« C’est pas moi, c’est l’autre... | Accueil | Israël, une puissance occulte ? »

Israël : le remake.

C’est un malheur pour l’Occident que les Etats-Unis en soient le leader. Toutes les initiatives de ce grand pays touchant à la situation au Moyen-Orient tournent à la catastrophe.
L’inconditionnalité des Etats-Unis à Israël - que les Autorités européennes partagent dans une large mesure a contrario de l’opinion publique - y est pour beaucoup.
Les relations pitoyables de l’Occident avec l’Iran sur la question de la non-prolifération nucléaire en disent long sur notre incapacité à faire respecter un principe, que nous avons mis de côté lorsqu’il s’est agit d’Israël. Déjà auparavant, nous aurions dû compenser notre évidente mauvaise foi par une démonstration de force dès les velléités d’armement nucléaire de l’Inde et du Pakistan. Nous ne l’avons pas fait. Aujourd’hui, plus aucune menace n’est efficace face à l’Iran, qui sait que notre faiblesse, justement, relève de notre incapacité à nous servir de la force lorsque les menaces ne suffisent pas.
Le coup de haine des Bush, père et fils, contre Saddam Hussein, tyran de l’Irak, a épuisé, en une seule foi la capacité d’intervention des Etats-Unis, rôdé en Afghanistan.
Après l’aventure Afghane et la chute des Talibans, la belle unanimité des « Alliés » s’est fissurée en public aux Nations Unies lors de l’affaire irakienne à la suite de l’affabulation des armements chimiques, rendant cette belle unanimité caduque par la défection des Français, des Allemands et des Belges..
Bien sûr, Condoleezza Rice oublie le fiasco de l’armée américaine en Irak, pour évoquer une offensive militaire contre l'Iran. C’est de la pure démagogie intérieure en vue de se concilier l’électorat juif. L'administration Bush craint trop des répercussions régionales pour qu’une telle intervention n’ait jamais lieu.
Du côté Palestinien, l’inconditionnalité trop visible des Etats-Unis à l’allié israélien met ceux-là « out » dans toute démarche de conciliation d’une paix depuis le schéma de « la feuille de route ».
La crise de Gaza vient assez curieusement de l’application stricte de la démocratie, puisque c’est le Hamas qui a été élu démocratiquement, prenant George Bush au pied de la lettre et dans ses contradictions, en ce fidèle aux tentatives israéliennes actuelles visant à annuler le verdict des urnes et à renverser le gouvernement qui en est sorti.
L’attaque du Hezbollah d’un poste militaire israélien et la capture d’un soldat est un prétexte qui a servi à Israël pour détruire des infrastructures de Gaza et intimider les populations, en bloquant l'approvisionnement en nourriture. C’est la même politique qui détruit actuellement le Sud Liban. Il ne faut à aucun prix que les voisins d’Israël réussissent à redresser la barre et redevenir prospères, si ce petit Etat belliqueux veut poursuivre sa conquête de toute la Palestine.
La suite était prévisible. Des membres du Hezbollah venus du Liban ont capturé deux nouveaux soldats israéliens. A présent Israël bombarde le Liban et fait franchir la frontière à certaines de ses troupes. L’escalade est voulue par Israël qui en rêvait depuis longtemps. Cela se sent dans les discours « Il faut en finir une fois pour toutes. Nous devons assurer la sécurité de nos frontières. Nous poursuivrons tous les terroristes où qu’ils s’abritent… », etc… C’est le discours depuis la Guerre des Six jours. Il n’a pas changé.
Certains responsables militaires israéliens voudraient "ramener le Liban trente ans en arrière", et il semble bien que l’armée en s’activant et en rappelant des réservistes veut mettre leur menace à exécution. Cela signifie un nouvel épisode sanglant suivi d'une occupation israélienne. On sait par le passé ce qu’il en est advenu : quelques vaines tentatives de contrôler le pays au travers de milices et de mercenaires, et enfin à une "victoire" du Hezbollah sur Israël, conduisant à un retrait du Liban. Le précédent n'est pas fameux. Si c’est de cette situation-là que Tsahal semble hériter, il est temps de tracer d’autres plans sur la comète.

Que va faire le gouvernement libanais suite à cette agression ? Ce gouvernement a des représentants du Hezbollah aux postes de responsabilité et l’influence syrienne y est encore forte. La chute de ce gouvernement pourrait donner des idées de réoccupation du territoire à la Syrie.

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Tout ce qu’Israël a gagné dans l’intensification du conflit : l’Hezbollah envoie désormais des missiles plus dévastateurs que les roquettes habituelles.
On a raison de s’inquiéter.
Une force d’intervention de l’ONU séparant les belligérants est de plus en plus nécessaire. Israël n’en veut pas puisque son plan secret est de poursuivre son emprise sur ses voisins.
Une force d’intervention qui ne serait armée que de paires de jumelles et de carnets de note ne servirait à rien.
Tout autre force que celle d’observation aurait droit au veto américain.
Et l’Europe ?
L’Europe paie les additions de l’économie palestinienne en faillite et réparera sans doute les ponts et les routes au Liban. Elle est toujours dans l’incapacité de faire payer les casseurs. Autrement dit, c’est une vache à lait et que fait la vache, sinon beugler ?

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