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Du côté de chez Scholtès.

La Belgique s’est formée dans les sacristies, entre deux messes et en vidant les fonds de bouteille d’un rouge à 9 °. Voilà 183 ans que ça dure, même si, depuis, il y a de plus en plus de prie-Dieu qui s’empilent dans la cave du presbytère, à défaut d’avoir des assis sous la nef principale.
On n’y croit plus tellement, mais on y tient. D’autant que le Dieu d’en face réuni une drôle de confrérie de coupeurs de tête et de naïfs dévots, unis pour le meilleur et surtout pour le pire dans la réprobation bourgeoise et l’amalgame du populaire occidental.
Avant, sur la grand-place des gros bourgs, il y avait de part et d’autre, deux troquets, l’église au centre. Le premier était réservé aux maris des dames pieuses et le second aux joueurs de carte francs-maçons. Cependant, tous les deux n’avaient jamais que deux sujets de conversation : la politique et les femmes.
Alors que les deux se dépeuplent, un troisième a vu le jour. Il ne s’y vend pas d’alcool, mais des bons pour des voyages en Irak via la Turquie, par quelques prosélytes d’une foi tellement incandescente, qu’elle transforme l’incroyant en anthracite.
La raison essentielle de l’Occident de conserver la foi catholique dans ses mœurs, plutôt que celle importée par l’émigration maghrébine, tient dans la différence de traitement de la femme dans les rites et coutumes des bondieuseries respectives.
C’est le Concile de Trente qui a sanctifié le caractère du mariage. Avant cela, la doctrine chrétienne avait affranchi et relevé la femme de la position qu’elle occupait dans l’Antiquité et qu’elle occupe encore dans l’Islam.
De ce point de vue le Coran actuel et l’Ancien Testament exprimaient le même mépris et le même abaissement de celle-ci.
Dans la Genèse, la femme est une créature secondaire qui a poussé l’homme dans la malédiction. Le péché originel rend la femme responsable. C’est l’esprit du christianisme qui finit par l’emporter sur la tradition et la scholastique. Cela se fit non sans mal et sans quelques réticences. Saint Paul insiste « Les femmes doivent être soumises à leurs maris, la femme doit craindre l’homme » (Épitres aux Corinthiens et aux Éphésiens). On croirait entendre un verset d’une sourate.
Tertullien surenchérit « Femme, tu devrais aller couverte de guenilles et en deuil, tes yeux devraient être remplis de larmes, tu as perdus le genre humain. » C’est ce que pensent encore les intégristes de l’autre bord.

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Saint Jérôme, sous le coup d’une blessure d’amour propre ou d’une attaque de gonocoques, en veut particulièrement aux femmes « La femme est la porte de Satan, le chemin de l’injustice, l’aiguillon du scorpion. »
Il faut dire qu’avant celui de Trente, le Concile de Mâcon discutait sérieusement la question de savoir si la femme a une âme ! Le droit canonique se prêtait au pire : « Seul l’être masculin est créé selon l’image de Dieu et non la femme, voilà pourquoi la femme doit servir l’homme et être sa domestique ». Peut-être la treille du mâconnais y était-elle pour quelque chose ?
Ces opinions tranchées de l’Église ont produit leurs effets jusqu’à nos jours ; mais, seuls les Musulmans sont encore accablés par les mêmes conneries.
La polygamie, légitime sous l’Ancien Testament (Deutéronome) n’est pas tout de suite interdite, dans le Nouveau. C’est peu à peu que les interprétations se distancient du corsetage des ultras. Des souverains chrétiens ont été polygames. Chlotaire, Pépin, Caribert et les Francs nobles vivaient avec plusieurs femmes sans que l’Église y trouvât à redire. (Louis Bridel).
Ce qui tracasse les modernes capitalistes qui peuplent l’Occident aujourd’hui, au-delà des religions, se résume en une phrase « Quand est-ce que les musulmans vireront leur cuti et feront de leurs femmes des êtres égaux en droit, comme nous essayons de le faire bien plus de temps avant eux, sans y être tout fait arriver en 2014 ?
Encore un peu de patience, les barbus. Les cathos ont 600 ans d’avance…

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