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Quand l’EPA prend de l’EPO (1).

La connerie, c’est un don. On l’a en soi. On naît avec. Quand on le devient, dans cinq cas sur dix, on se dit « j’ai fait le con ! ». Le natif, jamais !
Il y a l’électeur et l’élu. Le premier peut se dire « j’ai merdé ». Le second, c’est un natif. Il a la connerie du bûcheron qui a la foi.
Le gouvernement de la Communauté française vient d’illustrer ses propos par la persistance dans la connerie. C’est une connerie courageuse, puisqu’elle ne désarme jamais.
Elle tient dans l’avant-projet de décret qui doit déterminer ce que feront les élèves dispensés de cours de religion/morale en septembre.
Cette affaire de la religion ou de la morale à l’école est vieille de plusieurs générations de cons. La nouvelle génération a trouvé son porte-drapeau : Joëlle Milquet. Tout vient de l’interprétation de la Constitution et du chapitre consacré à la laïcité.
L’école publique ne peut pas dispenser de cours de religion. Ce n’est pas son rôle, même si elle le fait depuis toujours. L’école privée non plus, puisqu’elle doit suivre un programme pédagogique commun aux deux types d’enseignement. Si l’interprétation de la Constitution au départ avait été correcte, les deux écoles ne pouvaient distraire un temps pris sur le programme, pour un cours de religion. Ce que l’école privée pouvait faire, c’est ajouter des heures supplémentaires au programme et consacrer ce temps à la religion.
Le cours d’éducation morale aurait pu, par contre, dispenser un cours général de l’histoire des religions. Évidemment, le délicat c’est de raconter des histoires souvent à dormir debout à des mômes. Les faits historiques avérés sont souvent rares, voire rapportés plusieurs siècles plus tard par des prêtres prosélytes, donc souvent controversés par des historiens.
Reste enfin de savoir quelle religion donner ? S’il s’agit de promouvoir deux ou trois religions importantes pratiquées en Belgique, c’est discriminer les autres et faire un choix forcément subjectif, puisqu’il est basé sur la statistique et non sur la crédibilité d’un certain culte, plutôt qu’un autre. Le jour, par exemple, que la connerie militante se sentirait pousser des ailes, et qu’un groupe se mettrait à adorer le petit-gris de Bourgogne, il faudrait alors expliquer aux mômes pourquoi des croyants au petit-gris saccagent des restaurants qui proposent des recettes d’escargot.
Bref, la chose étant impossible, nos cons grandioses décrètent dans leur projet que les enfants dispensés de morale/religion « n’iront pas à un cours, au sens strict du terme, mais participeront plutôt à une « activité » intitulée « encadrement pédagogique alternatif (EPA). »
Au paragraphe suivant, on s’aperçoit qu’il s’agit bien d’un cours de morale déguisé puisqu’il viserait à éveiller l’adolescent à la citoyenneté et au questionnement philosophique !
Le meilleur est pour la suite : « Plusieurs thèmes seront proposés aux professeurs, mais aucun matériel ni programme précis ne leur sera imposé. »

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Et tout ça par peur de dire que l’instruction générale comportera un cours de morale obligatoire qui peut s’adapter à tous, ce qui exclut les excentricités religieuses desquelles nous ne voulons rien savoir. La foi est individuelle. Il est libre à chacun d’organiser ou de suivre en-dehors de l’école, des cours de religion de son choix.
Toutes ces bassesses et simagrées, parce que les autorités ont peur des réactions des religieux musulmans et que déjà les mœurs, les questions vestimentaires et la façon de se nourrir sont incompatibles avec les règles d’une école laïque et d’un cours de morale qui ne serait rien d’autre qu’un cours de comportement, dans une société civile qui a des règles, comme, par exemple, ne pas cracher par terre et pouvoir serrer les mains des femmes sans déchoir.
On en est là. Voilà où nous ont conduits les belles théories sur le multiculturalisme et l’ouverture aux autres. Et c’est là que les cons de naissance frappent fort, vous ne les entendrez jamais revenir sur leurs erreurs initiales.
Que fallait-il faire ? (2)
Il fallait préserver notre mode de vie, comme l’héritier d’un patrimoine national. Accueillir toutes les misères du monde, certes, et même faire davantage, en gardant comme la chose la plus précieuse, le principe de la laïcité, garant de la recette heureuse du vivre ensemble.
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1. EPA « encadrement pédagogique alternatif ». L'érythropoïétine (EPO) artificielle a rapidement trouvé sa place dans l'arsenal dopant.
2. En l’état, le drame viendra des multiculturels d’origine extérieure, qui seront parmi les élus de la Nation les plus ouverts aux religions réfractaires aux mœurs publiques.

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