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Je crois/je croasse.

La mémoire est la pire ennemie des Institutions que nous fabriquent nos marchands de rêve en démocratie.
On sait bien la manière dont nous vivions nos libertés, il y a tout juste un quart de siècle. De cette époque, nous avons retenu l’apologie de la démocratie et, pas plus tard qu’il y a dix ans à peine, comment W. Bush partait en croisade pour renverser les dictatures. À la contemplation de la hauteur de vue du système, tous ceux qui vivent sous le joug des tyrans rallieraient en masse la douceur de vivre d’un État de droit, disait dans ses discours le président US.
En 2015, au sommet d’un gâchis sans nom, nous entendons toujours la même musique. On se demande bien qui les pousse à répéter les refrains entendus en boucle de la formidable chance que nous ayons d’être régis par nos lois.
C’est devenu tellement une habitude d’entendre la même chose que nous n’y prenons plus attention et que de plus en plus d’incrédules tournent le dos à ces sacrés menteurs.
Non pas que nous nous sommes ralliés aux dictatures d’en face. Bien au contraire, nous sommes convaincus que si nos Institutions ne respectent plus l’idée que nous nous faisions de la liberté, du côté des États à dictature religieuse et des clans d’ultras religieux, c’est bien pire.
Nous avons perdu la prétention de rallier à notre système les populations malheureuses, parce que nous sommes devenus, toute proportion gardée, aussi malheureux.
Même l’exemple de la vertu, nous n’osons plus nous en prévaloir avec une économie mondialisée qui est notre dictature à nous d’une autre façon et fait concurrence à Daech sur une toute autre échelle, quant au nombre de morts.
En réalité, ce qui différencie les mangeurs d’hommes qui prospèrent dans les deux systèmes, c’est la manière d’assaisonner nos viandes. Le résultat est assez identique.
Ici, nous traquons les chômeurs comme des bêtes malfaisantes et nous faisons faire nos chemises au Pakistan et au Bengladesh, jusqu’à y employer des enfants dans des conditions épouvantables, au nom de l’économie de marché et de la rentabilité des coûts. Au Moyen-Orient, on prend moins de précautions pour dépecer les populations non musulmanes et on razzie des villages pour s’approvisionner en jeunes filles à peine nubiles, au nom d’Allah.
Comment voulez-vous que l’on rallie l’un ou l’autre camp sans avoir des haut-le-cœur ?
Plus on avance, plus nous nous écartons de l’idée initiale selon laquelle nous sommes un modèle de référence pour les populations victimes d’oppresseurs.
Nos dirigeants établissent une défense contre le fanatisme religieux qui consiste à multiplier les contrôles et les mesures inquisitoriales. Ils font montre de beaucoup de zèle et n’ont de cesse d’en rajouter. Ils savent que c’est porteur et que les populations les remercieront de les avoir rassurées. Avec leur nature de plus en plus suspicieuse, nul doute que nous devrons nous attendre à des bavures, si certaines n’ont pas déjà été étouffées pour raison d’État.
Les imbéciles heureux se font les porte-parole des autres en bramant sur tous les tons et sur tous les moyens de diffusion, qu’ils n’ont rien à cacher et que les Autorités peuvent y aller : caméras de surveillance, espions techniques dans les ordinateurs, contrôle de la Toile et des courriels, écoutes téléphoniques, etc. et ce toute curiosité satisfaite avec de moins en moins d’autorisation, et même pas du tout, laissant à l’appréciation du premier flicard, la facilité de savoir avec qui, vous et moi, nous couchons.
Drôle de manière de convertir des gens à la démocratie.
Il n’y a que très peu d’attentats (c’est encore trop), nous devons cette réussite aux plans de défense et à l’efficacité des services de sécurité en amont ou au manque de volontaires pour des assassinats crapuleux ?
Autrement dit, ne nous joue-t-on pas une tragédie guerrière, alors que nous sommes dans le fait-divers crapuleux ?
Comment le savoir ?
Et en vertu de la politique de précaution, doit-on enterrer nos libertés ?

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Ce débat commence à peine. Il nous est impossible d’évaluer les dangers encourus puisque nous sommes face à deux clans de menteurs pathétiques. Ceux qui se disent de droit les parangons des vertus démocratiques et les criminels bornés qui détruisent les musées à la masse, sans doute pour nous faire mieux détester la religion qu’ils pratiquent !
Enfin ultime plaisanterie, nos élus lient le sort de la démocratie au succès du libéralisme économique. Nous devons croire que le PIB et le droit du commerce sont nos alliés dans la lutte des Bons contre les Méchants !
Pas sûr ! Au moment où le commerce mondialisé tire un plantureux bénéfice du commerce des armes et du pétrole avec l’EI et que les Émirats, la Turquie et l’Arabie Saoudite luttent d’une main contre l’EI avec nous et le soutiennent de l’autre, on peut exprimer des doutes sérieux.
Une éventualité serait la disparition de la démocratie avec les dictatures religieuses. Cela ne relève pas de l’utopie puisque « l’esprit religieux » et « l’esprit de l’économie libérale » sont en position de nous faire savoir que le triomphe de l’un ou l’autre, verra notre asservissement à l’un des deux.

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