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Des tyrans à foison.

Bien entendu, il serait malséant de revenir en arrière afin de relativiser la victoire alliée et la défaite allemande de 45. Il est heureux pour nous que les nazis n’aient pas eux la bombe atomique. Notre avenir eût été complètement différent.
La question n’est pas dans la légitimité de se défendre d’une oppression, mais bien de savoir que faire de la victoire sur l’oppresseur ?
Dans notre cas, n’a-t-elle pas a été l’occasion de confirmer la conviction occidentale que la cause des Alliés était bonne ; car, elle fut cautionnée par l’Histoire ?
Les vainqueurs courent un risque particulier : croire que sortis vainqueurs d’une lutte contre le mal, ils soient devenus l’incarnation définitive du bien.
Nous l’avons vu par le passé. Cela se vérifie dans nos luttes actuelles, nous nous sommes aveuglés de cette victoire sur le nazisme. Depuis, nous considérons que le mal est dans le camp qui aura l’audace de nous contester quand nous disons le droit et la morale. En un mot, nous avons acquis depuis 45 une bonne conscience qui ne s’est jamais départie.
Nos anciens alliés sont devenus nos pires ennemis et loin de les aider à sortir du stalinisme, nous les avons poussés à la guerre froide et à la course aux armements. Ensuite vinrent les derniers soubresauts des pays occidentaux dans la liquidation de leurs colonies avec l’ultime prétexte de défendre le périmètre du monde libre dans l’affaire de Corée, puis dans les défaites successives de la France et des USA au Vietnam.
Gendarmes nés du monde, les USA sont intervenus en Irak, puis ils nous ont persuadés de les suivre en Afghanistan.
Tout cela avec la bonne conscience d’un monde ‘libre’ qui aurait selon ce principe « toujours raison ».
Romain Gary, l’écrivain, trouve à cela une conséquence qui ne nous a pas traversé l’esprit « lorsqu’une guerre est gagnée, ce sont les vaincus qui sont libérés, pas les vainqueurs ». Depuis l’Irak, les vainqueurs jouent les deux rôles.
On ne peut pas dire que cette guerre a des conséquences heureuses pour la démocratie et la paix. Elle a suscité plus de vocations djihadistes qu’elle n’en a éteintes. Par le contre-exemple d’un pays en proie à de plus grands désordres après l’intervention, que par le passé, l’esprit d’une démocratie progressiste et apaisante s’en est allé au cimetière pavé d’illusions, comme l’enfer, de bonnes intentions.
« Le terrible est dans la victoire » aurait pu dire David Rousset en 2010 comme en 1973 dans son livre « La société éclatée ».
Le tragique des « nobles causes », c’est qu’elles sont obligées de combattre le mal en se servant des moyens de l’adversaire. En pire, même, si on considère la victoire des USA sur le Japon grâce aux effets des bombes atomiques larguées sur ce pays.
Pour sauver « le bien » nous devons faire mieux que le « mal », voilà un paradoxe dont on ne se relève pas indemne !

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Le tyran condamne ses ennemis à lui ressembler !
Les victimes sont alors celles que fait le tyran pour affirmer son pouvoir et celles que font ses opposants pour l’abattre. Or, une victime est par nature innocente. On ne peut pas voir dans l’incendie de Dresde, la Florence de l’Elbe, par l’aviation alliées du 13 au 15 février 45 et qui fit peut-être 100.000 morts par bombes à fragmentation et incendiaires, le juste châtiment de 100.000 nazis, d’autant que le trafic des trains de réfugiés fut à la base d’un jugement erroné des services de renseignements qui y virent une concentration de divisions de la Wehrmacht.
La souffrance des victimes ne leur confère aucune vertu et le crime organisé par la « juste cause » passe souvent pour la punition légitime infligée aux bourreaux.
Les justiciers n’en sont pas à justifier leurs crimes. Le meurtre et l’assassinat s’y revendiquent comme des actes nobles hautement héroïques, quand les vaincus habités d’identiques exploits sont les massacreurs !
La haine de l’autre, l’excellence du sentiment de croire que l’on est dans le bon camp conduisent à l’exclusion de ce qui est différent. Le racisme n’est la propriété exclusive de personne ; mais au contraire, il se mélange aisément au sang de tous, car il est universel.
Penser que des lois pourraient en venir à bout est d’une grande bêtise, mais dans l’air du temps qui légifère sur tout dans le but de faire croire à la main ferme de celui qui gouverne.
L’amour a-t-il encore une place dans le processus qui nous voit défenseurs de la morale et de la démocratie face à des peuples qui vivent autrement que nous ; alors que nous sommes les interprètes, sinon, co-auteurs, de la tragédie économique si étrangement associée à la morale et à la démocratie ?
Nous reprochons aux autres, des régimes qui rendent esclaves les peuples, alors que nous vivons sous des oligarchies d’argent qui ont fait plus de victimes que les pays dépourvus de droits !
La résistance des faibles, n’est-ce pas l’amour en marche ? Et à ce titre, les opposants à Mahmoud Ahmadinejad ne sont-ils pas plus proches des deux millions de pauvres que compte la Belgique, que ces derniers, citoyens de seconde zone, dans le condominium Flandre Wallonie d’avocats et d’industriels qui gouvernent le pays à leur place ?

Commentaires

Je ne crains pas le retour des fascistes sous le masque des fascistes, mais bien le retour des fascistes sous le masque des démocrates.(Theodor W. Adorno)

voir "Adorno" sur youtube

N'y a t'il pas pourtant une solution ? Faut il dire, récente et en dehors de notre système "occidental".
Une méthode qui refuse la guerre et la violence. Au moins, la non violence a donné des résultats avec les mouvements de Ghandi et de Mandella. Non ?

@Hermione.

Mandella, celui de la branche militaire de l'ANC? Ou Mandella après prison? Ah, Mandella Président.

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