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La dengue du dingue.

L’Europe est le chien courant d’une chasse à courre dont le chef de meute est l’Amérique d’Obama. C’est à peu près l’image que nous donne l’économie mondiale. Le monde anglo-saxon est notre modèle, notre bible et ce n’est pas demain que les États d’Europe prendront des initiatives qui ne plairaient pas outre Atlantique.
Ainsi notre cotation de bons et de mauvais élèves, n° 1 : l’Allemagne, la plus douée dans la ressemblance avec les States. La Grèce au bas de l’échelle, on aura touché l’absolu contraire.
On croit que Charles Michel reçoit ses ordres depuis la maison communale d’Anvers, c’est sans doute vrai pour beaucoup de choses, sauf pour l’économie. Bart De Wever aussi fait partie de la meute et court derrière ou devant le cheval de son maître.
Si bien que le capitalisme évoluant, le temps de regarder ce qui se fait aux USA, l’économie mondiale se sera modifiée, pendant que nous mettrons en avant des formules pour « améliorer » l’économie d’hier.
C’est même cela qui nous ravale au rang de domestique du système et la raison principale du déclin de nos démocraties chloroformées par la nécessité économique.
Or que se passe-t-il du côté où tout se décide ?
On y aborde des sujets tels que nous n’oserions pas les aborder sans être taxés de populistes par Gerlache et ses pareils.
On y dénonce ouvertement les super-riches, qui «ne créent pas d’emplois et dont la richesse toujours plus grande ne profite pas aux autres».
Le slogan du Tea Party: «When did you last get a job from a poor person ?» (Quand avez-vous eu votre dernier emploi créé par un pauvre?), gonfle la plupart des Américains au point que ce pourrait être un thème de campagne d’Hilary Clinton pour son investiture du parti démocrate à la présidence des États-Unis, justement contre la dérive de l’argent insolent et de la complaisance des représentants du peuple.
Nous sommes bien placés en Belgique pour être les témoins de cette complaisance excessive des politiques pour la fortune. Nous sommes frappés de la disproportion des moyens de l’État pour traquer les chômeurs « indélicats », par rapport aux maigres effectifs dont dispose le Ministère des Finances pour rentrer dans les fonds qui échappent à l’impôt.
Pour en revenir aux thèmes fascisants du Tea Party à l’américaine, on peut tenir pour vrai qu’un pauvre n’a pas la capacité financière à créer des emplois et que ses idées sont exploitées par ceux qui ont du pouvoir d’achat. Est-ce pour autant que les riches en créent ? C’est un peu comme si on demandait à madame Bettencourt de créer des emplois avec le surplus de ses dividendes. Nick Hanauer, milliardaire américain, n’a-t-il pas déclaré : «si c’était vrai que baisser les taxes pour les riches provoquerait des créations d’emplois, nous n’aurions plus de chômage ».

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L’augmentation du patrimoine des riches et la montée des inégalités aux Etats-Unis comme en Europe ne conduisent pas à la création d’emplois. Nous sommes dans un monde coupés du travail. La motivation principale est bien d’avoir encore plus de fric et pour ce faire, les riches investissent sur les marchés financiers et dans les biens à haute capacité de rentabilité, par exemple l’immobilier dans les centres villes, les propriétés exploitant un nom, un cépage, une fabrication de prestige. Les placements des masses d’argent sur les taux des monnaies, les performances des entreprises par plus de technologie et moins d’emplois.
Dérisoires sont les désirs des responsables politiques de nos pâlottes démocraties qui pensent avoir tout dit et tout espérer en laissant faire l’économie sous prétexte que cela va aider la croissance, ce doux rêve pour les couillons du système.
Comme si la croissance avait pour but d’engager des personnels partout et dans tout !
La création d’emplois n’est pas le but des investissements réalisés, elle n’en est que la conséquence éventuelle, si tout se passe bien comme nos Charly l’entendent.
La croissance sans emplois, c’est bien possible dans les économies développées. C’est même ce à quoi on assiste impuissants ces temps-ci.
On pourrait même parier sur une drôle d’équation : moins les riches contrôlent l’économie plus on a des chances de créer des emplois !
C’est évident que ce type d’économie n’existe plus. Il s’est vérifié dans l’après dernière guerre mondiale, quand les riches se faisaient concurrence et que les fortunes colossales étaient en pleine formation. Cette période pré les Trente Glorieuses a même vu les salaires augmenter le plus. Le peuple vit toujours sur les dividendes acquis à cette époque. On le lui reproche assez.
Le transfert des entreprises de biens et de services vers des entreprises financières n’a aucune signification sociale. Faire de l’argent avec l’argent, dans un circuit court n’a jamais créé aucun emploi.
Un économiste, ni d’RTL, ni de la RTB évidemment, a fait remarquer «Les rentiers ne se présentent pas comme rentiers et les capitalistes ne se présentent pas comme capitalistes, mais ils aiment se présenter comme des «entrepreneurs». Entreprendre c’est être innovant, déterminé, courageux, et montrer une capacité à prendre des initiatives et des risques pour transformer des idées en réalité… ».
Les créatures stupides que nous élisons, parce que nous sommes nous-mêmes les victimes des informations calibrées pour nos cervelles d’oisillons, ne réfléchissent pas jusque là.
Il suffit de faire le tour des entreprises mondiales les plus innovantes pour voir que les super riches qui les possèdent n’ont en rien contribué à leur création. C’est un moyen d’accroître leur fortune.
Quand ils seront qualifiés de parasites et de nuisibles, peut-être ira-t-on vers un autre avenir pour les populations.

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