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Apophatisme du pognon.

Quand des amis parlent des prix du luxe, ils prennent pour une sorte d’envieux pathétique, celui qui râle, dès qu’une bourgeoise entoure son joli cou d’une verroterie à 100.000 $.
Ne se mentent-ils pas à eux-mêmes ? Dans leur fors intérieur, ils n’osent pas voir la réalité en face, sauf parfois à l’occasion, quand un footballeur s’achète une Ferrari à un million d’€. Ils s’attendrissent un peu, vous pensez un gars qui shootait pieds nus dans les favelas. Mais, il ne faut pas trop les pousser pour trouver cela absolument hors de leur entendement.
Les bourgeois de cette société de consommation rechignent à ce que le travail nourrisse son homme. Une question que l’on peut se poser quand on a faim et qu’on cherche de la nourriture, comme une bête et qu’on fouille les poubelles, ça vaut combien un sac à main Vuitton ?
Les journaux annoncent triomphalement que la Wilmès accepte de verser une prime de 50 € aux trimards des CPAS. Ah ! mon dieu… j’en défaille.
Quoi disent les rupins « 50 € à des gens qui foutent rien ». Ils s’en étranglent en public, avec le spécialiste de la générosité à rebours, l’inestimable Georges-Louis Bouchez ; mais ce qu’ils peuvent se marrer chez eux des 50 €, dans l’entre-soi des salons, lancés dans des spéculations sur les destinations lointaines hors de portée des ploucs. De Malibu à Deadman’s Beach, les plages et les hôtels chics en bordure de mer n’acceptent le tout-venant qu’en tenue de maître d’hôtel et de soubrette.
Les plaisanciers huppés trouvent normal le prix élevé des babioles qu’ils se mettent au poignet, les bagages en cuir et les voitures six cylindres ; mais avec le Covid et la mévente dans le luxe, ils ont augmenté leurs exigences, par réflexes du chasseur, ils sentent l’industrie du luxe aux abois.
C’est ce que constate l’Association des professionnels du luxe rassemblant des entreprises européennes du secteur comme Nespresso, Vuitton ou Jaguar.
La profession est menacée, mais les directions hésitent à lourder les artisans du luxe. Les salaires y sont aussi bas qu’ailleurs. Wilmès et Macron mettent le paquet en subvention pour ne pas priver le luxe, des ouvriers dont il aura besoin après la crise.
Pourquoi pas dans une société débarrassée des parasites actuels, poursuivre les créations à offrir en souvenir aux retraités, aux auteurs de gestes de bravoure, aux acteurs héroïques du quotidien ? Il faudra trouver des reclassements des travailleurs qui ont gagné leur pain dans ces industries du superflu.
Malgré la crise, la clientèle se porte bien. Sur un cheptel de plus de 1.000 personnes âgées de 25 à 65 ans appartenant aux 10% de la population aux plus hauts revenus ayant acheté au moins un produit de luxe dans les 12 derniers mois, pour 46% d’entre eux, le montant de leurs achats dépassait 4.000 €, voire 6.000 €.
6.000 € pour un truc qu’on oublie dans un tiroir, cela fait 500 € par mois de ce que certains pensionnés atteignent à peine en un an ! Et c’est le prix de départ, un gadget pour beaucoup, un montant dérisoire, une somme qu’on oublie tout de suite, quand le désir de l’objet s’éteint.

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La même étude revient sur les prix qui n’interviennent qu’en sixième position comme facteur d’achat, devancé par la qualité, le design, la noblesse des matériaux, la durée de vie et les fonctionnalités, sans oublier le plaisir d’exhiber la chose sur soi, de l’accrocher à un mur ou la laisser aux soins attentifs du chauffeur.
Dans la même enquête, 74% des sondés ont reconnu avoir fait l’acquisition d’un produit de luxe, malgré son prix élevé. Certains ont même prétendu que le prix élevé est un must supplémentaire, une sorte de surenchère par rapport à des amis, plutôt « mesquins » dont on estime la fortune plus importante.
Mais si le coût de l’objet convoité n’est pas décisif, depuis le Covid, la clientèle y est de plus en plus sensible. Plus de 40% des sondés avouent tenir compte du prix et du rapport qualité-prix. 61% des intervenants se renseignent sur Internet avant d’acheter.
Certains riches, et non des moindres, attendent une promotion pour bénéficier de rabais, voire négocier les prix, notamment dans l’horlogerie. L’habitude de la fraude et de la manipulation, pousse à les croire victime d’un marchand, trop riche pour être honnête !

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