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Des molles et des mous.

A bien considéré la politique du PS avec l’accélération des événements et la lente descente aux enfers de tout qui travaille en compétition avec l’ouvrier chinois, on peut dire sans trop s’aventurer dans le populisme « anti-gauche » gouvernementale, que le socialisme tel que pratiqué par Di Rupo s’est proprement débarrassé de la cause ouvrière.
Cela ne s’est pas fait en une seule fois, de cette manière, cela se serait vu, mais de façon insidieuse de Spitaels à Busquin, puis de Di Rupo à Giet, clone du précédent.
C’est une dérive lente, une traîtrise générale et organisée, comme Jean Baudrillard l’écrit, cité par Marianne à propos du livre de Bertrand Rothé « de l’abandon au mépris », Ed. Du Seuil : « De la lutte enchantée à la flûte finale ».
Depuis le début des années 80, c’est clair, les économistes de « gauche », en accord avec les bureaux des partis socialistes de France et de Belgique, ont accrédité parmi les foules naïves que la désindustrialisation était une forme pointue d’une remise en ordre du système capitaliste : aux masses montantes et encore incultes du tiers monde, les basses besognes et à nous les services, les industries de pointe et les découvertes de laboratoire à « rentabiliser ».
Vaste escroquerie mentale qui a permis sans trop de remous la dissolution de notre patrimoine industriel par des déménagements vers « les incultes » et des casses phénoménales.
Evidemment, les universités n’ont pas diplômé tout le monde, le désert programmé du bas, n’a pas fait évoluer vers le haut. Le ferblantier s’est retrouvé sans travail, du coup le maçon s’est croisé les bras avant de rejoindre le chômage.
C’était la fin d’une histoire et les débuts d’une autre.
Celle que nous vivons aujourd’hui.
Un appauvrissement général et des perspectives misérables pour un avenir sombre pour nous, tandis que « les incultes » s’adjugeaient les marchés, fournissaient des idées et ouvraient des laboratoires.
Pensez-vous qu’après ces mécomptes mal pensés que la gauche au pouvoir s’en émeuve et présente ses excuses ?
Pas du tout.
Elle tient le haut du pavé et ferme le grand livre des symboles du monde ouvrier qu’elle a anesthésié en le trahissant bassement, et sans aucun remord.
Le plus étrange tient encore à cette indécrottable popularité des dirigeants des PS parmi les populations qui ne se sont pas encore rendu compte qu’elles font encore confiance à ce qu’en d’autres temps, elles eussent appelés « des salauds ».

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Selon des économistes effarés du cynisme du PS, le voile est tombé en 1997, avec l’arrêt de l’usine Renault de Vilvorde. Louis Schweitzer ferme le site et met 3000 ouvriers sur le carreau. Le PS français dans l’opposition passe en tête des cortèges de protestation et jure que s’il était au pouvoir, cela ne se serait pas passé de la sorte. D’autant que le même patron, pour faire bonne mesure, ferme aussi un site en France et liquide encore 3.000 ouvriers. Malheureusement pour Jospin, quelques mois plus tard, le voilà au pouvoir et aussitôt renie ses déclarations antérieures, va serrer la main de son homologue belge et déclare en accord avec lui « sur le dossier Vilvorde, ce n’est pas le gouvernement qui décide ».
Depuis les socialistes, au pouvoir alternativement avec la droite en France et en panaché en Belgique, ne sont plus jamais intervenus pour la casse et les déménagements de nos entreprises, se résolvant à laisser partir le patrimoine, brader le travail et admis la dégringolade des salaires et la primauté du capital sur le travail.
Aujourd’hui, ils gèrent « courageusement » ce qu’ils ont contribué à liquider. Par la démonstration de leur politique, ils ont rejoint les théories de l’Américain Nozick, mort en 2002, partisan d’un Etat au minimum dans les décisions, laissant au privé une conduite de l’économie de type égoïste/anarchiste.
Ils ont choisi leur camp.
Comme les curateurs de faillites malhonnêtes, ils trient et gardent les bons morceaux dont ils feront profiter la parentèle politique, en bons nozickiens, bien entendu.
Peut-être qu’un jour la majorité des travailleurs s’apercevra qu’elle a été menée par le bout du nez par des voyous.
En attendant la machine à défenestrer défenestre, les scandales se poursuivent et le monde du travail s’appauvrit et avec lui, la classe moyenne.
Comme disent les historiens, après Robespierre, ce fut Bonaparte et puis vint Thiers, on ne pouvait pas faire pire… si, si… disent les modernes, nous avons Di Rupo.

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