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Des Belges ont faim !

Après la chronique de l’écroulement général à l’échelle du monde qui explique les ratés de la machine économique devenue universelle, il serait singulier que j’en oublie les conséquences dramatiques de ses effets sur des millions de Belges.
C’est au ras des pâquerettes que le drame est le plus perceptible. Dès à présent, nous sommes tous touchés par ce phénomène qui perturbe les déjà si maigres budgets de la plupart d’entre nous.
L’inflation dans une situation de stagflation mord terriblement sur les budgets. Déjà de nombreux Belges rognent sur leurs dépenses qui touchent à l’essentiel : la nourriture.
Il faut savoir dans ce pays apparemment un des plus prospères d’Europe que des familles ne peuvent plus se nourrir normalement et que des enfants ont faim !
Oui, des enfants vont à l’école le ventre creux, encore heureux d’y trouver un quignon de pain dans leur boîte à tartines !
Ce n’est pas du Victor Hugo que je fais ici avec Gavroche et Cosette dans la fresque inoubliable des Misérables, mais une résurgence d’un monde que l’on croyait disparu, celui où le peuple ne mangeait pas à sa faim tandis que les bourgeois trouvaient cela très bien, d’avoir ainsi le droit quasiment de vie ou de mort sur les « petites » gens, jetant en pâture, de-ci, de-là, de quoi survivre, comme on jette un os à un fauve en cage.
Ce n’est pas normal, dans une démocratie – même si on peut chipoter sur le terme – que des élus du peuple, qu’ils soient de gauche ou de droite, ne prennent pas en compte un constat d’indigence généralisée aux classes sociales les plus touchées par l’inflation actuelle.
Ce n’est pas normal qu’un avocat devenu président d’un parti porte atteinte par des discours d’un parfait libéralisme à des misérables dont le seul tort est de ne pas avoir un travail régulier.
Ce n’est pas normal que des parlementaires discutent du sexe des anges quand il y a presse à nourrir leurs électeurs.
Ce n’est pas normal que ces hauts salaires qui nous gouvernent ne peuvent baisser les yeux sur les gens et gardent leur sang-froid devant tant de misères !
Ce n’est pas normal qu’ils ne s’élèvent pas d’une seule voix pour stigmatiser l’Europe dans son entêtement mondialiste.
Ce n’est pas normal qu’une protestation unanime ne soulève pas le parlement accusant les grandes compagnies de spéculer sur le blé et le pétrole.

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Et pourtant, oui, on les voit parler et parler sans cesse de choses qui n’intéressent plus les gens ; car, quand on a faim et qu’on ne sait pas de quoi demain sera fait, on n’entend plus que l’estomac qui gronde et qui réclame. Les spéculations sur le devenir de la guerre en Ukraine, l’OTAN qui se réarme et l’Europe qui se gendarmise, la mondialisation qui grignote jour après jour les salaires de petits pour le grand profit des grands, tout cela pourtant, capital, disparaît comme dans un brouillard de dettes, de loyers impayés, de cherté de la vie, de l’impossibilité d’aller ainsi encore quelques mois !... d‘exister enfin, même mal et de tenir le coup !
Cette incapacité du pouvoir, pourtant appelé à grand renfort d’applaudissements « démocratie », est dramatique et condamne sans appel ce système. Ses dirigeants, aussi bien les hargneux que les autres, emberlificotés dans des accords qui ne remplissent pas le ventre des affamés, sont bien incapables de remplir leur mission : rendre au peuple ce qu’il lui revient.
Ce n’est pas tant dédain, sauf pour certains libéraux, qu’ignorance complète d’une situation qui touche tout le monde, même les riches qui devraient savoir, qu’un égoïsme anodin en temps ordinaires devient un crime en période de besoin.
En écrivant cela, j’ai conscience de l’inanité de mes efforts pour que ceux qui ont le pouvoir ouvrent les yeux et qu’enfin ils s’aperçoivent du gouffre qui les sépare de leurs administrés.
Je sais qu’ils ne verront ou feindront de ne rien voir de cette misère rampante que, d’une façon ou d’une autre, leur politique a amené en Belgique et en Europe.
Cette démocratie, d’aucuns diront oligarchie, tourne à vide pour un ensemble de citoyens en détresse.
Toutes les Révolutions l’ont été par surprise et ont pris de cours les autorités installées. Dans une Belgique placide et résignée, elle serait d’autant imprévisible qu’on ne soupçonne pas de quoi sont capables les résignés quand ils sont poussés à bout.
Que les partis se méfient, installant de manière grassouillette leurs affidés dans les soies du pouvoir. Ils touchent, sans le savoir, à une limite dont le ressort est la faim des autres.

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