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Chirac ou le dernier buzz.

Les autorités s’inquiètent. Elles sont allées jusqu’à gonfler le nombre de signataires du livre d’hommage tenu par Macron à l’Élysée pour l’icône Chirac.
Elles préviennent que tout le tralala de lundi se fera sous la pluie. Ça sent le désastre.
Les journaux font ce qu’ils peuvent. Yves Thréard du Figaro dénichera une bonne nécro en fouillant les archives. Françoise Fressoz ira chez le coiffeur et Christophe Barbier sera sans son écharpe rouge.
Pourquoi pas les juges en grandes pompes et en toge, afin d’enrichir la palette des notables pour honorer un multirécidiviste ? On hésite. Cela pourrait inciter la petite délinquance à se croire intouchable.
On sait les photographes de presse habiles à montrer une foule qui n’existe pas ou l’inverse, l’escamoter aux meetings de Mélenchon. Ils auront besoin de leur science du trompe-l’œil.
Les notables parisiens mobilisés, cela ne fait pas grand monde. Les militants des Républicains ont disparu et les REM de Macron se font rares, suite à la lubie de la retraite à points.
À propos de cette « émotion nationale », je me demande si nous ne touchons pas à la pire manipulation, celle qui consiste à faire passer l’émotion bourgeoise pour l’émotion nationale ?
Qui pourrait la contredire ? Les radios périphériques bruissent de l’épopée du héros. Les télés convoquent le ban et l’arrière ban des anciennes relations. La larme de Jean-Louis Debré est partout. L’élite redore la monarchie présidentielle.
Et c’est tout le malheur du Peuple français qui surgit en creux, à force de l’avoir oublié.
Voilà des siècles que l’on dit aux gens que le pouvoir pourfend la misère. Souvent, ils l’ont cru. On leur désigne un sauveur de la patrie, Napoléon, De Gaulle, Macron, ils s’aperçoivent qu’on les a eus toujours trop tard.
Le peuple, qu’il soit français, belge ou valaque, est bon, même parfois bonasse.
L’Europe est actuellement sous la coupe d’une bourgeoisie dont les élites se partagent tous les pouvoirs dans des partis, gauche/droite, avec le dessein d’entraîner les gens à croire à la démocratie libérale, merveilleux prétexte d’un cannibalisme des élites.
Charles V s’entouraient de mercenaires suisses ou allemands. Aujourd’hui les notables recrutent des personnels de police qui sans cela seraient chômeurs, parce qu’il faut bien vivre.
Chirac, Hollande, Macron et avant eux tous les présidents, empereurs ou rois, au sommet du pouvoir depuis le XIXme siècle, n’ont jamais défendu que l’ordre bourgeois. Les flics aussi.

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La bourgeoisie vit d’une manière assez douce à laquelle tout le monde aspire. Elle n’a qu’un seul défaut, mais il est de taille. On ne devient bourgeois que parce que beaucoup d’autres ne le peuvent pas. La bourgeoisie vit au-dessus du peuple parce qu’elle le domine, justifiant cette domination par le privilège de la notoriété et de l’héritage.
La bourgeoisie est donc une classe parasite qui profite du travail des autres.
L’aspiration suprême de la bourgeoisie, quoiqu’elle s’en défende, c’est la délinquance impunie d’un Chirac ! Être au-dessus des lois, c’est la consécration.
En foi de quoi, issue du chiraquisme, du jospinisme ou du macronisme, la bourgeoisie s’est renforcée à la pensée libérale par le mécénat : télés, journaux, partis, élites politiques. Comme jadis Du Guesclin usait de contrescarpes et de fascines pour bouter « l’Anglois » hors de France, la bourgeoisie n’hésite pas à la dépense pour soutenir sa propagande. Au cas où Fressoz, Jeudy, Barbier, Thréard, Aphatie, etc. ne suffiraient pas, elle ferait donner sa maréchaussée aux Flash-Ball et LBD.
Les gens, reconnaissables à leurs gilets jaunes, comptent les blessés sur le champ de bataille. Cependant, ils se relèvent et repartent au combat les mains nues, le samedi suivant. Au grand dam des médias qui les font disparaître dans leurs gazettes, avant l’aube de chaque samedi.
C’est bien la première fois dans l’Histoire de France, que la résistance à la bourgeoisie dure si longtemps.
Et Chirac dans tout cela ?
C’est son dernier bluff, sa dernière parade. Il faudra bien l’enterrer et trouver un autre objet de fascination. À l’aube de la double crise économique et climatique, cela va être difficile. Macron s’est proposé. Mais c’est un enfant, comme dit avec ironie Emmanuel Todd. On a déjà Greta Thunberg. Elle est bien meilleure que lui.

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