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Vocation et votation.

Puisque le régime parlementaire fonctionne mal et va jusqu’à mettre en danger la démocratie, il serait logique d’en tirer les leçons. D’abord une définition s’impose.
Qu’est-ce que la démocratie ?
C’est un système qui prévoit des élections libres afin d’organiser un parlement avec des citoyens ordinaires issus des urnes.
Comment se fait-il que cette définition soit de moins en moins bien accueillie parmi les populations de l’UE ?
28 % seulement d’opinions favorables au système parlementaire actuel en Europe ! Cela signifie aussi une méfiance extrême dans les élus sortis des élections.
Dimanche à l’émission politique de midi de la RTBF quelqu’un a prétendu que l’on pourrait élire des citoyens par tirage au sort. On a ri, évidemment, comme seuls les ignorants, en majorité sur le plateau ce jour là, sont capables. Pourtant l’idée n’est pas neuve et correspond à un désir partagé par une large majorité : il faut casser par tous les moyens ce système de représentation qui envoie toujours les mêmes depuis des partis qu’ils contrôlent.
Faire de la politique ne devrait pas être une profession. Voilà le drame. Il est anormal de voir dans les partis les principaux dirigeants toujours réélus, parler de carrière et finir pensionnés par l’État.
Une large majorité d’électeurs est contre le cumul des mandats, à cause de cela.
Quand, par hasard, un parlementaire connu prend une gamelle, tout de suite il est repêché par son parti pour une sinécure en attendant qu’il se remette en selle. On a même vu, en Belgique, un parlementaire condamné par un tribunal et non éligible pendant une période déterminée, attendre la fin de sa peine à la direction d’un organisme subventionné par le même État !
La professionnalisation de la politique atteint aujourd’hui des sommets qui sont autant de camouflets à la démocratie.
L’Ancien Régime que le peuple a mis par terre à cause du privilège de la naissance est en train de revenir en force sous le vocable des « fils de… ».
De démocratique, le système redevient aristocratique.
D’où l’idée pour casser ces nouveaux « blasonnés », disperser la renaissance des castes et des privilèges, de tirer au sort parmi les citoyens ceux qui auront la tâche « d’incarner » le peuple. On pourrait même, dans un premier temps, mixer les deux. À condition que les élus de caste ne s’arrangent pas pour saboter les autres ?
Combien de fois ne l’ai-je pas écrit sur tous les tons et en toutes circonstances « Les élections des temps modernes dépouillent en fait l’électeur du droit de suite et éventuellement de sanctions des parlementaires qu’il élit. »

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Les débuts de la démocratie n’ont pas toujours été réglés par le suffrage universel. La foule avait son mot à dire, des tribuns issus du peuple avaient autant de légitimité que les professionnels d’aujourd’hui à incarner la Nation. J’entends les sarcasmes d’ici. On ouvrirait la porte au populisme, à l’excès, etc. Justement, non. Il y a dans le peuple une notion du juste et de l’injuste, du bien et du mal, du bon et du mauvais, qui finissent par l’emporter.
Bien sûr, il y aurait des tempêtes, des doutes et des reproches. Qui s’élèverait trop vite finirait par être rejeté le lendemain.
Une vraie démocratie ne peut être que tumultueuse. Un État dans lequel il ne se passe jamais rien officiellement, il y a de fortes chances pour qu’il ne soit démocratique qu’en apparence.
Méfions-nous de ceux qui veulent croire qu’une démocratie heureuse, c’est une démocratie surveillée par la police. Il y a beaucoup de chance, pour que ce soit une démocratie confisquée par une caste, comme celle qui prospère sous nos yeux.

Commentaires

Excellent billet, cher Duc, comme la plupart des analyses de votre "blog" d'ailleurs.
À vous lire...

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