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Harceleur !

Aujourd’hui, on parle presque (1) de tout, à condition de n’impliquer en rien le système-monde (ainsi appelle-t-on l’économie libérale mondialisée). C’est une règle appliquée dans « le harcèlement à l’école » traité par les gazettes.
Le harcèlement scolaire décrit des comportements extrêmes d’élèves.
Richard3.com est d’avis que les violences physiques et verbales sont intemporelles. Elles ont toujours existé entre jeunes gens. Ce qui a changé tient, d’une part, dans l’autorité professorale qui n’existe plus et, d’autre part, dans l’évolution des mœurs confrontées au système économique.
Le Maître en cache-poussière et à manches de lustrine était plus qu’un passeur de connaissances, il avait aussi la mission de faire de l’élève un citoyen responsable. Il exerçait une forte influence sur le groupe. Il connaissait les points forts et les faiblesses de chaque étudiant. Il était respecté et son autorité n’était contestée qu’à bon escient.
Le système économique modèle fortement la société, la famille et l’individu. Il est responsable de la forte augmentation de l’agressivité chez les jeunes, par l’exemple de l’agressivité déployée des adultes relevant du simple fait économique.
Le harcèlement en milieu scolaire se complique du cyber-harcèlement, les enfants harceleurs peuvent poursuivre leurs méfaits hors des murs de l'école, anonymement ou pas. Faut-il lier ce harcèlement accru au progrès des techniques ? Oui, dans la mesure où ce progrès libère un peu plus l’esprit de compétition base même du système-monde, il conviendrait d’en dénoncer les effets pervers. Ce qu’on ne fait évidemment pas.
Le rapport psychanalytique est éclairant sur la responsabilité de « l’esprit » capitaliste dans l’aggravation du harcèlement.
L'agresseur éprouve un fort besoin de domination et cherche à apparaître comme un « dur » aux yeux des autres. Impulsif et hyperactif, l’agresseur est souvent plus costaud que la moyenne, une faible culpabilisation et peu d'empathie complètent le tableau.
C’est exactement ce qu’on demande dans les entreprises aux cadres et contremaîtres.
L’agression est un élément actif de la vente. Dans la société, elle est la conséquence des mauvaises conditions socio-économiques de la famille ou, à l’opposé, le sentiment d’être d’une famille riche, au-dessus de la condition médiocre.
En dehors du harcèlement ordinaire, l’esprit sportif peut développer chez des enfants l’envie de la gagne qui passe par l’envie de se débarrasser des rivaux. Tout comme un marchand de chaussures qui voit s’ouvrir un commerce identique, devant chez lui.
Le pourcentage d'élèves agressifs est le même à tous les niveaux de la société. Le modèle parental valorise l'agressivité. Certains parents, épouvantés de voir l’agressivité à l’école, développent chez leurs enfants, parfois de façon inconsciente, la nécessité d’une agressivité qui les conduit à devenir harceleurs, dans la crainte d’être harcelés.
Cette société marchande fabrique des sujets qui utilisent des mécanismes de violence pour se défendre. En Bourse, on appelle ça des batailles pour des parts de marché. Les harceleurs établis dans la finance présentent des traits de "personnalité narcissique". Ce sont pour la plupart des égocentriques qui ont un besoin constant d’être admirés. Un remarquable exemple sous nos yeux est la personnalité de Trump, président des États-Unis.

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Les harceleurs sont avant tout des caractériels. Ils ont rejeté la morale traditionnelle familiale et communautaire, abandonné leur propension au sacrifice et à l’épargne et sont entrés dans le monde fantasmatique érotisé de la consommation de masse, au nom d’une nouvelle cénesthésie : une « vie personnelle » au-dessus de tous les superlatifs.
Bien sûr, le harceleur de sept ans n’a que les germes d’un devenir posible. Tout n’est pas décidé et tout peut changer. L’omniprésence des pulsions – pulsion orale, anale, exhibitionnisme, narcissisme, orgueil phallique, voyeurisme, sadisme et masochisme, c’est pour plus tard, quand la société économique l’aura marqué ou non de son sceau.
Un constat dans l’immédiat, tient dans la survivance de la bonté et d’amour du prochain dans les couches sociales défavorisées. C’est probablement la conséquence d’une absence d’esprit de compétition, une sorte d’indifférence à se faire valoir par des choses qui ne dépendent ni de soi, ni des autres. Beaucoup de pauvres ont des qualités d’entraides que les riches n’ont pas.
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1. De plus en plus la liberté d’expression fait place à la pensée unique sous le poids des Ligues et des pressions du pouvoir.

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