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La politique en difficulté.

Un des grands désastres de la démocratie aura été de singer en tout la puissance de l’argent dans la gestion politique de la cité.
On arrive petit à petit ne plus pouvoir se faire connaître par les électeurs pour occuper des postes importants fortement convoités, sans disposer d’un confortable matelas d’euros qui vous lance par la pub, comme le concurrent de Loréal.
Ça ne date pas d’hier, mais l’achat de la célébrité, ça s’accélère.
En effet, dans une société de communication et d’échanges rapides d’informations, celui qui peut placarder des affiches surdimensionnées aux endroits stratégiques, monter des programmes « d’intérêt général » et réunir dans des salles énormes des dizaines de milliers de personnes qui viennent surtout pour le spectacle qu’il donne à voir derrière son speech, il est sûr à 95 % d’être élu ou réélu.
Avoir un papa déjà connu évite de trop rembourser à ceux qui attendent des retours sur investissement.
Autrement dit ce qui reste de bien dans la démocratie est en train de basculer du côté de l’argent. Le fric fait passer un ancien vendeur au black de cigarettes de contrebande (Berlusconi) pour un type honnête bourré de talents et un assidu au sexe rétribué ou forcé, pour un expert en macro… économie (DSK).
Faire une pub d’enfer à douze millions pour se faire connaître n’a jamais été la garantie que, celui que vous allez élire a toutes les qualités énoncées ci-avant. Et pourtant vous allez l’élire, parce que vous n’avez pas le choix, ceux qui sont derrière et qui ont moins de fric, vous ne les connaissez pas !
L’embêtant dans cette quête « the right man in the right place », c’est que la violette se cache dans les prés et que la tenue modeste n’a jamais permis de diriger le pays. Bien sûr, il y a les faux modestes. Di Rupo est l’exemple. Sa modestie – il prend volontiers des allures de curé – lui est permise parce que ce sont les autres qui se dépensent pour lui, que c’est le parti qui vide ses caisses pour la propagande de monsignore ; mais attention, regardez bien Magnette, quand ils vont tous les deux chez le roi. Vous aurez compris l’emprise du faux derche sur le PS et sur Magnette, pour l’occasion.

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Mais comment donc se faire valoir aux yeux de tous par des choses qui ne dépendent point des autres, mais de soi-seul, dirait La Bruyère ?
Depuis l’antiquité qu’on cherche, on n’a pas trouvé la solution.
Aujourd’hui, la démocratie agonise en partie à cause de cela. Nos dévoués sans limite sont en réalité les produits du marketing et des renvois d’ascenseur de famille à famille.
C’est aussi à cause de notre laisser-aller et de notre découragement.
Mais un type qui n’a jamais fait d’autres métiers que celui de faire de la politique, qui de par sa situation privilégiée achète des biens, les revend et s’installe à grands frais, même s’il est resté dans le cadre strict de la loi, par les fonctions publiques qu’il a exercées – qu’il ait échoué ou réussi dans ses diverses missions – trouvez-vous cela normal ?
Pas que chez Denys, le tyran de Syracuse au temps de Platon, les citoyens qui dirigeaient la cité n’avaient pas droit à l’erreur, certains ont même payé leurs « boulettes » de leur vie.
Ici, comme l’argent protège de tout, même de la justice, vous vous imaginez nos stars en prison à cause du nombre de chômeurs, du bourbier de l’Europe, de la mondialisation du pognon responsable de la mondialisation de la misère ?
La démocratie « le plus mauvais des systèmes, parce qu’il commence franchement de l’être ».
Quelques chiffres qui donnent le vertige :
Selon Lavrilleux, le bras droit de Jean-François Copé, "tous les partis sont obligés d'user d'expédients. Il suffit d'aller consulter le journal officiel du mois de janvier cette année. Le PS déclare dans ses comptes propres 21 millions de salaires et de charges, et dans le compte de François Hollande, c'est 654.000 euros, tout le monde use d'expédients".
Sur les chiffres officiels déposés à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), le camp Sarkozy dit avoir dépensé 13 millions d'euros pour ses meetings, devant François Hollande (9,4 millions d'euros), Jean-Luc Mélenchon (5,1 millions d'euros) et François Bayrou (3,2 millions d'euros).
Aux USA, selon le Center for Responsive Politics, 2 milliards d'euros ont été dépensés pendant la campagne présidentielle de 2012, en 2008, les coûts étaient montés à 2,1 milliards Si l'on prend en compte toutes les dépenses consacrées à l'élection présidentielle et celle du Congrès en 2012, la facture s'élève à 4,4 milliards d'euros.
Comme on condamnait pour proxénétisme il y a quelques années un précurseur de Dodo La Saumure, celui-ci à sa sortie du tribunal déclarait qu’il n’y a que deux leviers qui soulèvent le monde : le cul et le fric.
Seule modification en 2014, l’inversion : le fric passe en tête.
À part ça, c’était un homme d’expérience, il devait avoir raison.

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