mais certains francophones hésitent encore, pour des raisons électorales, il va de soi.

Admettons, par exemple que les sanctions pleuvent dans des ghettos de proximité de grands centres comme Liège ou Charleroi ! Quel sera le vote dans ces communes sinistrées ?
Moralité, il y a moins de vétérinaires sociaux en Wallonie capables de marquer d’un cachet « bon pour l’abattoir » la couenne des sanctionnés de l’indicible.
Mais que voilà encore un emploi vacant à haute performance pour le catalogue des métiers qui ne trouvent pas de titulaire : « sanctionneur ONEM » !
Un polytechnicien – jeune et superbe – membre de la cour du prince socialiste, a gambergé sur la chose : « C’est la sécurité sociale qui finance les allocations de chômage. Si la sanction en cas de non-respect des contrats est régionalisée, il y a fort à parier que l’on reprochera à la Wallonie d’être plus laxiste que la Flandre, et de coûter trop cher en allocations. La pression pour régionaliser la sécurité sociale sera alors beaucoup plus forte ».
Di Rupo (1), au départ enthousiasmé des contrats de remise au travail, angoisse un peu sur les conséquences probables d’une nouvelle traque sous les auspices de la Région.
Les syndicats ne mouftent mot. Les patrons se font manucurer en attendant. Il y a comme un consensus de recueillement entre ces bestiaux-là. Ils se disent, que les politiciens prennent l’initiative sur un sujet pareil, tant mieux pour nous.
Décidément Leterme n’a pas son pareil pour gaffer. C’est même le premier grand gaffeur toute catégorie que nous ayons aux affaires depuis longtemps.
Il faudra que le roi nous le garde.
Il fait la preuve qu’on peut faire le con et ramasser beaucoup d’argent. C’est un bon signe pour les chômeurs qui hésitent à se lancer…
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1. Pour sa gouverne, son parti frère, le PS français vient d’adopter une résolution concernant le même problème qu’il ferait bien de méditer :
« Le Parti socialiste estime que le projet de renforcement des sanctions contre les chômeurs qui ne retrouvent pas d’emploi, “élaboré sans la moindre concertation avec les organisations syndicales, est le dernier avatar de la politique de rigueur systématisée par la droite“.
Dans un communiqué, le Bureau national du Parti socialiste juge que la “première conséquence d’une telle régression sera une nouvelle vague d’exclusion de demandeurs d’emploi de l’indemnisation chômage“. Le PS prédit “une énième altération du pouvoir d’achat de nos concitoyens les plus durement frappés par la précarité”.
Pour le PS, “il est manifeste que cette majorité est prête à tout pour parvenir à afficher une baisse statistique des chiffres du chômage“. Après la “multiplication des radiations administratives, l’encouragement au travail précaire et aux contrats à temps très partiel”, le PS déplore que vienne “l’obligation pour les chômeurs d’accepter des emplois au rabais, même loin de chez eux, sous peine d’exclusion de l’indemnisation chômage“. »
Commentaires
Et à voir les commentaires limite "haineux", sur les "chômeurs profiteurs" sur les sites des journaux cette rhétorique est malheureusement en train de faire son chemin chez beaucoup d'imbéciles qui s'imaginent à l'abri d'un éventuel passage par la case Onem.
Triste monde.
Postée le: Anonymous | août 5, 2008 03:57 PM
Désolée, erreur de manipulation pour le commentaire ci-dessus, j'aime pas poster "anonyme"
Postée le: raannemari | août 5, 2008 04:00 PM
Je viens de lire qu'un million de flamands seraient wallons !
Et lorsqu'on lit l'article d'Arno(ostendais) sur les ostendais, si chauvins par rapport aux autres régions flamandes.......
Arno chantait pourtant "Putain Putain, c'est vachement bien, nous sommes quand même tous des européens."
Postée le: dorebul | août 5, 2008 06:53 PM
Ouverture de www.ParcoursAtypique.com , le site d’emploi dédié aux parcours atypiques, compétents, professionnels et motivés, et aux employeurs qui veulent d’abord un homme ou une femme et non un CV.
Exclu du recrutement à cause de « blanc » ou de rupture, subi ou voulu.
Avoir un handicap reconnu ou non, revenir d’une mission humanitaire, être senior, être ex sportif de haut niveau, ex patron, ex policier ou ex détenu, avoir besoin de challenges réguliers, être jeune de banlieue, être victorieux d’une maladie grave, revenir après un congé parental, se retrouver seule avec des enfants ou tout simplement vouloir changer de vie ; voilà des exemples de parcours atypiques. Tous ont des compétences professionnelles, parfois très pointues, mais ils ont une rupture ou un « blanc » - subi ou voulu - qui les excluent du monde du recrutement qui peine pourtant à pourvoir des centaines de milliers d’offres.
Un homme ou une femme et non plus un CV
Pourtant, ces atypicités sont autant d’atouts pour l’entreprise. Comme ancien humanitaire, cet ingénieur possède une grande résistance au stress. Comme ancien officier gendarme, cette femme a développé une grande rigueur. Comme ancien prisonnier, cet homme a accumulé en lui une volonté de fer de s’en sortir. Idem pour cette femme qui se retrouve seule avec deux enfants : le patron, loin d’en avoir peur, sait qu’il peut compter sur sa stabilité. Comme jeune de banlieue au BTS Action Co, cette jeune femme peut s’adapter à plusieurs environnements. Et comme jeune senior, cet ancien patron de TPME apporte sa maturité. Ce sont donc ces atypicités qui singularisent les candidats.
Mots clef multiples avec barème de points
Deux mots clef et un CV ne suffisent plus. Ici, vous passez du temps à vous inscrire (ce qui montre votre motivation). Vous sélectionnez une trentaine de mots clef, répartis en six catégories (‘qualités humaines’, ‘qualités professionnelles’, ‘parcours et diplômes’, ‘conditions’, ‘métiers’, ‘disponibilité, langue et informatique’). Et c’est vous qui décidez quel coefficient vous attribuez à vos mots clef, de 10 à 50, (le recruteur le fait aussi pour son offre). Puis vous publiez vos photo, lettre de motivation, CV, copie de diplôme ou fiche de poste… En lançant la recherche, les candidats ou les offres apparaissent triés selon vos mots clef. Vous ne « balancez » plus votre CV mais ciblez et optimisez. Idem pour l’employeur : les candidats sont triés selon ses critères. Il sécurise son recrutement, gagne du temps et c’est peut-être la fin des offres non pourvues. Il peut bénéficier plus facilement d’exonérations.
Volontariat, anonymat et honnêteté
Cette méthode innovante repose sur le volontariat et l’anonymat. L’employeur n’a pas accès aux coordonnées du candidat. C’est ce dernier qui lève l’anonymat en répondant au recruteur. Ainsi, plus besoin de bidouiller son CV. Dire son parcours devient un atout car le recruteur, avant les compétences, cherche d’abord une personne, un homme ou une femme. De plus, certains patrons, eux-mêmes au parcours atypique, veulent leur donner une chance. Le site lutte contre la discrimination. Des partenariats sont en cours avec des ministère, collectivité locale, structure pour l’insertion, handicap et lutte contre la discrimination…
www.ParcoursAtypique.com. Vous êtes atypique. Vous êtes unique. Un employeur vous cherche.
Postée le: olivia | mars 4, 2010 08:07 PM